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vendredi 3 novembre 2017

Un déboulonnage en règle de Gilles Kepel


Dans un livre publié peu après le 11 septembre 2001, Gilles Kepel pronostiquait « le déclin de l’islamisme ». Henry de Lesquen procède, en décembre de la même année, à un déboulonnage ironique mais régulier, de cet auteur qui faitencore autorité.

 


 

 

Mon commentaire s’inscrit en faux contre l’idée que l’islam ne serait pas soluble dans la République. L’analyse mérite d’être fortement nuancée.

 

« L’hypocrisie est un hommage que le vice rend à la vertu », disait Larochefoucaud. « Faites-vous des amis avec l’argent trompeur », et « soyez rusés comme des serpents et simples comme des colombes », disait le Christ, ce que le pape François, se piquant d’être un peu « fourbe »,appelle la « sainte ruse ». Il y a donc bel et bien une takyiah chrétienne.

 

IL y a aussi une humilité chrétienne, tous les auteurs mystiques enconviennent, qui nous fait concevoir notre « nullité devant Dieu », aspirer à disparaître devant Lui, ce qui ne vaut pas mieux que d’être Ses esclaves, et vouloir imiter « le beau modèle » qu’est pour nous le Fils de l’homme comme pour les musulmans le prophète de l’islam.

 

Certes, la démocratie moderne transfère le droit divin dans la souveraineté de la société, dont le prince est le représentant au lieu d’être celui de Dieu. Tocqueville nous montre les racines de ce mouvement dans le code écrit par le grand Frédéric, l’ami de Voltaire, qui en énonce le principe, mais n’en tire aucune conséquence pourtransférer son pouvoir à ses sujets, qu’il décide unilatéralement de représenter. Or, même si ce n’est pas dans la tradition des Lumières,  il peut aussi bien exister un providentialisme démocratique, qui parie que la décision que prendra le peuple, ou bien sera conforme aux desseins de la Providence, ou bien mesurera le degré d’adhésion du peuple au plan de Dieu. Dans la mesure où l’islam est une « théocratie égalitaire », il peut être un providentialisme démocratiqu. La démocratie est même mieux faite pour l’islam qu’elle ne le fut pour le christianisme, sur lequel se greffa très facilement la hiérarchie féodale. Si le guide n’avait été fou, la djamaria instaurée par  le colonel Kadhafi en Libye aurait été un idéal de démocratie pyramidale adapté aux sociétés arabes, où les décisions devaient s’acheminer du bas vers le haut puis du haut vers le bas. Il y a certes une dimension personnelle plus marquée dans la civilisation occidentale, ce qui l’ouvre à l’individualisme débridé, mais la parole le dispute à la personne, puisque l’Occident n’est pas seulement la civilisation de l’Incarnation, il est aussi celle du Verbe incarné.

 

En revanche, ce qui différencie profondément islam et christianisme, c’est que l’islam est intrinsèquement violent depuis la geste prophétique, tandis que le christianisme apporte allégoriquement le glaive et le feu sur la terre, mais se méfie de quiconque combat par l’épée, et donc est violent par rencontre et non à l’imitation de son prophète.

 

Jules Monnerot aurait été plus avisé de qualifier le terrorisme révolutionnaire d’islam du XVIIIème siècle et, dès lors, compte tenu des circonstances actuelles, la question se serait posée de savoir si l’islam ne sera pas le terrorisme du XXIème siècle, tant le terrorisme est, même si c’est de façon différenciée, intrinsèquement révolutionnaire et intrinsèquement islamique. Seulement, terroriser mondialement le terrorisme, ou déclarer une guerre mondiale terroriste contre la guérilla terroriste, est inadéquat et inepte.

 

Le procès Merah ou la nouvelle affaire Dreyfus


Chaque siècle aurait-il (depuis l’affaire Callas….) son affaire Dreyfus ? Si on ne devait comparer que ce qui est comparable, on ne comparerait jamais rien.

 

Le procès Merah est un procès par procuration. On juge le frère, qui probablement partage la même idéologie que son terroriste decadet, parce que celui-ci n’a pas été pris vivant. De ce qu’oncroit savoir, le prévenu pourrait être coupable d’avoir donné rendez-vous à la première victime de son puyné, pour une transaction piégée, négociée sur Le bon coin à propos d’un scooter. Mohamed Merah avait-il informé son grand frère qu’il méditait une embuscade tendue à un militaire afin de le tuer ? Le doute doit toujours profiter à l’accusé. Or ici, il faut condamner le prévenu, à n’importe quel prix.

 

Éric Dupont-Moretti est loin de pratiquer la défense de rupture comme Jacques Vergès. Il demande l’acquittement de son client parce que le dossier est vide. Il sort sous les huées des parties civiles. Les juges condamnent à une moins forte peine l’ami d’enfance de Mohamed Merah, Fettah Malki, qui lui a pourtant fourni l’arme et le gilet pare-balles.

 

Le jury est exclusivement composé de juges, soi-disant pour éviter les menaces qui pourraient peser sur un jury populaire. Le Parquet n’est pas content du verdict, et ordonne un nouveau procès. Comme c’est lui qui fait appel, il indique aux juges qui seront désignés pour rendre justice quelle devra être l’inflexion de leur intime conviction.

 

La France est le pays de dreyfus et personne n’y trouve rien à redire. À commencer par les intellectuels qui ont acquis leurs lettres de noblesse dans la défense du capitaine. Aurais-je loupé un épisode ?

 

mardi 17 octobre 2017

Le choix de l'espérance

Dimanche matin, lors d'une messe que j'accompagnais à l'église Saint-Joseph à Mulhouse, le frère Martin racontait cette histoire, liée à l’évangile des noces dont est expulsé, dans la seconde partie de la parabole, l'homme qui a refusé de revêtir le vêtement de noces (la thèse du frère Martin était que nous sommes tous appelés, tous sauvés en espérance, mais que peu sont élus parce que nous ne nous intéressons pas au salut et ne voulons pas porter l'habit de fête) : « Un jour, j’avais parlé du paradis dans une classe de CE2. Le lendemain, une petite fille me montre un dessin qu’elle avait fait : c’était une maison, des fenêtres de laquelle sortaient des notes de musique. Devant la maison, il y avait une petite fille qui lui ressemblait. Je lui demande de m’expliquer son dessin.
- Que symbolise cette maison ?
- Le paradis.
- Et cette petite fille ?
- C’est moi.
- Et pourquoi tu es devant la maison ? Pourquoi tu n’entres pas ?
- C’est encore à moi de décider si j’entre ou si je n’entre pas. »
Conclusion du frère Martin : « Cette petite fille avait tout compris. »
Autrement dit, « Au paradis, il n’y a que des volontaires, tout comme en enfer, il n'y a que des volontaires. »
Mon objection: Quand le Père nous adresse ce commandement tautologique ou redondant: "Choisis la vie pour que tu vives", peut-Il nous dire en quelque sorte, alors que nous ne sommes pas tous égaux devant l'amour de la vie: "On vous forcera d'être libres" ou "on vous forcera d'être heureux", mais vous ne serez pas sauvés malgré vous?
Le poète #JulienBlaine avait forcé mon frère à retirer de son documentaire, "La poésie s'appelle revient", un passage où, au montage, il le tirait dans le sens de la foi, alors qu'il s'y montrait farouchement fermé. Je commentais auprès de mon frère: "Nous autres, chrétiens, avons toujours tendance à vouloir sauver les gens malgré eux". #JulienBlaine a dit à mon frère qu'il avait apprécié mon commentaire. Nous autres, chrétiens, aimons la liberté en théorie, mais non pas le risque qu'elle implique.
Si la fin de la liberté est d'être comme le Christ, totalement "oui et amen", soit dit sans ironie et en citant Saint-Paul, il me semble que, dès lors que l'Evangile nous présente comme seul venant du diable ce qui n'est ni oui, ni non, le non n'est pas diabolique. Or nous ne voulons pas courir le risque de pouvoir dire non, et nous ne comprenons pas que nous puissions le dire. Or ce n'est pas le "non" qui est diabolique, c'est le refus de se prononcer pour ou contre Dieu, c'est d'opter pour "le choix du non choix" (selon la distinction fructueuse de l'abbé de Tanoüarn), au lieu de choisir entre le choix du moi ou le choix de Dieu.
Je traverse une épreuve assez difficile. Souvent, il m'arrive de regretter de ne rien en retirer, comme si la vie ne m'apprenait rien. Mais qui suis-je pour la forcer à m'apprendre quelque chose avant que je ne sois prêt à recevoir sa leçon?
Dieu est infiniment simple, mais le cœur de l'homme est complexe.
Dimanche matin, lors d'une messe que j'accompagnais à l'église Saint-Joseph à Mulhouse, le frère Martin racontait cette histoire, liée à l’évangile des noces dont est expulsé, dans la seconde partie de la parabole, l'homme qui a refusé de revêtir le vêtement de noces (la thèse du frère Martin était que nous sommes tous appelés, tous sauvés en espérance, mais que peu sont élus parce que nous ne nous intéressons pas au salut et ne voulons pas porter l'habit de fête) : « Un jour, j’avais parlé du paradis dans une classe de CE2. Le lendemain, une petite fille me montre un dessin qu’elle avait fait : c’était une maison, des fenêtres de laquelle sortaient des notes de musique. Devant la maison, il y avait une petite fille qui lui ressemblait. Je lui demande de m’expliquer son dessin.
- Que symbolise cette maison ?
- Le paradis.
- Et cette petite fille ?
- C’est moi.
- Et pourquoi tu es devant la maison ? Pourquoi tu n’entres pas ?
- C’est encore à moi de décider si j’entre ou si je n’entre pas. »
Conclusion du frère Martin : « Cette petite fille avait tout compris. »
Autrement dit, « Au paradis, il n’y a que des volontaires, tout comme en enfer, il n'y a que des volontaires. »
Mon objection: Quand le Père nous adresse ce commandement tautologique ou redondant: "Choisis la vie pour que tu vives", peut-Il nous dire en quelque sorte, alors que nous ne sommes pas tous égaux devant l'amour de la vie: "On vous forcera d'être libres" ou "on vous forcera d'être heureux", mais vous ne serez pas sauvés malgré vous?
Le poète #JulienBlaine avait forcé mon frère à retirer de son documentaire, "La poésie s'appelle revient", un passage où, au montage, il le tirait dans le sens de la foi, alors qu'il s'y montrait farouchement fermé. Je commentais auprès de mon frère: "Nous autres, chrétiens, avons toujours tendance à vouloir sauver les gens malgré eux". #JulienBlaine a dit à mon frère qu'il avait apprécié mon commentaire. Nous autres, chrétiens, aimons la liberté en théorie, mais non pas le risque qu'elle implique.
Si la fin de la liberté est d'être comme le Christ, totalement "oui et amen", soit dit sans ironie et en citant Saint-Paul, il me semble que, dès lors que l'Evangile nous présente comme seul venant du diable ce qui n'est ni oui, ni non, le non n'est pas diabolique. Or nous ne voulons pas courir le risque de pouvoir dire non, et nous ne comprenons pas que nous puissions le dire. Or ce n'est pas le "non" qui est diabolique, c'est le refus de se prononcer pour ou contre Dieu, c'est d'opter pour "le choix du non choix" (selon la distinction fructueuse de l'abbé de Tanoüarn), au lieu de choisir entre le choix du moi ou le choix de Dieu.
Je traverse une épreuve assez difficile. Souvent, il m'arrive de regretter de ne rien en retirer, comme si la vie ne m'apprenait rien. Mais qui suis-je pour la forcer à m'apprendre quelque chose avant que je ne sois prêt à recevoir sa leçon?
Dieu est infiniment simple, mais le cœur de l'homme est complexe.

dimanche 27 août 2017

De quelques traits d'amour

Stendhal a écrit tout un traité pour cerner ce que c'est que l'amour. Une fois n'est pas coutume, je serai beaucoup plus concis. Il y a banalement ce qu'en dit Saint-ex:"ne pas se regarder l'un l'autre, mais aller ensemble dans la même direction". Je dis que c'est banal, parce que ça suppose paradoxalement qu'on s'est beaucoup regardés et qu'on "voit la vie de la même manière" (déclaration de JR à Suellen dans Dalas, véridique et à mes yeux très profond). Regarder ensemble dans la même direction ou voir la vie de la même manière suppose qu'on aime son semblable. Je ne crois pas que l'amour puisse être tellement oublieux de soi qu'il se porte vers une altérité radicale. On s'aime toujours un peu dans l'autre, même si idéalement, l'amour leplus achevé est celui qui procède d'un effet d'entraînement, non pas à la manière d'un "amour de tête", comme le même Stendhal caractérise celui de Julien Sorel pour Mathilde de la Mole, mais pour que l'on se déplace d'un point à un autre, pour que l'on change de direction, moins sous la direction de l'autre que dans sa direction. Qu'en est-il de l'amour physique? M'est avis que c'est un transport où le mâle abdique temporairement sa domination en commençant par sublimer le fait que sa partenaire prend plus de place que lui et plus de place qu'il ne faudrait si le monde était équalisé et normé. Il est tellement transporté par les grâces de son amie qu'il en accepte la pesanteur, comme ne dirait pas #SimoneWeil, qui trouverait presque sacrilège ce détour érotique. Le mâle abdique pour un moment d'intimité fascinante en cédant au caprice de sa bien-aimée qu'il regarde comme la petite fille qu'elle était, lui qui, quand il retrouve le petit garçon qu'il était (à ne pas confondre avec son enfant intérieur), n'est qu'un compétiteur, amateur de voitures et de foots. En France, cette abdication temporaire de la domination masculine pour la domination féminine qui décide sur l'oreiller et plus si Madame porte la culotte, porte le nom de galanterie. Mais que la galanterie est trompeuse! Que faisons-nous de nos femmes quand nous remettons notre chapeau en leur montrant que les couronnes dont nous les parons n'étaient que de fleurs? Nous ne protégerons jamais assez nos amoures.

mardi 15 août 2017

Ma plus grande émotion littéraire

Cette semaine, #FranceCulture consacre sa série "Avoir raison avec" à #VirginiaWoolf. L'épisode que la station est rediffuse tandis que j'écris ces lignes en l'écoutant  est consacré à sa passion de l'amitié, de l'intime, de saisir l'autre jusqu'à l'intime et de n'y pas parvenir, comme des "vaisseaux scellés" sans cesse en présence et toujours en mouvement, à son insatiable besoin d'affection, que satisfait partiellement non pas tant la présence de l'autre que la présence de ses mots et des mots qu'on lui envoie.
J'ignorais que Virginia Woolf était une grande épistolière et que la manière dont l'amitié prenait chair dans sa vie était les lettres. Mais son plus grand roman d'amitié, comme l'une des émotions littéraires les plus profondes, sinon la plus profonde de ma vie, m'a été procurée par son roman Les vagues, Waves, l'un des premiers romans chorals et un grand roman d'amitié.
Je ne sais pas ce que pensaient de ce roman les théoriciens du nouveau roman, perdus dans le "psychologisme français", regrettait Sartre, et qui voulaient que le roman s'écarte du roman balzacien pour ne pas "typifier" un personnage, restitue une sous-conversation plus volontiers qu'un dialogue, et dépeigne une atmosphère plutôt qu'il ne raconte une histoire. Tous les personnages des Vagues sont des types humains. Ils ne sont que la quête d'un seul bien spirituel. La quête ne parvient jamais à ses fins, c'est son lot. Qui cherche quelque chose ou se cherche ne se trouve pas, comme le remarquait déjà maître Eckhartt. Le seul moyen de trouver ce qu'on cherche est que notre quête soit intransitive, impersonnelle. Dieu personnifie déjà trop la quête. Or on se cherche, on cherche l'autre, on cherche à devenir quelqu'un, et on ne s'atteint pas plus qu'on n'atteint l'autre. Mais peu importe, on a roulé l'un vers l'autre, dans le flux incessant des vies qui roulent dans la ville. Des vies qui s'engouffrent et se perdent dans le carembolage d'un escalator. Mais la présence des mots de l'autre, qui traduisent la chaleur de sa quête dont nous sommes les témoins, console de tout, même Virginia Woolf qui finit par se suicider, mais  termine sa dernière lettre écrite quelques heures avant à son mari qu'elle aime: "Nous avons été parfaitement heureux. Personne n'aurait pu être meilleur que toi et faire pour moi plus que tu n'as fait. Mais je suis en train de gâcher ta vie et je ne m'en remettrai jamais." Virginia Woolf arrive à la même conclusion que le héros de Fort comme la mort de Maupassant: "Ne perdons pas notre temps à nous demander d'ultimes comptes, Annie, nous nous sommes tant aimés."
Sans y prendre garde, je viens de parler des deux plus beaux romans que j'ai lus, Fort comme la mort et Les vagues. Ce dernieir est un écrin et un trésor mille fois plus inépuisable que tout Proust et sa recherche, tellement surcoté. Les vagues sont le roman de la confusion des présences qui résolvent le problème posé par le besoin d'affection et abolissent la distance métaphysique, qui n'existe pas entre le "moi" et l'autre, qui n'existe pas entre les êtres. Les vagues sont peut-être le seul roman que j'aie envie de relire un jour. Lisez Virginia Woolf, c'est un voyage dont vous ne reviendrez pas et que vous n'oublierez jamais.

lundi 7 août 2017

Migrants, les ONG nous mènent en bateau!

J'ai gueulé comme un con dans ma cuisine quand le président de #MSF (qui s'appelle Mégot -Bon, son prénom est un homonyme de cette dysorthographie du déchet de la cigarette-, et,  avec un prénom comme celui-là, il dépend plus onomastiquement du lobby du tabac que de celui des passeurs, surtout qu'il vient d'Italie et doit être lié à ses mafias d'une manière ou d'une autre -), expliquait doctement sur #Franceinfo (dans #LesInformés) qu'"on" leur avait interdit d'intervenir en Libye. Qui était ce "on?" D'un coup d'un seul, la Commission européenne, soupçonnée de connivence avec les passeurs dont elle n'a jamais incarcéré un seul de ces criminels, a refilé le bébé aux ONG. Donc le "on", c'est la Commission européenne, ce sont ces traficants humains, c'est une des raisons qui m'a fait voter Marine sans racisme. Je l'assume et je le développe.
Notre démographie fait que nous vieillissons et que le "continent noir" réalise le rajeunissement de la planète, qui est plus certain que son "[sauvetage]" éventuel, nécessité par l'hypothétique "réchauffement climatique" (nouvelle lune et résurgence de la "royauté primitive" des hommes préhistoriques, chez des politiques qui ne voient jamais la première crise venir, mais seraient censés être visionnaires à l'horizon d'un siècle, ce que n'a jamais prétendu la moindre prophétie!), et a fortiori que la migration affolée des "réfugiés [climatiques]" (sic)....)
Il appartient à chaque pays d'organiser ce solde migratoire ou le renouvellement, donc le "#grandRemplacement" de sa population, n'en déplaise à @RenaudCamus, mon honorable correspondant et accessoirement plus grand écrivain que je ne suis petit commentateur: cet étrange ami d'#AlainFinkielkraut, récidiviste dans l'antisémitisme, outrageusement fasciné par #AdolfHitler, esquive cette fascination en paraissant penser que le renoncement à la civilisation consiste dans l'omnivorence de la substituabilité. -Pourquoi ce tabou référentielvient-il occuper le champ de la pensée de l'écrivain-?
Or, ce qui est objectivement insupportable, c'est l'#AnarchieMigratoire, et qu'une administration gouvernementale fasse croire que des migrants, -y compris des ressortissants de l'Afrique de l'Ouest, sans téléphone arabe-,aient, d'eux-mêmes, l'idée que la plus sûre manière de fuir la pauvreté ou la guerre, soit d'aller dans un pays dont ils ne connaissent rien, ni les coutumes, ni la langue, soit d'apprendre une langue dont l'orthographe et la grammaire sont une barbarie pour les meilleurs élèves, et de faire valoir une qualification dont dépend nécessairement la validation des acquis par  l'Université et DONC l'usage de ladite langue barbare des "civilisés", alors qu'on nous explique, pour nous faire accueillir -ou "assimiler"- ces migrants, qu'ils sont les plus qualifiés de leur pays. L'"immigration choisie", cette ordure idéologique inventée par #Sarkozy, devrait pousser la patrie de cette élite de fuyards, à avoir honte de déserter,  mais ce pillage par les pays riches des meilleurs esprits des pays en voie de développement est invisible aux tiers-mondistes. Car les mêmes, à la tête de l'école dans leurs Etats, ont délaissé l'orientation et sont en désherrance des ressources humaines dont ils auraient un criant besoin, l'Education nationale ne voulant plus former ni médecins, ni manœuvres.
J'ai dîné la semaine dernière, avec une amie, dans un restaurant tenu par un autre de mes amis, chrétiens d'Irak, qui m'invitait à y venir depuis des année. (Il nous a tout offert. Si j'avais su, j'aurais moins bu, et me serais moins dissolu....). Victor a passé huit ans dans les geôles iraniennes (entre 1980 et 1988), pendant la guerre Iran-Irak, en tant que soldat irakien. Puis la guerre du golfe, surnommée par les maquignons Etats-uniens "#TempêteDuDésert"", manifestation la plus éclatante d'un néo-colonialisme ayant changé de paradigme comme l'a démontré #AntoineSfeir en termes très mesurés, est survenue et a fait qu'une persécution latente des chrétiens en Irak s'est précisée dans l'abjuration parjure de Daech, d'avoir à se soumettre ou à se démettre.
Mon ami #VictorSabriDaziza (j'espère ne pas écorcher l'orthographe de son nom, mais je suis fier de le connaître),  est parvenu à trouver refuge en France. Il a travaillé pendant dix ans à Paris tout en habitant à Mulhouse, pour faire vivre les siens. Je l'ai rencontré quand s'est commis l'attentat dans la cathédrale de Bagdad, à la Noëlle de je ne sais plus quelle année, ce devait être en 2009 ou 2010, il connaissait au moins un tiers des victimes, et il se plaignait qu'à l'époque, personne ne s'intéressait à son témoignage. Le mur du silence ne se fissura pas lorsque l'archevêque de Bagdad, en visite en France, nous avertit que ce qui survenait là-bas allait immanquablement nous arriver ici. Cela ne rencontra aucun écho dans les paroisses, pas plus que n'a aujourd'hui audience l'association de #BernardAntony, "Chrétienté solidarité", qui est à la droite qui ne se sait pas radicale ce que l'ACAT (Association chrétienne pour l'abolition de la torture) est à la gauche, qui ne sait pas qu'elle est neutre et sociale libérale. L'Église d'Occident n'a commencé à s'intéresser aux chrétiens d'Orient que du jour où le pape François s'est inquiété de leur sort, au risque de provoquer une nouvelle coalition mondiale contre le terrorisme de l'État sirien, et en ne ramenant, comme par omission, en provoquant le scandale du monde entier, que des migrants siriens persécutés de confession musulmane, en dépit de "la béatitude des persécutés à cause de Moi" prononcée par le Christ, que je n'ai jamais comprise, et qui me paraît le comble sinon le fondement de la paranoïa politique.
Mon hôte Victor a fait venir tous ceux qu'il pouvait de sa famille. Ils sont venus par avion et non par bateau. Il a saigné son porte-feuille pour aller les chercher à Roissy-Charles de Gaulle. J'ai l'habitude de dire et de penser que les miséreux qui nous arrivent par bateau nous importent la misère, et que les migrants qui naturellement voyagent par avion nous apportent de la richesse. #JeanFerré que j'aimais beaucoup et que je connaissais était plus radidcal que moi. Il disait: "Nous exportons des cerveaux" (tous ces Français les mieux qualifiés qui partent à l'ombre fiscale de Londres, avec la bénédiction d'@EmmanuelMacron qui rêve de les voir devenir milliardaires -devenir et non revenir-), pendant qu'un million d'élèves sortent (tant pis pour la sylepse!) par an (les chiffres sont variables) sans qualification de l'Education nationale : "Nous exportons des cerveaux et nous importons des estomacs", disait feu M. #JeanFerré. Qui m'aime me contredise!

mercredi 19 juillet 2017

Annick de Souzenelle en question

Annick de Souzenelle fait trop de cas des lois ontologiques, et on ne voit pas bien quelle est la place de la foi dans son œuvre. Elle émet l’hypothèse qu’une seconde information nous est transmise à partir du septième mois, qui permet l’accouchement de l’âme et fait que la seconde naissance est une réalité que n’aperçoit pas Nicodème, quand il ironise sur l’impossibilité de sortir une seconde fois du ventre de sa mère. Comment, nous qui devons enfanter le fils, pouvons-nous devenir des fils de l’Homme en n’’étant plus des fils de la femme,c’est-à-dire en nous détachant, en nous désaffiliant ? Je l’approuve entièrement quand elle dit que l’anthropologie chrétienne, héritée des Pères de l’Église, est à l’état larvaire, et que les clercs feraient bien de s’en préoccuper, en scrutant les Écritures avec la subtilité rabbinique pour dégager des chemins de vie, chemins d’accomplissement personnels qui ne sont pas linéaires, et nous sortent de l’illusion de progrès permanent qui résulterait de la connaissance que nous aurions de nous-mêmes. Je ne crois pas davantage au processus de mort et de résurrection continue que l’homme accomplirait de mutation en mutation. Je préfère l’idée de Madeleine Delbrel selon laquelle « tu mourras de morts ». Tu ressusciteras une seule fois d’être tellement mort à toi-même que tu dois mourir aussi aux dons de dieu. La loi de la Création, c’est que Dieu nous donne tout, non pas pour le reprendre,mais pour que nous lui redonnions tout, sans quoi notre vie ne peut pas avoir de fécondité. On ne vit qu’une fois, notre vie est une apoptose, en vue de ressusciter une seule fois aussi, bien que les germes de la Résurrection soient préfigurés par les guérisons que nous devons désirer désirer pour apprendre à aimer moins la vie que la Résurrection. Comme le dit l’abbé de Tanoüarn, « la vie est de toute façon un calvaire, mais c’est la résurrection si je veux ».
Je regrette qu’Annick de Souzenelle substitue systématiquement le terme de « mutation » à celui de « mort ». Si l’homme est un mutant, je ne vois pas ce qui lui interdit d’être un apprenti sorcier. Dès lors, la lecture que la théologienne fait du livre de Job me paraît pour une fois ne pas accepter la radicalité du texte et de l’expérience du malheur. J’entends parfaitement le cri de la femme de Job en face de l’agonie si pénible de celui qu’elle aime : « Maudis Dieu et meurs ! »L’euthanasie est sans doute une compassion qui doit se retourner pour prendre la mesure de l’épreuve et du rôle de la souffrance, mais ce n’en est pas moins de la compassion à l’état naturel. Annick de Souzenelle retourne la proposition de l’isha de Job en : « Bénis Dieu et mute ». C’est aller vite en besogne en ignorant le processus qui doit se métaboliser, non pas tant  dans la mutation que dans la conversion. Quel peut être le but de la thérapeutique d’Annick de Souzenelle ?
Annick de Souzenelle fait trop de cas des lois ontologiques, et on ne voit pas bien quelle est la place de la foi dans son œuvre. Elle émet l’hypothèse qu’une seconde information nous est transmise à partir du septième mois, qui permet l’accouchement de l’âme et fait que la seconde naissance est une réalité que n’aperçoit pas Nicodème, quand il ironise sur l’impossibilité de sortir une seconde fois du ventre de sa mère. Comment, nous qui devons enfanter le fils, pouvons-nous devenir des fils de l’Homme en n’’étant plus des fils de la femme,c’est-à-dire en nous détachant, en nous désaffiliant ? Je l’approuve entièrement quand elle dit que l’anthropologie chrétienne, héritée des Pères de l’Église, est à l’état larvaire, et que les clercs feraient bien de s’en préoccuper, en scrutant les Écritures avec la subtilité rabbinique pour dégager des chemins de vie, chemins d’accomplissement personnels qui ne sont pas linéaires, et nous sortent de l’illusion de progrès permanent qui résulterait de la connaissance que nous aurions de nous-mêmes. Je ne crois pas davantage au processus de mort et de résurrection continue que l’homme accomplirait de mutation en mutation. Je préfère l’idée de Madeleine Delbrel selon laquelle « tu mourras de morts ». Tu ressusciteras une seule fois d’être tellement mort à toi-même que tu dois mourir aussi aux dons de dieu. La loi de la Création, c’est que Dieu nous donne tout, non pas pour le reprendre,mais pour que nous lui redonnions tout, sans quoi notre vie ne peut pas avoir de fécondité. On ne vit qu’une fois, notre vie est une apoptose, en vue de ressusciter une seule fois aussi, bien que les germes de la Résurrection soient préfigurés par les guérisons que nous devons désirer désirer pour apprendre à aimer moins la vie que la Résurrection. Comme le dit l’abbé de Tanoüarn, « la vie est de toute façon un calvaire, mais c’est la résurrection si je veux ».
Je regrette qu’Annick de Souzenelle substitue systématiquement le terme de « mutation » à celui de « mort ». Si l’homme est un mutant, je ne vois pas ce qui lui interdit d’être un apprenti sorcier. Dès lors, la lecture que la théologienne fait du livre de Job me paraît pour une fois ne pas accepter la radicalité du texte et de l’expérience du malheur. J’entends parfaitement le cri de la femme de Job en face de l’agonie si pénible de celui qu’elle aime : « Maudis Dieu et meurs ! »L’euthanasie est sans doute une compassion qui doit se retourner pour prendre la mesure de l’épreuve et du rôle de la souffrance, mais ce n’en est pas moins de la compassion à l’état naturel. Annick de Souzenelle retourne la proposition de l’isha de Job en : « Bénis Dieu et mute ». C’est aller vite en besogne en ignorant le processus qui doit se métaboliser, non pas tant  dans la mutation que dans la conversion. Quel peut être le but de la thérapeutique d’Annick de Souzenelle ?

L'échec scolaire de l'Éducation nationale

L'Éducation nationale est en échec retentissant. En échec scolaire. Il ne suffit pas que 160000 élèves (on n'est pas sûr du chiffre exact) sortent chaque année de l'école sans aucune qualification. 80000 bacheliers ne trouvent pas non plus de faculté où poursuivre leurs études. L'orientation est si mal faite que le choix d'une carrière obéit au tirage au sort sans que l'école y trouve à redire. Elle préfère par idéologie perpétuer la démagogie du "baccalauréat pour tous" au risque de mettre ses élèves en échec, plutôt que de tirer les conséquences du fait que la filière la plus demandée est celle des métiers de l'éducation physique et sportive. Pas question que les élèves se dépensent ni n'entrent en apprentissage.
L'école ne forme que les classes moyennes. Elle ne forme ni de médecins ni de manœuvres, comme si un pays avait besoin de plus d'agents du secteur tertiaire et de littéraires que de chercheurs ou de producteurs. L'orientation est faite en fonction du désir de  l'élève auquel elle ne donne pas satisfaction, et sans corrélation avec les débouchés probables ou les besoins de la nation.

jeudi 22 juin 2017

L’EUROPE NÉO-PAÿENNE DES LUMIERES IMAGINAIRES DE MACRON


Mon analyse à chaud de la première interview d’Emmanuel Macron à la presse européenne dont « le Figaro » que l’on peut lire ici :

 

 

http://premium.lefigaro.fr/international/2017/06/21/01003-20170621ARTFIG00333-emmanuel-macron-l-europe-n-est-pas-un-supermarche.php

 

«[« Les démocraties occidentales] se sont construites au XVIIIe siècle sur un équilibre inédit entre la défense des libertés individuelles, la démocratie politique et la mise en place des économies de marché. » Cela fait deux éléments de progrès individuel contre un seul élément d’intérêt général.

« Un cycle vertueux a permis aux libertés individuelles d'être reconnues, au progrès social de se développer et aux classes moyennes d'avoir une perspective de progrès. » Le progrès social devrait-il s’arrêter aux classes moyennes ?

 

« Le doute ne s’est pas installé » depuis « la fin des trente glorieuses » : le modèle social des pays occidentaux a continué de progresser après le premier choc pétrolier, les années 70 et, en France, les « années Giscard », ont été des années fastes ; le doute s’est installé depuis le début des années 80, c’est-à-dire, en Fance, les années Mitterrand, qui ont correspondu à la première résurgence de la gauche molletiste, reagano-castriste (Mitterrand était castriste par sa femme et reaganien par lui-même comme Marguerite Duras….), et précurseur de la gauche néoconservatrice.

 

« Les démocraties illibérales » forment un néologisme qu’il fallaitinventer.

 

« Des Etats-Unis d’Amérique qui se retirent en partie du monde » font peur au vieux monde, qui se demande qui pour le gendarmer.

 

L’instabilité du monde proviendrait à la fois « des inégalités profondes engendrées par l'ordre mondial », « du terrorisme islamiste » et de la météo, « le déséquilibre du climat » : il ne fait pas toujours beau… « Car tout est lié », ajoute Macron. On ne peut pas vouloir lutter efficacement contre le terrorisme et ne pas s'engager pour le climat. »

»

Or le terrorisme islamiste ne prospère-t-il pas sur le terrain des « inégalités générées par l’ordre mondial » ? Et la politique peut-elle faire la pluie et le beau temps comme en celui de la royauté primitive ?

 

« Le leadership français » ne consistera pas, si son évidence culturelle s’impose à nouveau, à défendre la grandeur de la France, ce serait « [bomber] le torse », la présidence macronienne n’est pas gaulienne ; il consistera à défendre les valeurs de l’Europe ou le bien commun mondial tel que perçu par le « vieux monde » déserté par les États-Unis.

Le « leadership français » est donc un néoconservatisme désaméricanisé, car « Les États-Unis d'Amérique aiment autant que nous la liberté. Mais ils n'ont pas notre goût pour la justice. » Les Etats-Unis désobamisés laisseraient le champ libre à un Macron, porte-parole européen du vieux monde, et qui n’aurait pas les « frayeurs de gazelle » d’un Hollande abandonné par Obama, si la France devait « frapper seule » une Sirie qui aurait franchi ses « lignes rouge », un peu comme Trump fait des frappes à un coup.

Sans assumer le mot, Macron se pose en néo-conservateur des Lumières, qui regrette la « forme de néoconservatisme importée en France depuis dix ans », admet que la démocratie ne s’exporte pas à la serpe, hérite volontiers de l’abstention chiraco-villepiniste de la France dans la seconde guerre d’Irak, renie la guerre de Libye, mais ne se prononce pas sur la première guerre du golfe, péché originel de ce qui est devenu le gouvernement mondial de l’antiterrorisme auquel Macron ne veut pas renoncer : « Le président réaffirme que la lutte contre le terrorisme islamiste est sa priorité absolue «, commente « le Figaro ». « Ce sont eux nos ennemis» complète le Président.

 

« Les réformes fondamentales qui sont indispensables pourla France » le sont selon une analyse financière partagée par la Commission européenne. Le nivellement de la zone euro par la déréglementation et la précarisation n’a rien d’écrit dans les étoiles. Normalement, la stabilité devrait être la règle et la mobilité ou la flexibilité l’exception. Macron est convaincu du contraire et incarne cette conviction jusqu’à l’extrême au service d’une ambition individuelle purement économique : que les « jeunes » rêvent d’être « milliardaires » !

 

Le Président veut pousser l’union du « couple franco-allemand » jusqu’à ne jamais se rendre à un « conseil européen » sans avoir négocié « une position commune » avec son vis-à-vis d’outre-Rhin. Or l’union carolingienne est contraire au désaccord millénaire entre la romanité ou la latinité et la germanité qui aspire de tout temps à la remplacer. La France et l’Angleterre sont des frères ennemis qui ont pu se faire une guerre de cent ans pour une querelle de légitimité sur un même royaume, dont le général de Gaulle et Jean Monnet ont bien failli accepter qu’il soit  réuni en 1940 sous une même couronne, ce qui serait arrivé si Paul Reynaud n’avait brisé là. Le saint Empire romain-germanique a effacé l’Empire romain. L’Allemagne est aussi féodale et régionale que la France est stato-nationale. « L'Allemagne va dépenser plus que la France en matière de défense dans les années à venir. Qui l'eût cru? », s’étonne Macron.  La nouvelle Allemagne de Weimar humiliée jusque dans sa réunification ne se redresse plus par la remilitarisation de la Rhénanie, mais elle entend jouer un rôle actif dans le régentement du monde, sous couvert d’une Europe plus centrale que littorale. Or Macron accepte de déplacer son centre de gravité des évasions maritimes vers l’Est de l’Europe.

 

« La clé pour repartir est » certes « une Europe qui protège », mais plus dans le sens du protectionnisme européen que de la protection des frontières, surtout si l’on ne touche pas à Schengen et qu’on limite le contrôle aux frontières à celles qui sont extérieures à l’Union européenne. Or Emmanuel Macron inverse l’ordre des priorités. Certes, le partiel abandon de l’OTAN par les États-Unis tel qu’il est à prévoir offre une fenêtre d’opportunité pour une Europe de la défense et de la sécurité commune, qui aurait dû précéder le marché commun. Mais ce n’est qu’une fenêtre d’opportunité. Sans la préférence communautaire, cette protection extérieure est presque vaine, et le combat imprécis contre le travail détaché n’empêchera pas les délocalisations. La construction et l’attachement à l’Europe ne sont pas que l’affaire des classes moyennes, ils lancent une sourde demande de proximité que n’entendent pas ceux qui ne jurent que par le numérique et par la transformation des techniciens et vendeurs en conseillers de clientèle.

 

2 % du budget consacré à la défense à horizon 2025 contre combien aujourd’hui aux États-Unis ?

 

Si « l’[accélération] des délais d’instruction des demandes d’asile » en France était la solution miracle au problème des migrants ou à celui des réfugiés, la promesse faite par Jacques Chirac en 1995 de les réduire à trois mois aurait été tenue. Or pendant les » deux ans » que prend en moyenne l’instruction de ces demande avec ses recours, on ne « tisse » pas seulement « des liens familiaux », on est placé dans l’économie informelle par l’interdiction qui est faite par la France aux demandeurs d’asile de travailler, interdiction qui est à l’origine de l’attraction des migrants pour le Royaume uni, où ils ne sont pas obligés de vivre dans la clandestinité. Reconduira-t-on dans leurs pays les déboutés du droit d’asile, et comment, sans toucher à Schengen, «[ remédiera-t-on] à la situation ubuesque que l'on observe avec les «dublinés», ces personnes qui passent d'un pays à l'autre en espérant enfin obtenir l'asile » ?

Pourquoi enfin l’Europe a-t-elle l’air de considérer comme naturel que l’exode de ceux qui fuient la guerre se fasse si loin de tout espoir de revenir à la maison ? N’est-elle pas suspecte d’entretenir les trafics humains qui amplifient les phénomènes migratoires en ne punissant jamais les passeurs ? En quoi d’autre consiste la lutte « contre les dérives mafieuses » ?

 

Macron est le premier dirigeant français à ne pas rougir d’être qualifié de « populiste » s’il n’est pas démagogique et ne prend pas ses concitoyens pour des gens sans intelligence, mais aussi à condition de ne pas parler au peuple français, mais au « peuple européen « , ce qui serait le « combat de civilisation » selon lui. Or a-t-on jamais vu de « peuple européen » ailleurs que dans « l’imaginaire », dont Macron dénonce la crise, des néo-païens qui barbarisent l’Europe en la germanisant ou e la gothisant, c’est-à-dire en convertissant son nihilisme en un « Goth binn ich » ? Car on peut parier que Macron ne veut résorber la crise de l’imaginaire européen que comme il croit que Vladimir Poutine veut « restaurer l’imaginaire russe ». La « politique civilisationnelle » n’est à bâtir qu’à seul fin de lutter contre le terrorisme.

C’est un peu faible.

lundi 22 mai 2017

La guerre et l'associationnisme

Le moyen-âge et la Révolution sous les auspices du dieu verbe selon #Jules Michelet :
« Le moyen âge promit l'union, et ne donna que la guerre. » [La Révolution nous donna l’association, dans sa forme « qui, seule encore, peut nous réunir, et par nous, sauver le monde. » (La France n'a jamais douté de rien, et encore moins de sa vocation universelle).
Or il convient de peser  ce jugement de Michelet à l'aulne de l'histoire et de l'actualité. La Révolution n'a elle aussi donné que la guerre en promettant l'union, et elle n'a pas attendu longtemps. Elle a purgé le pays par la Terreur et a prétendu se répandre par le prosélitisme guerrier napoléonien. Elle s'est répandue en pillant et en s'emparant, car la révolution était bourgeoise et défendait, outre la liberté, le droit sacré de la propriété privée.
Les historiens contre-révolutionnaires prétendent que la révolution s'est imposée comme le modèle de toutes les guerres mondiales qui ont suivi. Je ne me sens pas qualifié pour discuter ce jugement historique. Mais c'est assurément vrai du présent, où les démocraties s'investissent de la mission de répandre le bon gouvernement par la guerre à ceux qui n'en veulent pas.
L’association, cet héritage révolutionnaire, s'est donc révélée être une ligue pour faire la guerre au reste du monde. Mais l'association divise encore la République de trois manières: elle divise l'intérêt général en conflit d'intérêts catégoriels; elle divise les causes mêmes que les associations défendent en autant de stratégies pour les faire avancer qu'il y a de scission entre elles; enfin, elles promeuvent des potentats qui se font élire présidents d'association parce qu'ils ne sont pas présidents de la République.
L'association, c'est la division et la révolution, c'est la guerre.
La Révolution a un point commun avec l'escroquerie socialist. Le socialisme fait presque toujours, sous couleur de bienveillance,le contraire de  ce qu'il promet.  Pour s'en convaincre, il suffit de dresser le bilan du mitterrandisme.
Ce président issu de Vichy et de la  répression algérienne, qui a exécuté à tour de bras et sans regret avant d'abolir la peine de mort, avait promis d'être #Salvador Allende, il est devenu le vassal de #Ronald Reagan; sous son premier mandat, la France est devenue atlantiste comme jamais et a consommé cet atlantisme, non seulement  en participant à la première guerre du golfe, mais en laissant #Bernard Kouchner au sac de riz se poser au nom de la France en ambassadeur de l'ingérance, moyennant quoi notre pays a assumé moralement la paternité du néo-conservatismeaméricain. Avec #Helmut Kohl, #François Mitterrand a construit une Europe atlantiste allemande, bien qu'à la chute du mur de Berlin, il ait émis des réserves sur l'opportunité de la réunification allemande, c'est-à-dire qu'il prétendait rien de moins qu'empêcher un pays de retrouver ses liens naturels.
Sur le plan intérieur, le président du "raser gratis" est devenu celui du tournant de la rigueur. Le président des nationalisations est devenu celui des privatisations. Le président des radios libres est devenu celui des télés privées. (Il concède la franchise de "Canal+" à un ami personnel, #André Rousselet,  bien connu pour son exploitation des taxis parisiens. Et il concède la franchise de "la 5" à #Sylvio Berlusconis,affairiste italien dont Mitterrand viendra nous vendre les mérites à la télévision française, et qui a dirigé, quelques années plus tard, dans son pays, une coalition  avec les néo-fascistes
dénoncée par les intellectuels de gauche, qui ont toujours les yeux de Chimène pour Mitterrand, de même que les fils de déportés, qui ne voient pas malice à faire trente ans plus tard l'éloge d'un président qui demanda et obtint la francisque. C'est que ce Président a immobilisé la politique française en la rendant esclave de l'antiracisme, mais surtout en créant le front national, qui est une machine à perdre et à éliminer les adversaires de "la pensée unique" ou des sortants.
#Hollande a agi en émule de son mentor. L'ennemi de la finance a porté un financier au pouvoir, au terme d'une succession très bien organisée. Le social démocrate est devenu un social libéral. Et le pacifiste s'est donné corps et âme, en néo-mollettiste, non seulement  à des guerres néo-coloniales qu'il annonçait subliminalement par la symbolique de son hommage inaugural à Jules Ferry (il est toutefois faux de dire que le colonialisme est issu de la gauche, car Louis-Philippe n'était pas socialiste...), mais encore à la guerre contre le terrorisme dont son premier ministre #Manuel Valls s'est fait le champion dès le lendemain des attentats contre "Charlie hebdo". Il s'agissait, une fois de plus, par respect des droits de l'homme, de livrer une guerre implacable et barbare à l'obscurantisme, sous prétexte de défendre le droit à la dérision des railleurs, blasphémateurs du sacré des autres. #Hollande et #Valls, ces héritiers de #Mitterrand, ont gouverné par le deuil national, en continuateurs de #George W Bush.
Pour l'avenir, on nous promet moins le gouvernement mondial que l'association mondiale. L'association est un héritage de la Révolution. Or l'associationnisme, c'est la guerre à fragmentation et effet immédiat. Est-ce à dire qu'il faut en revenir au médiévisme des fondamentalismes religieux? Bien sûr que non. Mais on ne lutte contre les médiévismes religieux que par la persuasion, et non pas en ajoutant la barbarie à la barbarie.

samedi 20 mai 2017

Pourquoi n'arrive-t-il jamais de miracle aux autistes ou au schizophrènes!


Ma réponse à cette question de Balbula intitulée « Miracle et santé mentale » et disponible ici :

 

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=827770

 

   1. La question de balbula est profonde et mérite qu'on y apporte des réponses circonstanciées et nuancées.

 

 

        a) Je discutais cet après-midi avec un animateur pastoral qui éprouve des difficultés à travailler avec des animateurs pastoraux appartenant au chemin néo-catéchuménal.

 

 

Voici en quelques mots la teneur de cette discussion, dans la mesure où elle a rapport au sujet qui nous occupe.

 

Lui: "Ce qui me gêne avec le chemin néo-cath, c'est qu'il détourne des gens de la mission du plein Evangile pour faire la même chosequ’eux."

 

Moi: "Mais je suis admiratif de ce que fait la mission du plein Evangile. L'Église doit croire au miracle."

 

Lui: "Sans doute. Moi-même, à titre professionnel, j'ai observé une femme guérie d'un cancer généralisé à qui cette Eglise avait imposé les mains, et je ne suis pas suspect de les approuver. Mais je n’ai pu que constater cette guérison. Ce qui me dérange, c'est qu'aussi bien le néo-cath que le plein Évangile leur font payer l'addition, non pas en espèces sonnantes et trébuchantes, mais en se les inféodant. Ils doivent répandre la Parole avec eux, être brandis comme des trophées de ce que le Seigneur a fait pour eux."

 

Moi: "Ces groupes demandent seulement à leurs miraculés d'être conséquents, et d'être reconnaissants pour le miracle dont ils ont bénéficié. Ils leur demandent de ne pas être comme les neuf lépreux qui ont profité de leur santé retrouvée pour reprendre leur vie."

 

Lui: "Seulement c'est à chacun d'être conséquent pour soi-même. Nulle communauté spirituelle ne doit faire à son adepte un chantage à la conséquence."

 

 

 

    b) Pour l'instant, Balbula, j'ai tourné autour de votre question.

 

Elle démontre que la guérison spectaculaire met en jeu la force spirituelle d'agir sur son propre corps ou de somatiser, chez celui qui reçoit la Grâce d'un miracle. D'où les objections que certains font aux pentecôtistes, aux charismatiques et à ceux qui, plus généralement, disent que les charismes par lesquels le Seigneur nous montre Sa Puissance ne sont pas éteints: ils agissent sur des personnes fragiles, susceptibles d'autosuggestion ou d'effet placebo. Un autiste ou un trisomique sont inaccessibles à l’effet placebo, donc aucun miracle ne leur arrive jamais.

 

Différent es tle cas de la schizophrénie:

 

-La schizophrénie est très souvent réactionnelle. Or ceux qui la soignent condamnent leurs malades à l'être à vie, au lieu de reconnaître qu'ils ont des phases de schizophrénie et souvent des phases de rémission. Certains pourraient même arrêter de prendre leur traitement comme ils le souhaitent, dès lors qu'ils ne traversent pas une phase aiguë de schizophrénie, la rémission pouvant durer des années quelquefois, et la maladie n'étant réveillée que par un nouveau traumatisme.

 

-Il en va de même de la schizophrénie qui résulte de la prise de drogue. Les toxicomanes qui ont la grâce de "décrocher" vivent constamment au bord d'un gouffre métaphysique et, après le saut dans l'inconnu qu'a été la désintoxication, vivent au-dessus du vide. Le miracle consiste, nous dit-on, à ce que la liberté retrouvée en dieu vienne combler le vide spirituel.

 

Je ne sais pas pour les psychopathes ou les pervers narcissiques, ces derniers entrant dans une catégorie pathologique récemment mis au jour et sur laquelle on fait peser une opprobre sociale, proportionnelle à la souffrance qu'ils infligent. Je suppose que dieu leur oppose des critères de conversion qui ne sont pas les mêmes que les critères visibles de guérison normalement requis pour en attester.

 

 

    2. Plus généralement, votre question demande d'évaluer à nouveaux frais le sens de la conversion et celui de la guérison.

 

 

        a) Pour la conversion, l'évaluation me paraît très simple: l'homme ne peut pas la mesurer, et les critères n'en appartiennent qu'à dieu.

 

Il convient de se mettre d'accord sur ce point: la conversion est un changement de vie ou un changement de cœur, elle 'nest pas un changement de caractère. Personnellement, je crois avoir vu (très peu ) [de] gens se convertir, je n'en ai jamais vu changer.

 

 

      b) Souvent, je me suis demandé pourquoi on accordait une telle importance à la guérison, aussi bien dans l'Evangile que dans l'Eglise. Il m'arrivait même d'ironiser: "C'est comme si l'on prétendait mourir guéri."

 

Eh bien je ne croyais pas si bien dire. Je m'en rendis compte en lisant cet échange Facebook sur la page de l'abbé de Tanoüarn. L'abbé y répondait à quelqu'un qui soulevait sensiblement la même objection que moi: "La vie, c'est de toute façon un calvaire, et c'est la résurrection si je veux."

 

Autrement dit, il ne m'appartient pas tant de vouloir guérir, que la guérison n'est un signe de la résurrection.

 

Nous ne mourrons pas guéris, la plupart d'entre nous mourront à l'agonie, mais la Résurrection sera notre guérison définitive.

 

Et comme il s'agit, dès ici-bas, de vivre en ressuscité, il faut rechercher la guérison comme un indice de résurrection.

 

 

    3. Enfin, cette remarque pour dame Glycéra: les anges ne sont pas pervers, ce sont des agents de perversion. S'ils étaient pervers, ils n'auraient pas le choix, car on ne choisit pas d'être pervers. La perversion, dans ce qu'elle a de plus détraqué dans l'obstination, est une maladie de l'âme. Mais les anges ne souffrent d'aucune maladie nie d'aucune altérration du choix. Donc les anges déchus rendent pervers, ils ne sont pas pervers.

Ma réponse à cette question de Balbula intitulée « Miracle et santé mentale » et disponible ici :

 

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=827770

 

   1. La question de balbula est profonde et mérite qu'on y apporte des réponses circonstanciées et nuancées.

 

 

        a) Je discutais cet après-midi avec un animateur pastoral qui éprouve des difficultés à travailler avec des animateurs pastoraux appartenant au chemin néo-catéchuménal.

 

 

Voici en quelques mots la teneur de cette discussion, dans la mesure où elle a rapport au sujet qui nous occupe.

 

Lui: "Ce qui me gêne avec le chemin néo-cath, c'est qu'il détourne des gens de la mission du plein Evangile pour faire la même chosequ’eux."

 

Moi: "Mais je suis admiratif de ce que fait la mission du plein Evangile. L'Église doit croire au miracle."

 

Lui: "Sans doute. Moi-même, à titre professionnel, j'ai observé une femme guérie d'un cancer généralisé à qui cette Eglise avait imposé les mains, et je ne suis pas suspect de les approuver. Mais je n’ai pu que constater cette guérison. Ce qui me dérange, c'est qu'aussi bien le néo-cath que le plein Évangile leur font payer l'addition, non pas en espèces sonnantes et trébuchantes, mais en se les inféodant. Ils doivent répandre la Parole avec eux, être brandis comme des trophées de ce que le Seigneur a fait pour eux."

 

Moi: "Ces groupes demandent seulement à leurs miraculés d'être conséquents, et d'être reconnaissants pour le miracle dont ils ont bénéficié. Ils leur demandent de ne pas être comme les neuf lépreux qui ont profité de leur santé retrouvée pour reprendre leur vie."

 

Lui: "Seulement c'est à chacun d'être conséquent pour soi-même. Nulle communauté spirituelle ne doit faire à son adepte un chantage à la conséquence."

 

 

 

    b) Pour l'instant, Balbula, j'ai tourné autour de votre question.

 

Elle démontre que la guérison spectaculaire met en jeu la force spirituelle d'agir sur son propre corps ou de somatiser, chez celui qui reçoit la Grâce d'un miracle. D'où les objections que certains font aux pentecôtistes, aux charismatiques et à ceux qui, plus généralement, disent que les charismes par lesquels le Seigneur nous montre Sa Puissance ne sont pas éteints: ils agissent sur des personnes fragiles, susceptibles d'autosuggestion ou d'effet placebo. Un autiste ou un trisomique sont inaccessibles à l’effet placebo, donc aucun miracle ne leur arrive jamais.

 

Différent es tle cas de la schizophrénie:

 

-La schizophrénie est très souvent réactionnelle. Or ceux qui la soignent condamnent leurs malades à l'être à vie, au lieu de reconnaître qu'ils ont des phases de schizophrénie et souvent des phases de rémission. Certains pourraient même arrêter de prendre leur traitement comme ils le souhaitent, dès lors qu'ils ne traversent pas une phase aiguë de schizophrénie, la rémission pouvant durer des années quelquefois, et la maladie n'étant réveillée que par un nouveau traumatisme.

 

-Il en va de même de la schizophrénie qui résulte de la prise de drogue. Les toxicomanes qui ont la grâce de "décrocher" vivent constamment au bord d'un gouffre métaphysique et, après le saut dans l'inconnu qu'a été la désintoxication, vivent au-dessus du vide. Le miracle consiste, nous dit-on, à ce que la liberté retrouvée en dieu vienne combler le vide spirituel.

 

Je ne sais pas pour les psychopathes ou les pervers narcissiques, ces derniers entrant dans une catégorie pathologique récemment mis au jour et sur laquelle on fait peser une opprobre sociale, proportionnelle à la souffrance qu'ils infligent. Je suppose que dieu leur oppose des critères de conversion qui ne sont pas les mêmes que les critères visibles de guérison normalement requis pour en attester.

 

 

    2. Plus généralement, votre question demande d'évaluer à nouveaux frais le sens de la conversion et celui de la guérison.

 

 

        a) Pour la conversion, l'évaluation me paraît très simple: l'homme ne peut pas la mesurer, et les critères n'en appartiennent qu'à dieu.

 

Il convient de se mettre d'accord sur ce point: la conversion est un changement de vie ou un changement de cœur, elle 'nest pas un changement de caractère. Personnellement, je crois avoir vu (très peu ) [de] gens se convertir, je n'en ai jamais vu changer.

 

 

      b) Souvent, je me suis demandé pourquoi on accordait une telle importance à la guérison, aussi bien dans l'Evangile que dans l'Eglise. Il m'arrivait même d'ironiser: "C'est comme si l'on prétendait mourir guéri."

 

Eh bien je ne croyais pas si bien dire. Je m'en rendis compte en lisant cet échange Facebook sur la page de l'abbé de Tanoüarn. L'abbé y répondait à quelqu'un qui soulevait sensiblement la même objection que moi: "La vie, c'est de toute façon un calvaire, et c'est la résurrection si je veux."

 

Autrement dit, il ne m'appartient pas tant de vouloir guérir, que la guérison n'est un signe de la résurrection.

 

Nous ne mourrons pas guéris, la plupart d'entre nous mourront à l'agonie, mais la Résurrection sera notre guérison définitive.

 

Et comme il s'agit, dès ici-bas, de vivre en ressuscité, il faut rechercher la guérison comme un indice de résurrection.

 

 

    3. Enfin, cette remarque pour dame Glycéra: les anges ne sont pas pervers, ce sont des agents de perversion. S'ils étaient pervers, ils n'auraient pas le choix, car on ne choisit pas d'être pervers. La perversion, dans ce qu'elle a de plus détraqué dans l'obstination, est une maladie de l'âme. Mais les anges ne souffrent d'aucune maladie nie d'aucune altérration du choix. Donc les anges déchus rendent pervers, ils ne sont pas pervers.

mercredi 17 mai 2017

Macron ou le pays artificiel?

Malgré tout, Je me demande si @BrunoNorthCNIP n'a pas raison de dire qu'avec l'élection de #Macron,  le pays réel a été cassé au profit d'un pays artificiel.
On a certes plaisir  à relever la compétence indéniable de certains ministres, comme la ministre du travail, ancienne DRH qui saura piloter à l'échelle nationale le dialogue social par entreprises,  ou la secrétaire d'Etat chargée des personnes handicapées, qui a milité pour leur scolarité dans le milieu ordinaire (ce qui n'est pas forcément une bonne idée d'ailleurs!) et l'optimisation du statut des auxiliaires de vie scolaire.
Mais que penser de la ministre de la santé, ancienne responsable de la haute autorité de santé, professeur de médecine et qui connaît donc le monde médical contrairement à #MarisolTouraine, mais dont on peut craindre cependant qu'elle est dans la logique protocolaire et technocratique d'objectifs chiffrés en matière de prévention (qu'#EmmanuelMacron envisageait de pratiquer dans les maisons de retraite), ou d'hospitalisation à domicile? On parle en outre à son sujet de possibles conflits d'intérêt. -Mais la formation des médecins de ville est assurée par les visiteurs médicaux travaillant pour l'industrie pharmaceutique-.
Que penser du ministre de l'Éducation nationale qui a certes été recteur de l'Académie de Créteil, mais qui nous arrive directeur de l'ESSEC, de quoi permettre aux écoliers d'avoir l'ambition d'être des milliardaires, comme en rêvait #EmmanuelMacron?
Que penser de la nomination comme garde des sceaux de #FrançoisBayrou, qui a monayé son soutien à #EmmanuelMacron bien qu'il ait promis que son ralliement était désintéressé, à pas moins de cent candidats MODEM, pour un parti qui ne comptait pas un seul député? Est-ce par le remplissage des caisses d'un parti dirigé de manière autocratique et bicéphale (et dont les deux dirigeants ont intégré le gouvernement) que doit commencer la moralisation de la vie politique?
Que penser de l'attelage d'un premier ministre, ancien directeur des affaires publiques d'AREVA, et de son ministre de l'écologie, #NicolasHulot qui, non seulement est antinucléaire par principe, mais accepte, lui qui faisait la promotion du ferroutage dans le Pacte écologique qu'il fit signer aux candidats de 2007, de devenir ministre du président des "autocars Macron" qui a tué la filière du ferroviaire et des petites lignes de TER?
Sur un plan plus humoristique, avec un ministre de l'Intérieur âgé de bientôt 70 ans, on se dit que les assassins pourront courir longtemps.
Que penser du manque d'intérêt que manifestait #EdouardPhilippe pour le travail en commission parlementaire?
Que penser des ssoupçons de conflits d'intérêt, à commencer par les Macron leaks qui ne sont toujours pas exploités, alors que le #FillonGate ou le #PénélopeGate ont ruiné les chances du candidat de la droite de gouvernement d'accéder à la présidence de la république?
De son côté, #EdouardPhilippe, qui doit lui aussi conduire la réforme inaugurale de la moralisation de la vie politique, se montrait jusqu'ici hostile à la transparence et avait des mouvements d'humeur pour évaluer son patrimoine. Ce qui me faisait écrire hier que voir ces deux hommes différer la proclamation de leur gouvernement pour vérifier que leurs nouveaux ministres sont irréprochables me faisait l'effet d'assister à #JérômeCahuzac et #AlainJuppé s'assurant que leurs subordonnés avaient bien tout verrouillé.
Que penser de ce maître des horloges qui semble prendre un malin plaisir à se faire attendre et qui dit ne pas aimer le tic-tac des alternances, au point de recomposer la vie politique en détruisant les partis, remplacés par le consensus des élites au sein de la "République des experts" dont se réclamait #JacquesAttali?
Que penser d'un président qu'un documentaire diffusé hier soir sur #LCP nous montrait fustigeant la reproduction desdites élites, en cela plus bourdieusien que disciple de Paul Ricoeur, et qui assure à ces élites les premières places au sommet du pouvoir, ayant l'air de réserver la "discrimination positive" ou la méritocratie républicaine au monde des entreprises ou de leurs cadres?
Que penser d'un président qui, non seulement n'a cessé, candidat, de dire tout et son contraire, mais dont il se murmmure que les discours étaient fabriqués par des algorythmes en fonction de ce que les gens avaient envie d'entendre, d'où leur imprécision, d'un populisme non pas plébéien, mais post-idéologique?

lundi 8 mai 2017

Macron, l'enfant-roi du monde primitif


Ma réponse au billet électoral du Croissant de lune qu’on trouvera sous cet article.

 

Mon Croissant de lune,

 

J'ai lu ton billet et les précédents. Je n'aurais pu publier que la partie proprement française de ton billet d'entre-deux-tours, et je ne me résous à publier ton billet post-électoral que parce que j'y réponds. Je sais qu'être publié par moi est le cadet de tes soucis, mais leur publication ma gêné, non parce que la substance de tes billets me paraît scandaleuse, mais parce qu'ils expriment un point de vue de la nation islamique infiltrée dans la nation française, et non pas la position d'un musulman de France, qui pèserait son vote ou ses réactions post-électorales dans l'intérêt général commun à tous ses concitoyens.

 

Marine Le Pen méritait-elle d'être élue ? Stratégiquement, non : elle a fait un débat calamiteux avec Macron qui l'a fait passer pour ce qu'elle est peut-être, une mégère comme, je crois, tu l'as écrit, une méchante, et quelqu'un pour qui, en définitive, la démocratie française compte moins que son antisystémisme, qui est le nom d'une haine de tous les acteurs de la vie civile et politique, à partir de laquelle il est bien difficile de construire une alternative nationale. La campagne de Marine Le Pen a commencé par un parricide et s'est clôturée par un débat dans lequel elle amontré qu'elle se vivait, à l'instar de son père, comme un tribun de la plèbe et non, comme l'assénaient les médias, en femme réellement désireuse de prendre le pouvoir, ce pour quoi elle n'aurait pas découvert après le second tour la nécessité de s'allier et de faire ce qu'on appelle dans son camp l'union des patriotes. 

 

Pourtant je crois aux programmes, même en régime de démocratie représentative, et je maintiens que le programme proposé par la candidate du front national eût été de beaucoup préférable pour la france à la solution antipolitique qui nous est  présentée par un candidat en qui on peut mettre toutes les espérances et les désespérances du monde, mais dont on sait que c'est le candidat de Minc ou d'Attali, donc de ceux qui n'ont pas fait Mitterrand, mais qui ont été ses conseillers de l'ombre et du tournant de la rigueur, puis qui ont été ceux du maniable Sarkozy, et qui ont fini par désigner un successeur à Sarkozy, à Hollande et plus encore à Mitterrand en la personne d'Emmanuel Macron, un rejeton tardif de la "génération Mitterrand", un successeur à leur main, un candidat du monde des affaires cherché dans le monde des affaires, une intelligence cooptée dont les qualités intellectuelles ne brillent pas au premier abord, un banquier qui ne l'est pas à la manière de Pompidou, qui paraît l'être dans toute sa personne, un homme incapable de parler sans prompteur, un défenseur de sa langue qui parle globish, un défenseur des arts et des lettres qui n'a pas l'air d'avoir des lettres, un président qui prétend diriger un pays qu'il ne connaît pas.

 

Paul-Marie coûteaux dont j'apprécie le gaullisme intégral qui a beaucoup muté depuis la parution du livre auquel je fais référence, disait que l'opposition de Gaulle-Mitterrand était celle d'"une certaine idée de la france" contre "la France physique". "La France physique" s'est dégradée en France sans substance et déréalisée. Macron est le nom de cette france menacée de disparition, dont on n'entendra plus la voix dans le monde, ce qui a commencé, moins depuis que Giscard a avoué que c'était une puissance moyenne, que depuis que Mitterrand l'a jetée pieds et poings liés dans l'euro-atlantisme au nom d'un : "Le nationalisme, c'est la guerre" repris par Macron, et qui se vérifierait si le mondialisme ne faisait pas lui-même la guerre, de façon préventive, injuste et assymétrique.

 

Que dire encore du héros Macron ? Que le candidat "dont l'ennemi n'avait pas de visage" et était la finance internationale, donc que le candidat Hollande qui cryptait son philosémitisme sans réserve sous un antisémitisme crypté, a fini par porter son ennemi au pouvoir, en se succédant à lui-même sous la forme de son fils spirituel. Mais encore que Macron a été rejoint par villepin, qui avait deux qalités pour ce faire : d'abord, comme Macron, Villepin n'a jamais été élu ; et ensuite, il est le conseiller de la dissolution. Le conseiller de la dissolution soutient le candidat de la France menacée de disparition. Depuis que l'ancien premier ministre de Jacques Chirac a quitté la vie politique, il est devenu l'avocat du qatar. Faut-il y voir un indice ?

 

Tu dis que Macron est un candidat "socio-bourge". Ce serait trop beau si la bourgeoisie sociale, ou simplement la bourgeoisie sociale ou socialiste existait encore. Macron est le candidat de la bourgeoisie qui a perdu ses valeurs. C'est le candidat des Grégoire deGerminal dans une France qui a noyé ses gisements miniers, que la Communauté européenne lui avait promis de protéger avant de lui ordonner de les détruire. Cette bourgeoisie qui a perdu ses valeurs n'a aucunprojet de société, sinon de noyer la france dans le monde, pas de faire entendre sa voix.

 

De ton point de vue, Macron fera-t-il un bon président ? Si tu penses que le gouvernement mondial par le chantage au terrorisme et par la guerre mondiale contre la guérilla est bon, alors  oui, tu pouvais te lever du bon pied lundi matin. Est-ce que cette manière de gouverner a encore de l'avenir face à Trump ? Un idéaliste comme moi aurait voulu croire que trump tiendrait ses promesses. Mais il n'est même pas capable de se montrer isolationniste jusqu'au bout des ongles. Trump est un petit blanc façon Daniel Conversano, qui ne s'en remet pas de ne plus dominer, et qui se pose en victime narcissique et virile d'un pouvoir qui a du mal à s'imposer face au système. En France, la trumpette n'a pas gagné, parce qu'on n'a jamais demandé à Jeanne d'Arc d'être une oratrice, que, lorsqu'elle l'a été, ses traits étaient insolents, mais non pas impertinents, que la galanterie française n'aime pas les femmes qui parlent la langue de Céline, et qu'au pouvoir, la langue de Larochefoucauld a toujours prévalu sur la langue de céline. Macron trouvera un terrain d'entente avec Trump sur cette base du gouvernement de l'antiterrorisme, auquel Trump a fait retour comme un républicain classique, isolationniste en campagne et belliciste au pouvoir. Et si ce n'est pas avec Trump, ce sera avec ceux du Pentagone, de la CIA, du département d'Etat, et de tous les lieux de pouvoir aux Etats-Unis qui ont théorisé cette manière d'être terrorisé par ceux chez qui on sème la terreur à titre préventif ou vindicatif. As-tu un intérêt à la subsistance d'une telle gouvernance, destinée à endiguer les guerres civiles par la guerre mondiale des plus puissants contre les moins armés, jusqu'à ce que ceux-ci se rebiffent en n'étant pas des caves ? Fais-tu le pari de cette rebiffade ?

 

Macron est-il plus intelligent que Valls ? Je le croyais. Aujourd'hui, je me limite à dire qu'il est mieux élevé. Son enfance n'a pas connu les troubles catalans. Son seul épisode romanesque est d'avoir désiré conquérir une femme plus âgée que lui en position d'autorité, qui l'a depuis entièrement pris sous son aile et qui le couve et le surveille comme le lait sur le feu. Il semble aujourd'hui que Macron soit métrosexuel et n'aime plus sa femme que pour se protéger contre lui-même. Macron est l'enfant-roi d'un système puéril qui le monte en épingle comme un produit de consommation désirable parce que sous cloche. Or "malheur à la ville dont le prince est un enfant".

 

Valls était un teigneux qui avait l'affectivité de son ambition. Macron n'a pas d'affect. C'est donc la seconde fois que nous élirons un président dont même ses plus proches sont incapables de dire qui il est. Hollande au moins singeait l'affectivité. Macron promet qu'il nous servira avec amour, mais cela sonne creux. On croit encore moins à son humilité. A quoi sera utile sa présidence servile ? Macron n'a pas d'affect dans un pays qui a besoin d'affection, ou qui a besoin de retrouver l'affection sociale et nationale. On aurait pu rêver que Marine fût la candidate de l'affection nationale. Elle était en réalité la candidate de la désunion nationale et de la guerre civile préventive. Macron est le candidat de la guerre mondiale qui prévient la guerre civile, jusqu'à ce que la cocotte minute n'en puisse plus de ne pas exploser.

 

Macron a rencontré Houellebecq et ces deux hommes se fascinent l'un l'autre. Malheur au pays dont Houellebecq est le voyant, ai-je lu récemment sur twitter, car c'est un voyant triste et qui ne croit en rien. Macron paraît en mesure de confirmer l'hypothèse émise par Houellebecq de nommer Bayrou premier ministre, certainement l'un des hiérarques politiques les plus nuls et dont on ne comprend pas qu'il ait  pollué le champ politique pendant tant d'années, en s'emparant du parti de Lecanuet et de Giscard d'Estaing. Certains en déduisent que Macron est le candidat de la soumission. Macron est le candidat de la soumission à la mondialisation sauvage, à la guerre mondiale de tous contre un, ce qui revient à faire du monde entier une société primitive, comme il appartient à la royauté primitive de croire que les politiques vont influer sur le climat et faire la météo ou faire venir la pluie, et de la soumission à la guerre civile contre laquelle on ne se sera ni prémuni ni préparé. La France a-t-elle des ennemis de l'intérieur, ennemis visibles et ennemis invisibles ? Ni plus ni moins que toute société.

 

Ceux qui auraient mené la guerre civile contre Marine Le Pen n'auraient pas été les musulmans, je n'y crois pas. Il y aurait peut-être eu des émeutes dans les banlieues, mais elles auraient été circonscrites et moins ravageuses que la révolte des corps intermédiaires : administration, justice, Education nationale, syndicats. Marine aurait eu du mal à gouverner contre les corps intermédiaires artificiels au moyen desquels l'Etat organise un  dialogue social antidémocratique.  Elle aurait eu du mal à gouverner contre "les partenaires sociaux" et contre son administration. Elle n'aurait pas dû mater cette administration et ces corps intermédiaires, mais les convaincre, ce qui aurait supposé qu'elle soit elle-même convaincue, non de sa protestation nationale, mais du modèle social alternatif qu'elle se proposait de construire.

 

Faudra-t-il  opposer au candidat de la soumission une majorité parlementaire issue de la gauche représentée par la France insoumise ? Je ne crois pas et pour plusieurs raisons. La première n'est pas tant que la présidentielle génère une dynamique majoritaire, car au pire, le gouvernement Macron trouvera une majorité au cas par cas. En cela Macron rappellerait le Rocard dont il se réclame, et Rocard n'a pas laissé de mauvais souvenirs. Mais je suis inquiet de la fragilité de Macron. Macron supporterait mal une cohabitation. Or, même s'il est le candidat de la flexibilité qui devrait être l'exception, contre la stabilité qui est la règle et que la politique devrait protéger, je ne suis pas pour l'instabilité en politique. Il ne me paraît pas sain de vouloir déstabiliser Macron.

 

La déstabilisation qu'exercerait la France insoumise sur Macron serait très limitée. Elle se ferait à l'aide des partenaires sociaux qui ne sont pas frontalement opposés à Macron. Cette déstabilisation serait moins sociale que politique, ce qui me paraît être le vice de fondation de la france insoumise. Celle-ci a bercé ceux qui votaient pour elle de l'idée d'une VIème république avec la même organisation sociale, avec les mêmes "partenaires sociaux" non représentatifs et où auraient eu plus de pouvoir, en prime, les féodaux parlementaires, qui auraient pu fronder tout leur saoul, sans la moindre efficacité. Veut-on une agitation politique qui ne change rien sur le plan social ? À moins de jouer avec le peuple dont on fait semblant de parler comme lui, alors que l'imitation qu'on fait du peuple n'existe plus. Tout se passe comme si on voulait faire passer le peuple, comme le disait Fillon à propos de Sarkozy, pour un plébéien teigneux.

 

Alors faut-il se croiser les doigts ? Au plan politique immédiat, je ne vois pas ce qu'il faut faire. Je crois qu'il faudrait lancer depuis la base, et non à partir des appareils partidaires livrés clefs en mains par la france insoumise, une refondation politique et sociale à partir de la matrice nationale, et associant tous ceux qui s'y reconnaissent. Pourraient s'y associer tous ceux qui s'intéressent à la chose publique, à commencer par les jeunes, surtout les étudiants de sciences po et ceux d'autres facultés catholiques poursuivant le même but. Cela changerait ces jeunes de vouloir devenir milliardaires, de fuir la France ou de fonder des startups. Pour une telle refondation, je voudrais que l'on commence par libérer la démocratie et le syndicalisme pour que la République redevienne la chose de la démocratie et non plus la chose de la démocratie orientée. Ensuite, il faudrait que nous nous repensions comme peuple avec toutes les composantes du peuple qui sont là. Il faudrait que nous définissions une identité commune et un consensus laïco-religieux qui nous permette de faire nation. Et il faudrait proposer ce modèle autrement que sous la forme d'une Assemblée constituante se réunissant à l'issue d'une future élection présidentielle. Il faudrait faire du Mélenchon sans appareil ou du soral sans exclusion du tiers juif. Il faudrait proposer un modèle de réconciliation nationale et de reconstruction sociale face à la mondialisation qui nous tiers-mondise.

 

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