Jordan Bardella et Raphaël Glucksmann. Les "erreurs de jeunesse" d'un jeune mineur emporté, machiavélique, intelligent et incontestablement antisémite ou anti-juif pour le premier; antisémite comme l'a été #YannMoix avant un revirement pour intégrer "la Règle du jeu" de BHL et devenir un écrivain à grande audience de chez Grasset, pour filer ma digression-régression vers cet esprit plus torturé que ne le paraît notre fringant Jordan aux allures de dandy et de getseteur populiste au pied des princesses.
Mais quid de Raphaël Glucksmann?
Deux lecteurs de Mediapart, respectivement prénommés Guy et Nathalie, s'en inquiètent et, lors d'une "conférence de corédaction" où les lecteurs interpellent leur journal, félicitent Mediapart d'avoir mis au jour l'antisémitisme du jeune Bardella, mais demandent un traitement équitable et une sorte de comparatif loyal pour mettre en perspective les errements de Raphaël Glucksmann, qui portaient plus à conséquence, étant donné l'influence qu'ont eue ses errements ou son parcours sur la politique internationale, en droite ligne avec l'intellectualisme d'influence de BHL et de son père André (je parle d'André Glucsmann, car André Lévy existe aussi, comme père de Bernard-Henri, de Philippe et de Véronique, mais je fais trop de name dropping), errements qui en outre, compte tenu de l'âge de l'intéressé, ne tiennent plus de l'erreur de jeunesse. Guy écrit ainsi:
"Je trouve indispensable d’éclairer sur les écrits et prises de positions de J Bardella dans sa jeunesse, bien que personne d’un peu attentif à la politique [n']ait pu l’ignorer.
Il me semble dans le même ordre indispensable de rappeler le flirt der Glucksmann avec Alternative Libérale et qu’elles en étaient les proposition économiques et sociales, d’avoir la même pratiques sur ces champs du Gouvernement Géorgien de Sakachvili quand il en était le conseiller et le mari de la vice- ministre de l’intérieur. Il y à là je crois [de quoi] éclairer les citoyens sur le libéralisme économique du candidat à l’élection présidentielle jusqu’à un âge où l’on ne [peut] plus parler d’erreur de jeunesse."
Sur une relance de Nathalie, Mediapart leur promet de traiter la question dont la rédaction a discuté le matin même en conférence de rédaction. Il leur propose en attendant d'écouter une émission de novembre 2018 en accès libre. C'est ce que je fais moi aussi en en profitant pour la signaler aux lecteurs de cette page:
https://www.youtube.com/watch?v=fWLpUoJBA8w
La naissance de "Place publique" réunit des "porteurs de cause" qui n'ont pu que se séparer ensuite. Qu'ont encore de commun Thomas Porcher et Raphaël Glucksmann, à part de louvoyer dans des milieux qui les amènent à se côtoyer?
La naissance du mouvement Place Publique est marquée par le retour du tragique et des néofascismes dans l'ancien "monde libre" dont cette résurgence modifie la matrice.
"Nous sommes un mouvement politique face aux urgences, rejoignez-nous", tempète le manifeste. "Pourquoi ajouter une boutique à toutes les boutiques existantes", interroge #EdwyPlenel. "Et pourquoi pas?", répond candidement Thomas Porcher dont ce n'est plus le bébé et qui a perdu le leadership de cette "nouvelle boutique".
Raphaël Glucksmann réclamait "de construire un projet à la hauteur des périls" et semblait assumer "une écologie tragique" ou ce que j'appellerais pour ma part un néoconservatisme décomplexé.
"Macron a créé un écran de fumée vraiment balaise", constate Claire Nouvian (dont j'ignore tout des rapports actuels avec le leader de PlacePublique.) Place publique aussi "a créé un écran de fumée vraiment balaise". "Le stagiaire a viré le patron" (Olivier Faure)] et grand-remplace François Hollande devenu (enfin) inutile.
"BHL murmurait à l'oreille des candidats, les nouveaux philosophes" s'en vont à la présidentielle. Du moins cet héritier loyal qu'est @Rgluck1, contrairement à #RaphaëlEnthoven, ce philosophe du spectacle qui a renié son père en cassant tout dans son salon parce qu'il lui avait donné une chambre en ville là où tant d'étudiants se battent pour pouvoir s'en payer une (on l'apprend dans "le Temps gagné" du sieur @EnthovenR, dont l'épouse Adèle Van Reeth n'en a pas moins dirigé France inter avant de devoir quitter la station à grand fracas, percutée par l'onde de choc de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public pilotée par Charles Alloncle, qui est moins dans le sérail de "la République des fils à papa" (l'expression est de Maurras et elle décrit très bien les dynasties républicaines, réalité oxymorique s'il en est, ou antithétique avec "la méritocratie républicaine" qui commanderait "la rupture des inégalités" après laquelle courait "l'école de la République") que n'y nagent comme des poissons dans l'eau les compères ennemis Glucksmann et Enthoven, homonymes en raphaélitude.
En France, la preuve est déjà faite que Place publique est une torpille.
Qu'en attendre? Rien, si ce n'est la poursuite du macronisme par d'autres moyens. Avec un discours qui porte au premier plan l'engagement en Ukraine, on aura la paix! Et il sera difficile de racheter la paix sociale.
"La politique, c'est aussi la mémoire", relance Edwy Plenel. "Vous voyez bien les polémiques que vous pouvez susciter", embraye François Bonnet. "Le Monde" a écrit en 2015: "BHL en fait sans lui demander son avis son fils spirituel. N'est-il qu'un nouveau petit BHL?" Poser la question, c'est souvent y répondre."
André a lancé Raphaël, "mais moi, je suis moi-même", répond crânement celui qui a publié ses premiers essais en les cosignant avec son père. "Mes engagements, c'est les miens. Je les mène quand c'est en Europe de l'Est aux côtés des révolutions démocratiques, quand c'est à Stalingrad aux côtés des migrants, quand c'est au Rwanda sur le rôle de la France dans le génocide. Ce sont mes engagements à moi, guidés par ma conscience, et d'ailleurs des engagements qui me font changer. Je dissèque mes évolutions. "Notre échec est grandiose", est-il écrit au début du livre "les Enfants du vide". Mon logiciel de pensée a contribué à former l'impasse dans laquelle on se trouve aujourd'hui." Ça promet. "Je ne renoncerai jamais à la défense des droits de l'homme" (bruyante tarte à la crème universaliste des "nouveaux philosophes" germanopratins). "Mais limiter la politique à la défense des droits de l'homme, ç'a été une catastrophe (nous voilà prévenus), parce qu'en réalité, on a zappé complètement la question sociale" (qui devrait lui être connexe) et qu'on se la prend en boomerang avec le vote Le Pen ou le vote Salvini. Quand ma pensée rencontre ses limites, je laisse le réel ébranler mon logiciel."
"Votre constante est l'engagement atlantiste", relance François Bonnet, aux côtés des néoconservateurs français. "Vous avez été membre du "Cercle de l'oratoire" aux côtés de Michel Taubmann" qui était le leader de cette mouvance et qui prit jusqu'au bout de sa chute la défense de DSK en sa qualité de biographe-agiographe. C'était avant une autre campagne présidentielle, celle de 2012, où François Hollande, "M. 3%", dut servir de recours in extremis quand DSK tomba du Sofitel, tellement il était sous le charme de Nafissatou Dialo. Devait-on provoquer la chute d'un homme si remarquable pour le "troussage d'une soubrette", s'insurgeait Jean-François Kahn?
Glucksmann a oublié qu'il était au comité éditorial de la revue "le Meilleur des mondes" fondé par Taubmann. BHL oublie aussi qu'il est président à vie du Conseil de surveillance d'Arte France, quand il demande à la chaîne de financer ses documentaires en dehors de tout conflit d'intérêt. "Je ne connais rien au Moyen-Orient, je ne m'intéressais qu'au Rwanda quand je participais au "Cercle de l'oratoire", se défend Raphaël Glucksmann.
Et puis la Géorgie, et puis l'Ukraine", "analysés aujourd'hui comme des moments démocratiques, mais très complexes, éditorialise François Bonnet, oh pas que des révolutions de couleur, mais quand même. Sakachvili était l'homme des Américains. Jamais de retour critique sur la Géorgie ou sur l'Ukraine?""Je n'aurai jamais de retour critique sur la Géorgie ou sur l'Ukraine. Ce n'est pas la CIA qui va ramener 2 millions de personnes sur une place. Par hasard, l'impérialisme auxquels font face les Géorgiens et les Ukrainiens est russe et n'est pas américain, mais je suis anti-impérialiste, il faut me croire. Et je suis surtout inquiet pour la France". On lui dira.
En 2018, François Bonnet concluait son interrogatoire (assumons): "Est-ce que l'obstination de l'Europe à vouloir à tout prix proposer un accord à l'Ukraine et à la Géorgie n'est pas tout simplement une folie?" Mediapart a oublié la question. Coup de chance, Raphaël Glucksmann ne se l'est jamais posée.
Mais Mediapart avait anticipé ce que deviendrait "Place publique", "un mouvement politique au service d'un seul homme", "comme tous les mouvements politiques, comme "la France insoumise" avec sa revendication d'être un mouvement gazeux, comme "Génération.s" de Benoît Hamon et surtout comme, horresco referens, la République en marche d'Emmanuel Macron." Ce scénario rendait malade Claire Nouvian. On espère qu'elle s'est remise, car on l'a bien compris, Place publique est une torpille qui a fait ses preuves.