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dimanche 23 avril 2017

Le billet électoral du Croissant de lune

Assalamou 'alaïkoum, ce que je vais exprimer là, n'engage que moi, c'est complètement personnel, individuel, l'expression d'opinions qui n'engagent pas les autres du seul fait qu'ils les auront lus, soyons d'accord. Très humblement, je vous demande, lisez-moi et faites ce que vous voulez. Honnêtement, ce billet est tardif, j'y pensais, mais je devais l'écrire avant, la semaine a passé, les occupations, etc. D'abord, s'agissant du votte, de la participation électorale, qu'en est-il des Musulmans et que dit l'Islam sur la question? Nous sommes au minimum divisés sur la question. Et là je ne parle que du votte en France pour ne pas m'éparpiller. La plupart des prédicateurs aujourd'hui, après l'expérience anti-Musulmane plus que désastreuse du quaincainat écoulé du Sioniste et néo-conservateur François Hollande, beaucoup de Musulmans s'interrogent et à juste titre sur leur complicité du seul fait de leur suffrage dans les guerres injustes et les massacres de Musulmans que la France a perpétré, en se drapant toujours hypocritement derrière des sentences moralisantes et l'admiration de ces prétendues valeurs. J'ignore comment la France défendrait sa politique canibaliste en République Centre-Africaine, mais je fais confiance à l'imagination des faussaires pour ou bien vous trouver des justifications oiseuses, ou bien dévier la réponse et changer de sujet, la politique Française à l'étranger pendant le dernier quaincainat n'est pas du tout défendable, elle est même criminelle et sanglante, et si la Justice Internationale n'était pas vaine et pareillement hypocrite, on pourrait réclamer François Hollande et Manuel Valls devant les tribunaux. Donc, effrayés, certains Musulmans et la plupart des prédicateurs actuellement efficaces en France tiennent pour l'abstention, pour n'être pas coupables d'aucun sang versé ni complice, l'abstention serait gage de saine pureté, ou d'innocence. Tariq Ramadan lui-même se tient à cette ligne, il ne marche plus, c'est beaucoup dire, cette gauche intrinsèquement perverse et hypocrite a réussi à rendre Tariq Ramadhan pro-abstentioniste, alors que pendant des décennies il ne parlait que de citoyenneté, de participation et tout ce qui s'en suit. Il y a même un prédicateur qui va plus loin, généralement plutôt on va dire très ouvert, le prédicateur Islam Ben Hamed aujourd'hui, tient lui aussi et définitivement, pour ne jamais participer à aucune élection, parce que le votte, c'est du shirk, le votte c'est de l'associationisme en somme. Surprenant, non? C'est celui-là que je vous ai transmis il y a quelques mois au sujet du problème de la définition de l'usure et donc de la finance, son aperçu était alors très libéral, on peut aller à la banque, c'est du commerce, c'est pas du prêt amical, je trouvais ça judicieux, et même assez exact. Mais je trouve inexact d'élever le votte électoral au rang d'association et d'associationisme. Associe-t-on vraiment à Allah quand on choisit un ou des candidats? Enfin quand-même? Allah est-il candidat parmi les autres, et a-t-on seulement le droit de le choisir? Non, il n'est pas candidat, Allah n'est pas candidat, il a le mulk, la royauté suprême, sans aucun choix ni consultation humaine, c'est plutôt nous autres qui sommes candidats de Sa récompense ou Son chpâtiment, c'est nous qui sommes candidats pourvu qu'on s'efforce, au plus grand bien au-delà de la récompense, qui est, qui est, la satisfaction d'Allah. Donc, je réfute cet argument, le votte ne relève pas du shirk/association très blâmable, mais il s'agit plus simplement de savoir si votter en France sert ou dessert la cause de la Nation Islamique et du Musulman dans son dine. L'objection généralement faite au votte est la complicité, notamment dans les ingérances et les guerres injustes. Or, il n'y a pas que le votte, loin de là, il y a l'obéissance générale et quotidienne aux lois, il y a la participation par l'activité, le paiement de côtisations et taxes, les contributions de toutes les sortes. Si on travaille on fortifie le système et on y contribue directement, si on ne travaille pas, et si on perçoit des aides, on bénéficie du système et de la gouvernance dont on est également complice, de toute façon, si on ne travaille pas, on consomme, or, il y a contribution et impôt sur la consommation, donc pas moyen d'en sortir. Et ces contributions quel que soit le statut et la vie du Musulman sont largement plus importantes et lourdes que le simple votte. Si les Musulmans avaient connu d'avance les politiques à venir de François Hollande, probablement, ils n'eussent pas votté pour lui en 2012, ils ont votté sans savoir, sont-ils responsables de la nature anti-Musulmane violente et perverse du président et des membres de ses gouvernement successifs? On répondra que non, on n'est responsable que de ce qui est annoncé, pas de ce qui est inconnu et dans le cas de ces hypocrites, de ce qui a été délibérément caché. On ne connaît pas l'avenir, on ne peut pas lire dans les coeurs et les reins, on ne sonde pas les inconscients, je crois quand-même que le degret d'hypocrisie des socio-bourge comme j'aime à écrire, enfin, du social-libéralisme est pratiquement indépassable, difficile à imiter, il y faut un amour de l'impureté, de la corruption qui sont peu communs, c'est ça le PS traditionel, sa mort ne nous fera pas pleurer, autant que ces hypocrites travaillent vraiment pour gagner leur vie, d'un vrai travail et que ça les change. La France est malheureusement pays d'hypocrisie et de complaisance, le PS incarne très largement cette nature franchement Française, quelque chose à voire avec la part la plus mauvaise de la féminité, je suppose, la femme et la féminité n'est belle qu'en luttant volontairement contre ses travers intrinsèques comme la virilité doit aussi lutter contre ses mauvais travers, ce ne sont des vertus que si on s'y efforce. Alors comment essayer' de forcer la France à être honnête et respectable? A mon avis, il faut votter, mais pas pour le milieu, le consensus de la mollesse, non. Nous savons que la France est portée vers le centre, donc, moi ce que je vais faire, je ne vais pas votter centre. Ainsi, j'espère exercer sur le centre qui risque de l'emporter, une opposition et une hostilité suffisante pour qu'il l'enregistre, je veux faire trembler le centre mou. A droite, nous avons au moins deux anti-Musulmans déclarés, et eux, ils le déclarent au moins, ils ne nous prennent pas par traîtrise. Donc, il est impossible de votter pour eux, non seulement en raison de leur politique intérieure vis-à-vis des Musulmans de France, mais surtout envers leur politique étrangère, le pire étant probablement François Fillon, le pire parce que le plus efficace, celui qui a les meilleures chances de bénéficier d'une majorité, contrairement à la candidate du Front. En gros, ils proposent la même chose tous les deux, coopter la Russie pour aller vers un condominium de la planète, tout ça pour lutter contre quoi? On ne va même pas faire semblant de se la raconter, d'ailleurs François Fillon avant les scandales ne s'en est pas caché, ce n'est pas contre un groupe armé chétif dont le traitement militaire pose des questions et des énigmes et en tout cas, ce groupe armé à lui seul ne peut pas justifier l'unité du genre humain, c'est des conneries. Non, François Fillon l'a clairement dit, et ce n'est pas une surprise, la lutte contre le groupe armé n'est évidemment qu'un paravant, ce qui les anime réellement, surtout pour se coopter et fonder cette cohalition universelle qu'il veulent amplifier, c'est la prédation sur l'ensemble de la Nation Islamique pour saisir ce qui lui reste de souveraineté et de biens. A gauche, mon choix balance entre les deux candidats marqués, jusqu'à demain, je choisirais entre Benoît Hamon et Jean-Luc Mélanchon. Tous les deux restent dans le consensus anti-Musulman qui semble imposé, tous les deux n'osent pas s'y opposer ouvertement pour être juste, ce qui tend à signifier qu'ils auront éventuellement moindre courage politique s'ils étaient élus. Ce consensus Sio-Croisériste n'est que rarement franchi, de candidats minoritaires, celle de Lutte Ouvrière, par ailleurs laïciste genre l'opium du peuple, phrase mal comprise de Karl Marx, ou bien François Asselineau, un Gaulliste dont je crois les plans peu aplicables. Autrement, Hamon et Mélanchon ne demeurent dans le consensus anti-Musulman que parce qu'ils n'osent pas en sortir, ceci étant pour être honnête, plus vrai s'agissant de Benoît Hamon, parce que Mélanchon, quant à lui, preneur de postures et d'hollogrames, je ne crois pas que son sentiment et sa sensibilité le porte hors du Sionisme, c'est un admirateur de François Mitérand, on va dire un néo-conservateur bien déguisé. Ce qui compte, à la fin, c'est selon moi, que le candidat sans profondeur, le centriste, si d'aventure il l'emporte, qu'il soit sous l'effet d'une forte opposition sur sa gauche, et qu'un contre-feu de gauche éteigne le feu du front qu'a allumé l'hypocrite François Miterand. Conclusion, je votterais Benoît Hamon, je le crois le moins délibérément nuisible aux Musulmans de France et à la Nation Islamique, mais si on est impressionné par Mélanchon, c'est un choix valable en tant que choix de pression au premier tour, pour accabler d'une vive opposition au moins déclarée, cette France de l'injonction du consensus. Croissant de lune.

vendredi 21 avril 2017

Comment comprendre la fusillade des Champs-Élysées?

1. Il incombe au seul État incarné par l’actuel exécutif de traiter comme un attentat une fusillade à connotation terroriste intervenant à trois jours de la reine des élections. François Hollande a, comme d’habitude, réuni un Conseil de défense et prononcé un discours martial de président impuissant du deuil national. Bernard Cazeneuve a semblé préparer les esprits à interrompre le processus électoral, alimentant les rumeurs lancées par Mickaël Darmon, selon lesquelles il voudrait prendre la tête des élections législatives pour le parti socialiste, au besoin en ne quittant pas le gouvernement en cas de victoire de Marine Le Pen. Quant aux candidats : - Benoît Hamon a été le premier à caractériser cette fusillade d’ » attentat « puisque c’est ainsi que l’a caractérisé le Président de la république. » - François Fillon a immédiatement profité de ce trou d’air pour improviser une version néo-conservatrice intelligente de coalition mondiale incluant la Russie contre le terrorisme international. - Emmanuel Macron a averti qu’il faudrait compter avec le terrorisme comme notre défi durable de sous-développement politique, permettant, sous sa menace, de régner en divisant pour des années. - Marine Le Pen a surjoué « une colère sourde » qui donne au terrorisme de la fusillade l’importance qu’il veut avoir, tout en proposant, de l’aveu même des syndicats de policiers qui ont pignon sur rue, des solutions intelligentes, et qui ne sont pas appliquées par un État beaucoup plus expert dans le compassionnel de diversion que dans l’action résolue contre les ennemis de la sécurité nationale : a) Faut-il expulser tous les délinquants et tous les fichés S étrangers ?Doit-on tolérer que des étrangers soient accueillis pour faire du mal ? b) Doit-on incarcérer tous les fichés S français au nom de l’intelligence avec l’ennemi ? Selon moi, ce serait un abus de pouvoir. c) A-t-on les moyens humains de surveiller tous les fichés S qui sont nos nationaux ? La police et l’armée y seraient plus efficace qu’à faire le planton devant les lieux de culte. d) Le refus hypocrite d’augmenter les effectifs de la police et les places de prison, au risque de faire des prisons françaises, non seulement des viviers de radicalisation, mais encore des « zones de non santé publique », et au risque d’entraîner la condamnation de la France, pays des droits de l’homme, pour atteinte aux droits de l’homme dans ses prisons, n’est-il pas à l’origine de ce surcroît d’insécurité ? e) Doit-on surveiller les prêches qui seraient prononcés dans les mosquées salafistes ? Ce serait un abus de pouvoir. f) La France est-elle une université du djihadisme ? À strictement parler, non. Mais j’ai moi-même été cerné, entouré, aidé et surveillé, à mon arrivée à Lille, par un salafiste qui était allé faire ses classes en Égypte, qui a toujours refusé quand je lui proposais du travail, et qui faisait de la retape dans le métro de Lille. 2. On fait croire que la « récupération » de l’attentat-fusillade des Champs-Élysées émanerait davantage du Front national que de l’État régalien. Je maintiens que l’usage que l’on fait de la menace terroriste est une diversion scandaleuse. Il y a d’un côté ceux qui nous promettent que le terrorisme restera une menace pour longtemps et n’a rien à voir avec l’immigration ou les guerres étrangères que nous menons indûment, et de l’autre ceux qui proposent de mettre fin à ces guerres illégitimes et éventuellement aux migrations de masse et au « grand déménagement du monde » pour pacifier celui-ci. Ceci est un enjeu depuis l’opération « tempête du désert » et la première guerre du golfe de 1991. 3. Un attentat n’a jamais rien à nous apprendre sur la géopolitique. 4. Cet épisode de fusillade perpétrée par un délinquant multirécidiviste et vivant sous un régime de liberté malgré quinze ans de peine non purgée et un sursit qui n’a pas mis fin à sa remise de peine, est instrumentalisé par les pouvoirs publics comme un compromis entre l’affaire de Mohamed Merah agressant des militaires et des enfants et ce qui est arrivé en 2002 à celui que les médias appellent complaisamment « papi Voise ».

lundi 3 avril 2017

Le revenu universel par le Croissant de lune (II)

(Article rédigé le 29 janvier 2017) Assalamou 'alaïkoum, ce n'est pas mon candidat favori aux pprimaires du Parti Socialiste Français qui est désigné ce soir par les urnes, semble-t-il, les électeurs ont préféré Benoît Hamon, à la fin du second tour qui l'opposait aux vizir aux dents serrées Manuel Valss. Mon choix premier se portait au premier tour sur l'ancien vizir du redressement productif, le volontariste Arnaud Montebourg, et sa démondialisation graduelle. Ce projet de protectionisme ou plus exactement de régulation commerciale dans le but de réduire la partie toxique des échanges internationaux, autre façon de nommer ce qu'on apelle "protectionisme" ou "démondialisation graduelle", ce projet avait pour moi l'avantage ou le charme de la rationalité, j'aime ce qui est dur et concret, la démondialisation, ça je comprends. L'ennui est qu'elle n'est pas facile à expliquer, et qu'au lieu de ça, les électeurs ont préféré les sourires et les sentiments de Benoît Hamon et son revenu universel garanti semble-t-il à tous, un minimum vital garanti, un minimum sanitaire garanti. Arrivé en troisième position au premier tour, Arnaud Montebourg, selon moi, le meilleur candidat du PS aux présidentielles, celui qui se fut le mieux opposé au projet structuré de François Fillon avec des chances à mon avis sérieuses de l'emporter, Arnaud Montebourg dut se désister en faveur de Benoît Hamon, moins carré et plus prometteur. Maintenant, si je réfléchis un peu plus, je blâmerais volontiers Arnaud Montebourg dans sa dénonciation du projet de revenu universel, puisqu'après tout, sa démondialisation à lui, à quoi servirait-elle si ce n'est à garantir à tous, sinon au plus grand nombre possible un revenu minimum, que ce soit par simple redistribution ou fruit d'activité, en fait, le moyen est secondaire, c'est la fin qui est première et supérieure. On pourrait dire, qu'afin que le projet de Benoît Hamon s'accomplisse, il faut que les éléments du projet Montebourg soient mis en oeuvre sans faiblesse. D'ailleurs, Benoît Hamon lors de cette campagne a mis la main sur une autre régulation, la régulation technaulogique, avec sa taxation des "robots", entendre par là, que les innovations techniques destructrices de travail humain doivent par intérêt supérieur être mises à contribution et payer pour garantir un minimum vital sous peine de saisie et perte d'agrément. C'est cette régulation technaulogique qui manquait semble-t-il au projet d'Arnaud Montebourg, puisque la seule concurrence étrangère ne dévaste pas plus en substance le travail humain, pas plus que les innovations technaulogiques voire moins. Pourquoi ai-je autant écrit et parlé contre le principe du revenu universel? Je l'ai blâmé et éreinté, parce qu'il n'est garanti par rien, non pas que je m'oppose à ce qu'on distribue vraiment à tous un revenu minimum sans condition, mais j'ai posé maintes fois la question, que fait-on si le revenu universel n'est plus versé? La grève? Non, certainement pas, puisqu'on ne travaille pas, donc on ne peut pas faire grève. Et bien entendu, j'étais sourd et je le reste sourd aux garanties morales en démocratie etc, je laisse ça aux songe-creux indécrottables qui croient aux garanties morales surtout dans un monde sans doctrine, moi, je n'y crois pas et je n'y croirais qu'après qu'on me l'aura démontré, et il est impossible de le démontrer. Dans un monde et un univers culturel dépourvu de doctrine et de loi supérieure, laquelle d'ailleurs ne suffirait pas toujours, seules les garanties concrètes matérielles comptent, les paroles s'envolent, les écrits changent et s'abrogent par d'autres écrits, donc sauf des garanties matérielles et concrètes, je ne vois pas ce qui empêcherait une gouvernance qu'elle soit ou non étiquetée démocratique, question de pure apréciation au demeurant, de suspendre ou d'interrompre, avec ou sans raisons allégués, le versement d'un revenu garanti, détruisant ainsi, la substance même du pain et de la vie de millions de gens faibles et crédules. Je préférais de loin donc, la sauvegarde optimale du travail humain et de la distribution du travail humain, par la "démondialisation", donc des règles commerciales atténuant ou anéantissant les concurrences étrangères destructrices, la substitution par versement et distribution d'un revenu non lié au travail du bénéficiaire n'étant que réparation du mal que représente sa mise à distance du travail et des revenus du travail. Et si on me posait la question sur le plan technaulogique, est-il préférable de mettre un frein par taxation ou régulation aux innovations limitantes du travail humain plutôt que de réparer leurs effets par distribution de revenus sociaux, j'eusse répondu que ma préférance va aux limites et à la régulation des technaulogies pour préserver le plus possible l'activité humaine, qui reste dans mon esprit le meilleur gage et la meilleure garantie de revenu. D'ailleurs, ma préférance initiale n'est pas à la taxation des innovations technaulogiques, ma préférance initiale va à leur limitation, leur régulation, voire l'interdiction pure et simple des technaulogies les plus destructrices. Et quand on dit les choses comme ça, vous entendez répondre le dogme non démontré selon lequel on ne peut pas aller contre le progrès, etc, qu'on ne peut pas aller contre les nouveautés technaulogiques. Je ne vois pas pourquoi, d'ailleurs on l'a fait et largement encore, on a limité certaines innovations, on en a censuré, certains disent qu'on a éliminé des innovateurs, mettons au moins qu'on ait fait des choix technaulogiques pas toujours vers les plus efficaces ni les moins coûteuses, pour faire fonctionner, ce qui est légitime, un modèle et un régime économique cohérent. Donc, ce qu'on a su faire pour certaines raisons discutables ou pas, on peut le faire pour d'autres raisons. Donc, pour des raisons de cohérences, parce qu'en effet, il faut qu'à tous bénéficient un revenu de minimum vital, par le travail ou autrement, il faut donc procéder à cette régulation commerciale graduelle et en même temps à la régulation technaulogique. Et si cette sauvegarde du travail humain ne suffit pas, alors il faut impérativement qu'à chacun soit garanti un minimum vital jusqu'à ce qu'il ait meilleure situation et justement pour qu'il y parvienne à ce changement de situation vers meilleure fortune. Donc, les deux problématiques ne s'opposent pas et sont même complémentaires en toute rationalité et cohérence. Arnaud Montebourg eut donc tort d'éreinter le principe de revenu universel, puisque son propre projet n'a de sens que dans ce but, préserver le travail humain et la substance économique, pour que chacun bénéficie des ressources disponibles. Arnaud Montebourg que je continue de croire supérieur en qualité et en responsabilité au sentimental Benoît Hamon eut mieux fait de préhempter les deux projets qui en réalité n'en font qu'un. Or, lui seul à mon avis aurait eu des chances de succès aux présidentielles, parce qu'il a cohérence supérieure et de loin à Manuel Valss et à Benoît Hamon, des gens qui aiment trop les valeurs creuses. Il eut gagné à intégrer le revenu universel dans son projet, ça allait de soi dira-t-on mais c'était mieux en le disant, or, il ne l'a pas dit, il a plutôt fait chorus contre le revenu universel pour flatter un peu la galerie. Parce que finalement, dévarrassé de toute considération morale et sentimentale, le principe du revenu universel n'est pas ce qu'il y a de plus utopique, de moins réaliste. Le réalisme, c'est la volonté de garantir à tous un revenu, quelle que soit la contraction du travail humain, ce qui n'est pas réaliste, donc ce qui est utopique, c'est de ne pas le garantir et d'escompter que ça arrive par les seules lois du marché, sans volontarisme politique et sans l'obligation arcente ou l'ardente obligation. Benoît Hamon quant à lui, eut tort de ne pas souligner le caractère réaliste et dirait-on inévitable de la problématique "revenu universel", il l'a trop vendue avec des sourires et des valeurs, les sourires ne produisent pas et ne nourrissent pas, quant aux valeurs, elles sont variable, haussières et baissières, dans cet univers dépourvu de sens et de doctrine. Que dirait le Musulman et comment trancherait-il ces débats? Premièrement, pas question d'ignorer la problématique de minimum vital que la Nation Islamique semble-t-il a la première mis en oeuvre au moins partiellement. Ibnou-Khaldoun en témoigne de ce souci. Et la protection sociale était parfois très généreuse, ainsi à Cordoue, n'importe qui, de passage dans la ville, était admissible à l'hôpital public, trois jours après son arrivée, délai de séjour chez un hôte responsable, et après l'hospitalisation, on pouvait séjourner dans la ville et percevoir des indemnités dirait-on journalières de convalescence jusqu'à être jugé apte à gagner sa vie par le travail. Ibnou-Rouschd, que certains nomment Averroès, élevait l'hôpital public au rang de première réalisation de l'Islam. La question de distribution sociale optimale des ressources disponibles semble validée par l'expérience des Musulmans et il n'y a pas dans les sources révélées de notion de maximum ou de plafond dans cette redistribution, si le pauvre à qui on fait aumône n'en veut plus et s'en récrie, selon les interprétation majoritaires des hadiths, ce n'est pas une raison suffisante pour cesser envers lui l'aumône, bien au-delà des besoins premiers s'entend, donc vers un vrai changement de fortune. Donc, la question qui se pose n'est pas tant la limite aux distributions des ressources disponibles, la seule limite et le seul plafond objectif, ce serait si la redistribution est elle-même destructrice de distribution à l'avenir, si elle détruit trop de richesses atteignant aux moyens et possibilités de production. La question est donc de savoir si la distribution optimale des ressources disponibles doit se faire par la préservation au mieux du travail humain, régulation commerciale et technique, ou par la distribution d'un revenu sans lien avec le travail et la production de richesses. La préférance du Musulman ira il me semble forcément, vers la préservation optimale du travail humain et sa distribution. Le Musulman préfèrera que les richesses soient créées par le maximum de gens et craindra la concentration dangereuse de production des richesses aux mains d'une minorité. Et il le craindra davantage s'agissant des pays et univers dépourvus de doctrine, donc d'un minimum de freins éthiques et moraux, donc le Musulman préfèrera la préservation du travail humain par tous moyens apropriés et ne se résignera que contraint à la généralisation croissante de la distribution de revenus sans lien avec le travail à des gens qui en sont écartés et éloignés contre leur gré. Et toutes les religions du Livre voient dans le travail une adoration et réprouvent l'oisiveté, peu importe qu'elle soit volontaire ou involontaire. Certes, le travail n'est pas l'unique destination des gens, la parole d'Allah désigne bien la destination première, puisque la création des jinns et des hommes ne se justifie selon la parole même d'Allah qu'à fin qu'ils adorent Allah. "Nous n'avons créé les jinns et les gens qu'afin qu'il Nous adorent", est-il écrit en substance au meilleur des livres. Or, si Allah a prescrit à l'homme le travail comme fait d'adoration, il semble certain que l'abandon ou la raréfaction du travail humain aille de pair avec la diminution de l'adoration et moindre tenue du culte. On pourrait croire le contraire, que les gens délivrés d'obligations se consacreraient aux adorations et aux bienfaits, nous observons dès maintenant que ce n'est pas ce qui arrive, moins les gens sont occupés de travail, plus les gens sont libres de leur temps, moins il y a de bénévoles, le travail et l'occupation journalière vitale et nourricière semble bien être une colonne vertébrale morale, le Musulman craint comme tout autre, l'absence de cette solide colonne. Ceci étant dit, si donc le travail humain diminue, le Musulman est obligé de valider la distribution de revenus sociaux de substitution, du fait du principe basique du moindre mal. Plaise à Allah que l'emportent en même temps les idées de régulations commerciales et techniques et celles de distribution universelle de revenu, la cause étant la même, la cause de l'homme et de l'humanité. Croissant de lune.

Le revenu universel et un regard sur la campagne par le Croissant de lune

Une réflexion personnelle doublée d'un panorama de la campagne vue par la communauté musulmane en France. Bonsoir mon Torrentiel, c'est un fait pour l'instant que nos voeux concordent comme en 2012. J'ai entendu ce matin à la radio, et j'en suis heureux, j'ai entendu parler d'une campagne de Benoît Hamon sous forme de cars et de militants parcourant la France pour exposer la mesure phare de son projet dans le détail aux gens, parce que la mesure est complexe et méritent d'être bien exposée. Dispose-t-il assez de bons militants intelligents et patients, capables d'exposer à tout un chacun les avantages du revenu universel, toutes ses conséquences imaginables? Moi, je suis d'habitude partisan de ce qu'on apelle la valeur "travail", enfin, mais que faut-il faire si le travail humain se raréfie? J'entrevois, j'imagine à travers cette mesure des situations très diverses, que ça encourage la paresse des paresseux, c'est possible, mais aussi l'initiative de ceux qui veulent agir. Même la concentration démographique en grandes villes ne sera plus aussi pertinente, voire des expériences d'agriculture biologique et retour à la terre en communautés pourront mieux s'expérimenter. Dommage qu'une oeuvre cinématographique de fiction n'ait pas envisagé tous les tenants et aboutissants possibles du revenu universel, je n'arrête pas d'y rêver. Ainsi, celui qui veut la performance dans le travail, il trouvera la performance, mais celui qui veut l'épanouissement dans la vie bucolique et sobre le trouvera aussi, sans que personne ne moque l'autre. Plus question d'assistés ni quoi que ce soit, celui qui travaille travaille par choix et pour lui-même, celui qui travaille moins selon sa constitution et ses aptitudes vivra sans blâme, on se croirait au paradis. Imagines un peu, même les curés percevront ce revenu et vacqueront aux soins des églises, alors que pour l'instant, ils sont aux limites ou au-delà de la pauvreté. Tout ça à condition qu'en même temps, la France fasse promotion dans le monde de normes techniques et sociales aux échanges, voire la promotion de la norme de minimum vital, de santé et d'enseignement partout au monde au lieu qu'aujourd'hui, certains pays ont accès à tous les marchés sans même pas financer l'enseignement primaire à leurs enfants. Ma pauvre Tunisie Verte a préféré perdre son textile plutôt que ses écoles, chez certains émergeants Asiatiques l'instruction primaire est payante et chère mais le textile encore florissant et autres industries qui carburent au sang et à la sueur d'enfants et de femmes. Est-ce que les minorités confisqueront l'élection? Je disais que, si les choses restent en état, une relative baisse de participation générale fera ressortir les électorats minoritaires qui ne suivront pas autant l'abstention. Elles s'abstiendront moins, enfin, elles partent d'une participation faible mais en hausse, je suppose que cette hausse va continuer encore, ce sont des électorats qui ne sont pas encore arrivés à la moyenne de participation, en soit, sans se distinguer mais en rejoignant la situation générale ces électorats feraient sentir leur véritable poids, c'est une correction, pas une confiscation. D'ailleurs, ça peut aller dans tous les sens, j'ignore quels seront les effets de la crise en Guyane et au-delà dans les autre départements dits d'outre-mer et leurs prolongements en métropole même. Si cette affaire s'envenime et s'étend à d'autres départements, ça peut aussi servir de prétexte à un report. C'est drôle ou pas drôle de constater comment ceux qui ont fait tant et tant avec leur ABCD de l'égalité se réveillent ou affectent de se réveiller juste maintenant, prenant subitement conscience de l'écart et du retard considérable d'investissement. Cet énorme retard ne peut pas s'expliquer sans corruption des élus locaux Guennais, je veux dire par là qu'il est très probable que la gouvernance de Paris a préféré corrompre les élus plutôt que d'investir. Les flatteries de Macron sont sans effet, justement il y a le précédent de Manuel Valls qui était et se donnait pour pro-Palestinien avant 2012 ou avant son mariage, avant un revirement très complet. Ce qui est plus réel, c'est que Macron s'appuie sur le mouvement Sioniste en France, il est assez étrange que François Beyrou s'en accomode, lui qui est vieille-France et équilibré il me semble. Dans ma famille et ses proches, on s'interroge sur le votte, on réfléchit, Benoît Hamon pour l'instant est préféré, je doute que Mélanchon soit très populaire en milieu d'origine Maghrébine, sa connotation Marxiste compte pour des gens qui pensent encore en ces termes. Sans même pas parler de Lutte Ouvrière dont je n'ai jamais vu la popularité en milieu Arabisant. Récemment, j'ai même lu un article sur les activités de ces militants stupides qui ont conçu l'idée formidable de lutter par propagande internautique contre la religion, puisqu'après, selon eux, on pourrait faire la révolution, ça veut dire que le Grand Soir n'est pas pour tout de suite. C'est quand-même fou que des gens s'imaginent le pouvoir et le droit de reprogrammer les autres, mais ne sommes-nous pas en des temps de dé-ra-di-ca-li-sa-tion? Je crois moi, que les Musulmans croyants et pratiquants votteront autant qu'en 2012, bien que cette fois-ci, les prédicateurs sont ben obligés de valider l'abstention de ceux qui leur reprochent ce qui est arrivé, l'idée de ne pas se rendre complice des guerres injustes par le bulletin porte à réfléchir. Enfin, il n'y a pas que le bulletin, il y a aussi les impôts, justement, le travail, la consommation. Pour des raisons de conscience, certains qui faisaient promotion du vottent sont nuancés aujourd'hui. Mais il y a d'autres raisons. Il y a d'autres raisons, les prédicateurs efficaces et populaires sont parfois sous la menace du groupe armé maintenant. Le cas le plus curieux, pas vraiment surprenant mais quand-même, c'est cet imbuvable Rachid Abou Houdeyfa, indigeste et assez ignorant en fait, il était un salafi quiettiste des plus paisibles et inutiles qui soient. Il y a environ un an, il fut soumis à la menace, j'ai tendance à la croire vraie parce que le bonhomme que moi je trouve ignorant est pourtant prédicateur efficace comme un pâne qui prêche bien les ânes. En réaction, il a commencé par publier des contenus contredisant toutes ces condamnations antérieures du groupe armé, poussant la complaisance enfin, la peur le poussant jusqu'à valider des choses anti-canoniques. Puis, entre temps, il s'est rendu au hajj. Puis, peu de temps après son retour, il a lui-même demandé selon ses propres termes à être déradicalisé parlant même de désalafisation. C'est ridicule, ce qui se cache derrière, c'est juste qu'il allait quémander une protection vigilante. Oubliés la musique, plus de singe ni de porc, c'est fini tout ça, un peu comme quelqu'un qui dirait de lui-même, je suis malade mental, faites-moi entrer dans un HP. Cette démarche n'étant faite à coup sûr qu'en contre-partie d'une protection de l'état, il a tout déjugé les marchandises qu'il vendait depuis si longtemps. Quelqu'un a même dit sur son compte, que du moment qu'il se reconnaît malade et bon pour faire les 120 heures de rééducation psychologique, alors tous ceux qui l'ont écouté, comme il les a contaminés devraient le suivre puisqu'il est leur maître. Le cas de Rachid Abou Houdeyfa ne me suggère pas la compassion, plus honnorable est la conduite du prédicateur Hassan Iquioussan, légitimement efficace et populaire, élève du noble sheik Youssef El-Qaradhawî. Il n'a pas lui quémandé aucune protection publique, ses fidèles ont bien voulu lui financer un garde du corps, rien de moins. Abou Houdeyfa, en 2012, a fait promotion sans réserve ou nuance du votte en faveur du président pâle, Iquioussan quant à lui ne désignait pas de candidat. Aujourd'hui, Tariq Ramadan est pour l'abstention, faut dire qu'après le quincainat lamentable et sanglant d'Hollande, sa recette selon laquelle le votte et la citoyenneté changeraient les politiques de la France et de l'Europe lui est remise sous le nez, les lésions sont trop grandes. Pourtant, je crois que les Musulmans votteront selon le principe vrai ou faux du moindre mal, pas moins qu'en 2012. Après, si la gouvernance Française reste anti-Musulmane qu'elle soit atlantiste ou russophile ou les deux, il faudra sapper sa dynamique de l'intérieur et la priver au maximum de ressources, il faudra résister, donc réfléchir dès à présents aux moyens les mieux apropriés de résistance. Croissant de lune.

samedi 1 avril 2017

Mon ralliement climatique à Benoît Hamon

J’ai la chkoumone électorale. Je ne devrais pas l’avouer, car je n’ai jamais voulu porter la poisse aux candidats de ma raison. Le pire est que, si mes candidats ou mes idées ont toujours perdu, je n’ai jamais renié ni regretté les analyses qui me les ont faits choisir. Par exemple, j’ai voté « oui » à Maastricht, persuadé qu’on aurait pu faire une Europe puissance contrepoids aux États-Unis. Mais on a fait l’élargissement avant l’approfondissement, ce qui a rendu notre zone monétaire hétérogène et une source de nivellement par le bas. Je m’apprête à voter Benoît Hamon, non que j’y croie, mais pour des raisons climatiques - et je suis climato-sceptique -. J’étais persuadé qu’il fallait tout remettre à plat et qu’élire Marine Le Pen aurait pu être un bon signal. Je l’aurais votée, non par xénophobie, mais pour lutter contre le paupérisme et étendre la démocratie directe. Je l’aurais votée tout en suppliant qu’on me retienne de faire un malheur, car je n’ai jamais voulu de mal aux étrangers qui ne sont pas mes ennemis, mais sur qui je ne crois pas qu’il soit de bonne politique de se focaliser, que ce soit par racisme ou par antiracisme. Or j’ai vu Marine Le Pen commencer par prendre la tête d’un parti pour un patriotisme parricide en reniant son père. Puis je l’ai vu mal entourée, mais tant que c’était par Philippot, je pouvais passer outre. Avec Marine Le Pen, on finit par se dire que tous ses défauts sont un détail. Aujourd’hui on nous rappelle que ses meilleurs amis sont des néo-nazis. Marine Le Pen est la candidate pseudo-gaulliste de la nazisphère et ce n’est pas un détail. Déjà en 2012, j’avais porté mes espoirs sur Montebourg. Montebourg était, dans l’espace médiatique, un crypto-lepéniste. En réalité, il prônait le protectionnisme européen d’Emmanuel Todd, qui l’a transformé en « hollandisme révolutionnaire » avant, toutes affaires cessantes et toute honte bue, de traiter de « catholiques zombies » les Charlie d’un jour, alors que, si Charlie fut la victime des djihadistes, les catholiques ont été la première victime de Charlie. Bref, Montebourg, qui était le seul impétrant de la primaire citoyenne de 2012 ayant une pensée politique, la termina en troisième homme. On croyait alors que la primaire accoucherait du candidat le plus médiocre et Hollande sortit du chapeau. Je n’ai pas pu me résoudre à voter Hollande. J’ai voté Sarkozy qui voulait sortir de Schengen, car je suis contre l’anarchie migratoire, et Sarkozy a perdu de justesse. Dommage ! En 2007, je lui avais préféré Ségolène Royal pour des raisons climatiques que je maintiens, exactement les mêmes qui vont me faire voter Hamon. Ségolène avait beau « parler faux » comme le notait Carla bruni, qui abandonna la gauche pour ne plus entendre Ségolène et mieux se recaser, elle parlait beaucoup et à force de nous saouler, elle finit, malgré la bravitude, par parler bien et presque juste. Elle développa un programme qui aurait revalorisé le SMIC et distingué les grandes entreprises qui n’avaient pas besoin de subventions des petites pour lesquelles elle se proposait de mettre un terme à cette aberration qu’elles étaient plus imposées que les grandes qui faisaient du bénéfice, étaient multinationales et dormaient sur leur matelas mondial, ce bas de laine des ménages modestes. Ségolène promettait encore de gouverner en mère, non pour perpétuer l’ »État nounou » (la fille de général n’avait rien contre les beaux militaires), mais pour développer le côté matriciel, maternel et adoptif de la nation, qui nous adopte si on l’adopte. L’adoption réciproque est une visée plus républicaine ou au choix plus humaine que la dialectique impossible entre intégration et assimilation. Ségolène a perdu, c’est dommage. Elle aurait assaini le climat du pays. Certes, Sarkozy n’a pas connu de notable blocage, encore moins de troisième tour social, et s’est révélé un président paternel, qui a intériorisé, malgré son amour du bling bling et de l’argent facile et bien qu’il appartînt à la droite des parvenus, la dimension spirituelle et cultuel de son passage à l’Intérieur. C’est pourquoi je l’aurais volontiers réélu contre le vide créé par Hollande, dont Montebourg avait raison, en son temps, de dire à propos de Ségolène que le seul problème de cette purificatrice d’atmosphère était son compagnon. Et cette dernière de préciser, en forme d’avertissement, pendant la primaire de 2012 : « Le bilan politique de Hollande, c’est l’inaction ». Nous n’avions pas besoin d’unChirac (bis). Nous l’avons eu. Pour être patelin, on n’en peut pas moins nuire. Le président débonnaire, qui se disait « normal » avec des « qualités exceptionnelles », pouvait être sincèrement tiraillé par les malheurs du pays. Il pleura beaucoup sur les attentats, mais y trouva occasion pour justifier la politique néo-conservatrice qu’il avait commencée avant eux dans des guerres néo-coloniales. Sur les traces de George bush junior, mais avec les armes lacrymales pour faire passer la pilule, il embarqua la France dans la guerre contre le terrorisme. Le placide Jean-Marc Ayrault ne pouvait pas porter cettepolitique. Elle convenait très bien au matador Valls. Le nommer permettait à Hollande de trahir Montebourg à qui, sur le plan socialiste, il devait son élection, son autre dette ayant été contractée auprès des musulmans de France, qui avaient concrètement voté pour lui et qu’il en remercia bien mal. Il trahit les musulmans stigmatisés comme jamais dans sa « France en guerre ». Le candidat antifinance fit le jeu de la finance en nommant Macron ministre de l’économie pour donner un dernier coup de pied de l’âne à Montebourg et renverser Valls le moment venu. Hollande fut renversé par ses deux créatures et incapable de se présenter à sa propre succession. À force de jouer les uns contre les autres, Hollande créa des monstres qui le défirent. Je regrettai sa défaite, car je suis légitimiste et parce qu’intervenant trois ans après la renonciation de benoît XVI, elle donnait un très mauvais signal : le chef de l’Église et le chef de ce qui restait envers et contre tout la fille aînée de l’Église baissaient tous les deux les bras. Moïse ne tenait plus ses peuples à la nuque raide. Israël serait envahi, le monde était bien malade. Un monde où Trump faisait figure de sauveur paradoxal, isolationniste, presque pacifiste, faisant des démonstrations d’amitié à la Russie, et ses ennemis démocrates mettant à son passif de vouloir mettre fin à la guerre froide. Hollande est un nuisible sacrificiel. Il y a trois figures sacrificielles en France (je l’ai écrit et je ne le renie pas) : Louis XVI, Pétain (« Je fais don de ma personne à la France » « pour la protéger de l’intérieur des périls qui la menacent, et je ne m’enfuirai pas, je ne me déroberai pas au procès qu’on intentera contre moi dans mon pays pour intelligence avec l’ennemi, tant pis si de gaulle veut m’exfiltrer ! » Il faut relire et comparer les testaments de Louis XVI et de Pétain) et…. François Hollande. Le renoncement de François Hollande marque notre entrée dans un défaitisme assumé. Hollande est, après Mitterrand, ce vichyste de fait, le premier président vichyste par volonté de nuire en passant pour débonnaire. Mais Pétain avait l’excuse de l’Occupation. C’est pour s’occuper que Hollande joua les uns contre les autres en créant des monstres qui le renversèrent. Son acte le plus dangereux fut de nommer Valls. Personne n’aurait dû miser un kopek sur ce premier ministre dont toute la carrière n’avait été qu’intrigues et incompétence. Personne n’aurait donné un kopek sur la longévité de Valls, mais personne ne le dit. Valls aurait dû tomber, car il avait contre lui, dès le moment où il fut nommé, les catholiques qu’il venait de combattre férocement, les musulmans contre lesquels il n’avait jamais de mots assez durs, et sa majorité quipouvait le renverser à tout moment, car elle ne l’aimait pas et il le lui rendait bien. Les catholiques le rallièrent, les musulmans firent le dos rond et sa majorité fronda légèrement. Loin de le renverser, elle le laissa dire qu’il y avait deux gauches irréconciliables, sans lui faire observer que sa responsabilité n’était pas de les déchirer, mais de les recoudre. Par immaturité et besoin de se sentir en sécurité, il obtint, fait sans précédent, d’être maintenu premier ministre jusqu’à la fin du quinquennat. Puis il démissionna de son propre chef pour renverser le monarque présidentiel et se porter candidat cinq ans avant son heure. Cela joua contre lui,il perdit la primaire. Comme on le laissait tout dire, le soir de la poignée de mains donnée à Hamon, il lui dit entre ses dents : « Je te laisse faire campagne pendant un mois et après, je te dégomme ». Il s’exécuta en manquant à sa parole et en ralliant le traître sain Macron, beaucoup plus intelligent et moins mauvais que lui. Il ne tint pas parole sous prétexte de responsabilité, lui qui n’en avait jamais connu que le nom, qu’il rehaussait d’un tonitruant : « j’assume », son verbe préféré, proféré d’autant plus volontiers qu’il n’avait jamais été en capacité de rien assumer, non seulement parce qu’il n’avait jamais étudié ni travaillé, mais parce que cette incapacité était d’ordre psychiatrique. Valls était bipolaire. Tout le monde le savait et personne ne le disait. Valls était bipolaire comme Strauss-Kahn avait un excès d’appétit sexuel. Valls, qui avait occupé son véritable poste de premier plan, non sous Rocard, mais sous Jospin, avait théorisé les deux gauches irréconciliables après avoir servi l’homme de la gauche plurielle. Il avait théorisé que la gauche pouvait mourir et, pour se donner raison, il l’avait assassinée. Valls trahit Hamon en agitant la menace de l’élection de Marine Le Pen, la candidate dont le programme était censé être la peur. Or Valls, le bipolaire, répondait à la peur par la peur, après avoir mené une politique sécuritaire et avoir fait voter une loi sur le renseignement qui bridait les libertés individuelles. La trahison de Valls démontre ce que cache le gouvernement par la menace du terrorisme. Hollande, qui l’avait nommé parce qu’il ne vaut pas mieux à cet égard, lui qui, en 2002, parlait de Le Pen père comme de son adversaire « en dehors du cercle de la démocratie », a, qu’il existe ou non un cabinet noir dont il tire les ficelles après avoir promis l’indépendance de la justice et des médias, organisé sa succession comme un véritable encerclement démocratique. Le président par défaut, à qui on laissait entendre à longueur de colonnes que son bilan était tellement désastreux que son camp ne passerait pas, bloqua le passage du camp adverse en organisant ou en profitant de l’affaire fillon, qui reçut la monnaie de sa pièce en étant empêché de faire campagne après qu’il eut demandé au secrétariat général de l’Élysée et à Jean-Pierre Jouyet qu’il fît tomber Sarkozy. En outre, Hollande empêcha que l’on enquêtât sur Macron, car il préférait la victoire du félon de son camp que l’alternance. Hollande se vengea enfin de la gauche qui l’avait frondé en savonnant la victoire de Hamon à la primaire où lui-même n’avait pu concourir. Le président débonnaire est bien vindicatif. Quant à Valls, puisque les médias ne lui claquent pas la porte au nez et qu’il est entouré d’une clique aussi corrompue et sordide que lui, ces Méadel ou ces Boutih dont je me réjouis pour elle que Najat Vallaud Belkacem n’ait pas jugé bon de les rejoindre, car elle vaut mieux qu’eux, nul doute qu’il trouvera prochainement de nouveaux mauvais coups à faire. Pour l’instant, il se pose en caillou dans la chaussure de Macron, ce Brutus à l’ancienne, à la loyalement déloyale. Que faut-il penser de Macron ? Hollande était l’homme de la synthèse, Macron est l’homme de l’antithèse, il dit tout et son contraire. Il donne à manger du foin, des roicos aux maos et de Madelin à Robert Hue. Ce jeune époux d’une cougar prétend incarner le renouvellement politique en ayant des cacochymes pour principaux soutiens. Il aime l’argent plus que les gens, ce n’est pas forcément rhédibitoire. On a vu ce que donnait « le candidat qui aime les gens ». Pompidou était un autre banquier Rothschild homme de lettres, mais n’est pas Pompidou qui veut, ce brave Pompidou qui a tout de même assujetti la France à ne pouvoir emprunter à sa propre banque nationale. Macron est un crâne d’œuf, mais sans le grand front ni la proximité aristocratique de Giscard. Car est encore moins Giscard que Pompidou qui veut. Macron ne sera pas Giscard, mais fera moins de mal que Hollande ou que Valls. C’est le candidat de la dérégulation, mais de l’éloignement versus la proximité, des macrostructures administratives, du management, des ronds de cuir, pas de l’absence d’intermédiaire entre le patient ou l’actif et l’agent. La France dont il ne connaît ni la culture ni la géographie (car Brigitte lui fait des plans détaillés, elle ne lui fait pas potasser ses atlas) n’est pas son truc. Mais quand même, récemment, devant le MEDEF, il s’est rendu compte qu’on ne dirigeait pas un pays comme une entreprise. Il n’a aucun relief, mais il ne fera pas grand mal. Ce Jospin sans amour des hommes et ce Rocard sans grand dessein pourrait même faire un minimum de bien, ne serait-ce qu’en étant le premier à faire du Bayrou en actes. C’est déjà pas mal de renouveler la vie politique de la manière dont il essaie de trouver une majorité présidentielle et dont il sélectionne ses candidats aux élections législatives. Il nationalisera l’assurance chômage et fera bénéficier les entrepreneurs de l’assurance contre le risque, c’est justice. Aucun homme politique n’y avait pensé avant lui. Rien que pour ça, je pourrais voter pour lui. Mais ce jeune loup est un flou dur qui n’a subi aucune résistance. Il préfère l’argent aux hommes qu’il ne connaît pas même comme le florentin Lorenzachio, et il n’est charnellement rattaché qu’à l’individualisme dont il est le produit. Macron est le champion de la lutte des classes qui s’est transformée en lutte des minorités et qui aime l’argent comme un indice que je vaux la reconnaissance du droit à la différence que je réclame pour moi. Macron a prouvé qu’il avait du coffre, mais il n’a pas de corps. Il est, comme son nom l’indique, le candidat de la macro-économie. Il n’est pas le candidat de l’extinction du paupérisme ou de la remise à plat que j’espère. Il est même presque le contraire, mais il n’a pas de motifs aussi noirs que ceux dont on charge cette mule. Il serait donc logique que j’aille chercher mes solutions chez Mélenchon. Je l’ai envisagé. Mélenchon est un populiste et je crois que le populisme est l’essence de la démocratie. Or aujourd’hui on emploie volontairement populisme pour démagogie. Parlant parfois avec les mots du vulgaire, je me suis demandé pourquoi le populiste Mélenchon était incapable de dépasser son antifascisme qui n’a plus de raison d’être depuis que le fascisme a été écrasé par les Alliés, soit depuis soixante-dix ans, le temps qu’a duré le communisme en Union soviétique, pour prendre la tête du front des populistes. J’ai passé sur sa vulgarité et sur ce manque de perspective, qui consiste pour une personnalité politique à reconnaître qu’on a changé de monde, or nous sommes enfin entrés dans le monde d’Après-guerre. J’ai passé sur les contradictions de ce chaviste détestant la monarchie présidentielle et pratiquant le culte de la personnalité. J’ai passé sur la confusion savamment entretenue par lui et ses amies du « domaine des Corbière »(s) (voir article infra), entre l’éducation populaire qui enseigne les principes démocratiques et la démocratie appliquée. J’ai passé sur le fait qu’un tiers des représentants de l’Assemblée constituante de sa VIème république parlementaire dont on n’a pas besoin, étaient cooptés au domaine des Corbière, c’est-à-dire dans son propre parti, des gages étant donnés pour un autre tiers au buzeur Etienne chouard à propos du tirage au sort. L’Assemblée constituante préparatoire à la VIème République de Mélenchon était donc constituée d’un tiers seulement d’élus véritables. J’ai lu quelques-unes de ses analyses logorrhéiques desquelles on sort en se disant qu’on n’y comprend rien, mais qu’on est plus intelligent de les avoir lues. J’ai été ému par sa convergence avec Henri Guaino, qui était le candidat de mon coeur, et du résumé qu’en a donné Mélenchon : « Tous les deux, nous rapportons des principes qui viennent de loin, et nous essayons de les expliquer et de les appliquer. » Ma première vraie désillusion a été que Mélenchon ne reconnaisse pas que tous les développements qu’il avait faits semaine après semaine pour se persuader que Tsipras avait les épaules pour ne pas céder au trium virat du FMI, de la banque mondiale et de la BCE n’étaient qu’une vaste autosuggestion et qu’il s’était laissé gruger par ce Grec élastique, que je n’avais observé qu’une fois, le jour où ils se porta indirectement candidat à la présidence de la Commission européenne à la faveur des élections du même nom, mais assez observé pour m’apercevoir qu’il savait se montrer accommodant avec ses compétiteurs et qu’il était trop bien introduit auprès d’eux pour leur résister sérieusement. Tout le Tsipras de son discours de capitulation au Parlement européen, trahissant le référendum grec qu’il avait lui-même convoqué, était en germe dans cette mielleuse candidature qui faisait des politesses à Juncker et Guy Verhofstat. Ce que Tsipras n’a pas su faire, Mélenchon pourrat-il le faire ? On ne négocie pas plus en cédant du terrain par entregent qu’en injuriant comme un goujat. Ma deuxième désillusion est assez récente. Mélenchon était invité chez Bourdin, et une chômeuse de plus de cinquante-cinq ans et de longue durée l’interrogeait sur ce qu’il pourrait faire d’avantageux pour sa situation. Il fit un tunnel de dix minutes où il la méprisa sentencieusement pour ne rien lui répondre, sinon qu’il remplirait le carnet de commandes des entreprises. » Cet étatiste croit-il qu’il lui suffit de lever (avec quel argent ?) un plan d’investissement pour relancer la croissance, mot de la macro-économie que j’évite d’employer d’habitude ? Donc Mélenchon veut revaloriser le SMIC de clopinettes et n’a rien de concret à proposer à une chômeuse de longue durée. J’étais à côté de mon amie qui me dit que jamais, elle ne pourrait voter pour un caractériel pareil. C’est alors que je me suis penché sur Hamon pour voir ce que donnerait la comparaison. Au début, je lui reprochais d’être le candidat de la gauche dans les nuages, non qu’il serait d’une gauche irréaliste ou économique (je n’ignore pas que c’est le candidat LVMH), mais post-humaine, ne pensant qu’entre la révolution numérique et la transition énergétique, tarte à la crème dont se gavent toutes les oies du capitole urbanistique. Assurément, Hamon n’est pas le candidat de la ruralité, ni de l’éducation, ni de la sécurité, ni de la liberté d’expression, ni de toutes ces choses que j’aime. À peine l’est-il davantage de la démocratie participative : les citoyens auront plus leur mot à dire dans la VIème République de Hamon que dans celle de Mélenchon, mais je préfère le référendum d’initiative populaire de Marine Le Pen au 49.3 citoyen de Hamon. Hamon est un candidat climatique. C’est un retour à la préhistoire et à la royauté primitive mondialisée que nos politiques croient faire la pluie et le beau temps et influer à coups de directives carbone sur le réchauffement climatique s’il est vraiment à craindre. La climatologie ne vaut en politique que si elle apporte un peu de psychologie qui pacifie la société. Or le revenu universel est de ces mesures concrètes, qui ne sont certes pas propres à stimuler le réveil civique ou démocratique, mais qui peuvent favoriser concrètement la situation de ces millions de travailleurs pauvres, souvent obligés par la bureaucratie capitaliste à ces nouvelles formes d’appartements collectifs qu’on appelle les colocations. C’est la première fois que la gauche socialiste s’occupe un peu de précarité. Même Jospin avait accepté de se résigner à n’en pouvoir mais. Hamon se dit en mesure de revaloriser beaucoup plus concrètement la situation d’un smicard avec son revenu universel que Mélenchon avec ses moulinets de fier à bras dégagiste portant balai et ses effets de tribune d’orgueilleux bretteur. C’est ce moment que choisissent les médias pour trouver Mélenchon électoralement beaucoup plus bankable que Hamon, le prétendu incapable. On ne croyait plus que la gauche dans les nuages viendrait au secours de la précarité. Cela se produit et les médias devenus libéraux ne font plus aucun crédit à cette gauche. Pire, ils mentent. Pendant la primaire, Hamon avait dit que le revenu universel concernerait dans un premier temps seulement les jeunes de dix-huit à vingt-six ans. Il élargit l’assiette à quelque dix-huit millions d’actifs, et les médias choisissent ce moment pour dire qu’Hamon, qui proteste mollement, en a rabattu sur le revenu universel. Or Hamon ne se contente pas du revenu universel. Tandis que Fillon nous explique que rien ne vaut, pour lutter contre le chômage, que d’augmenter le temps de travail pour en partager moins et de réduire le nombre de fonctionnaires sans créer d’emploi privé, Hamon pense enfin l’automatisation. Il renoue avec le Bernanos de LA FRANCE CONTRE LES ROBOTS ou avec ce pourfendeur du machinisme qu’est Jacques Ellul, pour adosser ce complément de revenu applicable dès janvier 2018 à la moitié de la population active, non pas à une réduction obligatoire de la durée du temps de travail, mais au choix inconditionnel offert au salarié du temps partiel contre l’obligation du chômage technique imposée par le grand patronat au nom de la délocalisation et de la restructuration des entreprises. Pour ces deux raisons climatiques et parce que, pour être le candidat LVMH, Hamon n’en est pas moins bon homme, je voterai pour qu’il assainisse l’atmosphère. Tout Mélenchon est dans Hamon et plus encore. Mais on pardonne à Valls d’avoir assassiné le parti socialiste comme à Mélenchon de ne pas se retirer en étant certain que la gauche n’a aucune chance d’accéder au second tour s’il se maintient pourvu qu’Hamon ne passe pas. Le résultat de toutes les primaires a toujours été soufflé par « le système ». Malgré sa bonne foi, Hamon a été choisi par « le système » pour que la gauche humaniste et populaire soit détruite. Le populiste Mélenchon est dans son rôle quand il déteste l’extrême droite ; il ne l’est plus quand il se rend complice de la destruction de la gauche populaire. Hamon est donc le candidat le plus antisystème. Je voterai donc pour Hamon pour des raisons climatiques et par amour du peuple.

dimanche 19 mars 2017

Mélenchon Le Pen, un comparatif

Réponse à Catherine Greff. (dans les commentaires de cette publication Facebook d'#Orlando Furiosi: https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=10210978695136059&id=1614487078&refid=52&__tn__=C). Bonjour, Orlando et Madame @Catherine greff, que je n'ai pas l'honneur de connaître. Une question pour commencer: c'est quoi, le fascisme? J'en entends parler depuis des lustres et je ne sais pas ce que c'est, vraiment pas, ce n'est pas une question ironique, c'est une vraie question. Le fascisme est un totem qu'on ne prend même pas la peine de définir. C'est un repoussoir. D'accord, je devrais lire le livre de Marc Lasare pour en apprendre davantage. C'est à mon programme à court ou moyen terme. Maintenant, Mélenchon. Je l'ai écouté l'autre jour sur RMC mettre 10 mn à répondre à une chômeuse qu'il a prise de très haut avant de finir par lui dire qu'il ne savait pas quoi lui répondre, mais qu'il allait "remplir les carnets de commande". Ah bon, c'est lui qui remplit les carnets de commande? Parce qu'il va mobiliser 100 milliards dans un plan d'investissement? 100 milliards dont personne ne lui demande où il compte les trouver. Son programme social est la copie conforme de celui de Le Pen (pour qui je me retiens de voter, et je ne promets pas de ne pas le faire), à la xénophobie près, qui n'est pas un détail, pas plus que le fait que des nazinostalgiques sont les meillerus amis de Marine Le Pen ne constitue pour moi un détail, et j'emploie le mot à dessein, pour y mettre toute la charge symbolique dont il est à présent porteur. La xénophobie est grave. Mais la situation de notre pays est grave aussi. Entre deux maux graves, je ne sais lequel choisir de soigner en priorité. Or il me semble que le programme de Mélenchon et celui de Le Pen est le bon, à pas mal de mesures près chez l'un et chez l'autre. Pour Mélenchon, je suis comme Orlando, je crois que c'est un homme du XIXème siècle. Entre les programmes de Hamon et de Mélenchon, la situation d'un travailleur pauvre sera meilleure avec le revenu uiversel de Hamon qu'avec la faible revalorisation du SMIC de Mélenchon. Donc ne faut-il pas choisir l'out-sider de gauche si la priorité est de lutter contre Le Pen ou simplement d'améliorer la situation du pays, sachant que, pour le reste, le programme de Hamon est entièrement dans les nuages. La gauche de Hamon a le bon goût de la gauche plurielle, mais est la gauche post-humaine d'après la révolution numérique et d'après l'automatisation du travail. Mélenchon veut sortir de la Vème République, la belle affaire! La modifier suffirait amplement. Pour la changer, il envisage de convoquer une assemblée constituante dont la moitié des constituant serait tirée au sort, ce qui mettrait sur le même plan des gens qui ont réfléchi à ces changements et d'autres qui n'ont aucune idée sur le sujet. On substituerait donc la République des incompétents à la République des experts, pour parler comme @Jacques Attali. Mélenchon est fasciné par le tirage au sort depuis qu'@Etienne chouard l'a remis au goût du jour. Il estime que ce qui est valable pour les jurys d'Assises est transposable à la politique. Il ne voit pas la différence entre la décision impartiale touchant un individu impliqué dans une affaire criminelle et la décision politique. Mélenchon est encore plus irréaliste et moins démocrate que Le Pen pour trois raisons. Premièrement, Mélenchon, imbu de dégagisme, prône le référendum révocatoire pour assurer l'instabilité politique à tous les niveaux. C'est le même qui veut durcir les conditions de licenciement des travailleurs. En face, Marine Le Pen propose le référendum d'initiative populaire. La deuxième raison est sa stratégie européenne. Il veut négocier, ne rien obtenir et claquer la porte sans référendum. Le Pen veut négocier, ne rien obtenir, puis organiser un référendum, où il lui sera signifié que les français ne veulent pas sortir de l'Union européenne ni de l'euro, mais que cette monnaie soit plus homogène et que l'Union européenne ne soit plus organisée par des bureaucrates contre les peuples. La raison institutionnelle à présent pour laquelle Mélenchon est moins démocrate que Le Pen. Il n'envisage même pas de conclure son processus constituant par un référendum. Nous changerions donc de République sans référendum. La VIème République commencerait de façon très démocratique. Mais votre avis, je le sens déjà, est que Mélenchon ne dissimule pas, tandis que Le Pen va nous emmener sans préavis vers une dictature. C'est un procès d'intention. Les régimes fascistes et nazis avaient des origines socialistes. de même qu'il y avait des résistants issus de la famille maurrassienne. Maurras lui-même voyait au contraire en Pétain une "divine surprise". L'échiquier politique est complexe. Vous dites enfin que vous n'imaginez pas Le Pen laisser une Assemblée déciderà sa place. Eh bien moi, ce serait plutôt de nature à me rassurer. Le parlementarisme est une chambre d'enregistrement clientéliste qui coûte très cher, pour amender les lois à la marge. De plus, du point de vue de Marine Le Pen, le référendum lui permettrait de gouverner sans remporter les législatives, ce à quoi elle ne parviendra jamais, si tant est qu'elle ait une chance infime d'être élue présidente de la République ce coup-ci.

samedi 18 mars 2017

La sélection naturelle ou la grâce désélectionnée

« La philosophie institutionnelle fait comme si darwin n’avait jamais publié en 1859 l’origine des espèces qui coupe en deux l’histoire de la pensée occidentale et sans lequel Nietzsche, qui ouvre l’ère philosophique nouvelle, n’aurait jamais pu proposer sa vision du monde. » Oui, le darwinisme coupe en deux la pensée occidentale. Et à ma connaissance, les seuls à l’avoir dit avant Onfray – ou avec autant de force que lui - sont les témoins de Jéhovah. Je me souviens d’un de leurs opuscules dont toute l’introduction était consacrée à cette révolution copernicienne, ferment absolu de déchristianisation comme le christianisme avait été « un ferment de décomposition de l’Empire romain », anticipait Celse sur Néron (s’il attribua aux chrétiens le sac de Rome) ou sur Julien l’apostat qu’en drôle de paroissien, je respecte, moi qui crois avec Julien et avec celse que le christianisme est une religion antisociale, anticulturelle, antihistorique, et ne l’en aime que mieux. Le darwinisme a déchristianisé en profondeur la pensée occidentale. Le christianisme a beau essayer de s’ya dapter, il ne sera pas sélectionné. Darwin a déchristianisé notre vision du monde, je le crois avecOnfray et les témoins de Jéhovah, alors que le darwinisme demeure une hypothèse dont la vérification repose sur très peu de fosciles. Le darwinisme n’est qu’une hypothèse inesthétique. J’écris cela en m’en gargarisant et en encourant les foudres de tous ceux qui voudront m’objecter qu’en science, la notion d’hypothèse n’équivaut pas à celle de croyance. J’écris cela en esthète et comme un dilettante qui n’y connaît rien, et ne prétend pas jouer dans la cour des savants. Mais une chose me saute aux yeux, à mesure que j’essaie de fréquenter plus sérieusement les penseurs de mon temps : tous dépendent du darwinisme. Le darwinisme est sous-jacent au nietzschéisme, au freudisme, à l’Histoire qui suivrait la préhistoire, comme il fut sous-jacent au nazisme. Et le darwinisme est une doctrine. Cette hypothèse est une idéologie. Serge de beketch avait référencé avec un grand à propos tous les dogmes de la religion de remplacement du christianisme. L’évolution y tenait lieu de genèse et le complexe d’Œdipe de péché originel. Ce qui caractérise une religion est de ne pas souffrir qu’on ne l’enseigne pas. Or toute école qui s’autoriserait à enseigner le créationnisme ou simplement « le dessein intelligent » se verrait taxée d’obscurantisme. Le darwinisme est un catéchisme aussi sourcilleux que les Droits de l’homme. Une disposition méconnue de la déclaration universelle des droits de l’homme que René Cassin imagina de décalquer du décalogue de l’aveu même d’André chouraqui, stipule que l’éducation est non seulement plus une obligation qu’un droit (on le voit avec l’obligation scolaire. Or qu’est-ce qu’un droit obligatoire ?), mais que’au sein de cette obligation, quiconque s’aviserait d’enseigner des principes contraires aux droits de l’homme se mettrait au ban de la communauté internationale. L’antihumanisme théocratique des religions révélées est donc contraire à la bienveillance obligatoire, mais totalitaire de l’humanisme démocratique et rationnel. Consolons-nous, Onfray écrit un peu plus loin (toujours au chapitre I de la troisième partie de COSMOS) que Darwin a découvert après Celse qu’ » il existe une fraternité naturelle, une compassion instinctive » et « que la fraternité des animaux contribue à l’évolution des espèces et à la sélection des individus les mieux adaptés ». La sélection naturelle n’est pas incompatible avec la fraternité, nous voilà rassurés ! Si j’étais disposé à croire darwin, ce serait sur la base d’un argument comme celui-ci. Car je me suis demandé depuis longtemps (pas seulement depuis cette calamiteuse campagne électorale), en observant les écuries présidentielles, comment il se faisait, alors que nous sommes mégalomanes, que des seconds couteaux mettent tant d’abnégation à favoriser la carrière de gens qu’ils n’aimaient pas et qui aspiraient à les dominer, à régner sur eux et à les écraser après les avoir pressés comme des citrons. Comment peut-on devenir militant au service du « meilleur d’entre nous « ? Ou comment un penseur comme Jean guitton a-t-il pu croire sérieusement que Jacques Chirac avait un destin providentiel, comme le rapporte Bernard billaud ? Ou pour sortir du marigot politique, pourquoi l’histoire aboutit-elle toujours à sélectionner des personnages et des grands noms, quand bien même on voudrait faire de l’histoire des mentalités, de l’histoire alternative ou de l’histoire des « anonymes » (sic) pour rompre avec ce caractère aristocratique de la postérité ? Comment la culture sélectionne-t-elle arbitrairement des monuments et des inscriptions (les citations) au fronton de ces monuments, ces grands morts à qui il vaut la peine de consacrer sa vie ? Pourquoi, malgré nos aspirations démocratiques, ne pouvons-nous sortir de l’aristocratie ? Pourquoi avoir intériorisé qu’abolirait-on les privilèges de la naissance, on ne peut s’affranchir de ceux de la renomée ? Comment passe-t-il pour évident que l’égalité devient de l’égalitarisme quand on cherche plus loin que l’égalité des chances ? Or la chance fait partie du talent, on en revient à la naissance : on a plus de chance et de relations quand on est bien né, et le talent paraît se transmettre de génération en génération dans notre système de cooptation dynastique, qui ne repose pas seulement sur un abus de position dominante. Il arrive que la valeur se transmette, et la prestance, et les manières, et l’atavisme, et thomas Dutronc ou Alexandre Brasseur qui sont des sosies de leur père. Bien. La sélection naturelle est une donnée fraternelle. Je travaille volontairement à la gloire de celui à qui je donnerais volontiers mon ânesse et mon droit d’aînesse. Pourquoi ? Michel Onfray a une réponse : le darwinisme est sans métaphysique. On doit donc l’opposer à Péguy pour qui tout homme porte une métaphysique patente ou latente. Nietzsche n’a pas de métaphysique et c’est mieux ainsi. Les généalogies de Nietzsche sont tellement dures qu’on ne renonce à mettre Hitler dans sa postérité, ce qu’il est manifestement, qu’à condition de croire que Nietzsche s’est réellement affranchi de la causalité. Pas de causalité, pas de métaphysique ? C’est à voir . Mais pour Michel Onfray, il faut renoncer à toute métapsychique, toute téléologie, tout spiritualisme, et opter résolument pour une ontologie matérialiste. Or, pourquoi le matérialisme s’opposerait-il au spiritualisme ? En quoi le fait que la pensée soit matérielle empêcherait-il qu’elle soit spirituelle ? En quoi le fait que l’esprit serait localisé empêcherait-il qu’il soit transcendant à sa localisation cérébrale ? En quoi le fait qu’on puisse situer l’âme, ou décrire ses opérations, empêcherait-il qu’on ait une âme ? Pourquoi les pudeurs de teilhard ou de son disciple Gustave Martelet voulant à tout prix dégager l’esprit de la sphère mortelle ? – L’évolution est une pensée sans corrosion. L’usure lui est une insulte. Elle ne sait pas penser la corruption. C’est la pensée de la génération qui prend son temps pour s’adapter et devenir spontanée. - Michel ONfray n’a-t-il pas de métaphysique ? Son refus du ciel commande sa fascination du sous-sol. Il est à la recherche des forces tellurriques, cette végétation de l’esprit en reptation, ce vitalisme végétatif qui est est l’essence du néo-paganisme ? C’est pourquoi Michel ONfray avait peut-être raison de traiter Manuel valls de crétin, mais Manuel Valls l’a bien démasqué en le disant proche d’Alain de Benoist.

Koz toujours, un néo-catholique de la bonne conscience

Erwan Le Morhedec a posé une question que je m’étais posé moi-même sous une autre forme : je me demandais si on peut être chrétien et voter Front national. Aujourd’hui je me contente de me retenir de le faire. La question s’est déplacée. Le Front national n’est plus seulement désigné comme l’expression de la xénophobie ou anathématisé comme le héraut du fascisme, il porte la question identitaire. J’aime le souverainisme du front national, Le Morhedec déteste son identitarisme. Moi aussi. Mais quand je le vois avoir une haine visible pour la haine ordinaire qu’il suppose à son contradicteur, Laurent dandrieu, emblème des identitaires pour les besoins de la polémique, quand je le vois par ailleurs se satisfaire de ne rien faire pour les migrants lointains qu’il trouve plus pauvres que nos pauvres, ses prochains, parce que « nous sommes les riches du monde » (Le morhedec est aveugle à ses prochains parce que son regard est globalisé), je me dis que Le Morhedec symbolise ce catholicisme de la bonne conscience, qui pense qu’il lui suffit de dénoncer en avouant son impuissance sans s’affliger outre mesure de ne pas être un bon samaritain pour avoiraccompli sa mission et être quitte avec le bon dieu. À l’en croire, il s’agit de ne pas tout laisser dire sans s’inquiéter de tout laisser faire sous prétexte qu’on ne peut pas être partout : « Je suis plus utile dans les mots », se console-t-il, ayant fait de son indignation vertu et s’en parant sans savoir si dieu ne l’appelle pas à s’occuper concrètement des migrants venus d’ailleurs ou des pauvres d’ici, plutôt, comme il était dit dans cette interpellation que je n’ai jamais oubliée, de s’entendre reprocher un jour : « J’avais faim et vous avez discuté de ma faim, ou j’étais un étranger et vous avez discuté de mon statut de migrant ». Je ne comprenais pas qu’Yves-Marie adeline ait reproché aux évêques dans un de ses écrits de beaucoup citer l’Evangile. (Il était alors traditionaliste et les traditionalistes sont catholiques sans être apostoliques). « c’est bien la moindre des choses, lui répondais-je intérieurement. Or il avait raison. Le Morhedec est un catholique de la bonne conscience qui cite beaucoup l’evangile : »Je préfère regarder la poutre qui est dans mon œil », assure-t-il et se rassure-t-il. Mais on le voit âpre à rabaisser sans charité son interlocuteur. Son âpreté est tout amertume et le contraire de la virilité. Dans le même genre de distinctions que je voudrais subtile entre charité virile et âpreté amère, j’ai beaucoup aimé cette note de Philippe Bilger dont les articles deviennent de meilleur en meilleur : « La timidité vient de l’orgueuil et ne doit pas dégénérer en arrogance qui vient de la vanité ».

vendredi 17 mars 2017

Primauté de la fraternité

Pour une révolution des droits de l'home qui mettrait la fraternité au centre du tryptique. La tâche de l'homme paraît être de redistribuer l'égalité que le destin et la naissance paraissent se plaire à partout contrarier. Les droits de l'homme sont purement "opposables" et déclaratifs. ils paraissent avoir intériorisé la distinction entre le droit et le fait en faveur de celui-ci, pour mieux écarter le droit en ce qu'il a de positif, et en ceci, les droits de l'homme, bien qu'ils ambitionnent le statut de norme universelle, ont le caractère des lois d'exception, qui commencent toujours par énoncer une règle en termes absolus dans leur premier article, avant d'énumérer les exceptions dérogatoires à l'application de celle-ci. C'est pourquoi les droits de l'homme supportent la contradiction qui paraît s'élever entre eux. Mais la principale de ces contradictions n'est pas où on la situe généralement, de l'égalité à la liberté, elle est de la fraternité aux deux autres. - En principe, l'égalité entre en conflit avec la liberté. En réalité, la liberté et l'égalité s'équi-librent. L'équilibre est la réalisation présumée d'un idéal de normalité et de santé. Or cette vie "dans le silence des organes" (selon la formule de René Leriche) confond la paix et la sérénité, et déréalise l'exercice conjoint de la liberté et de l'égalité, qui devrait aboutir à la paix des braves sous l'arbitrage de la justice. Mais la justice comme la perfection et la solution ne sont pas de ce monde phénoménal et problématique. La poursuite de l'égalité perpétue l'état de tension et de rivalité, et justifie même en amont le désir mimétique. Elle peut avoir lieu en parfaite convergence avec la liberté, - Dans la mesure où ce qui est libre est franc, et l'égalité vise à affranchir ce qui est encore dans les fers. Je ne vois pas que la liberté soit jamais prise au piège de l'égalité, puisque la liberté est socialement bornée par le non-empiétement sur "l'espace vital" d'autrui, est téléologiquement subordonnée à la vérité, si on admet le caractère absolu de celle-ci, ce que nous contestons ; Mais quand même le sujet voudrait-il s'émanciper de la tutelle de l'Autre ou du Vrai, la liberté resterait subordonnée aux bornes ontologiques assignées à son exercice, , qui ne sera jamais franc des limites et des lois de la nature ou de la matière (le sujet est libre de choisir de mettre son doigt dans la prise, mais non pas de choisir de ne pas être électrocuté s'il le fait). - La seule loi naturelle est matérielle, et est constituée par ces limites matérielles. Elle n'est pas moralement normative, mais est d'une intransigeance d'autant plus rigide de n'être pas morale. Car la morale joue à savoir ce qu'il faut interdire pour que l'homme ne soit pas licencieux, mais avec une tartuferie que fait rougir la licence et avec un faux air sententieux qui donne licence morale, beaucoup plus efficacement et dans une transgression beaucoup mieux partagée que la licence poétique -. En dehors des résistances de la matière et sans compter les souffrances de la vérité, la liberté ne peut être prise qu'à son propre piège métaphysique, lorsqu'un libertarisme la rend liberticide en énonçant des sentences telles que : "On les forcera d'être libres" ou "Pas de liberté pour les ennemis de la liberté !" - La liberté et l'égalité vont doncde paire, sauf à mal les entendre. Il n'en est pas de même de la fraternité sous le régime et le contrôle de l'égalité qui occupe le centre du tryptique, comme la vertu pour les grecs tenait le milieue entre deux attitudes opposées et également intempérantes... Il n'est pas innocent, étant doné la possibilité de cette analogie, de l'égalité des Droits de l'homme à la vertu antique, que la tension vers l'égalité se soit accompagnée, sous la convention, d'un idéal de vertu politique, de vertu et de pureté … - Par convention, les hommes naissent libres et égaux en droit, mais allez appliquer la convention… - - En apparence, l'égalité vise à la fraternité, puisque deux hommes qui bénéficient des même droits ont tout lieu de se sentir des frères. Mais la poursuite intempérante de l'égalité entraînant celle de la rivalité, les hommes deviendront frères au prix de ce qui a constitué de tout temps la perversion de la fraternité, à savoir le fratricide, entraîné par la jalousie qui s'élève entre les frères. "Des frères, oui, mais des frères ennemis !" - - L'égalité conduit certes à la fraternité, mais dans l'esprit du fratricide, entretenu sans trêve par l'égalitarisme légaliste et rivalitaire. - - Conséquence de ce qui précède : L'égalité n'est pas contraire à la liberté, mais conduit la fraternité dans l'impasse du fratricide. - - Et la liberté n'est pas contraire à l'égalité, mais la fraternité lui est contraire, puisqu'elle prétend obliger la liberté au point de faire naître un sentiment favorable, or il n'y a rien qui s'en laisse moins imposer et compter que les sentiments. Donc rien n'est plus contraire à la liberté que l'injonction fraternitaire, sauf à présumer atteindre un point d'équilibre Qui serait une espèce de neutralité extraémotionnelle, et qui instituerait pour ainsi dire la fiction juridique d'une fraternité vidée de toute substance. Car la fraternité vise au sentiment d'être frères et la liberté ne veut pas se faire imposer ni commander ses sentiments. - La fraternité et la liberté étant les deux pôles opposés entre lesquelles voudrait s'interposer l'égalité vertueuse, n'ont d'autre ressource que de se pourchasser l'une l'autre. Mais toute vertu qui croit tenir l'équilibre ou le milieu entre deux réalités adverses est conduite à préférer l'une et à occulter l'autre. Comme on est ici dans une construction juridique et que la fraternité ne se décrète pas, l'égalité incline plutôt du côté de la liberté, bien que cette égalité libertaire puisse aisément s'avérer liberticide. - La fraternité est donc la véritable intruse du tryptique égalitaro-centré dont la liberté est, au pire, le pôle duel. La seule manière de diminuer l'intrusion est de placer la fraternité au centre dutryptique. Cette centralité de la fraternité préférée au centralisme égalitariste, aurait en outre l'avantage de ne pas maintenir l'homme dans une situation pernicieuse d'antagonisme permanent, qui aurait la violence pour seule solution de continuité. Il est paradoxal que, dans la configuration actuelle du paradigme des droits de l'homme, privilégiant la dualité liberté/égalité au détriment de la fraternité qui devient l'oubliée du tryptique, comme il arrive dans toute construction ternaire, parce que le système ternaire choque la dualité, la bipolarité et le caractère dialectique de la raison humaine ; il est paradoxal que ce qui est visé soit le pointd'équi-libre, lequel est d'autant plus inatteignable, introuvable et instable que la poursuite de l'égalité entraîne une redistribution permanente du rapport de forces. Si la fraternité était au centre du système, elle pourrait permuter le droit de l'homme avec lequel elle voudrait être accouplée et celui qu'elle préférerait occulter et aimerait mieux faire discrètement oublier. En d'autres termes, avec la fraternité au centre, la distraction d'un autre droit de l'homme est commutative alors que la liberté ne peut aller de paire qu'avec l'égalité discrétionnaire, de même que l'égalité ne peut être couplée qu'avec la liberté. - - Si la fraternité, occupant le centre systématique, choisissait d'oublier la liberté et de s'apparier à l'égalité, elle mettrait l'accent sur la priorité que doit constituer, dans l'ordre des devoirs, le fait pour le frère le mieux loti d'aider son frère le moins nanti à se hisser dans l'ascenseur social. Si elle privilégiait la liberté, ce qui serait paradoxalement plus naturel du fait de l'opposition de la fraternité et de la liberté vis-à-vis de l'égalité, elle convertirait se devoir en une volonté d'accompagnement, et se ferait l'auxiliatrice de la conquête de la liberté de ceux qui sont encore chargés de chaînes, sans toutefois accéder à toute inflation revendicative émises au nom de l'égalité par les personnes accompagnées au titre de la fraternité. En d'autres termes, la fraternité et la liberté ne prétendraient pas que le frère le moins nanti parviendrait au niveau auquel a eu la chance d'atteindre le mieux loti ; elles n'aideraient pas celui-là à se hisser exactement jusqu'à celui-ci, mais elles l'aideraient à se hisser au-dessus de sa condition, n'étant pas nécessairement sauf le rapport de forces et des positions initiales, et sans que soient davantage flattées l'envieuse convoitise de rivaliser de celui qui aurait un retard à ratttraper. Dans ce cas de figure, la fraternité et la liberté ne seraient pas obligées d'oublier l'égalité, tant il reste vrai que l'affranchissement est le seul combat qui puisse théoriquement réconcilier nos trois valeurs déclaratives. Se subordonnant l'égalité, la fraternité tempérerait le totalitarisme suborneur de l'égalité vindicative et revencharde. Attendu qu'on occupe toujours une position dans une fratrie, la fraternité respecte par position, contre l'idéalisme égalitaire, l'égalité de position dont est forcée de s'accommoder la conquête de l'égalité en vertu du principe de réalité. La fraternité n'attente donc pas de front et par principe à l'ordre public des sociétés organiques et naturelles, toute société ordonnée étant aussi hiérarchisée, comme le réclame encore la dimension sacrale de l'organicité sociale. Elle ne rend donc pas nécessaire a priori que la conquête de l'égalité se déroule dans le cortège macabre qui suit les épisodes révolutionnaires. Couplée à l'égalité, elle réinstaurerait au contraire une sore de révolution permanente où le mieux loti d'entre les frères remettrait à flots le moins nanti, en lui faisant volontairement reddition, le cas échéant, des biens dont il l'aurait lésé. - - Que si la liberté venait à répudier la fraternité, la fraternité n'aurait qu'à faire comme si, sans oublier la liberté, en la gardant en toile de fond, mais en agissant en faveur de la liberté par-dessus ses prérogatives. La primauté et la centralité de la fraternité sont d'autant plus souhaitables qu'étant auxiliatrice et médiatrice par nature, elle respecte, non seulement l'ordre naturel et organique des sociétés, mais encore la dimension déclarative du tryptique juridique. La fraternité ne met pas la main sur, elle reconnaît la distance irréductible de l'être et de l'autre, distance qui est la seule autonomie de tout être, ainsi que le crie le Corps semi-Glorieux du ressuscité : "Noli me tangere", ne me touche pas, cesse de me tenir, ne t'approprie pas ma personne, n'essaie pas de me posséder, ne mets pas la main sur moi, ne te permets pas d'avoir un contact avec moi si j'ai peur du contact, respecte mon tabou de te tenir pour interdit, puisque c'est ma liberté de ne pas vouloir de toi pour mon frère, comme c'est ta liberté de me tenir pour le tien", ce plaidoyer antifraternitaire de la liberté qui a peur du contact constituant sa lettre de répudiation de la fraternité. Où l'on voit à nouveau que la liberté est par sa nature foncièrement plus opposée à la fraternité qu'à l'égalité, alors qu'il n'y a aucune opposition de principe de la fraternité à l'encontre de la liberté. Autrement dit, la liberté peut avoir peur de la fraternité, le contraire n'est pas vrai : la fraternité n'a rien à redouter de la liberté. - Il n''y a que dans une seule conjonction que les droits de l'homme sont harmonieusement répartis : c'est dans celle de la trinité – LA SOCIETE EST TOUJOURS UNE ALLIANCE DE SECONDE ZONE - "Liberté dans le Père, Egalité dans le Fils, Fraternité dans l’Esprit ? Liberté, Egalité, Fraternité des Personnes divines ? Communion trinitaire dans la liberté, l'égalité, la fraternité?" (un certain Denis, sur l'espace cybernétique du métablog) Si dieu Est Trinité comme le pensent les chrétiens, les droits de l'homme correspondent à… l'identité de dieu ; et, en suggérant de mettre la fraternité au centre dutryptique, soit la grande oubliée des droits de l'homme comme le Saint-Esprit est le grand Oublié de la trinité, on convoque "l'esprit des droits de l'homme" en plein coeur de "l'âge de l'esprit". - Toutefois, si on prend la précaution d'ajouter que, pour René cassin, les droits de l'homme étaient une profanation volontaire et positive, quoique ne s'intégrant pas dans le droit positif, des Tables de la loi mosaïque, succédant aux lois noachides, alors on est amené à reconnaître que les droits de l'homme sont un universel judéo-chrétien. La fraternité peut-elle normaliser cet universel au-delà de son territorialisme d'origine ? Ce serait du néocolonialisme que de ne pas en référer à nos frères avant d'en décider... "Dans la « modernité », on a cherché à construire la fraternité universelle entre les hommes, en la fondant sur leur égalité. Peu à peu, cependant, nous avons compris que cette fraternité, privée de la référence à un Père commun comme son fondement ultime, ne réussit pas à subsister. Il faut donc revenir à la vraie racine de la fraternité. ("LUMEN FIDEI", 54). La psychanalyse a bien fait de nous rendre notre enfance, mais elle a commis une erreur de conséquence contre les structures élémentaires de la parenté en postulant que le meurtre primitif s'était commis de la horde des frères à l'encontre du père. La Bible nous renseigne avec plus de probabilité lorsqu'elle présume que l'histoire a commencé par un fratricide. Ce n'est pas après le meurtre du père suivi de sa divinisation, c'est de toujours que chacun des frères a cherché à nucléariser la famille autour de lui, dans une relation qu'il noyauterait et qui serait de lui tout seul avec les seuls, ses parents. C'est par conséquent de toujours que deux frères ont été de trop dans une famille, ont cherché à s'éliminer pour récupérer tout l'amour familial, l'élimination mutuelle constituant certainement le positionnement primitif et indifférent de tous les membres de la fratrie. Car on est toujours pris en sandwiche tant qu'on n'a pas attiré à soi l'intégralité de l'amour familal, héritage qui ne souffre pas l'indivision. Maurras ne notait pas sans pertinence que tout héritage qui entre dans l'indivision ne fait que des déshérités. C'est pour éviter la dispersion des héritages en lots que naquit le droit d'aînesse. Si meurtre du père il y eut de la part de la fratrie coalisée en horde primitive, le caractère primitive de cette horde ne peut être que secondaire, car cette coalition résulte d'une construction a posteriori où la fratrie s'aperçoit qu'elle a un ennemi commun : le père, déjà gros d'un potentiel de divinisation, que son sacrifice ne fera qu'aggraver, après "le repas totémique", lequel n'est qu'une construction supérieure et probablement mythique du cannibalisme en amour dévorant des frères contre le père saturnien. On ne peut supposer qu'il n'en soit pas allé ainsi que dans une tribu clanique, c'est-à-dire hors de toute logique familiale, à condition d'intégrer que le clan fait peu de cas du caractère du géniteur et que la notion de père n'y existe pas vraiment, Le père étant toujours déjà le totem du clan, avant même son ingestion éventuelle par ce dernier. Et c'est aussi parce que l'histoire a commencé par un fratricide que la fraternité est le plus difficile des commandements et la partie immergée des droits de l'homme. Les patriarches de la Bible n'ont cessé de promouvoir et de transgresser le droit d'aînesse, depuis le meurtred'abel, commis parce que Dieu transgressait ce droit naturel selon caïn, outre que sa jalousie était excitée par la préférence manifestée au sacrifice de son frère, jusqu'au vol de bénédiction commis par le cadet Jacob, le jumeau talonneur d'Esaü sorti avant lui du ventre de rébéca, auprès de leur père Isaac, vol dont procéderont "les enfants d'Israël", après qu'Isaac lui-même fut pris dans unconflit de préséance, où il ne peut être le premier des enfants d'abraham qu'à condition qu'on introduise, à l'occasion de sa naissance, la distinction entre enfant naturel et enfant légitime, distinction qui tomberat sous Jacob pour répartir les lots des fils d'Israël : Jacob aura tendance à privilégier les enfants de l'amour qui ne sont pas nés d'un "vouloir de chair", mais il faudra attendre saint-Jean pour que l'expression soit seulement employée et qu'ele trouve une résonnance dans notre civilisation, à travers le concept d'enfant désiré. Israël naît d'une transgression du droit d'aînesse ; l'islam apparaît apparemment pour le rétablir et faire rentrer Ismael dans ses droits ; or à peine a-t-il rendu justice à Ismael que l'islam nie à son tour le droit d'aînesse en réclamant une parfaite égalité entre les frères. ("La création tout entière est réceptacle, symbolisée par la lettre beith en Hébreu, "Temple, Maison". Elle est donc féminine par rapport à Dieu (Qui vient féconder). Beith donne bath, qui est la fille. Nous sommes la fille enceinte du père, d'où l'interdit de l'inceste. Le rapport père-fille est sacré, il nomme un Mystère profond, c'est le père qui engendre la Création, laquelle est féminine. Nous sommes amenés à considérer ce rapport père-fille, tellement sacré qu'il est exclusif." (Philippe dautet, "LE CHEMIN DE L'HOMME SELON LA BIBLE" (Desclée de Brouwer, 2009) La spiritualité nuptiale, non celle du mariage, mais celle des épousailles de l'âme avec dieu, me fascine et elle me gêne. Elle me fascine parce qu'elle réalise un idéal unitif, dont ce qui me gêne est qu'il passe à travers moi. Pour le dire autrement, le mariage suppose l'altérité. Or un mariage avec dieu à l'intérieur de soi peut dériver vers le narcissisme ou le cloisonnement dans une intériorité dévoyée car autoérotique, ce qui est du pareil au même, car l'autoérotisme est une déclinaison du narcissisme. Or comment expliquer qu'au gré des Evangiles et des analogies, Jésus Se présente tour à tour plus "l'epoux" du cantique, mais un maître qui rentre de noces qui ne sont pas les siennes. Comment le comprendre, au-delà de la multiplicité des analogies et des images ?

samedi 11 février 2017

L'universalisme de l'Incarnation

Hier soir, ma fiancée et moi avons beaucoup parlé du dialogue des religions. Nathalie a commencé cet échange dans un syncrétisme qui est bien dans son caractère conciliant. Tous, disaient-elle, devraient reconnaître que nous avons le même dieu. A quoi je lui ai répondu qu’outre que notre image de dieu variait significativement selon les confessions religieuses, on ne pouvait pas faire fi de toutes ces coutumes, par quoi les religions nous relient certes à Dieu au-delà, mais en-deçà et ici-bas à des cultures et à des civilisations. L’islam est une épopée religieuse qui ne s’est jamais départie de la violence, depuis la geste prophétique jusqu’à nos jours. Nos religions devraient dialoguer sans viser à tomber d’accord, sommes-nous convenus. Nous ne devons pas renoncer à nos vérités culturelles, ou plutôt à la manière dont l’Histoire a sédimenté que nos identités religieuses sont autant d’approches de la vérité de Dieu. Nous ne devons pas tomber d’accord pour être des frères. Nous voudrions nous inscrire dans le dialogue islamo-chrétien. Le pis est que nous le voulons à un moment où nous nous posons tous les deux la question du vote Le Pen. Comme quoi ce vote n’est pas toujours xénophobe. Mais comme, dans une République qui refuse d’admettre que la démocratie, c’est le clivage, et qui la transforme en mimèsis, on ne peut plus argumenter, on ne peut pas le faire comprendre. Le dialogue islamo-chrétien se porte mieux que les Amitiés judéo-chrétiennes. Peut-être que la condescendance de la charité chrétienne l’aborde de façon plus dépassionnée, car le christianisme ne dépend pas de l’islam, quand l’islam dépend de nous. L’islam nous reconnaît par définition, quand nous pouvons reconnaître l’islam par charité. Le dialogue islamo-chrétien est assymétrique. Les Amitiés judéo-chrétiennes se développent sur un trop vieux fond de repentance et de culpabilité pour ne pas s’abîmer dans des concessions excessives. Les chrétiens ont à se repentir du mal que leur civilisation dans sa ppartie germanique, c’est-à-dire luthéranisée, puis paganisée, a fait aux juifs. A condition de ne pas oublier que l’antichristianisme talmudique précède l’antisémitisme chrétien. Celui-ci s’est développé avec Saint-augustin qui bouclait la boucle du triomphe du christianisme en faisant des juifs les bibliothécaires de la Révélation chrétienne. Luther précède Hitler et le luthéranisme est un augustinisme allemand. Le jansénisme aurait pu être un calvinisme capitalistique (et sans doute l’a-t-il été à travers le caractère bourgeois de la révolution française qui fait de la propriété un droit sacré), mais il s’est développé un siècle plus tard que le luthéranisme dans un peuple parlant une langue classique, qui ne pouvait que tempérer les excès de cet augustinisme plus littéraire que politique. Les Amitiés judéo-chrétiennes filent un mauvais coton parce qu’elles croient devoir se prosterner devant le judaïsme, jusqu’à faire du christianisme une simple ramification qui croirait avoir déjà trouvé un Messie facultatif. Le christianisme ne doit pas céder au judaïsme jusqu’à en faire une voie parallèle et non substitutive de l’Alliance divine. La négation de la théologie de la substitution est une impasse. Les Juifs n’ont pas davantage à reconnaître le Messie s’ils ne le veulent pas que les chrétiens ne doivent avoir honte du christ. Ce n’est pas parce qu’il y a des aspects irréconciliables dans nos deux religions que juifs et chrétiens ne peuvent pas être des frères. Pour dialoguer à parts égales et sans hypocrisie, les juifs doivent se laisser interpeller par le fait que le christianisme est une histoire juive qui a réussi et qui désormais les protège. La civilisation chrétienne, cette ruse de l’Histoire, a servi de dhimitude pratique aux juifs, du jour où elle a compris tout ce qu’elle leur devait. Nous devons tous nous laisser interpeller par le fait que la promesse divine de donner à Abraham un héritage de nations aussi nombreuses que les étoiles du ciel a été tenue, à l’hyperbole près. L’élection de ce petit peuple à peine reconnu par l’archéologie de la plus haute Antiquité est tellement attestée qu’elle fait vivre spirituellement trois milliards d’humain, ceux que nos frères musulmans appellent des croyant des trois religions du Livre. Il y a des limites à l’antisémitisme. Cette phrase à l’emporte pièces est provocatrice, mais dévidons les vérités qui ressortent de cette provocation. Certes, le monde d’Après-guerre a voulu donner leur revanche aux Juifs. De là est né non seulement l’Etat d’Israël capté de façon laïque, mais aussi l’influence majorée dans un monde démocratique d’un peuple de représentants, d’un petit « peuple élu » dans toutes les sphères de la domination symbolique mondiale. Seulement nous ne pourrons jamais aller au-delà de cette dénonciation de la surreprésentation des juifs dans les sphères de la domination. C’est déjà véhiculer un préjugé blessant selon eux. Mais il ne faut pas céder à l’intimidation de l’époque de faire la guerre aux préjugées. Lorsqu’il a écrit son DICTIONNAIRE DES IDEES REÇUES, Flaubert n’a jamais prétendu qu’elles étaient fausses, mais qu’elles étaient assommantes oureçues de manière à être banalisées, à être intégrées avec le ridicule de Monsieur Homais. Tous les préjugés ne sont pas faux. Que les juifs soient « un peuple d’élite, sûr de lui » et non seulement « dominateur », mais dominant est vrai. Cette domination contribue d’ailleurs au mystère de l’élection du peuple juif. Nous pouvons exciper de ce préjugé qu’on pourrait penser antisémite parce que nous avons mis 70 ans à sortir du monde d’Après-guerre, comme la sainte russie a mis 70 ans à sortir du communisme. Seulement nous ne devons pas aller au-delà. Nous n’avons pas le droit d’être antisémites. Nous n’avons pas le droit de détester les juifs. Nous en dépendons et nous en descendons. Le juif est non seulement le frère aîné du chrétien, au risque de passer pour le fils aîné de la parabole de l’enfant prodigue ou pour Ezaü comme le disait saint-Augustin. Ce n’est peut-être pas encore son « frère aimé » comme l’espérait Jean-Paul II. Pour qu’on en arrive là, il faut que notre amour soit tout à fait exempt d’hypocrisie, et on flatte nécessairement celui dont on redoute la domination. Le juif est plus que le frère du chrétien, il est son père dans la foi. Et le chrétien, cet enfant de la « religion du fils », doit avoir le culte du père. Il doit garder le commandement qui l’enjoint d’honorer son père. Lui, l’olivier sauvage, doit se souvenir qu’il est greffé sur l’olivier franc. La greffe doit honorer son greffon. L’islam et le christianisme, ces deux histoires juives qui ont réussi, sont deux oliviers sauvages. Partout ils étendent leurs feuilles. A eux deux, ils recouvrent la presque moitié de l’humanité, et de l’humanité qui domine le monde ou la symbolique de la communauté internationale. Mais ils ne cesseront d’être sauvages que s’ils reconnaissent dépendre des quelques 60 millions de représentants de l’olivier franc. La gloire des oliviers sauvages (expression qui me fait penser au rôle de Benoît XVI, le pape qui a prononcé le discours de Ratisbonne, dans la prophétie de Saint-Malachie, «la gloire de l’olive) n’ira pas sans la gloire de l’olivier franc. Il ne nous est pas malaisé à nous, chrétiens, dereconnaître cette dépendance des fils vis-à-vis de nos pères dans la foi qui invoquent si souvent « le dieu de nos pères », d’abord parce que nous sommes les adeptes de la religion du Fils dont nous nous ressentons les membres ; ensuite parce qu’avant que Saint-Augustin n’ironise sur nos pères dans la foi, Saint-Paul nous a avertis qu’il ne saurait être question de nous réjouir aussi longtemps que le salut qui vient des juifs ne sera pas un salut pour les juifs. Et Saint-Pierre a employé des mots qui auraient dû préserver l’Eglise d’accuser les juifs de déicide, car il a dit que les responsables de la mort du christ étaient tous les hommes. Il a repris à son compte en ne l’ayant pas entendue cette Parole du christ qui demandaient de pardonner à ses bourreaux, « car ils ne savent pas ce qu’ils font ». Cette Parole a été connue si tôt dans l’Eglise que le premier martyr, Etienne, l’a aussi partiellement prononcée : « Seigneur, ne leur compte pas ce péché ! » Les chrétiens ont à rougir de tout un passé antisémite mortifère à grande échelle. Les musulmans n’ont pas ce passé. Aussi sont-ils présentement moins préservés contrela tentation de l’antisémitisme. Ils se posent aussi comme une religion de la désaffiliation, qui a du mal avec la notion de paternité divine. Le Coran explique l’engendrement de Jésus comme la Bible ne l’a jamais fait, mais les musulmans ne veulent pas l’appeler fils de Dieu. Ils appellent Verbe ce qu’ils décrivent comme Fils. « Dieu dit : « Sois et Jésus fut », dit le Coran. Donc ils ne peuvent pas immédiatement reconnaître que les juifs sont leurs pères dans la foi. A peine parviennent-ils à admettre que, si la Bible des juifs ne leur avait pas révélé l’existence d’abraham, ils ne l’auraient jamais apprise. Les musulmans ne consentent, ni à descendre, ni à dépendre. L’arabité ne veut pas (et c’est ethniquement compréhensible) se rendre à la captation laïque d’une part de la terre que les Romains d’abord et les Anglais ensuite ont nommé Palestine, d’un nom qu’ils se sont appropriés. Musulmans et chrétiens pourraient aimer les juifs au nom de la condamnation du fratricide. Personne n’a le sens de la fraternité comme les musulmans. Mais l’Islam s’est élevé comme la revanche du frère aîné indûment délégitimé. Du moins la chair de l’homme ne comprend pas la délégitimation d’Ismael. L’islam la nie et défend ses droits. Mais défendant Ismael que Dieu a partiellement déshérité en raison d’un Mystère spirituel, l’Islam réalise la prophétie, où Dieu disait à Agar que son fils serait le chef d’une grande nation, mais qu’il s’opposerait à tous ses frères et que tous ses frères s’opposeraient à lui. Un ami musulman m’a dit qu’il préférait brûler le monde entier plutôt qu’ilne le nie. Et le monde entier est en guerre contre l’Islam. Sinon le monde entier, du moins ce qui domine dans le monde. L’islam a la passion de la fraternité, mais c’est une passion égalitaire. L’islam a inventé les droits de l’homme et Robespierre le terrorisme… Le christianisme se croit à l’abri du fratricide parce que les chrétiens affirment être la descendance d’Abel. Les musulmans ont été imprégnés du récit génétique. Mais ils n’ont pas fait d’Abel un héros de la même envergure qu’Ismael parce que, dans leur passion de l’égalité, ils n’ont pas compris pourquoi le sacrifice d’Abel avait trouvé grâce auprès de Dieu alors qu’Ismael avait été rejeté. Le christianisme est une religion de cadets. Les chrétiens ont entendu Dieu dire à caïn : « Le sang de ton frère monte de la terre et crie vers moi. » Les chrétiens sont devenus des civilisateurs comme caïn, qui s’en excusent soit en pleurant aBel, soit en croyant qu’ils sont devenus Abel. En ce moment, Marine Le Pen bat le rappel du patriotisme. Je trouve cette notion étonnante, pour ne pas dire anachronique, dans notre société d’individus. Nous que consomme notre désir, nous nous croyons trop grands pour donner notre vie. Nous qui voulons prendre soin de nous, croyons que rien ne la dépasse. Car nous sommes des individus maternés. Nous avons remplacé le clanique par le clinique. Nous avons adopté le point de vue de notre mère pour qui rien ne vaut notre vie. Pourquoi donc en appeler au patriotisme auprès d’individus qui ont tué le père pour se placer dans la position fötale, alors que le nationalisme aurait mieux rendu compte de notre positionnement ? Le patriotisme en appelle à la terre des pères, à la terre et aux morts, à la terre et au sang. Le nationalisme se revendique de cet événement, « nascor », je suis né, le ventre parturiant de ma mère m’a fait naître, on a voulu de moi, j’ai grandi dans une matrice. Le nationalisme est matriciel. Le patriotisme réclame des gardiens du patrimoine. Il n’y a pas de place pour des peuples nouveaux qui viendraient se disputer un héritage que nous détiendrions du droit du sang. Le patriotisme ne reconnaît qu’un peuple de la terre et du sang. La matrice qui fait grandir et naître reconaît que plusieurs peuples peuvent s’adopter mutuellement et partager leurs héritages. Mieux, la nation désigne la gens et donc le peuple, là où le patriotisme ne met l’accent que sur la terre. Pourquoi donc parler du patriotisme quand on veut en appeler au peuple ? Parce que d’obscurs experts en détournement des mots ont inventé la fable selon laquelle le patriotisme serait honorable alors que le nationalisme serait la guerre. Ce sont les mêmes qui ont reproché à emmanuel berl d’avoir fait que le maréchal Pétain se réclame « de la terre et des morts ». Il en est allé de l’inversion du patriotisme et du nationalisme de la même façon que le sujet, ce qui est jeté sous et donc soumis, l’esclave, est passé maître en philosophie, et a passé pour le maître, l’individu, sujet de droit, l’individu autonome, presque prescripteur et édicteur de sa propre loi ontologique. « Un peu de nationalisme éloigne de l’universel, beaucoup de nationalisme en rapproche », fait-on dire à Maurras. Au contraire, si le patriotisme ne reconnaît que de la terre et du sang qui crie dessous la terre pour réclamer vengeance, le patriotisme, c’est la guerre. A moins que… Il n’y ait pour commencer libération de la dette du sang. « Le sang de ton frère crie de la terre vers moi », a dit Dieu à caïn. Il n’a pas dit qu’il a crié vengeance. Et quand bien même l’aurait-Il sous-entendu, caïn, après avoir esquivé : « Suis-je le gardien de mon frère ? », comme son père adam au souffle du jour de la première faute, prend peur : « Marque-moi d’un sceau pour éviter que quelqu’un ne me tue, à l’appel du sang de mon frère qui crie vengeance contre moi », supplie-t-IL Dieu Qui vient de l’exiler. Et Dieu le marque de ce sceau. « Et puis, me dit ma fiancée Nathalie, la patrie, c’est le Père et le Sang du Christ », Celui dont l’Esprit a accepté de prendre sur Lui toute vengeance. C’est sans doute une variante de ce qu’Henry de Lesquen appelle « l’universalisme de l’Incarnation », dans une formule sibylline, tant qu’on n’en a pas trouvé une explication comme celle-là. La terre et le sang ne crient plus vengeance, ainsi l’a voulu l’Esprit du christ, mais la terre veut être cultivée là où a été versé le sang des morts, qui veulent chanter avec ceux qui la cultivent. En cela peut consister « l’universalisme de l’Incarnation » en toute patrie. Il y a donc un certain patriotisme à défendre nos pères dans la foi. Il y a des limites à l’antisémitisme. N’est-ce pas, M. de Lesquen ?