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vendredi 28 février 2020

La nouvelle culture générale ou la transformation de l'honnête homme

Réaction au billet un peu alarmiste de Philippe Bilger sur "l'inculture générale", que l'on peut lire ici:

L'inculture générale : une plaie française

philippebilger.com

Cher Philippe,

J'ai toujours déploré les quelques conversations que j'ai eues avec des professeurs d'université se plaignant devant moi du niveau d'inculture crasse qu'ils constataient chez leurs étudiants, non que cette baisse du niveau ne soit réelle, mais elle est la conséquence d'un enseignement qui fait plus de la prévention contre les conduites à risques et contre la pensée incorrecte qu'il ne dispense des savoirs bien ordonnés. Et se repaître de l'idée qu'on enseigne à des ignares n'intéresse guère ceux-ci à l'enseignement qu'on se prépare à leur dispenser. Avec ce guillemic des professeurs d'université de prendre un malin plaisir de poser à leurs étudiants des questions dont ils savent très bien qu'ils ne connaissent pas la réponse: "Vous savez évidemment ce qu'a dit Stendhal à propos de son grand-père dans"La vie d'Henri brulard. -La vie de qui?", se demandent les étudiants confus en se regardant perplexes et en écarquillant des yeux pleins de honte sur le professeur triomphhant.

Vous pratiquez la bone approche dans votre Institut de la parole si vous proposez à ceux que vous formez de se poser tous les problèmes que charrie une citation que vous leur soumettez. Mais dans le second cycle du secondaire, les professeurs de français ne pratiquent pas ainsi. Les programmes scolaires leur font obligation de demander à des élèves qui n'ont pas le goût de lire de se poser en critiques littéraires ou d'écrire des essais littéraires en se positionnant dans des débats sur la littérature qui les dépassent de cent coudées. Les sujets d'invention rattrapent un peu ce mauvais pli, par lequel non seulement on ne leur donne pas envie de lire, mais on les en dégoûte.

Emmanuel Macron a remporté le concours de culture générale. On ne voit pas que cela lui ait donné une pensée générale, même si ça lui permet d'empiler les poncifes et de maîtriser ses dossiers en ce sens qu'il sait tout ce que l'on écrit d'un sujet, mais il le compile mal etdit qu'il va tout faire, sans jamais hiérarchiser les strates de son sempiternel "en même temps", dont il finit par s'amuser lui-même, et sans davantage indiquer les priorités de son action.

Montaigne savait ses auteurs latins par cœur, ce qui ne l'empêchait pas de puiser dans sa bibliothèque pour dicter en citant. Aujourd'hui, on ne sait plus guère des auteurs latins et ggrecs que l'argument de leurs œuvres principales et les racines des mots qu'ils emploient. Est-ce une perte? On revient à la racine pour former à partir des étymons une pensée exprimée dans des phrases françaises. Revenir à la racine, n'est-ce pas revenir au radical?

"Les livres nouveaux nous empêchent de lire les anciens", regrettait Jean d'Ormesson. Oui, bien sûr, mais la réciproque est vraie.

"L'honnête homme" de Montaigne a été. L'honnête homme d'aujourd'hui est celui qui sait cliquer d'une discipline à l'autre, sauter d'une idée à l'autre, comme Michel Onfray qui dresse d'excellentes panoramiques. C'est l'homme hypertextuel. L'interdisciplinarité est le mot qui désigne l'honnête homme d'aujourd'hui. C'est un mot barbare et qui tire en longueur. Il annonce une cuistrerie jargonnante regrettable sans préjudice de compétence.

Les enfants d'aujourd'hui ont moins d'orthographe et de grammaire que ceux d'hier. Ils écrivent moins bien, mais ils parlent mieux. Et ils sont loin de penser plus mal. Ils vont tout de suite à l'essentiel, droit au but. L'information dont ils sont gargarisés par le commérage de l'actualité y est pour beaucoup, et peut-être aussi l'épidémie d'hyper-activité qui frape les nouvelles générations et qui peut être un signe d'intelligence et de précocité. D'aucuns ont parlé d'enfants indigos. Pourquoi pas?

Je ne sais pas si la culture générale favorise une pensée générale. Compte beaucoup plus pour moi l'originalité de la pensée. Quand, très jeune, j'ai commencé à écrire,je pensais qu'on écrivait mieux si on avait moins lu. Je ne me rendais pas compte que ce que j'écrivais pastichait maladroitement Pagnol ou Molière, que j'aimais bien (je les aime encore aujourd'hui), pour une pièce de théâtre et un petit roman que j'avais écrits.

En sixième, notre manuel de grammaire, rédigé entre autres par Henri Mitterand avec un "R", comportait cette question: "Les livres que j'aurais voulus écrire". Je me disais: "Les miens". J'étais comme le Brel des "Bourgeois" étant déjà aussi saoul que lui-même, tandis que son ami Jojo se prenait pour Casanova. Étudiant en lettres, je révisais mon jugement et me disais que tout de même, j'aurais bien aimé écrire "Les souffrances du jeune Werther", si l'ouvrage ne s'était pas terminé par le suicide du héros.

Le premier jour où je pénétrai à la Sorbonne pour y assister à mon premier cours, le 22 octobre 1990, je me souviens d'avoir éprouvé du dépit et de m'être dit: "Ce n'est pas possible, on pratique ici le culte des grands morts. Or moi qui suis chrétien, je pratique le culte de Dieu, et je suis tributaire d'un Evangile où il est écrit: "Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame Ta louange, car ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout petits." Comment vais-je me débrouiller avec cela?"

D'autant que s'ajoutait à ma méfiance pour la patrimonialisation d'auteurs choisis pour être des phares de notre civilisation, l'impression qui ne m'a jamais quitté que, si la sélection naturelle à laquelle je ne crois pas relève de l'adaptation, la sélection culturelle relevait de l'arbitraire.

Qui sait, si je m'étais adapté, j'aurais peut-être été sélectionné. Mon père me conseillait de préparer "Normal sup". Je lui rétorquais que je ne voulais pas devenir un bourgeois. "N'importe, tu apprendras à travailler et tu t'y feras uncarnet d'adresses qui te servira dès que tu auras écrit quelque chose." Je voulais devenir prêtre, j'estimais ne pas avoir besoin de carnet d'adresses. Finalement je ne suis pas devenu prêtre et je n'ai pas de carnet d'adresses, "mon père avait raison" comme en convenait Sacha Guitry dans une pièce où j'ai vu s'affronter les Brasseur père et fils, Claude et Alexandre, il y a une dizaine d'années, était-ce au théâtre Édouard VII ou à la Comédie française? Je ne sais plus.

dimanche 23 février 2020

Gribouille à fessenheim

Mardi dernier, Gribouille est venu à Mulhouse pour expliquer à une cité qui ne l'intéresse pas qu'elle est fâcheusementgangrennée par "le séparatisme islamist". Il ne faut pas que la République de Gribouille abandonne la cité qui menace sécession. La République ne sera pas aux abonnés absents, promet Gribouille. Mais gribouille fait aussi de la politique. Le lendemain de sa visite de la cité qui va craquer, il signe un décret qui décide la fermeture de la centrale de Fessenheim promise depuis des années par un caprice de Hollande en peine de promesses à faire et de vision programmatique. Ça va faire perdre des emplois dans le bassin de la cité qui menace guerre civile entre les autonomistes alsaciens de "Unser Land" et les partisans du dar-el-islam. Le musée de l'auto est en danger. Or voilà que "le palmipède" nous apprend que la centrale de Fesssenheim exportait vers l'Allemagne l'essentiel de sa productiion d'électricité décarbonée. Pour compenser, l'Allemagne devra s'alimenter auprès d'une centrale à charbon qui s'ouvre dans la Ruhr. Gribouille est très écolo. L'écologie sera le maître mot de l'acte II du quinquennat de Gribouille. Vive lui!

samedi 22 février 2020

Affaire Jean Vanier, scandale dans une Eglise qui fait l'ange

Selon moi, ce scandale révèle, frappe et interroge une Église qui fait l'ange. Et comme on sait, "qui veut faire l'ange fait la bête". -Jean vanier faisait l'ange, en faisant unilatéralement l'éloge de la faiblesse, de la fragilité et de la vulnérabilité. J'ai toujours suspecté que cet éloge contenait une possible manipulation des personnes faibles, vulnérables et fragiles. Car on doit rréparer ce qui est fragile plutôt que de le couver du regard. Je me suis toujours demandé ce que cachait ce discours, et je ne ferai pas la bête en me laissant aller à dire que maintenant, on a la réponse, car la réponse se trouve dans la complexité humaine et le clivage d'un homme qui, pour avoir été un abuseur, croyait peut-être sincèrement, comme le Père Thomas Philippe, y compris dans les raisons qu'il alléguait de ses abus, raisons qu'il ne pouvait communiquer à ses frères et sœurs de communauté dès lors que la tempête sur les abus sexuels dans l'Eglise avait éclaté, déjà sous Benoît XVI. -Anne-Marie Pelletier elle-même a tendance à faire l'ange, quand elle présente dans une même phrase le visage du Christ travesti par les traits grimaçants du mensonge, que lui donnent ceux qui se sont recouverts de Son Nom pour prendre du plaisir, sous de fallacieux prétextes mystiques, et qu'elle contemple aussitôt après "le Christ qui pleure sur les vies fracassées". Elle semble se réfugier dans ce lieu commun contemplatif. Or il faut d'abord se livrer corps et âme,coeur et chair, chair et esprit, à la contemplation inouïe du Christ travesti par les péchés de l'Eglise. -Nous aussi faisons les anges quand nous croyons que les abuseurs, c'est les autres, qu'ils sont extérieurs à notre spectre émotionnel et à notre manière de réagir, à nos ambivalences,à nos déviances. -Nous ferions les anges si nous ne reconnaissions pas que les communautés nouvelles ont décidément eu un fonctionnement principiellement sectaire,sous le joug de gourous dotés d'une emprise exorbitante, "accompagnant des milliers de personnes sans avoir [eux-mêmes] d'accompagnateur particulier", un invariant anthropologique du fonctionnement des sectes voulant que le sommet de la jouissance de l'aura du gourou se trouve dans la consommation de chair fraîche, dans l'abus sexuel, qui entraîne un clivage d'autant plus féroce chez le gourou ecclésial que sa sexualité est censée être inactive et en sommeil. L'Eglise interdit toute activité sexuelle à ses ministres, ses clercs et ses consacrés, qui font les anges en répondant qu'il n'y a pas de sexualité que génitale. Pirouette! L'appareil génital est le siège de la sexualité. -Mais l'Eglise des anti-sectaires, des anticléricaux inclusifs des laïcs, des progressistes, fai l'ange elle aussi quand non seulement elle croit que les abus sexuels, c'est les sectes, mais quand elle se réfugie dans le concept abscons de "cléricalisme", concept qui fait système comme celui de "modernisme" au début du siècle dernier, concept imaginé pour noyer le poisson, pour convaincre que tout est un problème de pouvoir dans l'Eglise, tout en revendiquant plus de pouvoir pour les laïcs, car eux-mêmes n'aimeraient pas le pouvoir, pouvoir que le pape refuse aux femmes et aux laïcs sous prétexte de ne pas les cléricaliser. Le piège conceptuel se referme sur les candides qui avaient cru y trouver un levier d'émancipation. Tout le monde aime le pouvoir, il y a du pouvoir partout, mais je crains que dans l'Eglise, du fait de la crise d'identité spirituelle qui cherche une redéfinition des fonctions que l'on croit prioritaire et salutaire, mais plus encore du fait de la crise d'identité théologique qui interroge tout le contenu de la foi et le relativise presque entièrement sous prétexte de le définir à nouveaux frais, la confusion ne soit telle qu'il n'y a plus que du pouvoir dans l'Eglise, et donc potentiellement que des abus de pouvoir. Nous ferions les anges si nous n'affrontions pas l'état où nous laissent ces questions. -Benoît XVI a fait l'ange -ou a manqué de laisser l'Eglise se faire harakiri- en mettant tellement l'accent sur le scandale de la pédophilie dans l'Eglise que cela a induit qu'il n'y avait plus que de la pédophilie dans l'Eglise, et que chacun s'est cru fondé à rejeter l'Eglise, enfant de Dieu, dans les égouts où doivent être rejetés non pas les abuseurs, vivants ou morts, dans d'impitoyables chasses à l'homme, mais les abus. -Nous faisons enfin les anges quand nous croyons nous soulalger d'un exclamatif : "Plus jamais ça !". Nous faisons les anges quand nous poursuivons les abus du passé sans tracer les dérives du présent. Et nous ferions les anges si nous croyions pouvoir faire l'économie d'une mise en cause, entre autres, de la discipline du célibat sacerdotal, source, non seulement de bien des hypocrisies et des doubles vies, mais d'abus sexuels d'entre 7 et 11 % des clercs selon les pays, si j'ai bien en mémoire les chiffres donnés par Marie-Jo Thiel.

jeudi 20 février 2020

Les paradoxes de Michel Onfray

Analyse de l'entretien qu'il a donné à PHilippe Bilger sur "Fréquence protestante" et disponible sur son blog à l'adresse:

https://www.philippebilger.com/blog/2020/02/entretien-avec-michel-onfray-fr%C3%A9quence-protestante-du-20-f%C3%A9vrier-2020.html

Michel Onfray attend qu'on le démente et ce "toutologue" déployant une puissance de travail hors du commun reconnaît pouvoir deci, delà, se laisser aller à quelques approximations (« qui n’en fait pas ? Plus on travaille, plus on en fait »). C'est pour le moins compréhensible en effet, quand on entreprend d'écrire seul une "Brève encyclopédie du monde" ou une "Contre-histoire de la philosophie", fresques hugoliennes dans leur ampleur, même si Onfray ne prétend pas avoir écrit une "œuvre" de l’ampleur de Victor Hugo (quoiqu’elle brasse tous les genres, y compris la poésie, tient-il à préciser), et se montre en cela modeste et lucide sur la portée de son travail.

Je ne connais pas la moitié des sujets abordés, certains pourraient dire effleurés par Onfray. Mais je passe pour ou je me persuade que je suis un peu chrétien. Un universitaire, Jean-Marie Salamito, s'est lancé dans une campagne d'éreintement du philosophe panoramique, que j'ai trouvée ridicule. Salamito, largement relayé dans la cathosphère, se vantait de n'avoir lu d'Onfray que les passages relatifs à la non historicité du personnage de Jésus, qui n'existerait (mais n'en existerait pas moins selon Onfray) que comme un personnage conceptuel, dont la figure reprend les caractéristiques messianiques décrites dans le pentateuque (il aurait pu ajouter dans les prophètes" comme le prouve assez Pascal dans son "Apologie"). Les arguments qu'invoquait Salamito pour réfuter Onfray étaient tous de seconde main. Et pour cause. On ne possède pas les minutes du procès de Jésus ni des tablettes reprenant son enseignement saisi sur le vif par ses non scribes-apôtres-étudiants-disciples, comme Claude tresmontant suppose que ces notes ont été la base d'une première version hébraïque des evangiles. Tout ce qu'on sait de Jésus, on le sait de réputation, à partir de textes, sinon écrits beaucoup plus tard, du moins dont les originaux qu'on a retrouvés sont très tardifs. Antécédentes aux Évangiles, enseignements de Jésus qu'on n'a jamais cessé de devoir canoniser, jusqu'aujourd'hui où les exégètes croient avoirl'autorité de séparer les vraies "logia" ou paroles de Jésus de celles qui lui ont été prêtées, sont les attestations sur les chrétiens de Pline le jeune ou sur Jésus de Flavius Josèphe, lesquelles datent du Ier siècle, comme la première lettre patristique extérieur aux canons apostoliques. Salamito croyait donc pouvoir attester, contre Onfray qu'il avait à peine lu, de l’existence historique de Jésus en alléguant les témoignages d'une littérature secondaire. Si c'est ainsi qu'on réfute à l'Université, ilvaut mieux ne pas en être, même si on y perd du prestige aux yeux de Patrice charoulet.

Mais surtout, les chrétiens manquent d'une position rabbinique du problème de l'existence de Jésus. Beaucoup de rabbins disent qu'ils ne savent pas répondre à la question de l'existence de Dieu et BHL notait dans une de ses dernières chroniques du "Point" que la question de Dieu apparaît chez Maimonide bien après qu'ont été traitées des questions comme la vérité. Dieu est le transcendant fondamental, mais ce n'est pas le transcendant primordial. Excepté quant à son Incarnation, ce qui ne constitue certes pas une exception mineure, l'existence de Jésus n'est pas amoindrie si elle n'est pas historique. Jésus peut être né du besoin que son peuple avait de Lui sans qu'il y ait déperdition de Son être. Au contraire, l'Incarnation de Jésus dans un destin historique limité conceptuellement pourrait gagner en relation réciproque si cette Incarnation a été appelée et comme "priée" par des créatures faisant retour au Créateur et Le suppliant de leur revenir à la façon d'un egregor, mot du vocabulaire maçonnique qu'Onfray ne cite pas pour appuyer l'existence conceptuelle de Jésus, en quoi il manque un pas mystique comme le dit Aliocha.

Hérésie que cette hypothèse? Assurément, mais faut-il avoir peur des hérésies dans une eglise dont le pape dit ne plus avoir peur des chismes? Mon ami l'abbé guillaume de tanoüarn aime à répéter après Pascal que l'hérésie n'est pas la négation de la vérité, mais l'oubli de la vérité contraire. J'ai bien peur en l'occurrence que, dans une Eglise qui a fini par séparer le Jésus de l'histoire du christ de la foi bien qu'elle se le soit formellement interdit pendant la crise moderniste sur laquelle vient de paraître un ouvrage, l'oubli de la vérité contraire soit celui de l'existence de Jésus générée, engendrée par les créatures par une sorte de retour de création, au profit de la seule existence d'un Jésus de l’histoire (existence avancée au détour d’une perte de foi) aux contours indéfinis et que l'exégèse s'arroge l'autorité de définir en séparant le vrai du faux ou l’ivraie et le bon grain bien avant la moisson.

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J'aime encore le paradoxe économique et le paradoxe géopolitique de Michel Onfray, que vous mettez en exergue, cher Philippe, à travers une question qui lui permet de l'énoncer: "Vous ne dénoncez pas le capitalisme, vous n’êtes pas défavorable à l’Etat et vous ne voulez pas qu’on porte atteinte au droit de propriété, mais vous dénoncez le libéralisme et êtes attaché à un capitalisme libertaire." "Le capitalisme existe depuis que l'homme est l'homme, vous répond-il, il n'y a que Marx pour croire que la chose capitaliste, parce qu'il a créé le mot, devrait mourir avec lui." Onfray n'est pas marxiste, c'est courageux dans le PIF (paysage intellectuel français). "Le capitalisme permet de produire des choses précieuses à partir de la rareté. Le problème n'est pas la production de richesse", surtout si l'on reconnaît que la frugalité est au principe de cette production, "mais leur répartition."

"Sur tout cela, qu'il y ait la liberté,ajoute Onfray. "Utopie?", lui demandez-vous. "Oui et non. Oui parce que le capitalisme libertaire n'a jamais eu lieu, et non parce qu'il est de l'ordre des propositions rationnelles et des choses instaurables, même si ce n'est pas en totalité."

-Je comprends d’autant plus le paradoxe géopolitique de Michel Onfray qu’il est à peu près le mien. Selon lui comme je l’ai immédiatement ressenti au partir de la crise, le monde a basculé lors de la première guerre du golfe, deux ans à peine après que la chute dumur de berlin a pu nous faire croire que nous étions débarassés du communisme et mûrs pour la « paix perpétuelle » et la « fin de l’histoire ». Le terrorisme islamiste nous fait récolter nationalement ce que nous semons internationalement, cingle-t-il dans un tweet rageur. BHL traita Chevènement de « sadamite » parce qu’il s’opposait à ce premier traumatisme international du monde reconfiguré d’après la chute du communisme et d’après la Seconde guerre mondiale. C’était suggérer au passage que les « sodomites » étaient des salauds, ce qui frisel’homophobie. Est-on sûr que le régime de Sadam Hussein était plus sanguinaire que ceux qui l’ont suivi ? La première guerre du golfe nous a fait entrer dans le monde pré-huntingtonien du « Choc des civilisations ». Et nous y sommes entrés par « islamophilie », conclut Onfray, « le soleil d’Allah [aveuglant] l’Occident », aurait dit le général galois, sans nous rendre compte que des Etats laïcs étaient préférables en pays d’islam que le totalitarisme islamiques et théocratiques de l’Iran, des émirats, de l’Arabie sahoudite et aujourd’hui de la Turquie d’Erdogan. Il valait mieux soutenir le shah d’Iran malgré la Savak, Sadam Hussein malgré le gazage des Kurdes ou Mouammar Khadafi malgré sa folie sous l’emprise des psychotropes, que de laisser prospérer des totalitarismes à l’état pur et des théocraties complètes, bannissant toute erreur humaine.

Onfray va trop loin et se permet ce qu’il ne devrait pas, quand il se propose de « penser » et réformer l’islam de l’extérieur. Ce n’est pas son affaire. Mais il a raison de reprendre avec Houellebecq le mot de « soumission », qui fait un réflexe au parquet d’instruire contre Mila, « jeune fille pas très élaborée », commente Onfray, et de nous poser en athées de l’islam, le respect des musulmans commandant que nous ne fassions pas la guerre aux pays musulmans, Onfray réprime toute violence, sinon la violence verbale, « car dans la colère, il entre de la violence et il y a de saines colères. »

mercredi 19 février 2020

Autrefois condamné,le modernisme a gagné dans l'Église catholique, mais l'Église catholique ne le sait pas

"La Croix" nous apprend la parution d'un livre sur "La crise moderniste revisitée".

https://www.la-croix.com/Culture/Livres-et-idees/lecons-crise-moderniste-2020-02-19-1201079264?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_content=20200220&utm_campaign=NEWSLETTER__CRX_LIVRES_EDITO&PMID=6c6207cf973a7c0a7bfc56bfa12872d0&_ope=eyJndWlkIjoiNmM2MjA3Y2Y5NzNhN2MwYTdiZmM1NmJmYTEyODcyZDAifQ%3D%3D

Guillaume Cuchet y "revient" notamment "sur la thèse répandue selon laquelle le modernisme est inventé par l’encyclique qui le dénonce." Je ne suis pas assez érudit pour discuter cette thèse, mais instinctivement, je crois qu'elle est exacte, d'abord parce que l'appellation de "modernisme" est vague et s'il n'était cerné par une périodisation historique, on pourrait croire qu'il désigne ceux qui se veulent les contemporains de leur histoire et de leur temps.

Or saint Pie X, qui fait du modernisme "l'égoût collecteur de toutes les hérésies", pas moins!, a surtout le génie de le synthétiser. Le modernisme viendrait du "modus", de la manière, de la mesure propre à chacun et désignerait toutes les formes de subjectivisme, d'horizontalisme et d'immanentisme, jusqu'à celui qui fait procéder le dogme du besoin qu'a la communauté de le produire. Au point de vue de la foi, saint Pie X fustige vertement la prétention de séparer "le Jésus de l'histoire" du Christ de la foi".

Saint pie X condamnait tellement le modernisme que tout prêtre qui se présentait à l'ordination devait prêter le "serment anti-moderniste". Aujourd'hui, l'encyclique "Pascendi" n'est plus guère brandie que par les catholiques traditionalistes. C'est à peine si elle est connue des prêtres du courant majoritaire de l'Église catholique. C'est dommage à un double point de vue:

-C'est un bijou de synthèse et d'analyse, qui démontre l'étonnante capacité du pape Pie X à comprendre son temps, même s'il le fait aux fins de lancer contre lui des anathèmes. La synthèse ne me paraît pas avoir été dépassée.

-Mais surtout, la condamnation du modernisme révèle un formidable phénomène d'hétérotélie. L'hétérotélie est cette ruse de l'histoire par laquelle les résultats d'un geste historique se retournent contre les intentions de ceux qui l'ont posé. On ne dit jamais que le modernisme a gagné dans l'Église catholique, malgré lacondamnation qui l'a frappé., Le modernisme a gagné dans l'Église catholique et les pratiquants ordinaires, les chrétiens du rang, même les clercs ne le savent pas. En cela les traditionalistes ont objectivement raison de dire qu'"on leur a changé la religion" ou qu'on leur a volé leur héritage. Mais ils le revendiquent avec la morgue du fils aîné de la parabole de l'enfant prodigue.

Paris, première victime de la décentralisation

Commentaire au billet de Philippe Bilger:

https://www.philippebilger.com/blog/2020/02/rachida-dati-va-t-elle-gagner-son-paris-.html

Rachida Dati pourra-t-elle regagner à LR un Paris que Philippe Séguin lui a fait perdre, vissé à JeanTibéri qui ne voulait pas être débranché, mettant la capitale sous la coupe de la branchitude, sous l'égide d'un Bertrand Delanoë, chef des homo festivus et préposé aux plaisirs de tous les Paris-plagistes, qui démontrent aujourd'hui que l'homofestivisme, c'est la bidonvillisation de la plus belle ville du monde, ou que faire gouverner "Paris est une fête" par les femmes et les hommes de la fête mène Luthèce à la défaite. Paris n'est plus qu'une cour des miracles sale et grouillante où il a cessé de faire bon vivre. Mais soyons justes, tout n'est pas la faute d'Anne Hidalgo, des petits bonhommes verts et des homos festivus qui l'entourent. Paradoxalement, dans notre pays qui n'a jamais réussi une décentralisation qui se serait achevée par le constat que la province n'est plus le désert français, Paris est la première victime de cette décentralisation exclusivement bureaucratique, caractérisée par la non dotation des collectivités locales et territoriales, et la trahison par l'État de sa promesse de les abonder à l'euro près en fonction des compétences nouvelles dont il les doterait, trahison redoublée par la suppression de la vignette sous Villepin, dont les recettes allaient aux départements, et de la taxe d'habitation sous Macron, premier des impôts locaux. S'y ajoute à Paris la double incurie gouvernementale, qui laisse gonfler la bulle immobilière en haut, tout en laissant se gouverner en bas la marée humaine par la marée humaine, notamment (mais pas seulement) sous la pression de l'anarchie migratoire, mais il y a aussi les dealers de la colline au crack. Il suffit d'être passé une fois à la gare du Nord pour voir le résultat de ce "bordel" organisé par l'abandon gouvernemental, qui préfère laisser faire à Paris l'expérience de l'anarchie capitaliste, où le "peuple de Paris", qui n'est plus un peuple, se gouverne comme un territoire autonome et perdu de la République, en tout séparatisme, de sorte que c'est un miracle qu'il n'y ait pas plus de violence à Paris.

Rachida Dati aura-t-elle les épaules pour combattre tous ces méfaits à la fois à elle toute seule? Le combat serait titanesque dans la France-Titanique de Macron, dernier capitaine. Mais cette "formidable candidate", dont les forces décuplent "quand on doute d'elle", est une battante attachante qui s'est faite à la force du poignet. Sa valeur ajoutée est la crédibilité, car elle ne fait pas de surenchère et elle ne promet pas la lune. Elle ne veut déménager aucune gare, le réseau ferré sera intact, Guillaume Pepy et Julien Coupat doivent se le tenir pour dit. Les bobos parisiens lui en sauront-ils gré? Pas sûr.

mardi 31 décembre 2019

Macron, gilet jaune d'une bourgeoisie déclassée

"La grève contre la réforme des retraites a déjà dépassé par sa durée celle de novembre-décembre 1995", écrit Jean-Luc Mélenchon sur son blog. Mais le climat n'est pas le même, non seulement parce qu'Edouard Philippe n'est pas Alain Juppé. Ce boxeur angoissé est moins droit dans ses bottes et sa politique d'éloignement n'empêche pas de saisir l'homme de proximité gainée d'avoir toujours eu un mentor.

Mais surtout, en 1995, les grévistes rêvaient d'anarchie. Ils en rêvaient de manière agressive. Les non grévistes étaient exaspérés. Aujourd'hui, même ceux qui sont exaspérés par la grève soutiennent les grévistes, qui ne rêvent plus d'anarchie, mais expriment un mal-être social.

Personnellement, je ne sais que penser de la réforme des retraites, sinon que, présentée comme une "transformation" radicale, elle réaffirme le choix de la retraite par répartition et substitue un calcul par points à un calcul par trimestres. Pas de quoi fouetter un chat, mais je suis tellement prévenu contre le prétendu progressisme macronien qui pilote une régression sociale sans précédent, contre son prétendu humanisme qui est un machinisme et une robotisation de l'homme, contre son gouvernement par l'injonction paradoxale (le "en même temps") qui est le comble de la perversité politique, autrement plus pervers que le machiavélisme dont Macron se dit un spécialiste quand il ne se pose pas en héritier de Paul ricoeur, que j'ai tendance à soutenir les grévistes sans savoir pourquoi dans le détail, mais en me disant en gros que rien de bon ne peut sortir de Macron, tant que sa noix d'humanité ne sortira pas de sa coquille bourgeoise, d'une bourgeoisie, non de parvenus, mais déclassée en ce qu'elle a perdu ses valeurs et ne sait plus que, comme noblesse obligeait les aristocrates, un devoir de philanthropie accompagnait la grande bourgeoisie, qui aurait eu mauvaise conscience si elle n'avait pas fait des œuvres sociales ou donné de son temps. Aujourd'hui, comme françois Pinault, elle mécène l'art contemporain, c'est-à-dire qu'elle se rend complice du nihilisme.

La bourgeoisie contemporaine n'en a plus rien à battre. Macron en est le rejeton.

lundi 30 décembre 2019

Défendre Gabriel Matzneff, libérer la pédophilie?

Commentaire au billet de Philippe Bilger intitulé: "Denise bombardier trop tôt, Gabriel Matzneff trop tard" et consultable en recopiant ce lien:

https://www.philippebilger.com/blog/2019/12/denise-bombardier-trop-t%C3%B4t-gabriel-matzneff-trop-tard-.html

"j'aurais eu du mal dans ces conditions - tous les admirateurs de l'écrivain font état de sa totale transparence dans ses journaux publiés pour ses actions pédophiles avec des petits garçons (9 à 12 ans) et ses liaisons avec de toutes jeunes filles (13-14 ans) - à m'extasier devant un style sans être écoeuré par le fond."

Gabriel Matzneff écrit un peu en dilettante, ce n'est pas un immense écrivain, mais il a du style. Ilfait preuve d'une transparence qui le conduit vers le salut chrétien. Gide a aussi du style, mais n'est pas transparent du tout. Son livre "L'immoraliste" figurait parmi les recommandations de ma prof de philo, qui enseignait dans un établissement privé sous contrat. Le titre du livre m'attirait, je ne l'ai lu qu'il y a quelques années. Et je fus écoeuré. J'ai ressenti l'écoeurement dont vous parlez, parce que l'auteur cherchait le faux-fuyant du style pour embrouiller son lecteur, déguisait ses attirances,sacrifiait sa femme à sa passion pédophile (comme l'a peut-être fait Michel Fourniret avec Monique Olivier), et n'appelait pas sur lui le salut, n'éprouvait aucun remords, ne cherchait pas à se justifier, mais pensait que la pratique de sa transgression (mot que vous affectionnez) était parfaitement justifiée.

"la sexualité à la fois banalisée (on peut en faire profiter tout le monde) et magnifiée (pourquoi l'enfant échapperait-il à ses bienfaits ?)" La sexualité banalisée. J'avais un ami qui disait: "Je n'entre jamais à l'intérieur des chambres conjugales." Autrement dit, épargnez-moi vos secrets intimes. Ne parlez pas de vos nuits d'amour devant la machine à café.

Mai 68 fut une période de libération sexuelle. Le moins qu'on puisse dire est qu'on est passé de l'autre côté avec le néopuritanisme de #Meto qui répudie même la galanterie et le baiser volé.

Mai 68 réagissait à la représentation chrétienne qui postulait qu'hors de la reproduction, point de sexualité, et qui préconisait l'inactivité sexuelle: la découverte de la sexualité par l'autoérotisme ou la masturbation étaient péché.

Pour que le débat soit complet, il faudrait avoir le courage de se poser les deux questions suivantes (la seconde est très dérangeante):

-La sexualité peut-elle être libérée? Ne charrie-t-elle pas tant de complexes, mais aussi tant de dualité entre la chair et l'esprit qu'en ce domaine intriguant, où nous sommes les premiers étonnés par nos propres fantasmes, la liberté est impossible? La sexualité n'est-elle pas inlibérable?

-Mais si par hypothèse la libération sexuelle était possible et s'il est vrai que Freud a découvert, outre l'inconscient, la sexualité infantile, ne doit-on pas libérer cette sexualité infantile? D'abord dans les relations entre enfants bien sûr. Mais pour ce qui est de la relation négativement marquée entre un enfant et un adulte, à l'initiative séductrice de l'un ou de l'autre, ne déchargerait-on pas, si j'ose dire, l'enfant de la culpabilité inhérente à la sexualité si on se libérait, et donc si on levait le tabou de la pédophiliie ? En faire une chose monstrueuse est aussi contre-productif que de traiter les opinions inhumaines en en faisant des délits d'opinion et en sortant de l'humanité ceux qui les ont et ceux qui les répandent. Les monstres sont des hommes.

"Le ministre de la Culture Franck Riester a eu la phrase qui convenait en déclarant qu'il soutenait toutes les victimes de GM et que "l'aura littéraire n'était pas une garantie d'impunité".

Certes non, franck Riester n'a pas parlé comme il faut. Il n'est pas de bon ton de reconnaître que l'homosexualité peut mener dans bien des cas à la pédophilie. Donc il n'est pas de bon ton de rappeler que, depuis Jack Lang, tous les ministres de la culture à deux exceptions près, les exceptions féminines que je ne sache pas avoir été lesbiennes, à savoir Aurélie filippetti et françoise Nissen, appartiennent à la coterie homosexuelle ou au moins ont cette inclination sexuelle. Ils "en sont" comme disait Proust. Il n'est pas de bon ton d'insinuer que des rumeurs courent depuis des années sur un Jack Lang pédophile. N'étant pas en mesure de vérifier ces rumeurs, je me bornerai à rappeler que, signataire il y a quarante ans de la pétition demandant que l'on banalise les relations consenties entre adultes et enfants, donc qu'on libère la pédophilie, le prédécesseur de franck Riester qui a acquis à ce poste une telle autorité morale (sic) qu'il n'est pas possible d'être ministre de la culture sans se réclamer de Jack Lang, fut également un ministre, non pas pédophile, mais partisan de la libération de la pédophilie, de l'éducation nationale. Et que dire d'Emmanuel Macron, aujourd'hui marié à son ancienne prof de théâtre après une histoire d'amour à la limite de la pédophiliedont les travaux d'approche, les avances étaient dûes à l'enfant, à l'élève Macron? Franck Riester est son ministre. Aux côtés de quelle victime est-il? D'Emmanuel ou de Brigitte? Du reste, peut-on bâtir toute sa vie sur un statut de victime? La résilience n'est-elle pas préférable? La victimisation permanente est le fruit flétri de la révolution permanente à l'agonie.

Vincent cespedes et la corruption de la jeunesse

Mon comentaire suite à l'appel de Vincent Cespedes d'éliminer Heidegger du programme de philosophie de terminale. 1. Cet appelle en dit long sur les qualités de vincent cespedes, philosophe insipide qui a démissionner (un de plus) de l'Education nationale pour se consacrer (sic) à son œuvre de néant, qui n'a pour fonction que de confirmer la République dans ses valeurs relativistes, à peu près comme l'Église catholique s'est choisie un chef qui dit au monde ce qu'il veut entendre et lui parle de conversion... écologique.

2. Le combat d'un philosophe insipide se porte assez naturellement vers la chasse aux sorcières. S'il veut chasser les philosophes aux idéologies meurtrières, que ne s'attaque-t-il pêle-mêle à Nietzsche, dont une mauvaise compréhension, nous dit-on, a inspiré le nazisme, et à Marx dont Lénine s'est servi en le mécomprenant (un de plus!) pour théoriser le totalitarisme soviétique. Si l'antisémitisme est le seul critère de notre philosophe chasseur (Macron est bien un philosophe avare !), il peut demander à ce qu'on ne fasse plus étudier les écrits du très radical et pacifiste Alain, qui se sont révélés un brûlot d'antisémitisme rentré à l'examen de ses carnets. Il peut aussi sévir en littérature et demander que Voltaire, Balzac ou Baudelaire soient éliminés du programme. Pour ce dernier, on incriminera cette fusée prémonitoire du nazisme dans "Mon cœur mis à nu": "Le beau complot à organiser pour l'extermination des juifs!"

3. La culture est, par essence, un fétichisme de l'arbitraire.

4. "Heidegger et le nazisme" est un marronnier culturel qui fait toujours réagir. La première fois qu'il me fut révélé, c'était lors d'une rencontre avec Philippe Sollers à Beaubourg lorsque j'étais en classe de seconde. Apparemment BHL aurait lui aussi été un fétichiste de l'amant de Hannah Arendt. J'ai entendu Sollers le dédouaner, ça ne m'a pas donné envie de lire Heidegger.

5. Le peu que j'en ai fréquenté fut mis à mon contact par la plume de Pierre Bourdieu dans "Ce que parler veut dire". J'ai discerné un style alambiqué qui aurait été fait pour me plaire s'il n'avait pas eu le dessein d'égarer les lecteurs sous une fausse érudition, de même que celui qui le citait feignait de dénoncer la distinction tout en pratiquant une écriture de la sociologie incompréhensible des prolétaires, sous prétexte que la matière ne se prêtait pas à la simplification et ne supportait pas d'être énoncée en langage claire comme toute idée bien conçue. L'exemple que Bourdieu cita de la cuistrerie de Heidegger emblématisait l'emploi de l'adjectif "ontique". Si "quand c'est flou il y a un loup", quand c'est abscons il y a un con. 6. Il faut être aussi peu visionnaire que cespedes pour identifier l'être à la patrie. Et on doit reconnaître à Heidegher d'avoir rétabli l'ontologie dans la modernité et au sein d'une pensée agnostique ou athée. 7. Que Yann Moix identifie la pensée de Heidegger le nazi à la pensée juive dans un colloque organisé par BHL n'a rien d'étonnant compte tenu que la portée au pinacle de Moix par BHL consacre l'alliance de l'imposteur et du botuliste, qui fait "la guerre sans l'aimer" et a désagrégé la Libye par éthique. 8. Vincent Cespedes et son combat un peu minable à part, d'où vient que l'académie, l'école, le lycée aient de tout temps eu une propension certaine à corrompre la jeunesse? Socrate fut condamné pour impiété (il penchait sérieusement vers le monothéisme) et pour corruption de la jeunesse (on parlerait aujourd'hui de pédophilie dont il faisait explicitement l'éloge non crypté, contrairement à ce qu'il en serait pour "Heidegger et le nazisme", dont la philoosophie serait une vaste entreprise de cryptage selon Vincent Cespeds qui, certes, lui, n'a rien à crypter). On fait étudier aux collégiens la poésie de Rimbaud sans voir qu'on leur apprend à devenir des voyous. Ce n'est apparemment pas pour choquer cespedes, auteur d'une "méthode voyoute" pour avoir le bac de philo sans travailler. Jack Lang a été un ministre sinon pédophile, du moins partisan de la pédophilie il y a quarante ans dans "Libération", un ministre cryptopédophile de l'éducation nationale. Et que dire d'Emmanuel Macron marié à une cougar à la suite d'une histoire d'amour à lalimite de la pédophilie? Roulez, folle jeunesse, vos maîtres vous corrompent.

mardi 24 décembre 2019

Flaubert, la stylistique et le formalisme

Écouté cet après-midi sur @franceculture #LaCompagnieDesOeuvres consacrée à Louise Collet où il était lu des extraits de lettres qu'elle recevait de Flaubert, les siennes ayant été brûlées par le grand homme qui ne voulait pas que l'on étalât les confidences de ses épistolières, il préférait leur donner de la voix.

Incroyable, le ton paternaliste dont il usait à l'égard d'une maîtresse écrivain de 11 ans plus âgée que lui, plus lancée aussi et se voulant une femme indépendante, mais qui acceptait l'impertinence sentencieuse de son ton péremptoire, car elle le savait meilleur écrivain qu'elle et elle reconnaissait du génie à cet homme, son homme, un homme, encore un homme?

Le romancier redressait une poétesse de style parnacien, académique et raide comme le Parthénon... Pourtant j'ai fait une découverte au cours de cette émission: c'est que la stylistique existe bien. "Observe de suivre tes métaphores", lui recommande-t-il. Il lui fait aussi une explication de texte en bonne et due forme, très critique, d'une de ses "pièces", un poème, où elle s'adresse à sa fille devenant femme en rêvant sous sa "couverture". "Couverture, que ce mot est laid", assène ce dépressif qui ne pouvait pas dormir sans une bouillote.

Donc l'explication linéaire n'est pas une invention de nos pédagogues pour nous dégoûter de la littérature? Donc la stylistique existte bien et elle est en effet l'étude des effets produits par l'auteur qui sait ce qu'il veut obtenir en écrivant et veut être le déterminant de son oeuvre, loin d'être déterminé par son génie? Encore faut-il ajouter que la stylistique a été inventé par "l'idiot de la famille" qui a osé dire de Balzac: "quel homme eût été Balzac s'il eût su écrire!"

Pauvre Flaubert! Balzac écrivait beaucoup mieux que toi qui confirme les idées reçues, mais il se perdait dans les détails. Ah, mais je vois. Tu lui reproches de n'y avoir pas mis les formes, d'être sans forme. "Ne donne aucun détail qui s'écarte du sujet", conseilles-tu à cette "pauvre chère Louise". Tu prétendais en remontrer aux classiques après que tu eus énoncé que l'art es tsubjectif. Les classiques mettaient les formes sans être formalistes. Tu t'es, toi, posé en formaliste pour te distinguer des classiques. En cela, tu as fait une chose dont la modernité te sait un gré infini: la modernité est peut-être "l'hérésie de l'informe", mais elle est informe dans la mesure où elle n'a pas de fond, et c'est encore parce qu'elle est informelle et sans fond qu'elle est formaliste sans fondement.

Où tu certis une esthétique du précis qui délire et ne dit rien car rien ne compte, Balzac foisonne et ne hiérarchise pas description, dialogue et analyse, car il a un monde en lui, alors que tu es obligé d'aller voir le monde pour le repoudrer à ta sauce responsable et bourgeoise, autrement plus bourgeoise que Musset, ce dont tu l'accuses par jalousie quand il n'est plus au mieux de sa forme et plus qu'une épave qui voudrait draguer ta Louise.

Tu n'es pas le père de la déconstruction. Tu ne soutiens pas exactement qu'il faut s'écarter des préjugés. Au contraire, tu les fais tiens. Notre époque aussi les fait siens pour les démonter, dans l'espoir de transformer les préjugés, d'avoir d'autres préjugés, mais de n'avoir que des préjugés: "La théorie du genre n'existe pas, mais il ne faut pas donner une éducation genrée à ses enfants. La biologie n'existe pas, l'homme et la femme ne sont que les purs produits d'une construction sociale. La société n'existe pas ou elle existe à peine comme société des individus, mais l'individu n'est que le moment de son espèce et il faut détruire le communautarisme qui n'est pas un phénomène naturel résultant de ce que dit Mireille dans sa chanson: "Quand un vicomte rencontre un autre vicomte, qu'Est-ce qu'is s'racontent? Des histoires de vicomte." Les races n'existent pas, mais il faut privilégier les racisés." Par exemple.

Flaubert avait le culte de l'art comme travail. Or la raison d'être de l'art est de déboucher sur une œuvre d'art. L'art n'est que la base artisanale de la production d'une œuvre qui ne créée rien, mais combine et découvre en faisant que l'énigme s'éloigne d'un pas après chaque découverte, dans la ligne d'horizon, qui n'est pas la ligne bleue des Vosges, incise gratuite. Aujourd'hui, les artistes contemporains parlent de leur art comme de leur "travail". Cela leur écorcherait la bouche de le présenter comme une œuvre. Hannah Ahrendt a pourtant magnifié l'œuvre en l'opposant au travail et à l'action. Un artiste comme moi est précisément désoeuvré et souvent dans l'inaction et dans l'incapacité de travailler parce que son esprit est lancé à la poursuite de son œuvre. Mais mon œuvre ne se formalise pas en moi. En conséquence elle n'a pas lieu. Elle n'est qu'un chaos torrentiel et jaillissant qui déracine quelques pierres pour les lancer dans le jardin des conventionnels et "scandaliser les bourgeois" comme je l'ai proféré un soir en pissant dans la rue Mouftard.

Faire œuvre est mettre de l'ordre. C'est surprendre, mais pas à tous les coups. Ce n'est pas créé par principe un écart esthétique. Ce n'est pas systématiquement accomplir un prodige stylistique.

Ce qui me met à l'écart de mes contemporains, c'est certes que je ne suis pas formaliste, mais c'est surtout que je suis indiscipliné. Je ne suis pas littéraire, je ne suis pas philosophe, je ne suis pas musicien, je ne suis pas théologien, je suis tout ça à la fois et je ne suis rien de tout cela.

L'éveil suppose certes le décloisonnement comme me l'a dit Jean-Paul bourre, mais elle suppose aussi un foisonnement bien cloisonné.

mercredi 11 décembre 2019

Édouard Philippe et la retraite des mentors

Allez, y a pas de raison. La presse étant un grand bazar, j'ai bien le droit de faire mon politologue de bazar.

Je ne sais pas si Édouard Philippe a annoncé ce jour une révolution dans le système des retraites. (En langage macronien, on appelle ça une "refondation" ou plus modestement une "transformation".) Mais le premier ministre a pris date. Il a glissé plein de peaux de banane sous les pieds de son supérieur hiérarchique.

D'abord il a fait un discours clair et complet (d'après les économistes) là où Macron ne sait pas être concis et noie le poisson aussitôt qu'il prend la parole.

Et puis il s'est situé dans la continuité historique. Il a placé sa réforme dans l'esprit du Conseil national de la Résistance (CNR) -même si "la retraite des vieux" a été inventée par le maréchal Pétain, son gouvernement et sa synarchie-. Philippe (Édouard) s'est revendiqué du général de Gaulle, de Georges Pompidou et de Michel Rocard. Il a donc fait le contraire de Macron, qui ne cesse de se poser en opposition à ses prédécesseurs, les "rois fainéants" comme il les appelle, et ambitionne de refonder l'histoire ou de réinventer l'eau chaude.

Il s'est aussi posé en réconciliateur. Là où Macron récuse les corps intermédiaires, Philippe parle devant le CESE (Conseil écoonomique, social et environnemental), cette chambre consultative des corps intermédiaires, et il confie la valeur du point (de retraite) à la négociation des "partenaires sociaux". Il assure qu'une règle d'or sera fixée par la loi, au terme de laquelle on ne pourra dévaluer le point en fonction de la conjoncture. Bien sûr les syndicats ne représentent plus rien, mais c'est respecter la continuité sociale que de reconnaître un rôle aux partenaires sociaux.

Édouard Philippe va plus loin dans l'opposition au président de la République. En bon irresponsable, Macron voulait que "le nouveau système" entre en vigueur en 2025, après son quinquennat. Le premier ministre fait savoir qu'il a "proposé au président de la République" de le lancer en janvier 2022. Il en espère un double effet: à la fois prouver qu'il va plus vite que Macron; et puis, comme la nouvelle gouvernance essuiera les plâtres la séparant de la prochaine élection présidentielle, Philippe dira que l'impréparation et les premiers mécontentements sont la faute à Macron...

Aujourd'hui a vu Édouard Philippe s'émanciper de ses deux mentors, Juppé et Macron. Clair comme celui-ci est obscur et respectueux comme tous les deux sont arogants, il fait voir que l'intelligent de l'exécutif n'est pas celui que l'on croit. Juppé était "droit dans ses bottes". Le premier ministre qui a grandi à son école et l'appelait "chef" ne se montre ni cassant ni distant. Il se veut aussi proche des Français et des corps intermédiaires que ses deux mentors se sont montrés méprisants et lointains.

Édouard Philippe a réussi son "grand oral". Il a sonné la retraite des mentors.

lundi 18 novembre 2019

L'inintelligence de Macron, complice de la banalisation du nazisme?

Non seulement Macron manque d'émotion, mais, comme le disait Malraux à propos du baron de Clapique, il manque de réalité. Il voudrait stupéfier, alors il recourt, au figuré comme au propre se murmure-t-il, à des stupéfiants et à des masques de mauvais acteur enseigné non au conservatoire, mais à la Providence d'Amiens, par une professeur prête à tomber sous le charme. Macron vit le drame de l'enfant qu'on a trop persuadé qu'il était un enfant prodige.

Car enfin cela a été dit et bien dit par presque tous les commentateurs (du billet de Philippe Bilger sur "Macron, trop intelligent pour être un grand président?"), la question n'est pas tant de s'inquiéter de l'intelligence d'un homme que de son genre d'intelligence.

Macron a de la mémoire, je doute plus de ses capacités d'analyse. Son verbe, sujet à bien des bourdes et approximations, est rien moins qu'étincelant. La preuve, c'est que n'arrivant pas à disposer ses mots et par suite à les trouver, il donne dans la mauvaise néologie, avec des verbes improbables comme "impuissanter" ou des adjectifs insoutenables comme "invectifs": les Français seraient trop invectifs à son endroit, se plaint-il.

La mémoire de Macron: pendant le Grand Monologue, il récitait à merveille tous ses cours de géographie. Son analyse déficiente: il empilait des récitations de leçons différentes, la leçon étant une lecture et la lecture une logique, pour dire qu'on allait tout faire à la fois encore plus qu'en même temps. Or on ne peut pas empiler des logiques qui s'annulent et s'opposent diamétralemment. On peut enfreindre le principe de non contradiction logique pour composer un paradoxe, c'est séduisant sur le plan intellectuel. Mais ce qui en résulte de l'infraction dans l'action est une incohérence, inévitable, mais déplaisante et souvent désastreuse sur le plan moral.

Qu'Est-ce qui devrait découler d'une bonne mémoire et d'une analyse adéquate? Une capacité d'adaptation, nous dit un commentateur, une "créativité" dans la solution, nous dit un autre. Macron ne fait preuve ni d'adaptabilité ni de créativité. Tout en injonctions paradoxales, Macron n'annonce un "nouveau monde" que pour perpétuer le monde ancien. Il ne veut pas se rendre compte qu'on a quitté le monde d'après-guerre et changé de monde pour, d'une certaine façon, revenir au monde ancien ou traditionnel des escalades conflictuelles toujours possibles du fait des relations diplomatiques bilatérales. Il ne s'en rend compte que lorsque ce changement s'effectue à ses dépens (cf. sa soudaine défiance vis-à-vis de l'OTAN et peut-être de l'Europe qui ne lui fait plus les yeux doux.) Or un président, un dirigeant, un gouvernant doit être une vigie (gouverner, c'est prévoir), dotée du ministère de la parole, qui sait expliquer en son temps l'aspect présentable des changements du monde. Macron n'est pas ce "pédagogue" pour "enfants démocratiques", clin d'œil à Lucile! Faute d'explication, il nous fait courir un grand danger.

Je n'hésite pas à le dire et cela me saute dans l'esprit et cette formule depuis ce soir: faute d'avouer que nous sommes sortis du monde d'après-guerre, nous sommes à nouveau menacés par la banalisation du nazisme. Nous devions nous convaincre de la "banalité du mal" sans banaliser le nazisme. "La religion de la shoah" à raison de trois films par semaine sur Hitler ou sur les camps, conjuguée à la non reconnaissance que la Shoah était messianiquement le Golgotha du monde configurée à la Passion du christ, et que Dieu avait certes quelque chose à dire après Auschwitz, risque d'avoir le même effet sur nous que 70 ans de communisme dont on sort tout soudain, sans que nul n'ait vu poindre et venir qu'on pouvait en sortir, que le communisme n'était pas irréversible. Je suis de ceux qui l'avaient vu venir, tellement que, l'année de mon bac, en 1990, j'avais voulu faire un voyage en russie avant que le communisme ne s'effondre. D'où la gravité que je mets dans cet avertissement de la banalisation du nazisme (je croispeser mes mots), qui n'a rien de commun avec le point Godwin ou la réductio ad Hitlerum, banalisation qui pourrait résulter du refus de reconnaître qu'on est sorti du monde d'après-guerre et qu'il faut s'y adapter.

Demande-t-on des preuves de la banalisation du nazisme? Soral, dont nul ne peut contester la pertinence de la rhétorique, et qui fait mouche, alors qu'on n'aurait pas souffert de l'écouter, même sous le manteau, il y a vingt ans. Ou encore les fréquentations de Marine Le Pen, actuellement jugées au tribunal, et qui appartiennent non à la fachosphère comme on le dit vainement dans les médias qui s'en désolent pour leurs recettes publicitaires, mais bien à la nazisphère, aux nostalgiques d'Hitler.

Cela n'a rien à voir avec Macron, pensez-vous? Si, car il n'avertit pas le peuple qui le sait qu'on est sorti du monde d'après-guerre. Il n'en tire pas les conséquences. Où l'on voit en outre que Macron, pour redescendre d'un degré dans la gravité, est frappé à la tête et n'a pas l'intelligence du cœur.

dimanche 17 novembre 2019

Macron est un grand enfant pas très intelligent

"Il [Emmanuel Macron] n'a pas une piètre opinion de lui-même, mais prend-il la France au sérieux?" (Philippe Bilger sur son blog:

https://www.philippebilger.com/blog/2019/11/emmanuel-macron-trop-intelligent-pour-%C3%AAtre-un-grand-pr%C3%A9sident-.html

) Puisque la réponse est non, tout est dit.

L'intelligence de Macron, c'est d'égarer par la double pensée, de pratiquer en permanence le gouvernement de l'injonction paradoxale et de masquer sous un vernis de bienveillance que l'humanisme dont il se réclame a choisi les algorithmes et les robots contre la france et les Français, qui sont les hommes et femmes de France.

Après le "roi philosophe" de Platon, essayé par les communistes (ou "les intellectuels au pouvoir" selon Thierry Wolton, une autre application manquée de "la Répubique" de Platon étant les Pasdarans ou gardiens de la révolution de la République islamique d'Iran. Décidément, les philosophes sont un peu foutraques), la philosophie teste sur nous un nouveau paradigme de philosophie politique: le banquier philosophe,faux populiste et vrai mammonien, faux politique et vrai financier ne travaillant pas pour l'intérêt général, mais pour celui de sa classe et de sa caste.

L'intelligence de Macron est surcotée, cela fait partie de l'équation des post-humanistes qui ont mis ce président en orbite pour faire de la France, pays portant le nom d'un peuple libre et franc, une "start-up nation" asservie aux profits et au machinisme, à l'intelligence artificielle, à la robotisation, à la mobilité des hommes au service de la rente et de l'investissement capitaliste.

Macron espère en tirer un bénéfice financier dont il ne pourra pas jouir, puisque jouir de la richesse, c'est en profiter avec un groupe, avec un milieu certes choisi, non de robots, mais d'humains. Or Macron n'a pas d'amis, sauf si l'on admet la thèse d'Olivier Piaccentini que Macron a vécu de secrets de famille suffisamment puissants pour détruire une psychologie, en sorte qu'adopté par la finance, il a trouvé dans la finance une famille de substitution. Il aurait donc un milieu avec qui jouir de soi. Car voilà l'autre clé: Macron jouit avec lui-même des rétrocommissions qu'il espère toucher de sa vente à la découpe de la France.

Jouir de soi. Le dernier avatar absurde de cette politique inhumaine est international. Macron l'internationaliste n'aime plus les organisations internationales. Il constate "la mort cérébrale" de l'OTAN, après Trump qui s'offusque du constat de Macron, bien qu'ayant lui-même théorisée la fin de l'OTAN. Pour un peu, Macron le boudeur discréditerait aussi l'Union Européenne, puisqu'elle ne veut pas qu'il jette son dévolu sur elle et lui a refusé le hochet qu'il voulait mettre sous la surveillance de Sylvie Goulard. Peu s''en faut en effet que Macron, puisqu'il n'en jouit plus, puisqu'elle ne le reconnaît plus, ajoute "notre europe" qui a démérité aux organisations internationales qui ne serviraient plus à rien.

Macron est un grand enfant comme Trump est un vieil enfant. Malheur à la ville et au monde dont les princes sont des enfants!

vendredi 15 novembre 2019

Les magistrats démissionnaires

Article publié en pied de page de ce billet de Philippe Bilger:

https://www.philippebilger.com/blog/2019/11/juger-nest-pas-un-crime-.html

et reproduit ici:

@Julien Weinzaepflen, "Juger, c'est se poser en unité de perfection." Ou mieux, n'Est-ce pas, @Aliocha? C'est tendre vers la perfection ("soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait!") du Père-Créateur qui ne juge pas ce qu'Il a créé, le trouvant bon puisqu'émanant de Lui.

Qui ne juge plus ou qui, dans son jugement, distingue les criminels de leurs crimes, les pécheurs de leurs actes? C'est assez bizantin, comme dit @Marc Ghinsberg.

Soyez moins girardien, Aliocha. "La rivalité mimétique", en français boileausien et carthésien, ça s'appelle l'envie, et l'envie est une catégorie de la jalousie, comme la mimèsis est une catégorie du rapport de forces, tout comme le jeu de rôles aussi, et la conscience de rôle.

Si l'on peut juger le crime à défaut du criminel, il n'y a plus de victime innocente, c'est-à-dire que si la victime unanimement rejetée et black-boulée a commis un crime, ce bouc émissaire victimisé du crime de l'humanité n'est pas innocent de ce crime.

Arrêtez de faire comme si Proust était girardien. Les Verdurin avec leur "petit noyau" imitent peut-être les Guermante, et Saint-Loup incarne ce Jockey club où une aristocratie déchue de ses titres a épousé des femmes issues de dynasties juives qui avaient une légitimité à se faire par-dessus des siècles de persécution, votre Proust ne sera jamais qu'un grand illustrateur des thèse de Baud de Lomény sur les dynasties bourgeoises.

Qu'avez-vous contre Nietzsche, Aliocha? Nietzsche ne fait que dire une chose: c'est que la justice est née de l'ambition ressentimentale de réparer ce dont les faibles ne pouvaient se venger du fait de leur faiblesse. (Cf. la Révolution comme "machine ressentimenteuse", sous la plume de Michel Onfray dans "Décadence".) Selon Nietzsche, la justice est née du ressentiment de la vengeance présumée réparatrice du vengeur impuissant. Et pourtant je ne sais d'ouvrage plus ignoble que celui qu'ont commis en commun Me Daniel Soulez-Larivière et Caroline Eliacheff expliquant que la justice ne saurait être rendue au nom des victimes.

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Car vous avez raison, @Philippe Bilger. La magistrature ne veut plus savoir ce qu'elle doit à la société. Or la magistrature doit moins protéger la société -et moins encore la protéger contre ses démons- qu'elle ne doit rendre la justice au nom de la société, victime des délinquants, ses prévaricateurs. La magistrature ne doit pas davantage, sous prétexte de s'exercer au nom de la société, donc au nom des victimes, usurper en son nom contre le droit à la vie, et prétendre à un droit qu'elle n'a pas, comme la peine de mort. Car la vie que la société n'a pas donée, elle ne peut pas la reprendre. C'est par un abus de pouvoir que le pater familias avait droit de vie et de mort sur sa progéniture.

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Vous faites bien, @Noblejoué, de dire que les juges veulent être aimés jugeant et que, ne l'étant pas, ils démissionnent. Ils font comme tout le monde, et surtout comme tous les apprentis tertiaires que qualifie l'Education nationale au titre dechevaliers bacheliers.

Il y a trois maux que causerait l'anarchie: nous priver d'infirmières, de police et de justice. Encore que, quand on voit, outre les badauds spectateurs de tous les accidents, comment se porte spontanément au secours des blessés toute une part instinctive de l'humanité compatissante, on a peu à craindre pour le système de santé en régime d'anarchie. Quant à la police, ceux qui voudraient prendre le pouvoir ne seraient plus couverts par l'absence de celui-ci. Et les juges, ils seraient pareils aux nôtres, des reflets du consensus. Car la démocratie a oublié qu'elle n'était pas le consensus artificiel d'une volonté générale introuvable. Cela, c'est la version molle de l'anarchie que Rousseau n'a su ou n'a osé penser. La démocratie, c'est le clivage.

Robert Marchenoir n'aime pas l'étudiant retriplant qui s'immole comme en Tunisie. Y aurait-il une propension des Arabes à vouloir mourir par le feu de leurs propres mains? Nous comptons 2 millions d'étudiants en France, c'est beaucoup trop. Cela est dû à la crise de l'orientation et de la transmission qui ne veut promouvoir qu'un seul genre d'intelligence. LamèreMichu-Le Pena beau jeu de fustiger une immigration sans laquelle il n'y aurait plus ni médecins ni manœuvres. Lisez sur le blog de @Patrice Charoulet les aventures d'un "vieillard" de 74 ans qui cherche un médecin traitant!

"La montagne" (de Robespierre et de Jean Ferrat) a voulu que les jeunes "soient flics ou fonctionnaires, "De quoi attendre sans s'en faire Que l'heure de la retraite sonne", dans "le formica et le ciné". Si ce n'était que ça! Les désorientés qui finissent par obtenir des diplômes de serviteurs du bien commun démissionnent de la fonction publique comme de la fonction de professeur, car ils n'ont pas assez de présence de scène, ou de celle de magistrat, car ils ont peur d'avoir "broyé" des individus, sinon de les avoir tués, comme de vulgaires politiques ou écrivains, qui ne "sortent pas du rang des criminels" comme le disait Deleuze (ceux qui ont voulu réhabiliter Brazillach se sont entichés d'une bien mauvaise cause,car on est responsable de ce qu'on écrit). Les écrivains y entrent. Ils ont peur de "compter les morts" après "Le travail intellectuel" prôné par Jean Guitton, qui dispose qu'il faut "décider dans le doute et agir dans la foi".

La société des friandises fait des chamalos qui y vont mollo! Elle fait des infra-individualistes qui démissionnent à tous les étages et à tout bout de champ, quand ils se donnent seulement la peine d'entrer dans la carrière, comme ce ne fut pas mon cas.

Au fait, que la démocratie, fût-elle contractuelle, créée l'égalité devant la justice avant l'égalité devant la loi! Qu'en pensez-vous, Monsieur Bilger?

vendredi 8 novembre 2019

Le Pen entre chien et loup

Trois propos de Le Pen(+un codiscile) commentant ce jour la parution du second tome de ses mémoires sur "Radio Courtoisie", une radiotout acquise à ses thèses? Le type est odieux et génial, génial et odieux. Et en même temps...

1. "La drogue n'est pas le problème des banlieues, elle est la solution que les pouvoirs publics ont trouvée pour garantir un minimum de paix civile." Bien vu.

2. "Je ne veux pas donner de conseils aux terroristes, mais si j'en étais un, je déposerais cinq tonnes d'explosif à un endroit et pfff! Mille morts!"

Les terroristes, des petits joueurs? Et Le Pen, une saleté de conseilleur? Pas plus, à la réflexion, que les média qui font du spectacle avec les attentats ou que George W. Bush qui redoutait qu'on lui envoie de l'Entraxe et décréta une guerre mondiale contre le terrorisme.

3. "Au soir de ma vie, il y a un phénomène que je redoute, c'est la démographie qui, compte tenu de l'atonie reproductive de l'Occident efféminé et décadent, rend inéluctable "le grand remplacement" par la submersion migratoire."

Tu ne pouvais pas t'en aviser avant, Jean-Marie-Marie ("chéri chéri comme disait Alice Sapritch)? Mieux, l'histoire étant ce qu'elle est et se déroulantcomme elle veut, tu aurais pu penser comme moi que, quoi qu'il en résulte pour l'identité des nations et quelque crise de conscience identitaire que cela déclenche, l'immigration est un phénomène providentiel. Mais l'ancien partisan de l'Algérie française que tu es voulait bien intégrer l'Algérie à la France pourvu que celle-ci domine celle-là. Il n'a plus aimé les Arabes du jour où ils sont devenus indépendants, et il a regretté ce discours qui dépotait.

Surtout (codiscile) que tu dis en pincer pour la Providence. Comme Hitler, note bien, qu'on accusait de paganisme ou de magie noire, mais je ne voudrais pas pratiquer envers toi la réductio ad Hitlerum. Seulement il est curieux que tu te prononces de manière aussi définitive sur la liturgie de l'Eglise que tu connais si bien et qui aurait perdu selon toi les fidèles depuis Vatican II, alors que tu connais si mal ta théologie des fins dernières: tu aurais mené ta vie avec assez d'honnêteté pour ne pas mériter d'aller en enfer, conclus-tu. Comme si on méritait le paradis, et que nos mérites et non pas Jésus-Christ nous assuraient le salut!

samedi 2 novembre 2019

Musulmanophobie ou mysislamie?

Dans la matinale de Franceculture, Ghaled Bencheikh, qui dirige la Fondation sur l'islam qui s'est bâtie sous l'égide de Jean-Pierre Chevènement, explique que, pour lutter contre les débats malsains à l'œuvre dans notre pays, il faut:

-un versant culturel: enseigner l'islamologie à l'université. D'accord, dès lors que l'islamologie se distingue de la théologie islamique. On enseigne bien la Bible et on n'enseigne la théologie chrétienne qu'à l'Université de Strasbourg en raison des dispositions concordataires. Pour moi, Tarik Ramadan n'est pas un islamologue, mais un théologien islamique, dépravé ou non, peu importe.

Ghaled Bencheikh suggère aussi que l'on enseigne la contribution culturelle de l'islam à la culture européenne. D'accord aussi, si on ne nous oblige pas a priori à apprécier cette contribution.

-Une contribution au débat démocratique: Ghaled Bencheikh construit une université populaire itinérante (UPI) qui, ne bénéficiant pas des moyens offerts à l'université populaire de Michel Onfray qui se faisait prêter l'auditorium du mémorial de Caen, circule de ville en ville et organise des débats où tous sont les bienvenus, des mamans voilées aux Français de souche islamophobes.

-Un versant d'éducation populaire, destiné à sortir les jeunes de banlieue de l'alternative mortifère, que lui décrivent les mères de ces banlieues, entre la délinquance et le discours belliqueux des imams autoproclamés. Pour remplir cette mission indispensable à la paix civile, "Nos moyens sont epsilonesques", déplore-t-il. L'État n'a pas son pareil pour pleurer sur "les territoires perdus de la République", pour gaspiller tour à tour l'argent public dans la politique de la ville ou refuser le "plan Borloo" et pour ne rien faire de concret qui sorte de l'abandon les jeunes en danger de radicalisation, sans qu'on dise jamais de radicalisation à quoi, comme si tous ne se radicalisaient pas dans le monde d'après le 11 septembre et les deux guerres du golfe.

Ghaled Bencheikh introduit une distinction entre islamophobie et mysislamie. La néologie est bonne, mais tant qu'on ne m'aura pas infirmé qu'il y a une violence intrinsèque dans la geste islamique, je revendiquerai le droit d'être à la fois islamophobe et mysislamique et de dire, pour plagier Jean-Michel Blanquer, que si l'islam porte en lui un ferment d'arriération sociale, ce qui semble prouvé par la conflictualité des sociétés et de l'aire islamique, l'islam n'est pas l'avenir de la société française. Ghaled Benchekh veut interdire la mysislamie par la loi. Pas question. En revanche, il faut se garder de la musulmanophobie, de la haine des musulmans. Et je ne dirai pas non plus comme l'abbé Pagès avec qui j'ai eu l'occasion de discuter récemment qu'il faut "haïr l'islam".

Cela dit en soulignant que ce docteur d'origine sahoudienne qu'est Ghaled Benchekh et qui dénonce en latin le wahabisme est un intellectuel de très grande qualité, dont les émissions "Culture d'islam" sur "France culture" sont un régal pour l'esprit.

dimanche 27 octobre 2019

"Société de vigilance", islamophobie ou musulmanophobie?

Rien de ce qui est français ne devrait être étranger au président de la République. Mais commençons par dénoncer le cynisme qu'il y eut de sa part, au lendemain de l'attentat de la préfecture de police de Paris, alors que le terroriste était passé sous tous les voyants rouges qui auraient légitimé une inquiétude à son sujet, à prôner une "société de vigilance" et à demander aux citoyens ce que l'État et ses services de renseignement venaient de se révéler incapables de faire. Mais on s'est habitué à ce président dont le discours est l'envers de l'action et dont les mauvaises actions se font sans discours, bref à ce président qui parle pour ne rien dire, pour nous noyer sous ses tartines de paroles, pour faire le contraire de parler, pour ne pas agir, pour gouverner dans la perpétuelle injonction paradoxale, aussi bien entre deux propos qu'entre le dire et le faire, entre le non dit et le non fait, entre le dit et le non fait.

Évidemment, chaque fois que survient un événement traumatique dans le pays, s'agitent ceux que Soral appelle à raison les "nationaux-sionistes", se déchaîne la bande de "Causeur" avec sa "reine Élisabeth" tout entichée de son Finkie, son Zemmour qui s'aveugle dans sa haine au point de se discréditer de l'avis général, son Georges Bensoussan flanqué de sa Barbara Lefèvre qui ne représente qu'elle-même, tous ces gens sans profondeur politique, qui ne parlent de "territoires perdus de la République" qu'en cas de climat ou d'agression antisémite, et qui entretiennent non pas l'islamophobie dont en effet, on devrait pouvoir discuter, car c'est la peur d'une religion, mais la musulmanophobie, cette haine des hommes, contre laquelle essaya de nous prévenir Lionel Jospin en dégainant le premier et en temps opportun, au lendemain du 11 septembre, le fameux "pas d'amalgame", pour ne pas nous exciter les uns contre les autres, et les Français autochtones contre les musulmans à cause de l'attaque islamique du 11 septembre, qui renversa les deux temples du Capital d'un pays qui se croyait invincible.

Qu'Est-ce en effet que l'islamophobie? C'est la peur de la religion islamique, à cause de la violence inscrite dans la geste du prophète de l'islam, et qui se retrouve dans toute l'aire islamique, l'aire la plus conflictuelle au monde.

Mais l'islamophobie n'est pas la musulmanophobie, la peur d'une religion n'est pas la haine des hommes qui la pratiquent, haine qu'attise la bande de "Causeur". L'État impuissant, non content d'assurer l'impunité à la petite délinquance à la faveur de prisons surpeuplées, détourne l'attention de la population de la délinquance des cités qui pourrit son quotidien quand elle vit dans sa promiscuité, ces cités confiées, de guerre lasse, par la police(?) à la régulation des caïds et des imams, donc de cette petite délinquance agressive, sur ce signe vestimentaire inoffensif quoique régressif du point de vue féministe qu'est le voile islamique.

Or celui-ci est bien souvent le signe d'un abandon républicain et d'une "République à l'abandon". Je me souviens d'une remplaçante auxiliaire de vie, voilée des pieds à la tête, musulmane intégriste sous son voile intégral, mais qui fumait du shit, et qui pour rien au monde n'aurait dérogé à sa prière et aux ablutions rituelles par lesquelles elle devait s'y préparer, que j'essayais de convaincre que, si elle faisait passer ses prières avant le travail, elle ne trouverait jamais d'employeur. J'essayais de parler comme un père à cette enfant de la malchance, dont il était visible que ce qu'elle étaitdevenue était le fruit d'un abandon républicain face à sa précarité sociale, et particulièrement d'un abandon de l'école qui ne s'était jamais aperçue des conditions épouvantables de sa vie familiale, et qui lui enseignait la laïcité pour lui laver la tête, et remplir le vide de sa vie par cette coquille vide au contenu négatif, une vie à laquelle cette élève de l'"école de la République" ne trouvait de sens que par la religion.

Tant que la République ne reviendra pas vers tous ses citoyens qu'elle a délaissés, y compris pour les sanctionner si nécessaire, et surtout pour leur parler vrai, elle ne tiendra qu'un discours creux et cynique, destiné à antagoniser la nation, et tout ce qu'elle ne fera pas pour remédier aux maux dont elle chérit les causes ne pourra être pris au sérieux par les gens sérieux. Il faut beaucoup prendre sur soi pour réunir une société multiculturelle. Mais cette République qui flatte le multiculturalisme s'en sert afin de diviser pour régner. Elle devrait se l'interdire dautant plus qu'elle se déclare indivisible.

samedi 12 octobre 2019

Yves Cochet, ou le dernier Hitler écologiste

Et si, malgré les encycliques pontificales qui ne font que montrer que l'Eglise essaie toujours de rester du côté du manche )aujourd'hui le manche est écologique). Et si l'écologie était une inversion idolâtrique invitant les fidèles à baisser les yeux vers la terre-mère qu'il faudrait sauver plutôt que se pencher sur la Création qu'il faudrait sauvegarder ? Une diversion pour nous empêcher de lever les yeux au ciel (Faut-il sauver nos âmes ou la planète ?) L'écologie promotrice d'une apocalypse de poche, nous procure une fin du monde portative, une dévastation prévisible et laïque : la terre sera rendue inhabitable par le réchauffement climatique et la prolifération des êtres humains, au lieu d'être dévastée par un cataclysme d'origine divine. Le monde entier se réunit autour du climat. On se croirait revenu à la royauté primitive à l'échelle mondialiste, où le roi préhistorique pouvait faire (au sens propre, c'était même son boulot de roi), la pluie et le beau temps. Aujourd'hui, les points de "crédit carbone" servent à jouer au casino écologique (à l'heure de la privatisation de "La Française des jeux", la loterie nationale ayant été inventée par Casanova...), comme il y a longtemps que l'économie joue au casino et que qui veut faire bon ménage organise sa succession comme la meilleure des fraudes fiscales quand il a de l'argent... Et pendant ce temps-là, Yves Cochet, l'écologiste prospectif du gouvernement Jospin, le même qui, adjoint de Bertrand Delanoë, prédisait : "En 2003, tout Paris triera" (sélectivement) ses déchets, écrivait-il, dans unepublication municipale ; le même qui, à l'orée des années 2000, prédisait que, à l'horizon de 40 ans, il n'y aurait plus de pétrole (depuis, les Américains ont trouvé leur autonomie en matière d'hydrocarbures grâce aux gaz de chyste), nous promet que, d'ici 2040, ou peut-être 2050 (il ne peut pas se prononcer, au secours ! Nous avons un ancien ministre survivaliste, nous sommes gouvernés par des fous !), l'humanité aura disparu, tellement il fera chaud, et il n'y aura plus qu'un dernier homme, comme dans le roman de Cormac McCarthy, "La route" : https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Route_(roman) Yves Cochet, ancien ministre de l'économie sociale et solidaire sous Lionel Jospin et adjoint au maire de Paris sousBertrand Delanoë, est un survivaliste parigo-rennais et une espèce de Hitler écologiste : Yves Cochet, "Devant l'effondrement, essai de colapsologie", 25 septembre 2019, Les Liens qui libèrent. Pour entendre une interview de l'auteur qui fait froid dans le dos, attendre que LCI publie celle de samedi, mais pour s'en donner une diée : : https://www.youtube.com › watch

vendredi 4 octobre 2019

Le Harpon de Zemmour

Sur ce blog (celui de Philippe Bilger), j'ai cédé à un réflexe pavlovien, sauter sur une phrase de Zemmour sur "l'extermination de l'homme blanc, catholique, hétérosexuel", phrase très maladroite car on ne peut pas mettre sur le même plan un massacre physique et une extermination mentale, pour condamner en bloc tout son discours à la "convention de la droite",sans l'avoir écouté, lu, analysé. C'est aujourd'hui chose faite et force m'est de reconnaître, sans faire entièrement amende honorable, car sa troisième partie, où il prêche les "jeunes Français" de "combattre" pour "ne pas [mériter leur] colonisation" est purement haineuse, que ce discours est intéressant.

L'exorde est plein d'ironie et procède par une sorte d'antiphrase filée, où Zemmour adopte le point de vue contraire à celui qu'il va exprimer dans la suite de son propos. Je n'ai pas complètement intégré l'analyse que Zemmour fait du progressisme, je ne peux donc pas la discuter. Mais je salue l'effort qu'il fait pour tenter d'en donner une définition. Quand je l'aurai mieux pénétrée, je la commenterai au besoin.

Le cœur du discours, sa deuxième partie, analyse lerapport de trois forces en présence: les progressistes (au rang desquels sont inclu.se.s les féministes, premières amazones de bataille de Zemmour), les islamistes et l'homme occidental au profil traditionnel. L'islam est la diabolique surprise du progressiste laïque. Mais l'ennemi héréditaire de son anticléricalisme reste l'homme occidental traditionnel. Les féministes voient en lui le continuateur du patriarcat auquel elles veulent mettre fin. Le traditionaliste étant identitaire se déclare l'ennemi des islamistes, qui veulent le détruire. Progressistes et islamistes commenceront donc par s'allier contre lui, car ce croisé identitaire et conservateur est leur ennemi héréditaire à tous les deux, avant de s'entredéchirer.

La perspective n'est guère réjouissante, mais le tableau vaut d'être pesé et étudié. Et cette étude prend un relief particulier au lendemain de l'attentat islamiste à la préfecture de police de Paris.

Les progressistes nous ont rejoué leur partition habituelle. Ils ont commencé par dire que ce geste était le fait d'un déséquilibré qui s'était fraîchement converti à l'islam, mais dont l'islam n'était pas un élément moteur et n'était qu'un élément accidentel de sa démence. Ils devront bientôt faire machine arrière en apprenant que le terroriste avait légitimé l'attentat de "Charlie". L'apologie du terrorisme a donc précédé chez lui la conversion à l'islam, à un islam radical et des banlieues radicalisées, conversion qui procédait de la même démarche intellectuelle que l'approbation de l'attentat contre "Charlie". C'est très cohérent pour un dément.

Si les progressistes tenaient à se montrer rassurants en expliquant que l'islam n'était qu'un élément marginal dans le déséquilibre de Mickael Harpon, ils occultaient soigneusement que cette religion est le point commun de presque tous, sinon de tous les attentats commis en France depuis celui de la rue Copernic, soit depuis plus de 40 ans. Et à cela il y a une raison: c'est que l'islam est intrinsèquement guerrier, je veux dire qu'il repose sur la Révélation et sur la geste prophétique d'un héros fauteur de guerre, guerrier sage peut-être, mais guerrier. L'islam est intrinsèquement guerrier, contrairement au christianisme. La chrétienté a atrocement guerroyé, mais en cela, elle se montrait déviante par rapport au Christ, qui n'a jamais perpétré aucun acte de guerre. Le Christ a seulement prononcé cette parole énigmatique: "Je ne suis pas venu apporter la paix sur la terre, mais l'épée", sachant qu'il ajoutait dans la tourmente de Sa Passion, après avoir enjoint Ses disciples que quiconque n'avait pas d'épée devait aller s'en acheter une. Puis le calme étant revenu: "Rengainez vos épées", dit le Christ tiré d'angoisse et désormais plein d'assurance. (Il guérit l'oreille du serviteur du grand prêtre.) Car quiconque combattrapar l'épée périra par l'épée." L'épée qu'Il est venu aporter est une épée métaphorique, c'est l'épée de sa Parole, "tranchante jusqu'aux jointures de l'âme et de l'esprit."

Je suis résiduellement islamophobe, mais absolument pas anti-musulman. Je suis favorable au dialogue avec les musulmans, y compris à"coexister", "vivre ensemble" et "être ensemble pour prier". Mais pas de dialogue sans vérité. Et au nom de la vérité, un chrétien doit notifier aux musulmans que l'islam est intrinsèquement guerrier, contrairement au christianisme, dont la guerre est un dévoiement.

mercredi 2 octobre 2019

Ce gouvernement et le Tchernobil rouennais

"La société instaure comme une règle la présomption de défiance à l'égard de l'Etat, l'obligation de méfiance à l'égard du président comme du gouvernement." (Philippe Bilger)

https://www.philippebilger.com/blog/2019/10/lubrizol-on-nous-cache-tout-on-nous-dit-rien-.html

Plus précisément à l'égard de ce président, de cet État et de ce gouvernement, dont je ne sais plus quel éditorialiste disait à raison qu'à propos de ce "Tchernobil rouennais", il pratiquait une "communication d'un autre âge".

Comment ne pas être méfiant à l'encontre d'une Agnès Buzyn qui, dès qu'elle est entrée en responsabilité, a commencé par nier les symptômes décrits par les malades de la thiroïde depuis la nouvelle formule du Levothyrox, puis a nié le malaise des urgences, et, quand elle fut dépéchée à Rouen, a expliqué que les hydrocarbures n'étaient pas toxiques à condition de se laver les mains. C'était une manière de dire: "Le Tchernobil rouennais, je m'en lave les mains, vous n'avez qu'à en faire autant avec une solution hydro-alcoolique produite par je ne sais quelle autre usine Seveso de mes amis acctionnaires de Big pharma, et vous ne viendrez plus me casser les pieds avec le nuage rouennais, vos petites mauvaises odeurs, vos dépôts de phénol et votre eau noire."

C'est vrai, quoi! Arrêtez d'emmerder la ministre de la santé! On n'est plus sous Pompidou qui tempêtait: "Arrêtez d'emmerder les Français!" On n'est plus dans la France de De Gaulle qui suppliait les Rosbifs de ne pas entrer dans l'Europe, on est dans la France du Brexit qui les supplie de ne pas en sortir!

Ce gouvernement d'amateuristes pratique une "communication d'un autre âge"façon: "Le nuage de Tchernobil s'est arrêté à la frontière allemande" ou "notre maison brûle et nous regardons ailleurs", communication dont le premier mot est la négation a priori de ce que ressentent les gens. "En France,il n'y a pas d'insécurité, il existe un sentiment d'insécurité." Négation a priori du sentiment général, puis dénonciation du complotisme. On joue sur le fait que le sentiment d'un complot contre soi est une composante majeure du délire paranoïaque pour assimiler toute demande d'enquête à du "complotisme", néologisme forgé pour les besoins de la contre-propagande, en éliminant la frontière entre la nécessité ponctuelle d'une enquête pour interpréter un événement et le sentiment permanent du complot. Le complotisme pathologique est pourtant facile à déceler. Ce n'est pas l'enquête systématique faite par un esprit en éveil qui pense que l'enquête en démocratie (et non pas "L'enquête sur la monarchie!") fait partie de l'information. Le complotisme pathologique est l'affirmation a priori que tout est complot et la préférence systématique pour le complot comme conclusion espérée de l'enquête.

Le complotisme une fois diagnostiqué chez qui réclame une enquête comme nécessaire à l'information en démocratie, régime qui ne subsiste qu'en lien avec la vérité, les gouvernements "libéraux", dont il est intolérable qu'ils puissent "tolérer un tel scandale" que "c'était un soir, messieurs, mesdames, Où la télé était en panne" (Pierre Perret), nous servent une propagande qui présume une version systématiquement optimiste de l'événement court termiste ("tout va bien, on s'occupe de tout", à quoi s'oppose le "on nous cache tout, on nou dit rien" populaire), et une version systématiquement catastrophiste à long terme: "Nous vous promettons une apocalypse écologique et réchauffiste, mais pas pour tout de suite, pour demain, pour les générations futures. Le malheur, c'est toujours pour demain. Ça ira moins bien demain, mais ne dites surtout pas que c'était mieux avant." La contre-propagande, optimiste sur le temps court et médiatique, et pessimiste sur le temps long, cette éternité sans délices où il n'y aura plus de planète à sauver, avance à coups de "faits" et de sentiments "alternatifs". Si vous osez nier ces faits, ces sentiments alternatives et ces conclusions optimistes a priori, vous n'êtes pas dans l'enquête, vous êtes révisionniste, négationniste, complotiste. Vous n'êtes pas dans le doute carthésien, vous émettez un "fake", vous colportez des rumeurs non vérifiées, des ragots diffamatoires, des "fake news". Et comptez bien que si vous révoquez quelque chose en doute, on ne vous passera plus au détecteur de mensonge, on ne vous injectera plus du sérum de vérité, mais on vous soumettra au fake checking.

Au fait, que devient la question interdite sur une catastrophe toute récente, l'incendie de Notre-Dame? Accident ou attentat? On l'a recouverte d'une chape de plomb qui fait que nous l'avons collectivement oubliée, et chacun sait que "les Français ont la mémoire courte". Le complotiste, niant systématiquement la version officielle, voudrait que l'incendie de Notre-Dame résulte d'un attentat. Pas moi. Mais je veux, sans qu'on me traite de tou, qu'on me laisse me poser la question et qu'on ne la ferme aux êtres modérément soupçonneux, bénéficiant d'une solide information générale, que le jour où toutes les preuves seront apportées des raisons de cet incendie. Est-ce le cas aujourd'hui? Non. Donc "au fait!" devrait être la devise de l'information comme "au voleur!" est la devise de l'avarice.