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mercredi 19 août 2020

Première approche de Frantz Fanon, où on le voit s'opposer à l'exploitation de l'affaire George Floyd

<p> Je suis assez éberlué d’avoir découvert Frantz Fanon grâce aux « Grandes traversées » de « France culture » qui m’ont presque toutes intéressé cet été, à commencer par celle qui retraçait la vie de Karl Marx. Frantz Fanon est un penseur violent et subtil tel que je ne l’imaginais pas. Il a baigné dans le milieu sartrien sans s’apercevoir que derrière la façade bonenfant des « Temps modernes » ou de Michel Leiris, ce pilleur d’Afrique, se pavanait un élitisme qui voulait bien « lâcher l’homme » sans le circonscrire à sa condition ethnique ou sociale, mais ne partageait pas avec Frantz Fanon l’urgence de mettre du sens derrière les choses et de situer l’homme face à l’être, ce dont l’existentialisme est une pure négation en un sens, si l’existence précède l’essence. Ce qui a pu voiler à Fanon le caractère insensé de la pensée sartrienne qui ne s’en est pas dédommagé en écrivant « l’Orphé noir » qui n’engageait pas à grand-chose, réside en partie, je crois, dans l’aveu de Simone de Beauvoir de sa confiance dans le langage, confiance qui ne la faisait pas le remettre en cause à la manière d’un Roland Barthes, mais qui était de pure forme et de pur confort pour pouvoir écrire à loisir, et qui n’était pas telle que celle d’un Frantz fanon qui pensait que « parler, c’est exister absolument pour (autrui) », et qui par conséquent allait droit au but, non seulement en n’hésitant pas à traiter d’imbécile qui il croyait tel, mais encore en regrettant que « parler petit nègre à un nègre » ne soit pas simple condescendance, mais assignation à rester où il est et suspicion qu’il n’a pas de culture originale, alors que d’un Allemand ou d’un Russe qui ne parlerait pas Français contrairement à des Antillais qui n’aspirent qu’à bien le parler, en l’aidant par gestes pour qu’il s’en sorte malgré ce handicap de langues, on ne supposerait pas qu’il n’ena pas. <p>

 

À la fin de sa vie, Fanon avait été passablement déçu par Sartre, mais le compagnonnage de Sartre et de ses amis n’était qu’un milieu que Fanon s’était choisi peut-être à tort, et cela n’avait qu’une importance relative au regard de sa position ontologique : Fanon situait encore une fois l’homme face à l’être qu’il doit en quelque sorte dépasser : l’homme doit trouver son dépassement en clarifiant sa situation face à l’être et en ne la laissant s’inscrire dans aucun déterminisme. Fanon regrette avec Nietzsche que le malheur de l’homme soit d’avoirété enfant. Il se sent redevable du cosmos, mais il affirme qu’il « appartien(t) irréductiblement à (son) époque et que c’est pour elle qu’(il doit) vivre. « L’avenir doit être une construction soutenue de l’homme existant. » Loin de penser comme Camus que l’homme est là pour empêcher que le monde se défasse, Fanon pense que l’homme est là pour changer le monde et que c’estcela qui nous requiert constamment.

 

On  présente Fanon comme plus violent que Césaire, ça paraît assez discutable, sinon que ces deux penseurs n’ont pas fini leurs jours dans le même pays. Pas plus que Césaire, Fanon n’a pris une option maximaliste pour l’indépendance de la Martinique et des Antilles, ce que je n’ai jamais compris d’ailleurs, même lorsque j’ai séjourné là-bas. Césaire a allègrement confondu la condition des Africains et celle des Antillais descendants d’esclaves. Fanon aurait voulu avoir le temps d’en entreprendre une étude séparée. Et pour autant que je ne commette pas de contresens en tirant la négritude du côté d’une essentialisation de la relation de maître à esclave qui ne devait cesser de perdurer entre le Noir et le Blanc selon Césaire, Fanon se situe au contraire dans le refus du déterminisme du Noir et du Blanc, qui leur font oublier leur caractère d’homme. <p>

 

Jacques Bainville aurait dit qu’en introduisant le racisme dans la politique, on a ouvert la boîte de Pandore, car dès lors que les guerres avaient changé de nature, étant passées de féodales à nationales, puis s’étant transmuées en conquêtes lointaines, la composante ethnique ne pouvait plus cesser de poser problème une fois considérée. Je ne suis pas sûr  que Fanon eût dédit ce jugement de Bainville s’il l’a effectivement prononcé, même s’il ne se serait pas reconnu dans le milieu nationaliste où Bainville évoluait. Fanon était moins revenchard  qu’Aimé Césaire.

 

On peut me reprocher d’émettre ce jugement sous le bénéfice de n’avoir pas lu « Les damnés de la terre » qui est plus violent que « Peau noire masque blanc » par lequel j’ai commencé, qu’on compte sur moi pour m’y atteler. <p>

 

Que si on se demande pourquoi Frantz Fanon s’est battu pour l’indépendance de l’Algérie, c’est qu’il y a été muté et qu’on ne lui a pas proposé de poste ailleurs. Et ce psychiatre qui avait commencé par vouloir se battre pour l’empire français avant de rencontrer le racisme dans l’armée, ayant vu le combat des Algériens et l’ayant trouvé juste, il l’avait épousé. Je redis que moi-même m’étant trouvé en Guadeloupe, je ne comprenais pas que les guadeloupéens ne se saisissent pas de la question de leur indépendance. Les marinas des Békès me semblaient une insulte à la créolité et si j’avais été des leurs ou résidé chez eux, j’aurais appuyé ce combat, qui m’aurait semblé juste.

 

Ironie du sort, car chez moi tout finit par des sarcasmes, mais c’est bien involontairement, la faute à ma causticité. J’ai noté un fait un peu drôle dans la prose de Frantz Fanon s’appliquant à l’exploitation de l’affaire George Floyd. Frantz fanon écrit explicitement ceci : « S’il est vrai que je dois me libérer de celui qui m’étouffe parce que véritablement je ne puis pas respirer, il demeure entendu que sur la base physiologique : difficulté mécanique de respiration, il devient malsain de greffer un élément psychologique : impossibilité d’expansion. » Étonnant que personne n’ait songé à citer cette phrase. <p>

 


mardi 4 août 2020

Villiers et BHL, des points partout, la balle au centre

https://www.lefigaro.fr/vox/societe/bernard-henri-levy-philippe-de-villiers-quelle-france-apres-la-crise-20200708

 

<p> Le chapô du « Figaro :<p>

 

« Tous deux appartiennent à la même génération et leurs derniers essais (Les Gaulois réfractaires demandent des comptes au Nouveau Monde, de Philippe de Villiers, et Ce virus qui rend fou,de Bernard-Henri Lévy) sont en tête des meilleures ventes. Ils y critiquent la stratégie du confinement généralisé durant la crise du coronavirus et redoutent ses conséquences. Pour le reste, tout oppose le philosophe de la mondialisation heureuse et l’ancien ministre souverainiste. Si ce n’est sans doute leur goût de la polémique et leur sens de la liberté. C’est pourquoi, Bernard-Henri Lévy et Phillipe de Villiers ne se sont pas fait prier pour accepter le défi d’un grand débat. » <p>

 

Ce débat m’avait échappé. J’en ai eu connaissance en écoutant le début d’une interview touffue de Michel Onfray sur « Thinkerview » : <p>

 

https://www.youtube.com/watch?v=txl6l5ORhzo

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Il y affirmait que BHL parlait d’ »impérialisme européen ». Cela a au moins le mérite de faire réfléchir. Michel Onfray ajoutait que Mitterrand s’était trompé en affirmant que le nationalisme était la guerre, car la Grande guerre avait été menée par des Empires pour détruire des Empires en pleine crise des nationalités,  et avaient fait émerger de petites nations qui ne se sont pas toujours montrées viables.

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Michel Onfray croit au gouvernement mondial. Jacques Attali aussi, affirme-t-il. Je crois que c’est une vue de l’esprit, comme le souverainisme est une étroitesse d’esprit. - Évidemment, si on lui oppose la « souveraineté mondiale » comme le fait BHL ! -

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L’idée européenne n’est pas à rejeter, mais elle se perd dans une bureaucratie, impuissante à rendre homogènes dans les moindres détails des peuple à la culture et à la langue si différentes, et qui n’ont pas vocation à se fédérer dans les détails, mais qui pourraient devenir une puissance s’ils appliquaient le principe de subsidiarité. <p>

 

Quand on se rend au Puy du Fou de Philippe de Villiers, on est frappé que le roman national hollywoodien qu’il nous  raconte en griot plus ou moins inspiré, n’ait que trois caractères communs dont aucun n’est positif ou vecteur de personnalité : la transmission ou préservation des racines et la lutte contre l’ennemi, surtout lorsqu’il est étranger. La xénophobie traverse ce parc d’attraction spectaculaire. Mais la xénophobie est-elle un de ces « murs porteurs » qu’Alexandre soljénitsine enseignait à garder au griot du Puy du Fou ?

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Comme à son habitude, Villiers a quelques formules heureuses pour faire le bilan du confinement : « la déchirure des tissus conjonctifs de la France industrieuse, l’abandon des anciens, la défaite d’Antigone qui a perdu le droit d’enterrer son frère. Il faut avancer masqué pour paraître fraternel. » <p>

 

BHL refuse de voir dans le confinement une erreur. Il nous ressort le mythe de « la France moisie » de son ami Philippe Sollers, puis il décompose implicitement le mot « confinement » comme Bernard Kouchner avait décomposé et refusé le mot d’ »euthanasie » qui sonnait trop comme « nazi ». Il fait du « confinement » face au virus « la première peur mondiale ». Répond-elle à « la grande peur des bien-pensants » dans une « France » et un monde qui ne sont plus du tout « contre les robots » comme eût dit Bernanos, robot au règne desquels Jésus-Christ est le seul rempart selon #VéroniqueLévy, la sœur du philosophe ? Cette « pandémie » a-t-elle provoqué la « première (grande) peur mondiale » ou n’est-ce pas plutôt cette grande « peur mondiale » qui a été provoquée ? C’est plutôt mon avis sur cette psychose virale que Villiers appelle une « psychose planétaire ».

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BHL continue en mettant dans le même panier la politique comme « volonté de guérir » (en quoi cette volonté serait-elle nuisible et que doit faire d’autre la politique ?) et le populisme, qu’il est toujours temps de dénoncer pour le philosophe et que Villiers a raison de défendre comme « le cri des peuples qui ne veulent pas mourir ». <p>

 

Le « carré magique de la survie » de Villiers est un hymne à la fermeture. On ne devrait circuler que dans ce carré magique comme dans le cercle vicieux des confinements familiaux. Seul côté à sauver de ce « carré », « le local »comme condition de la relocalisation industrielle, des circuits courts propres à favoriser « l’économie circulaire » ou « de fonctionnalité », et d’une réhumanisation doublée d’une réalisation, par opposition à leur virtualité actuelle,  de ce qu’on finira par appeler les « relations de proximité ».

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Comme le dit BHL, la dissidence « est un beau mot, mais à utiliser avec précaution si l’on ne veut pas faire injure à ceux qui sont morts en son nom. » Utile à rappeler à ceux qui confondent toute espèce de xénophobie avec la dissidence, sous prétexte que des « lois scélérates », par leur effet plus que par leur intention, font la police des sentiments et préfèrent confondre une opinion avec un délit qu’assumer que des mauvais sentiments entraînent des opinions discutables.

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Les intellectuels ont tort de « faire parler le virus », mais nos gouvernants ont eu tort les premiers de nous suggérer que l’invisible était notre ennemi, en la personne (sic) de cet agent infectieux qu’était la Covid. Se rabattre sur un microbe (ou assimilé dans l’esprit des locuteurs) était l’aveu d’échec de nous avoir montés contre les barbus, maintenant que tout le monde l’est devenu à cause du confinement. Je dois ces quelques réflexions à un chauffeur de taxi soralien à qui je donne entièrement raison d’établir une solution de continuité entre la guerre (nécessairement perdue et faite pour être perdue sauf à durer éternellement) contre le terrorisme, cet ennemi indéterminé, et la guerre (de sidération) contre le coronavirus, cet ennemi invisible. Quant au « plan de relance » échafaudé par Merkel et Macron pour « éviter le naufrage à l’Italie et à l’Espagne », il va nous plonger dans la dette pour 50 ans en réalisant une union européenne par la dette à défaut d’une union des peuples.<p>

 

BHL n’est pas anti-français parce qu’il est anti-franchouillard. Il n’est pas interdit de doser nationalisme et cosmopolitisme. « Dénoncer le racisme », ce n’est pas « sauver le racisme », n’en déplaise à Jean Baudriard. Mais BHL n’est pas non plus « universaliste », car son universalisme s’arrête aux limites de l’antisémitisme, c’est-à-dire dès qu’on veut agresser non sa nation ni sa religion, mais son peuple et sa culture. Cette vigilance contre l’antisémitisme est défensive comme l’est n’importe quel nationalisme. Et elle est séparatiste en ce qu’elle s’érige contre un séparatisme culturel qui n’intégrerait pas la culture juive quand elle est elle-même séparatiste.<p>

 

Villiers-BHL, des points partout, la balle au centre. <p>


mercredi 22 juillet 2020

La mort en face

Entre autres leçons qui devraient être tirées de la Covid, il y a celle de notre rapport à la mort. Pour moi et pour en avoir devisé avec des amis, il y a quatre aspects qui se confirment:

-Notre société ne sait décidément plus regarder la mort en face.

-Notre génération n'a pas appris à assister les agonisants et à veiller les morts. Un retour à ces pratiques et à ces initiations douloureuses aux limites de la vie serait utile pour remettre plus d'humanité dans notre société.

- Nous avons moins peur de mourir que de souffrir et plus peur de l'agonie que de la mort.

-Cette peur n'est pas illégitime, car l'agonie est souvent une torture. Nous avons en partie raison de ne pas vouloir souffrir, même d'un point de vue chrétien, car ce que le Christ a consenti délibérément, Dieu ne peut le demander à tous. L'acceptation de la souffrance est une affaire de liberté individuelle, c'est même la plus individuelle des libertés. Donc le débat sur l'euthanasie devrait être dépassionné dans l'Eglise qui ne devrait être ni pour, ni contre, mais respecter la conscience des personnes confrontées à la mort, y compris celles qui choisissent de rédiger des directives anticipées.

François Sureau, ses fulgurances et mes acquiescements

Entretien de Philippe Bilger avec François Sureau librement retranscrit et commenté.

https://www.philippebilger.com/blog/2020/07/entretien-avec-fran%C3%A7ois-sureau.html#comments

« L’esprit de condamnation a remplacé l’esprit de controverse ». « Gide nous a fait grand tort quand il a dit qu’on ne faisait pas de bonne littérature avec de bons sentiments. La littérature naît d’un désir du bien empétré dans ses contradictions. » Gide est un immoraliste qui a essayé de remonter sa pente.

PB : « On parle de vous comme d’un homme d’engagement, je vous perçois davantage comme un homme totalement désengagé. »

FS : « Dans une vocation littéraire, on ne sait jamais si on a réussi ou raté. »

« Gracq quand il compare Junger à Sartre, distingue les auteurs de l’acceptation des auteurs de la révolte. Ma pente naturelle est l’acceptation. Mon acceptation cesse quand une conception intime d’une réalité que j’aime me paraît menacer cette réalité, comme aujourd’hui celle de mon pays. »

« Ce qu’il y a d’absolutisme religieux en moi considère comme des idoles toutes les institutions auxquelles la plupart des hommes s’intéressent : la justice, la nation. » « Je suis un aussi mauvais chrétien qu’on peut l’être. N’importe quel chrétien devrait avoir honte de se voir affecté ce qualificatif. » (Alan Blum)D’accord avec ces deux assertions, raison pour laquelle je me contente de dire que j’essaie d’être chrétien et je m’interdis de juger du christianisme des autres.

« La notion d’égalité métaphysique des conditions est une notion qui m’est extrêmement proche et présente. Je ne considère pas du tout normal d’être né en haut du panier et que des gens qui valaient infiniment mieux que moi se retrouvent en bas. » Sans doute, même si la mégalomanie propre à tous les gens qui réfléchissent les pousse à se complaire, voir à se consoler dans ce qui passe à leurs yeux pour leur intelligence, je me mets dans ce panier-là même si je n’en suis pas fier.

« Il ne faut pas étendre l’égalité des talents intellectuels dans des sujets où elle n’a rien à voir. » Sans doute. C’est ce qui me fait répéter à qui veut l’entendre que la démocratie directe à laquelle je suis favorable depuis l’enfance, devrait être tempérée par un indice de discernement et par un indice de concernement, décrété par le citoyen lui-même, dont je suis sûr qu’il aurait la plupart du temps la modestie d’évaluer correctement en quoi un problème le concerne et en quoi il se sent la capacité d’en juger.

« (Saint] Ignace qui est quand même l’artisan absolu de la contre-réforme était plus proche des réformateurs que n’importe quel théologien de son temps. »Remarque profonde, même si le libre examen diffère du discernement en ce qu’il n’est pas une prémisse à l’individualisme, mais se réfère à la volonté de Dieu.

Thomas d’Aquin : « La conscience étant la trace de Dieu, si la conscience de quelqu’un lui dictait de ne pas croire en Dieu parce que Dieu n’existe pas, il vaudrait mieux qu’il soit athée plutôt qu’il ne se déclare croyant sans l’être. » Cet justification de l’athéisme par le « docteur angélique » est plus qu’un beau paradoxe. C'est un puissant aveu de liberté chrétienne.

« Doit-on être prêt à payer le prix d’une diminution de la liberté pour un accroissement de sécurité dans des sociétés qui ne sont plus prêtes à s’améliorer par un accroissement de liberté ? » Non bien sûr. Mais nos sociétés devraient avoir le courage de regarder ce qui leur arrive au lieu de s’abandonner, par paresse intellectuelle, à une information issue d’une presse libre et qui en a gardé le ton souriant et bienveillant, sans que les nouvelles qu'elle distille au compte-gouttes et en en retenant beaucoup aient jamais autant ressemblé à de la propagande.

« Je ne voudrais pas que le discours de haine ne soit jamais en mesure de s’exprimer en étant réprimé a priori, quitte à ce que les arguments du bien acquièrent la même force que les arguments du mal auquel le bien ne saurait plus répondre. » La haine n’est pas une dissidence. Mais elle a une fonction cathartique. C’est pourquoi les partisans de la liberté d’expression confondent aujourd’hui la haine avec la dissidence.

« Le représentant de l’Etat est rarement incontestable. »

« La puissance n’a aucun sens dans un métier de service à composante anarchisante comme celui d’avocat. » « Je ne suis pas un vrai avocat. Je ne peux défendre que des innocents. Je ne peux m’investir complètement que dans des causes justes.»

« Ce n’est pas mon amour des libertés publiques qui m’a fait prendre des positions compréhensives à l’égard des Gilets jaunes. La répression des émeutes me paraissait moins choquante que la restriction de la liberté de manifester. Il y a une incohérence républicaine à ce qu’une République née de l’émeute proscrive l’émeute. J’avais aussi du respect pour la France des simples gens que j’avais connue de manière absolument fortuite. » J’ai toujours souligné que la République fille de la Révolution et qui glorifie mai 68 au point d’avoir voulu célébrer son cinquantenaire l’année des Gilets jaunes, ne pouvait pas reprocher à ceux-ci d’être moyennement respectueux de l’ordre public.

« Des citoyens innocents ne sont pas brimés par un Etat coupable. » » Nous sommes des citoyens responsables qui avons les politiciens que nous méritons. « Mais l’Etat qui devient illégitime à ses propres yeux s’établit en arbitre des différents conflits d’intérêt communautaires. «

PB : Macron-Fillon, vous êtes partout pour vous mettre en surplomb ? » FS : « Mon avis n’a servi absolument à rien ni avec l’un ni avec l’autre. »

PB : « N’avez-vous pas la vanité de côtoyer le vrai pouvoir ? » FS : « Ma vanité est moins politique que littéraire. Fréquenter les allées du pouvoir est flatteur. Mais le sentiment de vanité disparaît quand vous vous apercevez que le duc de Chatellerault qui vous parle n’est pas celui de la croisade. »

« Je ne me suis intéressé à la vie politique de mon pays qu’il y a une quinzaine d’années, quand je me suis aperçu que le socle politique sur lequel nous avions vécu s’effondrait. »

« Le général De gaulle est plus souvent réaliste que prophète. »

« Emmanuel Macron a résolu les trois dernières crises par un contournement systématique de la démocratie représentative, sans dissolution de l’Assemblée nationale ou appel au référendum, mais par un tour de France des maires ou le tirage au sort des [agents climatiques.] »

« Il ne suffit pas que le parquet soit indépendant, il faut qu’il le soit, mais aussi impartial et responsable, indépendamment de la question de savoir si les juges devraient en être élus comme aux Etats-Unis. »

« Dans l’affaire Fillon, je suis réticent à la thèse du complot, car il suffit qu’une institution, surtout si elle est nouvelle comme l’était le parquet national financier, se saisisse de son « influx moral » pour choisir le candidat propre. » Cela n’empêche que la dernière élection a été confisquée par l’autorité judiciaire, le tribunal médiatique et peut-être quelques combines politiques. Mais François Fillon l’avait bien cherché, qui avait demandé à Jean-Pierre Jouyet de débrancher Nicolas Sarkozy.

« Je suis né par hasard dans ce pays qui est le mien. » J’ai toujours pensé la même chose et je souscrit à cette phrase de Patrick Braouezec : « Je ne suis pas fier d’être Français et je n’en ai pas honte. Car on ne peut être fier ou avoir honte que de ce dont on est responsable. » Mais François Sureau ajoute et j’y souscris aussi : Je suis beaucoup plus séduit et blessé par mon pays maintenant que lorsque j’étais jeune. Il me séduit et il me blesse comme un étranger qui aurait choisi de venir y vivre. » Ça me fait le même effet.

PB : « Est-ce que, dans « L’or du temps », votre dernier ouvrage (qui donne lieu à des chroniques tout l’été sur « France culture »), vos dilections qui ne sont jamais banales ne cherchent pas à se distinguer des choix communs ? » FS : « Je suis parfois tombé par l’effet du hasard sur des personnages de second ordre qui me sont apparus comme des frères, comme le Richelieu de la Restauration ou le commissaire Maigret. On peut être guidé par des saints inconnus. Gide a raison, il faut suivre sa pente en la remontant. »

« Il est regrettable que Maupassant décrive des passions extraordinaires en s’arrêtant là et sans soulever le voile qu’il y a derrière leur réalité. » C’était moins la réalité qui importait à Maupassant que la présence. Maupassant était un sensualiste de la présence qui souffrait tant de la solitude qu’il ne voyait que l’absence. Il ne sentait jamais assez de présence pour remonter à la réalité. Et cela l’a englouti au moins autant que la syphilis.

Entretien avec François Sureau

philippebilger.com

Les deux versants de Ségolène Royal

Réaction en lien avec l'intéressant entretien qu'elle a accordé à Philippe Bilger, questionneur incomparable.

https://www.philippebilger.com/blog/2020/07/entretien-avec-s%C3%A9gol%C3%A8ne-royal.html#comments

Quelque chose m'a toujours interpelllé chez Ségolène Royal, c'est la synthèse hybride que sa personnalité constitue. D'un côté, elle "observe la France" et elle la ressent; et de l'autre, tout son discours est un concentré du bloubiboulga idéologique qui s'étire du féminisme, dans son cas victimaire, à l'écologie, et qui ne peut pas bâtir un modèle de société, tant c'est un anti-modèle, un modèle sans incarnation.

Et à peine ai-je écrit cela que je dois ajouter: "Pourtant elle avait raison de proposer une nation matricielle" intégratrice et acceptant d'être métissée, où les adoptants et les adoptés s'accepteraient mutuellement et changeraient ensemble la matrice. Comme elle le dit dès le début de l'entretien, c'est avant tout une "mère de famille" soucieuse de "garder les enfants" comme s'en est moqué Laurent Fabius, qui avait cruellement raison puisqu'elle se définit presque comme ça.

D'un côté elle parle vrai et de l'autre elle parle faux. Ce "parler faux" est même la raison pour laquelle elle a perdu l'élection présidentielle de 2007selon Carla Bruni que je suis dans son analyse.

Son parler faux vient de ce qu'elle a fait une "révolution sémantique" où ses trouvailles ont été moins foudroyantes que bourdoyantes, comme cette "bravitude" sur laquelle elle revient, qu'elle aurait dénichée au tréfond de l'ancien Français et qu'elle continue de défendre, alors que la poésie de ce faux néologisme a fait rire tout le monde et échappé à tous ses auditeurs, elle exceptée qui l'a proféré, et il la fait encore frémir comme une saillie de Christiane Taubira.

Et d'un autre côté sa révolution sémantique est de la plus parfaite "novlangue": le "reste-à-vivre" pour les fins de mois, "la vie chère" pour le pouvoir d'achat et la "démocratie participative" pour le mélange indigeste entre la démocratie représentative et la démocratie directe, pour ne prendre que les trois exemples qui me viennent, mais tout est à l'avenant.

D'un côté elle a trouvé des concepts qui ont fait date comme "l'ordre juste" qui mettait le liant de la fermeté dans sa société matricielle, et de l'autre ces concepts portaient déjà la marque de l'adjectif contredisant le nom commun qu'il qualifiait, et surtout appartenaient à une langue tellement étrange qu'ils paraissaient de la bouillie pour les chats.

En 2007, elle parlait interminablement, autre point commun qu'elle partage avec Emmanuel Macron, et je me souviens de m'être souvent dit: "Comme elle est soulante, comme elle est assommante, soporifique." Et pourtant j'aimais l'entendre.

J'ai voté pour elle aux deux tours en 2007et je crois ne l'avoir jamais regretté. Il est possible que la France serait devenue une puissance écologique avant l'heure, moins probable que le problème de la démographie africaine ait été réglé comme elle l'affirme, mais Ségolène aurait été plus climatiquement correcte et moins clivante que Nicolas Sarkozy. L'atmosphère de la société française aurait été plus respirable. Et pourtant Nicolas Sarkozy était plus compétent.

D'un côté elle dit que "dans la politique, il n'y a rien à prendre et tout à donner", ce qui est réellement beau et certainement sincère. Et de l'autre, elle ne peut s'empêcher d'être ambitieuse et candidate à tout.

Si l'occasion se représentait en 2022? D'un côté elle a raison de dire que d'avoir été finaliste de l'élection présidentielle vous installe de manière structurelle dans la vie politique et de l'autre que les Français n'attendent plus rien de la politique, et n'attendent plus personne, constat désespéré qu'elle fait comme en passant et qui est alarmant.

Si l'occasion se représentait, d'un côté elle se voudrait fédérative et de l'autre, elle a son âge et la classe politique s'est dotée dans tous les partis de jeunes loups dont les dents rayent le parquet d'une manière différente de celles de Ségolène et de François Hollande, ce couple dont les affaires privées avaient accaparé le parti socialiste, comme s'en plaignait inélégamment le flamboyant Arnaud Montebourg.

François Bousquet n'avait pas tort d'analyser en 2007 que Ségolène Royal et que François Hollande, c'étaient un peu les élèves du fond de la classe qui pouvaient être brillants sans être bons, mais qui nous marquaient et qui nous arrêtaient, car ils nous ressemblaient. Ils ressemblaient à la médiocrité de leurs compatriotes que nous étions. Et pourtant elle se prend pour l'une de ces "femmes charismatiques qui changent le cours de l'histoire", comme Barak Obama qu'elle assure (pas dans cet entretien) avoir inspiré avec sa plateforme "Désir d'avenir", autre invention linguistique gloubiboulguesque.

D'un côté Ségolène dénonce les "élites administratives" et de l'autre, cette façon de s'accrocher et de s'envisager candidate à vie en étant fière de son bilan sans avoir fait grand-chose est comme un comble d'arrogance.

Et pourtant si elle se représentait, je ne serais pas mécontent et je pourrais voter pour elle. Car Ségolène est un moindre mal qui pourrait faire du bien.

Entretien avec Ségolène Royal philippebilger.com 6 h

samedi 18 juillet 2020

Nantes et Beaumont-sur-Oise, les absurdités de l'actu

J'avais jadis créé une chronique intitulée: "Les inaperçus de l'actu". Je crois que nous avons progressé d'un degré. C'est pourquoi je fais évoluer le nom de ma rubrique, de l'inaperçu à l'absurdité.

Ce jour aux infos:

-La cathédrale de Nantes a échappé à un incendie grâce au travail des sapeurs pompiers et à sa structure, déjà éprouvée en 1972 quand elle était en bois, et qui a été bétonnée depuis, se félicite sur #FranceInfo le premier adjoint de la ville de Nantes, qui assure que la cathédrale est "notre patrimoine commun". Vive la bétonisation malgré l'écologie?

-"Le patrimoine religieux de nos campagnes est dans un état déplorable", affirme Stéphane Berne, l'inventeur du "loto du pattrimoine". Deux causes à cela: les églises sont devenues des biens nationaux et les catholiques des campagnes ne fréquentent plus leurs églises.

-Le même Stéphane Berne finit par risquer: "Notre-Dame de Paris, c'était un drame; Saint-Pierre Saint-Paul de Nantes, c'est un accident; ça commence à faire beaucoup." Le 12 septembre 2001, on a déjoué un attentat qui aurait pu détruire la cathédrale de Strasbourg, mais on l'a oublié.

-Le Père Thierry Magnin, qu'on nous présentait comme une flèche scientifique, et qui est le secrétaire général démissionnaire de la Conférence des évêques de France, nous explique que, si quelqu'un est entré dans la cathédrale de Nantes alors qu'elle était fermée, il l'a fait par "infraction", (Sic) Ensuite, il se félicite qu'Emmanuel Macron ait assuré mgr de Moulins-Beaufort que "la communauté nationale soutient la communauté catholique". Ah bon, il y a une "communauté catholique"? Il yaurait donc du comunautarisme en République française? Première nouvelle.

-"Pas de justice, pas de paix", répète la famille Traoré pour les quatre ans de la mort du "petit frère", forcément victime de bavure, et dont la sœur Assa, son chef de clan depuis le décès de son père, père polygame de 17 enfants, assure ne plus faire confiance à la justice de notre pays, et le menace de guerre larvée s'il n'inculpe pas les gendarmes supposés responsables de la mort de celui dont elle porte et conduit le deuil, certes reconnu délinquant et impliqué dans 17 affaires, et qui fut même incarcéré, mais dont il ne faut pas brandir le casier judiciaire, affirme un des porte-paroles de la famille. "Pas de justice, pas de paix", c'est un slogan que n'aurait pas renié le Croissant de lune, et c'est une déclaration de guerre si la France refuse de céder au chantage de la famille Traoré. Mais nous sommes en guerre contre un virus. Et les écologistes sont des alliés des Traoré dans cette guerre

Nous pleurons aujourd'hui la mort de Jown Lewis, ami de Martin Luther King, et qui a fini sa vie militante en manifestant contre la mort de George Floyd, victime de discriminations anti-noires aux Etats-Unis.

"Paris plage" a rouvert son aire artificielle et son sable écologique sur les quais de Seine. Ce n'est pas un lieu clos, mais il faut y porter un masque comme dans tous les lieux clos à partir de lundi. La bobosphère ne rougit devant aucune contradictions.

Je propose de mettre notre réveil sur "Résignation dépressive". C'est l'état de notre âme et notre l'heure dans le "déclin de l'Occident". Qui m'aime me suive?

vendredi 3 juillet 2020

Castex, l'idiot Castaner-casseur de Philippe

N’importe quel « président normal » aurait récompensé le gagnant d’une élection municipale qu’il n’aurait pas découragé d’y concourir, en ne le renvoyant pas, mais en assurant sa promotion gouvernementale, comme Emmanuel Macron aurait dû le faire d’Édouard Philippe déboulonné ou talibanisé. N’importe quel « président normal », mais pas Macron, qui est un génie dont on n’a jamais vu luire le moindre éclaire d’intelligence hors du commun, pardon, qui est un pervers narcissique. Le pervers narcissique qui nous sert de président congédie son premier ministre parce qu’il est meilleur que lui et surtout plus populaire. Cet homme tendu à l’xcès a une part de sincérité et le peuple ne s’y est pas trompé. Il s’agit de l’empêcher de nuire à l’image du « locataire de l’Élysée » qui souhaite rempiler. Édouard Philippe sera donc sacrifié et exfiltré, sous l’ovation du personnel de l’hôtel Matignon (et non pas de Matignon), une ovation à laquelle, d’un Édouard l’autre, notre Édouard sur le départ tentera de mettre fin en disant « Ça suffit » comme Édouard Balladur fera taire ses militants en les sommant : « Je vous demande de vous arrêter. »

À l’humanité d’Édouard Philippe lors de cette passation de pouvoir à Matignon, succédera le ton marmoréen de Jean Castex, qui parle pointu comme on ne fait pas dans les Pyrénées-Orientales, et qui ne réussit pas à ce qu’on le confonde avec Jean Lassalle, comme c’était le rêve secret de Macron en choisissant un élu de la France profonde, qui aurait fait toutes ses preuves d’énarchie, et je ne connais pas bien l’itinéraire du bonhomme Castex – je me suis abstenu de consulter sa fiche Wikipedia -, sinon que son audition devant l’Assemblée nationale pour présenter le déconfinement a été particulièrement calamiteuse et était pleine d’imprécisions.

Je ne sais plus qui a dit que Macron était le plus improbable gestionnaire des ressources humaines qui se puisse imaginer. Je ne puis en juger, n’étant pas manager. Je constate (et je fus sans doute l’un des seuls à le faire) qu’il est tombé, « dans sa tête » comme il l’a dit à Jean-Jacques Bourdin sur le point d’être élu, sur le nom d’Édouard Philippe premier ministre, parce que l’auteur dont il avait adapté la pièce quand il est tombé amoureux de Brigitte, sa prof de théâtre, s’appelait Édouardo de Philippo. Maintenant le nom de Jean Castex s’apostille comme celui de Castaner et promet une belle casse sociale après que l’homme du « quoi qu’il en coûte » pour « le monde d’après » s'est redécouvert de droite, et a casté un nouveau haut fonctionnaire issu de la Cour des comptes en guise de premier ministre, lequel a pris pour directeur de cabinet Nicolas Revel, l’autre secrétaire général adjoint de François Hollande avec qui Emmanuel Macron était en délicatesses, ce que les médias brosse à reluire n’ont garde de rappeler. « Et en même temps , je te recycle et je te neutralise » semble être le credo d’Emmanuel Macron. Se laisse recycler qui veut !

Les deux maîtres à penser d’Édouard Philippe étaient Michel Rocard et Alain Juppé, qu’Édouard Philippe appelait « Chef », sans doute parce qu’il méprisait l’autorité morale d’un homme aussi cassant et inhumain malgré lui comme d’autres sont médecins, come Jean-François Delfraissy. On nous explique que les deux figures de proue de Jean Castex sont Nicolas Sarkozy et Xavier Bertrand. Cet ancien assureur du Nord est une grande autorité morale et régalienne, à coup sûr. Au vrai, notre Castex est une espèce de Raymond Soubie de second ordre, très loin de Rocard et même d’Alain Juppé. Mais »Quoi qu’il en coûte » a appelé ce gestionnaire au faux air de berger des Pyrénées et de Jean Lassale. Son chef de cabinet sera Nicolas Revel, ancien secrétaire général adjoint sous Hollandeavec lequel Macron s’est plus qu’autre frité. Mais c’était dans des querelles de conseillers qui ne parlaient pas autant qu’Henri Guaino. Des gens qui parlent « techno-pointu » et « font de la pédagogie » après avoir conduit un pays, après un confinement sans discernement, dans une crise économique sans précédent. On ne prend pas les mêmes et on continue pour que tout change et rien ne change.Nos dirigeants ne sont pas des guépards. Benoît Ribadeau-Dumas avait sans doute le tort d’être trop proche de son parent, frère ou cousin, porte-parole de la Conférence des évêques de France, Olivier Ribadeau-Dumas Il ne fait plus bon être, de manière trop déclarée, catholique et même catholique de bonne famille en France, soit dit en passant par un catho-anarchiste.

samedi 20 juin 2020

Assa Traoré, la frangine n'a pas toujours tort

Assa Traoré a tort d’être la porte-parole des indigénistes et des décoloniaux, surtout si elle est issue d’une tribu qui importa beaucoup d’esclaves, comme le raconte une certaine extrême droite pour la discréditer.

Assa Traoré a tort de céder à la récupération qui consiste à faire du racisme, depuis 40 ans, un régulateur social pour diviser pour régner.

Assa Traoré a tort de se poser en héritière des émeutes de 2005.

Assa Traoré a tort de mépriser les Gilets jaunes en leur disant que la violence policière a touché « les quartiers populaires » avant de les énucléer ou de gazer les infirmières, ce que lapolice ne fait pas contre les manifestants du comité à la mémoire de son « petit frère ».

Assa Traoré a tort et raison de faire dire qu’ »on ne doit pas sortir le casier judiciaire » des victimes de vioolences policières pour justifier les morts de ces bavures.

Assa Traoré a tort de prendre systématiquement particontre les flics et pour les voyous, Mais elle a raison de dire que ce n’est pas une raison pour abolir la peine de morts en tuant les voyous dans des rixes dont l’issue est moins contrôlable qu’est banalisée la mise à mort des terroristes avant qu’on les arrête.

Assa Traoré a raison de refuser le contrôle de « SOS RACISME » et le surplomb des « potes » intouchables et condescendants sur leurs « égaux ».

Assa Traoré a raison enfin de dire que la vie des Noirs compte, comme Henri Guaino avait raison de mettre dans la bouche de Nicolas Sarkozy que l’homme africain n’était pas assez entré dans l’histoire.

Derrière la houlette

Il y a de la houle derrière la Houlette. Aux origines de l’affaire Fillon, il y a Fillon, déjeunant avec Jean-Pierre Jouyet pour lui proposer de savonner la planche de Sarkozy pour qu’il ne puisse pas se présenter à l’élection présidentielle. Il n’y a pas la presse stricto sensu, il y a la presse qui le prend au mot quand il dit : « Imagine-t-on le général De Gaulle mis en examen ? ». Mais du coup il y a la presse quand même, et la presse qui confisque l’élection présidentielle en « débranchant » un candidat, comme peut-être elle en met d’autres sur orbite,Marine Le Pen, Jacques Delors ou Emmanuel Macron. Et derrière les LR qu’on accusait d’avoir commis un fratricide à l’intérieur de leur « famille politique », il y a Holande, à l’oreille de qui murmurait leconseiller Jouyet, alors secrétaire général de l’Élysée. Et derrière Hollande, il y a le Parquet général qui mettait la pression à la Houlette pour qu’elle accélère la saisine par un juge d’instruction et la mise en examen de l’impétrant Fillon, déloyal pourvoyeur présumé d’emplois fictifs en famille avaricieuse, au point que l’Harpagon de la Sarthe, qui postulait à présider nos destinées, un costume trop grand pour lui, fit remarquer Robert Bourgy, exigea de sa fille qu’elle rembourse à son père les frais de son mariage. ET derrière le Parquet général actionnant la Houlette, « le fonctionnement normal et ordinaire d’une institution », affirme Catherine Champrenault, ex-procureur générale de Paris, démentant sans penser à mal l’anaphore de Hollande candidat puis du même « président normal », pour ne pas dire médiocre, qu’il ferait « fonctionner la justice de manière indépendante ». Et derrière Hollande démenti, derrière la presse confisquant sans état d’âme une élection présidentielle, Macron fait l’étonné, qui saisit le Conseil national de la magistrature pour qu’il dise comme l’IGPN à la famille Traoré : « Circulez, y a rien à voir », Macron, le candidat des Gracq propulsé par Joyet, le tombeur de Hollande et de Fillon, qui voulut tomber Sarkozy, sous couvert du « général De Gaulle ». Et derrière la Houlette,Macron la Toupis fait le De Gaulle avec de grands « vroums » de robot. Et le joyau Macron, et le robot Macron téléguide la Houlette derrière son Joyet, derrière son étonnement, derrière sa presse, sur son parquet. Macron s’essuie les pieds sur le parquet de nous avoir volé l’Avare, et joue de sa houlette.

mercredi 13 mai 2020

66millions de médecins et le couloir de la mort!

Les footballers accusent les Français d’être 66 millions de sélectionneurs.

Depuis le début de l’épidémie de #Covid-19, on reproche aux Français de vouloir constituer un corps médical de 66 millions de membranes incompétentes.

Mais si on ne le voulait pas, il suffisait que nos médicastres arrêtassent d’être aussi diserts et d’aimer à ce point prendre la lumière.

Il y a une dizaine d’autorités de santé et d’agences épidémiologiques qui travaillent pour le ministère de la santé. On ne peut pas leur reprocher de ne pas connaître dès qu’elle s’est déclarée la pandémie de #Covid-19 qui affolait le monde. Du moins auraient-elles pu éviter d’en parler si elle la connaissait mal. Le sélectionneur médical que je suis ne peut s’empêcher de se demander pourquoi tout ça précisément pour ce seul virus.

Tous les jours, l’émission « Brunet-Neumann » sur « RMC » mobilise pendant deux heures le Dr. Robert Sebbag, infectiologue à La Pitié-Salpêtrière, qui n’a sans doute rien d’autre à faire que de parler entre deux auditeurs. Soigner ses patients ne semble pas être pour lui une urgence ou une priorité. Ni pour lui ni pour ses patrons.

Didier Raoult déploie une imprudence trumpiste à assurer que son vieux traitement nuit gravement au Covid-19 qui ne connaîtra pas de deuxième vague et mourra avec les premires chaleurs. À l’entendre, on prescrit ce traitement partout dans le monde, à commencer par les Etats-Unis, dont on se demande du coup pourquoi tant de morts dans le pays, mais les deux choses doivent être sans rapport, le Pr Raoult est une telle autorité... Et les généralistes français prescrivent aussi le cocktail Raoult, sauf qu'ils n'ont plus, depuis janvier, le droit de le prescrire, mais ça doit avoir échappé au mandarin trop occupé.

Le sénateur Claude Malhuret gourmande le Pr Jean-Luc Mélenchon de l’Université de La Havane, en reconnaissant que la variole qu’il a contribué à éteindre il y a 40 ans faisait 100 fois plus de morts que le Coronavirus. Alors pourquoi ce qui s’apparente à une psychose internationale pour un virus relativement peu létal ?

L’ancien président de MSF avait été secrétaire d’Etat aux droits de l’homme sous Jacques Chirac et ne s’était jamais insurgé contre le fait que son secrétariat d’Etat était rattaché au quai d’Orsay sans aspirer à surveiller aussi le ministère de l’Intérieur, car l’étranger n’a pas le monopole de la non application des droits de l’homme.

Mais le plus disert de nos médecins lumineux est sans doute Philippe Juvin. Le type réussit la prouesse d’être depuis dix-huit ans maire de La Garenne-Colombes, d’avoir été député, d’aspirer à être Buzyn à la place de Véran, et de diriger le service des urgences de l’hôpital Pompidou, l’hôpital dernier cri de la capitale, pour l’érection duquel on a détruit plein de vieux hôpitaux, joyaux de notre patrimoine, que l’on a préféré ne pas restaurer, pour ouvrir cette chaîne humaine de l'hôpital Pompidou.

Le gars a donc une espèce de don d’ubiquité qui lui permet d’être maire et chef d’un service d’urgences tout en hantant les plateaux télé.

Mais le service d’urgences qu’il dirige est un des plus inhumains qui soit. J’y ai dormi une nuit. Certes, il était en grève. Maisaucun soin ne m’a été prodigué. À peine consentait-on à m’amener au WC quand ma vessie était trop pleine pour ne pas occasionner de dommages colatéraux.

Je parle des urgences de cet hôpital, mais je suis allé voir une amie qui s’y trouvait dans un service d’oncologie. Lorsqu’elle sonnait, le personnel qui ne voulait pas être dérangé annonçait dans sa chambre : « Couloir ! » Le couloir voulait savoir ce que lui voulait la patiente, histoire d’économiser ses gestes médicaux. La patiente s’exécutait et expliquait ce qui l’amenait à sonner. Mais moi, quand j’entendais « Couloir ! », je ne pouvais m’empêcher d’entendre : « couloir de la mort ! » En plus, ce jour-là, on lui annonçait la nature cancéreuse de ce qu'on avait découvert dans la bioptie qu'on avait été obligé de lui faire.

Philippe Juvin n’y était pour rien, mais il aurait pu s'inquiéter de ce qu'on dise "Couloir!" aux patients qui sonnaient dans l'hôpital dont il était un des chefs de service.

samedi 9 mai 2020

L'Europe dans "le monde d'après"

C'est rare, mais il arrive que les catholiques me fatiguent. Tous les catholiques sont de ma famille, mais il arrive que l'on aille à reculons aux fêtes de famille.

M'a fatigué l'attitude qui a consisté à nous expliquer que l'absence deucharistie était un bien dans cette période de confinement. Mieux n'eût-il pas valu ressusciter l'esprit des catacombes?

M'a fatigué le fait (que j'ai trop abondamment commenté sur le blog de rené Poujol) de jeter à la vindicte publique la réaction sur certains points excessive de courageux évêques et cardinaux qui ont dû se dédire, dénonçant l'expérience orwellienne qu'on a faite sur nous à la faveur de cet absurde confinement plein de contradictions et décrété quasi mondialement pour ce seul virus. Le texte serait "complotiste", s'insurge "La Croix". C'est donc plié puisque démêler les mobiles d'une action et imaginer qu'elle puisse être concertée n'est plus une preuve d'intelligence, laquelle a perdu, avec la légitimité de démasquer les complots, la faculté de discriminer.

Ce soir, le même quotidien catholique nous relaye une tribune des députés européens "Renaissance", donc "En marche", nous affirmant que l'Europe est de retour alors que l'Union européenne a plus que jamais, si l'on peut dire, fait la preuve de son inefficacité. C'est fatigant.

https://www.la-croix.com/Debats/Forum-et-debats/Union-europeenne-troisieme-etape-2020-05-08-1201093248?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_content=20200509&utm_campaign=NEWSLETTER__CRX_JOUR_EDITO&PMID=6c6207cf973a7c0a7bfc56bfa12872d0&_ope=eyJndWlkIjoiNmM2MjA3Y2Y5NzNhN2MwYTdiZmM1NmJmYTEyODcyZDAifQ%3D%3D

On ne peut pas la commenter sur "La Croix", aussi je le fais ici.

Le chapô donne le ton et l'idée principale de la tribune: "Non, l’Union ne se défait pas. Elle progresse, en terrain miné, mais progresse vers l’union politique." On a vu ça. Veuillez quelque chose que vous n'avez pas avoué et dites que le moment de le mettre en œuvre est venu. Soyez fédéraliste, ne le dites pas et dites quand ça vous chante que le moment est venu de fonder la fédération à laquelle vous aspiriez.

La tribune commence par dire que "[l'Union européenne] n’a jamais été loin [de se défaire] depuis que Robert Schuman en [a] jeté les bases. Mauvais signe, non? Comme celui, avoué par un Chirac fatigué au soir d'un interminable sommet européen, que la politique européenne avait toujours été une suite de recherches de [mauvais] compromis. Le compromis serait-il notrenouvelle volonté politique? Quelle désillusion pour une utopie nécessairement idéaliste!

Quant au charbon et à l'acier qui furent les causes conjoncturelles de l'Union européenne, les mines de charbon sont noyées et la sidérurgie est détruite. Si on juge l'arbre à ses fruits, les fruits sont amer. Ça n'empêche pas la fondation Robert Schumann d'en rajouter: "Il nous faut trouver le charbon et l'acier d'aujourd'hui". Pour les détruire eux aussi?

"La critique faite à l'union" "n’est pas d’avoir trop existé mais pas assez", continue la tribune. La critique est plus précise. Elle est que les nations européennes se sont repliées sur elles-mêmes dès que le risque de pandémie fut venu. Elles se sont repliées sur leurs frontières naturelles et sur ce qui les faisait exister comme familles. L'Union européenne n'a pas "assez existé" car elle n'existe pas, en dehors d'être un pur constructivisme politique.

L'Union européenne est encore moins une puissance, sauf à être la somme des puissances économiques et vaguement politiques des nations qui la constituent. La seule manière pour l'Europe de devenir une puissance serait de constituer une défense commune. La CED (communauté européenne de défense) a été repoussée en 1954, mais Emmanuel Macron a eu raison de la remettre en avant. Nul échec n'est définitif. Il faut commencer par là, la communauté de défense. L'Union monétaire existe et on n'en sortira pas. D'ailleurs c'est tant mieux . L'Union politique est une chimère. La politique étrangère commune n'a presque pas d'intérêts communs. ♀Ça peut paraître paradoxal, mais si nous voulons qu'existe une puissance européenne, il faut que cette puissance soit militaire et que la puissance militaire précède l'union géopolitique. Cela vaut mieux que de réaliser la méthode prônée par Jean Monnet et résumée par Michel Rocard lors d'un petit déjeuner au Procope auquel je me flatte d'avoir participé (le Procope est le plus vieux café de Paris, le petit déjeuner y coûtait 100F, c'était en 1999): "procéder à une union technique aux fils suffisamment solides pour qu'elle soit irréversible", autrement dit unir l'Europe malgré elle, par capillarité et au forceps sans le lui dire, créer un totalitarisme "bienveillant", où"la démocratie ne saurait être supérieure aux traités européens" (Jean-Claude Juncker).

Le groupe "Europe renew" (on appréciera l'anglicisme à l'heure du Brexit) propose la relance de l'Europe par la dette, les générations futures apprécieront, elles pour qui on lutte contre le supposé réchauffement climatique, à l'heure où "la royauté primitive" de la politique des progressistes s'imagine à nouveau qu'elle peut faire la pluie et le beau temps.

"Beaucoup a été fait mais tout reste à faire", lancent nos députés pour continuer à faire de la politique à coups de slogan, en ne se rendant pas compte que c'est dire que rien n'a été fait et si rien n'a été faiten 70 ans, pourquoi croire qu'on va tout faire maintenant?70 ans, c'est le temps qu'il a fallu à l'utopie communiste pour mourir en Europe. Je dis bien en Europe, car un quart de l'humanité reste sous la cloche et l'emprise du communisme dans sa phase capitaliste, dans la dictature chinoise de Xi Jinping. L'Europe serait "un bunker des libertés (sic) et de la protection sociale face à [cette] Chine qui jette ses lanceurs d’alerte en prison et à des États-Unis où la couverture médicale pour tous est encore regardée comme relevant d’un programme d’extrême gauche ou, pire encore, européen."

jeudi 9 avril 2020

Réponse à un ami confiné entre volonté d'espérer et tentation du désespoir

Cher ami,

Tes réflexions suscitent en moi ce mélange d'assentiment et de désaccord qui a toujours marqué notre compagnonage.

- Désaccord quand tu ne sembles pas faire droit à la polémique. Elle n'est pas mauvaise conseillère. On nous a tellement abreuvés de culpabilité à l'encontre de ceux qui disaient : "On ne savait pas" ce qui se passait dans les camps de concentration qu'il me semble qu'on n'a plus le droit de réserver ses critiques pour après la crise, car c'est maintenant que se prépare "le monde d'après". Les situations historiques ne se comparent pas terme à terme, mais la Seconde guerre mondiale est devenue le paradigme de nos analyses, on est bien obligé de s'y référer.

- La peste (sic) soit aussi de la résignation chrétienne ! Et de l'injonction de chercher par principe et par priorité des messages d'espérance et des raisons d'espérer. Ça ne vaut pas mieux que de s'abandonner à la pente de son tempérament pessimiste. Il vaut mieux avoir les yeux collés sur le réel. Le réel est moins vrai que le vrai, mais enfin c'est le réel.

Je te donne un exemple tiré de notre foi : nous n'avons pas nécessairement le sentiment d'être sauvés de façon manifeste. Le réel, c'est que la venue du Christ n'a rien changé dans le rapport de l'homme à la vie. L'homme nourrit envers elle ce que Michel deneken appelait dans une conférence du centre porte haute une "confiance inaugurale" qui se refait dès qu'il est tirée d'affaire et une peur qui, historiquement, étant doné la précarité de la condition humaine, est beaucoup plus fondée que la confiance. Seule la civilisation est parvenue à limiter la peur. La peur est une conséquence du péché originel, me rétorque une amie commune. Je le crois, mais c'est trop facile. La rédemption consiste à restaurer et à retrouver cette "confiance inaugurale", résumait Michel deneken. C'est vrai, mais c'est insuffisant. Car certains pourraient nous répondre à raison que si nous, nous avons besoin de quelqu'un - ou d'une instance extérieure - pour nous faire garder confiance et ne pas avoir peur quand il y a du danger, c'est notre affaire, mais ça trahit surtout que nous ne sommes pas assez forts . Alors, ce qu'est venu sauver jésus en nous, ça se manifeste comment ? Il faut le trouver en nous. Mais il faudrait aussi que la théologie chrétienne réfléchisse à frais nouveaux au sens de la rédemption, car ce n'est pas évident, hormis pour ceux qui sentent Jésus comme une "puissance d'accompagnement intérieure et personnelle". Et dire que Jésus est venu "partager la souffrance de l'humanité" est une interprétation. Rien ne prouve que ce ne soit pas de l'autosuggestion. La vie suscite crainte et admiration, tel me semble être le rapport naturel que nous avons avec elle.

- Je ne pense pas que nous ne retrouverons plus de manière réflexe nos "signes de cordialité". Selon moi, la crise de la convivialité future dont nous aurons été sevrés est moins redoutable que la crise sociale actuelle ou que la crise économique à venir. À la louche et en faisant de la prospective sauvage, 40 à 50 % des PME-TPE ne se relèveront pas de cette fermeture forcée sans préparation au nom du confinement. Nous comptons 9 millions de pauvres officiellement recensés en france. Ce nombresera-t-il multiplié par deux ? Depuis 25 ans (j'en ai personnellement mesuré les signes avant-coureurs en 1995), la France est en voie de tiers-mondisation. L'hôpital paie le prix de cette logique comptable, aggravée par les préconisations de la Commission européenne qui, bien qu'incompétente en matière de santé publique, a recommandé à 62 reprises en 20 ans la fermeture de lits d'hôpitaux et l'a obtenue pour 100000 lits en France en 20 ans, et pour 20000 en 5 ans en Italie. Et voilà comment nos services de réanimation se retrouvent engorgés et saturés sans autre raison qu'une raison technocratique. Devrions-nous faire confiance à ces mêmes technocrates quand ils découvrent aujourd'hui que la santé n'a pas de prix et que peu importe son coût, ce que n'assénait personne d'un tant soit peu sensible au malheur des autres sans recevoir immédiatement une volée de bois vert au nom du réalisme économique. Ce sont ces gens-là qui sont aux commandes. On prend les mêmes et on continue ?Voilà pourquoi mon espérance touchant le "monde d'après" est raisonnable et mesurée.

- La crise sociale actuelle fait des dégâts sur le plan humain, mais est aussi une crise symbolique, et c'est sous cet angle que l'ami des mots que je suis aime à l'analyser. Tout ce qui faisait les "valeurs" de notre "vivre-ensemble" s'est effondré comme un château de cartes, sans aucunerésistance sociale ou institutionnelle. Pour des raisons virologiques ou épidémiologiques dont on n'a pas le droit de discuter l'excellence, on nous a demandé de ne plus visiter nos anciens. Le président du mépris de classe a instauré entre nous une "distance sociale". Il a confiné ensemble des "porteurs sains" non testés et des personnes que ceux-ci pourraient contaminer. Les "commerces nécessaires" sont restés ouverts, comme les kiosques à journaux ou les débits de boisson, mais le culte n'a pas été jugé un "commerce nécessaire". Les autorités religieuses ne se sont rebifées en Alsace que sous la férule d'un évêque qui croit faire de lhumour en disant de ne pas confondre "les grands-mères et les chiens", et qui donne des suggestions utiles à ses "chers" terroristes "alsaciens" en imaginant"un attentat contre un hôpital", ce qui serait "une tragédie épouvantabl". Ce qui ne l'empêche pas, l'instant d'après, defaire "le moraliste" en enfilant "un costume trop grand pour moi", avoue-t-il avec humilité, avant de distinguer "la distraction qui est une détente de soi" (que c'est mal dit !) du "divertissement" qui est une" diversion de soi" (c'est mieux trouvé). Et de mettre sur le même plan le fait de se tourner, le dimanche, "vers Dieu", "nos familles ou notre corps". Ou d'avertir à juste titre que "les catholiques auront beaucoup à perdre" dans cette crise, non pas parce que le rite s'effondre sans résistance des autorités religieuses (je rappelle que les moines, confinés dans leur monastère, ne sont pas interdits de se rassembler sept fois par jour, le gouvernement ne doit pas s'en être aperçu), mais parce qu'on ne pourra pas faire d'"amples cérémonies" où le prêtre se serait "prostré" dans un bel "assemblement" (sic) avant que tout se termine en une "fête de famille" traduisant la joie toute extérieure de Pâques. Que voilà un bon évêque pour temps de confinement !

Je lui sais pourtant gré d'en avoir souligné les limites pour les personnes fragiles ou les familles désunies sur lesquelles il se penche du fond de son "palais épiscopal" de "850 mètres carrés". IL est pourtant l'un des seuls à dire ce qu'il a dit, comme est louable son initiative d'avoir suggéré aux catholiques de téléphoner une fois par jour à deux personnes seules de leur connaissance pour mailler le filet de la solitude sociale. Je n'ia pour ma part assé que deux coups de fil en ce genre.

- Ce qui m'étonne en bien est que le virtuel crée plus de liens qu'on ne pouvait l'imaginer. François fillon disait dans son livre-programme, dont c'était une des seules analyses que j'ai trouvées vraiment profondes, que la révolution numérique était la nouvelle "étofe" du monde. Nous correspondons par mail ou sur les réseaux sociaux. Nous ne perdons pas le contact et pouvons aller plus en profondeur. Le virtuel n'est pas le contraire du réel. Même notre lien avec l'Invisible n'est pas moins fort de rester collectif avec des fidèles invisibles. D'un clic, les marchés donnent l'humeur du monde en modifiant le taux de change et désorganisant les entreprises dont ils sont les actionnaires plus ou moins éphémères, qu'ils évaluent ou dévaluent à leur gré. La messe est célébrée tous les jours et on peut s'y unir à n'importe quelle heure, comme ce "mémorial" de la Passion et de la résurrection du christ est hors du temps. La messe définit le "taux de change" spirituel entre le Créateur et ses créatures. Le pape veille sur l'Eglise et y assure une présence médiatique comme dans un "hôpital de campagne". C'était le programme de son pontificat et ce coronavirus lui permet de le réaliser.

Bonne semaine sainte dans ce contexte confiné, vivons notre Pâques au désert et sans amertume.

Bien à toi,

Julien

dimanche 5 avril 2020

De Philippe Séguin à Jean-Pierre Chevènement, le défaitisme souverainiste

Après la pièce de J.P. Delpont sur Clemenceau et Taleyran discutant entre grands morts de l’histoire de France, le second reprochant au premier d’avoir fait « ce qu’il fallait entre novembre 17 et novembre 18, puis d’avoir fait ce qu’il ne fallait pas pendant les douze mois suivants au congrès de Versailles en perdant la paix après avoir gagné laguerre », visionné sur la même chaîne parlementaire un documentaire sur Philippe Séguin.

Franck m’avait dit de lui, quand nous écoutions ensemble le débat qui l’opposait à Mitterrand au moment de Maastricht : « Tu ne crois pas qu’il pourrait faire un bon président de la République ? ». Je ne lui supposais pas une telle envergure, mais Quand j’ai vu la nullité de Juppé sous Chirac, premier ministre cassant qui mettait tout le monde dans la rue, et l’appel du peuple au président immobile pour qu’il remplace Juppé par Séguin, j’ai compris que Franck avait raison. Séguin aurait pu faire gagner à chirac son pari fou de la dissolution.

En 1992, Franck était contre Maastricht. En 2005, c’est moi qui étais partisan du « non » au traité constitutionnel écrit sous la direction de Giscard, même si j’hésitais à cause de l’article 60 (devenu l’article 50 du traité de Lisbonne, base juridique du Brexit), disposition qui permettait à un pays de sortir de l’Union européenne dont je n’aimais pas qu’on nous la vendît comme un processus irréversible. Il n’y a d’irréversibles que les forteresses qui s’effondrent.

Je voulais même faire le voyage de Paris à Mulhouse pour aller voter non. Franck et mon frère Gilles m’en ont dissuadé. Ils me représentaient que c’était ridicule de faire 500 km pour émettre un vote négatif. C’étaitaller bien vite en besogne.

Franck était contre Mastricht en 1992 et pour un oui indifférent en 2005, moi c’était le contraire : j’étais maastrichien en 92 et pour un non sous réserve en 2005, où le vent de l’histoire avait tourné.

Jean de Boishue, ancien collaborateur de Philippe Séguin et de François Fillon, a ditdu premier : « Il appartenait à la catégorie d’hommes politiques dont la marque est très forte, mais qui est très difficile à cerner. Séguin, ce sera pour très longtemps un symbole de la politique telle qu’elle aurait dû être. S’il avait exercé le pouvoir, on aurait su ce que c’était. Il aimait le pouvoir, mais comme il ne l’a pas exercé au sens fort du terme, nousen sommes orphelins. Philippe Séguin, c’était l’idée, le verbe et la dignité. C’était la belle politique à la française, nous ne saurons jamais ce que c’est. » »

Séguin était une sorte de Chevènement qui préférait être résigné par aplomb gaulliste que de livrer une bataille gagnante par amour des batailles perdues. « Un ministre, ça démissionne ou ça ferme sa gueule », se rendit célèbre Chevènement par cet adagedéserteur. On lui sut gré d’une posture qui le mena du refus de la première guerre du golfe aux honneurs de l’observatoire de l’islam donnés par Macron en récompense à ce barbon du socialisme, sous la bannière duquel il avait commencé sa carrière militante avant de se muer en européiste anachronique et caricatural. Séguin a dit après Maastricht : « Puisque je n’ai pas su convaincre de l’Europe que je voulais, autant m’accommoder de celle qu’ont votée les Français, même si c’était de justesse ». Il préféra diriger de manière avortée la campagne des européennes du RPR dont il était président plutôt que de rejoindre celle de Pasqua et de Villiers dont il était plus proche par les idées. Puis il démissionna de l’UMP devenu selon lui un parti de droite et pantoufla à la Cour des comptes, quitte à mourir d’une crise cardiaque qui dut lui survenir car il n’était pas à l’aise dans son placard et dans ses charentaises.

Fillon était séguiniste par son côté ténébreux. Il n'a été que résiduellement souverainiste, mais il avait un côté suicidaire. Il aimait l’avarice et l’idée de faillite. Son défaitisme le fit acquiescer au ratage séguiniste et c’es ce qui l’a perdu. Séguin devait avoir le ratage comme horizon mental, de même que Jospin devait se préserver par orgueuil en nourrissant l’idée d’un retrait toujours possible, analysait lucidement Claude askolovitch avant que « Lionel » ne se retirât dela vie politique, vexé que cinq ans d'honnêteté au pouvoir pût déboucher sur un séisme lepéniste faible sur l’échelle de richter, mais assurant la réélection de Chirac l'opportuniste et surnommé Supermenteur. Il ne fait décidément pas bon être honnête en politique.

dimanche 29 mars 2020

"Tout va changer demain?" ou le marxisme camusien de l'après-crise.

Empêcher que le monde se défasse? Manque d'ambition par peur des allumettes ou refuge des sceptiques. Refaire ou "transformer le monde"? Oui bien sûr. Et la pointe du couteau marxiste est depuis quelque temps de retour. On a passé par pertes et profits le communisme et sa pratique sans autre forme de procès pour revenir, par temps de crise, à l'analyse marxiste et à ses remèdes. Après le traité d'Amsterdam, Mélenchon a ressorti les habits neufs de son trotskisme pour fonder le parti de gauche et défendre Mao contre le Dalaïlama. À la dernière sortie de crise, on nous avait déjà fait le coup. "Plus rien ne sera comme avant", avait-on péroré pour la plus grande joie des naïfs. "Lecapitalisme, c'est la privatisation des profits et la nationalisation des pertes", avait-on découvert. "Après avoir sauvé les banques pour protéger votre épargne, nous allons transformer le capitalisme", promettait Nicolas Sarkozy. "On n'avait plus d'argent" pour en injecter dans l'hôpital", avait rétorqué sèchement Emmanuel Macron à une infirmière avant d'aller écouter une pièce de théâtre à la Légion d'honneur (récemment, il est allé au "Café joyeux" deux jours avant de nous confiner joyeusement). Macron avait mal parlé à une infirmière, mais c'était au temps où on n'applaudissait pas encore les soignants. Les caisses étaient vides. La planche à billets promue par Marine Le Pen pour sortir de l'euro, dont Bruno Le Maire prédit aprèsCharles Gave qu'il pourrait mourir de mor naturelle, la planche à billets était dangereuse, car elle fabriquait de l'inflation. Le G20 a depuis décidé de créer des milliers de milliards de dollars. La BCE et le Conseil européen avaient anticipé la décision mondiale. Macrontrouve sous le sabot d'un cheval 300 milliards pour sauver les entreprises qu'il aura mises en faillite à cause du confinement sorti de son chapeau à la va-vite et trop tard. C'est 3 fois moins que les 822 milliards que trouve l'Allemagne qui teste et ne confine pas, et dont l'économie est florissante. Sur ces 300 milliards, 2 seulement sont promis à l'hôpital. On découvre de quoi primer les soignants applaudis comme on donne un os à ronger à un chien bien servile. On traite les soignants comme des chiens, en imaginant que leur dévouement est guidé par l'appât du gain. Macron croit que tout le monde lui ressemble. Il trouve de quoi primer les soignants avec la même vigueur un peu molle qui avait fait qu'on disait pendant des années qu'il était impossible de donner un coup de pouce au SMIC. Marxisme camusien pour temps de crise. La sortie de crise par la preuve, on voi d'ici comment rien ne sera plus jamais comme avant, grâce à l'esbrouffe dont notre grand sachem est le roi.

Mais notre grand sachem n'aime pas beaucoup les grands sachants. Il est vrai qu'on ne peut pas fréquenter en même temps Gilbert Sette et Didier Raoult. On assassine au nom du principe de précaution. Au fait, qu'est devenue la liberté de prescriptionmédicale qui était donnée comme un principe aussi intangible que la liberté pédagogique? S'arrêterait-elle au coronavirus, au Plaquenil et à la Chloroquine? "On ne peut pas vous testter, mais on vou ssoigne et on vous confine. Prenez soin de vous, restez chez vous."

On ne veut, on ne peut pas croire qu'après l'avoir énucléé, interpellé, mutilé et parfois tué de quelques balles perdues, Macron qui parle si doucereusement se comporte en assassin de son peuple et en collaborateur du coronavirus -et plus activement que Laurent Fabius dans l'affaire du sang contaminé, qui ne pouvait pas être au courant des agissements de Michel Garetta-. "Un assassin si beau", chantait-on dans la chanson militante "L'assassin assassiné". Un assassin si bienveillant. L'important est qu'on assassine avec bienveillance et qu'on gouverne en y mettant le ton, sérieux et empathique, dirait-on aujourd'hui, empathique et emphatique s'agissant de Macron. Gouverner en y mettant le ton de façon à faire oublier qu'on assassine avec "bienveillance". "Mais parlons d'autre chose", chantait Brel dans "Chez ces gens-là". On n'aura pas de mal. "Les Français ont" toujours eu "la mémoire courte", mais le gouvernement est devenu séquentiel, communiquants et médiologues ont théorisé la chose.

La séquence est une forme de saturation informative. Pendant des semaines, on ne vous parle que des frasques pédophiles ou sexuelles de Matzneff ou de Strauss-kahn, de la réforme des retraites et puis du Coronavirus. Autrefois il arrivait qu'une guerre contre des ennemis bombardiers fût plus longue que prévue. Aujourd'hui, les gens ne le supporteraient pas. La guerre microbienne durera six semaines, éventuellement renouvelables une fois. Les gens seront saturés d'être confinés. Et tout reprendra comme avant, au nom de la bourgeoisie camusienne qui hait les coups de menton marxistes, encore qu'ils déteignent moins dans le paysage que les poussées populistes ou que les replis nationalistes.

Mais soyons attentifs. "Le Figaro" nous diffuse l'air de "Tout va changer demain" interpréter par François Bayrou qui a un chat dans la gorge. Ce ténor a des accents de guépard.

Covid-19. À l'épreuve, la France joue et perd

Du Croissant de lune :

« Assalamou 'alaïkoum. Plaise à Allah guérir les malades et qu'ils retournent indemnes à leurs foyers parmi leurs proches.

Plaise à Allah faire prévaloir ceux qui s'efforcent dans les bonnes oeuvres en dépit de l'obstruction.

Certains disent et ça a du sens, que l'épidémie Covid 19 est une épreuve envoyée en avertissement à l'humanité, au moyen de l'infiniment petit qui met le monde engrand bouleversement. Ce n'est pas un tremblement de terre majeur, une violente tempête, non, c'est un infime virus de contamination longtemps discrète, de faible léthalité, cet insaisissable agent, la plus petite chose vivante pour laquelle on met des peuples entiers en confinement, pour laquelle on vient de fabriquer 5 mille miliards de dolards comme en a disposé le G20 réunie en visio-conférence par l'Arabie admissible à ce groupe je ne sais en quel honneur.

Mais il y a un autre révélateur, une autre épreuve, le traitement de la maladie existe, mais son coût est trop bas, domaine public, sans bénéfice important à attendre, ni prix nobel, les substances étant tombées dans le domaine public.

Le premier signe et avertissement dévoile la fragilité, la faiblesse des édifices humains puisqu'on fabrique de la fausse monnaie, l'épreuve ne se conclue donc pas à notre faveur.

Le second signe et avertissement dévoile l'humaine laideur, corruption et impudeur. Ce n'est pas comme si une épidémie était envoyée sans son remède, non, elle vient avec son remède mais nous arrivons à dédaigner le remède peu coûteux, nous préférons l'épidémie et la misère, ou nous déléguons à ceux qui nous gouvernent d'en agir ainsi par servitude volontaire.

La colère m'envahit parce que je ne crois plus du tout à la bienveillance du gouvernement ni du président qui n'est pas sincère dans sa lutte contre l'épidémie. Pas sincère parce qu'en dépit de tout, je le crédite de comprendre les choses, mais ou bien il est de mèche avec d'ignobles turpitudes, ou bien il n'a pas le courage de s'opposer à de puissants lobbis.

J'ai entendu parler aujourd'hui d'un bilan comparatif, les services du professeur Didier Raoult nullement intimidés ont fait leur devoir et soigné selon leurs protocoles 1300 patients dont 5 sont morts, 0,4%, de loin inférieur au bilan général Français qui s'élève à une léthalité hospitalière de 5%. Mais je n'ai pas trouvé un article à l'appui de ce bilan, je n'ai trouvé que des évocations. Je suppose qu'il y aura publication officielle prochainement, ou si c'est déjà publié je ne sais où chercher.

Je vais donc déposer un premier article d'AgoraVox aux commentaires trop nombreux mais assez riche et sourcé, on peut s'abstenir de lire les commentaires ou les garder pour un autre jour, certains contiennent de l'information et des citations d'articles complémentaires et des liens y renvoyant, d'autres commentaires sont dérisoires, des disputes et gamineries comme toujours. Et je déposerais en second article, un pris sur le site d'hier, qui a pour titre, "Covid, mensonge d'état". Parfois on n'ose pas croire à telle laideur et impudeur, on doute, on se dit que c'est trop gros, et pourtant, et pourtant… L'article conclue à la légitimité de la révolte et au moins à la légitimité de réclamer justice.

Voilà ce qu'on a fait, on vient de disposer l'administration des traitements proposés par Didier Raoult oui, mais sur prescription hospitalière, aux patients admis dans les hôpitaux, qui seront la plupart du temps trop aggravés pour que le traitement fasse effet. Ce que faisant, les hypocrites vils entendent suggérer l'inefficacité de ce traitement, qu'on doit administrer avant, bien avant.

Puis est survenu une nuance qu'on a trop tôt interprétée comme une reculade salvatrice, l'extension de la prescription en médecine de ville après une prescription hospitalière initiale, de la finasserie criminelle. Oui parce que dans les régions où les hôpitaux sont les plus encombrés, on n'arrive à l'hôpital plus guère qu'au moment où le traitement est inefficace, il faut le prescrire avant, c'est évident, non, on s'arrange pour que ça ne marche pas. Toujours cette tiédeur/hypocrisie à la Française, le diable dans les détails, et en même temps hélas un trait de caractère général honteux qui ferait haïr cette nation.

Si le gouvernant de France est à la fois corrompu et sans courage, c'est que la France l'a élu et l'a voulu, il est à son image, des petits arrangements de lâches. Pour sauver la vie des malades et rétablir l'équilibre du pays et sortir d'un insupportable confinement, pourquoi ne donne-t-il pas pour rien à ces vautours quelques miliards puisqu'on en fabrique, on en fabrique ? Ont-ils besoin de soigner? Non, ils n'en ont que faire, ils veulent des richesses, puisque l'argent coule à flot qu'on achète leur tranquillité faute de les chasser!

La France et je crois aucune grande nation n'est un pays de pragmatisme, le pragmatisme c'est la corruption, l'égoïsme, la lâcheté. La France fait de grandes choses animée d'idéaux inflexibles, l'égalité, condition première de la liberté organisée, ainsi fraternisent des gens libres et égaux. C'est la limpidité, la rationalité. Mais dès qu'on fait des concessions aux principes qui ne sont pas mais pas des valeurs, alors l'infection morale se met dans la société et le corps politique. C'est un pays d'intensité, pas un pays de tiédeur, l'équilibre, la symétrie, c'est pas la tiédeur vomie. Donc la France est extrémiste, par nature, ou relâchée et méprisable.

Premier article pris sur AgoraVox, "Hydroxy-chloroquine et si on faisait un peu de science?

https://mobile.agoravox.fr/actualites/sante/article/hydroxy-chloroquine-et-si-on-222675

Second article, Covid et mensonge d'état,

http://jdmichel.blog.tdg.ch/archive/2020/03/26/covid-et-mensonge-d-etat-en-france-305316.html

Croissant de lune. »

vendredi 27 mars 2020

La crise du châtiment

La pensée du châtiment n’est plus du tout assumée en Occident. La communauté évangélique, qui prétend opérer des guérisons spirituelles, est le foyer de contamination de Mulhouse. Elle s’en émeut à peine, tout en se demandant pourquoi « Dieu permet des choses incompréhensibles » et pourquoi Il a d’abord créé le chaos avant de créer le cosmos, ne créant pas tout en ordre tout d’un coup.

Le coronavirus n’est pas le châtiment de la mégachurch de Mulhouse. J’ai failli me faire lyncher quand, zélote préado, je hasardai que le SIDA était peut-être un châtiment divin. Au lendemain de l’attentat contre le Bataclan, un prêtre eut la malheureuse audace de relever qu’il survint lors du concert d’un groupe sataniste et au moment où éclatait un tube à la gloire de Satan.

Le châtiment est l’archaïque de la pensée religieuse, ce qu’elle est au niveau de la taupe. L’homme est mi-ange, mi-taupe. Je prétends que la religion meurt si elle n’assume pas la taupe en nous et ne fait pas la part de l’archaïque. On prend avec colère ce qu’on comprend de ma part comme une défense de l’archaïque, de l’obscurantisme religieux et de la régression psychique, comme si l’archaïque dans le sentiment religieux n’était pas un invariant anthropologique, et comme si faire la part de la taupe, ou faire la part de l’archaïque dans la pensée religieuse, c’était avoir une pensée religieuse archaïque.

On n’assume plus le châtiment, bonne nouvelle pour l’Occident, il a bon moral, il est évolué. Mais le bon moral n’est pas toujours un bon aiguillon pour le perfectionnement moral. Le bon moral qui évacue le châtiment même à titre de question a perdu le sens du péché et de la gravité.

L’homme est ainsi fait qu’il ne sait marcher qu’à la carotte et au bâton, à la menace et à la récompense. C’est sa part animale. Qui trop veut faire l’esprit large risque de s’évaporer. S’il n’y a pas d’enjeu, je ne joue plus. Si tout va bien, rien ne va plus.

Il ne fait pas bon être défaitiste depuis que le défaitisme de la révolution nationale a été le ressort du maréchal Pétain, qui lui a fait signé l’armistice, qu’il a négocié dans « une certaine idée » de l’honneur ou du déshonneur. Sartre a fait jouer « LES MOUCHES » en pleine occupation pour faire la satire du défaitisme et du repentir. Mais l’annonce du repentir est la mauvaise nouvelle par laquelle commence la bonne Nouvelle de l’Évangile. Et le prophète Jérémie est dans la Bible le penseur du défaitisme, considérant que l’invasion et la captivité à Babylone étaient des purifications bienvenues.

Jérémie est le penseur du défaitisme et de l’occupation. Victor Hugo estimait quant à lui que le second Empire était le châtiment de la geste napoléonienne, ce qui nous valut un des plus grands recueils de poésie satirique et polémique de la littérature française.

Quand on se croyait victime d’un châtiment expiatoire et mérité, naissait le repentir d’où l’on pouvait remonter la pente. Mais on croit aujourd’hui qu’on n’a jamais mérité ce qui nous arrive. Aussi, la vie ne peut-elle rien nous apprendre, comme le chantait Daniel Balavoine. Inutile de se couvrir de cendres, pas la peine de déchirer son cœur. L’Occident croit en son impunité, iln’est responsable de rien. Ce déni de responsabilité vient de cette ultime idée chrétienne devenue folle qu’est la rédemption conçue comme transfert de responsabilité.

(Posté juste avant le don de l'indulgence plénière par le pape franois qu'on peut suivre et retrouver sur KTO)

jeudi 26 mars 2020

Emmanuel Macron, collaborateur du coronavirus?

Réponse à Serge Hirel qui, le 26 mars 2020, écrit sur le blog de Philippe Bilger: "A l’époque (de la grippe espagnole), sans masque, aucune mesure de confinement n’avait été prise... les autorités ayant préféré sauver l’économie plutôt que la vie." Vous énoncez là l'idée qu'a avancée Laurent Alexandre, le défenseur en France de l'intelligence artificielle, qui voit un progrès de la civilisation dans ce choix de la vie au risque de laisser survenir une crise économique qui ne fait plus de doute après cette psychose virale et mondiale. Je me méfie toujours quand un homme qui ne jure que par la technique me montre un progrès de l'humanité. Mon esprit simple a tendance à croire à une opposition un peu systématique entre l'homme et la machine. Il y a deux choses à objecter à Laurent Alexandre et vous avez élevé la première objection. Sauf s'il continue de mourir chaque jour 30 % de plus de personnes du coronavirus en France que la veille et que la mortalité due à cette maladie ne suive pas une courbe avec sa montée, son pique et sa descente, les maladies qui affectent l'humanité depuis la nuit des temps, sans compter les fléaux dus au mauvais usage que les hommes font des biens et de la vie, font plus de morts que ce virus contre lequel nous serions en guerre totale. Or on ne meurt pas que du coronavirus et je frémis de connaître, après la crise, le ratio des mors du coronavirus qu'on aura évités par rapport aux morts qu'on aura provoquées par absence de soins et tri des malades, toutes pratiques qui se faisaient sous le manteau, mais qu'on n'a plus peur d'exposer ni honte d'avouer, à l'heure de la réquisition des hôpitaux et des services de réanimation pour soigner les malades de cette unique pandémie. Mais qu'on préfère faire moins de morts d'une maladie contagieuse que de sauver l'économie n'est qu'un progrès apparent de la civilisation. Jusqu'à l'apparition du coronavirus, on ne disait pas que la grippe espagnole avait provoqué plus de morts que la guerre de 14, parce qu'on distinguait ce qui relevait de la malveillance de l'être humain, les crimes de guerre, de ce qui était imputable à la nature à quoi l'homme ne peut pas grand-chose : les morts des maladies, des virus et des pandémies. Il n'y a donc pas un progrès de l'humanisme, mais de l'individualisme à sauver des vies en isolant la cause de leur mort plutôt que l'économie qui suppose une activité des vivants au service des vivants. Ce que montre ce changement de paradigme salué par un croyant de l'intelligence artificielle comme Laurent Alexandre, c'est que nous avons peur de la mort et que nous n'osons plus la regarder en face. À cela s'ajoute ce que dit Lodi: la personne du président de la République est un obstacle à son message. Jean-Gilles Malliarakis a posé le problème de manière amusante dans sa dernière chronique de "L'Insolent": pourquoi la cote de popularité de Macron remonte-t-elle en même temps que celle de Didier Raoult et que, même s'ils se parlent, les deux apparaissent aux antipodes ? J.G. Malliarakis citait le chanoine Kir qui prétendait après-guerre que Dijon était la troisième ville de France, car si l'on comptait ceux qui étaient venus saluer le maréchal Pétain et ceux qui étaient venus rendre les honneurs au général De Gaulle, on arrivait au niveau de population se déplaçant de la troisième ville de France, le facétieux chanoine feignant naturellement de croire que les deux foules n'étaient pas composées des mêmes Bourguignons. Je prie que l'on m'excuse si ma comparaison choque. Mais Emmanuel Macron est en passe d'apparaître aux Français comme le collaborateur du coronavirus tandis que Didier Raoult s'affiche comme celui qui lui résiste et qu'on empêche de le soigner. Emmanuel Macron a fait ressurgir la rhétorique guerrière, mais il croit utile de se référer de préférence à la guerre de 14 ("c'est Clemenceau dans les tranchées", "l'État paiera" ou la comparaison implicite avec la grippe espagnole) pour faire reculer les années 30. La manœuvre pourrait en outre réussir à le maintenir au pouvoir, car à qui confier la remise en ordre de l'économie, sinon à celui qui l'a mise à terre? Macron prétendra se maintenir contre l'aventurisme après avoir jeté le pays dans une crise aventureuse. En attendant, il exige qu'on ne lui demande de comptes qu'après que la crise sera soldée. C'est ici que la comparaison avec la seconde Guerre mondiale reprend du service et de la pertinence. Car à l'époque des nazis, on prétendait ne pas savoir où étaient déportés les juifs et ce qui se passait dans les camps. Ne pas convoquer le mal absolu. Certes, d'autant que ce que nous vivons me paraît davantage relever des théories d'Emmanuel Goldstein dans "1984" que des remugles de la guerre. Mais comment comprendre le refus de soigner les malades pour limiter les dégâts du virus avec un médicament antipaludéen qui a fait ses preuves d'efficacité, de faibles effets secondaires, de risques cardiaques limités, et qui était en vente libre jusqu'il y a un an ou deux? Pourquoi ne pas se diriger vers le fait de tester et de masquer tout le monde et de ne confiner que les malades, selon ce que préconise l'OMS? Le gouvernement fait comme s'il n'y pensait même pas. Comment expliquer ce confinement foutraque où l'on interdit aux gens de se balader dans les parcs et en forêt pour confiner le virus à l'intérieur de la ville, mais où l'on recrute en masse des ouvriers agricoles, sans compter ceux qui devraient sans formation aller aider dans les hôpitaux engorgés? Qu'est-ce que ce confinement où ni les caissières ni les policiers ne portent de masque et où l'on peut continuer de voyager dans les transports en commun où l'on se tasse ou en avion? Si le maréchal Pétain avait promulgué la constitution pour laquelle le parlement lui avait donné les pleins pouvoirs en même temps qu'il avait mission d'entamer les pour-parlers avec les Allemands, constitution qui n'était pas qu'une diversion politique, sans doute n'aurait-il pas pu collaborer comme il l'a fait. Macron prétend gouverner seul en s'appuyant sur un parlement croupion et sur une majorité dont on a vu la servilité. Une amie me disait cet après-midi que le coronavirus était en train de saper les trois piliers sur lesquels était fondé notre modèle social: notre confiance en la technique, une économie libérale et les libertés individuelles. Le coronavirus joue ici comme un accélérateur de l'autodestruction des sociétés occidentales, fatiguées d'être libres, saturées d'être riches. dommage, j'aimais bien le monde dans lequel je suis né et ce n'est pas parce que je n'ai pas d'enfants que je n'aurais pas souhaité laissé un monde meilleur aux enfants des autres.

Maurice Bellet ou "la parole actuelle"

Je suis tombé presque par hasard sur « LE DIEU pervers » de Maurice Bellet. J’avais demandé que l’on m’envoie un ouvrage d’Olivier Legendre que je croyais s’intituler « Le Dieu pervers » et qui devait s’intituler en réalité «LES MASQUES DE DIEU ». DANS MON SOUVENIR, OLIVIER LEGENDRE répondait dans cet ouvrage à la question posée par une amie : « Pourquoi Dieu a-t-Il créé le fruit dont Il interdisait qu’on en mange et qui allait faire un tel ramdam dans le monde ? » On m’envoiya l’ouvrage de Maurice Bellet à la place sans m’expliquer qu’il y avait erreur et alors qu'il en était beaucoup question pour commenter les abus sexuels dans l’Église et la chute posthume de Jean Vanier.

Je prenais Maurice Bellet pour un auteur obscur et austère. Or son livre est cursif et limpide. C’est du Françoise Dolto à la puissance 10. Françoise Dolto écrit de la bouillie existentielle par rapport à Maurice Bellet, quine pratique pas l’escroquerie intellectuelle comme Tony Anatrella, commis à se servir de la psychanalyse comme d’une caution apologétique, pour recycler la morale de l’Église en ayant les déviances personnelles que l’n sait aujourd’hui et que quiconque l’avait rencontré n’avait pas de mal à deviner. À choisir, Maurice Bellet préférait s’inscrire dans le sillage de « la french theory » que de servir de récupérateur des sciences humaines pour les enchâsser et les baptiser en les forçant dans l’anthropologie de l’Église.

Son préfacier écrit de lui que c’est une espèce de Nietzsche dont le seul point faible, selon moi, est d’interpréter Jésus positivement parce qu’il a envie d’y croire, et de l’envisager comme un « thérapeute » dont tous les actes sont dévolus au soin, le métier que lui-même exerce.

Maurice Bellet n’hésite pas à faire une « psychanalyse de Jésus-Christ » ou plus exactement à énumérer les diverses interprétations psychanalytiques auxquelles a donné lieu la figure de Jésus-Christ. Il s’aventure presque jusqu’à psychanalyser les fonctions symboliques que la théologie assigne à Jésus comme Fils, au Père Qui est seul et n’appelle pas la compensation de la sexualité humaine, qui mêle amour et mort, et à l’Esprit.

La thèse de l’ouvrage est que l’homme doit moins se croire un être pour la mort que se réconcilier avec sa naissance. C’est la réponse que Jésus n’a pas donnée à Nicodème quand ce pharisien venu le voir de nuit lui a demandé comment on pouvait retourner dans le ventre de sa mère. « Le vent souffle où il veut » fait certes référence à l’Esprit, mais aussi à la course spermatique, et à la rencontre improbable entre un spermatozoïde et un ovule qui a donné naissance à un être unique, quel que soit le désir de ses parents que ce petit né d’eux ne s’élance dans une direction nécessairement décevante à leurs yeux, car il les continue sans tout à fait les imiter, les prolonge en vivant son histoire.

Pas de renaissance qui ne puise dans un amour de sa naissance, dans une réconciliation, dans une conversion du « malheur d’être né » en amour de la vie, qui ne prolonge la naissance et ne devance la résurrection en enjambant pour le présent l’enfantement de la mort, car la foi en la naissance l’emporte sur l’espérance en l’autre vie qui n’est pas autre, espérance qui sans amour de la naissance, est vaine.

Cette réconciliation dépend de l’ »inscription » d’une parole première qui agréée fondamentalement l’homme et qui l’assure que tout ce qu’il est mérite d’être, que tout ce qu’il dit mérite d’être dit. « L’abrupt », qui met l’homme face à ses insuffisances et à sa médiocrité, ne contrebalance pas cette bénédiction première, mais la met dans l’axe de transformation qui ouvre à l’homme un chemin d’homminisation. L’homminisation et l’humanisation passent par la conversion, pas moyen d’y échapper.

La bénédiction première et « l’abrupt » installent en l’homme une « coïncidence paradoxale » où il est béni, mais doit aller vers son cœur et le cœur de son désir. Née des divers détournements névrotiques qui se font jour dans les croyances d’un homme compte tenu de l’inscription traumatique des gestes terrifiants et des paroles malheureuses dans sa biographie, la suggestion perverse joue du paradoxe pour installer un « Dieu pervers » à la place du vrai Dieu qui nous veut aller vers soi, vrai Dieu dont il faut retrouver l’ »intervention » et la « parole actuelles », moins dans une Révélation dont l’inscription n’a pas été à l’abri de la suggestion perverse, mais dans ce qui fait « loi » au sein de la « coïncidence paradoxale », à l’intérieure de laquelle le « moi » qui est le mien va pouvoir prendre son envol selon son axe de développement.

Ce qui m’intéresse dans une réflexion embryonnaire que je mène ur le lien entre adoration du tout Autre et acceptation guérissante de soi-même au service de l’autre, c’est le statut de la Parole. Je m’étais toujours insurgé contre la tendance qui a eu cours, dans toutes les religions, à « éteindre la prophétie », à « éteindre l’Esrit » et donc à clore le livre sacré après avoir établi un canon des Écritures dont Maurice Bellet nous dirait que c’est une inscription graphique et qu’il faut retrouver l’inscription hors texte, la gravure dans notre cœur de ce qui fait loi pour nous, en symbiose ou en infraction partielle et adaptée avec les principes universels au service de l’accomplissement de toute personnalité. La loi est grammaire qui cherche son acceptabilité au-delà de ses régularités.

Maurice bellet paie de sa personne et se risque à cet hors-texte, allant jusqu’à retranscrire la Voie en une « parole actuelle » et non en un langage nouveau ; en un style à lui et non en une parole à lui ; non pour actualiser l’Évangile, mais pour le retranscrire dans les termes de la mentalité d’aujourd’hui où doit s’inscrire son intervention, mentalité qui tirer de l’ancien et du nouveau de cette retranscription de la Voie. Et la Voie tire aussi du nouveau de la mentalité où elle s’inscrit. La retranscription de Maurice bellet ne filtre pas « l’Évangile au risque de la psychanalyse », mais contient la psychanalyse et l’Évangile.

L’affranchissement de la loi est adaptation du principe à la personne pour qu’elle soit en vérité, comme « la morale » est « compréhension des actes humains », qui ne sont pas des « actes-choses »régis par des impératifs catégoriques, mais des modes d’être. Et si les Écritures sont closes, ne s’y ajoute pas seulement, dans le livre de vie, comme je le croyais, l’histoire sacrée qu’est chaque destinée individuelle, mais la parole intérieure, l’inscription de la Parole dans une intériorité, la Parole étant ce qui fait vivre, soustraction faite des suggestions perverses, ces mauvais fantômes et engrammages, ou ces programmations faites suivant un mauvais codage.

Si la loi, jusqu’à un certain point, est relative à chaque individu, si la loi est au service de l’homme et non pas l’homme au service de la loi, c’est que, de même que le fils de l’homme n’a pas une pierre où reposer sa tête, il y a une enfance de Dieu qui fait planer l’Esprit au-dessus d’un ciel sans loi pour que l’homme « sorte de ses enfances ». Je l’exprime sans doute d’une manière hermétique, mais qui restitue ce que j’ai vécu dans ma propre enfance, quand la Parole de Dieu planait au-dessus de moi pour que j’écrive en Le faisant parler, comme un amour précaire cherchant à convaincre qu’en sa réalisation était le bonheur de l’homme et le bonheur du monde, si la chair du monde retrouvait la création, son âme : la Création est l’âme du monde et le monde, le corps de la Création. Dieu me parlait comme celui qui ne cherche pas à imposer à son bien-aimé de retrouver son âme, mais qui tant qu’il ne l’a pas retrouvée, erre à ciel ouvert en cherchant où demeurer. Précarité de Dieu face à l’homme précaire, dans le sens où Malraux avait ravivé cette expression, pour qui « l’homme précaire » était l’homme de prière.