Pages

vendredi 7 décembre 2018

Macron ne sera pas décapité

Trois remarques en réponse à l'article de Philippe Bilger: https://www.philippebilger.com/blog/2018/12/quoi-quil-se-passe-le-8-d%C3%A9cembre.html#comments. 1. Qu'y a-t-il de commun entre Macron et Giscard? En dehors du jeune âge auquel ils sont parvenus au pouvoir eu égard à la tradition d'ascention républicaine, rien, sinon que Giscard avait une fascination pour Luis XV bien qu'il appartînt à la bourgeoisie voltairienne, celle que Baudelaire accusait de provoquer "[l'ennui] en France parce que tout le monde y pense comme Voltaire ». Mais Giscard était fasciné par un aspect de la personnalité de Louis XV qui était ses scrupules. Il était fasciné par la figure du Bien-aimé telle que la lui donnait à lire Paul Del Perugia, historien catholique fervent et très minoritaire dans la faveur avec laquelle il considérait le roi, parce que celui-ci s'abstenait de communier étant donné ses liaisons adultérines peu adéquates avec les ordres de son confesseur, ce qui prouvait qu'il prenait la religion au sérieux. Or pour Macron, c'est le contraire. Il s'est très tôt posé la question religieuse, faisant lui-même le choix d’être baptisé à la réprobation de son père, avant de prendre la transgression au sérieux et en quelque sorte de donner sa revanche à Gabrielle Russier, morte d'aimer. Dans le mariage éphébophile que ce briseur de ménage a fait contracter à sa femme Brigitte, le professeur était une femme et c'est Macron qui l'a forcée. Cette transgression a fasciné des élites éclairées croyant relire "Adolfe" de Benjamin constant ou mésinterprétant "Le lys dans la vallée" comme si l'héroïne du roman se fût jamais donnée à son amant et ne lui eût pas opposé sa vertu par frigidité aristocratique sous couvert de morale chrétienne. Giscard donne la clé de sa fascination pour Louis XV DANS LE PREMIER TOME DU "Pouvoir et la vie", expliquant que sa femme, espérant malgré tout du salut de son âme, lui qui était en clin à des mœurs légères, l'avait ancré dans le catholicisme qu’il prenait à son tour malgré tout au sérieux. Giscard le voltairien avait des scrupules ou des « pudeurs de gazelle ». Comme Voltaire en sa chapelle de Fernay et qu'un chapelin accompagnait sur son lit de mort? Peu importe, dirait-on, ce que ces différents protagonistes ont fait de la figure du roi qui précéda le roi décapité. Car ce qui compte au bout de cette première remarque (ce n'est pas moi qui l'ai trouvé), c'est qu'Emmanuel Macron semble connaître le destin du Bien-aimé. Il doit finir en mal aimé. Qu'aimait-on dans le Bien-aimé? Un enfant- roi. Que finit-on par détester dans le Bien-aimé? Le même enfant qui abuse de sa royauté et ne sait pas discipliner ses plaisirs. 2. Le président est celui qui a théorisé que le peuple est en mal d'avoir décapité le roi, sans imaginer qu'ilpourrait être le suivant, si l'exerciice du pouvoir était trop vertical, monarchique, disaient les politologues, engoués de l’esthétisme du contraste de cette monarchie républicaine, jupitérien comme disait Macron, personnel comme dénonçait Mélenchon, qui aurait lui-même exercé un pouvoir on ne peut plus personnel s'il avait été porté à la tête d'un Etat que Louis XIV voulait incarner au point de dire: "L'Etat, c'est moi", lui attribue-t-on, alors que Macron, qui se vivait en roi solaire, voulait désétatiser son règne de monarque absolu, de monarque sans Etat, donc de monarque sans objet, dont la monarchie perdait son objet, réduisant le monarque à lui-même c’est-à-dire à néant, et l’exposant à toutes les vindictes publiques. On ne peut être que saisi par cette ironie de l'histoire qui fait que Macron est hanté par les fantômes des Villiers. Philippe de Villiers l'a repéré à la Rotonde. Macron est allé le courtiser au Puy du fou. Il a semoncé son frère en lui disant: "Je suis votre chef." Celui-ci, après avoir démissionné avec fracas, se répand sur le culte (objectivement fasciste) du chef, cependant que François Bert, tout en faisant une analyse très lucide de la vacuité macronienne, demande: "Où sont les chefs?" Je précise, même s'il devrait aller sans dire, que, si je souhaite que Macron soit destitué en ne me faisant pas beaucoup d'illusions, et si j’aimerais qu'il ait la lucidité de démissionner, car un peuple ne peut pas vivre trop longtemps sous un mal aimé au pouvoir en démocratie, je ne souhaite en aucun cas qu'on le décapite. Je souhaite même qu'il quitte cette épreuve avec le moins de lésions psychologiques possible, mais en entraînant, pour lui-même et pour le peuple reprenant conscience de lui-même comme entité politique, une réflexion sur les limites de la réalisation individuelle au pouvoir, qui perd de vue le bien commun et l'intérêt général, ces autres noms de la République comme chose du peuple et non comme idéologie post-révolutionnaire. 3. Vous écrivez, cher Philippe: "[Le président] ne pourra plus rassembler sur sa politique. Il devra rassembler au nom de la démocratie et de sa défense." Doublement non: -Comme beaucoup, vous confondez démocratie et République. Le président a pour lui la légitimité républicaine. Mais la République étant née d'une insurrection, la légitimité républicaine contient le renversement de la figure qui incarne la République. La France ne peut continuer longtemps à jouer avec ses symboles, sous peine d’être schizophrène et de se dire, d'un côté, issue de la Révolution et de l'autre effarouchée par le risque du coup d'Etat. -Le président de la République a la légitimité du suffrage universel. Il a donc la légitimité démocratique. Il a la légitimité de la démocratie représentative. Mais ce modèle est à bout de souffle, comme la sociale-démocratie des corps intermédiaires artificiels et d'une représentativité caduque qui l'accompagne et co-gère l'administration des choses avec le personnel politique. L'avenir est à l'autogestion politique, à la démocratie participative, à la démocratie directe, ce modèle que, quoi qu'il en demeure, les Gilets jaunes sont en train d'inventer.

jeudi 6 décembre 2018

Gilets jaunes, diagnostic sans lassitude et sortie de crise

En réponse à l'article de Philippe Bilger: https://www.philippebilger.com/blog/2018/12/pens%C3%A9es-profanes-sur-les-gilets-jaunes-et-autres.html Une certaine bourgeoisie, à laquelle vous appartenez, cher Philippe, veut bien écouter un moment le peuple, ou disons mieux la classe moyenne, mais ensuite il faut que les choses reviennent au point mort et que le peuple rentre à la niche. Ainsi prend-on congé de la classe moyenne. Vous le faites dans ce billet, moins coupable que Jacques Julliard, qui a consacré toute sa vie, avec la deuxième gauche, à la défendre, mais qui quand la classe moyenne s'émancipe de sa cléricature, la trouve geignarde, vindicative, ridicule, méprisable. (Cf son article: "Le mai 68 de la classe moyenne" dans le Figarovox.) Il n'y a pas d'âge pour continuer à être éditorialiste à "Marianne" ou chroniqueur sur "Sud radio" parce qu'on aime les débats, ou invité permanent de "RTL" ou de "C dans l'air" comme l'est Roland Kayrol, 78 ans, et pour dire, comme il le faisait hier soir où Caroline Roux baisse la tête dès que cet oracle a parlé, que le peuple n'a pas inventé la lune (lui non plus que l'on sache!), avant d'en appeler à un retour à la gestion non représentative de ce mécontentement par ceux qui en sont les professionnels, ces fameux "corps intermédiaires" qui ne sont que la branche catégorielle et militante de cette intermédiation, les syndicats, et qui ne font qu'avoir leur rond de serviette de partenaires sociaux dans la sociale démocratie, quand ce qui sourd de ces manifestations, dont je prédis quant à moi qu'elles retombent elles aussi par effet de souffle, est un appel du peuple à la démocratie participative pour remplacer la sociale démocratie. Ce que je ressens confusément depuis qu'Emmanuel Macron est candidat, mais comme une évidence depuis la fin de sa campagne et a fortiori depuis qu'il est élu, ce n'est pas seulement qu'"il est têtu, le petit roi", mais qu'il est méchant. Emmanuel Macron est un roi méchant, irrespectueux et se moquant du monde, dqui n'est absolument pas venu faire un acte compassionnel en visitant la préfecture incendiée du Puy-en-Velay, mais dire aux Français comme à des chiens en leur mettant le nez dans leurs flammes à défaut de leurs déjections: "Regarde ce que tu as fait", cependant qu'"en même temps" (la relation humaine qu'instaure un pervers narcissique repose toujours sur l'injonction paradoxale), il lâchait du leste. "Le président, selon un proche, "vit très mal d'être détesté par les Français" (Le Monde)." C'est bien normal, lui dont le pouvoir prétendait reposer sur un amour irrationnel, basé sur une tolérance médiatique inconditionnelle pour la moindre de ses bévues. "Ou bien dois-je admettre que la France ne tolère que des Pères de la patrie passifs - par exemple Jacques Chirac et son immobilisme - mais se cabre face à ceux qui aspirent à la réformer ? " Carl Zéro l'a dit mieux que quiconque dans son film "Dans la peau de Jacques Chirac", Jacques Chirac voulait prendre le pouvoir, mais pour n'en rien faire. Mais au-delà de cette posture d'immobilisme, l'homme qui souffrait du syndrome de Malik oussekine aggravé par la gestion calamiteuse par Juppé du mécontentement qu'il provoqua en 1995, avait une hantise: ne pas bouleverser les équilibres d'une société qu'il sentait fragile. Hollande a sans doute pâti du même sentiment (tropisme corrésien il faut croire). Quant à "réformer la patrie", si c'est pour la projeter définitivement dens la prédiction technicienne de Bernanos de la France contre les robots, si c'est pour la robotiser et faire des citoyens des machines "laborieuses", mobiles, flexibles, sans domicile fixe, saisonnière, sans famille, avec de petits moyens, dont il sagirait que "le travail paye" autant que peut gagner une machine à produire et à consommer au service des investisseurs, des actionnaires et des rentiers, autant qu'on la laisse, cette patrie, à son humanité qui a bien des défauts, hormis celui de n'être plus humaine, trop humaine, lâchement humaine, médiocrement humaine, banalement humaine. "A quoi servirait à Emmanuel Macron de partir dans un autre Baden-Baden puisqu'il n'aurait pas un Pompidou à Matignon ?" Pardon. Le roi méchant se fout de tout, y compris de son premier ministre, qu'un propos rapporté par Le Canard le fait traiter de "branleur", et qu'il laisse ramer au Parlement, où le premier ministre a organisé un débat à sa demande et dont la sortie vespérale du président montre le peu de cas qu'il fait de cette institution républicaine, avant de le recadrer le soir même, par une formule hybride, plus imprécise que "le moratoire" ou "la suspension", puisque le président nous parle d'une "annulation pour un an", ce qui veut dire une suspension, avec remise sur le tapis l'année prochaine, après que les Français se seront accommodés de la baisse du pouvoir d'achat qui aura résulté du prélèvement à la source, sur lequel on peut faire crédit à Emmanuel Macron d'avoir été lucide, pour une fois, et plus lucide qu'Edouard Philippe. Irresponsable, le président, après avoir joué le pourrissement en intervenant "trop tard", s'engouffre dans la brèche ouverte par Marine Le Pen: "On dirait qu'il n'aura bientôt plus d'autre ressource que de tirer sur la foule" pour justifier par avance qu'il n'exclut pas cette option: "Il y a des gens qui sortiront ce samedi pour tuer." Puisqu'ils veulent tuer, il n'y a plus qu'à les tirer comme des lapins. Reste à savoir quel lendemain doit être celui de cette crise: -Il est grand temps et il devient indispensable que les Gilets jaunes s'organisent enfin, et rédigent des cahiers de doléance tout en prononçant s'ils sont favorables ou non aux revendications qu'on présente comme étant les leurs, d'où il ressort un grand bon sens économique, puisqu'ils n'ont pas l'air de penser comme Mélenchon que la hausse des salaires et la revalorisation du pouvoir d'achat devront reposer sur une hausse des cotisations, mais sur une baisse des charges, une des manières proposées d'augmenter le SMIC étant compensée, proposent-ils, par une exonération des charges patronales et salariales sur la valeur de cette augmentation. -Si Macron comprend qu'il doit partir ou si le Sénat comprend qu'il doit le destituer, Gérard Larcher doit assurer l'intérim en tant que président du Sénat. Il peut faire, au cours de son intérim où il doit organiser une nouvelle élection présidentielle, l'autre chose que demande le peuple en mal de nouveau modèle démocratique. Il peut convoquer une assemblée constituante beaucoup plus qu'il ne doit lui-même rédiger une nouvelle constitution, car cette délégation de "pleins pouvoirs" pour rédiger une nouvelle constitution a déjà été le prétexte à l'abandon de la souveraineté populaire à Pétain en 1940, puis à de Gaulle en 1958, dont si le coup d'Etat permanent et militaire s'est transformé en une Vème République acceptable et durable pendant 60 ans, on voit que celle-ci s'essouffle. -Le président par intérim (ou Macron s'il s'accroche à son mandat et ne prend pas la mesure de la dimension personnelle de cette crise) doit enfin prendre un certain nombre de mesures urgentes concernant la revalorisation du pouvoir d'achat, la hausse des salaires et la baisse des dépenses publiques, basé sur un redéploiement budgétaire qui remobilise les fonctionnaires dans les métiers de l'utilité et de la proximité sociale au détrriment de l'ingénérie sociale et de l'invention normative. Il faut qu'un chantier de réformes se mette en place pour que le pays aux 300000 normes les réduise tout au plus à 3000, tous métiers confondus. Voilà qui me semble ne pas nier la crise par fatigue de celle-ci tout en proposant une sortie de crise, ce qui est la responsabilité de quiconque prend la parole en cette période, si faible soit son audience.

mercredi 5 décembre 2018

Jacques Julliard donne congé à la classe moyenne

L'analyse de Jacques Julliard rejoint la mienne sur le point principal en le nommant mieux que moi:la révolte des #GiletsJaunes est "le mai 68 des classes moyennes." "Ne nous le dissimulons pas: si dur à vivre pour les acteurs que soit un mouvement social, si exigeant parfois pour le porte-monnaie, il est aussi une grande parenthèse d'autonomie personnelle, d'autoaffirmation, et par conséquent de jubilation. Dès le début, ce n'est pas seulement de ne pas être écoutés que se plaignaient les «gilets jaunes», c'est de ne pas être reconnus. C'est d'être ceux dont on ne parlait jamais, contrairement aux riches, mais aussi aux pauvres. Trop modestes pour susciter l'envie, à la différence des premiers ; trop à l'aise pour susciter la compassion, à l'inverse des seconds." "Oui, la France est ce pays où la Révolution paraît à toutes les classes de la société comme un préambule nécessaire à quelque réforme que ce soit, et comme les révolutions sont tout de même des choses coûteuses, on finit par renoncer aux réformes et à se résigner au conservatisme. D'où il ressort que la fréquence du risque révolutionnaire est chez nous la meilleure garantie du maintien de l'ordre conservateur." "Ce que l'on sait d'Emmanuel Macron et de sa structure mentale porte à penser qu'il se réjouit fort de cette évolution. Il déteste, on s'en aperçoit un peu plus chaque jour, les corps intermédiaires, les formations constituées capables de le suivre dans la durée et de lui tenir tête." Il les déteste, mais il va se réfugier auprès d'eux quand ça prend feu (cf. son discours de la semaine dernière sur la transition énergétique censé répondre aux Gilets jaunes dans un parterre de représentants des corps constitués.) Le fond de l'analyse de Julliard est méprisant au lieu de rester descriptif. En somme, les classes moyennes veulent leur quart d'heure de célébrité. Julliard ne prend pas du tout note de cette rupture de la tradition politique d'ailleurs très contestable qu'on ne gouverne plus dans l'intérêt des classes moyennes (on devrait gouverner dans l'intérêt général). Mais surtout il conclut son analyse par ce jugement de valeur absolument sans nuance: "Quelle que soit la suite des événements, elle (la journée du 1er décembre) restera une honte pour les classes moyennes dans leur volonté d'être tenues pour des interlocuteurs responsables. Leur incapacité à s'organiser, à faire régner l'ordre dans leurs propres rangs, à formuler des revendications, et à désigner des représentants pour les porter, c'est le degré zéro de l'intelligence sociale [...] Nous voici dans l'anarchie petite-bourgeoise, avec son cortège de casseurs, de pilleurs,de politiciens et de démagogues d'extrême droite et d'extrême gauche. Ces classes moyennes qui ne cessent de se plaindre d'être méprisées - leur idéal dirait-on, n'est ni la démocratie ni la dictature, c'est la lacrymocratie! - ont-elles conscience qu'elles sont en train de mériter ce qu'elles dénoncent?" Cette deuxième gauche, cette gauche socialiste, donne décidément l'impression de n'aimer personne. elle s'est toujours posée en défenderesse de la classe moyenne. A l'automne de sa vie, quand enfinla classe moyenne se réveille sans s'appuyer sur une autorité dans son genre, Jacques Julliard donne son congé à la classe moyenne: "Vous êtes de ploucs, vous ne cessez de geindre, vous ne valez pas les efforts que j'ai faits pour vous. A moi, la célébrité, à vous le mauvais quart d'heure! On devrait tirer sur vous à balles réelles!" http://premium.lefigaro.fr/vox/societe/2018/12/02/31003-20181202ARTFIG00154-jacques-julliard-le-mai-68-des-classes-moyennes.php ." Jacques Julliard: «Le Mai 68 des classes moyennes» lefigaro.fr

mardi 4 décembre 2018

Les déconnades de Macron

« Ces autistes qui nous gouvernent » ont encore frappé. Macron, c'est vraiment Hollande en pire. Beaucoup lui avaient donné la solution : annuler la taxe carbone. Mais il n'en tient pas compte, par orgueil. Il ajoute l'orgueil à ses nombreux défauts de mauvais gouvernant. Le gouvernement actuel promettait de ne plus faire les mêmes couacs que celui des ministères Hollande, on voit ce qu'il en est avec Castaner et Darmanin. Jean-Marc Ayrault avait suspendu l'écotaxe, ce qui revenait à l'ajourner sine die, mais par orgueil il n'arrivait pas à le dire. Macron étant plus orgueilleux encore, ce transformiste de la France de carrosse en citrouille met dans la bouche de son Premier ministre fusible et qui vaut mieux que lui, qu'est l'animal présidentiel, non pas une suspension, mais un moratoire de six mois de la taxe sur les carburants, de quoi ne rien changer à la protestation des Gilets jaunes qu'on exagère beaucoup, du reste. Si un gouvernement normal, sous la houlette morale d'un président qui ne se croirait pas né de la cuisse de Jupiter, gérait cette révolte, il n'y paraîtrait plus depuis longtemps. Mais Macron le clivant, ce président de conte de fées sur le berceau duquel des fées se seraient penchées selon son storytelling, fait tout pour transformer (sic) la France de carrosse en citrouille et cette révolte en révolution. 19h30. Je poste un peu convulsivement les deux réflexions suivantes: 1. Macron continue de "déconner". Il ne lui suffit pas de reculer sans le dire, comme tout le monde avant lui (rien de nouveau !). Alors qu'il ouvre une phase de concertation, il va visiter inutilement et en catimini la préfecture incendiée du Puy-en-Velay. La visite n'est pas annoncée, mais il est hué à la sortie. Et on a raison de le huer, non pas parce que c'est lui et que sa tête ne me revient pas, mais parce que le message subliminal de cette visite inopinée, c'est de faire une leçon de morale. "Regarde ce que tu as fait", dit Macron à ses chiens que nous serions. Comment dialoguer avec quelqu'un qui commence par vous faire une leçon de morale ? 2. Ce qu'a d'inédit le divorce actuel du peuple avec ses élites, c'est que les élites nous parlent d'un monde que nous ne vivons pas, et qui ne correspond à aucun vécu, d’un monde qu’ils pensent au lieu de le vivre, où il est question d'écologie, mais jamais d'agriculture, et où le réchauffement climatique pourrait être différé si nous payons des taxes carbone. D'ici que le gouvernement puisse nous parler, il faudrait qu'il réapprenne le langage de tout le monde, la langue commune, pas la novlangue, le langage de la vie empirique.

lundi 3 décembre 2018

La France malade de sa Révolution

Billet écrit en réponse à Daniel Siccia, lecteur de Pierre rosanvallon, qui demandait sur le blog de Philippe Bilger: "La France est-elle malade de sa démocratie?" (On peut lire son commentaire ici: https://www.philippebilger.com/blog/2018/12/les-gilets-jaunes-jusquo%C3%B9-aller-trop-loin-.html) @Daniel Ciccia | 02 décembre 2018 à 12:08 Je dois à la critique au couteau de Robert Marchenoir de m’être penché avec un peu plus de gourmandise que je n’en ai d’habitude lorsque s’exprime ce philosophe grandiloquent et nébuleux (j’en suis un autre), sur les analyses de Jean-Claude Michéa dans sa lettre aux Gilets jaunes et sur le portrait dythirambique qu’en dresse le Figaro magazine. Je ne sais pas si robert M a raison de dire que Michéa est un « communiste enragé ». C’est à coup sûr un marxiste qui continue de parler le langage de la tribu de son gourou matérialiste. C’est une fausse valeur intellectuelle ou à tout le moins une valeur trop appréciée, même si je n’abonde pas dans l’ironie de Robert pour nier ces points marginaux que je trouve exacts dans le discours de Michéa : Macron est un thatchérien de gauche et il existe une extrême gauche libérale, dont les membres ne se vivent pas, selon sa théorie complotiste à bon marché si l’on peut acoler le « marché » à un philosophe de cet acabit, comme des agents du système ou ses idiots utiles. La France aime bien s’enticher de fausses valeurs intellectuelles du genre de Michéa, auxquelles on peut ajouter Emmanuel Todd. Quelle que soit l’acuité truculante de ce cartographe démographe qui se prend pour un anthropologue, ce pré-Christophe Guyllui pourfendeur des catholiques zombies (dans son ouvrage « Qui est Charlie ? »), avait auparavant pris ses désirs pour la réalité ennous vendant, en 2012, le « protectionnisme européen » du « hollandisme révolutionnaire », on n’avait pas remarqué... Ce matin, le même E. Todd, sur France Culture, était tout émoustillé par les Gilets jaunes, qui lui avaient rendu la fierté d’être français, mais banalisait aussitôt en appelant bourgeoisement, comme je le fais moi-même (ou comme le fait Patrice Charoulet qui a peur du désordre), à l’évitement du coup d’Etat. La France apprécie les fausses valeurs intellectuelles parce qu’elle a la passion pamphlétaire. Elle aime se surexciter. Un P. Rosanvallon calme et profond ne la chatouille pas plus qu’un Montesquieu lui faisant des papouilles. Pourtant Rosenvalon vaut mieux que Michéa ou Todd, y compris au service des « oubliés » comme ils disent. Témoin son site « raconter la vie » qui prête sa plume à ceux qui n’écrivent pas l’histoire. Non, « la France » n’est pas « malade de sa démocratie », elle est malade de sa Révolution. Je ne sais pas si le poisson pourrit par la tête, mais le mal pousse par la racine, et le péché originel de la démocratie française est de s’être bâtie sur la Terreur. Après quoi Michelet, historien républicain s’il en fût, a pu dire que « la France, c’est la Révolution ». Ce propos conclut son ouvrage « Le peuple ». La France, qui l’avait oublié dans l’intermède allant de la Révolution nationale à la fin des Trente glorieuses, ère Mitterrand comprise ou ajoutée, réaffirme depuis vingt ans son identité révolutionnaire. C’est ainsi qu’elle verse son obole à la radicalisation du monde et au réveil des nationalités qui a commencé depuis les guerres du séparatisme yougoslave. À peine avait-on détruit le mur de Berlin que l’histoire est rentrée en phase régressive, contrairement à ce que prévoyait Francis Fukuyama. La France s’est remise à parler Révolution et laïcité en plein réveil de l’ethnique et retour du religieux. Je me suis aperçu avec sidération du retour du champ révolutionnaire en recevant en 1995, en réponse à une doléance de Gilet jaune avant la lettre que j’avais adressée à Edouard Balladur, candidat de la droite orléaniste à l’élection présidentielle, à propos de la situation des hôpitaux, une lettre type s’étalant sur des pages où le staf à Doudou faisait au nom de son double menton l’apologie de la Révolution, j’ai cru rêver. La France est malade de sa révolution, ce qui n’est pas sans conséquence : la République n’est pas un régime démocratique, mais une idéologie épuratrice et vertueuse… La maladie se caractérisant souvent par le déni, le déni que l’on fait aujourd’hui de la violence des Gilets jaunes comme s’inscrivant dans le droit fil d’une France née de la Révolution, et qui a en outre imposé au mondela Révolution morale de mai 68,un tel déni de la violence révolutionnaire est stupéfiant. La maladie finissant par se prendre pour la santé, la France malade de sa révolution ne se rend pas compte qu’en trouvant normal de soumettre une manifestation à l’autorisation préalable de la préfecture de police, elle a oublié d’où elle vient. La « démocratie du rejet » s’inscrit-elle dans la suite logique de cette maladie révolutionnaire ? Comme vous, je l’apparenterais plutôt au nihilisme dont il paraît que doit mourir l’Europe (le déclin est inscrit dans le nom d’Occident), nihilisme dont Michel Onfray est un avatar même s’il le pare des atours du nietzschéisme tellement plus généalogique, lui qui conclut son livre « Décadence » par cette phrase-miscile : « Seul le néant est certain ». Quand, voici trente ans, l’enfant que j’étais en pinçait pour la démocratie directe et que tous le monde me traitaient de fous, camarades et professeurs, mais pas monpère, ni mon meilleur ami, moi qui ne croyais pas voir la guerre de mon vivant (j’ai déchanté depuis, je n’en suis plus certain), ne croyais pas non plus voir l’avènement de mon utopie. Je ne m’imaginais pas qu’en commençant tout doucement par la démocratie participative, le monde viendrait à cette idée et que les réseaux sociaux, même placé sous impérium américain et sous la protection du premier amendement de la constitution du pays auquel la France de Louis XVI contribua à donner l’indépendance, en serviraient de forum. Quoi que puisse en penser Pierre Rosanvallon, la démocratie directe, préférable à la République idéologique, est le remède que doit s’administrer la France malade de sa révolution. Elle est aussi l’antidot contre ce qu’on nomme mal le populisme puisque le populisme est l’essence de la démocratie, alors que ce qu’on nomme populisme nomme l’agressivité populaire à l’encontre de ses classes dirigeantes à l’intérieur comme de ceux qui pourraient envahir le pays de l’extérieur, en faisant revivre le paradigme de l’histoire conçue comme lutte contre les invasions. Vous-même êtes à votre insu plus démocrate que républicain. Vous croyez la France malade de sa démocratie quand elle est malade de sa République. Vous apportez une très belle définition de la contribution que vous voulez apporter à votre pays, votre société et à la postérité, vous qui dites vous préparer à voter pour le pire en renonçant jusqu’à vos propres idées si le peuple tourne mal pour mal tourner avec lui, non sans cesser de donner de vous-même. Bravo, Monsieur !

En marge des gilets jaunes

On écrit dans ma niche textuelle actuelle (le blog de Philippe Bilger, président fondateur de l'Institut de la parole), où c'est fou ce qu'on écrit, en qualité comme en quantité. On écrit dans le vide du monde qui ne sait pas que nombreux sont ceux qui en pistent le sens. On écrit pour s'entre-lire et on ne fait que s'entre-gloser, comme le disait déjà Montaigne. « Je défends le dragon en général, bien vu avant le christianisme qui hélas n'a pas fait que dénoncer le mécanisme du bouc émissaire mais a diabolisé des animaux comme les chats, des gens comme les Juifs, et des êtres, en principe imaginaires, comme les dragons. » (Noblejoué) Robert Marchenoir, « - [Je soutiens] l'opposition, dans la mesure où elle existe, à l'escroquerie écologiste, qui inflige aujourd'hui, aux Français, une pauvreté et des méfaits bien réels, au nom de bénéfices totalement imaginaires au profit de personnes à naître dans un siècle, à l'autre bout du monde. » « L’or gris, c’est fini. L’air du bien-être gris commence. Apportons du bien-être à nos personnes âgées. » (Les Gilets jaunes, qui plaident aussi pour des assises « territoire et mobilité », sic). Remarque que je ne je suis loin de faire mienne, aimant Giscard mais que je trouve bien écrite. De Michelle Lafleur : « Dans la liste des nantis de la noblesse républicaine aux retraites incroyables il ne faut pas oublier Giscard, prince chuintant de la trahison. Il fut le grand instigateur de la câlino-thérapie pour mieux cacher une démagogie bon enfant comme méthode de gouvernance avec force coups de pouce bruyants et médiatiques mais avec en contrepartie l'assommoir fiscal discret et très efficace permettant les redistributions ciblées dans le seul but de durer à son poste. » Breizmabro : « Manu est un de ces enfants à qui l'on a confisqué l'adolescence. Il lui manquera toujours ce passage initiatique. […] Manu croit qu'il est un adulte responsable alors qu'il est seulement un adolescent égaré dans un monde d'adultes à qui il veut faire croire qu'il est de leur monde. Il suffit de regarder son comportement avec le général de Villiers ou avec Trump avec qui il était tantôt un ado se réjouissant d'inviter un adulte à Paris, et tantôt voulant lui démontrer qu'il était son égal en utilisant les mêmes procédés que les siens, les tweets insultant. L'ado grimpé sur son piédestal au Louvre, a viré les adultes qui lui faisaient de l'ombre (les corps intermédiaires). Du coup aujourd'hui il est seul en son palais et tous les déguisements qu'il a essayés, comme un ado, ne l'auront pas transformé en adulte. C'est pourquoi aujourd'hui, comme hier, il tape du pied en disant "je ne céderai pas", comme un ado réfractaire aux conseils des adultes qui l'entourent mais qu'il ne comprend pas. » « Comment parvenir à nouer un dialogue entre des manifestants sans représentants et un gouvernement sans consistance, sachant que les institutions qui sont supposées servir de tampon entre les deux ne font pas leur travail ? » (Exilé) Hugo 22 : « Ne pas être capable de protéger l'Arc de Triomphe, pourquoi pas le feu au Louvre ? » Dans un autre monde, le 2 décembre est le premier jour de l'Avent. Puissions-nous en écoutant le Rorate caeli desuper, mesurer ce qui nous sépare de l'enfer dans lequel nous plonge le démon élyséen. www.youtube.com/watch?v=-EjHCYLukRY Que le ciel nous vienne en aide, et que des nuées descende la justice. « @Patrice charoulet : « La fable gentils Gilets jaunes / vilains casseurs a assez duré. Dès 9 heures du matin, de gentils gilets voulaient cogner du flic. Un policier a été quasi lynché par un groupe de gentils gilets jaunes (pas encore pillards). La caisse de l'Arc de Triomphe a été braquée, et de gentils gilets jaunes brandissaient des liasses de billets de banque. Voyous, bandits, voleurs, antiflics. On n'ose pas dire merde aux gilets jaunes, de peur de passer pour macroniste. Je leur dis merde, et Macron n'est pas du tout ma tasse de thé. » « Les autistes qui nous gouvernent . » (Tipaza, qui surtout ajoute ces deux développements) : - « Tout mouvement de contestation qui a atteint une certaine ampleur dégénère. Souvenez-vous de l’incendie de la bibliothèque des Tuileries lors de la Commune de Paris en 1871 ! (*) Cet incendie avait tellement choqué Victor Hugo qu'il en a fait un poème s'adressant à l'incendiaire, dont je vous livre quelques vers du début et de la fin, Tu viens d’incendier la Bibliothèque ? – Oui, J’ai mis le feu là. – Mais, c’est un crime inouï ! Crime commis par toi contre toi-même, infâme ! Mais tu viens de tuer le rayon de ton âme ! C’est ton propre flambeau que tu viens de souffler ! .../... Le livre est ta richesse à toi ! c’est le savoir, Le droit, la vérité, la vertu, le devoir, Le progrès, la raison dissipant tout délire. Et tu détruis cela toi ! – Je ne sais pas lire. On pourrait tenir des propos semblables à ceux qui ont profané l'Arc de Triomphe. Ils répondraient "Je ne savais ce qu'il représentait". Et ils auraient raison, tant l'Éducation dite nationale a tout fait pour occulter l'histoire de France et surtout ses épisodes glorieux dont certains peuvent paraître si ambivalents à la lumière (?) des théories historiques actuelles. » -« Trois échéances en 2019 sonneront le glas de Macron et du macronisme à mon avis. Janvier quand les feuilles de salaires et de pensions porteront le poids de l'impôt pour ceux qui le paient. Juin après les européennes qui devraient être un échec du mouvement macroniste. Et surtout octobre, lorsque se préparera le budget 2020, où là, le mouvement reprendra de plus belle et avec l'énergie du désespoir. Et ce sera la fin de Macron. Oracle réalisé sous les vapeurs de diesel et la fumée des clopes, à la façon de l'oracle de Delphes qui respirait des vapeurs soufrées, paraît-il. » Olivier Seutet « Symbole que l’Elysée soit mieux protéger que la tombe du soldat inconnu ? » Calamity Janne : C'est la faute de quarante ans de politique ?! Et Monsieur Macron, dit l'intelligent, n'a rien vu, rien entendu parce qu'il voulait continuer de surfer sur la vague "prendre à ceux qui sont les plus nombreux pour donner aux privilégiés "silencieux" et peu nombreux... »

dimanche 2 décembre 2018

Les Gilets jaunes et le pétrole

Par le Croissant de lune Mon Torrentiel. J'ai lu ton dernier billet consacré au mouvement Gilets Jaunes, ce mouvement commence à m'inspirer quelques réflexions et apréhensions. Mais pour répondre ou tenter de répondre à certaines de tes questions récurrentes, comme la synthèse chimique du pétrole, oui il y a moyen mais ce n'est pas utile, c'est coûteux et ça suppose une certaine pénurie qui peut le justifier, on peut produire du pétrole et autres éléments à partir de la houille. Je crois me souvenir quand j'étais enfant, en leçons de choses, que la houille chauffée produirait entr'autre du pétrole. Mais pourquoi du pétrole, on veut du carburant liquide, pas de pétrole et en ce cas, les agro-carburants semblent ou moins coûteux ou moins polluants, quoique, mais pas générateurs de taxes étant au contraire budgétivores en France et en Europe. Et si la synthèse de pétrole à partir de la houille était performante, on n'eut pas trouvé l'extraction de pétrole de schiste préférable, donc l'usage de la houille, du charbon à fin pétrolière est toujours dans les perspectives de l'industrie pétrolière mais différé. Tu trouveras plus bas une vidéo de l'Espace Des Sciences à Rennes, elle dure 1 heure 49 minutes, conférence donnée par Marc Fondcave en fin mai 2013 sur toutes les possibilités et alternatives envisageables à l'époque, et je doute que ça ait beaucoup changé depuis, sans quoi on en eut entendu parler. Bon, en gros, quoi qu'on fasse, nous en arrivons à des temps d'énergie moins disponible et plus chère. C'est même pas encore le cas du pétrole dont les prix au contraire ont plongé depuis plus d'un mois pour des raisons strictement politiques, à cause de cet émir fellon qui moyennant la protection Donaldienne dans ses affaires et ses crimes alliène les revenus de son pays pour la sauvegarde de sa peau inutile, on en est là. Mais c'est trop artificiel pour que ça dure. Je m'attendais à une hausse du brut en réaction à l'intensification des sanctions Américaines sur l'Iran et les pays et entreprises partenaires, il n'en fut rien, la semaine qui a suivi le jour fatidique fut au contraire marquée par une baisse mondiale des cours du brut. J'ai eu très vite l'intuition d'une surproduction de l'Arabie ou tout simplement d'un bradage sans hausse de production parce qu'on ne fait pas ce qu'on veut avec les gisements, mais je dus attendre assez longtemps, pratiquement un mois pour entendre mon intuition confirmée par les médias, l'émir fellon, héritier en titre du trône d'Arabie baisse volontairement les prix et trompe ses partenaires pétroliers dans des réunions où il affectait sa volonté de soutenir les cours, elle est belle la monarchie hein? Donc les gilets jaunes auraient pu remercie la petite personne de Mohammed Ben Salmane ou mieux, son patron Donald Trump qui l'a forcé et contraint à cette politique rien que pour protéger en retour des suites de ses crimes spectaculaires au moins ceux qui sont connus. Oui, parce que le mouvement gilets jaunes a commencé à un moment où on pouvait s'attendre raisonnablement à une prochaine baisse des prix à la pompe, malgré les taxes. Si ce n'était pas encore fait mi-novembre, je suis pratiquement certain que cette baisse à la pompe est déjà en cours, au moins pour un certain temps bien sûr, le temps qu'il faudra pour éliminer l'émir fellon ou chose semblable, ou que de grands troubles civils éventuellement armés n'éclatent en Arabie dont le peuple est plus qu'excédé. C'est donc pas que ça, le mouvement gilets jaunes est plus une réaction de classe dite moyenne qui se paupérise et craint de déchoir. Or, c'est parmi ces beaufs, l'expression est de toi, c'est parmi eux qu'on recrute le plus aisément les violentistes qui un jour traduiront en actes ces troubles civils médiatiquement promus et délibérément voulus par un Eric Zemmour et semblables. Oui, Eric Zemmour voit dans les gilets jaunes une révolte blanche. La sollution idéale à la baisse des ressources énergétiques et autres, à la moindre croissance voire à la décroissance involontaire, la sollution idéale serait de compenser en partie cela par la justice, par l'éthique, accepter de ne consommer que selon ses besoins, accepter le partage. Mais nous ne sommes pas que dans le monde des idées, sinon pourquoi est-ce qu'une société totalement juste ne s'est nulle part établie et duré? Donc le mouvement gilets jaunes au début plutôt classe moyenne va échouer. On a appelé les quartiers populaires Parisiens à le rejoindre, c'est resté peu suivi pour l'instant, mais ces populations très différentes peuvent-elles marcher de front? J'ai beaucoup de doute. Et ce mouvement à la base droitier et poujadiste est non seulement peu perméable aux gens des quartiers dits populaires Parisiens mais éventuellement concurrent et hostile. Or, si le mouvement échoue, autre chose pourrait réussir, le mouvement pourrait servir à son insu d'incubateur au recrutement et fortification d'organisations violentistes informelles, lesquelles organisations ayant plus de recruts et sans nécessairement se contacter à travers les réseaux internautiques mais plus directement à l'insu des surveillances, s'investiraient dans la préparation de ces troubles civils. Non point du tout contre les élites et la gouvernance pour l'instant hors d'atteinte, mais plus simplement contre les populations que leurs leaders désignent comme concurrents et obstacles. Le probable échec politique apparent peut cacher des réussites ou des projets non apparents. Je coudrais avoir tort, mais mon intuition me trompe rarement sur ces choses. Enfin, voici ce Marc Fondcave et son topo je trouve bien complet sur les questions énergétiques, en 2013 mais pas encore dépassé dans l'ensemble. Tout y passe, du solaire à l'hydrogène, de la thermo-fusion nucléaire à la photo-synthèse. A mon avis, tu accusais injustement les écologistes d'avoir tenu pour l'automobile électrique, oui si on prend Nicolas Hulot pour un écolo ça se comprend, l'écologie c'est pas ça. La voiture électrique nullement écologique est budgétivore et coûteuse et pas généralisable, les vrais écolos rêvent en effet d'un partage juste de richesses qui se raréfient et d'une gestion saine et durable des ressources, le chrétien dit-il autre chose? Si tu écoutes, hausses le son, 1h49 minutes, mais comptes 10-15 minutes d'intro, une bonne heure de topo, le reste en questions et réponses. Le conférencier connaît les sujets qu'il traite, mais de faible éloquence, avec des euh, des hésitations, pas un bon vulgarisateur, on ne peut pas avoir tous les talents. https://www.youtube.com/watch?v=ioDo0BCk7I4

samedi 1 décembre 2018

Gilets jaunes et classe moyenne

On le sait depuis #Alainsouchon, les classes moyennes sont des "foules sentimentales". Mais réfléchissons. A l'origine, les #GiletsJaunes sont motorisés, donc ils appartiennent à la classe moyenne. Une classe moyenne déclassée par un président qui aurait planché au #Bilderberg, aux dires de #MichelGeoffroy dans son livre traitant de la superclasse mondiale, sur la manière de lui faire avaler son déclassement sans qu'elle geigne, car la "mondialisation heureuse" tire le niveau de vie moyen vers le bas. Son déclassement du centre à la périphérie. La France ne se gouverne plus au centre, au niveau de l'électeur médian, elle ne se gouverne plus pour que la classe moyenne y trouve son compte. Depuis le début de cette agitation, j'ai craint le mouvement des #GiletsJaunes parce que, pour une fois, on avait affaire à une force. Les automobilistes ont un bolide sous l'accélérateur, il ne faut pas le leur dire deux fois pour qu'ils fendent la foule comme le camionneur de Nice. Finalement, c'est une gilet jaune qui a été la première victime d'un tel emballement de prétendue panique automobile. En 2002, l'électorat disait craindre pour sa sécurité. On l'a détrompé: "Vous souffrez d'une dérive sentimentale, vous avez un sentiment d'insécurité, ce sentiment est infondé, #LaurentMuchielli vous l'assure". Cette classe moyenne paniquée des automobilistes vote Le Pen. Jospin est sorti du jeu et Chirac sort victorieux du jeu. Il commence par ironiser en punissant les automobilistes pour répondre à l'insécurité dont ils disent souffrir par un accent mis sur la sécurité routière. Or, entre les automobilistes et les vandales ou les "racailles", il y a la différence qui, dans un crime, juge de la préméditation. Il arrive que les automobilistes donnent la mort, mais c'est sans intention de la donner. Et même ils la donnent plus souvent qu'à leur tour. Ils sont plus souvent criminels que les assassins. Mais ils ne le sont pas volontairement, à la différence des assassins, quand bien même se transformeraient-ils en chauffards. Ils n'ont pas la volonté de nuire et on met ces criminels involontaires, qui n'ont pas l'intention d'augmenter la criminalité, au rang des assassins. Seize ans plus tard, ces automobilistes tabagiques et qui roulent au diésel ont encore assez de pouvoir d'achat pour puiser à la pompe, mais ils ne veulent plus être taxés. La taxe symbolise leur déclassement. Ils réagissent à l'exaspération financière et normative. Ils le font avec les beaufs et les jeunes des banlieues, réunis pour l'occasion dans un improbable vivre-ensemble de la négativité. Le danger est double: la coalition est divisée en son principe, et l'ascenseur social tombe au sous-sol. La classe moyenne, qui formait la tête de pont de ce mouvement de protestation, est aspirée vers les classes populaires, signe de son déclassement et de la crise de la méritocratie.

vendredi 30 novembre 2018

Les gilets jaunes et la démocratie

Réaction à la charge de Patrice Charoulet sur son blog, reprenant un article de Guillaume Perraud du "Figaro", contre une prétendue origine rousseauiste du pouvoir au sein des Gilets jaunes, qui s'exercerait sur le mode de la démocratie directe. Vous êtes contre la démocratie directe, je suis archi pour. Je ne saurais donc être moins d'accord avec vous sur un sujet qui m'a toujours été cher, moi qui suis pour la démocratie directe depuis ma plus tendre enfance et qui n'ai jamais changé d'avis depuis, preuve que je dois être un imbécile, selon l'adage bien connu. Rousseau a toujours tenu (et en cela la tradition des Lumières ne se séparait pas de la tradition scolastique) pour l'égale dignité en droit des régimes aristocratique, monarchique et démocratique, le meilleur des régimes étant celui qui, à la fois convenait à la nature du pays considéré, du climat et et du peuple qui l'habitait, et constituait un mix heureux de tous les régimes, le plus équilibré des régimes étant, pour les philosophes des Lumières comme pour la tradition antique, la démocratie tempérée par l'aristocratie, en quoi ces philosophes se montraient opportunistes, car étant imbus de leurs chères études généralement faites dans le désordre comme Rousseau l'avoue à propos de sa formation d'autodidacte qui commença par être nourri au biberon des romans dont son père berça son enfance, ils se ménageaient un rôle de législateurs et se prenaient pour Solon. Mais il y a un paradoxe qui est une constante de la réputation des philosophes des Lumières: ils ont préconisé la démocratie comme le régime des petites cités et la démocratie est devenue la norme que l'Occident de tradition monarchique a voulu imposer au monde. La philosophie raffole de ce genre de contresens, qui fait par exemple du sujet, étymologiquement le plus soumis des hommes, l'individu autonome, parangon du personnalisme occidental. La nature contractualiste de l'Etat rousseauiste rend difficile de déterminer auxquels rares moments une démocratie effective joue un rôle dans les cités dont le citoyen ne doit pas chercher à être signataire du contrat qui le lie à tous. Augustin Cochin a démontré que le jeu de ppouvoir que créait la différence de savoir au sein du Tiers-Etat, comme l'élitisme des sociétés de pensée, a très vite destitué la discussion qui était censée s'être établie depuis la rédaction des cahiers de doléances au peuple au profit des Clubs comme celui des jacobins. Ces clubs firent du peuple vis-à-vis duquel ils étaient censés pratiquer une éducation populaire un enfant démocratique, c'est-à-dire littéralement un être qui n'a pas droit ou est privé de la parole. La démocratie confisquée par la tyrannie des sachants aboutit à une antienne comme celle consistant à répéter qu'il faut "faire de la pédagogie", tant le peuple est ignare. Les gilets jaunes font-ils acte de démocratie directe? Ils me semblent plutôt faire preuve de démocratie participative. Ils se cooptent par Internet sans qu'on puisse vérifier la régularité de la représentation qui s'ensuit, à moins qu'Internet n'instaure une nouvelle forme de régularité où s'exprime et prend parti, à la fois celui qui est le mieux outillé au risque de creuser une fracture numérique, et celui qui se sent le plus concerné. (Voir ici: https://blocnotesdepatricecharoulet.blogspot.com/2018/11/le-30-novembre-2018-rousseau-et-les.html?showComment=1543606146108#c1833993240968446944

jeudi 29 novembre 2018

Les Gilets jaunes et les écologistes

eEmmanuel Macron ne pouvait pas convaincre les Gilets jaunes parce que ce qu'on présentait comme sa réponse aux Gilets jaunes avait lieu lors de l'installation d'un nième comité Théodule faisant doublon avec un autre haut Conseil de l'écologie hors sol. Lors de son passage dans L'Emission politique, Nicolas Hulot a enfin tombé le masque et avoué que l'écologie est une pensée de la fin du monde, un millénarisme apocalyptique, prospérant sur l'épuisement de l'Occident qui, parce qu'il ne croit plus en son génie inventif, renvoie "la planète" ad patres, comme il a naguère prophétisé la mort de Dieu, la mort du sujet, la mort de l'auteur ou la mort de l'homme. Après que l'homme s'est donné les moyens de provoquer une fin du monde par dévastation nucléaire, confisquant la fin du monde des mains de Dieu, l'écologie est une transgression intellectuelle qui promet la fin du monde à l'intervention humaine, même la plus anodine. L'écologie est une pensée idolâtre et morbide qui met la terre à la place du ciel, en procédant en outre à une inversion du regard: regarder la terre, les yeux au ciel et les pieds devant. On ne pourrait plus rien faire pour la terre si la terre se réchauffait, alors qu'un dissident du GIEC tel que François Gervais attire l'attention sur le fait que le réchauffement climatique, à supposer qu'il se confirme, rendrait disponibles des millions de kilomètres carrés de terres à l'agriculture, sans compter que le Groenland a été nommé ainsi parce qu'il désignait la terre verte bien avant l'actuelle fonte de la banquise. Mais l'écologie politique prétend s'imposer comme un nouveaut totalitarisme apocalyptique, au nom de ce qu'il y a de plus primitif dans la géographie ou dans l'appréhension des éléments, le climat. L'écologie est un totalitarisme qui a cela d'inédit qu'il est sans espoir, contrairement à tous les millénarismes qui l'ont précédé. Il est sans espoir et veut éteindre la lumière dans le monde en refusant le développement aux pays émergents parce que l'Occident est fatigué de son modèle de développement. Au passage, j'aimerais demander à Claude Luçon s'il croit que l'homme pourra un jour trouver la manière de fabriquer du pétrole en reproduisant sa formule chimique, comme alternative à l'épuisement des hydrocarbures. Quant à l'écologie, elle ne cesse de changer d'impératif. Hier elle nous alertait sur l'imminence de cet épuisement en enjoignant à l'industrie automobile de faire des recherches sur la voiture électrique. Aujourd'hui qu'elle en fabrique et et en commercialise un grand nombre, les écologistes alertent sur les dangers du lithium et assurent que la voiture électrique n'est pas l'avenir. Longtemps les écologistes n'ont fait aucun cas de l'esclavage des animaux. Aujourd'hui ils ne parlent toujours pas de leurs conditions d'élevage, mais seulement de leurs conditions d'abattage, tout en nous expliquant violemment qu'il faut redevenir herbivore. Est-ce un hasard si les privilégiés veulent toujours plus d'écologie et si celles que Macron appelle "les classes laborieuses" en veulent toujours moins? J'ai la faiblesse de croire que l'instinct du peuple ne le trompe pas sur ce qui est bon pour lui. Il n'y a pas de convergence entre écologie et humanisme. Entre sauver la planète et la faim dans le monde, il faut choisir, mais qui parle encore de la faim dans le monde? La Chine se moque des injonctions écologistes et poursuit sans faiblir son développement parce qu'elle aspire à son avènement dans l'Histoire quand l'Occident regrette son déclin. Pourra-t-on parler un jour de l'universalisme confucianiste? Quant à la raison fondamentale pour laquelle Macron ne pouvait pas convaincre, c'est qu'il monologue alors que la démocratie est dialogue, comme l'explique très bien Arnaud Benedetti dans le Figarovox: http://premium.lefigaro.fr/vox/politique/2018/11/28/31001-20181128ARTFIG00227-benedetti-le-macronisme-est-monologue-la-o-la-democratie-est-dialogue.php Ce déni de la démocratie par le chef de l'Etat rend les Gilets jaunes accessibles à la récupération mélenchoniste et à sa rhétorique de dissolution des institutions, en particulier de l'Assemblée nationale qu'il brandit sans parler de démission du président de la République pour ne pas jouer les séditieux, dissolution au secours de laquelle va jusqu'à se porter le prudent Luc Ferry, disant qu'on ne peut pas gouverner contre 84 % des Français. Macron en rajoute une couche, depuis l'étranger comme d'habitude, en dénigrant "la démagogie" à laquelle il promet de ne pas céder, alors que c'est Edouard Philippe que l'on accuse de mépriser ce qui se passe dans la rue. Macron est le président de l'éloignement jupitérien et Philippe le premier ministre de la proximité juppéiste. Comment dit-on déjà démissionner en latin? Je cuisine pour faire mon Caton : Macro demissionandum est aut senatus eum destituendum. Duvent me corrigera. (Commentaire posté sur le blog de Philippe Bilger en réponse à son article: "Macron ne pouvait pas convaincre." https://www.philippebilger.com/blog/2018/11/emmanuel-macron-naurait-pas-pu-convaincre.html

samedi 17 novembre 2018

Catholicisme, transport et attachement

Posté sur le blog de Philippe Bilger, en commentaire de son article: https://www.philippebilger.com/blog/2018/11/le-catholicisme-ne-re%C3%A7oit-pas-que-des-crachats-.html - La citation d'Olivier de Kersauson me plaît comme lui plaît la religion: "La religion consiste quand même à considérer au quotidien qu'on traverse un monde qui nous dépasse." Né au début des années 70, j'ai grandi dans un monde qui avait tourné et une Eglise qui avait "changé la religion" comme disent à raison, objectivement, les catholiques traditionalistes. Le Dieu de mon enfance ne me révélait pas un monde qui me dépassait, mais me révélait au monde et était intérieur à moi-même. L'immanence est individualiste. La religion de mon enfance refaisait le monde à partir de moi. Elle m'apprenait à aimer le monde sans donner de moi-même. Aimer, ce n'était rien donner et surtout pas sa vie pour des causes, des persistances qui pouvaient la dépasser. Ma vie, mais toute vie individuelle était indépassable. Dieu nous a créés par amour et pour Lui, nous dit-on, ce qui est une contradiction dans l'intention. Mais il est tout aussi contradictoire de l'aimer en partant de soi et pour soi. On n'aime jamais pour se faire du bien, mais en voulant le bien de ce qu'on aime et en se retirant, au besoin, pour qu'il existe, puisqu'on ne peut lui donner que ce qu'on n'a pas. - Ce grand farceur de Kersauson n'a jamais fait, de sa vie, de plaisanterie contre une religion, "pour ne pas faire de la peine à des gens qui ne peuvent pas se défendre, qui ont un attachement fort." Où l'on comprend l'ineptie du droit au blasphème. Le blasphème ne respecte pas le sacré des autres et on ne devrait avoir aucun besoin de blasphémer ce en quoi on ne croit pas. Les caricaturistes de "Charlie" sont morts de ne l'avoir pas compris. Car en dernière analyse, et si l'on sort une seconde de la condamnation sans réserve du terrorisme considéré à raison comme une barbarie, les auteurs de l'attentat contre Charlie ne pouvaient pas se défendre quand on ne respectait pas leur prophète. Ils ne pouvaient pas se défendre et ils ont fait preuve de violence, par incapacité à élever une protestation et parce que la religion dont ils sont les adeptes est violente. Comment peut-on les aider à sortir de cette violence, nous qui ne comprenons pas l'islam de l'intérieur ? Je ne sais pas. Mais ce n'est certainement pas en insultant les musulmans, même ceux, nos persécuteurs, les "seconds couteaux de notre persécution" (Philippe Signez), le premier étant l'"envie du malin par laquelle la mort est entrée dans le monde" (Siracide), qui vivent leur religion de façon primitive. L'islam a engendré des sociétés très harmonieuses, mais que le moindre caillou dans la chaussure, la moindre transgression, qui est à tous les étages chez l'être humain, fait vaciller, imploser, car l'homme n'est pas longtemps capable d'harmonie. C'est peut-être ce que lui rappelle la musique contemporaine. La tolérance est un moins-disant, car elle est une solidarité sinon dans le mal, dans la condition de pécheur, mais elle rend capable d'humanité. La tolérance nous fait fraterniser. Elle n'est pas dans l'ADN de l'islam qui est un légalisme tendu par la peur de la transcendance dans des pays arides. Je respecte les musulmans, mais pense que l'islam est une arriération religieuse, et suis peut-être en pleine contradiction avec moi-même en émettant un jugement aussi hâtif et péremptoire, à moins qu'on ait le droit de critiquer une religion, mais pas celui d'en plaisanter. - "Un souffle" "nous a fait un signe". Puis "fugitifs, ces instants s'évanouissent." A moins de consentir à nommer ce qui nous a fait signe. Alors, celui que Dieu par son Esprit a transporté ne pourra plus jamais se détacher de lui. Il pourra vivre, malheureusement, en croyant inconverti. Une petite voix lui dira qu'à sa mort, il sera admis au "festin des pardonnés". Mon ami l'abbé Guillaume de Tanoüarn écrit magnifiquement que la brebis qui a choisi la bergerie du Christ a acquis le droit d'entrer et de sortir du Christ. Même s'il sort, même s'il quitte le Christ, le Christ ne le quittera jamais, en sorte qu'il pourra toujours, ou qu'il devra malgré lui, rentrer dans l'enclos qu'il a choisi, en disciple indocile, qui apprivoise mal la condition de suiveur. Le transporté est un éternel attaché. Je n'ai jamais compris que la religion prône le détachement qui, s'il est difficile, n'est qu'un antidouleur, un antidote à la douleur. L'attachement est douloureux. - En lisant votre billet, je pensais à Jean d'Ormesson. Il se disait un "catholique agnostique", ce dont sa formule "J'espère en Dieu", que je l'ai entendu prononcer, était un développement. Jean d'Ormesson se rattachait à la vertu théologale qu'il possédait le mieux. Il avait, comme vous l'avez peut-être, la vertu d'espérance. J'ai la foi. Il faut s'encorder à la vertu théologale dont on est le mieux doté comme, dans la connaissance de soi, m'a appris mon meilleur ami, il faut discerner sa plus grande qualité, aimer cette qualité et se rattacher à cette qualité pour développer sa personnalité. Une vertu théologale est une vertu donnée par Dieu Lui-même. Pourquoi le catholicisme favorise-t-il l'agnosticisme ? Parce qu'il a une anthropologie optimiste. Pour un catholique, le péché est grave, mais il n'est pas mortel, si je puis dire. Parce que Dieu passe infiniment l'homme et que sa Miséricorde ne noie pas, mais brûlera tous les péchés du monde.

Gilets jaunes ou la révolution des beaufs

Si l'on m'avait demandé de pronostiquer si les #GiletsJaunes mobiliseraient du monde, j'aurais parié que non. Est-ce que ce mouvement aura un avenir, un lendemain ? Je continue de croire que non. Les #GiletsJaunes ne valent pas mieux que le #PrintempsFrançais. Ils ont voulu marcher sur l'Elysée. Or il faut avoir d'excellentes raisons pour aller aussi loin. On sait comment une colère commence, on ne sait pas comment une révolution finit. Celle-ci se terminera demain matin au lavomatique des voitures, mais elle aurait pu faire du grabuge. Je n'aime pas ce mouvement et trouve détestable que les partis politiques installés le récupèrent. C'est du poujadisme à l'état pur. Mais de Mélenchon à Marine Le Pen en passant par Laurent Wauquiez, qui est de tous les mauvais coups comme on sait, tout le monde l'a récupéré. Or les automobilistes peuvent faire de la vilaine jacquerie. Mélenchon a été mal inspiré de ne pas vouloir être à la remorque de ce mouvement social. On l'accusait de violence pour une réponse caractérielle, mais légitime à une violence d'Etat, cette perquisition disproportionnée chez lui et dans son parti. Il aggrave son cas en finissant par cautionner la violence petite-commerçante des propriétaires de bolides. Jean-Marie Le Pen a commencé sa carrière politique en militant auprès de Pierre Poujade et des petits commerçants; Mélenchon se met dans la roue des néo-poujadistes. Si un meurtre avait été commis par un automobiliste, on l'aurait accusé de l'avoir cautionné sinon commandité, ce qui aurait fait désordre après sa colère perquisitionnaire et après sa connivence feutrée avec les Black Blocs, les antifas et les incendiaires de voiture de flics, et l'aurait mis définitivement hors jeu de la politique. #ClaudeReichmann (de la révolution bleu, du comité csg ET SURTOUT le combattant ardent de la sortie du monopole de la sécu) a fait une analyse très pertinente quand il a dit qu'il n'y aurait jamais de révolution des assistés. Ces gens qui doivent leur pitance à l'Etat (et dont je suis), râlent, mais ne se révoltent pas. Ils ont trop peur qu'on leur prenne le pain de la bouche. Les baufs, eux, peuvent sortir du bois, surtout s'ils sont aux commandes d'un bolide qui leur permet de ne pas mesurer leur force. Ne jamais mettre une tonne aux mains d'un membre de la masse, surtout s'il est porté sur le tonneau.Non, je ne veux pas embrasser un flic, mais encore écouter la chanson Mon Beauf de Renaud. Pourtant ce n'est pas un #GiletJaune, C'est une forceuse de barrage, qui aurait eu besoin d'amener sa fille en urgence chez le médecin, qui a tué aujourd'hui. Cette contre-manifestante d'urgence familiale a fait, c'est terrible, au plan individuel et en voiture, ce que le terroriste des attentats de Nice a fait en camion pour nuire massivement. Honnis soient les fendeurs defoule, ce sont tous des pendards! Et honnie soit la femme de plus de 80 ans qui a renversé mon amie Zakia au sortir d'un bar près de la Bastille! Elle aurait mieux fait de s'arrêter de conduire quand il était encore temps de ne pas faucher une vie. Honni soit le poujadisme de la révolution des automobilistes et vive l'impossible révolution des assistés!

vendredi 16 novembre 2018

Pourquoi j'aime Gabriel Matzneff

Patrice Charoulet me demande comment je m'y suis pris pratiquement pour lire Les émiles de Gab la rafale. En lui répondant, jse dévoilent à moi les raisons, plus intellectuelles qu'esthétiques, pour lesquelles j'aime cet auteur.

"
Cher Patrice,

 

Pour répondre à votre question, en règle générale, la bibliothèque numérique des livres adaptés (BNFA, bibliothèque spécialisée dans l'adaptation des livres pour les déficients visuels) dispose du droit de travailler sur les fichiers originaux des épreuves de tout livre paru depuis moins de cinq ans. Dès lors, toujours en règle générale, lorsque je souhaite lire un livre récent, je le leur écris, ils se mettent en rapport avec l'éditeur qui leur fournit le fichier source et ils l'adaptent sous plusieurs formes, en lecture vocale par une synthèse numérique, en daisytext et en PDF, afin que les braillistes (ceux qui savent lire le Braille et disposent d'une plage Braille qui transforme en Braille ce qui est écrit à l'écran) puissent le lire dans leur écriture préférée (qui est aussi la mienne, mais je n'ai pas les moyens de m'offrir une plage Braille). Pour les émiles, ça a été différent. Je les ai achteés et, ce qui reste à ce jour inédit, c'est mon frère Gilles qui me les a lus et enregistrés pour un Noël. J'ai également lu les nouveaux émiles. Je vous avoue que je n'ai rien lu d'autre de Matzneff. Mais il me semble que, quand on a lu ces deux livres-là, on a un bon aperçu de son oeuvre et on n'a pas besoin de lire le reste..., Matzneff ayant un certain nombre d'obsessions qu'il déroule au fil de ses livres, journaux, romans (qui sont des autofictions), livres de chroniques dont on peut retrouver de nombreuses sur son blog que je ne fréquente pas assez assidûment, mais sur lequel, sur une indication Twitter, entre les deux tours, au lendemain de la soirée de Macron à la Rotonde, il écrivit un article fameux pour parler des habitudes du couple Macron dans ce restaurant dont il est aussi un client régulier. Le livre le plus original, amoral si l'on veut, de Matzneff, est Les moins de seize ans. Matzneff partageait son goût pour les mineurs des deux sexes avec René Scherrer, le frère d'Eric rohmer. Matzneff ne m'intéresse  pas à cause de sa sexualité dont je ne pense rien (Matzneff n'est pas pédophile, mais éphébophile et coureur de jeunes filles). Il m'intéresse notamment en raison de la nature de sa foi. C'est une foi du charbonnier , orthodoxe et amorale. Matzneff est un des seuls esprits (avec moi, mais je n'en connais pas d'autre) à avoir compris le caractère profondément amoral du christianisme. Je dis bien amoral et non pas immoral. Gide savait ne pouvoir se revendiquer du christianisme pour écrire son Immoraliste. C'est probablement pourquoi, profondément égoïste, perdu de moeurs et éperdu de ses moeurs, il a perdu la foi. Mais le christianisme est un illégalisme, il est un affranchissement de la loi au profit de la foi, la foi dont un chauffeur de taxi, espèce d'Abraham moderne qui a tout perdu et l'explique ainsi : "C'est sans doute parce que Dieu voulait éprouver ma foi", me disait ce matin que la foi était la substance de Dieu qu'il a mise en nous pour nous permettre de le connaître dès ici-bas" et la foi sans laquelle rien ne tient, car le moindre mouvement suppose la foi dans l'intention qui le guide. Il y a toutes sortes de fois, dont la foi athée, comme l'explique Guillaume de Tanouarn dans son livre Délivrés.

 

J'aime la foi illégaliste du charbonnier Matzneff, mais j'aime aussi sa liberté de croyant, sa "liberté d'enfant de Dieu", dirait-on dans un langage plus théologique. Cette foi lui permet d'être un chrétien stoïcien en adoptant l'idée la plus célèbre de cette secte, son approbation du suicide : on a le droit de quitter la partie quand il n'y a plus d'issue favorable. Les chrétiens n'osent pas le penser, se souhaitant de mourir le plus tard possible, comme s'ils redoutaient de rencontrer l'objet de leur espérance. Matzneff et moi some stoïciens en la matière. Mais Matzneff est, comme moi, un homme libre qui a peur du jugement de Dieu. Dans un émile très émouvant envoyé à l'une de ses liasons les plus orageuses, Marie -Agnès, il lui écrit combien il l'aime et regrette de la si mal aimer et qu'elle l'aime si mal, mais combien leur amour est éternel. Il ajoute (en substance) : "J'espère que Dieu pourra me pardonner, je me suis si mal conduit." C'est une confession enfantine, je la fais mienne. Peut-être que de l'avoir faite me protégera au moment de mourir. Merci, gabriel, de m'avoir fait la dire après vous. Et merci, Patrice, de m'avoir permis, par votre question, de réfléchir aux raisons pour lesquelles j'aime Matzneff, non d'un amour littéraire, mais d'affinités électives et spirituelles."

mercredi 14 novembre 2018

Les coulisses du blog de Patrice Charoulet, la démocratie des GAFA


(Se réfère à:
http://blocnotesdepatricecharoulet.blogspot.com/
article du 14 novembre, "Les coulisses de ce blog").


Il y a juste un problème. Je n'irais pas jusqu'à dire que Blogger ment -et ma prétérition n'est pas autocensure-, mais il se trouve que j'ai lu Varia hier, je l'ai lu deFrance et Blogger ne le mentionne pas. Blogger est l'hébergeur de Google comme Gmail est sa messagerie et YouTube son espace de libre expression, donc Google aurait-il des ratés ? Les GAFA nous suivraient-ils moins bien qu'on nous l'assure? Ou bien c'est un piège (complotisons). Les GAFA nous suivent à la trace, mais nous font croire qu'ils ne nous tracent pas bien. Ils nous cachent qu'ils savent tout et ils ne nous disent rien de ce qu'ils savent d'essentiel.

 

Blague à part et esprit de suite commandant digression, il y a trois ou quatre ans,  sous l'ère Obama, je ne sais plus quelle gorge profonde informait les Etats, non pas d'un micro caché au parti républicain du président Nixon, non pas d'un nouveau Watergate, mais que tous les dirigeants des alliés des États-Unis, Merkel en tête (Hollande, ça ne compte pas), étaient espionnés et leur portable placés sur écoute comme leurs ordinateurs sous surveillance. Ça ne fait pas un pli dans la couture de l'alliance atlantique. On en parle pendant deux jours, Merkel joue l'indignation, Hollande ne fait aucun commentaire, et puis les dirigeants occidentaux continuent de faire une illusion de politique intérieure comme si de rien n'était. Les Etats-Unis d'Obama nous espionnent? Ce n'est pas grave. Qu'aurait-on dit si ça avait été l'administration Trump? Mais là n'est pas le plus fou. Pendant la campagne présidentielle américaine, voilà qu'on accuse la Russie, qui a le dos large, d'avoir joué les agents d'influence en truquant l'élection américaine et en s'insinuant dans l'esprit d'un électorat dont la mentalité anglo-saxonne a peu de rapports avec l'âme slave. Comment diable aurait-elle fait? Mais la diversion opère. Une enquête est confiée par le Congrès (je crois) à un procureur indépendant, si d'aventure on pouvait trouver là une raison de destituer Trump. Or on a embêté Clinton pour moins que ça. On lui a cherché des noises parce que Monika Lewinsky s'est un peu trop penchée sur la braguette présidentielle pour lui faire une gâterie à bureau ouvert. Trump aurait abusé de quelques femmes et acheté leur silence. Comme l'espionnage de masse par rapport au Watergate, le viol est devenu moins grave que le simple cocuage au pays des quakers, ou que la gâterie consentie d'une stagiaire ambitieuse vis-à-vis d'un homme de pouvoir qui la demandait peut-être un peu trop assidûment et pouvait la harceler pour l'obtenir. remarquez, c'est pareil dans la France de #BalanceTonPorc et où la bien-traitance envers les femmes est devenue cause nationale du quinquennat Macron. Plusieurs ministres y sont accusés de viol. Non seulement ils ne sont pas sommés de faire leurs cartons, mais Marlène Shiappas ne met pas sa démission dans la balance et, quand il quitte le gouvernement, Nicolas Hulot passe pour un martyr de l'écologie et non pour le violeur présumé de la petite-fille de François Mitterrand, dont la plainte a été classée sans suite. Personne ne dit, dans la France quakeresse, que nous avons un gouvernement de voleurs et de violeurs et des ministres qui continuent de faire des couacs comme sous Hollande. Qui pis est, le président est le couaqueur en chef (il en fait dès qu'il "va au contact" pour "faire de la pédagogie"), et celle que Gabriel Matzneff appelait la quakeresse dans Les émiles de Gab la rafale, Ségolène est de retour, alleluia!

 

Mais revenons à Google pour tartiner deux dernières considérations. Internet a été créé par l'armée américaine. De même, le principe du Braille a été trouvé par un colonel peu actif de l'armée des grognards de Napoléon, un certain Charles Barbier, inventeur de l'écriture nocturne, qu'il est allé proposer au directeur de l'Institut royale des jeunes aveugles de l'époque, fondé sous la Restauration par Valentin Haüy. Avant Charles Barbier, à l'initiative de Valentin Haüy, inventeur du premier système d'écriture pour les aveugles, les élèves, pour écrire, moulaient la forme des lettres de l'alphabet en cire. Charles Barbier proposa de former des lettres à partir de points poinçonnés sur une tablette. Louis Braille ne fit que simplifier le système de Barbier, qui inventa en outre un code de communication pour les sourds. Qui s'intéresse à Charles Barbier en saura plus en visitant le musée Valentin Haüy, rue Duroc à Paris. Conclusion provisoire: la démocratisation de l'écriture et un instrument d'émancipation nous sont venus par l'armée. Il faudrait dire par un colonel obscur de l'armée française, dont on doute qu'il ait seulement fait campagne, mais passons. Le point commun avec Internet est que la démocratie de l'Empire américain se transforme en forum mondial sous l'effet d'une invention militaire, comme les Empereurs romains, les Césars, étaient des généraux en chef qui subvertirent la République romaine. L'Empire est, par rapport à la République, la dérive qui place un général à la tête de la classe politique ou, pour le dire dans le langage des trois fonctions hindo-européennes,  la fonction sacerdotale (qui inclut la fonction royale) est détournée par la fonction militaire.

 

Là-dessus, le libéralisme contemporain ou, pour être plus exact, la société marchande, qui l'est devenue au point que le produit est tout et le client n'est rien, après que la production a depuis longtemps avalé le producteur, bref, la société marchande crée une autre subvertion du pouvoir politique. Le gouvernement fédéral américain vend Internet à la société Google. Il donne à Google un monopole sur l'exploitation d'Internet. Conclusion: le dernier levier de la liberté d'expression est sous contrôle, non de l'armée américaine qui l'a vendu, mais d'une société privée qui développe un principe inventé par l'armée américaine moyennant un transfert consenti de la souveraineté nationale Etats-unienne à une multinationale américaine. Par chance, cette multinationale pratique une liberté d'expression basée sur le premier amendement de la constitution des États-Unis. Mais que se passera-t-il le jour où l'armée américaine voudra récupérer son jouet et rappellera au monde entier qu'elle est le maître d'Internet? Qu'en pensent Mélenchon et les hologrammes? Nous comptons sur Google pour archiver nos données ad vitam eternam. Que se passera-t-il si un hacking géant les détruit entièrement?

mardi 13 novembre 2018

Se souvenir du 13 novembre

https://www.la-croix.com/France/Le-13-novembre-marqueur-memoire-collective-2018-11-09-1200981886

-Le 13 novembre n'était pas le Charlie des pauvres, mais était le Charlie de tous, l'attentat où tout le monde pouvait vraiment dire: "Je suis Charlie parce que ça aurait pu m'arriver", parce qu'il ne frappait pas des anti-musulmans militants qui se savaient exposés à une fatwa, mais des trentenaires voulant bouffer la vie au risque d'assister à un concert aux relents sataniques.
-Le 13 novembre était tout juste assez sidérant pour que la mémoire collective puisse le supporter sans refouler le chagrin qu'ont provoqué les attentats de Nice, cette pure barbarie.
-L'attentat qui coûta la vie au P. Hamel, qui a moins frappé les esprits que les attentats du 13 novembre dont l'emblème reste le Bataclan, était une confrontation entre une minorité d'anciens messalisants n'étant plus candidats au martyre et de jeunes fanatiques en rupture d'identité et mis au ban de la société voulant l'infliger aux autres et à eux-mêmes sans que le vieux P. Hamel n'eût tendu l'autre joue, lui qui mourut en leur assénant des coups de poing et les traitant de "Satan".
-Une étrange réplique des chiffres fait que deux ans après la chute du mur de Berlin, le monde connaissait une nouvelle phase de déchirement et ligne de fracture, la première guerre du golfe substituant le choc des civilisations à la guerre froide; et deux jours (bien que cent ans) après  le 11 novembre, les Français étaient sommés de recomposer avec le retour, moins du tragique que de l'absurde dans l'histoire, absurde qui nous a embarqués dans la guerre de 14 "dans une bataille franco-allemande pour un conflit austro-russe", remarquait justement #FrancisChoizel il y a deux jours dans l'émission sur YouTube d'#HenrydeLesquen, retour qui aurait contraint nos poilus à partir "la fleur au bout du fusil" pour chasser ces hordes religieuses arriérées qui nous veulent du mal, mais qui nous fait réagir plus sainement par un: "Laissez-nous vivre, nous sommes en terrasse, nous n'allons pas nous sacrifier pour rien", réaction qui devrait nous inciter à ne pas jeter de l'huile sur le feu à l'international pour alimenter le yankeesme et l'impérialisme otanien (l'OTAN aurait dû être dissoute avec la fin du pacte de Varsovie même si la civilisation occidentale est rassurée d'avoir ce dernier fer de lance).
Pour une fois je suis d'accord avec Macron, sans souscrire à son discours sentimental d'armistice, ni à sa joie visible que le monde entier l'écoute, lui le mauvais acteur et le petit Narcisse, débiter ses banalités à propos d'une paix qu'il faudrait consolider par un ordre mondial juste plus que par des incantations pacifiques de marchand d'armes et de vendeur d'explosifs. Mais je suis d'accord avec Macron contre Trump. Trump en Harpagon digne de Fillon n'a de cesse de réclamer que les pays membres payent leurs contributions à l'organisation de l'Atlantique Nord sans en partager la gouvernance. Mais M. Trump, ils n'en ont plus besoin. Et surtout, soyez conséquent pour une fois. Si l'Europe veut construire une défense continentale, c'est votre faute. Ou plutôt, c'est votre politique qui fait notre bien malgré vous et qui pousse l'Europe à se retrouver dans votre dos. Vous voulez renouer avec votre tradition isolationniste et prôner un dialogue bilatéral? Très bien, vous avez raison. Alors laissez l'Europe faire l'expérience de la puissance dans le nouvel ordre mondial. D'ailleurs, nous n'avons pas besoin de vous demander votre avis. Très courageusement, Angela Merkel avait osé l'exprimer dès votre élection. Qu'on soit d'accord ou non avec le détail de sa politique, la chancelière allemande a le mérite de la cohérence. Son discours plus modeste que celui de Macron porte plus que les moulinets de notre président. Le tort de Merkel est de ne pas comprendre que, pour faire vivre l'Europe, il faut renoncer à la bureaucratie libérale. L'Europe ne se bâtira que sur la fin de l'exaspération budgétaire et normative dont elle est à l'origine.

lundi 12 novembre 2018

Un armistice mondialisé

Publié en commentaire sur le blog de Patrice Charoulet au pied de l'article :

https://blocnotesdepatricecharoulet.blogspot.com/2018/11/le-12-novembre-2018-le-centenaire-de.html?showComment=1542041517538#c5457710297036218148


La première "boucherie héroïque" accouche cent ans plus tard d'une commémoration mondialisée d'armistice où, pour faire peuple, on donne un parapluie bas de gamme aux Grands, où les lycéens lisent bouche fermée des lettres insipides et aussi mal écrites que celle de Guy Moquet et où Macron prêche, son exercice préféré, s'écoutant parler et parler de la paix, lui qui vend des armes à l'Arabie sahoudite, ce boucher du Yémen, selon une tradition diplomatique datant grosso modo de Jacques Chirac et qui fait du président de la République française, chaque fois qu'il voyage,  un VRP de Dassault et de Lagardère. Est-ce ainsi que l'on fête l'armistice?
Je n'y vois qu'un remède, mais il est de cheval: profiter de nous extraire de ces cérémonies officielles et surfaites pour étudier enfin la guerre de 14. Enfin, parce que les gens de ma génération n'ont jamais appris la guerre de 14. Ils n'ont étudié en histoire que la seconde Guerre mondiale. Les démocraties présentaient déjà la Grande Guerre comme une guerre de la justice et du droit, mais on ne sait plus de quelle justice et de quel droit. Hitler ayant réussi à incarner le mal à la fois parce que mauvais et parce que vaincu, c'est plus facile d'être contre lui en pensant savoir pourquoi.
J'ai lu La grande Peur des bien-pensants de Bernanos et ai été édifié par le caractère prophétique de la conclusion de cet ouvrage, dont l'auteur, s'il était antisémite, savait bien que l'antisémitisme ne mène à rien en politique, en plus d'être une expression d'ingratitude de la part d'un chrétien. Je me propose, si j'ai le temps, de lire "Les conséquences économiques de la paix" de Keynes, "Les conséquences de la paix" de Bainville qui avait prévu la seconde Guerre mondiale, les 14 propositions du président Willson qui dessinaient le monde intégré dans lequel se meuvent nos sociétés ouvertes, et peut-être Henri Barbusse et Maurice Genevois, et pourquoi pas Romain Roland?
Bernanos ne doute pas que Jaurès, s'il avait vécu,  se serait rallié à "l'union sacrée", le parti de la guerre. Ainsi font toujours les socialistes. On ne pouvait être pacifiste au moment de Munich, il falait choisir entre la guerre et le déshonneur sous peine d'avoir les deux. Or on devait être pacifiste en 1914 pour empêcher l'Europe de se suicider. Les seuls qui l'ont été furent les communistes, Roger Martin du Gard l'explique très bien dans Les Thibault.  Finalement, les communistes ont toujours été du bon côté des guerres, faut-il y voir un signe?
"La Russie répandra ses erreurs dans le monde", prédisait Notre-Dame de Fatima, si on ne consacrait pas ce pays orthodoxe à son Cœur immaculé. Écoutant France inter à dîner, j'apprends que l'Allemagne, pendant qu'n plénipotentiaire isolé négociait avec l'âpre Fosch dont j'ignorais ce trait inflexible de sa personnalité, vécut en miniature une révolution soviétique, laquelle obligea Guillaume II à abdiquer, que son armée abandonnait, plongeant l'Allemagne pour peu de temps dans la République de Weimar qu'Hitler renversa quand elle fut un fruit mûr pour se livrer à un dictateur, comme le deviennent nos démocraties pressurées par la finance.
Qui m'eût dit il y a trente ans, qu'un jour je serais fier de commémorer l'armistice, je ne l'aurais pas cru, moi dont la première crise de la foi recouvrée fut consécutive à ma participation à une messe en mémoire des "héros morts au champ d'honneur" pendant la Grande Guerre où l'on arborait des drapeaux sous l'étendard de Gott mit uns. J'ai joué hier une cérémonie oecuménique commémorative de l'armistice en présence des autorités civiles et j'en suis fier. La guerre et ses conséquences sont vécues à leur niveau dans ces cérémonies municipales, exposées à nos mémoire et déposées devant Dieu.

samedi 10 novembre 2018

Mélenchon s'effondre-t-il?


(Analyse du dernier article de son blog :

https://melenchon.fr/2018/11/06/en-cours-deffondrement/

Des immeubles de Marseille se sont effondrés dans la rue d’Aubagne. Le député qui a choisi de l’être à Marseille parce qu’il est partout chez lui dans la République française,  va examiner la situation pour se rendre compte. C’est un badaud de luxe, un observateur rétrospectif des accidents, qui cherche les responsables après coup, tel un expert d’assurance. Il n’a, à ma connaissance, jamais alerté sur la menace d’éboulement de ces immeubles. Aujourd’hui, il promet d’être dans le respect, dans l’écoute, dans le regard, dans le non harcèlement des secours, dans la relation humaine, même avec « le ministre Denormandie » hébété comme lui, mais c’et plus fort que lui, il a tout de suite réponse à tout. Il pourrait dire que le sinistre que vivent ces gens est dix fois pire, mais du même ordre que celui que l’État lui a fait subir. Ce ne serait pas indécent, car un incendie, une inondation, un cambriolage ou une perquisition engendrent des traumatismes qui ont beaucoup d’affinités. Preuve de son respect, il ne le dit pas. Si il le disait, on le lui reprocherait. A tort. Si le sinistre qui vient de le frapper était le cambriolage d’Etat qu’il dénonce et auquel je suis tout prêt àsouscrire, cela viendrait sous sa plume et il ne pourrait le réfréner. Cela ne vient pas, priorité démagogique au drame subi par l’électeur. Or tous les drames sont sur un pied d’égalité, qu’ils soient vécus par l’électeur ou par son mandataire, c’est le corollaire de l’adage que les peuples ont les politiciens que mérite l’apathie de leur conscience politique. Mais voici que l’homme qui n’a pas vu l’état de délabrement des immeubles des quartiers pauvres de sa circonscription parce qu’il habite, à Paris, un appartement cossu, plaide pour deux solutions comme par hasard étatistes. La première est d’ajouter un diagnostic à tous ceux qui contribuent à bloquer l’activité immobilière. Après ceux du plomb, de l’amiente préalables à toute transaction de vente sous peine de vice de forme, il faudrait soumettre les candidats à prendre des locataires à l’obtention d’un permis de louer. Or le grand imprécateur de la France insoumise n’a jamais demandé à ce que l’on prenne un permis d’embaucher pour les candidats à employer des salariés, mais est nostalgique de l’autorisation administrative de licenciement. Mais Mélenchon l’éco-socialiste fait une autre proposition.  Celui-là même qui pense qu’on épuise la planète en saturant l’espace urbain est partisan de la construction de 200000 logements sociaux par an, et en aucun cas de la rénovation et de la préemption des logements vides, qui peuvent continuer d’occuper des centres-ville inutlement. Il y aurait pourtant une solution politique originale à inventer, qui serait la rénovation et la location obligatoire des logements vides avec des loyers payés par l’État, qui prendrait les occupants de logements sociaux loués par lui dans le parc privé rénové comme ses propres locataires. Cela permettrait d’appliquer la loi sur la réquisition des logements vides votée sous l’impulsion de l’abbé Pierre. Encore faudrait-il que l’Etat expropriateur se souvienne d’avoir exproprié. Quand la ville de Mulhouse a préempté l’immeuble appartenant anciennement à mon père, elle nous intimait deux ans plus tard un ordre de le réhabiliter, écrit en termes très agressifs, sans que ses services se souviennent qu’il lui appartenait depuis deux ans. Mais l’idée de perquisitionner (des logements) ne vient pas au leader perquisitionné de la France insoumise, lui-même propriétaire de son logement cossu et peut-être bailleur non social ? Je l’ignore. Ce qui lui vient en revanche à l’esprit, et qui est une bonne mesure, c’est de plafonner les loyers, pour limiter la bulleimmobilière, parce que la pierre est faite pour que l’homme y habite.  Il faudrait plafonner  les loyers d’un quartiers à 35 % des revenus moyens de ses habitants.  Autrement, on peut travailler, mais pas se loger. Cette mesure n’est pas parfaite, mais serait un bon début. Globalement, la politique du logement proposée par celui qui vient après la bataille pour déplorer les effets de l’effondrement des immeubles marseillais n’est pas complète et n’est pas très originale, contenant entre autres cette contradiction écologiste de remédier à la pénurie de logements locatifs par la construction de logements sociaux dans un espace urbain saturé.

Au Brésil : « ce sont désormais les libéraux qui sont les plus nombreux à penser qu’un régime autoritaire est bénéfique pour régler les problèmes d’un pays. Ça nous change. Autrefois, c’étaient les démocraties populaires qui pensaient ainsi. Mais on n’est pas surpris. Pourtant Mélenchon a raison d’ajouter : « L’autoritarisme est l’enfant de l’obsession d’efficacité et de performance qui est le substrat du discours libéral, quand bien même n’est-il jamais concrétisé par aucun gouvernement libéral. C’est ici toute une logorrhée technocratique qui trouve un débouché idéologique radical. » Mais l’autoritarisme libéral redonnerait vie au « Führer principe » national socialiste. Ou quand le mantra hitlérien du point Godwin est appliqué à contre-emploi ! On attend que le commissaire au plan y porte remède sans se sucrer au passage sur le prix du médicament.

 

« Ce constat en appelle un autre. Il n’y a pas de contradiction entre la politique néolibérale et le régime autoritaire. À maints égards, on peut dire que c’est le contraire. Le néolibéralisme s’épanouit d’autant plus facilement que le régime qui l’assume est autoritaire et même totalitaire s’il le faut. La fameuse saillie de Juncker « il n’ya pas de démocratie en dehors des traités européens » formule d’une façon limpide le contenu de ce moment libéral autoritaire. Surtout si l’on tient compte des mises en œuvre de ce principe contre Chypre, la Grèce et plus récemment l’Italie. Il ne fait plus de doute que cette tendance ne peut que s’accentuer. Elle ne se contente pas d’être « un point de vue ». Elle est déjà l’emballage d’une pratique effective qui aurait suscité des réactions d’indignation unanimes il y a une décennie et qui passent à présent sans coup férir dans une opinion progressivement mythridatisée.»

C’est globalement ce qu’on observe, mais « totalitaire » est de trop, comme la mise en avant de la « saillie » junckerienne est la manie vieille comme la politique, mais quis’aggrave, de faire payer pour la durée d’une carrière politique une parole malheureuse qui ne connaîtra pas de pardon. Ce n’est pas une raison pour chercher des excuses à la bureaucratie libérale de l’Europe occidentale qui a remplacé la bureaucratie de la Russie soviétique.

 

« Aux Amériques, la judiciarisation des combats politiques dans le but d’éliminer l’opposition en l’empêchant d’agir sur la scène de la démocratie est désormais une constante. » Mais ces lettres américaines ne restent pas longtemps une allégorie : « On ne doit pas regarder tout cela de trop haut. […] [Car] c’est un fait que la judiciarisation de la lutte contre les oppositions a franchi un seuil partout. Aux Amériques et en Europe. » Dans l’Europe opposées aux « démocraties illibérales », dans l’Europe de Merkel, de Juncker et du soi-disant multi-latéraliste Macron.

 

 

Jean-Luc Mélenchon fait une analyse exacte et complète de la situation en Nouvelle-Calédonie. On peut même se demander dans quelle mesure l’empiètement du « oui » sur des populations non kanaks et résidentes européennes sur ce territoire abusivement annexé et encore affecté à la France ne traduit pas une conscience par les non autoocthtones du caractère illicite de la situation coloniale qui demeure. Il faut en effet mener à leur terme les accords négociés et signés par Michel Rocard, qui prévoient la tenue de deux référendums à venir.

Des immeubles de Marseille se sont effondrés dans la rue d’Aubagne. Le député qui a choisi de l’être à Marseille parce qu’il est partout chez lui dans la République française,  va examiner la situation pour se rendre compte. C’est un badaud de luxe, un observateur rétrospectif des accidents, qui cherche les responsables après coup, tel un expert d’assurance. Il n’a, à ma connaissance, jamais alerté sur la menace d’éboulement de ces immeubles. Aujourd’hui, il promet d’être dans le respect, dans l’écoute, dans le regard, dans le non harcèlement des secours, dans la relation humaine, même avec « le ministre Denormandie » hébété comme lui, mais c’et plus fort que lui, il a tout de suite réponse à tout. Il pourrait dire que le sinistre que vivent ces gens est dix fois pire, mais du même ordre que celui que l’État lui a fait subir. Ce ne serait pas indécent, car un incendie, une inondation, un cambriolage ou une perquisition engendrent des traumatismes qui ont beaucoup d’affinités. Preuve de son respect, il ne le dit pas. Si il le disait, on le lui reprocherait. A tort. Si le sinistre qui vient de le frapper était le cambriolage d’Etat qu’il dénonce et auquel je suis tout prêt àsouscrire, cela viendrait sous sa plume et il ne pourrait le réfréner. Cela ne vient pas, priorité démagogique au drame subi par l’électeur. Or tous les drames sont sur un pied d’égalité, qu’ils soient vécus par l’électeur ou par son mandataire, c’est le corollaire de l’adage que les peuples ont les politiciens que mérite l’apathie de leur conscience politique. Mais voici que l’homme qui n’a pas vu l’état de délabrement des immeubles des quartiers pauvres de sa circonscription parce qu’il habite, à Paris, un appartement cossu, plaide pour deux solutions comme par hasard étatistes. La première est d’ajouter un diagnostic à tous ceux qui contribuent à bloquer l’activité immobilière. Après ceux du plomb, de l’amiente préalables à toute transaction de vente sous peine de vice de forme, il faudrait soumettre les candidats à prendre des locataires à l’obtention d’un permis de louer. Or le grand imprécateur de la France insoumise n’a jamais demandé à ce que l’on prenne un permis d’embaucher pour les candidats à employer des salariés, mais est nostalgique de l’autorisation administrative de licenciement. Mais Mélenchon l’éco-socialiste fait une autre proposition.  Celui-là même qui pense qu’on épuise la planète en saturant l’espace urbain est partisan de la construction de 200000 logements sociaux par an, et en aucun cas de la rénovation et de la préemption des logements vides, qui peuvent continuer d’occuper des centres-ville inutlement. Il y aurait pourtant une solution politique originale à inventer, qui serait la rénovation et la location obligatoire des logements vides avec des loyers payés par l’État, qui prendrait les occupants de logements sociaux loués par lui dans le parc privé rénové comme ses propres locataires. Cela permettrait d’appliquer la loi sur la réquisition des logements vides votée sous l’impulsion de l’abbé Pierre. Encore faudrait-il que l’Etat expropriateur se souvienne d’avoir exproprié. Quand la ville de Mulhouse a préempté l’immeuble appartenant anciennement à mon père, elle nous intimait deux ans plus tard un ordre de le réhabiliter, écrit en termes très agressifs, sans que ses services se souviennent qu’il lui appartenait depuis deux ans. Mais l’idée de perquisitionner (des logements) ne vient pas au leader perquisitionné de la France insoumise, lui-même propriétaire de son logement cossu et peut-être bailleur non social ? Je l’ignore. Ce qui lui vient en revanche à l’esprit, et qui est une bonne mesure, c’est de plafonner les loyers, pour limiter la bulleimmobilière, parce que la pierre est faite pour que l’homme y habite.  Il faudrait plafonner  les loyers d’un quartiers à 35 % des revenus moyens de ses habitants.  Autrement, on peut travailler, mais pas se loger. Cette mesure n’est pas parfaite, mais serait un bon début. Globalement, la politique du logement proposée par celui qui vient après la bataille pour déplorer les effets de l’effondrement des immeubles marseillais n’est pas complète et n’est pas très originale, contenant entre autres cette contradiction écologiste de remédier à la pénurie de logements locatifs par la construction de logements sociaux dans un espace urbain saturé.

Au Brésil : « ce sont désormais les libéraux qui sont les plus nombreux à penser qu’un régime autoritaire est bénéfique pour régler les problèmes d’un pays. Ça nous change. Autrefois, c’étaient les démocraties populaires qui pensaient ainsi. Mais on n’est pas surpris. Pourtant Mélenchon a raison d’ajouter : « L’autoritarisme est l’enfant de l’obsession d’efficacité et de performance qui est le substrat du discours libéral, quand bien même n’est-il jamais concrétisé par aucun gouvernement libéral. C’est ici toute une logorrhée technocratique qui trouve un débouché idéologique radical. » Mais l’autoritarisme libéral redonnerait vie au « Führer principe » national socialiste. Ou quand le mantra hitlérien du point Godwin est appliqué à contre-emploi ! On attend que le commissaire au plan y porte remède sans se sucrer au passage sur le prix du médicament.

 

« Ce constat en appelle un autre. Il n’y a pas de contradiction entre la politique néolibérale et le régime autoritaire. À maints égards, on peut dire que c’est le contraire. Le néolibéralisme s’épanouit d’autant plus facilement que le régime qui l’assume est autoritaire et même totalitaire s’il le faut. La fameuse saillie de Juncker « il n’ya pas de démocratie en dehors des traités européens » formule d’une façon limpide le contenu de ce moment libéral autoritaire. Surtout si l’on tient compte des mises en œuvre de ce principe contre Chypre, la Grèce et plus récemment l’Italie. Il ne fait plus de doute que cette tendance ne peut que s’accentuer. Elle ne se contente pas d’être « un point de vue ». Elle est déjà l’emballage d’une pratique effective qui aurait suscité des réactions d’indignation unanimes il y a une décennie et qui passent à présent sans coup férir dans une opinion progressivement mythridatisée.»

C’est globalement ce qu’on observe, mais « totalitaire » est de trop, comme la mise en avant de la « saillie » junckerienne est la manie vieille comme la politique, mais quis’aggrave, de faire payer pour la durée d’une carrière politique une parole malheureuse qui ne connaîtra pas de pardon. Ce n’est pas une raison pour chercher des excuses à la bureaucratie libérale de l’Europe occidentale qui a remplacé la bureaucratie de la Russie soviétique.

 

« Aux Amériques, la judiciarisation des combats politiques dans le but d’éliminer l’opposition en l’empêchant d’agir sur la scène de la démocratie est désormais une constante. » Mais ces lettres américaines ne restent pas longtemps une allégorie : « On ne doit pas regarder tout cela de trop haut. […] [Car] c’est un fait que la judiciarisation de la lutte contre les oppositions a franchi un seuil partout. Aux Amériques et en Europe. » Dans l’Europe opposées aux « démocraties illibérales », dans l’Europe de Merkel, de Juncker et du soi-disant multi-latéraliste Macron.

 

 

Jean-Luc Mélenchon fait une analyse exacte et complète de la situation en Nouvelle-Calédonie. On peut même se demander dans quelle mesure l’empiètement du « oui » sur des populations non kanaks et résidentes européennes sur ce territoire abusivement annexé et encore affecté à la France ne traduit pas une conscience par les non autoocthtones du caractère illicite de la situation coloniale qui demeure. Il faut en effet mener à leur terme les accords négociés et signés par Michel Rocard, qui prévoient la tenue de deux référendums à venir.