Présidentielle 2027 : sans candidat, le MoDem en mode survie
La carrière de François Bayrou se termine sur un parfum de IVème République après avoir tout raté pour avoir été la grenouille qui se croyait aussi grosse que le boeuf. Il crut avoir l'étoffe d'un Giscard; après avoir été quatre années durant ministre de l'Éducation nationale pour ne pas réformer l'école, il perdit toute sa vie politique à parler pour ne rien dire. Il se présenta à deux reprises à l'élection présidentielle en promettant qu'avec lui, la vie politique ne serait plus jamais comme avant. Il se rêva en De Gaulle européiste et, voyant son horizon bouché, il se résolut à se rallier à Emmanuel Macron qu'il avait traité d'hologramme quelques jours avant. Le candidat jeune et disruptif réussit un coup de maître politique en se faisant élire président de la République sur la base d'un malentendu, dont le ressort principalfut d'identifier le centre avec son aventurisme et son aventurisme comme la dernière incarnation de la relative honnêteté rocardienne. En réalité, Emmanuel Macron faisait du centre un égocentrisme. Plus torturé, François Bayrou tua le centre à force d'être égocentré. Il satisfit son ambition en tordant le bras à celui qu'il soutenait loyalement pour se faire nommer de force Premier ministre, mais atteignit à nouveau à ce poste les limites de ses capacités. Il n'entendit pas se plier à la règle commune qui voulait qu'on démissionnât d'un mandat municipal arrivé à cet échelon. Il voulut conserver sa mairie de Pau où, renversé de Matignon par un acte de suicide politique inédit, il ne fut pas réélu. Tel est son destin personnel et il est malheureux. Encore demeure-t-il personnel. Il laisse un parti à la ramasse, à la renverse, à la remorque et sans dauphin pour concourir au grand bal des egos présidentiables. Mais encore est-ce le destin de son parti et il est peu glorieux. Mais Bayrou qui aura perdu la course des petits chevaux aura-til poussé l'un de ses chevaux de bataille? N'a-t-il pas élevé des chevaux de course dans ses Pyrénées? Examinons-les rapidement un à un. Bayrou le démocrate chrétien aura été le seul à supplier que la France ne mît pas ses drapeaux en berne à la mort de Jean-Paul II, pourquoi tant d'acharnement laïcard, quand le même se montra incapable, pour sauver les enfants, de prendre ses distances avec la brutale institution catholique dans laquelle il avait fait scolariser deux de ses enfants? En 2007, dans son pamphlet anti-sarkozyste relativement mal écrit qui s'érigeait contre la prétendue égocratie de l'"omniprésident énergéticien" comme le qualifiait Tony Blair en Français dans le texte, un ami qui avait tenu à m'en donner lecture car il admirait Bayrou attira mon attention sur ce passage où Bayrou promettait de "ne jamais laisser tomber personne". C'est peu compatible avec ce que Bayrou fait passer pour le plus ardent de ses chevaux de bataille: il serait rongé par la dette de la France dont il reconnaît dans son livre à paraître que la France n'en a jamais payé un centime depuis cinquante ans, diagnostic sur lequel il converge sans y penser avec Mélenchon. Mais si la France cède aux sirènes économistes et veut soudain devenir fourmis quand son modèle social craque après avoir été cigale bien au-delà des Trente glorieuses, Bayrou laissera mécaniquement tomber tout un tas de gens et non seulement les boomers à qui il reproche d'avoir son âge, mais aussi la jeunesse, qui a besoin de s'accrocher à ce modèle social qui ne leur a appris aucun métier et ne leur a laissé aucun espoir quand il faisait leur éducation, qui a masqué des enfants de six ans des journées entières à la défaveur du Covid et dégouter de vivre les vingtenaires, cette génération sacrifiée par ceux qui voulaient prendre la place de leurs pères, les reconstructeurs d'après-gueerre, et n'en finissent pas de ne pas la laisser. "Lors même que Bayrou s'écrasait sur le mur de la dette où il a dévissé en gravissant son Himalaya, Macron lui demandait d'investir dans l'économie de guerre les quelques milliards négociait de faire économiser aux Français pour que le pays retrouve une convalescence budgétaire à l'exception des dépenses militaires. "Mais tout de même, mon pauvre homme, doit se désoler sa femme Élisabeth dans sa cuisine de Bordère commeMamette dans cette "Lettre de mon moulin", mon mari parle encore". Eh oui. Bayrou est intarissable quand il s'agit de faire la leçon, fier comme Artaban d'avoir été agrégé de lettres classiques. Bayrou écrit encore après avoir laissé tomber les enfants de Bétharam. C'est que Bayrou qui a laissé tomber tout le monde ne veut pas se laisser tomber.