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vendredi 10 août 2018

La présence intégrale


(Réflexions en mode poétique publiées en commentaire sur le blog d’Ahmed Berkani)

 

Idée très dépendante du kairos paulinien: "C'est maintenant le moment favorable, c'est aujourd'hui le jour du salut."

 

Un destin, un acte d'une très grande liberté, une oeuvre sont toujours le résultat de la rencontre exceptionnelle entre un caractère et une disponibilité aux temps et aux lieux.

 

Le destin a toujours un caractère exceptionnel, car l'homme ne perd pas volontiers sa faculté d'anticiper, son besoin de prévoir l'avenir et de calculer son aventure au lieu de suivre son étoile.

 

Qui croit perdre son temps, ou plutôt qui calcule le temps qu'il croit perdre, ne sera jamais disponible au moment opportun, si condensé, qui convient au but qu'il s'est assigné.

 

Le temps perdu est mur et mûrissement. Mur de l'oeuvre ou de l'acte qui tapent contre l'auteur ou l'acteur qui perd son temps, sans frapper contre Dieu dans son ciel ou cette autre réalité à ciel ouvert qu'est l'Histoire, auxquels ce qui frappe ne peut accéder, car Dieu et l'Histoire ne sont pas disposées, ils sont ailleurs. L'auteur ou l'acteur seraient tout disposés, mais c'est l'idée qui ne veut pas. L'idée, l'intuition de  l'acte ou de l'oeuvre, car elle est en train de mûrir. Il faut cueillir les fruits mûris du temps perdu.

 

C'est cela, poser un acte ou faire une oeuvre. Cueillir l'idée, ou les fruits de l'idée, juste au moment où ils viennent de mûrir. Au-delà de ce mûrir, est le mourir de l'acte ou de l'oeuvre. Pour saisir l'idée de l'oeuvre ou de l'acte au moment où, fraîche et dispose,  elle vient de mûrir,l'auteur doit être disposé, disponible. La disponibilité EST UNE DISPOSITION QUI commence lorsque le calcul a cessé.  La disponibilité est l'autre nom de la présence.

 

"Il faut être comme un enfant", m'affirma une soeur au détour d'un repas, "tout entier dans ce qu'on fait."  L'enfance, c'est la présence intégrale. Cette intégrité présentielle donne le sens de l'autre. D'où le fait que "l'homme providentiel" a perdu le sens de l'oeuvre ou du destin. L'homme providentiel a oublié de réaliser son destin. Il l'accomplit sans distraction, mais par disponibilité et altruisme.

Le mystère de Jeanne d'Arc


QUI EST JEANNE D’ARC ?

 

 

 

Qui est Jeanne d’Arc ?

 

Une précurseur des djihadistes ?

Une héroïne anticipée du combat des êtres non genrés et non binaires, bénéficiaires de la théorie du genre qui n’existe pas ?

Une victime de harcèlement qui s’en défend en armure (#BalanceTonPorc) ?

Une guerrière qui, avant d’être la Jeanne au bûcher, a vu enfermer 10000 Anglais brûlés vifs, sans en éprouver de blessure particulière ailleurs que dans l’imaginaire de Philippe de Villiers et son Roman de Jeanne d’Arc, elle qui voulait exterminer le seul Bourguignon qui habitait dans son village ?

Une révolutionnaire incorruptible assimilable à Robespierre terrorisant au nom de la vertu et de la fraternité ?

La femme qui trouve sa voie ou celle de ses voix ?

Une héroïne de la psychiatrie ou de la sainteté (les deux étant parfois liées), qui brûle de son mystère ou de ses rêves sans jamais regretter de les avoir faits et menés à bout ?

Une bergère ou une fuguese ?

Une victime de l’ingratitude des princes qu’elle légitime, et une humble du peuple qui met les puissants sur leur trône, au rebours du Magnificat qui attend que Dieu les en renverse ?

Une guerrière pour la paix ?

La libératrice d’Orléans, révérée par cette ville et passée sous silence à Rouen où on l’a brûlée sur la place du vieux-marché, en plein cœur du centre-ville ?

La sainte des identitaires, aspirant à la croisade après sa victoire sur les Anglais, ou celle qui vient proposer la conversion aux musulmans qui la révèrent et lui promettent le baptême si la France s’intéresse aux causes de la oumma ?

La sainte de Michelet (« la France, c’est la Révolution ») ou celle de Jean-Marie Le pen (la France, c’est la réaction ?)

Une « ombre insaisissable » protégée par son mystère contre l’interprétation des rêves ?

Une métaphore mystique de la France, qui signifie qu’aucune nation ne signifie rien ou au contraire que la France est l’emblème universel de la révolte contre toutes les injustices ?

Une réponse engagée contre le scepticisme du pays de Montaigne et le rationalisme du pays des carthésiens ?

 

Seules les questions m’ont toujours engagé.

(Questions formalisées en écoutant le documentaire de Martin quenehen, Jeanne d’Arc, une rencontre :

 

https://www.franceculture.fr/emissions/jeanne-darc-une-rencontre)

jeudi 9 août 2018

Macron, ma chronique (I). Maxime, le Dauphin


Le silence médiatique continue d’entourer les omissions de Macron. Le bruit médiatique se fait aujourd’hui sur la rencontre de Macron avec Maxime qui n’avait rien de spontané. Maxime, c’est cet enfant de six ans et demie découvert par « Europe 1 » et qui a deux idoles dans la vie : Macron et la reine d’Angleterre. Maxime, c’est Macron quand il était petit. Il succédera à Macron et régnera sur l’Angleterre, dans l’imaginaire de Macron. En Maxime, Macron a trouvé son « gentil dauphin ». Loin des fronts, Macron parle des flots à Maxime : « Je me suis fait construire une piscine, mais ce caprice m’a passé, je préfère le sel au chlore. Tu n’iras jamais sur le front, Maxime, comme Monseigneur le Grand Dauphin, et cependant tu régneras beaucoup mieux sur l’Angleterre que le prince William ou que Teresa May. Laissons-les s’embourber dans les marais de la Somme, parmi les braconniers. Nous n’irons pas à Amiens, Maxime, tel est mon bon plaisir, et je te ferai visiter l’Élysée pour les journées du patrimoine. « 

 

Les médias s’indignent que Macron ai mis en scène sa rencontre avec Maxime comme si elle avait été spontanée. Il est si rare que Macron soit gentil avec quelqu’un. Maxime ne lui fait pas de l’ombre, pas encore. C’est son continuateur, qui ne sera pas plus sacré à Reims que le prince Charles ne peut décemment devenir roi sans faire de l’ombreaux flamboyants William et Kate, surtout flanqué de Camilla. Pauvre Maxime ! Macron prend une loi contre les « fake news » et fait de la #Story news » come le story telling est devenu la règle de la vie politique et l’autofiction celle de la littérature dans une époque qui a perdu l’imaginaire. Sans emphase, Macron a été empathique avec un enfant. La presse dénonce l’un des seuls moments où Macron a été sympa, certes avec son double et sans spontanéité, pour mieux édulcorer son absence aux commémorations d’Amiens où Macron n’est pas né et où la France ne se préparait pas à gagner la guerre, car Macron est éternel (foi de transhumaniste, il faut cloner Macron !) et la France ne saurait jamais rien gagner avec Macron. Les médias ne soufflent mot de cette absence amiennoise du présidentdes Déracinés, qui n’est un « professeur d’énergie » que pour se répliquer – les Macron ont la présidence susceptible -.

 

Le chevènementisme mène à tout à condition d’en sortir. Macron était chevènementiste en 2002. Il exhibe Chevènement qui ne prend pas la mouche. Un Jean-Pierre chasse l’autre, puisque la politique est un jeu Chevènement mène à Jouyet, et le chevènementisme mène à l’intégration dans l’Aspain Institut de Lyon, nous apprend Vladimir. Chevènement incarnait le souverainisme républicain face à l’hydre européenne qu’il ne cessait de pourfendre. Macron se pose en champion de l’européisme échevelé et Chevènement n’y voit pas ombrage, ni dilapidation de l’héritage, du moment qu’il est dans les bagages de Macron.

 

Philippot ne mérite pas ces excès d’honneur et ces épanchements du Che. Le chevènementisme l’a amené à faire un parcours sinueux, qui après l’avoir installé dans le gaullisme, le lui a fait incarner dans le parti le plus anti-gaulliste de France, feu le Front national, où il commandita le parricide de Marine Le Pen, avant de quitter ce parti pour fonder ses Patriotes, où il n’y a que quatre membres influents : Philippot, son frère, son père et sa grand-mère. La dynastie des Philippot envisage de remplacer celle des Le Pen sur l’étendard du patriotisme. Mais Philippot est vierge de toute action pour la patrie. Le gaullisme de Philippot se borne à sauter comme un cabri en criant : « L’Europe, l’Europe », et en étant hystériquement contre. Philippot est un européiste en sens inverse. Je me pince, ou c’est De Gaulle qui a signé le Traité de Rome ?

 

Une « réforme constitutionnelle » s’avère-t-elle indispensable à la France ? Comme les parlementaires brûlaient de démontrer leur inutilité, ils ont sauté sur l’affaire Benalla, qui ne méritait pas que deux commissions des lois se transforment en commissions d’enquête. Mais la réforme que nous prépare Macron est en trompe-l’œil. Réduire le nombre des députés, pourquoi faire ? Réduire le nombre des mandats, pourquoi faire si on peut répartir plusieurs fois trois mandats dans son cursus honorum ? Il y aurait pourtant un moyen de renouveler – et de décentraliser – les visages : interdire à quiconque n’habiterait pas une commune de prétendre en être le maire ; interdire à quiconque de se présenter dans deux territoires pour être l’exécutif local de l’un et le législateur de l’autre (comme le fut Jacques Chirac, député de Corrèse et maire de Paris); interdire le parachutages et à un député qui n’habite pas dans sa circonscription de la représenter (Jean-Christophe Cambadélis n’a jamais habitédans le XIXème arrondissement) ; enfin, limiter à cinq le nombre des mandats d’une carrière politique. Pourquoi ces réformes ne sont-elles jamais proposées dans les débats sur la refonte de nos institutions ?

mercredi 8 août 2018

DISCUSSION SUR LA PEINE DE MORT SUR LE BLOG DE PHILIPPE BILGER APRÈS LE RESCRIT DU PAPE LA JUGEANT INADMISSIBLE

http://www.philippebilger.com/blog/2018/08/le-pape-fran%C3%A7ois-nest-pas-ordinaire-entre-provocations-et-imprudences-fulgurances-et-audaces-politisation-et-rigueur.html


L’insistance du pape François sur l’accueil inconditionnel des migrants a le même fondement à la fois analogique et théologique que sa condamnation sans appel de la peine de mort :
le Christ a été un migrant à l’orée de sa vie et a été accueilli en Égypte comme un réfugié, donc tous les États doivent accueillir tous les migrants comme des réfugiés
- Le Christ a été un martyr à la fin de sa vie suite à la décision inique, non des juifs qui l’ont condamné, mais des Romains qui l’ont crucifié, de le mettre à mort (inversion accusatoire évidente du procès de Jésus). Donc on doit interdire la peine de mort, qui est un mémorial du martyre de Jésus.
@Philippe Bilger :
« Prenons l’exemple du général de Gaulle qui en plusieurs périodes de sa vie historique n’a pas vraiment lésiné sur les exécutions de peines capitales alors que par ailleurs sa pratique intime et revendiquée l’inscrivait dans le catholicisme. Sans doute aurait-il eu plus de mal à se sentir à l’aise comme chef d’Etat et en qualité de chrétien avec cette interdiction officielle et doctrinale de la peine de mort. » Permettez-moi d’en douter.
De Gaulle a-t-il vraiment déclaré : « Toute ma vie, j’ai fait tirer sur des Français », comme l’allègue @Hameau dans les nuages ?
Quoi qu’il en soit, s’interdisait-il de consulter mages et voyantes parce que l’Église catholique lui interdisait la pratique des arts divinatoires ?
Je crois que De Gaulle le gallican se serait assis sur la proscription de la peine de mort édictée par le pape François en plein consensus des puissances alignées et développées sur le sujet.
Comme quoi le pape François veut « une Église de pauvres pour les pauvres », mais raisonne, « en périphérie » de [son] Église, en résonnance, à tort ou à raison, avec les puissances du monde.
@Exilé,
Vous citez saint Thomas d’Aquin comme une autorité intangible, comme si l’Église d’après la religion de la loi devait tellement canoniser ses légistes, y compris le docteur angélique, à la manière dont le Conseil des oulémas, et derrière lui dont l’école coranique le fait des anciens savants de l’islam, ou dont les talmudistes le font des sages du Talmud, qu’il ne serait plus possible de réfléchir après saint Thomas d’Aquin, et encore moins d’amodier la doctrine. Or si saint Thomas envisage qu’il est nécessaire de pouvoir donner latitude à l’État de couper les « membres gangrenés » de ses peuples, que n’a-t-il constitué le peuple en corps politique ! Il s’est bien gardé de le faire, sachant que la conséquence en aurait été que le peuple souverain aurait dû pouvoir user face à Dieu du même libre arbitre qu’un individu, dont la conscience doit consentir de son plein gré au plan de Dieu sur le sujet qu’elle dirige, et doit donc aussi pouvoir refuser ce plan de Dieu sur l’individu ou sur le peuple.
@Franck Boizard :
- Le Père Bruckberger avait sans doute une principale maîtresse en la personne de Barbara, mais vous oubliez toutes les bruckbergères.
- Pour que la peine de mort prodigue un bienfait cosmique dans l’ordre juste, encore faudrait-il s’assurer que celui qui la prononce a le droit de la prononcer. Le pape de Rom déromanise l’Église catholique en estimant qu’au plan étatique, le pater familias n’a plus le droit de vie ou de mort sur ses enfants. Autrement dit, si à @Philipe Dubois estime qu’» il faut rendre à César ce qui est à César », la « politique pénale » appartient peut-être à César, mais la vie n’est pas à César. La politique pénale n’appartient donc à César que dans la limite où César ne s’en prend à la vie de personne, fût-ce d’un criminel, à l’exception d’un soldat qui consent au sacrifice de sa vie. @Philippe Bilger le formule en disant que « la peine de mort », « sanction absolue », « aurait [relevé d’] une justice absolue » et « aurait ressorti (….) plus à la métaphysique qu’à la technique. À la transcendance plus qu’à notre humanité ordinaire ». Principe que, pour ma part, j’énonce en ces termes : la société ne peut pas reprendre ce qu’elle n’a pas donné. La société n’a pas donné la vie, elle ne peut pas reprendre la vie.
Ce qui repose, nous dit @Philippe Dubois, le « débat sur la perpétuité réelle », beaucoup plus facile à requérir, ajoute @Genau, que la peine de mort, puisque notre bonne conscience peut se contenter d’oublier le reclus « dans un cul de basse fosse ». Il me semble que l’individualisme peut répondre à cette objection. Le même individualisme que j’invoquais s’agissant de constituer un corps politique à partir de tous les membres du peuple. La société n’a pas le droit de priver de sa vie un membre du peuple ou du corps politique. Elle peut s’en protéger à travers une mesure d’éloignement définitif. L’individu peut ne pas supporter cette mesure d’éloignement et demander à la société de l’assister dans son suicide, à défaut d’ordonner qu’il soit mis à mort. De même que la société ne peut imposer à quelqu’un d’être à la torture parce qu’elle a peur de la mort et refuse de légiférer sur l’euthanasie. Elle doit donc timidement lui prêter main forte dans le suicide assisté s’il lui en fait la demande, attendu que c’est l’individu, membre du corps politique, qui demeure maître, libre et responsable de sa vie, libre face à Dieu, face à la société et face à lui-même. Si l’on croit que le salut de l’individu compte plus que la vie, raison pour laquelle @Xavier Nebout voulait le pendre ou le guillotiner par mesure préventive et de crainte qu’il ne récidive dans des péchés plus graves et qui mettent en danger son âme, l’individu devra répondre de l’usage qu’il fera de sa liberté s’il veut en effet mourir, la société ne pouvant l’obliger à vivre. Seule cet affranchissement de l’individu pourra prévenir l’objection d’@Elusen que la démocratie sort du polythéisme et est incompatible avec le monothéisme.
Est-ce une raison pour que @Patrice Charoulet simplifie le christianisme en affirmant que ceux qui avaient lu le nouveau Testament savaient bien que la peine de mort ne pouvait être une option, et que Jésus n’avait jamais recommandé de « tuer les méchants » … ? @Noblejoué lui a déjà rappelé la parole par laquelle la pédophilie pouvait encourir que l’on jetât « dans l’eau » « avec une meule » « ceux qui » « [scandaliseraient] des enfants ». « Quant à mes ennemis, ceux qui n’ont pas voulu que je règne sur eux, amenez-les ici et égorgez-les devant moi », ordonne le roi de la parabole (en Lc 19 :27), ce qui ne devrait pas flatter les idées girardiennes qu’@Aliocha s’est formées à propos du Royaume qui serait le strict opposé de la violence.
L’abolition de la peine de mort est-elle une préoccupation de pays riches encouragée par un christianisme qui la ventilerait comme « un robinet d’eau tiède » ? (@Franck Boizard) « @Genau :
« La mort de masse frappe à coups redoublés à la porte de notre monde et il [Bergoglio] regarde ailleurs. » Bergoglio peut-être…. Mais ce n’est pas ce que font les descendants des abolitionnistes badintériens, savoir les socialistes français qui, après l’avoir beaucoup requise contre les militants du FLN, Mitterrand étant ministre de l’Intérieur puis de la justice, n’ont jamais montré d’états d’âme – François Hollande en est un bon exemple de son propre aveu -, à assassiner froidement les terroristes au lieu de les neutraliser et de les maîtriser pour les convoquer en jugement. L’hypocrisie socialiste est badintérienne en paroles et mitterrandiste, ou molletiste, et reaganienne, puis bushiste, et néo-conservatrice, et atlantiste en actes. La gauche est plus atlantiste que la droite, ce n’est pas une découverte pour les lecteurs de ce blog.
@Elusen,
Vous êtes l’un des premiers que je lis à me mettre le doigt sur cette différence entre la peine de mort et l’avortement que le second est toujours à l’initiative d’une personne individuelle, alors que la première est présentée par ses partisans comme une expression de la violence légitime de la société qui fait justice. Et pratique la légitime défense contre ceux qui veulent lui nuire. « La justice n’est pas la vengeance », écrivez-vous.  Vous semblez toutefois oublier, contre votre interlocuteur de choix @Noblejoué, que, pour Nietzsche, la justice naît de la vengeance, et de l’illusion que la dette et la peine de celui qui a causé une injustice peuvent réparer un préjudice. Bien que la justice naisse de la vengeance, il ne faudrait pas, si je vous comprends bien, offrir une forme native de justice vengeresse dans une société développée, qui soit directement issue de la vengeance et ne soit que de la vengeance appliquée.
Mon autre réserve est pour dire que l’avortement n’est pas un simple déni de grossesse. Ce n’est pas une « pathologie médicale » de la femme qui ne veut pas que se développe en elle ce « corps étranger » dont la biologie, donc la nature, aurait prévu qu’il devienne son enfant. Ou bien l’avortement est-il un déni de grossesse qui passe à l’acte au nom d’un refus radical de la biologie, en raison d’une conception radicalement individualiste, qui pourrait demander l’assentiment de la mère à la biologie pour qu’elle échappe au déterminisme anthropologique. Cela pourrait être plaidé d’un point de vue métaphysique, au nom de la logique individualiste et libérale que j’ai défendue plus haut comme une tentative de sortie de crise de la conscience chrétienne aux prises avec l’État laïque.
@Noblejoué,
« Accessoirement, si j'ose dire, tous les humains sont mortels, condamnés à mort par dieu-qui-nous-aime tant [après avoir laissé crucifier son Fils et l’avoir ressuscité ensuite selon @Breizmabro]. Il ne faut pas tuer, dit celui qui nous tue. » - « Et c’est le bon Dieu qui nous fait, et c’est le bon Dieu qui nous brise », chante Raphael dans CARAVANE. -  Mais selon le Siracide, « c’est par l’envie du malin que la mort est entrée dans le monde. » (Sg 2, 24)
@Elusen « Cet Allah prénommé Yahvé. » Le nom arabe de Dieu, Allah, est en effet calqué sur l’Hébreu Elohim, soit le pluriel de la divinité. Ironie de l’histoire, le nom dont la religion la plus monothéiste des trois monothéistes désigne Dieu, emprunte précisément au pluriel de la divinité, donc au polythéisme ou à l’associationnisme…
En revanche, vous confondez Jésus et Christ. Jésus est un prénom qui signifie « Dieu sauve » ou « Salut », alors que Christ ou Messie signifie « l’Oint de Dieu ». Les deux termes ne recouvrent pas la même réalité.
@Philippe Dubois :
J’ai toujours été séduit par une interprétation non doloriste et non victimaire du précepte de « tendre l’autre joue ». Selon moi, il s’agissait d’une façon de désarmer la logique de l’adversaire en répondant à la violence par une provocation à la violence àrebours. Mais l’interprétation de votre curé me paraît convaincante. Elle est corroborée par l’attitude de Jésus au moment de Sa Passion qui, lorsqu’il est frappé par le serviteur du grand prêtre, lui demande : « Si j’ai mal parlé, explique-moi en quoi ; mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? »
Je ne dirai ni avec vous, @Elusen, que la connaissance est l’ennemie delà religion, ni avec @Noblejoué, que la religion se fonde à côté de la connaissance. Vouloir que la religion soit un récit asymptotique à celui de l’histoire du monde me semble accorder bien peu de crédit, donc de foi, à la religion. Selon François Varillon, déjà évoqué par moi dans un commentaire antérieur au billet de PB sur George Steiner et Lucien Rebatet, il ne fallait pas demander à la Révélation de nous raconter la genèse du monde. C’est peut-être un détour astucieux, mais qui me paraît manquer de foi. Au contraire, vous pariez avec Flaubert que ceux qui ont raison sont les ophites, de prêter à Lucifer d’avoir voulu être, loin de l’ennemi du genre humain qu’on nous représente, le libérateur de notre intelligence, en voulant nous donner la connaissance que Dieu nous refusait. Je crois plutôt que, si en effet le fruit dont il était interdit à l’homme de manger était celui de « l’arbre de la connaissance du bien et du mal », ce n’était pas tant pour que nous n’ayons pas l’intelligence de la morale – qui, somme toute, n’est pas la plus formidable ni la plus libératrice des intelligences -, que pour ne pas obliger Dieu, qui « vit que cela était bon » [tout ce qu’Il avait fait] (et le bon est supérieur au bien), à entrer dans les catégorisations du bien et du mal, où Il ne pouvait nous laisser juger le monde en nous trompant, dès lors que nous aurions décidé d’acquérir ce mode de connaissance dans lequel il S’était refusé à entrer, car ce n’était pas le mode de connaissance qui convenait à la Création du monde.

vendredi 3 août 2018

Par manque de style

                               (Voici ma contribution à L'Abécédaire des écrivains publics réalisé par la promotion 2014-2015 de la licence professionnelle de la Sorbonne nouvelle formant à ce vieux métier redevenu nouveau. Je le publie ce jour pour éclairer un échange avec Ahmed Berkani sur le blog de Philippe Bilger)
 

 

 

I LE PARLER FAUX

 

 

IL y a d’abord eu le jour où j’ai compris que je ne serais jamais professeur. Bien sûr, c’était un sentiment diffus pendant toutes mes études : pourquoi étudier les lettres si c’est pour ne pas devenir professeur ? Ce n’était pas écrit au départ. On sait que l’orientation des élèves n’est malheureusement pas conditionnée par les débouchés. Je me rêvais homme de lettres, donc j’étudiais les lettres, c’était dans l’ordre.

 

Je connus ma désillusion dès mon premier cours de Sorbonne, le 22 octobre 1990. Une dame Michel - Arlette et Michel, pas Michu - parlait, dans un amphi de la vieille Sorbonne, des Contemplations du père Hugo - Hugo, pas Ubu -. Je n’avais rien contre ce proscrit contemplatif, mais me demandais à part moi pourquoi la culture, qui avait pris le pas sur la religion, panthéonisait ses morts au point de n’avoir jamais fini de les enterrer.

 

Le rejet avait commencé ce jour-là et je traînais une sourde hostilité en suivant mes cours. Mais celle-ci ne s’étendait pas à la chair des gens en toge jusqu’à ce jour où, passant un portillon de la station de métro Cluny-la-Sorbonne, je fus témoin d’une altercation entre un professeur de Sorbonne et un agent de la RATP.

 

Quel était l’objet de l’altercation ? Je ne l’ai jamais su. Je ne crois pas que le professeur ait voulu frauder, mais l’enjeu était qu’il passât bien que n’étant pas en règle, se croyant au-dessus des lois parce que professeur.

 

Comment ai-je su qu’il l’était ?  Il l’avait lâché dans la dispute, et ça lui avait valu une réplique du genre : « Si vous êtes professeur, moi, je plains vos élèves. »

 

L’agent du peuple avait parlé. Il avait dit son fait au savant, qui ne posait pas au populaire. J’aurais su qu’il était professeur rien qu’à l’entendre parler. Le timbre de sa voix le trahissait. Ce timbre aigu s’était plaqué sur son phrasé, détachant les mots comme autant d’éléments d’une phrase majuscule, ce qu’entendant, l’agent du prolétariat avait quasiment traité le savant de timbré.

 

Comme je voulais faire peuple, je récusais le savant et me jurais que, si je devenais un jour aussi érudit que lui, jamais je ne parlerais mal à un agent de la RATP. Jamais je ne détacherais mes mots au point que mon métier s’entendît au timbre de ma voix. Je n’aurais aucun mal à tenir ce serment, je n’avais pas une voix de fausset, condition pour parler en chaire, dit Nietzsche dans La généalogie de la morale. Je ne serais pas un clerc et ne pourrais pas trahir…

 

Alors une autre question me vint, comme la rame nous emportait, le savant et moi : était-ce le savant qui s’était fait à sa voix ou sa voix qui s’était faiteau savant, glissante comme un savon pour lustrer ses badins propos ? Essentialiste par instinct, j’optais pour la première hypothèse, nous étions à Sèvres-Babylone. « Mais en ce cas, relançai-je ma pensée (la rame repartait pour Vaneau), il se trouverait des hommes qui naîtraient, non seulement libres et égaux, mais avec une voix, non pas invertie, mais fausse ? » Je trouvais ça contre nature. Mais la rame arrivait, il fallait que j’en sorte.

 

La rame arrivait à Duroc où j’allais déjeuner tous les jours dans une brasserie du 7ème arrondissement fréquentée par le peuple, c’est qu’il y a des gens du peuple qui mangent dans le 7ème arrondissement : la preuve,il y avait moi, qui n’étais pas moins du peuple que Jules Michelet, qui n’a jamais su se l’incorporer…

 

« Jamais, me jurai-je, le tôlier ne saura que je suis en Sorbonne. », Je sortis du métro et je m’y tins.

 

Je me suis tenu à ma vie sans maintien, mais ça ne m’a pas mené à grand-chose. Car quand on parle comme tout le monde, on ne devient rien ni personne, on se raccroche aux branches et on se tient aux murs.

 

On ne devient pas professeur, et pas davantage écrivain. Pour devenir écrivain, il faut avoir un prénom composé, s’appeler Claude-Laurent et savoir apostropher Bernard Pivot.

 

 

 

II LE GOUT DU STYLE

 

Autre chose m’empêchait d’enseigner, je n’avais pas le goût du style. Je n’aimais pas la stylistique. Je n’aimais pas que Georges Moligné nous parle de « figures macro-structurales » et de « figures micro-structurales ». Je me plaçais dans la position de Paul valéry face à l’explication de texte : « Que de belles choses on me fait dire ! » Je trouvais aussi stérilisant d’expliquer un texte que la sépulture culturelle des sépulcres blanchis qui ne savent jamais rien penser sans la référence autoritaire à un auteur autorisé.

 

Je n’avais pas de livre-culte. Sans être barrésien, j’avais « le culte du moi ». Sans être Casanova, « j’étais presque aussi saoul que moi », comme le chante l’abbé Brel au bénéfice des Bourgeois.

 

Je n’imaginais pas que les programmes scolaires, dont je n’avais pas encore dépouillé les Instructions Officielles, entendraient donner le goût de lire  aux élèves dysorthographiques par l’étude stylistique des textes littéraires, ni que l’hypersynthétique méthode globale débouchât sur le relevé hyperanalytique des textes qu’elle leur avait appris à survoler.

 

Je n’avais pas le goût du style et pas spécialement non plus le goût de lire. Je l’ai dit, j’avais le culte du moi. J’étais une espèce de paranoïaque sans délire de références. Je regrettais que l’Université, et spécialement les études de lettres, apprennent davantage à lire qu’à écrire. Ca me barbait, du passé je faisais table rase. J’entrepris le livre total, mais mon livre rasait tout le monde, il ne parlait qu’à moi.

 

Alors je décidai de raser gratis et résolus de devenir barbier de Séville à l’enseigne des écrivains publics. C’était un vieux métier en train de renaître. Mais comme on ne s’improvise pas, à l’ère des compétences et du savoir-être, je ne pouvais obtenir patente sans passer mon diplôme.

 

Je trouvais une licence professionnelle pour former à ce métier non réglementé – et anticipant sur la déréglementation des professions réglementées -, et je m’y inscrivis. Ou plutôt, la Sorbonne nouvelle (pas l’ancienne)voulut bien de moi.

 

J’entrais alors dans d’autres perspectives et d’autres perpléxités. La première fut de me demander comment se pouvaient organiser des licences professionnelles alors que, si l’on exerçait un métier, ce n’était pas pour être licencié. Mais l’Etat avait voulu que quatre-vingt-pour-cent d’une classe d’âge passent son bac. Dans ces conditions, « au gué, au gué », vous n’obtiendrez pas de licence pour être licencié, néanmoins vous occuperez un emploi précaire, la vie est insécure, et la précarité est ce que vise l’Etat quand il baisse exclusivement les charges sur les bas salaires.  

 

M’étant fait à cette idée comme un bureaucrate en perdition devenant travailleur indépendant, il me vint un malaise plus personnel en faisant le raisonnement suivant… Il faut dire que, dans cette licence, on suit des cours de rhétorique pour devenir raisonneur : pourquoi enseigne-t-on la rhétorique aux écrivains publics ? Et pourquoi enseigne-t-on aux élèves la rhétorique pendant onze classes et la philosophie seulement en phase terminale, étant admise la prémisse implicite, pour faire un bel enthimème, que la rhétorique est opposée à laphilosophie. D’où je déduis en outre, en bon rhétoricien - que je suis devenu à défaut d’être un bon rhéteur ou un bon orateur -  que, si l’on enseigne pendant onze ans la rhétorique contre une seule année de philosophie aux enfants des écoles, c’est que la rhétorique ne fait qu’un avec la littérature, tandis que la philosophie s’élève dans les sphères lumineuses de l’intelligence sans croyances. La philosophie s’élève contre les croyances que la littérature énonce comme représentations.

 

Mais je vous ai perdu dans une digression raisonnementale (à défaut de pratiquer la méditation transcendentale), qui n’était pas le raisonnement annoncé, à l’occasion duquel je me suis perdu en faisant un malaise, le malaise vient de l’égarement...

 

« Le style, c’est l’homme », me dis-je. Tu n’es pas devenu professeur parce que tu n’avais pas le goût du style. Tu n’es pas devenu écrivain parce que tu n’avais pas de style. N’étant ni professeur, ni écrivain, tu n’as pas de public. Pourtant tu veux devenir écrivain public alors que tu n’as ni public ni style. Or prétendre à devenir écrivain public, c’est supposément savoir écrire dans tous les styles. Comment peut-on écrire dans tous les styles quand on n’a pas trouvé le sien ? Tu n’es pas un homme, tu n’as pas de style, tu n’es donc personne. OU du moins si tu es quelqu’un, tu es une personne privée, pas un homme générique.

 

Tu es une personne privée qui choisit le service public en plein replie sur la vie privé et en pleine privatisation du service public. Or tu n’as jamais su être un homme public. Mais c’est vrai, tu n’es pas un homme puisque tu n’as pas de style.

 

Change de genre. Je ne dis pas de genre littéraire : si tu écris pour tous, le genre administratif a aussi son style. Non, change de genre, sois plus radical, c’est en vogue, sois en phase avec les gender studies ».

 

« Je prêterai donc ma plume à tous les styles, changeons de genre, il y a quelqu’un qui veut que j’écrive pour lui une lettre d’amour. Je peux bien faire ça, maintenant que je suis une femme publique. Ben oui, j’ai changé de genre et je n’ai pas de style, donc je ne suis plus un homme, je suis une femme publique.

 

Or c’est pire. Maintenant que je suis une femme publique, on va me traiter de pute, ou on va dire que j’ai une langue de pute. Je n’aurais pas dû m’émasculer. Mais si je suis un écrivain public de genre masculin, on va me traiter de nègre. J’ai donc le choix entre être un nègre ou être une pute. C’est cornélien, je ne sais plus quoi faire…

 

Vite, vite, à ma bibliothèque, moi qui n’aimais pas lire de crainte de me reproduire… Il me faut un moyen de contraception. Jean-Paul Sartre à la rescousse, sa femme a écrit le deuxième sexe et signé le manifeste des 343. Je tire donc La putain respectueuse de mes rayonnages.   Elle au moins feignait de respecter les Blancs et cachait les nègres.

 

Moi aussi, je respecte les visages pâles, ces silences de la conversation ou ces angoisses de la page blanche.

 

Par la grâce de Jean-Paul Sartre, je me cache dans le sein de ma putain, ça manque de classe. Ca manque de classe en lutte, mais par mon sexe en rut, ça ne manque pas de style. Toutes les putains sont respectables.

 

Je suis une femme publique, je suis une putain respectable, je suis un écrivain public en exercice, je veux faire du chiffre, donnez-moi un cachet » ! 

 

mercredi 1 août 2018

La non affaire Benalla

L'anti-macroniste que je suis reconnaît bien volontiers que cettte affaire Benalla n'a rien d'une affaire d'Etat et tout d'une "affaire d'été", et surtout d'une affaire de corne-cul, qui pose plus largement la question de savoir pourquoi la politique est devenue séquentielle.
Si c'est la vengeance de Fillon, quel est le rapport entre l'illustre inconnu Benalla et le ténébreux candidat de droite qui portait une part d'autodestruction dans sa communication politique?
Pourquoi accorder à Alexandre Benalla, dont personne ne connaissait l'existence, la même attention qu'à Strauss-Kahn, que ses écarts de conduite privèrent de postuler à la présidence de la République qu'il n'aurait politiquement pas mérité de remporter?
Si Alexandre Benalla est le barbouse de Macron, les gaullistes comme #ChristianJacob sont mal inspirés de le faire remarquer, eux qui sont d'un parti à qui le SAC servait de police parallèle. Mais surtout il y a une baisse de la qualité de la barbouserie, puisque le barbouse de Macron  agit à découvert.
Après la victoire inespérée de la France à la coupe du monde de football, on ne voulait pas du retour de la France black-blanc-beur. Alors on a mis en cause la frénésie un peu datée contre les black-blocks, d'un rebeu à qui le fait d'être responsable de la sécurité présidentielle ne suffisait pas, et qui se vivait mois comme un "prince de Paris" ainsi que Cécilia Sarkozy nommait les sarko-boys, que  comme un flic frustré de ne pouvoir en découdre plus souvent sur le terrain.
Le roi n'est pas nu et la barbouserie n'est plus ce qu'elle était.
Qui a diligenté cette manipulation et pourquoi refuser à la société française une cohésion dont elle aurait eu besoin plus que jamais et plus qu'en 1998?

lundi 30 juillet 2018

Qui sont les Vendéens?


Ce que j’ai aimé en Vendée ? La même chose que ce que j’y ai presque détesté au Puy-du-fou : la capacité qu’ont les gens de là-bas de coopérer les uns avec les autres, ce qui va des quatre mille bénévoles de la cinéscénie à, beaucoup plus simplement, le fait que trois cents personnes sur sept mille habitants assistent à la première de la compagnie de théâtre de la ville qui a aussi fondé une école de théâtre et va donner la pièce durant tout l’été.

 

Ce que je n’ai pas aimé au Puy-du-fou, c’est ce que ce parc à thème  révèle de l’imaginaire de Philippe de Villiers, qui  se borne à considérer qu’un peuple se constitue par la guerre et pour la guerre.  À ce compte, à quoi bon être contre l’Union européenne ?

 

Dans le grand cirque, qui est une attraction du parc, où des gladiateurs se battent au milieu des tigres et des lions, où les gaulois sont chrétiens avant d’avoir été christianisés et  où le gouverneur romain n’a aucun sens de l’honneur et ne tient pas parole, celui-ci commence par haranguer la foule : « Citoyens ! » Comme la foule leconspue, , le mot qui suit est : « Taisez-vous. » Dans l’imaginaire de Villiers, la fable politique est cette grosse ficelle que l’Union européenne est l’Empire, que l’Empire dit aux nations : « Taisez-vous », et que le peuple a toujours raison. Pour Philippe de Villiers, l’Union Européenne est l’autre nom de l’Emppire ou d’Edouard Balladur : « Je vous demande de vous arrêter. »

 

Pour Jeanne Smits ou Victoire de Jeaghère, la gauche est un synonyme de la « culture de mort ». Je n’ai jamais aimé cette expression de Jean-Paul II . Pourtant j’ai appris par Jeanne Smits que l’avortement de masse avait été une des premières mesures adoptées par Lénine et que la Russie de Poutine qui pourchasse l’homosexualité se prévaut de ce triste record que 22,5 % des couches se terminent par un avortement.

 

Qui sont les vendéens ? Sont-ils des chouans ? Ce sont des gens qui sont partis en guerre pour s’insurger contre la levée en masse (de la conscription) et qui du coup ont pris le parti des prêtres réfractaires qu’ils appelaient leurs « bons prêtres » et qui se sont opposés à la constitution civile du clergé, dont je rappelle qu’en soi et si l’Eglise l’avait soutenue, elle aurait renoué avec le principe d’élection des évêques en vogue aux premiers temps de l’ère chrétienne et qui ne donnait pas à l’Eglise romaine cet excès de structure pyramidale qui fait souvent crouler sa hiérarchie sous la rébellion des éléments les plus traditionalistes.

 

Qui sont les vendéens, je le découvre à travers le film de Patrick Buisson, Les manants du roi, dont le point de vue est étrange, précisément parce que, tourné par un idéologue revendiqué, il semble se caractériser par une absence de point de vue et, loin d’être favorable aux Vendéens, il montre que ce sont eux qui ont ouvert les hostilités, que les Bleus n’ont été atroces que galvanisés par thureau qui a ordonné un génocide et, aux Lucs-sur-Boulogne, un Oradour-sur-Glane ;  que la Convention, après la mort de Robespierre et de Thureau, a essayé de calmer le jeu ; que les chefs vendéens se sont voulus irréductibles ; que Charrette a bouffé à tous les râteliers et, après avoir pensenvisagé de négocier un compromis avec la République, a reçu promesse de Louis XVIII qu’il le soutiendrait et le ravitaillerait par l’Angleterre. Le comte d’Artois, futur Charles X,  devait le joindre, mais l’abandonna en rase campagne, ce qui lui valut ce cri rageur d’une des dernières missives de Charrette : « Vous signez mon arrêt de mort. »

 

C’est toute la tragédie du populisme conservateur dont je ne sais pourquoi Patrick Buisson s’obstine à l’incarner, lui que son apparente absence de point de vue quand il analyse ou quand il filme conduit à signer des fresques sociologiques inégalables d’exhaustivité et de profondeur de champ : quand un peuple supplée à ses élites nobles ou bourgeoises pour défendre leurs valeurs loin desquelles elles ont émigré, soit ces élites ne reviennent pas et abandonnent le peuple dans la défense de leur pré carré, soit, si elles reviennent, elles l’exproprient de ces valeurs, comme si ce n’était pas lui, le peuple, qui les avait défendues. Le peuple conservateur défend des chefs qu’il tient pour légitimes et cela se retourne contre lui parce que ces chefs le lâchent. Mais les Vendéens n’ont pas seulement voulu être fidèles à leur roi et se donner des chefs ; leur paysannerie de terroir n’entendait pas se laisser enrôler dans unne armée qui fît corps avec la nation, ce qui les a faits se retourner vers l’Église.

 

A l’université d’été de Renaissance catholique, j’ai été le voisin de chambre, une fois de table et plus souvent de chaise du dr. Xavier Dor. Autrefois j’aurais rougi de ce voisinage. Aujourd’hui, je trouve que le dr. Dor est un héros de notre temps.

mardi 12 juin 2018

Le teigneux Macronnet

Le boutonneux Macronnet nouveau-monde était dans ses petits souliers, car il s'était un peu dissipé à la fin du G7 en se moquant de Papa-Ami avec Justin et Angela pour ne pas faire cavalier seul, après que Papa-Ami mon canard avait pris son avion pour se rendre à Singapour à l'issue du G7, rencontrer l'homme qui avait un plus petit bouton que le sien. Mais Papa-Ami a fait comme s'il n'avait pas entendu l'insolent Emmanuel, il n'a grondé que Justin. Du coup, Macronnet est sorti de sa quarantaine pour féliciter Papa-Ami d'avoir si bien réussi à Singapour. Ce communiqué faisait comme si le présidentot avait oublié qu'il avait presque osé dire à Papa-ami: "J'te cause plus" deux jours avant.
Macronnet nouveau-monde devait trouver une autre occasion de baver. Il tomba sur le gouvernement tout fraîchement nommé de l'Italie. "Ce pays est le summum du cynisme et de l'irresponsabilité", martela-t-il, sans avoir levé le petit doigt pour proposer d'accueillir les rescapés de l'Aquarius, passeur humanitaire faisant du chantage à la sauvegarde de vies humaines dans des happenings green-peaciens, et bondant de migrants son bateau de riche comme le radeau des passeurs.
"L'Italie doit accueillir tous les jours six cents migrants si six cents migrants arrivent tous les jours à son bon port. La France promet pour sa part d'accueillir dix mille migrants en trois ans pour aider l'Italie. La France montre l'exemple et est fondée à dire à l'Italie qu'elle ne fait pas son devoir." La nurse du Macronnet faisait toujours les siens et lui rédigeait tous ses plans détaillés, ce qui a faussé l'idée du devoir de ce teigneux footballer, qui ne joue collectif que pour se faire admirer. Il ne faut jamais en vouloir au Macronnet. Le Macronnet est une fouine qui carbure à la caresse.

vendredi 11 mai 2018

Où va l'écriture?

D'après quelques réflexions écrites hier soir à Patrice Charoulet.
Je me dis souvent que, si je reprenais des études, j'essaierais d'étudier ce que devient l'écriture avec sa collectivisation,sa démocratisation, la disparition du livre et la transformation encore indéfinie de son support ? Irai-je chercher le directeur de mémoire qui s'intéressera à ce questionnement? J'en aurais encore un autre à lui soumettre, que je trouve tout aussi stimulant. Comment l'irruption de l'audiovisuel répartit-elle l'oeuvre entre sa forme fixe et lamanière dont l'auteur la résume ou la déploie  dans ses interviews ? L'essentiel de l'oeuvre n'y est-il pas contenu ? Si oui,pourquoi continuer d'écrire ? Et pourquoi l'école enseigne-t-elle les moyens numériques d'accéder à l'écriture avec tant de parcimonie, de dégoût et de réprobation, au risque de favoriser l'extension  du domaine de l'illettrisme à la fracture numérique ?

 Quand je suivais ma formation d'écrivain public, nous eûmes un jour une conférence sur l'illettrisme. Au moment des questions, j'intervins  en disant : "Vous avez en face de vous un ancien étudiant en lettres qui n'a jamais su lire et un futur assistant des illettrés qui est illettré lui-même. Croyez-vous que ce soit possible ? Un instant, la directrice de la formation regretta de m'avoir accepté dans la promotion avant d'adhérer au panache de la question. Ça a jeté un froid, mais j'ai aimer poser la question. Les questions sont comme des mots d'enfant qui découpent en pointillé le message que notre conscience doit réaliser volontairement.

Encore une remarque à propos de l'intertextualité. J'ai En centans, nous sommes passés du livre au texte et du texte au message. Quelle ne fut pas ma surprise, en lisant le Dictionnaire des idées reçues de Flaubert dimanche dernier, de découvrir que pour Flaubert ou ses contemporains, il était très chic de dire "message" plutôt que "lettre", d'où  il valait mieux transmettre un message qu'écrire une lettre, ai-je extrapolé. Nous y sommes. De même que le nouveau roman a voulu réaliser le rêve de Bouvard et Péccuchet.

L'athéorie


En lisant la fiche Wikipédia du dictionnaire des idées reçues, j’apprends que l’auteur « utilise souvent al’infinitif à valeur d’impératif impersonnel. » Et cela me fait ressouvenir de mon adolescence où je me méfiais de la grammaire qu’on m’enseignait, et où je confondais la littérature avec la dualité des synonymes, entre lesquels je jugeais qu’il ne pouvait y en avoir qu’un de bon, l’autre étant forcément mauvais. En guise de choix du mot juste, l’exclusivité (entre autres) accordée à « manière » contre « façon », fit écrire à Nathalie G. sur le Versabraille, dans un chapitre qu’elle me consacra sous le titre « Weinspomme » : » De toute façon, le mot façon est une façon de dire manière ». Mon choix de « manière » contre façon prouvait que j’étais déjà contre la contrefaçon des génériques. À cette époque, je refusais de croire la grammaire, du moment qu’elle avalisait le style télégraphique et les phrases sans verbe, le recours au mot « ça », aux tirets et à l’infinitif détourné de sa fonction complétive ou de sujet d’une proposition qui portait son nom. En lisant cet après-midi que l’infinitif remplissait un vide de l’impératif, celui de l’impersonnel, outre le défaut de la première personne du singulier et des troisièmes personnes du singulier et du pluriel (car l’infinitif est un mode défectif), je mesurai le temps perdu.

 

Ne croyant pas à la grammaire en haine  de l’amputation du verbe conjugué, garant d’une structure de phrase où il serait actif à la place du sujet, j’ai, durant toutes mes études de lettres et encore aujourd’hui, nourri une grande suspicion contre la théorie littéraire, dont l’importance qu’elle a prise dans les études de lettres comme réflexion masturbatoire prenant la littérature pour objet transitionnel de sa propre recherche, au lieu de fouiller la mémoire ou l’esprit, s’introspectant de Gérard Genette à Maurice Blanchot, ne s’explique pas plus à l’Université qu’il n’est légitime, au lycée,  qu’on dégoûte des élèves de lire, en les obligeant à écrire des essais littéraires, et donc à faire de la critique littéraire avant d’avoir rien lu, par pur bachotage.

 

Quelle ne fut pas ma surprise, reprenant mes études à Lille et m’étant promis d’avoir moins d’œillères, de découvrir que les structuralistes étaient aristotéliciens avant que d’être marxistes. Ils inscrivaient le temps dans l‘espace du langage, c’était leur manière de le matérialiser et de le couper de l’éternité pour le perdre de mots.

 

Drôle d’érotique que celle des lettres, qui reculent les limites de la pudeur jusqu’à l’exhibition sans attentat, tout en rendant sa critique métaipsiste, abstraite et onaniste au moment même où s’effectue cet effeuillage et ce passage du stade anal au stade génital le plus cru, sur une ligne qui va de Pantagruel à histoire d’O, en pleine libération sexuelle. 

 

Mais pour moi qui ne voulais pas croire à la théorie pour faire des phrases simples ou complexes, mais jamais elliptiques, que de temps perdu ! De même que je ne m’inscrivais pas dans l‘histoire, car je refusais cette dimension cathoo-laïcisée de la culture, qui avait transformé le culte des saints en dialogue avec les grands morts. Si on faisait s’effondrer les phrases, je  ne voulais plus rien savoir, et la littérature ne devait pas me raconter d’histoires.

La vocation de Lourdes

Mon ami GEORGES me rappelle  opportunément QUE LOURDES ETAIT LA propriété d'un émir qui s'est converti sous Charlemagne, sous la condition que ses terres seraient placées sous la protection de la Vierge Marie, terres dont la toponymie, Al-Ouarda, signifiaient "la rose".  La dévotion du rosaire ne se développera que quatre siècles après la conversion de l'émir  qui possédait le château de Lourdes, comme si la vocation de cette cité, mariale par le vœu de l'émir, et dont on peut se demander pourquoi l'Eglise de France y a concentré toute sa dévotion mariale, consciemment pour la canaliser, semble-t-il, était, comme à Soufanié en Sirie, pays martyre, de favoriser le dialogue islamo-chrétien, moins pour préserver la France du danger de l'islam comme Marie l'a fait en 1947 à l'Ile-Bouchard à l'encontre du communisme, que du danger de la guerre civile.

jeudi 10 mai 2018

Pourquoi les parents d'enfants handicapés devraient abandonner le discours inclusif!

Voici un argumentaire difficile à entendre, mais qui, loin de constituer un discours régressif, peut provoquer une prise de conscience à partir de laquelle les parents concernés pourraient sortir la tête de l'eau.

D'abord les enfants "en situation de handicap" sont  handicapés,infirmes,déficients, différents. "Ensituation de handicap" est une horrible périphrase qui est née avec la loi de 2005 sur le sujet, loi qui partait du principe complètement "anti-physique" qu'il n'y a pas de déficience corporelle, iln'y a que des situations handicapantes. Le handicap passait donc d'une condition physique difficile et souvent irréversible qui vous ennuie tous les jours à une situation qu'on  serait censé pouvoir vaincre à long terme, l'être humain ne voulant plu accepter qu'il a des limites. Le passage du handicap du champ de la déficience à celui de la situation était le premier pas vers le transhumanisme. -Je ne crois pas forcer le trait et je ne suis pas sûr d'être contre le transhumanisme, tout dépend de ce qu'il deviendra. D'instinct, je suis pour le transhumanisme égalitaire et contre le transhumanisme eugéniste. Je crois que l'homme peut nepas augmenter que les privilégiés. D'accord, l'égalité ne marche pas quand il s'agit d'enrayer les maladies, mais passons.-
Du refus de la limite et de voir la condition du corps comme il est,  il en est résulté quelque chose de totalement fou: les handicapés ont prétendu convaincre les valides qu'ils étaient des valides comme les autres et qu'il suffisait de les intégrer pour s'en apercevoir. -Pardonnez-moi de préférer ne pas être banal.- D'abord, ce n'est pas vrai. Une entreprise ne peut pa embaucher 6 % de travailleurs handicapés, car son but est de faire du chiffre, d'être rentable, et les travailleurs handicapés ont beau,souvent mais pas toujours, compenser leur handicap par des qualités professionnelles, un travailleur handicapé ralentit généralement la boîte  qui l'emploie. Ne pas l'admettre relève de l'aveuglement volontaire. De plus, ce combat pour être des humains standards a obligé les adultes handicapés à se replier sur eux-mêmes, si bien que la plupart des handicapés qui réussissent professionnellement (je n'ensuis pas  et je vais finir par en être fier) le font dans le milieu du handicap. Voilà pour les adultes.
Maintenant les parents parlent au nom des enfants. Quoi de plus normal, me direz-vous, c'est ce que font tous les parents.  En eux-mêmes, les "enfants en situation de handicap" ne veulent riendu tout, sauf être regardés pour  ce qu'ils sont, avec leurs capacités et leur(s) infirmité(s). Ils ne tiennent pas spécialement à être comme les autres. Ce ne sont pas eux qui font des mains et des pieds pour être intégrés de manière inclusive dans l'école ordinaire. Ce sont leurs parents qu'on a convaincus de tenir ce discours, et on les comprend, car ce discours est consolateur. Il leur permet, au moins dans un premier temps et apparemment, de sortir de leur solitude et de l'abandon social dont ils font l'objet. Mais la politique inclusiviste a un vice. L'Etat lui fait toutes ses promesses. Mais puisque les parents veulent que leur(s) enfant(s)  soi(en)t intégré(s) dans le milieu ordinaire, il ferme tous les centres spécialisés. La conséquence, c'est que, faute de ne pas avoir leur place partout, les enfants "en situation de handicap" n'ont plus leur place nulle part.

L’IVRAIE DES IDÉES REÇUES


Je viens d’achever la lecture du dictionnaire des idées reçues de Flaubert. L’envie m’en a pris après que j’ai hasardé sur « le blog de Bilger », comme dirait Patrice Charoulet, que Flaubert ne se prononçait pas tant sur la recevabilité de ces idées ni n’incitait à toute force à démanteler ces préjugés, qu’il ne notait tout simplement que ces idées étaient reçues. Apparemment, Flaubert entendait dresser le catalogue des « Clichés de la société française » qu’il appelait aussi les « opinions chics ». C’est dire que Flaubert se faisait une idée du chic qui allait au rebours de ce que nous entendons aujourd’hui par le snobisme, puisqu’il semble bien que les opinions chics exposées par Flaubert recensent celles de la majorité un peu cultivée et bourgeoise de son temps, alors qu’aujourd’hui, le snobisme désigne l’avant-garde, et dessine les contreforts de cette noblesse « sine nobilitate » qui se croit en avance sur son temps parce qu’elle énonce et voudrait bien conjuguer des opinions paradoxales et transgressives. Or les opinions recueillies par Flaubert semblent tellement lui appartenir, pour certaines,  qu’elles pourraient dessiner le portrait moral  de ce voltairien qui se vautre, comme Rimbaud, dans certaines notations grossières comme celles sur l’odeur des pieds, mais  refuse de sentir le soufre comme « l’homme aux semelles de vent », refuse d’être « absolument moderne » et semble se réfugier dans l’hygiène et dans la santé parce qu’il l’a fragile,parce qu’il est frère de médecin, parce qu’il se prend pour l’idiot de la famille ?

 

Flaubert le pourfendeur est l’un des précurseurs du dictionnaire amoureux. L’apologie de ses petites médiocrités personnelles perce sous le dictionnaire impersonnel. Il est le précurseur de l’abécédaire et de la pensée classée. Paradoxe de l’un des plus grands prosateurs de la langue française, dont on ne cesse de parler du gueuloir, qui nous a présenté dans Madame Bovary parmi les plus beaux chefs-d’œuvre de la narration, mais qui est doté d’un caractère de nihiliste à alcoolfort, tellement qu’il collige travers et hérésies, dont il fera trois prototypes du « roman sur rien » qu’il rêvait d’écrire, avec la tentation de saint-Antoine, Bouvard et Pécuchet, et  ce dictionnaire des idées reçues avant tout par lui-même, qui n’est pas tout à faitMonsieur Homais parce qu’il ne se prend pas au sérieux comme le pharmacien, mais qui a quand même, lui qui éprouve de l’aversion à ce que l’on tonne contre les forts en thème,  un scientisme et un voltairianisme à dégoûter Baudelaire, sans parler de son amitié pour George  Sand.  « On s’ennuie en France parce que tout le monde y ressemble à Voltaire », écrivait l’auteur de fusées.  « La dame Sand est le prud’homme de l’immoralité. […] Elle a le fameux style coulant, cher aux bourgeois. Elle est bête, elle est lourde, elle est bavarde. Voir la préface de Mademoiselle La Quintinie, elle prétend que les vrais chrétiens ne croient pas à l’enfer. Elle a de bonnes raisons pour vouloir supprimer l’enfer. »

 

Flaubert ne le supprime pas. Deux de ses trois livres nihilistes, les idées et la tentation, sont inachevés, comme si la mort avait aggravé l’achèvement nihiliste et la disparition du bourgeois de Croisset dans le refus du déclassement et l’absence de radicalité, car Flaubert n’est pas Sénécal. Il connaît l’enfer du cynisme et du paradoxe, celui-ci ne consistant pas tant à professer une opinion provocatrice, différente et contradictoire, qu’à endosser dans son corps la pensée qui répugne à son esprit : le cynisme est d’abord intérieur. L’intelligence de Flaubert répugne à tant d’idées graveleuses, conservatrices et grasses, qui sont pourtant les siennes et qu’il serait inutile de déraciner, car colliger les idées reçues n’est pas dénoncer la doxa.

 

mardi 8 mai 2018

Macron le complexe entrumpé dans l 'Orient compliqué

Quelle défaite pour "la diplomatie cajoleuse" (Bruno Jeudi) de Macron, maître du monde. Rien ne servait de se faire remonter le col de la chemise par Donald Trum qui assurait dans sa conférence de presse qu'Emmanuel Macron (sou-entendu était tellement c.... qu'il) ne pouvait pas se douter de ce qu'il allait faire. Quelques jours avant ce voyage où notre président allait se faire amidonner, son altesse compléxissime essayait de nous expliquer qu'il s'était joint à Donald Trump et à Teresa May dans une frappe en Sirie déjà  indirectement dirigée contre l'Iran pour mieux battre Daech que cettte frappe ne visait paas et que Bachar venait de battre dans la Ghouta orientale. Macron le lyrique s'était associé à cette frappe bien qu'il ait dit dans un autre discours qu'il n'avait pas de ligne rouge et n'avait que des horizons.  Mais voilà, Macron n'aimait pas quand il avait piscine. Une petite voix chantait en lui "Va y avoir du chlore, Bachar c'est Smoky!" Macron, notre roitelet  à la mémoire d'éléphant, ne se souvenait pas de Colin Powell. Et,à la veille de fêter les cinquante ans de mai 68, il ne se souvenait pas que Daniel Cohn-Bendit se plaignait à l'époque que la police asphyxiait les étudiants avec cette arme chimique contre laquelle la France n'avait pas encore signé de convention, sachant que l'idée ne serait jamais venue à De Gaulle de frapper la Sirie. Moins subtil, Netanyahou rejoua le rôle de Colin Powell et lors d'une conférence de presse, ouvrit son placard en disant: "Tout est dans mon sac.
-Et qu'y a-t-il dans votre sac?
-La preuve que l'Iran ne respecte pas l'accord anti-nucléaire.
-Mais vous-même, n'avez-vous pas l'arme atomique?
-Nous ne sommes pas assujettis aux traités de non prolifération, nous ne sommes pas un Etat comme les autres, nous sommes un "peuple d'élite, sûr de lui et dominateur!"
Teresa May fait face aux mêmes contradictions qu'Emmanuel Macron, maître du monde, au moment où elle met en œuvre le Brexit pour redevenir l'œil de Moscou des Etats-Unis par anti-poutinisme. Il est donc peu cohérent de s'opposer à Trump après venir de s'allier avec lui contre l'Iran, contre la Sirie, avec l'Arabie sahoudite, Israël, al-Nostra, Al-Qaïda et Daech en frappant Damas. S'il y a là anti-géopolitisme, la France et le Royaume-Uni le partagent largement avec la Commission européenne et à tout prendre, Angela Merkel, ancienne partisane d'un accueil inconditionnel des réfugiés politiques,met plus d'âme dans la géopolitique européenne que les euratlantistes du "vieux monde" qui croient appartenir au nouveau monde parce qu'ils sont des alliés de l'ancien Nouveau-Monde. (Macron tutoie les premiers de cordée à qui il disait dans l'agiographie de Bertrand Delais sur Manu enfant roi diffusée hier soir: "Tu peux aller conquérir les Indes pourvu que tu créées des comptoirs à ton retour pour faire travailler l'équipage". (Citation à peu près textuelle.) Macron tutoie Colomb parce qu'il tutoie Collomb.
Je remarque aussi que les idées simples sur l'Orient compliqué de l'Otanie préfèrent la politique de l'Arabie sahoudite à celle del'Iran ou du Qatar (qui ne sont pas tout à fait les mêmes). L'Otanie préfèrent que la Sirie ne  bénéficie pas d'un Etat laïc et que l'Egypte voie un "frère musulman" élu démocratiquement être renversé, si cela peut permettre aux chrétiens d'Orient d'être protégés.

Enfin, qui sont les vrais multilatéralistes dans le monde? Trump s'en prétendait le champion pendant la campagne qui a assuré son élection. Macron disait s'envoler vers lui pour aller le lui prêcher. Mais la Russie se montre plus respectueuse de la multipolarité du monde, sans parler de la Chine, qui voudrait que les échanges mondiaux soient adossés à une monnaie mondiale qui prenne en compte les réalités économiques de chaque pays  sans reposer sur la domination unilatérale du dollar. Et pourtant la Chine ne déclare pas la faillite des Etats-Unis, dont l'économie repose sur une montagne de dettes dont elle détient l'essentiel des devises.

mercredi 2 mai 2018

Peter Sloterdijk, l'Europe et la civilisation occidentale


Peter Sloterdijk à Dominique de Villepin, cité par Bruno Lemaire dans Des hommes d’Etat : « Les Américains veulent retrouver le dopage par la religion. Nous, les Européens, nous sommes des dépressifs modérés, parce que nous avons compris que la mélancolie n’excluait pas la création. Regardez #Angela Merkel,  c'est tune mélancolique énergique, elle a la mélancolide des lèvres qui descendent. Nous avons aussi fait la paix avec le mépris. Nous nous sommes résignés à cette idée terrible. Maintenant il nous reste à désapprendre une chose, la psychanalyse, parce qu’on ne souffre pas que du manque d’amour. On souffre aussi du manque de fierté. Il faut moins d’amour et plus de fierté."

 

La fierté apartie liée avec l’honneur. La psychanalyse nous ayant appris à déshonorer nos parents, nous avons perdu l’honneur, en tant que civilisation en malaise. Notre malaise vient aussi du sentiment de culpabilité. Celui-ci est l’exercice du sentiment judéo-chrétien devenu introspectif à défaut de s’inscrire dans l’action. L’Europe juge la civilisation occidentale sur laquelle elle n’exerce plus d’action ni de volonté de puissance, au contraire des Etats-Unis. La conscience d’une civilisation à propos de sa mort procède d’un renoncement à son irresponsabilité, qui est la condition cynique de son existence, de son développement et de sa survie. L’introspection européenne et son sentiment de culpabilité ont réduit ses questions existentielles à la critique de sa faculté de juger et de ses préjugés. Le choix du signe au détriment du sens conduit au nihilisme gestuel de l’art contemporain. Le nihilisme européen est le signe du renoncement de l’Europe à sa civilisation et le synonyme de la (et de sa) décivilisation.

 

mardi 24 avril 2018

Trump et Macron, l'angelot et Angela

Il n'y a pas d'agenda caché, mais il y a un agenda que les médias nous cachent. Les médias ne sont pas kash. Ce n'est pas de la désinformation,  ce n'est pas de la rétention d'information, c'est de la sous-information.
La semaine dernière, on avait droit à un @EmmanuelMacron répondant à beaucoup d'interviews "au national", puis prononçant un discours au Parlement européen, tellement il était Européen, tellement il n'était pas le vassal des Américains. Mais tous les journalistes auraient dû  consulter l'agenda de l'Élysée et nous prévenir que la semaine suivante, Emmanuel Macron irait aux Etats-Unis  consommer sa vassalité: "Combien je suis heureux de frapper la Sirie  en toute souveraineté européenne avec toi, cher Donald!"
La France met en scène son Macron, son "angelot" en principal leader de l'Europe en relation avec le président des Etats-Unis, le présumé plus puissant des Européens qui vient d'inventer le néologisme "impuissanter". De temps à autre, on annonce qu'#AngelaMerkel  succédera à l'angelot dès vendredi à washington. Or on sait bien que, pour Trump, c'est le dernier qui a parlé qui a raison. Donc nul doute qu'après l'angelot, Angela fera partager l'Europe allemande à Trump qui est d'origine allemande et qui n'aime rien tant que les femmes originaires de la mittel Europa.
Si tant est que Trump soit à même d'être convaincu de quelque chose. Macron ne doit pas perdre la face. Le narcissisme présidentiel du génie des carpettes ne le supporterait pas. Trump veut dénoncer la participation des Etats-Unis à l'accord iranien. Macron fait mine de l'avoir convaincu et parle d'un nouvel accord avec l'Iran. Macron confond le fait de parler avec tout le monde avec la capacité de convaincre quelqu'un. Il joue les champions du multilatéralisme contre un Trump qui serait unilatéraliste. Or toute la campagne de Trump était basée sur un multilatéralisme avec les Etats-Unis qui n'a pas tenu ses promesses isolationnistes. Macron est un persuasif qui ne convainc personne. Le leadership de la France n'en sort pas grandi.

jeudi 19 avril 2018

QUAND LA CONTESTATION DÉPASSE LES CONTESTATAIRES !


Il ne faut pas redouter la chienlit, elle nous protège.

 


 

 

Chers billettiste, lecteurs et commentateurs,

 

Ce " prurit de contestations dont on ne sait plus trop bien ce qu'elles dénoncent", ne doit-on pas lui mettre en parallèle une confusion d'humeur louangeuse dont on ne sait pas bien ce qu'elle approuve ? Et les "insupportables déréglements sociaux et professionnels" n’ont-ils pas été provoqués par la déréglementation des professions réglementées qu'au titre de l'application du rapport Attali, mais aussi de la feuille de route de la Commission européenne, Emmanuel Macron a méticuleusement portée ?

 

Je dois reconnaître au président de la République que, dans sa volonté de restaurer "l'autorité de la démocratie" contre le risque de "démocraties autoritaires" ou "illibérales" -un de ces néologismes dont il raffole et qui dans sa bouche est synonyme d'" anti-individualiste »-, il refuse courageusement d'être une "machine à supporter toutes les interpellations", c'est-à-dire qu'il signifie qu'on ne doit pas attraper un président de la République par la manche avec un irrespect qu'on n’aurait pas pour un directeur d'école. Mais l'exercice de cette autorité est anachronique, pratiqué par le garant de l'organicité sociale, qui ne comprend précisément pas le caractère organique de la société, et qui brise les joyaux du patrimoine de la solidarité nationale.

 

Les " cheminots " "ignorent" "les étudiants » ? N'en a-t-il pas toujours été ainsi ? N'en fut-il pas de même en 1968 quand les ouvriers et le parti communiste ne trouvait pas très sérieux ce monôme sociétal avant la lettre, annonciateur de la dérive que connaîtrait le parti socialiste quarante-cinq ans plus tard, avec l'irruption du "mariage pour tous" comme priorité du quinquennat de François Hollande ? En 2005, les faiseurs d’opinion et Nicolas Sarkozy lui-même qui s'en servit comme tremplin pour avoir la peau de son rival Villepin, firent les yeux doux aux contestataires du CPE. Or ceux-ci, avec Bruno Julliard à leur tête, étudiant attardé qui juré craché ! ne ferait pas de politique et qu’on retrouva conseiller à l’Éducation nationale de Martine Aubry première secrétaire du PS, n’agissaient-ils pas beaucoup plus que nos bloqueurs d’aujourd’hui, au rebours de l'intérêt des salariés et des actifs de leur âge, qu'ils privaient d'un contrat qui leur aurait permis d’entrer dans l’emploi tout en faisant mécaniquement baisser le chômage des jeunes ? Ces étudiants d'il y a dix ans, à qui les médias faisaient la courte échelle,  étaient beaucoup plus nocifs que les agitateurs d'aujourd'hui, non qu'en s'opposant à une sélection minimale et nécessaire, ces derniers comprennent ce qu'ils font, mais ils sont l'avant-garde du service public, combattant consciemment pour la sauvegarde de ses acquis sociaux, comme s'il devait exister des droits acquis dans une République fondée par et sur l'abolition des privilèges ; mais combattant inconsciemment pour la sauvegarde de ce service public de la société par l’État, qu'une droite idéologiquement opposée à l’existence même des fonctionnaires a eu beau jeu, jusqu'à Fillon lui-même, d’attaquer comme un corps paresseux et non dévoué à sa tâche, mais dont on voit, maintenant qu'il n'y a plus personne dans les petites gares pour faire monter les personnes âgées et les handicapés, qu’il n’y a pas assez de policiers, pas assez de juges et que les tribunaux d'instance ferment à tour de bras, pas assez de personnel soignant, quelle déperdition est la casse de ce service public par l'ingénierie sociale des ronds de cuir, précurseurs de l'"et en même tempsisme (et tant pisme)" d'une République de la proximité qui s'éloigne ou de la "santé qui n'a pas de prix, mais a un coût", et qui prévoient un redéploiement partout, sauf dans l’ingénierie sociale...

 

Alors bien sûr, les cheminots ignorent les étudiants, mais ça ne compte pas. Il vaut mieux écouter les postiers qui, au coude à coude avec les cheminots, nous explique que la SNCF qui devient une société anonyme finira comme la poste qui ne distribue plus le courrier et n'aide plus ses usagers vulnérables à remplir un formulaire. Il faut entendre ces fonctionnaires qui nous rappellent qu’un statut protecteur et avancé des agents de l’État est la garantie d’un niveau élevé de qualité du service public. Il faut considérer ces soignants qui, dans l'émission "Les pieds sur terre" de ce jour, mettent Martin Hirsch devant ce bilan calamiteux et pire que celui de Stéphane Richard à France télécom, que cet ancien directeur du cabinet de Bernard Kouchner s’étant perfectionné au service de l’abbé Pierre, ce paupérocrate à la sauce Emmaüs, a causé le plus grand nombre de suicides qu'on n’ait jamais enregistré dans le personnel de l'assistance public hôpitaux de Paris (APHP). Je constate que les médecins de ville ne visitent plus leurs malades, même ceux qui ne peuvent plus se déplacer. Accompagnant il y a deux ans ma très proche, ayant perdu la vue et qui se paraparésiait, j'ai assisté à cette scène ubuesque et inoubliable de cinq cadres de santé compétents, bienveillants et au bord des larmes d’une clinique privée, qui refusèrent car c’était la loi du système, de la garder le temps qu’une solution soit prête pour l’accueillir à domicile, et qui prétendirent nous convaincre que la meilleure chose que nous ayons à faire était de rentrer chez nous, alors même que les infirmières à domicile nous avaient fait savoir par téléphone devant ces cadres de santé que nous avions pris à témoin, qu'elles n'assureraient pas la prise en charge médicale de ma compagne, qu’elles estimaient trop lourde.

 

Que dire après cela ? Faut-il laisser la France se tiers-mondiser et devenir une favela sans solidarité ? Le président de la République se frotte les mains parce que la promesse de la sociale démocratie de niveler la condition des salariés par le haut est intenable, la sociale démocratie étant le bras gauche de l'individualisation de la société dont le libéralisme cyniquement économique est le bras droit. Ce n'est pas parce que cette contestation sociale fait quelque chose qui la dépasse qu'il faut jeter le bébé de ce qui l’agit par-devers elle et de ce qui nous rassemble comme peuple et comme société politique avec l'eau du bain de méthodes d’expression d’une saine colère que, même dans le village d’Astérix, on aimerait voir plus matures et surtout plus opérationnelles. Et si, comme le disait Michelet, la France, au-delà d'être un peuple de râleurs, demeurait malgré tout "la Révolution » ?

lundi 16 avril 2018

La fête à Macron pour la défaite de Macron


Macron a perdu, c’est entendu. Il a perdu son match de catch. Mais s'est-il révélé "fort et solide » ? Ceux qui disent qu’il s’est révélé « fort » et « solide » n’ont pas dû regarder la même interview-"débat démocratique" entre deux éditorialistes-"interviewers" et le président de la République. Je l'ai trouvé susceptible et vulnérable. C'est tout juste si JJ. Bourdin n'était pas tenté de lui dire, dans les premières minutes : "Emmanuel, calme-toi !" Il n'a ajouté "Macron" à « Emmanuel » qu'en s’apercevant de lui-même qu’il poussait la familiarité un peu trop loin.

 

Je sais gré au président de nous avoir offert cette forme modernisée de l'interview présidentielle. Un président n’affaiblit pas la fonction présidentielle en descendant dans l’arène au risque de se faire traiter en incipit par la vedette des matinales politiques d’» illusionniste [de] l’histoire ». Ces deux gérontes de Bourdin et Plenel dégagent un parfum de casseroles, mais ont de la bouteille.

 

Macron n'est pas arrivé à convaincre qu'il a ordonné cette frappe en Sirie sans enfreindre le droit international, qu'il combat Daech en combattant Bachar, qu'il n'est pas le président et l’ami des riches, et que sa politique est efficace.

 

Macron fait du Hollande au train de Sarkozy. Sa politique Canada Dry sent la réforme, a la couleur de la réforme, mais revient à Macron-Jupiter sans avoir accompli ses résultats. Les deux exemples du jour :

 

-           Sa ministre de l’enseignement supérieur promet que l’organisation des examens ne sera pas affectée par le blocage des universités, et Nanterre reporte son premier partiel.

 

- Macron et Philippe croient avoir évacué Notre-Dame-des-Landes, mais les zadistes qui partirent trois cents reviennent sept cents au cours du week-end.

 

Macron est payé par la France pour travailler contre la France sur ordre du peuple français, que personne n'a forcé à l'élire.

 

Macron est insaisissable comme Hollande et intéresse comme Sarkozy. Sa communication parie sur le mystère. Macron est charismatique, c'est-à-dire qu'il peut faire des miracles par hasard, sans être le dépositaire du pouvoir sacré. Moi qui ai toujours été légitimiste, mais qui doute de la légitimité de Macron et qui n'aime pas Macron, je mentirais si je disais qu’il ne m'intéresse pas. J'ai envie de savoir qui il est, même si je sais qu'il fera tout pour que je ne le sache pas et pour noyer le poisson, afin de rester le maître de la connaissance qu’on a de lui.  J'ai envie de savoir s'il est aussi cultivé qu'on le prétend et pourquoi un homme qui a déjà fait montre de tant de lacunes passe pour un enfant prodige. J’ai envie de comprendre pourquoi ce rhéteur qui réussit la captatio benevolentiae n'est pas un homme de bonne volonté. Ce monarque qui ne guérit pas les écrouelles, et qui ne cesse de pousser l'égocratie absolue jusqu'à dire "je (détermine la politique de la nation, en omni-président, et en infraction à l'article 20 de la Constitution, sans que Bayrou mon allié me désavoue en écrivant un livre contre moi, comme il l’a fait contre Sarkozy pour les mêmes raisons. » Cf. F. Bayrou, Abus de pouvoir, Plon), m'apparaît depuis son élection comme un méchant roi, le roi Turlubulu d'un conte que je ne parviens pas à retrouver. Cet élève mal fini chasse les élèves d'une école de l'Orne pour se faire interviewer dans une salle de classe vide. Ce président qui se rêvait comédien investit le théâtre national de Chaillot dont le public est interdit d’entrée pour jouer devant une salle vide. Les médias se gardent bien de commenter ces deux éléments de décor choisis par ce fou devenu roi. Drôle de complexé, qui se prend pour un homme doté de « pensée complexe" et joue la complexité du pouvoir !