Pages

mardi 17 janvier 2017

Peut-on être catholique et identitaire?

Le débat fait rage autour du livre d’#Erwan Le Morhedec, IDENTITAIRES, LE MAUVAIS GENIE DU CHRISTIANISME. Les lignes qui suivent proposent une réponse à son article publié ici : http://www.koztoujours.fr/identitaire-le-mauvais-genie-du-christianisme?subscribe=success#blog_subscription-3 Essayons de raisonner avec ordre. 1.Votre livre pose avant tout un problème d'opportunité. A l'heure où nous sommes tant en recherche de nous-mêmes et où il s'agit de s'aimer soi-même pour aimer son prochain, l'urgence était-elle d'accabler les identitaires dont certains sont ou se disent chrétiens, ou de chercher avec eux à tracer le périmètre de qui nous sommes? Je ne peux pas m'aimer si je ne cerne pas qui je suis. De même, j'aime Dieu Qui se dérobe ("Je ne te dirai pas qui je suis, dit-Il en substance à Moïse au buisson ardent) parce qu'Il nous a aussi révélé qu'Il était Amour et Lumière. Ou pour développer la même idée par un autre prisme, l'apostasie menace notre foi, concédez-vous. Nous devons lutter contre l'apostasie. Or nous ne pouvons ni renier ni défendre ce que nous ne connaissons pas. 2. Dans votre article, vous en venez à imaginer qu'un jour, nous autres catholiques d'après la chrétienté, nous autres post-croisés, nous serons mis en demeure de prouver que notre religion n'a rien à voir avec la violence commise en son nom du fait des identitaires qui seraient nos djihadistes. Une sorte de "pas d'amalgame" transféré de l'islam au christianisme, comme si l'islam n'était pas intrinsèquement, depuis la geste prophétique jusqu'à aujourd'hui et malgré la mystique de qualité attachée à cette religion, une épopée violente. La violence du christianisme est toujours extrinsèquement chrétienne. Le Christ roi n'est pas un chef politique. Il a manié l'épée de la Parole et commandé que l'on remette l'épée au foureau. L'Autel n'a pas de glaive. 3."Le pape n'est pas le défenseur de la chrétienté", assénez-vous. Il doit cependant bien défendre les brebis qu'il est chargé de faire paître. S'il ne peut pas les défendre, si la chrétienté est un gros mot, autant dire que le christianisme ne peut pas promouvoir une "politique de civilisation". Pas plus contre le "gender" ou contre "le mariage pour tous" que pour le "monde nouveau" du CCFD, terre solidaire. Car une civilisation suppose toujours une identité qui se définit par position et par opposition, en positif et en négatif, en pour et en contre. C'est pourquoi j'ai toujours été gêné par la réquisition d'une "civilisation de l'amour", qui me paraît une contradiction dans les termes. La civilisation chrétienne, autre traduction de la chrétienté, me paraît une ruse de l'histoire. Y a-t-il une civilisation chrétienne? Voilà une question qui vaut d'être posée, elle et quelques autres que vous semblez aborder dans votre livre que je me promets (et vous promets) de lire. 4. En voici une liste non exhaustive: peut-on être catholique et voter pour le front national, catholique et libéral, catholique et filloniste - Fillon passant à tort ou à raison pour le candidat antipauvre et les catholiques se posant en défenseurs des pauvres-, catholique et avocat d'affaire -ce qui est votre cas. vous pouvez l'être à la manière de l'intendant habile qui se fait des amis avec l'argent trompeur sans aimer cet argent-, être paÿen et chrétien? A toutes ces questions, j'aurais tendance à répondre que non, mais une tendance demande réflexion. Je me bornerai à cerner la dernière question puisqu'aussi bien, elle fait l'objet de votre livre. Il me semble qu'on ne peut plus être païen et chrétien après le fascisme puisque la revendication de paganisme bat assez ouvertement le rappel d'un retour à la barbarie. Dans ce monde post-chrétien (puisque nous abusons décidément du préfixe "post"), il me semble que nous devons être judéo-chrétiens, ce qui exclut que nous soyons pagano-chrétiens. 5. Trois mots encore. Le premier sera pour adresser une question supplémentaire à Jacques, un des premiers commentateurs de ce billet, qui vous écrit: « Merci d’être un des rares témoins du fait que si le conservatisme est compatible avec le catholicisme, le rejet ou la haine de l’autre ne le sont pas.» Mais encore? Connaissez-vous un conservatisme qui ne soit pas captatif? J'irai plus loin. Tout un discours de droite, tenu de Philippe de Villiers à Patrick Buisson, vise à théoriser un populisme conservateur, qui serait une récupération salvatrice, assurée par les classes populaires, des valeurs séculaires abandonnées par la bourgeoisie comme autrefois par l'aristocratie, cet abandon aristocratique étant une des "régularités" foucaldiennes. Or ce populisme conservateur me paraît une chouannerie, c'est-à-dire une escroquerie intellectuelle d'une eau plus sale, à tout prendre, que l'escroquerie identitaire. "Les bleus" étaient pour la plupart des paysans qui faisaient la guerre au nom de leurs "messieurs" partis à "la chasse à la perdrix" (pour reprendre une chanson chouane), en émigration, et qui les avaient abandonnés. 6. Quant à la civilisation, considérée indépendamment de la question de savoir si le christianisme est capable d'en générer une ou si c'est la ruse de l'histoire au moyen de laquelle il est entré dans le monde, elle est le versant humain de la vertu de religion. Pas plus que la France n'est qu'un paysage, il n'existe de foi sans religion et partant sans civilisation. La religion relie, en haut, à Dieu et, et en bas, à une civilisation. Votre foi dans le Verbe incarné n'est pas hors sol. Elle n'existe pas indépendamment d'une civilisation dont il faut un tant soit peu défendre l'identité. 7. Enfin, l'identité a-t-elle un bien-fondé spirituel? Dans la Bible, Dieu se définit à la fois comme éternellement le Même et éternellement Insaisissable, y compris, semble-t-il, à Lui-même, mais en tout cas à nous: "Noli me tangere", "cesse de me tenir". "Identité" vient de "idem". L'identité, c'est donc la similarité. Nous ne devons pas être identiques à nous-mêmes, mais ressemblants à Dieu. Cette Ressemblance contient néanmoins un désir de se fixer dans une fidélité à ce qu'on est au plus profond de soi-même. Aimer, c'est se fixer en se déplaçant pour devenir celui qu'on aime. C'est rester soi-même et se laisser entraîner.

mercredi 11 janvier 2017

Trois expériences estudiantines en "intégration"

TROIS INCLUSIONS UNIVERSITAIRES A VINGT ANS DE DISTANCE (Témoignage rédigé à la demande de M. Jacques BERMONT) Déficient visuel licencié en lettres et titulaire d’un CAPES dont j’ai perdu le bénéfice, j’ai connu deux expériences estudiantines : la première entre 1990 et 1993, à l’université Paris 4 Sorbonne, à l’issue de mon baccalauréat, la seconde entre 2013 et 2015, d’abord à l’université Lille 3 puis à l’université Paris 3 Sorbonne nouvelle, pour une reprise d’études suivie d’une réorientation. Ma première expérience s’est déroulée, si je puis dire, à l’ancienne. Je sortais de deux années d’intégration dans le privé, très bien accompagné par un SESAD. Je suis arrivé à la faculté sans beaucoup m’inquiéter si des aménagements étaient prévus pour moi, pariant qu’il n’en existait pas. Je savais vaguement que l’Institut national des jeunes aveugles (INJA) transcrivait les sujets d’examen pour ses anciens élèves reconnus dépendre de son service de transcription. C’est la seule mesure que je demandai au chancelier de l’Université. Cela me fut accordé, mais La mise en place de la mesure se fit après une prise de bec assez épique avec la directrice du service des examens. Mais dès lors qu’une routine s’était installée et dans la mesure où je ne demandais rien d’autre, le suivi se faisait régulièrement. J’étais noyé dans la masse des étudiants, et on tenait si peu compte de mon handicap que j’ai appris l’existence d’un congrès où étaient réunis des étudiants déficients visuels en passant avec un appariteur devant l’endroit où ce congrès se déroulait. J’étais relativement vexé de ne pas y avoir été convié, dans la mesure où d’anciens condisciples connus dans l’enseignement spécialisé y participaient ; mais comme je ne faisais rien pour me signaler comme aveugle, je ne pouvais m’en prendre qu’à moi-même. Je n’ai pas le souvenir d’avoir lu les polycopiés que nous distribuaient les professeurs, mais les lit-on jamais ? Je ne fréquentais pas la bibliothèque de la Sorbonne. Mais il existait à Paris l’association des auxiliaires des aveugles qui nous rendaient deux types de service : elle mettait à notre disposition des lecteurs à raison de deux fois par semaine. On pouvait excéder cette faible quotité pour peu qu’on devînt ami de l’un d’entre eux, ce qui m’est presque toujours arrivé, mais deux fois de façon plus marquante. Les auxiliaires des aveugles pouvaient aussi nous enregistrer des ouvrages. Avec mes lecteurs, j’avais l’habitude de me rendre, soit dans un lieu que les secrétaires de l’UFR (unité de formation et de recherche) de littérature française mettaient gracieusement à notre disposition, soit à la bibliothèque sainte-Geneviève où nous pouvions nous tenir près de la salle de bibliothèque, assis à une table qu’on nous avançait, sur un lieu de passage. Pour compléter mes besoins de lecture, j’empruntais les ouvrages au programme à la bibliothèque Braille de l’association valentin Haüy (AVH) quand ils figuraient à son catalogue. L’ennui était que la bibliothèque ne possédait qu’un exemplaire de chaque ouvrage, et il n’était pas rare que je le lise beaucoup plus tard que le moment au cours duquel nous l’étudions. Les ouvrages étaient volumineux, je portais lourd. (La RECHERCHE DU TEMPS PERDU DE Proust comportait cent trois volumes, les trois livres des ESSAIS de Montaigne en comportaient quarante-sept. Je les cherchais par séries. Il était impossible de revenir sur des passages d’un livre qu’on était en train de lire. Ma lecture s’en ressentait, trop imprécise pour être universitaire. Je manquais de curiosité pour chercher des ouvrages en éditions bilingues : Français-latin, Français-Allemand. Je ne travaillais qu’avec les deux associations que j’ai citées. Je n’ignorais pas que d’autres existaient, mais je n’avais pas l’idée de m’adresser à elles. Je vivais seul, bénéficiais d’une aide familiale assez restreinte (ma mère et ma tante avaient bien entrepris de m’enregistrer LES MEMOIRES de Saint-Simon), ma famille habitait Mulhouse et moi la banlieue parisienne, je n’avais pas d’auxiliaire de vie, il m’aurait été difficile d’assurer une correspondance avec davantage d’associations. Rétrospectivement, j’y aurais certainement gagné. J’ignore même s’il existait un « relais handicap » à la Sorbonne. Je ne crois pas, car le peu de personnes qui étaient dans ma situation et avec qui il m’arrivait de suivre des cours avait l’air de se débrouiller comme moi. Mon système a montré ses limites quand je suis arrivé en maîtrise et quand j’ai, un an plus tard, tenté de passer une équivalence en philosophie. A la Sorbonne, on lisait en Français et en grec. Je ne savais pas lire le Grec. Quant à mon mémoire de maîtrise, je l’avais placé sous la direction d’un spécialiste de Montaigne dont je ne me doutais pas à quel point il était pointilleux. J’avais beau lui avoir proposé un sujet très général, qui nécessitait, pensais-je, peu de bibliographie secondaire, sa formation de chartiste ne concevait pas, non seulement que je méconnaisse cette bibliographie, mais que je n’étudie pas les variantes entre les quatre éditions des ESSAIS de Montaigne. Une telle quantité de lecture ne m’était pas possible avec le dispositif qui m’était consenti par les Auxiliaires des aveugles, même amélioré par l’amitié avec les lecteurs. Ce mémoire, que j’avais l’intention de taper à la machine (je ne possédais pas d’ordinateur, n’avais pas appris l’informatique et n’avais pas adressé de demande à l’AGEFIHP pour bénéficier des cinquante mille francs qu’elle attribuait pour un tel équipement), était mort-né. Ma seconde expérience était le fruit d’une volonté de me resocialiser. Trop d’années passées à penser le monde dans ma chambre, à écrire en soliloquant, à entretenir l’espoir d’être publié sans achever un seul ouvrage, m’ont convaincu de me désédentariser et de me réimmerger dans « le monde réel ». Ma compagne et moi avions migré à Mulhouse et étions ouverts à reconfigurer notre mode de vie, elle restant à Mulhouse et moi faisant des allers-retours entre Mulhouse et Lille, ville où elle avait des attaches et dont j’aimais l’état d’esprit. Je suis parti en prospective avec l’idée de reprendre mes études où je les avais laissées, avec un débouché professionnel possible à travers le CAPES. Courant juillet, j’ai visité la faculté et son « relais handicap ». On m’y a promis monts et merveilles. On m’a fait miroiter la possibilité d’un tutorat étudiant pour accompagner mes études. Je me suis dit que l’absence d’aide humaine institutionnalisée avait fait terminer les précédentes dans un cul-de-sac. Entre temps, je m’étais mis à l’informatique, beaucoup d’ouvrages étaient numérisés, la bibliothèque numérique francophone adaptée (BNFA) et Gallica existaient, je partais donc gagnant, persuadé que j’avais toutes mes chances… C’était sans compter une première déconvenue personnelle. Au premier cours de didactique, je réalisais que la plupart des filles de ma promotion aimaient faire classe, aimaient le tableau noir, comme si elles allaient continuer de jouer à la poupée avec des élèves. J’ai réalisé alors que je détestais l’idée même de classe, ce regroupement non affinitaire d’élèves, et de faire classe : je n’avais aucune présence physique, je n’étais pas bon acteur. Lorsqu’un peu plus tard, j’ai rencontré le médecin au cours de la visite médicale qui devait décider de la manière dont le « relais handicap » allait me seconder, j’ai appris, dépité et stupéfait, que je n’avais pas droit à un tutorat étudiant, que les textes étaient très clairs et qu’un aveugle comme moi ne pouvait y prétendre. Que ne me l’avait-on fait savoir avant ! Le « relais handicap » s’engageait tout juste à transcrire (très mal) mes sujets d’examen et à aménager les conditions dans lesquelles je les passerais : salle séparée, tiers temps, secrétaire. J’en étais donc au même point qu’à la Sorbonne, avec des effets d’annonce dues à l’air du temps et à la loi de 2005, qui ne débouchaient sur rien de concret. Pis encore, je n’avais droit au financement d’aucun matériel. L’AGEFIHP n’assurait plus l’équipement de personnes non professionnelles. Les étudiants devaient s’adresser à la MDPH (maison départementale des personnes handicapées) Le service de médecine préventive de Lille 3 avait demandé et obtenu une délégation de compétence de la MDPH dans le domaine universitaire. L’intention était louable : les étudiants n’auraient pas à attendre que la MDPH instruise leur dossier, ce qui pouvait prendre plusieurs mois. Mais comme la dotation du « relais handicap » était faible, le parti avait été pris de ne pas assurer de financements en dehors de cas médicaux très lourds. Le « relais handicap » tenait aussi à prévenir les étudiants qui dépendaient de lui qu’il ne les accompagnerait pas dans les salles de cours. Il ne leur faisait pas non plus visiter la faculté. L’ESPE (école supérieure de l’enseignement et du professorat) s’était proposée, via ma professeure de didactique, de suppléer aux carences de matériel qui étaient les miennes, voire de déléguer un assistant d’éducation qui m’aurait servi d’auxiliaire de vie étudiante (l’Université de Mulhouse met à la disposition de ses étudiants en situation de handicap un auxiliaire de vie scolaire…). Renseignements pris, la chose n’aurait été possible qu’à compter de mon intégration dans l’Éducation nationale en qualité de professeur stagiaire. Les courriels rendaient plus facile la communication avec les professeurs. Presque tous faisaient preuve de bonne volonté et acceptaient de me transmettre une version numérique des polycopiés qu’ils distribuaient. Mes relations avec mes camarades de promo étaient inexistantes. Je croyais avoir touché le fond à la Sorbonne, ce fut bien pire à Lille. Pourtant je n’étais plus sauvage et j’étais prêt à faire les efforts nécessaires pour que les relations soient spontanées. Aucune coopération en dehors des cours ne s’avéra possible, jamais de travail en commun. Lorsqu’à la fin de l’année, me voyant admis au CAPES dans le premier quart des candidats au concours, l’étudiante la plus prompte aux prises de parole et à s’inscrire pour faire des exposés me dit que j’avais donné à tous une leçon de vie, je me suis retenu de lui répondre que ça me faisait une belle jambe. Au bout de six mois de cette vie lilloise, je me suis rendu à l’évidence qu’il fallait me réorienter. Sans doute aurais-je dû rapidement prendre contact avec le bureau du recrutement de l’Académie de Lille pour préparer mon intégration au sein de l’Éducation nationale afin de faire de l’enseignement alternatif. J’ai eu le tort de supposer que je n’y trouverais pas d’interlocuteur, ce qui n’était pas déraisonnable au regard du peu de relations que nous avions avec le ministère, qui devrait repenser sa gestion des ressources humaines : il n’est pas étonnant que tant d’enseignants démissionnent. Ayant toujours voulu faire des études qui soient au confluent de la littérature et du droit et après avoir pris conseil auprès du CIO (centre d’informations et d’orientation) de Lille 3, j’optai pour une licence professionnelle d’écrivain public, conseil en écriture, qui était dispensée à Paris 3, à raison de deux journées de cours par semaine, ce qui me permettait de garder un pied à terre à Lille, éventuellement pour rattraper les UV de master que je n’avais pas passées, et de pouvoir vivre entre trois villes. La vie auprès d’étudiants plus âgés, expérimentés, aguerris, souvent en reconversion professionnelle, habités par une fibre sociale, fut le jour et la nuit par rapport à ce que j’avais connu à Lille, où ceux qui se préparaient à s’engager dans le métier d’enseignant le faisaient généralement à l’issue d’une scolarité sans encombre et d’une vie sans heurts. Tout me plaisait, de l’enseignement à la croisée des lettres, du droit, et de la sociologie à l’ambiance qui régnait entre nous. J’étais parfaitement intégré dans la promotion. J’allais jusqu’à suivre des cours d’informatique avec tout le monde. J’avais l’intention de les actualiser et de les compléter avec un centre de formation à distance en informatique adaptée, qui ne m’aurait pas été financé par l’Université, mais qui, étant la création d’un militant de la cause, était très peu onéreux. Le « relais handicap » de Paris 3 était dans une vraie démarche d’accompagnement. Il ne se contentait pas de transcrire (très bien) des sujets d’examen, mais il numérisait aussi des ouvrages à la demande. Il était prêt, le cas échéant, à transcrire des polycopiés. J’ai dû mettre un terme à cette formation, ma compagne étant atteinte d’une compression médullaire qui la paralysait, allant jusqu’à nécessiter son alitement pendant trois mois, et donc ma présence à ses côtés. C’est à regret que je n’ai pas pu mener cette licence professionnelle à son terme. Julien WEINZAEPFLEN

mardi 10 janvier 2017

Grandeurs et petitesses de la pensée Yann Moix

Yann Moix paraît un écrivain malade et médicamenté. Se succèdent chez lui des idées très justes et des idées reçues. IL s’est « judéophilisé », et sa judéophilie est devenue sa clé universelle de lecture Quand il dit que « commémorer le terrorisme, c’est commémorer notre impuissance », il pointe l’indigence de la politique du « deuil national » qu’a incarnée Hollande et qui aurait marqué a présidentialisation de François Hollande ou la seule grandeur du quinquennat. Mais c’est aussitôt pour ajouter que les terroristes ont envahi notre esprit. Le terrorisme n’a envahi que l’esprit de ceux qu’ilfascine. L’Etat d’Israël est issu d’un terrorisme qui a réussi. Clement Atlee et Hary Truman ne se sont résolus à le reconnaître que par lassitude, parce que les attentats de l’IRGOUN démoralisaientles les Britanniques et parce que l’influence des juifs américains devenait prépondérante. Baser toute une politique sur le terrorisme, c’est faire comme les nazis contre les résistants. Notre propre lutte contre le terrorisme à travers #jesuisenterrasse cumule la défense américaine de notre « way of life » et le refus de revenir à l’antidéfaitisme pétainiste. Quelques sottises de Yann Moix : - Les djihadistes ne sont pas des nhilistes, mais des rienistes. - Yann Moix aurait adoré "le quart d'heure de célébrité" d'Andy warol. Il le méprise à présent que les djihadistes s'en emparent. - L’anarchie serait une idéologie et pas l’islam. L'identité religieuse, même formatée en "alertes Internet", est plus importante pour l'homme que sa manière de consommer (ou way of life) ou ses conditions économico-sociales. Mais le retour du religieux est une régression insupportable pour les progressistes.

jeudi 1 décembre 2016

Le sentiment du progrès

On discute beaucoup sur l’idée de progrès. Mais on ne peut nier le sentiment du progrès. J’ai commencé de lire hier soir LE SIECLE DE LOUIS XIV. J’écrivais l’autre soir à Thomas Ferrier, qui me disait qu’aveugle, j’étais comme Homère, que je ne serais pas capable d’écrire des vers épiques. Voltaire, à travers cet éloge commandé du prédécesseur de Louis XV, a écrit une épopée historique. Ce faisant, il fut le premier à appliquer une historiographie scientifique, ne s’embarrassant pas des détails, mais faisant de bonnes synthèses, à une mythologie fabriquée. Les anciens chantaient l’histoire, les modernes la retrouvent en se documentant. Mais ce pourquoi je parle de ça n’est pas tant dans le but de faire des remarques sur l’épopée. J’aurais pu les faire à l’époque où Yves Baudelle nous demandait d’y réfléchir. J’avais étudié l’ENEIDE, mais je n’avais pas connaissance de cette particularité de l’épopée française issue des Lumières de produire de la mythologie de façon scientifique, qui ouvrirait la voie à de Gaulle,de devenir mythologue en le sachant « Je nie l’existence de la France légale pour faire prévaloir la France légitime. » J’ai décidé de lire Voltaire pour m’endormir, parce que c’était un livre que je voulais lire depuis longtemps en ne m’attendant pas à ce qu’il m’intéresse. Pourquoi d’ailleurs je comence par Voltaire plutôt que par Michelet ? Autrefois (et c’est peut-être aussi ce qui m’a fait penser au baltos qui était à dUroc), si j’avais voulu lire ce livre, il aurait fallu que j’aille le chercher et que je me trimballe trente volumes en plusieurs voyages répartis au cours des semaines. Aujourd’hui, j’en ai la fantaisie, j’ouvre Internet, je vais sur wikisource que m’a révélé simon et le tour est joué, Voltaire et LE SIECLE DE LOUIS XIV sont à moi. Quand je lisais LA CITE DE DIEU, c’était trente volumes que j’étais allé chercher et que j’avais ramené chez Nathalie, rue d’Hautpoul. Je rangeais les livres sous le lit. J’avais demandé au responsable de la bibliothèque Braille de l’AVH d’envisager de faire recopier par un transcripteur à la tablette (comme c’était l’usage à l’époque) quelques-uns parmi la centaine des livres écrits par Saint-Augustin plutôt que toutes les nouveautés qui passaient et seraient aussi vite oubliées. « Saint-Augustin peut attendre, tandis que les nouveautés qui passent seront trop vite oubliées pour n’être pas transcrites », m’avait répondu Jacques. Il était donc urgent d’en encombrer les 17 ou 18 kms des rayons de la bibliothèque que le feu a entièrement décimés. J’avais beau représenter à Jacques que les ouvrages de Saint-Augustin appartenaient au patrimoine de l’humanité, Saint-Augustin pouvait attendre. Aujourd’hui, la totalité des livres de Saint-Augustin sont disponibles en ligne et ont été numérisés par l’abbaye Saint-Benoît du Portvalais. Ne vivons-nous pas une époque formidable ? Voilà une évolution de civilisation à laquelle j’ai assisté. Je ne croyais jamais accéder à la presse. Aujourd’hui, il suffit que je me connecte à twitter, et des centaines de journalistes, au compte de qui je peux m’abonner sans être leur ami et avec qui je peux même deviser à l’occasion, me donnent le lien de leur dernier papier. Je suis même mal tombé, car si j’avais connu tout cela six mois plus tôt, la plupart des articles n’auraient pas été réservés aux abonnés et je pourrais en lire davantage. Bref, je peux être surinformé. La démocratie directe dont j’ai toujours rêvé m’arrive par les réseaux sociaux. Quand on en parlait, les politiques dont le message avait pignon sur acceptabilité la balayaient d’un revers de main. Aujourd’hui, c’est à qui proposera la République la plus référendaire, via ce dérèglement qu’est le référendum d’initiative populaire. On ne veut pas parler de démocratie directe, alors on parle de démocratie participative. Certes, on peut refuser la neutralité d’Internet, mais je ne crois pas qu’on arrêtera le progrès. Beaucoup le regrettent, le taxant de populisme. Le peuple est une catégorie qui n’a jamais émergé dans l’histoire. Michelet voulait sentir l’âme du peuple et lui parler, mais ne le trouvait pas. Michelet croyait que le peuple imitait Jésus-Christ. Ceux qui s’insurgent contre le populisme n’ont pas entièrement tort. Ils voudraient que, tant qu’à ce qu’émerge le peuple, il le fasse avec des visées sympathiques et sympathisantes. Or le peuple n’émerge que pour retrouver la xénophobie d’antan et de tous les temps, que le cosmopolitisme avait cru évacuer ou éloigner. Le peuple n’émerge pas pour trouver l’amitié entre les peuples. Il émerge pour accuser des élites, responsables selon lui d’avoir voulu organiser contre son gré la « paix perpétuelle » du vieux maître de Königsberg. Il veut s’extraire de l’Europe grâce à laquelle le vieux continent n’a pas connu de guerre depuis 70 ans, hormis celle des balkans, pour retrouver la viellle barbarie gothique, comme je l’ai également tweeté à thomas Ferrier à propos de son rêve d’Europe unie dans un seul etat, unie et identitaire, unie pour lutter contre l’autre. Or Voltaire écrivait que les Français d’avant le Grand Siècle, d’avant le siècle classique, alliaient à la curieuse galanterie des Maures la brutalité des Goths. Les nouveaux faiseurs d’europe veulent retrouver la barbarie gothique. Ces entraîneurs de peuple veulent construire une Europe-pour-la-guerre contre les élites, accusées d’avoir manqué la paix perpétuelle en construisant une Europe au sein de laquelle l’universalité du peuple-monde n’est pas apparue comme une évidence. C’est que les élites faiseuses de paix perpétuelle ont dépouillé leurs peuples. Elles ne les ont pas seulement dépouillées démocratiquement, mal que peut-être, ils ne supporteraient plus. Les peuples ne souffrent plus d’être des enfants démocratiques. L’Europe pacifique s’est laissée berner et bercer aux sirènes ploutocratiques, comme la Russie de Yeltsine a mal négocié sa sortie du communisme, dépouillée par les oligarques. Pourtant Yeltsine était certainement sincère quand il disait : « Je suis démocrate dans l’âme. »

mercredi 9 novembre 2016

La paix au monde!

Victoire de #Trump. La France, l'Europe s'affolent. Angela #Merkel, oubliant quelle est sa situation de vassal par rapport aux Etats-Unis depuis la seconde guerre mondiale, retrouve les accents de son père le pasteur pour prêcher les Etats-Unis comme elle prêche l'Europe et négocier à quelles conditions l'Allemagne sera l'alliée des Etats-Unis. François Hollande est grave et emboîte, après son ministre des affaires étrangères, Jean-Marc #Ayrault, le pas à notre ambassadeur de France aux Etats-Unis pour dire qu'un monde s'effondre. La France et l'Allemagne sont marrys de ne pouvoir continuer avec Hilary la guerre froide contre #Poutine recommencée avec Barak #Obama. La victoire de #trump achève ce que la présence de #Jean-Marie Le Pen avait commencé au second tour de l'élection présidentielle de 2002. "La France a peur", les marchés dévissent. Les médias qui croient que la politique se fait à la corbeille, oublient qu'ils dévissent toujours en cas d'imprévu. La rue européenne imite l'opinion de ses médias. Ceux-ci n'avaient pas envisagé la victoire de trump. Ils prédisent que les temps seront durs. Ils sont déboussolés devant le premier président protectionniste qui arrive à la tête des Etats-Unis depuis les années 30. Ils ne veulent pas de ce saut dans l'inconnu. Ils n'en décrivent pas les racines : le refus d'une mondialisation de moins en moins heureuse qui paupérise les travailleurs, mal-loge et mal-soigne un quart de la population des pays riches, promeut de par le monde de gigantesques déplacements de population organisés par des passeurs traficants jamais inquiétés, et tiers-mondise jusqu'aux pays développés. Ceux qui dénoncent cette mondialisation font preuve de #populisme. De quoi le #populisme est-il le nom, comme interrogent les philosophes qui ont pignon sur rue? D'une peur du déclassement, d'un désir de souveraineté sans doute, mais surtout de se recentrer pour rebâtir un modèle de société que l'économie est en train de détruire. Le #populisme est un désir de refaire peuple. Ou encore: Le populisme est le nom de l'aspiration du prolétariat à être gouverné dans son intérêt, fût-ce par un milliardaire conservateur. L'Amérique aime le changement. En 2008, elle avait voté pour le messie. On supposait qu'il le serait puisqu'il était noir. Mais #Obama n'était qu'un homme. Il n'a pas spécialement démérité, mais avait déçu comme déçoit un homme. En 2016, la victoire de #Trump signe la revanche des sudistes. La victoire des petits Blancs de l'"Amérique profonde". L'Amérique n'a pas voulu remettre le couvert dans la lutte des minorités qu'est devenue la démocratie après avoir servi de ring à la lutte des classes. Les Américains n'ont pas voulu croire que le messie serait une femme. La dissidence de #Trump n'est pas sympathique. Les dissidents européens qui sont sur la même ligne politique ne le sont pas davantage. Du moins ne sont-ils pas mielleux et sournois comme les propagandistes de la mondialisation malheureuse. Ces derniers vous parlent de droits de l'homme en projetant une forme tout à fait nouvelle de guerre mondiale: la guerre de tous contre un. De tous, entendez de toute la communauté international. Contre un, l'ennemi public mondial de l'heure. C'était #Daech, c'était #Poutine. Il n'était pas question de combattre #Daech aux côtés de #Poutine. Les Etats-Unis comme gendarmes du monde étaient chargés de désignés l'ennemi public du monde et du jour. Or voici qu'il leur échoit un président isolationniste, qui veut se couper du monde et se désinvestir de ces guerres étrangères. #Trump n'est pas le messie, il décevra comme un homme. Quand #Obama fut élu, Jacques #Attali suppliait: "Mon Dieu, qu'il puisse nous décevoir!" #Trump me décevra sans doute. Je serais déçu s'il ne foutait pas la paix au monde. C'est tout ce que je lui demande.

lundi 7 novembre 2016

Débat islamo-chrétien vif et bien tenu

Je m’efforce de ne pas beaucoup aimer l'abbé #guy Pagès. Mais j'en ai toujours au fond de moi pensé ce qu’en écrit ci-dessous le Croissant de lune. Il est l'un des derniers prêtres à agir et prier pour convertir les musulmans. Donc il a le sens de l'apostolat, et ce sont ses confrères qui l'ont perdu. Est-ce pour cela que l'archevêque de Paris le laisse dans une paix relative ? Donc, sur recommandation du Croissant de lune, « Assalamou 'alaïkoum, voici une vidéo de débat moins spectaculaire que je n'aurais attendu. Il met aux prises l'abbé Guy Pagès au studieux Karim Al-Hanifi, je crois qu'ils sont de taille. La vidéo dure une heure et demie environ, elle n'est pas d'excellente qualité, il faut monter le son. Il faut en plus du son, mettre son attention en éveil, parce que si des nuances ténues nous échappent, nous ne comprendrons pas la trame du débat. Il est je crois de haute tenue, justement pas trop spectaculaire, j'ai dit vif mais il y a plus vif, disons qu'il est rigoureux et sans concession, la rigueur intellectuelle est une vertu dans l'absolu surtout en ces temps d'idées vagues, où se dissout le discernement. Ce n'est pas franchement à la portée de tout le monde, bien que gardant mes oreilles bien ouvertes, ma lucidité ne fut pas suffisante à tout saisir, j'en ai pris beaucoup mais beaucoup m'a échappé. Donc, bien régler le son et la vigilance, suivre ce qu'on peut, prendre ce qu'on peut. Je pensais que le débat serait plus vif que ça, parce que l'abbé Guy Pagès est coriace, je ne conseille pas du tout aux Musulmans trop sensibles ou insuffisamment armés d'écouter les vidéos de l'abbé tout seul, sans contradicteur de bonne taille. Mais ici, il trouve à qui parler. Le sujet de la controverse est la question suivante, Mohamed est-il vrai prophète sous-entendu selon les crytères consignés dans la Bible, les crytères selon lesquels on fait le distingo entre les prophètes et les faux prophètes, puisqu'il y en eut de tout temps. L'abbé commence à objecter selon ses pré-supposés à lui, que le Christ étant Dieu, il n'y a plus besoin de prophète après lui. Puis, comme l'argument est redressé, il revient en se repliant sur la notion de "messie" qui devrait, croit-il, clore la prophétie. Très patiemment, l'érudit Karim Al-Hanifi parvint à ce que ces présupposés ne vaillent pas argument. Puis, j'ai appris une chose étrange, le parallélisme et la symétrie entre l'alliance faite à Isaac ala-hi assalem et la promesse faite à Ismaïl 'alayhi assalem. Et la symétrie va jusqu'au nombre d'enfants des deux fils d'ibrahim 'alayhi assalati wa assalem. Troublante symétrie. L'hypothèse que le Musulman pose est qu'après la rupture de la première alliance, la promesse se réalise lors de la prophétie Mohamédienne. Il y a aussi une chose que je ne voyais pas avant, lorsque les Musulmans débattent de ces choses avec des Chrétiens, rien absolument rien ne les oblige à considérer tel élément de source comme apocryphe uniquement parce que les chrétiens le considèrent comme tel. Surtout, si l'élément situé comme apocryphe est validé par les sources de révélation Islamique. Et ça en change des choses. Dès lors, les deux bons débatteurs ont été obligé de conclure qu'il n'y a pas de conclusion, pas d'accord possible, ce qui est une manière intelligente de conclure, on s'accorde sur un constat, moi, ça me plaît, la rigueur intellectuelle me plaît. Aux yeux d'un public virtuel, qui serait totalement indifférent aux deux causes, j'ignore quel serait le verdict. Voici donc la vidéo, pour l'écouter il faut prendre son temps, ouvrir bien ses oreilles et son attention vigilante, si on veut en capter un minimum. En revanche, je répète que je déconseille aux Musulmans un peu sensibles voire aux autres d'écouter les nombreuses vidéos de l'abbé tout seul, sauf à se blinder, parce qu'il y fait on va dire une propagande à mon avis excessive, voire comme ils disent, contre-productive de son point de vue à lui. Parce que l'homme s'est mis en tête de convertir des Musulmans, quelque part, c'est légitime de son point de vue, mais ses arguments sont tellement bâteaux! Il s'ennorgueillit de quelques convertions qu'il prend bien soin de publier et mettre en scène, mais je me demande s'il compte parmi ses ouailles ceux qu'il aura lui-même poussé vers l'Islam, parce que ça se pourrait bien. D'ailleurs j'ignore en toute rigueur comment un Musulman pourrait se faire Chrétien, du moment qu'il peut lire les évangiles, il n'est pas dans la situation de quelqu'un à qui on annoncerait une nouvelle puisqu'il l'a déjà reçu. Il peut objecter avoir déjà reçu ou pouvoir recevoir les enseignements des évangiles sans se déjuger, tandis que le chrétien lui, ne peut pas recevoir la prophétie Mohamédienne comme vraie sans cesser par là même d'être Chrétien, ce sont deux cercles concentriques, l'un peut recevoir et l'autre pas. Enfin, ça, ce que je dis là, ce sont des réflexions personelles, bien qu'assez rationelles et simples finalement. Mais ces choses-là ne sont-elles que simples et rationelles? Ce n'est pas sûr. Qu'Allah nous dispense une nuit dans la paix. https://www.youtube.com/watch?v=SiW5hBJJCgk Croissant de lune »

samedi 15 octobre 2016

L'antisarkozysme passera.... et sera le dernier

A mesure qu’avancent les primaires, l’antisarkozysme médiatique bat de nouveau son plein. Je vais voter pourlui aux primaires, mais c’est mauvais signe pour lui. Chaque fois que je vote pour quelqu’un, il perd. #Sarkozy est sans doute l’homme politique de droite le moins répressifde la primaire, son « casse-toi, pauv-con » murmuré est moins vulgaire que le « J’emmerde ceux qui se font chier avec moi » assumé de #Juppé, mais il a raté son retour. D’abord, il n’aurait jamais dû dire qu’il se retirait de la vie politique s’il se donnait le droit d’y revenir. C’est ce qui a perdu #Jospin. Mais Jospin était déjà perdu lorsqu’il se présenta pour la seconde fois en croyant se battre pour gagner et en faisant une très mauvaise campagne, alors que celle de 1995 avait été très réussie, tellement réussie même qu’elle lui avait assuré le quinquennat primo-ministériel qui avait suivi la loufoque dissolution de #Chirac, rendue nécessaire par l’impopularité de #Juppé, qui avait dû promettre avant les élections que, quels que soient les résultats, il ne serait plus premier ministre. Tout aussi bien, la campagne de #Sarkozy de 2012 avait été la plus honorable, quels que soient les dépassements de ses frais de campagne : le gagnant ne pouvait pas être pris la main dans le sac, et Sarkozy n’avait fait de si grands meetings que parce qu’il avait pris la mesure de la politique spectacle. Il ne devrait pas y avoir de plafond des frais de campagne. L’Etat régulateur ne devrait que s’assurer que chaque candidat soit présenté à égalité médiatiqueau public, et non pas, comme il le fait en sens inverse, recouvrir du faux nom d’équité le système par lequel les « grands candidats » seront plus invités que les « petits», que les médias devraient d’autant plus faire connaître qu’ils ont moins de moyens. Ou bien, inutile de crier aux excès de l’argent sale ! Mais #Sarkozy a gâché son retour. Il l’a gâché à force de le différer. S’il voulait revenir, il fallait le faire tout de suite et non pas faire des coquetteries. Maintenant, ses propositions ont beau être les plus honnêtes après celles de Jean-frédéric Poisson (@JFpoisson78) qui sont les plus sincères, mais à qui s’être découvert aimé de Dieu n’a guère appris à aimer plus malheureux que lui, #Sarkozy n’imprime plus. IL n’a pas au derrière toutes les casseroles qu’on fait teinter dans son dos. La Libye est le plus grand scandale de sa vie politique. C’est presque un scandale psychanalytique puisqu’il est allé provoquer le colonel #Khadafi en viol de son ex-femme avant de le recevoir en grandes pompes, puis de le faire assassiner. Mais les Français sont indifférents à ce qui est une véritable horreur de bout en bout. Ils sont gouvernés depuis vingt-cinq ans par des dirigeants si belliqueux qu’ils ne se rendent plus compte de son ampleur. « Tant que ça ne se passe pas chez nous…. » Ce n’est pas la Libye qui fera tomber Sarkozy. Ce n’est même pas sa personnalité clivante. Sarkozy est plus clivant dans les paroles de ses opposants que dans leurs actes. Avant sa victoire en 2007, un cheminot de la SNCF m’a assuré que le lendemain de son élection, on verrait des grèves sans précédent. Tout était préparé. Il n’en a rien été. Comme s’en vante Sarkozy, il n’a subi aucun blocage et #Yannick Noah est resté en France. Ce serait plutôt de ne pas assumer so côté clivant qui pourrait faire perdre Sarkozy. La démocratie, c’est le clivage. Or, #sarkozy envisage de ne découvrir la république référendaire que pour poser des questions plébiscitaires, probablement anticonstitutionnelles et démagogiques à coup sûr : « Etes-vous pour que cesse le regroupement familial ? » C’est antihumaniste, c’est même antichrétien, mais « oui », répondra le peuple transformé en foule. « Voulez-vous que les fichés S les plus dangereux soient surveillés en centres de rétention ? » C’est une question de police, donc relevant du pouvoir exécutif, et pas du tout du pouvoir du peuple enfin législateur. Mais ce n’est même pas de ne pas assumer son côté clivant qui fera perdre Sarkozy, il n’a plus l’énergie. Ses changements à répétition dans la continuité de la répétition d’un discours assez juste l’ont usé. Et les médias qui ne l’aiment pas font une chasse à l’homme, qui n’a pas marché en 2007, mais qui ont eu raison des quelques voix qui lui manquaient en 2012. Comme il n’a plus la gnaque, fatigué d’être serein, cette chasse à l’homme ne marchera que mieux en 2017, surtout que, malgré le Water gate à la française qu’ont été les écoutes de Hollande, puis les mises en examen concomitantes par des juges probablement aux ordres, il y a une chose qui énerve les gens : c’est la corruption. Tous les pouvoirs épouvantables ont fait la chasse aux corrompus. Récemment, #Berlusconi a commencé comme ça. Dans l’histoire plus longue, le pouvoir de l’Incorruptible Maximilien de Robespierre a débouché sur la Terreur. Or des journaux comme « #Médiapart » font du journalisme populiste pour lutter contre le « populisme ». Comme sarkozy fait lui aussi du mauvais populisme et que le journalisme populiste est très efficace contre le mauvais populisme, cela dessert #Sarkozy. Pour toutes ces raisons (et je n’en suis pas heureux, sauf si #Montebourg arrive à battre #Hollande, à quoi je crois à peine un peu plus qu’à ce que #Guaino arrive à soulever une dynamique, ce que je préférerais), 2017 n’est pas le Momentum de #Sarkozy. C’est son temps différé.

Etat ou société, capitalisme ou patrimonialisme

Notre société déteste tellement les héritiers qu’après avoir aboli le droit d’aînesse pour disperser les héritages, l’Etat les soumet à des droits de succession tellement confiscatoires qu’il les rend à peu près impossibles. Le contraire d’une société d’héritiers, j’aime cette formule de Maurras que je répète à l’envi parce que l’héritage fait partie de ma problématique de bourgeois moins déclassé que contrarié, c’est une société de déshérités. Je crois en cette formule que j’ai entendue prononcer pour la première fois par Sarkozy : « Ce qu’il faut, ce n’est pas moins de riches, c’est moins de pauvres. » L’héritage est une appropriation individuelle d’une part prélevée sur la destination universelle des biens, dont il faut gager que celui qui se l’est appropriée a fait profiter la communauté. Je ne suis pas pour une économie de la rente, mais je suis encore moins pour une économie de la préemption. Une société qui laisserait toutes les parcelles du bien public être successivement et non successoralement appropriables serait une société d’appropriation abusive. Mais la société d’expropriation abusive a des effets plus néfastes encore. Une appropriation sans tutelle de l’Etat ne serait que l’extension du droit de conquête à l’échelle du pays. L’etat doit rester le maître du cadastre. Le capitalisme est un mot de lutte qui désigne aujourd’hui le règne de l’argent fou. Mais, lorsque Marx l’a inventé, il désignait simplement l’appropriation des moyens de production, ayant également tendance à s’approprier indûment une force de travail au risque d’une économie de la rente. Le capitalisme aurait été viable sans la rente, mais surtout sans la banque. Il ne se serait pas appelé le capitalisme, mais le patrimonialisme. L’Etat aurait été le conservateur et le régulateur du patrimoine et des mouvements de l’argent fou. L’etat aurait retenu « la main invisible » des marchés aux agences de notation desquels il se soumet aujourd'hui. L’etat aurait été localiste et protecteur. Il aurait civilisé le besoin que chacun a de s’épanouir en s’appropriant quelque chose. Il aurait été l’administrateur de la destination universelle des biens, conjuguée au besoin de chacun de s’approprier les moyens de production nécessaires à la mise en œuvre de son projet patrimonial, contractuellement développé avec des salariés qui auraient consentiy à y consacrer leur force de travail en vue d’un profit matériel et moral. L’etat est devenu totalitaire en croyant depuis Rousseau qu’il était plus qu’un administrateur et plus qu’un régulateur, qu’on devait lui donner sa pensée, sa vie et même sa foi. L’étatisme se confond donc bien avec le totalitarisme dès qu’il sort de son rôle d’administrateur pour devenir société : « tout par l’Etat et tout pour l’etat », hier « l’Etat racial », « le parti-Etat et l’Etat-parti », aujourd’hui la société-Etat. L’etat est un corps physique et organique. Il ne doit pas devenir un esprit. La société est une espèce de psychologiedu collectif. L’Etat ne doit pas devenir une intelligence collective. Il ne doit pas devenir une société. Il ne doit pas devenir socialiste. Il ne doit pas devenir républicain, si la République n’est plus la chose administrée par le peuple, mais un ensemble de valeurs que devrait adopter le peuple, sinon l’esprit du peuple. Le totalitarisme actuel est un totalitarisme psychologique. J’aime à dire depuis quelque temps que je suis un antisocialiste primaire. Je suis aussi antirépublicain dans la mesure où la République a dévié du bien commun du peuple en idéologie. Je suis extrêmement social et extrêmement démocrate, mais pas du tout social démocrate, puisque la sociale démocratie promeut des corps intermédiaires artificiellement fabriqués par le régime de la société civile pour diriger et administrer l’économie de l’Etat social. Je ne suis pas républicain, je ne suis pas socialiste, je ne suis pas capitaliste, je ne suis pas antiétatiste, mais je suis patrimonialiste et partisan d’un Etat régulateur. Est-ce à dire que cet Etat se doit d’être conservateur ? #Eugénie Bastié a écrit récemment que le conservatisme était une modestie historique. Mais demander à l’Etat le conservatisme ne vaut pas mieux que de l’obliger à être progressiste. L’Etat doit conserver le patrimoine autant que possible, à moins qu’il ne décide selon l’antique sagesse vétéro-testamentaire de remettre les compteurs à zéro tous les cinquante ans et d’affranchir les serviteurs de l’économie. L’Etat pourrait tout à fait décider de redistribuer les moyens de production aux salariés au bout d’un certaintemps. Le conservatisme n’est bon à l’Etat que s’il est de bonne administration et laisse circuler l’énergiecréatrice. Il est néanmoins plus naturel à l’Etat que les valeurs du progressisme ou de l’avant-garde, que doit s’approprier la société si ces valeurs se sécrètent naturellement en elle et sans qu’on la force à les adopter. La perversion de notre régime politique vient surtout de l’entière confusion de l’Etat avec la société, qui a pour origine la confusion du charnel du corps politique avec le psychologique de la société, étant apparemment, mais faussement sauf le spirituel de la vie privée, l’Etat sait bien qu’il n’a pas d’âme. Elle vient du transfert complet de la dette de civilisation à la société politique, qui a cessé d’être un corps. Ordinairement, une dette est faite pour être remise. La dette que la créature a contractée envers son créateur a été rédimée par leRédempteur. Elle l’a été en raison de l’insolvabilité de la créature humaine, qui aurait dû créer cette rédemption si elle ne lui avait pas été révélée. L’enfant reçoit des soins qui lui feraient contracter une dette envers ceux qui les lui prodiguent, s’il n’était pas dans l’essence de la maternité de les dispenser gracieusement et dans l’oubli qu’on les prodigue, de sorte que la dette est annulée car elle est oubliée au moment même où les soins sontprodigués. La parentalité vit dans l’oubli du bien qu’elle fait et dans l’abnégation de faire autre chose que du bien. La dette est annulée au moment où celui qui l’a contractée en tire les bénéfices, même si elle renaît dans l’esprit des parents de la déception qui se fait jour de l’ingratitude de l’enfant ou de la dissimilitude du projet parental sous-jacent d’avec le projet propre de l’enfant. Mais une dette remise ne peut pas renaître. Les enfants n’ont de devoirs envers leurs parents que par réciprocité et par respect d’eux-mêmes. Ils ne doivent honorer leurs parents que par honneur personnel. Les parents ni la société ne peuvent rien exiger d’eux. Les parents sont vis-à-vis de l’enfant sous le régime de l’inconditionnalité. Les parents ne sont pas faits pour hériter de leurs enfants. Seule la société impose à ceux qui y participent une dette civile et une dette de civilisation supérieure à cequ’elle peut donner. Or il est dans la nature de la dette d’être remise, partiellement ou intégralement. La société ne peut pas demander une abdication et une aliénation de tout l’esprit de l’homme pour la remercier de le protéger et de l’éduquer. Demandant une chose qui excède ses droits, il est naturel qu’elle en donne de moins en moins et qu’elle ne protège plus celui qu’elle enchaîne ainsi. La dialectique n’est pas entre l’action et la réaction, mais entre la conservation et le progrès. La réaction est une réponse agressive à une force qui s’exerce de façon agressive par la société, qui veut culturaliser l’homme, ou le civiliser de force en lui inculquant de nouveaux habitus. La société n’a pas à manipuler ses participants par une action qui s’exercerait selon une force subversive, irréversible et irrévocable, de manière à susciter une réaction répressive, agressive et régressive comme un rebrousse-poils. Conservation et progrès doivent agir réciproquement d’une manière non régulée par l’Etat, mais selon une dialectique qui fait société. C’est le propre d’un etat d’établir un régime politique. C’est le propre de la société de sécréter son régime idéologique, sans qu’aucune force constituée dans ce but puisse l’imposer de l’extérieur. Les valeurs sécrétées par la société ne répondent à aucun juridisme préalable ni à aucun providentialisme, mais sont la réponse du libre arbitre collectif aux desseins de la Providence. La loi est l’expression de la volonté générale de libre adhésion ou refus des desseins de la Providence, de dieu s’Il existe. La société ne peut être théocratique, elle ne peut être qu’une réponse à Dieu s’Il existe. Et l’Etat peut encore moins être théocratique. C’est un corps, il n’a pas d’âme. C’est l’administrateur de la destinations universelle des biens communs, il essaie de bien faire, il ne peut pas dire le bien.

Politologie Fantasy du christianisme

"Mon fils, garde-toi à ta droite et garde-toi à ta gauche." Donc le christianisme est centriste, prudent. Mais: "Dieu vomit les tièdes." Donc le christianisme est extrémiste.... Et maintenant: "Mon Fils, siège à ma droite." (nissi Dominus). Donc le christianisme est de drroite. Corroboré par le décalogue, dont toutes les dispositions visent essentiellement à conserver le bien d'autrui. Mais le deutéronome affranchit les esclaves. Donc le christianisme est de gauche. Corroboré par: "J'avais faim et vous m'avez donné à manger", charité individuelle dont ATD quart monde et le pape François font un peu trop facilement une charité sociale.

Littérature et phénoménologie

Qu’est-ce qu’être un phénoménologue ? Quand j’ai un peu connu le sens de ce mot, que je ne suis pas sûr d’avoir bien assimilé, je me suis dit que Proust était, par excellence, l’écrivain phénoménologue. Mais il avait choisi des matières nobles, la mémoire et la « spiritualité », qui ne s’incorporaient dans son œuvre qu’à travers l’étude de son état et des maladies nerveuses comme la neurasthénie, ancêtre de la dépression, dont on commence enfin à nous expliquer que c’est une maladie occidentale. Proust a incorporé la phénoménologie par les ners. L’écriture contemporaine est plus charnelle. Elle n’abhore pas l’esprit, mais assume le métabolisme. De ce fait, elle perd peut-être le statut d’écriture phénoménologique. Car LE PARTI PRIS DES CHOSES reste soumis à la PHENOMENOLOGIE DE L’ESPRIT. La phénoménologie, c’est l’étude de l’apparition, la rationalisation de l’épiphanie. La phénoménologie démiraculise, désémerveille, déprodige. Elle va sans doute, ce faisant, contre la prodigalité de la lumière. Proust a écrit sur la mémoire, Gide a écrit sur l’acte. Leur point commun était les nerfs. Les nerfs et les back-rooms. Mais Proust n’a jamais prétendu être libre. Gide a été libre jusqu’à l’immoralité. L’immoralité du grand fortuné qui fait usage d’enfants et met la femme, sa prisonnière, entre parenthèses.

jeudi 6 octobre 2016

Dans l'intimité d'#Ivan Jablonka

Ce soir, à dîner, j’ai écouté #France culture et d’abord #Ivan Jablonka. Il y a quelques années, #Ivan Jablonka avait sorti un bouquin avec mon frère. C’était un livre assorti d’un CD. Mon frère avait écrit une sorte de bande son illustrant let exte de #Jablonka. Je crois qu’il y parlait de sa sœur morte accidentellement, mais je n’ai pas lu ce livre, qui avait pourtant l’air intéressant. Mon frère est mondain et ne m’a jamais présenté aucune de ses relations. IL écrit de la musique pour #EmmanuellePIreyre, qui a obtenu le prix Médicis. Je comprends qu’il ne me l’ait jamais présentée, mais il ne lui a pas non plus soumis mon apologie d’une intériorité. Je sais que je n’aurais pas agi de même si j’avais été DANS SA situation. Je vis en transparence. Je fais profiter de mon carnet d’adresse qui je connais. Mon frère m’a reproché, non sans raisons, d’avoir écrit une lettre de critique de 25 pages sur l’émission #zone de libr échange à ses comparses #Xavier de la Porte et #Joseph Confavreux. Il considérait que je lui AVAIS NUI professionnellement. C’était bien possible. Ils ne m’ont jamais répondu. Ils n’ont pas été reconduits la saison suivante. Ils auraient dû tenir compte de mesRECOMMANDATIONS. Mon frère me reproche d’être désoeuvré. Je reproche aux tenants de l’art contemporain de se complaire dans l’idée qu’ils font un « travail ». Même quand je repose, mon œuvre mûrit en moi. #Joseph confavreux a dit que l’une des persones les plus intenses qu’il ait interviewées était #Samuel Peterschmitt, qui dirige la plus grande megachurch de France qui est née et vit à Mulhouse. J’ai toutes les peines du monde à convaincre mon curé, #Hervé Paradis-Murat, que l’œcuménisme de demain se nouera (le nœud est le Nous) dans le dialogue entre catholiques et évangélistes. Je compte organiser, après notre mariage, un raought entre dignitaires de l’Eglise catholique et évangélistes ? law and high church. L’abbé #Guillaume de TanoÜarn, qui devrait prêcher à notre mariage, s’est dit enchanté de cette initiative, tout traditionaliste qu’il est. Hervé fait tout pour ne pas être de ce raought. Son église se situe en face de l’auberge des franciscains, la cantine de ces pasteurs évangélistes. Hervé reçoit à Mulhouse la France qui pense, à travers le #CPH (#Centre porte haute) qu’il anime et qui a hérité de la tradition des jésuites. Il ne se rend pas compte que la nouvelle inculturation a llieu du côté des évangélistes. Il ne sait pas qu’ils font preuve de créativité exégétique, théologique et prédicative, car il ne consulte pas leur site. Quand je sors de Sainte-Marie à l’issue de mes répétitions d’orguevespérales et solitaires, je suis en face de cette cantine, et je suis désolé. Hervé manque un rendez-vous majeur. Tous les soirs, quand j’habitais le 18ème, Fadia, ma pizzaÏolo copte qui n’est plus en très bonne santé, m’asseyait à côté des tables qu’elle jugeait les plus intéressantes pour que je lui résume leur conversation avant la fermeture et après la grappa. Je me rappelle y avoir appris en 2001 que #Delanoë croyait perdre, mais ne voulait surtout pas que #Jack Lang puisse se présenter à la mairie de Paris. Il y avait aussi des chercheuses (une certaine Myriam) spécialistes des Sumériens et de la Mésopotamie. Je ne l’ai jamais entendue prononcer le nom de #danièle Prévost (qui n’était pas le sociétaire de l’académie des neuf), chez qui je prenais des cours d’histoire des religions. Je me souviens aussi d’un monologue enflammé du compétiteur de #dominique Païni à l’époque où la succession à la tête de la cinémathèque française battait son plein. C’était un certain François ou Jean-françois, mais son nom m’échappe. (Ca me revient, c’était #Jean-François Roger. Quand tout ce beau monde avaitbien déblatéré, j’exposais leurs dits à Fadia, qui se cultivait ainsi et moide lui repasser la leçon. Mon frère a eu raison de ne pas miser sur moi comme intellectuel. J’avais un horrible copain (AVEUGLE ET nazi) qui prétendait qu’un intellectuel était celui qui avait défendu une thèse, SOUTENU un canard, bien plus qu’un sucre dans le marc. Il me prédisait une destinée d’intellectuel. Je l’ai déçu bien que je ne l’aie pas revu depuis longtemps, et me demande s’il vit encore. En même temps, comme il aurait égorgé un homosexuel sans l’avoir Regretté, m’avait-il avoué sous le sceau de la prescription (l’affaire datait du début des années 60), est-ce que sa mort serait une grande perte ? Oui, toute âme qui passe par la mort est une perte irréparable. Du point de vue mondain, j’avais aussi mes classes à faire. A l’émission « Zone de libre échange » à laquelle j’étais venu assister en l’absence de mon frère que je n’avais pas prévue, #Louise Touret me raccompagne dans le métro. La conversation va bon train. Elle aime bien mon frère, moins ceux qui travaillent avec elle. Ce sont des normaliens, elle non. Je lui parle de #Nicolas demorand et lui dis que je regrette qu’il soit passé par ambition d’une émission qu’il dirigeait le matin sur « France culture » à un programme où il est beaucoup plus exposé sur « France inter », mais où il n’est plus qu’un passe-plats. Elle me dit que c’est son mari. Je lui réponds : « Ciel ! » et je suis rouge de honte. Gérard me voyait en intellectuelparce que FUTUR « docteur », comme on appellait tout le monde DANS SON Allemagne. Je n’aurais jamais eu la patience de me pencher sur les variantes et les virgules des grands morts. Mais du temps où je puisais ma définition de l’intellectuel chez Gérard, j’ignorais que l’intellectuel français était né avec l’affaire #Dreyfus. Je ne suis pas convaincu de l’innocence de Dreyfus, pas davantage de sa culpabilité. Quatre choses me gênent dans cette affaire : - QU’elle ait fait autant de morts, qui aient semblé des dommages colatéraux par rapport à l’innocence, puis à la réhabilitation du capitaine ; - Qu’elle ait fait d’un fait divers une affaire d’Etat ; - qu’elle ait donné naissance à l’Etat d’Israël, sur la base laïque d’un ressentiment ethnico-religieux ; - Enfin, je ne suis pas convaincu de l’innocence de dreyfus. Je ne suis pas davantage convaincu de sa culpabilité. Que je sache, Esterhazy a été presque confondu, mais pas entièrement convaincu. Il ne m’aurait pas paru scandaleux que quelqu’un comme le capitaine, qui avait trois identités ou appartenances (Juif, Alsacien et Français) hésite entre les trois. Mais ce qui me paraît beaucoup plus grave dans le refus du doute sur l’innocence de dreyfus, qui précède la condamnation explicite du révisionnisme historique, bien que celui qui doute de l’innocence de Dreyfus ne subisse qu’un blâme intellectuel ou moral, c’est que ce verdict républicain et essentiellement d’opinion sur l’affaire dreyfus, fait du juif la figure de l’homme innocent par principe. Or aucun homme ne peut être déclaré innocent sans examen ni condition. Si le juif est déclaré innocent par principe, cela n’est pas crédible et nourrit l’antisémite qui le déclare coupable en tout état de cause. Le dreyfusisme non critique a assis les bases de l’antisémitisme. Il a agi par perversion de la dette que nous avons envers les juifs pour nous avoir donné le Messie, et le monothéisme et pour imprégner de par le monde trois milliards d’êtres humains à travers le christianisme et l’islam, ces deux histoires juives qui ont réussi. Il a également perverti la naissance d’Israël en la baignant dans une laïcité qui ne pouvait être assortie à un etat sinon intrinsèquement, du moins essentiellement ou fondamentalement religieux. Ce qu’on appelle « la religion de la shoah » est une célébration permanente de l’innocence du juif persécuté, qui veut « réparer les vivants » comme s’il était le Messie. #Ivan Jablonka se place dans cette position quand il présente et fait la promotion de son livre : #LAETITIA OU LA FIN DES HOMMES. Je l’ai entendu ce soir interrogé par #Antoine Garapon. Ce qui frappait d’abord était la connivence des « chemises blanches ». L’écrivain ne cessait de s’adresser à l’ancien magistrat en l’invoquant au vocatif et en lui rappelant qu’il avait été juge des enfants. Celui-ci l’applaudissait d’être un historien de la réparation. #Jablonka voulait être dans une posture absolument lisse et humaine : il était par-delà le bien et le mal ; il n’était pas fasciné par le fait divers ; il assumait l’ambivalence ; il voulait faire l’éloge de Laetitia tout en exposant ses zones d’ombre ; il était absolument humain jusque dans sa masculinité. Il saluait en les confondant « la démocratie », « la République » et « l’Etat », qui avaient favorisé la résilience de Laetitia vivante et n’avaient pas ménagé les moyens du service public de l’enquête pour élucider son meurtre atroce et condamner son meurtrier sans en faire un monstre, un trésor d’équilibre Il fallait excepter de cette louange le président de la République de l’époque, #Nicolas Sarkozy, qui se posait en sauveur et qui, en profitant de l’émotion suscitée par ce fait divers pour attenter à l’indépendance de la justice, était comparable à « un délinquant volant une mobyllette ». L’auteur se félicitait aussi de vivre dans une époque où le meurtrier de Laetitia dont il faisait l’éloge ne pouvait plus être condamné à mort. Les « professionnels » avaient bien fait leur travail, et les magistrats avaient précisément qualifié le crime de l’assassin de son héroÏne, non pas en « féminicide », mais en « enlèvement suivi de mort ». #Ivan Jablonka n’hésita pas, pour faire plaisir à son interviewer, à dire que son travail ressemblait à celui du juge d’instruction. Ce faisant, l’historien n’était pas conscient de se poser en grand inquisiteur… Ivan Jablonka, Laetitia ou la fin des hommes. Paris, Seuil, 23 août 2016. Collection : La Librairie du XXIe siècle

mardi 30 août 2016

Rencontre au sommet entre le chef du corps du christ et celui du livre des visages

Voici la transcription d'un petit dialogue avec un "liseur" du forum catholique, @Aigle, qui se demande pourquoi le pape, qui se montre si sévère avec les pélagiens et dit ne s'intéresser qu'aux pauvres, reçoit un "juif richissime" périphérique. Est-ce pour crever l'écran et pour prendre la lumière? Voici une esquisse de réponse. "Cher Aigle, Vous sauriez me définir ce que c'est, vous, un pélagien, dans le concret de la vie quotidienne? Si vous y arrivez, vous êtes très fort -mais je ne doute pas que vous le soyez-. Pour moi, la vraie question est celle que pose AVVVK: le pape et Facebook poursuivent-ils le même but? Je vais vous paraître ridicule, mais de tout ce que j'ai lu sur la révolution numérique, c'est françois Fillon qui en parle le mieux. Dans Faire, il a écrit ceci (je le cite de mémoire): "Internet n'est pas seulement une mutation dans le monde, il en change l'étoffe." Le pape ne fait-il pas bien de se demander avec l'inventeur de cette nouvelle forme de communication ce qu'il en est de cette étoffe renouvelée du monde? Ce que j'en entrevois est que, sur le "livre des visages" comme dans le monde virtuel en général, on parle sans se connaître et directement d'âme à âme, avec quelquefois des "smileys" ou des clins d'œil pour animer ce que nous nous disons. Nous parlons-nous sans raison puisque nous ne nous connaissons pas? Nous ne nous parlons pas comme des avatars, nous nous parlons comme des créatures de Dieu qui existent dans le monde réel. Et tant pis si cette conversation est virtuelle! Mais que dit cette virtualité? Elle exprime et rend presque visible, pas seulement la possibilité de montrer nos vacances ou notre humeur à qui n'a aucune raison de s'y intéresser, mais la capacité d'intercession que nous avons les uns pour les autres. Quel demeure le problème de FB? En voici trois, dont les deux premiers n'en font qu'un. -Il ne faudrait pas que le dialogue avec les vivants prenne la place de la prière au dieu des vivants et des morts. -Il ne faudrait pas qu'un dialogue d'âme à âme entre des créatures qui existent se prenne pour la communion des saints. -Enfin, que dit l'interdiction qui nous est faite par le fondateur de ce dialogue d'âme à âme qui se montrent des images et s'envoient des photos, de manifester qu'il y a des choses que nous n'aimons pas? N'est-elle pas en contradiction avec ces paroles de l'Eclésiaste qui nous disent qu'"il y a un temps pour haïr" et que cela entre dans notre processus de maturation, dans ce qui fait que, peu à peu, nous pouvons sortir de la caverne et nous habituer à la lumière? Facebook n'est-il pas très "conciliaire", en ce sens que Vatican II a surtout été un rjet de l'anathème? Est-il éthique de forcer la bienveillance qui est un fruit de l'Esprit? Voilà quelques réflexions qu'en propres termes ou en creux, ont pu échanger le pape et M. Zuckerberg."

dimanche 28 août 2016

"Sur parole", une critique d'avant critique

"Le poisson est un animal d'une grande signification symbolique et spirituelle. Chez les peuples indo-européens, ils représentent la fécondité et la sagesse" (le poisson a donc un lien symbolique avec la moisson, les signifiants ne se choisissent jamais par hasard.), "en Chine, la chance et la richesse." (Je suis indo-européen, mais la Bible, qui n'est pas confucéenne, attribuait à l'huile de poisson le pouvoir de guérir les yeux du vieux Tobit). "Quant aux chrétiens, pour ne pas attirer l'attention des romains, ils utilisaient cet animal comme signe de reconnaissance." (Le poisson fut pour les premiers disciples un signe de ralliement parce que l'Evangile est une équipée sur un lac. Quand j'ai appris à Rome que l'Evangile a ouvert "l'ère du poisson" -non astrologiquement, mais spirituellement ou symboliquement-, je me suis toujours demandé s'il n'y avait pas un lien plus fort et plus caché entre le poisson et la Croix. Les chrétiens, le poisson et INRI -la traduction en latin de l'écriteau de Pilate inscrit en épitaphe sur la tombe de Jésus ressuscité: "ici gît Jésus -Iesus- de Nazareth, roi des juifs.") C'est donc une symbolique forte. Concernant les vertèbres, pas de sens caché, juste un rôle de protection de la moelle épinière." (Nous sommes des vertébrés, et nous n'y mettons pas de sens, sinon que les vertèbres protègent la moelle, qui transmet l'influx nerveux du centre à la périphérie, du cerveau aux organes, qui sont aussi des centres nerveux (le corps est un vaste organigramme). Nous sommes des vertébrés, des mammifères supérieurs, des cérébro-lésés, et nous ne trouvons pas de sens à nos vertèbres. #François Nourrissier disait que son mariage avec Cécile, sa seconde épouse, avait vertébré sa vie. Une vie sans colonne vertébrale n'a pas d'ossature, mais nous ne mettons pas de sens derrière nos vertèbres, sinon la moelle, la substantifique, celle dont on pourrait faire de l'huile de poisson qui nous dessillerait les yeux. Pour moi, comme chrétien, c'est le poisson qui vertèbre ma vie. Les quelques phrases commentées ci-dessus sont issues du livre de ma camarade Olivia Dupuy: http://livre.fnac.com/a9348946/Olivia-Dupuy-Sur-parole Ces quelques considérations délirantes en avant-goût d'une critique qui ne viendra jamais, pour te montrer, Olivia, que je suis plongé dans ton livre. J'ai eu du mal à y entrer, je n'en connais pas le dénouement (surtout, ne me raconte pas la fin), je saisis ces quelques idées au vol de la lecture, mais je te retrouve, énergique et poétique, méthodique et secrète, dans ta manière de mener cette intrigue policière. Au début je croyais que tu cousais ta narration de fils blancs: ce meurtre surune île, ces quatre suspects que l'on suit, confondus par leur passé judiciaire. Mais je n'y suis pas, tu me déroutes. "On the road again!" La déroute, the "road reading", cela fait un livre qui mérite de nous arrêter dans sa trame, de nous captiver dans ses filets. Quel jardin secret a-t-on, as-tu, pour écrire un (ou des) polar(s -ce "s" entre parenthèses est de la grammaire de nombre-)? Je suis trop cérébro-lésé, trop scholiaste, pour comprendre et m'imaginer. Je remonte des échelles, je ne fais pas le mur des jardins secrets des auteurs de romans policiers. Tu m'avais dit que tu aimais que j'aie réalisé ton rêve de jouer de l'orgue en n'ayant appris que sur le tard, avec mes deux maîtres successifs et concommitants et concommitamment mes amis. Mais tu m'avais caché tes liens avec l'Alsace, ton commissaire, est d'Hammerschwir. La vie noue les affinités et les coïncidences. Tu devrais passer quelques jours avec ton fils en Alsace auprès de nous comme Odile et Martine l'ont déjà fait. Tu as toujours pris de nos nouvelles, l'année de notre grande épreuve. Le poisson pourrit par la tête. Ainsi du monde occidental et des cérébro-lésés qui publient des critiques à clés, hermétiques et débiles. Mais les vertèbres protègent la moelle. Nous serons sauvés par la moelle. Les vertèbres protègent la sensibilité qui nous fait croire que nous avons du cœur, "et nous n'en faisons pas cas", comme disait la sainte Vierge à la Sallette.

jeudi 25 août 2016

Lettre ouverte sceptique à #ARnaud Montebourg

Cher Arnaud Montebourg, Je sors d’une première lecture de votre discours de frangy avec une impression de d’éception et de malaise d’autant plus affligeante, que je me réjouissais de votre candidature. J’avais envie de vous suivre. Est-ce définitivement impossible ? Ne concluons pas trop vite. Mais pourrez-vous dissiper mon malaise ? D’où vient-il ? Vous seriez la bonne alternative entre Marine le Pen et Jean-Luc Mélanchon. Vous n’avez ni leur commune violence, ni la xénophobie de l’une, ni le chavisme de l’autre. En 2002, le discours de J.P. Chevènement était décalé et ne faisait vibrer que les médias et que « Marianne ». Nous aurions besoin aujourd’hui de quelqu’un qui parle comme lui. Nous aurions besoin d’un retour au gaullisme de gauche, au séguinisme, d’un souverainisme raisonnable. Nous aurions besoin d’une union nationale alternative entre vous et Henri Guaino pour éviter le front des populismes. Vous incarnez un peu tout cela, mais dans un caneva tellement personnel qu’un chat républicain n’y retrouve pas ses réflexes citoyens. Vous proposez une union autour des PME auxquelles vous voulez intéresser le grand patronat et presque subordonner les grands groupes entreprenoriaux. Comment allez-vous vous y prendre ? Puisque la BPI ne remplit pas son rôle, vous proposez de créer une autre banque qui ait les mêmes missions, en utilisant l’épargne des assurances vie. Vous n’avez pas la barre sur tout le système bancaire. Vous croyez vous en sortir en nationalisant temporairement une seule des cinq grandes banques françaises. Cela suffira-t-il ? Vous proposez d’affecter 80 % des marchés publics aux PME. C’est le seul projet sur lequel vous puissiez exercer un contrôle réel. Mais envisagez-vous en même temps de réduire leurs charges sociales, sans quoi ce « made in France » d’appellation anglaise ne sera pas complet ? Mettrez-vous fin à la disparité entre les subventions accordées aux très grandes entreprises et les charges que doivent payer les petites ? Comment allez-vous organiser la république autour des PME ? La PME deviendra-elle le nouveau maître étalon de la cohésion nationale ? Comment allez-vous forcer les syndicats à s’intéresser aux PME sans changer profondément les règles de la représentation syndicale ? Coment alez-vous forcer les PME à embaucher, même un seul employé, si elles n’ont pas les marges nécessaires ? Ne risquez-vous pas de vous fourvoyer dans une version CGPME du pacte de responsabilité, mal négocié par François Hollande avec le MEDEF ? Comment est-ce à partir des PME que vous comptez égaliser les revenus du capital et du travail ? Sur le chômage, vous réactivez la vieile croyance en la formation professionnelle. Mais que n’agissez-vous en amont, en montrant que l’école doit aussi former ses élèves aux métiers de haute et det de basse qualification ? La France a besoin de manœuvres et de médecins. Que ne développez-vous une réflexion sur l’échelle des salaires et le progrès technique dans le lien qu’ils ont avec le chômage et la précarité ? Vous voulez réindustrialiser la France, mais vous ne dites pas un mot de l’agriculture. Comptez-vous favoriser la résurgence des petites exploitations agricoles ? Que ferez-vous pour démondialiser l’agriculture et redévelopper une agriculture de proximité, source d’une économie de fonctionnalité, beaucoup plus écologiques que toutes les gesticulations climatiques ?Que ferez-vous pour limiter l’agriculture industrielle et développer la filière bio ? Vous voulez réformer l’Europe. Mais vos prémices ne sont pas très encourageantes. Car vous finissez certes par parler à demi-mots de protectionnisme européen. Mais vous commencez par évoquer le protectionnisme climatique, un peu comme J.C. Cambadélis a renoncé à la fracture sociale pour parler de fracture numérique, sans lutter contre cette extension de l’illettrisme. Vous spécialisez les PME dans le thermique. Vous, le partisan du nucléaire qui vouliez à raison qu’on stope la construction de Notre-Dame-des-Landes, l’écologiste équilibré, vous faites le pas de trop en donnant dans la lubie de la croissance verte. Quelle sera votre marge de manœuvre avec la Commission européenne ? Pourquoi serait-elle plus grande que celle d’Alexis Tsipras ou, pour rester en France et sauf votre volontarisme,, de françois Hollande ou de Marine le Pen pour sortir de l’euro, ce à quoi il faudra bien se résoudre si l’Europe nechange pas et continue de rogner le pouvoir d’achat des classes moyennes et des plus pauvres ? Quelle garantie pourez-vous donner à vos concitoyens que vous pourrez peser à 1 contre 27 ? Le rapport de forces démocratiques doit aussi tenir compte de cet aspect quantitatif. En quoi le contrôle de la politique économique de l’Union Européenne serait-il plus efficace contre l’ultralibéralisme s’il était assuré par un Parlement, quand on connaît le poids des lobbys au Parlement européen ? Votre canevas républicain vous est tellement personnel qu’il est presque loufoque. Comment pourrez-vous assurer la séparation des pouvoirs en plaçant l’exécutif sous le contrôle de référrendums d’initiative populaire ? N’est-ce pas à l’exécutif d’organiser des référendums en respectant le pouvoir de pétition des citoyens ? Que vient faire le tirage au sort dans la désignation des sénateurs ? Pourquoi céder à un effet de mode et faire plaisir à Etienne Chouard ?Comment combinez-vous votre vieille fibre parlementaire et votre nouvel antiparlementarisme en interdisant la saisine du Conseil constitutionnel par le Parlement ? Et quelle est, juste après, la cohérence de cette proposition imaginative, entre la quatrième République ou le mandat impératif et un modèle encore inédit de sixième République un peu bizarre, de faire destituer un ministre par le Parlement ? Quelle sera la stabilité gouvernementale dans une telle configuration ? La politique étrangère que vous proposez est un retour à l’équilibre gaullien. Mais par quel aveuglement partisan pouvez-vous feindre de croire que françois Mitterrand n’a pas fait les erreurs majeures qui ont précipité notre pays dans le soutien au néo-conservatisme américain ?Pêle-mêle, atlantisme effréné, scepticisme face à la réunification allemande, participation à la première guerre du golfe et, last but not least, la reconnaissance dans un discours télévisé des putschistes qui avaient tenté de renverser Mikhaïl Gorbatchev, avant un rétro-pédalage sans précédent effectué dans un autre discours prononcé dès le lendemain, où les Français étaient priés de croire que leur président n’était pas naïf, et n’avait jamais cru un instant en la victoire de ces putschistes? Énorme erreur diplomatique, qui avait suivi le vichysto-résistantialisme du même homme, son retournement dans l’affaire algérienne, sans parler de la pratique très expéditive de la peine de mort de celui qui se vanta plus tard de l’avoir abolie. Quand les socialistes cesseront-ils de se contenter du droit d’inventaire et dégonfleront-ils la baudruche mitterrandienne ? Votre candidature ne doit-elle pas revenir à plus de clacissisme, si vous voulez créer une cohésion autour de votre personne ? Pourra-t-elle survivre, si elle est un mécano siparticulier ? Je vous le dis avec espoir et avec estime, si vous ne voulez pas que votre destin soit inachevé. Julien WEINZAEPFLEN

vendredi 12 août 2016

Réflexions sur le nationalisme

Le nationalisme a mauvaise presse. On lui oppose le patriotisme qu’on lui préfère. On lui préfère le patriotisme, ce nationalisme de « la terre et les morts » et de la marseillaise où notre « sang » non « impur » viendrait abreuver les sillons de notre identité. Je n’aime pas la marseillaise. Le patriotisme est un nationalisme identitaire et de civilisation. Je n’ai jamais été patriote. Ma boussole pour juger de mon nationalisme est cette citation attribuée à Maurras : « Un peu de nationalisme éloigne de l’universel, beaucoup de nationalisme en rapproche. Catholique, je suis nécessairement un nationaliste universaliste. Ma matrice nationale est adoptive, sans être naturalisatrice à tour de bras. Même si la naturalisation imite ce que fait la grâce et bien qu’un enfant ne choisisse pas les parents qui l’adoptent, l’adoption nationale, parce qu’elle est mature et devrait concerner des adultes ou des pupilles, devrait supposer l’accord de l’adoptant et de l’adopté. Mon nationalisme n’est pas civilisationnel comme l’est le patriotisme identitaire, mais il est culturel. Sa matrice adoptive suppose le choix, ou au minimum l’adhésion à un modèle historique et culturel. La nation dont je suis le natif et, en tant que tel, un adoptant de droit, est historiquement chrétienne et a tout un patrimoine culturel qu’on ne doit pas assumer en bloc, mais dont on doit accepter l’essentiel. Je suis contre la double nationalité, non seulement à cause du dilemme et du risque de trahison qu’elle fait courir en cas de guerre entre les deux nations qui se disputeraient l’allégeance du soldat, mais parce que le choix de la nationalité doit exprimer une préférence. Une origine étrangère n’exclut pas le choix préférentiel de la culture et de la matrice nationale, tout en n’impliquant pas le reniement de la culture du pays d’origine, pourvu que préférence il y ait. La double nationalité pose en outre un problème démocratique dont on parle peu : un citoyen binational a deux voix dans le monde. Je suis contre « le droit du sol » dans les sociétés multiculturelles, précisément parce que la greffe nationale n’a pas eu le temps de prendre, ni le pacte d’adoption celui d’être signé. Je ne crois pas au contrat social que l’on ne signe pas. J’estime qu’on ment à un musulman de France d’origine maghrébine en lui racontant qu’il est Français. Suis-je national socialiste ? Je lève tout de suite une équivoque que pourrait faire planer cette question provocatrice : le nazisme, qui a brandi cet étendard, était condamnable, non en tant que socialiste, mais en tant queraciste. Du reste, sa politique sociale se limitait à tarir la reproduction de la misère en éliminant les « dégénérés », et à investir l’énergie du prolétariat dans une politique de grands travaux qui réduisit beaucoup le chômage, seul point positif à porter au crédit de ce régime bestial. Je serais plutôt national socialiste en ce que, considérée extérieurement à la nation, la société est une abstraction. Le nationalisme peut incarner l’abstraction sociale, même si le danger du nationalisme culturel dont je me réclame, est de ne pas échapper à l’abstraction, à trop ignorer la terre pour éviter l’appel du sang. Alain soral se dit un national socialiste qui ne serait pas impérialiste et n’aurait pas besoin d’espace vital. Mais Alain Soral étant antisémite est raciste, et partage le fond du national socialisme allemand, même s’il ne prétend pas faire de nouvelles guerres de conquête – parfois, l’appétit vient en mangeant, mais je charge inutilement la barque -. Je remarque que le racisme sanguinaire est un avatar du patriotisme de terroir et non du nationalisme culturel, même si le nationalisme culturel n’est pas indépendant des ethnies majoritaires et autochtones. La décolonisation a purifié le nationalisme français de la tentation impérialiste. Mais la décolonisation n’est pas terminée. Je crois à l’autodétermination et au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Je suis heureux que les Dom-Tom soient français. Mais si j’étais né sur ces territoires, je serais séparatiste. Et je suis partisan qu’on leur demande s’ils veulent rester Français et pourquoi. La tentation impérialiste n’est pas jugulée dans nos gouvernements extérieurs au nationalisme. Les guerres néo-coloniales de la France-Afrique ne sont pas faites conformément au génie français, mais au néo-conservatisme américain qu’on voudrait incorporer à la France. À l’origine, les guerres d’ingérance modernes ont été d’inspiration américaine, même si la tendance française à la théorisation a porté le français juif Bernard Kouchner à les présenter au nom de la France et à les imposer à l’ONU. L’imposition mondiale d’une norme nationale n’appartient pas à l’universalismefrançais. La décolonisation n’est pas terminée. Le constat est valable dans les deux sens. Les ressortissants des pays ayant accédé à l’indépendance devaient ne pas émigrer massivement, et nous devions ne pas les accueillir en masse, comme si nous avions à réparer d’avoir envahi leur pays. L’invasion est un mal, mais la réparation n’est pas un acte politique, et la tendance à l’émigration de masse des pays ayant accédé à l’indépendance, comme notre tendance à l’accueil de masse, a pillé les forces vives de ces pays et formé des génératiions d’apatrides, assis entre leur pays d’origine qui ne les reconnaît plus, et la France qui fait semblant de les avoir assimilés et qu’ils ne se sont pas assimilée. Mais les migrations ne sont pas un mal. Elles sont un phénomène inéluctable dont on ne peut que limiter l’ampleur entâchant de le contrôler. L’origine de ce phénomène est démographique et tient à la révolution des transports. On ne saurait à la fois admettre le libre échange en permettant la libre circulation des capitaux et empêcher des émigrants de venir par avion. Mais un émigrant n’est pas un migrant, et la désorganisation des pays arabes par l’afflux de migrants qui n’ont aucun désir d’Europe est un facteur de déséquilibre majeur pour les sociétés tant arabes qu’européennes. Existe-t-il un nationalisme européen ? La question s’entend ainsi : il n’existe certes pas de nation européenne, mais le nationalisme peut-il s’insérer dans une structure européenne ? Je ne vois pas ce qui s’y oppose, sinon que l’antieuropéisme systématique de tous les nationalistes français prétend avoir réglé la question. Le nationalisme impérialiste et raciste allemand a voulu bâtir une mittel europa qui se serait méfiée des puissances occidentales. En réaction, on a bâti une Europe technocratique dont le ciment était l’économie et le marché. Mais le marché ne fonde pas un peuple, ni n’entretient un désir decoalition. L’europe périt d’avoir été pensée et fabriquée par des commissaires au service des marchés et d’une paix lointaine. Il n’y a pas de paix économique. Mais l’Union européenne avait un second vice originel : sa construction s’est adossée à l’atlantisme. Le pacte atlantique a précédé de deux ans la CECA et a été négocié et signé par les mêmes, Robert schumann et Jean Monnet. L’euro n’était pas condamné de naissance à son échec actuel, qui n’est pas irrémédiable, s’il avait vraiment voulu faire concurrence au dollar pour refonder un ordre monétaire juste, et si la « zone euro » ne s’était pas ouverte à des pays aux économies trop éthérogènes, l’euro ne serait pas la monnaie de la baisse du pouvoir d’achat et du niveau de vie des européens. Le nationalisme est-il chrétien ? La question est difficile. La Bible reconnaît l’appel du sang d’abel qui doit être vengé d’un assassinat et d’un fratricide. L’appel du sang dans la genèse pouvait passer pour un patriotisme primitif, mais c’est beaucoup plus le cri de l’opprimé qui monte vers Dieu depuis les profondeurs de la terre. La matrice chrétienne est adoptive, mais la matrice adoptive du nationalisme culturel ne doit pas singer l’adoption divine. En d’autres termes, la naturalisation ne doit pas singer la Grâce du baptême. D’autre part, la construction de l’Église montre que la notion de peuple est privilégiée à celle de la terre du père, le peuple de dieu se déclarant de la patrie céleste. Cette prémice étant admise, toutes les formes d’organisation de l’exil terrestre me paraissent permises, du cosmopolitisme du citoyen du monde au patriotisme charnel de l’homme qui pense que l’incarnation se prolonge en révération de la terre, en passant par la position, qui serait plutôt la mienne, de celui qui veut faire nation pour faire peuple. Doit-on donner sa vie pour sa nation ?La forme classique de la question contient le mot patrie. J’aurais tendance à dire que, si le peuple auquel on appartient et qu’on choisit de former avec d’autres, dans le « plébiscite de tous les jours » dont parle rEnan, si ce peuple est en danger, on peut lui donner sa vie, atendu qu’il est bon de dévouer sa vie à quelque chose qui la dépasse. Mais le don de sa vie à la nation n’est pas celui chanté par LE CHANT DU DEPART : « Un Français doit vivre pour elle, pour elle un Français doit mourir ». Pouvoir n’est pas devoir, et on ne doit donner sa vie ni à la terre selon le lieu commun du patriotisme, ni à la République que désigne le Chant du départ, régime idéologique et idéologie de régime. On doit donner sa vie à son peuple, pour défendre son peuple, on à sa terre et non à une idée d'égrégation sociale ayant pris une forme de gouvernement. Le nationalisme a-t-il une forme de gouvernement ? L’hydre lepéniste, comme une résurgence de la bête immonde, a effrayé l’État et la société qui lui ont oposé un républicanisme exacerbé, qu’on peut globalement réunir sous le vocable de chevènementisme, et qui va aujourd’hui de Jean-Luc Mélanchon, l’ancien international-socialiste devenu nationaliste chavésien, ou d’arnaud Montebourg, le démondialisateur qui se soigne, à Emmanuel Macron, qui apporte au patronat l’obole du nationalisme français et républicain. (ON voit par là qu’il n’y a pas de doctrine économique du nationalisme, sinon que le libéralisme est plus américain que Français, quoique Calvin soit français...) Le chevènementisme est un nationalisme républicain, qui voudrait monopoliser la République au service de la nation, pour respecter et capter l’héritage révolutionnaire. Le lepénisme peut revêtir trois formes de gouvernement : la royauté (que drague Emmanuel Macron), la démocratie ou le fascisme. À la croisée des deux derniers se trouve le populisme. Ce mot de la démocratie, dévoyé par « nos élites » qui le sentent opposé à elles, peut désigner, soit le respect du peuple, soit la démagogie (le populisme mélanchoniste est une démagogie argotique) qui, dans le cas du lepénisme, flatterait les instincts xénophobes,dans un contexte où le racisme et l’antiracisme se nourrissent réciproquement et obsessionnellement comme l’autre nom de la peur de la guerre et de l’envahisseur. Le nationalisme doit participer à la construction du peuple tel qu’il apparaît, dans toutes ses composantes, en respectant l’origine de la nation matricielle. Je suis un nationaliste social, démocrate, éventuellement européen, populiste et non xénophobe, étant entendu que mon national populisme s’oppose à la sociale démocratie,gouvernement des corps intermédiaires qui bâtit la société contre le peuple, au détriment de l’intérêt général et au service des intérêts catégoriels. Je crois en une refondation démocratique et sociale de la nation.

Inaperçu social (II): la crise du logement

#construction des logements sociaux : politique portée par deux ministres écologistes malgré la saturation de l’espace urbain. Alternative à #la construction de logements sociaux : la réquisition des logements vides permise par la loi. Accueil des réfugiés et appel à une immigration de masse dans un contexte de #crise du logement. Traitement différencié entre les réfugiés et #les SDF à qui M.A. Carlotti n’a jamais imaginé d’offrir les 76000 logements disponibles du parc public. Impression ressentie par ceux qui vivent en France que « les autres sont mieux traités que les nôtres » #Accueil des réfugiés : @Anne Hidalgo propose d’ouvrir un #bidonville dans un quartier défavorisé de la capitale.

Inaperçu social, la fracture numérique

La #fracture numérique est à la #fracture sociale ce que #la dette écologique est à la #faim dans le monde. #Jean-Christophe Cambadélis a inventé #la fracture numérique parce que le #parti socialiste était incapable de résoudre #la fracture sociale. Le #parti socialiste a renoncé à résoudre #la fracture sociale comme la fondation #terra nova lui a conseillé d’abandonner le monde ouvrier. La #fracture numérique contribue à l'extension de l’illettrisme, mais l’administration préconise #la dématérialisation des supports. Le #parti socialiste n’a pas plus l’intention de résoudre #la fracture numérique que #Chirac ne croyait avoir prise sur #la fracture sociale. Réduire #la fracture numérique par #la dématérialisation des supports, c’est comme réduire le chômage en baissant le nombre de fonctionnaires.

jeudi 11 août 2016

L'histoire édifiante et émouvante de l'Eglise de Perse

http://www.radiocourtoisie.fr/34445/libre-journal-de-chretiente-du-4-aout-2016-la-vivacite-du-christianisme-dorient-lassassinat-du-pere-hamel-dernieres-nouvelles-de-sainte-rita/ En première partie de l'émission, l'abbé de Tanoüarn reçoit un prêtre du Prado qui raconte sa vie de missionnaire un peu comme un Père blanc, comme s'il était assimilé à la Perse, tique de langage de missionnaire. Il explique bien comment la greffe islamique n'a pris en Iran que par l'influence conjuguée du zoroastrisme et du chiisme, la première étant "la plus riche des religions extrabibliques" et le second ayant été fondé par le martyre d'Hossein, que les musulmans vivent de façon mystique, toutes choses égales par ailleurs, comme nous essayons d'incorporer la Passion de Jésus-Christ. Le P. Humblot répond ensuite à la question: "Y a-t-il des Eglises au pays des Mollahs? "Les actes de certains apôtres" désignent les Perses et les Mésopotamiens dès le récit de la Pentecôte. Si Saint-Pierre et Saint-Paul ont orienté l'Eglise vers l'Empire romain, Saint-Thomas et Saint-Barthélemy tournent l'Eglise vers la Perse. Dès le chapitre 1, Saint-Mathieu parle des mages zoroastriens "venus d'Orient", donc de la Perse. La tradition de l'Eglise d'Iran raconte que ces mages passaient chaque année une retraite dans la [caverne] en attendant la lumière, jusq'au jour où la lumière est venue. À leur retour, les mages parlèrent de Jésus. Saint-Thomas parvenant en Perse fit la connaissance de ces mages, les baptisa et les ordonna prêtres et évêques. Il y avait près d'un million de juifs au royaume de Babylone. Saint-Thomas respecta la méthode des apôtres et commença par évangéliser ces juifs. Thomas passa de la Perse et a pu aller jusqu'en Chine. Saint-Paul serait allé jusqu'en Espagne. Les apôtres seraient allés aux deux extrémités du monde connu. Les transports fluviaux faisaient marcher le commerce pendant l'Antiquité. (L'archéologie montre aussi que l'Alsace fut une marque tournante du commerce mondial: dans ce pays des Allamans (alle Mäner, tous les hommes, au contraire des Goths qui s'autodivinisent et font naître le côté terrible du pangermanisme, l'archéologie retrouve des traces des Phéniciens, des Egyptiens et, bien sûr, des Celtes). -En 410, l'Église de l'autre côté de l'Euphrate prend son autonomie après le concile d'Alexandrie où Saint Cyril condamne Nestor en son absence. L'Église d'Orient avait déjà refusé le concile d'Éphèse que l'expression de Marie "theotokos", mère de Dieu, scandalisait. L'Église la désigne comme "Marie, mère de Jésus, non pas Fils de Dieu, mais mère de notre Sauveur et de notre Seigneur. Jean-Paul II a signé un accord avec le patriarche héritier de l'Eglise nestorienne un accord reconnaissant la validité des deux formules. - Après la séparation de l'Eglise d'Orient et de l'Eglise romaine, Ctésiphon gardera toujours le désir de rester unie de quelque façon à Rome, d'où séparation de Ctésiphon et d'Antioche. L'expansion du christianisme vers le Père vers la Chine se fait sans soutien militaire, contrairement à l'Eglise impériale de Rome. On trouve des traces du credo en Chine, traduit avec des accents empruntés au bouddhisme. -L'Empire Perse et l'Empire romain étaient très affaiblis de s'être tant battus. Les invasions arabes ne leur ont pas fait peur, elles étaient dans la tradition des razzias. Ces empires n'ont pas compris le caractère spécifique des invasions du VIIème siècle. Les contacts ont été fructueux entre les abascides et les autorités de l'Église d'Orient à cause de la connaissance qu'avaient les chrétiens du Grec, de l'Arabe et de l'Araméen, d'où en partie la pénétration de la philosophie grecque auprès des Arabes. Le patriarche Timothée Ier et le checkh Al-Mahdi ont même rédigé un Dialogue sur la Trinité. Les petites gens ont été soumis, dhimis. La dhimitude était très dure après les invasions. Les siècles de soumission ont fait lâcher prise à une majorité d'anciens chrétiens devenus musulmans. L'islam s'est imposé à la Perse de cette manière. Il s'était imposé beaucoup plus brutalement aux Coptes égyptiens. -Avant l'arrivée des chrétiens, il y avait autant de chrétiens dans cette Eglise d'Orient s'étendant jusqu'en Chine qu'il y en avait en Europe. Les deux catastrophes qui détruisirent les équilibres furent l'invasion des Mongoles et les Croisades. "L'Empire mongol, le plus grand empire continu ayant jamais existé, est fondé au début du XIII siècle par Gengis Khan, ses fils et petits-fils et leurs armées." La femme. (Wikipédia) du petit-fils de Gengiskhan était chrétienne. Il y eut à Bagdad un grand massacre de musulmans qui entraîna ensuite une longue persécution des chrétiens après la chute de l'Empire mongole. Tamerlan fut le plus célèbre de ces persécuteurs. Les Mongoles ont été vaincus par les Egyptiens, se sont retirés en Mésopotamie et se sont progressivement convertis à l'islam. En 2001, Benoît XVI et le cal Kasper reconnaît la validité de la messe nesthorien bien qu'elle ne comporte pas les paroles de la Consécration, parce que la prière eucharistique comporte l'invocation à l'Esprit-Saint. "Pourquoi dirions-nous ce que nous sommes en train de faire?", demandent les Nesthoriens. -En Orient, "Les croisades vues par les Arabes" d'Amin Maalouf montrent que celles-ci se sont déshonorées par des faits de cannibalisme. "Le patriarche latin de Jérusalem est un débris de croisé", s'indigne le P. Humblot. L'Eglise latine, même dans cette partie de l'Orient, a détruit tout le patrimoine arabe. En Iran, les chrétiens sont au nombre de un pour mille. "Le Persan est introduit par le régime." Dans un diocèse de Téhéran deux fois grand comme la France, il y a un prêtre et deux évêques, chargé en outre de visiter la diaspora chaldéenne dans toute l'Europe. Le P. Humblot a fondé un centre de formation chrétienne en Persan, qui traduit en Persan les sources chrétiennes. Il travaille avec 14 personnes. On peut prendre contact avec lui à l'adresse suivante: pierre.sdv@gmail.com Un des derniers mails qu'il a reçus émanait d'une femme vivant dans un village perdu d'Iran. Elle lui écrivait: "Cher Père, je n'aime que Jésus, je ne veux que Jésus, je lis l'Evangile tous les jours. Mais dans mon village, il n'y a pas un chrétien. Est-ce que je peux me donner le baptême à moi-même?"

lundi 8 août 2016

Philosophie de la phrase

J’aime les idées, mais je ne suis pas un penseur. La phrase est de la synthèse qui voudrait analyser. Notre époque aime la synthèse et fait l’ellipse de l’analyse. Comme je ne suis pas elliptique, je ne me crois pas de mon temps. Je crois ne pas aimer mon époque alors que je suis synthétique et même si je ne suis pas elliptique. Notre époque croit que la phrase est de l’analyse et elle en fait l’ellipse. Le pronom possessif de la première personne du pluriel antéposé à « époque » dépersonnalise le mot qu’il détermine et son emploi est ridicule. S’agit-il de sonder l’air du temps ou de peindre mes époques ? Je ne sais ni décrire ni dépeindre. Je suis seulement le fils d’un peintre de sexe féminin. Comment caractériser la culture d’une époque (ce déterminant indéfini la générise pour hameçonner l’infini et le ramener sur ce rivage textuel) qui fait l’ellipse de la phrase ? La production culturelle de notre époque est fulgurante, mais manque de liant. La synthèse est une ardeur. La fulgurance naît de cette ardeur. Mais le feu de l’ardeur synthétique se neutralise pour n’être pas éteint par l’eau de l’analyse. L’analyse apporte à l’ardeur de la synthèse une sorte de plastique. Il nous manque cette plastique. Nous sommes fulgurants et fragmentaires. C’est pourquoi le niveau de la production culturelle de notre époque baisse malgré sa fulgurance. Le ton réactionnaire (réagir, c’est s’exposer à l’insulte) de cet oracle a réclamé de moi que je me ridiculise en repassant au « notre ». Cette époque est nôtre, elle manque de plastique et nous sommes des fulgurants fragmentaires. Mais pourquoi la phrase résiste-t-elle à l’analyse ? Tant qu’elle s’intègre dans le discours, elle n’y résiste pas. Mais le but de la phrase est de devenir une phrase, de définir en devenant indéfinie, d’être ramassée comme un trophée pour être citée à comparaître. Dans la citation, la phrase trouve un caractère orphique qui prouve que la phrase est le véritable mètre de la poésie. La poésie tend vers la phrase, mais prosternée, elle l’oublie en rampant dans le rythme. La phrase résiste à l’analyse parce que l’analytique n’est pas sa fin. La phrase a l’apparence de l’analyse et la réalité de la synthèse. Ce qui fait croire qu’elle est analytique est qu’elle n’est elliptique qu’à contre-cœur ou à contre-génie. La phrase, de couleur analytique, passe pour la prédication d’un thème. Le croire, c’est omettre la circonstance. La phrase est construite pour être formulée comme l’addition du thème et du prédicat. On retrouve la même illusion dans la formulation qui la définit comme sujet, verbe, complément. Ici, l’illusion est double, car la vraie formule serait : sujet, verbe, attribut. Mais on raisonne toujours en l’absence de circonstance. Que vienne se placer, surtout en tête de phrase, un complément circonstanciel, et l’édifice grammaticale vacille. La circonstance renverse la prédication. La circonstance fait tout vaciller. Je n’aime pas que l’on parle de « doctrine des circonstance», mais y a-t-il une histoire humaine qui ne soit pas l’amalgame d’un caractère avec des tribulations ? Notre caractère est notre vision. Notre vision entraîne une prévision, mais la circonstance renverse cette prévision pour finalement nous faire nous ressembler mieux que si tout s’était passé comme prévu. Grâce à la circonstance, nous trouvons notre ressemblance. L’image est un travail du développement analytique. La ressemblance éjecte l’image au moyen de ce qui paraît le contraire d’un travail. La circonstance n’est pas travaillée, mais elle s’est peut-être travaillée, ou quelqu’un a programmé les tribulations pour que nous y trouvions la ressemblance. Si Dieu était le programmateur des tribulations, il aurait permis l’épreuve à seule fin que nous y trouvions la ressemblance. La circonstance n’est pas toujours une épreuve. Pour la phrase, elle est certes le renversement du schéma prédicatif, mais elle renverse en vue d’une mise en relief. La circonstance a renversé un mécano pour le remplacer par une montagne. Le mécano est au pied de la montagne. Le schéma prédicatif est au pied de la phrase. La circonstance ne s’est pas seulement interposée entre la phrase et sa vision grammatiicale, elle s’est antéposée au schéma prédicatif. Dans la phrase, le thème est prêché. Mais la phrase voulait le prêcher par sa vision. La circonstance renverse cette volonté pour prêcher le thème en le rendant invisible. Le thème est transparent à la circonstance. Les phrases s’enchaînent sans que l’on sache de quoi on parle. La circonstance jette du trouble dans l’interlocution. La circonstance agit sur le thème comme le contrepoint sur l’idée de la mélodie. Il le souligne en le noyant. Nous sommes des fulgurants fragmentaires qui nous noyons dans un verre d’eau. Quel malheur d’être l’enfant d’un siècle où tout le monde écrit comme Roland Barthes !