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lundi 20 juin 2016

Michel wieviorka, la violence et le langage

J'écoute toujours Michel Wieviorka avec une certaine perplexité. J'ai systématiquement l'impression qu'il n'a rien à dire, et je suis toujours étonné quand il finit par dire quelque chose. Aujourd'hui n'a pas fait exception. Il était invité sur "France culture" à parler de la violence en compagnie d'Hélène Loeillet. Quand il prétendit tenir un "raisonnement compliqué", il se contenta de dire que la répression de la violence ne suffit pas à lutter contre la violence. Il faut lutter contre elle en ne se contentant pas de dénoncer la violence des autres, mais en travaillant sur la violence latente en soi-même. En somme, rien que de très banal, surtout que Michel wieviorka ajoutait qu'il ne s'agissait pas de s'autoflageller, mais qu'il fallait comprendre un phénomène comme le terrorisme en relation avec l'histoire au long cours du conflit entre islam et Occident. Non, M. Wievorka ! Avant tout, il faut avoir le courage de dire que, bien que concernant plus d'un milliard d'hommes et que de ce fait, l'islam soit une religion respectable (et en tout cas tous les musulmans le sont), il est structurellement terroriste et ceci depuis la révélation mahométane, au travers des razzias et du renversement des pouvoirs médinois et meckois. Jusque là donc, Michel wievorka n'avait rien dit. Mais de remarque en remarque dans ce qui pouvait passer pour un enfilage de perles radiophoniques, il a fini par rappeler et révéler quelques (petites) choses. Combien au total ?Quatre ou cinq. Je Je diraistrois. La première a été rappelée par sa partenaire d'antenne Hélène Leillet. "La violence est un phénomène humain". Cela semble une banalité, mais on a tendance à l'oublier. La violence n'est pas inhumaine. Elle traverse chacun de nous. Il faudrait s'interroger sur la raison pour laquelle nous réputons "humain" ce qui se rapporte à la bonté, comme si l'homme était naturellement bon. Jésus répond à Jean-Jacques et le christ à Rousseau : "Dieu seul est bon". "Qui veut faire l'ange fait la bête". Il faut terrasser la bête en la débusquant dans la seule personne sur qui l'on ait, pas tout à fait les pleins pouvoirs, mais au moins un pouvoir relatif, c'est-à-dire soi-même. Ce matin, j'ai fait à Dieu cette prière que je partage : "Seigneur, que plus jamais, je ne parle mal à ni d'un être humain ! Que plus jamais je ne le diminue en lui parlant ou en parlant de Lui !" Dieu peit-t-il m'entendre ? Humainement, c'est impossible, mais je veux y croire. Redonnons la parole à Michel Wievorka pour la deuxième chose qui a été dite par son truchement ! Je le cite presque textuellement : "Si la montée de l'extrême droite est un échec, la violence nous guette." Vous avez bien lu et si vous êtes saisis comme moi, vous n'êtes pas loin de réagir comme caroline brouet, la puissance invitante du sociologue et de la philosophe qui lui a dit : "C'est dangereux, ce que vous dites." Que disait-il ? Il ne souhaitait pas l'accès au pouvoir de l'extrême droite, mais il redoutait le moment où elle cesserait de monter. Il redoutait qu'elle atteigne son étiage ou son plafond de verre. L'extrême droite canalise la violence de ses solutions oratoires par le langage. Mais elle diffuse un discours violent. En écoutant Michel wievorka, les complotistes n'avaient plus qu'à donner libre cours à leur scénario paranoïaque. Il ne fallait pas que la montée de l'extrême droite soit un échec. Il ne fallait pas qu'elle cesse. Il fallait l'entretenir. "Le système" a son épouvantail et il faut qu'il le garde. D'un point de vue girardien, cet épouvantail est paroxistique. C'est un bouc émissaire choisi parce que sa raison d'être est de désigner des boucs émissaires. "Pas de liberté pour les ennemis de la liberté", et faisons un bouc émissaire de celui qui désigne des boucs émissaires . L'extrême droite désigne des boucs émissaires et porte des solutions politiques violentes, mais elle est dans le langage. La violence s'exprime quand le langage échoue. L'idée n'est pas nouvelle. Mais Michel Wieviorka va la préciser. Cet ancien marxiste léniniste resté de gauche et n'aimant pas les gauchistes (pourquoi les intellectuels qui ont de l'audience sont-ils tous des extrémistes repentis ?) avait étudié les terroristes italiens. Plus il perpétraient d'attentats, plus ils parlaient, mais c'était une logorhée, qui perdait même quelqu'un qui connaissait bien la dialectique marxiste. "Ils parlaient, conclut le sociologue, mais ils ne communiquaient pas." Communiquer, c'est faire écho. C'est mettre en œuvre les fonctions du langage, grâce auxquelles on trouve un interlocuteur. L'hermétisme n'est valable qu'en poésie, il n'est pas fait pour la politique. Pour faire société, il faut se comprendre. Michel Wievorka voulait réfléchir au terrorisme en le rattachant aux relations tumultueuses entre islam et Occident. Il en évoqua pourtant une figure bien française en s'inquiétant du regain d'intérêt pour Robespierre, dont certains se proposent d'attribuer un nom de rue, et qui est une figure tutélaire d'un homme comme Jean-Luc Mléanchon. Évoquer notre violence n'est pas établir des relations oiseuses amenant à conclure que l'islam est le vivier du terrorisme contemporain parce que nous fûmes d'affreux colonisateurs qui n'ont pas bien décolonisé. Après "les indépendances", les pays qui les ont obtenues sont seuls responsables de ne pas les avoir construites. Nous ne sommes pas coupables des coups que nous recevons. Robespierre est au terrorisme français ce que le prophète Mohamed, encore une fois malheureusement, est au terrorisme islamique. C'est une figure légendaire. Je ne connais pas assez l'histoire de la révolution pour savoir pourquoi Robespierre a cristallisé la Terreur. Michel Wieviorka s'est trompé en croyant qu'on le surnommait "l'irréductible". Le vrai qualificatif dont on l'affublait était "l'incorruptible". Robespierre devint terroriste parce qu'il ne supportait pas la corruption. Il crut pouvoir améliorer l'homme en faisant l'ange. Il crut l'établir dans le domaine divin en le sortant de la corruption. L'homme peut s'améliorer, mais il ne peut faire que l'usure ou l'érosion n'existent pas. L'évolutionnisme est une hypothèse dangereuse parce que c'est une histoire de l'amélioration de l'espèce qui fait fi de l'érosion, de la corruption, de l'usure et de la mort. La mort est le grand impensé de l'évolutionnisme. L'homme se suicide en voulant devenir immortel. C'est pourquoi le transhumanisme est une véritable impasse, contrairement au clonage qui l'a préfiguré et contre lequel on a trop alerté, alors qu'eût-il été scientifiquement réalisable, il n'aurait jamais atteint son but, qui était de répliquer un homme. Un homme n'est pas réplicable parce qu'aurait-il les mêmes gènes qu'un autre, il n'aurait pas la même histoire. Robespierre est au terrorisme français ce que Mohamed est au terrorisme islamique. Ils en sont les racines. Je reviendrai sur cette notion de racines. Le point commun de ces "cœurs purs" et prophètes politiques est d'être trop vertueux pour souffrir la médiocrité. Mais des sociétés d'où l'on chasse la médiocrité sont sans dérivatif. Ce qui fragilise les sociétés musulmanes, c'est précisément d'être trop harmonieuses, vertueuses et bien réglées. Que survienne la moindre entorse à l'harmonie et c'est la guerre ! La guerre est un dérivatif. Robespierre a eu une belle postérité intellectuelle. Sartre ne prônait-il pas l'hyperviolence ? Jean Sévilla a eu raison de dénoncer cette dérive de sa pensée dans LE TERRORISME INTELLECTUEL. Sartre se percevait lui-même comme un "intellectuel petit bourgeois" et crut assurer son succès en prônant la violence quand il ne fut plus en mesure de la commettre. La Résistance de Sartre a beaucoup fait jaser ! Le génie du couple n'était pas celui que l'on croit. Simone de beauvoir est un bien plus grand écrivain, outre une femme physiquement plus résistante que son homme et moralement beaucoup plus effacée (un comble pour une féministe !), mais aussi empathique et courageuse. Elle n'est pas estimée à sa valeur, parce qu'elle "faisait trop confiance au langage" et écrivit des mémoires scintillants d'objectivité, dès qu'elle eut quitté le monde de l'enfance et sa vie de "jeune fille rangée". On lui reproche de ne pas avoir tout dit, mais tout ce qu'elle a dit était frappé d'un grand effort de vérité et faisait le tour de la question. Il y a une tradition de terrorisme intellectuel français qui va de Robespierre à sartre. Tel est l'état de notre propre violence. "Heureux, les artisans de paix !" Y a-t-il un lien entre intelligence et radicalité ? Hélène Loeillet n'en doute pas. "Etre radical, c'est aller à la racine". Elle reproche aux radicaux socialistes de l'être si peu. C'est encore plus vrai des radicaux valoisiens. Comment se fait-il que les partis de la racine sont ceux-là mêmes dont barrès aurait pu dire qu'ils travaillent au déracinement ? Hélène Loeillet et Michel Wieviorka sont en phase pour n'aimer, ni le concept de déradicalisation qui serait anglo-saxon, ni que l'on dise de certains qu'ils se radicalisent. Que diraient-ils à des gens comme moi, qui pensent et prétendent même documenter que le monde est non seulement en phase de radicalisation, mais de régression historique. Mon frère d'armes adversaire et interlocuteur islamiste, le Croissant de lune, redoute depuis longtemps des "menées éradicatrices" en France. Aucune ère de civilisation n'a le monopole du génocide. Daech revendique l'éradication des insoumis à son etat. La déradicalisation serait-elle la première marche d'une éradication ? Cela paraît fou, mais je ne crois jamais que les mots s'attirent ou se ressemblent par hasard. C'est, au choix, ma façon de me payer de mots ou de croire au verbe et aux champs magnétiques sémantiques. "Etre radical, c'est aller à la racine". Radical vient du latin radix qui signifie racine. Michel Wievorka et Hélène Loeillet faisaient l'éloge de cet effort. Je suis heureux de ce "retour de l'origine" qui n'est plus dénoncé comme un mythe comme il l'était par Michel foucault. Mais être radical, c'est ne pas transiger. C'est ne pas faire d'archéologie, mais être bien dans son archaïque. Reste-t-il un langage quand on refuse de transiger ? Comment concilier radicalisme et non violence ? Comment expliquer pour finir que les seuls porteurs de projets politiques alternatifs en France, Marine le Pen et Jean-Luc Mélanchon, au-delà de la séduction qu'on ressent à lire certaines de leurs analyses, surtout celles du blogueurqui argumente comme aucun homme politique avant lui, leurs personnes dégagent tant de haine ? Je me souviens de l'impression que j'ai éprouvée en les entendant tous les deux, au lendemain de l'élection présidentielle de 2002 Je n'avais jamais entendu la voix de Marine le Pen, je connaissais celle de Mélanchon. Il commença par exprimer son dégoût de ce qui venait de se passer avec une intolérance qui paraissait bien peu démocratique. Sa répondante surgit, avec une voix qui me glaça et que je trouvais littéralement horrible, pour lui demander comment on pouvait faire preuve de tant de haine. Jamais, je n'aurais pu imaginer me sentir proche de ces haineux au point de les appeler à la convergence pour une France plus juste dans un monde moins déséquilibré. Serais-je devenu haineux ? Me serais-je radicalisé ? "Heureux, les artisans de paix !" Que Dieu terrasse ma violence !

mercredi 1 juin 2016

Les écologistes et le logement social

Je suis en train de réécouter l'émission "des paroles et des actes" où Jean-Luc Mélanchon, qui en est l'invité principal, débat avec Emmanuelle Cosse, ancienne présidente d'"act up", militante féministe mal mariée à Denis Baupin, mais surtout ministre du logement. A "act up", elle succédait à Philippe Mangeot, président du laboratoire pharmaceutique qui diffusait et commercialisait l'AZT et s'opposait farouchement à l'autorisation de mise sur le marché des produits Beljanski qui ont prolongé la vie de François Mitterand (son médecin, le dr. Gübler, n'en a pas fait mystère), et qui étaient censés soigner le SIDA et le cancer, je n'ai pas la compétence scientifique pour juger s'ils avaient les moyens de leur prétention. Emmanuelle Cosse (dite Emma -Beauvary-Baupin-) est devenue ministre au moment où avait lieu le débat sur la déchéance de nationalité, contre un référendum illégal sur la reprise ou l'arrêt du projet aéroportuaire de Notre-Dame des landes, et dans la plus grande incertitude sur la seule promesse nucléaire "dure de François Hollande: la fermeture de la centrale de Fessenheim. Mais les écologistes acceptent systématiquement d'être ministres du logement, en continuant la politique de construction massive de logements sociaux, alors qu'il y aurait une saturation du bâti dans l'espace urbain, qu'il existe un nombre considérable de bureaux et de logements vides, que les ministres verts du logement n'envisagent jamais de réquisitionner, comme la loi les y autorise, une loi inspirée par l'abbé Pierre, qui n'a jamais servi à rien, sinon qu'à être la mauvaise conscience consultative du pouvoir politique, qui traite les rapports annuels de sa fondation comme ceux de la Cour des comptes.

dimanche 29 mai 2016

décès d'André Rousselet, mort d'un esclavagiste...

Mort d'André rousselet. On doit honorer les morts, mais on n'est pas obligé de leur passer la brosse à reluire. André Rousselet, le grand argentier de françois Mitterrand, était l'esclavagiste des taxis parisiens. Il a libéré "les bobos" qui disent tout lui devoir à l'exemple de Michel Denisot, parce qu'il a créé "canal plus". Mais cet "entrepreneur visionnaire" (dixit le même), mort "d'âge" (selon son fils) à 93 ans et à son domicile, a épuisé je ne sais combien de taxis qui lui devaient tous les dix jours, à l'orée des années 90, un loyer équivalant à 3500F (soit certainement pas loin du triple aujourd'hui), avec charge aux chauffeurs d'entretenir leurs véhicules. Quand Rousselet s'est retiré de la G7, Jacques attali a estimé qu'on devait -ou pouvait- déréglementer la profession de taxis, quitte à ne pas rembourser ceux qui avaient payé une patente ou licence qui valait une maison de luxe en plein Paris. Et ce fut l'überisation de l'économie. Manuel Valls a salué le grand argentier décédé comme "un grand innovateur". C'est dire qu'il souhaite aux salariés à qui il veut imposer sa "loi travail" le même avenir qu'aux taxis de la g7. Quant à François Hollande, faute n'ayant pas trouvé la ressource de dire que l'organisateur des obsèques de Jarnac avait fait de sa vie une oeuvre d'art, il a prononcé qu'il en avait fait une grande aventure. Une grande aventure casanière: les déambulation de ses taxis ont formé le matelas de sa vieillesse et n'ont pas paru des voyages aux salariés de ce grand patron philanthrope et bienveillant, despotique et éclairé, richissime et socialiste. Cerise sur le gâteau, Danièle Mitterrand était une des principales actionnaires de sa compagnie de taxis. L'amie de Fidel Castro et présidente de "France liberté" était donc une esclavagiste... Les socialistes forment la dernière branche de la bourgeoisie voltairienne. Pas étonnant que ce quinquennat calamiteux ait marqué l'apogée de "la promotion Voltaire".

La démocratie directe

Qu'est-ce que la démocratie directe? Je crois en la démocratie directe depuis que j'ai l'âge de dix ans. C'est ma seule constante politique un peu sérieuse... La démocratie directe, est-ce le tirage au sort? Laissons cela à des magistratures marginales de la Grèce antique et à Etienne Chouard, repris par J.L. Mélanchon. Dire que la démocratie directe, c'est le tirage au sort, c'est prrouver qu'on n'a jamais rien compris à la démocratie, qu'on ne s'y intéresse que de manière occasionnelle ou accidentelle (je parle pour chouard et pour Mélanchon). Non, la démocratie directe, c'est tout simplement "la République référendaire", la votation. C'est benoîtement considérer que le peuple (et non le parlement) est responsable des décisions (et donc des lois) qui le concernent et qui, parce qu'elles s'appliquent à lui, doivent être "l'expression de la volonté générale, c'est-à-dire de sa volonté. D'aucuns voudraient qu'il ne soit impliqué qu'au plan local, pourquoi cette limitation? Sans le savoir, ils reprennent les vieilles idées des monarchistes français du début du siècle dernier, pour qui la monarchie garantissait, non pas la liberté, mais "les libertés"... locales (comme le droit local en Alsace-Moselle)... La démocratie directe telle que je l'entends, c'est faire du peuple le parlement et du parlement la chambre d'enregistrement des lois du peuple, et la chambre qui rédige, à la place de l'administration, en plus des articles qui les précisent, les décrets d'application des lois approuvées par le peuple. C'est aussi faire de la Cour des comptes le vrai comptable de la République, pas un corps de hauts fonctionnaires grassement payés à pondre des rapports qui n'ont aucune valeur contraignante. La démocratie directe telle que je l'entends se distingue de l'anarchie, car elle n'admet pas le référendum d'initiative populaire. Ce qu'on appelle improprement le pouvoir exécutif doit avoir le monopole de la proposition référendaire, et comme le peuple vote à titre représentatif pour "le pouvoir exécutif", il sait quelles propositions ne lui seront pas faites pendant le mandat, éventuellement impératif, dudit pouvoir exécutif. La démocratie directe peut éventuellement se doter d'un indice de concernement et de discernement (inventions personnelles). L'indice de concernement offrirait une voix prépondérante à celui qui serait directement concerné par une loi. L'indice de discernement tiendrait compte de la manière dont chaque électeur dirait se sentir plus ou moins concerné par un projet de loi soumis à référendum. D'une manière générale, il discernerait d'autant moins bien qu'il serait moins concerné, et réciproquement en positif. En somme, la démocratie directe, c'est cette utopie qui tient debout à nos frontières depuis plus de huit siècles dans la confédération helvétique, amodiée à la marge par l'indice de concernement et de discernement. Ca n'a certes rien à voir avec la "sociale démocratie", qui repose sur des corps intermédiaires dont la reconnaissance est sujette à caution, vu que ce ne sont pas des corporations (à mon tour de reprendre une antienne maurrassienne). La démocratie directe, c'est chacun qui se prononce en fonction du degré où il se sent concerné et où son discernement est reconnu par ses concitoyens. c'est "un homme, une voix"+ quelques algorythmes.

samedi 28 mai 2016

Charismatisme et pentecôtisme, oecuménisme et charité

J'aime le pentecôtisme tel que je le vois pratiqué par les évangélistes, je n'aime pas le charismatisme. Le peu d'expériences que j'ai faites de ce milieu m'a montré un panier à crabes où toujours, se développaient des situations malsaines, proches de l'abus sexuel. Dans la communauté des béatitudes du frère EphraÏm avec laquelle j'ai fait un voyage à Rome lorsque j'avais quinze ans et qu'elle s'appelait encore "le lion de Juda", on nous disait de ne pas nous tenir la main et de ne pas flirter. Or, aussi bien Ephraïm (l'ancien pasteur Gérard Croissant)que son beau-frère Philippe Madre, médecin psychiatre, quand ils avaient fini de prononcer leurs magnifiques conférences sur la "purification passive des sens" ou de faire des écoles d'oraison où Ephraïm me révéla en audio (je lui dois ça et c'est une grande dette), la phrase de sainte Thérèse d'Avila ou du cantique, je ne sais plus : "Ne réveillez pas l'amour avant qu'il le veuille", bien qu'ils fussent mariés et pères de famille, se livraient à des turpitudes avec quelques-unes de celles qui leur étaient toutes dévouées, et confiaient leur cœur à leur guidance spirituelle. Il y a dans le charismatisme un vice de fond, dont j'ai senti le malaise à la lecture du livre de MoniqueHébrard, LES NOUVEAUX DISCIPLES : c'est que le pentecôtisme catholique introduit en son sein une double hiérarchie, celle des prêtres et celles des leaders (charismatiques, ça va de soi). Traditionnellement, dans l'Eglise, le pouvoir des prêtres est tempéré par celui des prophètes ou des mystiques. Il peut même s'opérer de cette manière une reconfiguration naturelle des rôles masculin et féminin. Mais si le prêtre et le leader représentent deux pouvoirs, le conflit d'autorité deviendra très vite un conflit de loyautés. Le prêtre mettra sa personne et les Sacrements qu'elle dispense au service du leader, auquel on ne demandera pas d'être inspiré, mais de savoir mener sa barque, exalter et transporter. Dans le pentecôtisme protestant plus couramment désigné sous le nom d'évangélisme, ce conflit disparaît puisqu'il n'y a plus de prêtres. Les leaders font face aux prophètes, et les pouvoirs se retrouvent finalement redistribués selon la configuration naturelle à toutes les sociétés sacrées, dont Jean-Claude Carton disait qu'elles sont "fortement hiérarchisées", et où la division du travail s'opère entre le mage et celui qui fait tourner la boutique, en prodiguant les enseignements classiques et en réglant les affaires courantes. Je vis à Mulhouse où rayonne la plus grande mega church de France, sans parvenir à convaincre les prêtres à qui j'ai affaire de prendre langue avec ses leaders qui ne sont pas de leur chapelle, et que le nouvel œcuménisme, même dans cette zone sismique où nous vivons, et où le fossé s'est creusé entre le catholicisme et la réforme, ne consiste pas à se fréquenter entre personnes de confession différente ayant la même sensibilité spirituelle, c'est-à-dire habitant dans la même demeure spirituelle même si la chaire des Églises est autre, mais à prendre la mesure que le renouveau chrétien sera assuré par les évangélistes, qui sont devenus théologiquement beaucoup plus créatifs que nous, qui se sont inculturés la Bible et l'exégèse, et qui rendent désuet notre folklore religieux, même l'orgue que j'aime pourtant si mal servir... Ce qui néanmoins me gêne lorsque j'écoute un évangéliste, quelle que soit la puissance et l'ardeur du feu qui l'anime, ardeur qui a fait dire au journaliste Joseph Confavreux, après avoir fait un reportage sur les animateurs de "la mission du plein évangile" de Mulhouse, que jamais, il n'avait interviewé personne de si intense, c'est certes qu'ils sont habités, mais ils sont dépossédés d'eux-mêmes. Leur personnalité s'épanouit, mais seulement dans la mesure où ils l'ont abdiquée. C'est du reste exactement ce que dit l'Evangile, quand il affirme que "celui qui veut sauver sa vie la perdra". Mais comment puis-je avoir été créé pour me perdre ? Ce qui plus globalement me gêne de plus en plus dans l'Eglise, c'est que finalement, on ne s'y aime pas, ou on n'y aime pas. Dans les communautés classiques, on demande à Dieu de "briser notre indifférence" et on Le prie pour que d'autres aient la force de s'occuper des démunis ; mais quand la messe est finie, on s'en contente. On ne trouve pas scandaleux que quelqu'un puisse se sentir seul dans une église. Et on a la dent dure : on ne dirait jamais en chaire qu'il y a des gens que l'on n'aime pas; mais quand on parle en privé, il y a des tas de gens qu'on traite allègrement d'imbéciles alors que l'Evangile l'interdit formellement. Certes, l'Evangile n'est pas de la guimauve, mais il devrait nous faire penser que "tout le monde, il est beau, tout le monde il est gentil", si le fruit de l'Esprit est "la bienveillance" et "la confiance dans les autres". Ça ne veut pas dire qu'on trouve que tout le monde agit bien. Dans les églises évangéliques, la chaleur humaine est de rigueur, mais ce n'est qu'un pare-feu. On aime son prochain dans une démarche marketing, et pour lui éviter d'aller rôtir en enfer, au cas où ils ne "[recevraient] pas Jésus-Christ comme son Seigneur et Sauveur personnel". On aime les autres dans la crainte de leur châtiment, ou on les aime en vue de leur salut. On relativise donc l'amour qu'on leur porte. Or l'amour est absolu. Il ne se divise pas et doit être tout entier dévoué à son objet. Le christianisme se pose en religion de l'amour. Il en aurait même le monopole. Si l'Amour de dieu atteint sa perfection, il devrait absolutiser l'amour du prochain sans aucune transitivité, ni aucune autre finalité que lui-même. L'amour de Dieu devrait faire de l'amour du prochain un absolu, et un impératif catégorique, qui soit comme le poumon naturel de la morale. L'Amour de dieu devrait être en vue de dieu et l'amour du prochain en vue du prochain, même si tout amour a sa raison en Dieu. Mais cette raison est transcendante, elle ne concerne pas le singulier de cet amour.

mercredi 18 mai 2016

Valls, le morbide

(journal de presse, 18 mai 2016, II°. Macron nargue Hollande et peut rester en poste. Montebourg qui voulait lui offrir une bonne bouteille ayant un peu arrosé sa fête de la rose, s'est vu virer du gouvernement pour moins que ça parce qu'il faisait de l'ombre à Valls. N'est-ce pas un couac permanent ? Et qe Hollande maintienne Macron pour faire de l'ombre à l'ombrageux n'y met pas plus de cohérence. Manuel valls a été récemment chahuté par l'UNEF, mais qui se souvient de l'affaire de la MNEF ? "[La] « génération MNEF » est (…) portée au pouvoir par le remaniement d’avril 2014. Camba tient le PS, Le Guen a enfin un pied au gouvernement, Valls le dirige. « La gauche est morte. François Hollande lui a porté le coup de grâce », se désole Mauduit, pour qui la génération MNEF restera comme celle des fossoyeurs du socialisme." (Hervé Nathan, "Mariane", 18 octobre 2014). "Tout le monde déteste la police, disent les "nuits debout", juste après que Renaud a "embrassé un flic" au plus fort de "l''esprit Charlie". L'esprit Charlie s'est dissout dans le slogan des antiflics : "Tout le monde déteste la police." Si l'anarchie régnait, il n'y aurait plus ni policiers ni infirmières et nous serions bien en peine de nous protéger ou de nous soigner. "Tout le monde déteste la police" jusqu'au jour où on a besoin de son aide. J'ai été de ces baveurs de bavures. L'agresseur des militaires de Valence a dit au tribunal : "Les militaires tuent les gens, alors moi je tue les militaires." ("Minute, n° 1770). Il n'a pas été considéré comme un terroriste au contraire de Merah, qui confessionalisait la critique : "Tu tues mes frères, donc je te tue". Les casseurs de flics en marge de la contestation de la "loi travail" n'ont pas un raisonnement beaucoup plus affûté. La police dénonce un "climat antiflic" apparaissant après "l'union sacrée" de "Charlie" et sévissant en plein état d'urgence. Or c'est valls qui a exacerbé les violences policières. Il a commencé pendant la "manif pour tous" à pousser la police à s'infiltrer parmi les manifestants et à arrêter à tour de bras. Elle continue pendant "nuit debout", mais avec des adversaires beaucoup plus décidés à en découdre. On paie toujours d'obéir à Valls. La police est en train de l'apprendre à ses dépens. Mais qu'avait-elle besoin de se jeter dans ses barbouseries ? Comme Venise, "la gauche peut mourir", avait prédit valls à sa majorité. Quand Hollande n'a pas su refuser Matignon à cet instable, n'importe qui pouvait deviner qu'il serait renversé par une majorité devenue introuvable. La chose tarde à venir et se fera pourtant. Ce qui la retarde et la retient, c'est la distraction des ennemis de valls. Leur distraction est sa baraka, causer l'oubli son seul charisme. C'est un grand offenseur politique dont on oublie les offenses quand il est en situation de les réparer. Quand l'instable a pris du gallon, l'offensé retrouve l'équilibre. L'instable est un ambitieux morbide. Il instaure dans la police des méthodes pour se faire détester, et la police oublie qu'il l'a fragilisée. Il dit à sa majorité qu'elle peut mourir, et la gauche oublie que c'est lui qui la tue. Il se déclare irréconciliable avec les frondeurs, et les frondeurs ont peur de le renverser en craignant qu'on les accuse d'avoir tiré les premiers. Valls peut passer pour un David contre les Goliath, et les frondeurs portent pierres sans beaucoup de cœur. La morbidité de valls ne s'identifie certes pas à celle des djihadistes qui "aiment la mort" même si Valls est morbide de sang chaud. Valls tue de sang chaud et en oubliant qu'il a tué, tandis que ses victimes fascinées ne peuvent relever l'offense. La morbidité de valls, placé par la psychologie des événements à ce poste et à ce moment, a quelque chose à voir avec le suicide d'une civilisation qui casse ses jouets. D'un monde autrefois libre qui a aujourd'hui horreur de la liberté. Et avec la déliquescence d'une société qui détruit son modèle par perte d'humanité.

Mon journal de presse

Ce 18 mai 2016 Jean-Luc Mélanchon écrit dans son billet "l'éruption qui vient" : "L’épisode du 49.3 est un concentré du tableau politique dans lequel nous vivons. À deux signatures près, une motion de censure venant de la gauche était déposée et le gouvernement serait tombé par la gauche." Il sait bien qu'il ment : si les frondeurs n'ont pas voulu voter la motion de censure de la droite, pourquoi la droite aurait-elle voulu voter la motion de censure des frondeurs ? Comment peut-on jouer cette comédie parlementaire dans une société si clivée ? Manuel valls se révèle plus clivant que ne l'aura été Nicolas sarkozy, qui se vantait à juste titre en 2012 de n'avoir subi "aucun blocage", alors que tous les corps constitués menaçaient de se mettre en grève générale dès le lendemain de son élection. Je l'ai moi-même entendu de mes oreilles, proféré par un chehminot. Le Front de gauche a voté la motion de censure de la droite, nous admettrons donc que Jean-Luc Mélanchon est plus conséquent que les frondeurs, même s'il sait bien que son affirmation ne tient pas. La preuve, c'est quil assigne des limites à sa "convergence des luttes". Il se comporte plutôt comme un agent qui déjoue le populisme en singeant la colère du peuple qu'en agent qui assume celui-ci. Jacques Rancière a raison de dire que le peuple n'est pas seulement en colère. Bernard stiegler a raison de dire que la réduction du peuple à sa colère peut provoquer une régression. Il n'empêche : croire qu'on peut encore vouloir le bien du peuple en donnant dans l'antifascisme, c'est commettre un anachronisme. Je sais bien que Jacques sapir a compromis cette convergence des luttes des fachos et des antifas en disant qu'elle devait se résoudre dans la dictature. Je ne le crois pas. Seulement nous abordons à un moment révolutionnaire. Alain de Benoist rappelait opportunément cette citation de Lénine : "Une révolution se produit lorsque la base ne veut plus et que le pouvoir ne peut plus." Au vu de la situation présente, nousen sommes proches. Si l'on n'assume pas la convergence des luttes à ce moment, on prépare une ouverture possible à toutes les régressions. Je comprends que Jean-Luc Mélanchon ne puisse pas avaler facilement que les antifas doivent se réunir aux néofas, mais c'est le seul moyen d'humaniser et de décommunautariser la colère qui vient. Michel Wieviorka disait ce matin sur "France culture" que la violence est devenue un tabou dans notre société. Ça dépend laquelle. La violence des zadistes ou des "Nuits debout" est tolérable. Celle de l'extrême droite ou des islamistes n'est pas tolérée. C'est comme la pédophilie. Celle des prêtres fait rêver des secrets d'alcôve les plus sordides. Celle du personnel de l'Education nationale n'étant liée en principe à aucune frustration sexuelle, ne scandalise personne. Farida belghoul accusait cette institution de corrompre la jeunesse. Elle pourrait presque s'en faire gloire, vu que ce fut sous ce chef que fut condamné Socrate, lequel était pédophile au sens moderne et contrevenant au polythéisme en vigueur en voulant rationaliser la figure des dieux et les ramener à un seul... La laïcité intente de même à la religion en général le procès d'être une "sous-culture", le pape fait bien de le signaler dans son interview à "la Croix". En réalité, dans la continuité de la tradition philosophique, la laïcité ne supporte pas les religions qui ne tendent pas vers l'individualisme. C'était le cas du christianisme, qui a dévoyé sa vertu d'espérance en ne la teintant plus de charité, au point que chaque chrétien escompte davantage en son salut personnel, qu'il n'a le souci d'appartenir ou de constituer l'Eglise. L'islam a une vision plus territorialiste et plus clanique. Il ne tend pas vers l'individualisme qui seul est supporté par le "relativisme social et moral" qu'est en fait la laïcité. L'islam est la surprise diabolique de la laïcité, qui a trouvé en lui, pense-t-elle (et je ne suis pas loin de penser comme elle), un obscurantisme pire que celui qu'elle voulait remplacer. Aussi la laïcité a-t-elle commis le Front national pour dire tout le mal qu'elle pensait de cet obscurantisme et que son islamophobie soit portée sans qu'elle ait à se salir les mains. C'était la thèse d'Alain Soral en 2011,sur ce point il a raison. Savoir comment une société sécrète ses tabous est un intéressant sujet d'étude. Pourquoi une société qui corrompt sa jeunesse s'indigne-t-elle devant la pédophilie ? Pourquoi supporte-t-elle la violence des bobos et est-elle horrifié par la violence des voyous allogènes ? Pourquoi se focalise-t-elle silencieusement sur cette seule forme de violence au point d'oublier que les autochtones avaient naguère un code de l'honneur du voyou, sans compter la violence politique ? Pourra-t-on contenir la violence du moment révolutionnaire que nous traversons par suite de trop de précarité ? Comment se fait-il que, depuis une quinzaine d'années, c'est-à-dire depuis que le paupérisme s'est répandu et que le libéralisme s'est découvert comme doctrine de gouvernement économique de la mondialisation, les journalistes ont tombé le masque et se sont tous assumés comme libéraux libertaires ou socio-libéraux ? Comment ne voit-on pas que la mue de François Hollande n'est qu'une conséquence que ce méchant naïf croyait pouvoir tirer innocemment de l'aveu de ses copains préférés, ceux-là mêmes pour qui il se dépensait en petites blagues ? Comment les anciens gauchistes ont-ils si facilement pu abandonner la lutte des classes pour la changer en lutte des sexes ou des moins réellement diviseurs des attributs sociaux ? Comment la gauche vit-elle l'abandon de son monopole culturel au profit d'une droite dont elle découvre stupéfaite qu'elle a des opinions ? Comment cette gauche, qui se rengorgeait de son pluralisme tant qu'elle n'avait pas de contradicteurs, vit-elle cette concurrence, maintenant qu'elle est devenue libérale ? Comment les progressistes, amis de "la société ouverte", qu'elle le soit économiquement ou plus largement, supportent-ils que ce soit les tenants de la pensée close qui déploient désormais le plus d'énergie et de créativité intellectuelle ? Et que signifie cette inversion de la créativité dans un moment prérévolutionnaire ?

lundi 16 mai 2016

Christianisme et responsabilité

Le chrétien est cet être bizarroïde qui  croit à la fois que nous avons tous besoin d'être sauvés, et que personne ne peut se sauver lui-même.
Cette exemption s'étend au Sauveur EN PERSONNE, que la foule qui le crucifie moque injustement en le défiant:
"SAuve-toi toi-même !"
Le chrétien sait qu'on ne se conaît qu'à li'ntérieur de sa conscience, mais que c'est l'autre qui nous objective.
A  force de croire qu'on ne peut rien pour soi, on finit par décliner toute responsabilité. Le chrétien est celui qui dit au rebours de Georgina dUfoie
"Coupable, mais pas responsable."
Il n'est pas étonnant que le chrétien soit pour un divorce, au demeurant très civilisateur, entre les pouvoirs temporel et spirituel. Car si ce n'est pas moi qui me justifie, si je ne suis pas responsable, serais-je coupable, en quoi puis-je relever de la justice?

mercredi 4 mai 2016

L'espérance ou l'incarnation du ciel


J’écoute de nuit en rediffusion l’abbé de tanoüarn, interviewé par Jérôme Bénard sur son dernier livre sur la liberté chrétienne dans sa propre émission sur « radio courtoisie » dont une des thèses est que toute liberté suppose une libération. Il cite Malebranche disant : « La Création est négligée », inachevée, car « Dieu n’a pas voulu d’une Création trop parfaite pour que l’homme ne s’y attache pas et ne croie pas qu’il est fait pour ce monde»

 

J’ai toujours eu du mal à méditer sur les fins dernières. Je suis surpris quand on me dit qu’on tient dans sa marche dans la vie par l’espérance qu’on a du ciel. Dominique Molitor, la patrone de « Minute » que j’ai rencontrée grâce à Mortimer et sa banquise qui est aussi la mienne (un club d’amis et une « force de prière ») m’a dit qu’il en allait ainsi pour elle. Je préfère ce qu’a dit Jean-Marc Jacaut comentant la parole du Christ disant : « Je suis Résurrection et vie ». Son commentaire était que, si je ne ressens pas la Résurrection dans ma vie, je ne connais pas vraiment le Christ.

 

La Création inachevée est une prémice de la croyance éminemment moderne que l’homme a été créé mortel et limité. Nous ne marchons pas davantage un pied dans le ciel que nous ne sommes « un être pour la mort ».  Cette pensée d’Heidegher contribue à faire du christianisme une pensée triste quand il la reprend pour aider les hommes à passer la mort comme s’il était une religion commeles autres. Il s’en sert d’alibi pour ne pas sortir du dolorisme.

 

Elisabeth de la trinité a dit le mot de l’espérance chrétienne par cette phrase que je crois définitive :

 

« Je crois bien que j’ai trouvé le ciel sur la terre. Car le ciel, c’est Dieu, et Dieu est dans mon âme ».

 

L’homme est un être qui ne se souvient pas d’être né et ne sait pas comment il va mourir. Sa naissance s’est cachée pour lui donner la notion de l’éternité de préférence àcelle du temps. En lui se côtoient le principe d’inatalité et l’immortalité de l’âme. Il n’ose caresser cet infini de peur de manquer sa divinisation, come si Dieu pouvait lui avoir tendu un piège en le posant entre deux infinis.

 

La mort lui est connue comme une analogie de la naissance et comme un enfantement nouveau auquel il devra consentir. L’espérance, c’est de croire qu’on ne méritera pas de bien savoir passer ce nouveau seuil, mais qu’on y naîtra dans les entrailles matricielles de la Miséricorde de Dieu. Et l’espérance au présent, ce n’est pas de marcher en croyant avoir un pied dans le ciel parce qu’on n’est pas fait pour ce monde-ci : c’est d’incarner le ciel entrevu dans son âme par la proximité de Dieu.

mardi 3 mai 2016

Thomas et Philippe


THOMAS EHILIPPE


On n'y pense pas assez, mais c'est à thomas que Jésus dit qu'Il est le chemin, la Vérité et la Vie. Alors, quand Jésus ressuscite, Thomas ne veut pas se perdre. Il dit : "Tant que je ne verrai pas les traces de ses clous dans Sa main, tant que je ne me mettrai pas les doigts dans Son Côté, non, je ne croirai pas."

Thomas ne veut pas se perdre et Jésus acquiesce à son rationnalisme. Il y acquiesce tellement que son homonyme, le "docteur commun", sera le maître de la raison chrétienne, le "docteur commun". Il y acquiesce jusqu'à lui proposer d'éprouver "les preuves de l'existence de Dieu" en mettant sa main dans Ses plaies et son côté. Il le détourne de la crédulité par la voie des sens. Il se propose de lui prouver le merveilleux chrétien. Le Verbe avait dit à la chair de Thomas qu'il était le Chemin incarné. Il ne va pas déployer pour lui les ressources allégoriques de la vérité ni celles de l'exégèse. Thomas ne goûtera ni à la Table de la Parole, ni à celle de l'Eucharistie. Il rejoindra le naturel par le surnaturel. Et il pourra prononcer une déclaration d'amour mystique : "Mon Seigneur et mon Dieu !" Il pourra confesser que Jésus est Dieu. Le chemin ainsi montré à lui, naturel et miraculeux, surnaturel et merveilleux, signalétique et prodigieux, pourra alors lui proposer de s'égarer : "Ne balise pas si tu perds les balises ! Heureux, celui qui croit sans avoir vu!" Et Thomas ira très loin, probablement jusqu'en Chine.

Quant à Philippe, c'est un jeune, un petit et un simple. Il ne veut pas s'embarrasser de querelles théologiques ni de controverses qui le dépassent. Il se voudrait un monothéiste ordinaire à qui Jésus permettrait simplement de se rapprocher du Père pour pouvoir Le prier comme un enfant en forçant la porte du ciel. "Montre-nous le Père, cela nous suffit !" "Cela fait si longtemps que tu es avec Moi, Philipe, et tu n'as toujours pas compris que Je Suis dans le Père et que le Père est en moi ? Que nul ne peut aller au Père que par Moi ? Que je parle au Nom du Père et que qui me voit voit le Père ?" 

Je parie que Philippe n'a rien compris à tous les arguments théologiques, prémices d'un traité sur la Trinité de Saint Hilaire ou de saint Augustin, que Jésus vexé lui a débités. Ce qui l'a traversé comme une flèche, lui, si jeune, c'est ce rappel du temps passé, du temps intime vécu ensemble. A Nathanael, Jésus devait dire : "Avant que Philippe ne t'appelât sous le figuier, déjà Je te connaissais." Mais Philippe qui a appelé Nathanael, Philippe n'est pas Nathanael. A Philippe, Jésus peut dire: "Cela fait si longtemps que Tu es avec moi, et tu ne me connais pas encore ? Je suis l'Image du dieu Invisible, donc Je t'ai exhaussé, car Dieu est tout près de toi, mais connais-Moi et tu le connaîtras. Connais-Moi puisque c'est ce qui t'importe beaucoup plus que de te connaître toi-même ou même d'être connu de Moi. Car tu es encore plus transparent que Nathanael, Dieu seul est ton énigme, et il l'est dans un cœur de pauvre. "pe baptisera l'eunuque éthiopien, invité par lui sur son char, pour lui expliquer la parabole du Srviteur souffrant. L'eunuque ne reconnaîtra pas Jésus à la fraction du pain, mais il aura trouvé un point d'eau en ce Jésus qui, pour Philippe, coule de source.

La solitude et l'égoïsme

Mon oncle Claude disait qu'on avait tort d'aimer la littérature du XIXème siècle, car les auteurs y déclinaient un sentiment unique, qui DEVENAIT la monomanie de leurs œuvres, bien qu'ils l'affriolassent des descriptions les plus barriolées et des circonstances les plus foisonnantes.
Revenant depuis quelques jours à balzac, je m'aperçois que, si Maupassant a illustré la solitude dominant le frémissement de la présence sensitive, Balzac peint l'égoïsme.
Je croyais qu'il en affublait les seuls célibataires comme le curé de Tours ou comme le cousin Pons, ce musicien, cet artiste. Mais l'égoïsme est aussi la passion qui étreint les filles du père Goriot, ce "Christ de la paternité". C'est surtout la passion qui domine le chercheur de l'Absolu, le savant, cet artiste.
Les héros esthétiques ou moraux de Balzac étaient le savant et l'artiste, ceux de Bergson furent l'artiste et le saint, dominés par "l'élan vital".
Balzac a eu des excuses à être égoïste: il ne fut pas visionnaire, mais il créa un monde.
Je dis qu'il ne fut pas visionnaire en corrélation avec une réflexion que je me suis faite sur le manque de capacité visionnaire de l'aveugle, qui a certes une intuition du monde, mais trop enclose dans le réel et comme un décalque du monde tel qu'il existe.
L'aveugle et Balzac ont peu d'imagination. Ils ont certes une imagination débordante, mais elle n'est pas fantastique.
Leur tête est peuplée de personnages. Plus on met de noms sur des visages, et moins on pénètre l'âme de quelqu'un. Plus on se prothèse de monde et moins on trouve de frères. Par où l'on est ramené à l'égoïsme des célibataires.
Mais peut-on échapper à l'égoïsme de Balzac et à la solitude de Maupassant? Lequel est la conséquence de l'autre?
La solitude pourrait pousser l'égoïsme au solipsisme et l'égoïsme entraîner la solitude dans l'amertume. Mais le solitaire égoïste sait qu'il partage ces deux conditions avec ses semblables. Il peut être le moins mysanthrope des hommes, s'il choisit d'écouter ou de refléter ce que les autres sont sans le savoir. Aimer peut commencer par ne pas se faire d'illusions.
Croire en la solidarité naturelle, en la télépathie générale ou à la communion des saints est peut-être plus superficiel que de donner quelque chose à qui ne nous est rien avant même de ne rien nous avoir demandé.

dimanche 24 avril 2016

Mélanchon ou Guaino, ou de l'impact personnel en démocratie!

Il est regrettable que la démocratie ne soit pas un régime pur -c'est-à-dire, compte tenu de son essence délibérative, un régime neutre, un régime dont la pureté serait dans la neutralité quoi qu'en aient dit Tocqueville ou les Lumières-, au point de pouvoir  faire acception de la dimension personnelle de ses idéologues politiques.

Prenons Jean-Luc Mélanchon. Ses analyses sont certes teintées d'une fidélité à une "culture de gauche" qui le fait être a priori "solidaire de toutes les luttes" pourvu qu'elles soient les luttes des siens.

Mais pour commencer il présente les analyses les plus complètes aujourd'hui produites par un homme politique français. Or elles sont entachées par la personnalité de l'analyste qui va presque jusqu'à en annuler la pertinence, non seulement parce que celui qui les produit est un caractériel qui ne doit pas être exempt d'une violence presque physique, et est tellement ombrageux qu'on n'a pas envie d'être de ses amis. Mais pour ne rien arranger, il se stérilise de se vivre comme une espèce d'Hugo Chavez.

Il commet également un certain nombre d'anachronismes dans la compréhension de l'histoire qu'il vit et sur laquelle il voudrait bien intervenir. Il se stérilise par exemple  d'imaginer que le fascisme est à nos portes -au passage, il y aurait avantage  à circonscrire une bonne fois pour toutes la notion de fascisme pour que ce mot cesse d'être un fourre-tout destiné à jeter aux orties toute pensée minoritaire ou dissidente-.

Mélanchon serait par exemple incapable d'en appeler au front des populistes pour incarner son: "Nous le peuple!". En même temps, Jacques sapir, qui a popularisé une telle coalition,  ne trouve rien de mieux à proposer qu'une dictature temporaire.

Mais en luttant vent debout contre ce qu'il appelle encore "le capitalisme", Mélanchon fustige, non pas une réalité surannée, mais un mot dépassé, même si ce mot n'a peut-être jamais recouvert ni eu  autant de réalité qu'à l'époque de néo-esclavagisme machiniste et libéral dont nous vivons les prémices.

Ces défauts de caractère ou de personnalité nous font passer à côté d'un des hommes politiques les plus munis d'une colonne vertébrale fût-elle trop exclusivement marxiste, et les plus pertinents du moment. Henri Guaino pourrait-il incarner cette ligne d'un souverainisme social, partisan d'une France forte et libre, d'une France indépendante? Pourrait-il être une sorte de Marine le Pen sans les outrances verbales et la xénophobie?

samedi 23 avril 2016

Jean-Louis Debré, le droit d'asile et l'homme de la rue

J'écoute en finissant de dîner l'interview de Jean-Louis Debré par l'équipe d'"On n'est pas couchés".
Troistemps dans mon écoute:
1. J'ai voué allégeance à Jean-Louis Debré depuis qu'il a donné la parole à un homme de la rue, ce que personne n'avait fait avant lui, pas même l'abbé Pierre.
J'entens faire à cette plume d'un SDF une "déclaration d'amour" à Lionel Jospin. J'apprécie que les gens que j'apprécie s'apprécient.
2. Yann Moix le somme avec agressivité de regretter d'avoir servi Maurice Papon, ministre du budget de Giscard, en tant que membre de son cabinet.
Jean-Louis debré commence par plaider comme Maurice Papon: "Je ne savais pas". Et sous la violence rétrospective de l'attaque, on le comprend.
L'ancien membre du cabinet de Papon se félicite d'avoir démissionné très rapidement du cabinet d'un ministre dont il n'appréciait pas la personnalité.
Yann Moix se défend de lui demander d'avoir connu le passé de préfet vichyste de Maurice Papon, mais veut qu'il désavoue les ratonades ordonnées par Maurice Papon sous le gouvernement de son père, Michel Debré.
Yann Moix, au nom de la lutte contre l'antisémitisme par déplacement sur le 19 octobre 1961, demande à Jean-Louis debré de renier son père, comme Samuel Etienne l'avait fait avant lui pour Marine le Pen devant un public de lycéens. Je crois qu'il n'y a pas de pratique journalistique plus dégueulasse.
Je ne confonds pas Samuel etienne et Yann Moix. Le second a du talent et même un peu de fond, le premier s'est de lui-même ravalé au rang de bateleur à QUPC (rien à voir avec la question prioritaire de constitutionnalité...). mais je les renvoie à la même indignité d'exiger de leur interviewé qu'il renie ses ascendants à la faveur d'une interview.
3. J'aimais Jean-Louis debré pour avoir donné la parole à un homme de la rue, mais je remercie Léa Salamé de m'avoir rappelé que c'était lui qui avait remis les "sans papier" de Saint-bernard dans la rue à coups de hache, en violation du droit d'asile, reconnu comme privilège aux bâtiments d'Eglise depuis la christianisation de l'Empire romain, privilège sanctionné comme le premier bienfait de la civilisation chrétienne par Saint Augustin soi-même au début de la Cité de Dieu.
Jean-Louis Debré ne regrette pas d'avoir enfoncé les portes d'une église à coups de hache. Du coup c'est moi qui me bats la coulpe d'avoir la mémoire courte, et reconnais que mon allégeance à l'homme qui a expulsé dans la rue des gens accueillis dans une église pour finir par donner la parole à un homme de la rue, que mon allégeance à un nouveau gambetta à l'anticléricalisme ricanant, que cette allégeance a du plomb dans l'aile...
Mes ailes rognent sous le plomb et n'aiment pas à se renier. Quand donc serai-je fidèle à un homme cohérent? Mais la cohérence n'est pas dans la besace humaine, en dépit des serments.
Ce ne sont pas nos positions qui changent, ni même le vent qui tourne plus vite que la girouette, ce sont les paramètres de nos positions qui se déplacent.

mercredi 13 avril 2016

Forisson le négateur et les faiseurs de tabous


http://www.egaliteetreconciliation.fr/L-Heure-la-plus-sombre-du-21-mars-2016-Invite-le-professeur-Robert-Faurisson-38457.html

 
C’est un goût un peu lâche ou potache de la transgression vaguement honteuse qui m’a fait mettre en présence du professeur  Forisson à travers cette vidéo pour savoir enfin ce que quelqu’un comme moi, rebelle de façade et modéré au fond, peut penser d’un tel homme, dont je dois reconnaître au préalable qu’il a plus grand courage de ses opinions que n’en a son critique dilettante d’un soir oisif.

 

Robert forisson  nous livre dans cette vidéo le récit du face à face d’un homme qui ne croit pas au contexte, mais croit en la neutralité axiologique et des synchronicités, avec des adversaires, Fabius, Badinter, Gaysot, bien d’autres , qui ne craindront pas de créer sur son nom, au risque d’en faire un martyre ou un héros à ses propres yeux, un tabou en plein siècle de la libération des tabous.

 

Robert Forisson partage avec Alain finkielkraut (en quelle compagnie les voici  tous les deux affublés !), non pas la prétention de poursuivre la vérité, mais  la passion de «[la seule] « exactitude », passion souvent approximative chez Finkielkraut et résultant chez Forisson d’une tournure d’esprit classique, d’une éducation trop rigoriste, et d’une tendance trop accusée au rationalisme.

 

A la vérité ou à l’exactitude, je préfère la justesse.

 

Une exactitude qui abolit le contexte ne saurait ni être juste, ni être humaine. Ce n’est pas non plus par hasard que celui qui supposait d’entrée de guerre que le peuple allemand pouvait être persuadé par ses prêtres d’avoir ses dieux pour lui, s’en fait le défenseur quand il cesse d’être l’ennemi de sa patrie. Ce n’est pas par hasard que son goût admire à juste titre l’élasticité des Français de Céline et tombe sur un sujet qui contient la même obsession antijuive qui anime idéologiquement cet auteur de prédilection. Est-ce encore au nom de l’exactitude qu’il s’autorise à étirer presque indéfiniment ce sujet de l’existence ou non des chambres à gaz jugée par un comparatiste, à l’existence ou non de « la solution finale » comme extermination dans l’esprit du Führer ? Ce n’est enfin pas hasard de synchronicité, de quelque façon notariale qu’il s’en tire pour trancher la question sous le prétexte administratif d’une mutation d’après-guerre, qu’il finisse ses jours à vichy.

 

Mais ceux qui ont promulgué contre lui une loi ad hominem lui ont rendu un fier service. C’est une loi d’exception tendant à laïciser l’hypothèse religieuse d’une élection divine du peuple juif. Une telle loi fabrique l’antisémitisme de l’avenir. Sa scélératesse consiste à laisser penser à ceux qui doivent s’y soumettre sans devoir ni pouvoir y soumettre jusqu’à leurs arrière-pensées, qu’au sommet du mondialisme, appelé à réaliser la mondialisation qui est un fait, une seule nation est exceptée de la confusion des peuples, et c’est la nation juive, en raison de sa nature diasporique, territoriale en principe et par promesse éventuellement allégorique, mais répartie depuis l’Empire romain dans « la moitié du monde connu », pour ne pas dire du monde entier… C’est cette souplesse voyageuse du peuple juif » qui rend ce nationalisme compatible avec le mondialisme. Mais qu’à la tête du mondialisme, il y ait de façon réelle ou supposée, une nation et un nationalisme et, qui pis est, au nom d’une croyance religieuse instillée dans ce melting pot laïc,  fait de ce mondialisme un hybride qui le rend d’autant plus inassimilable à ceux à qui il voudrait s’imposer en faisant du composte de leurs identités. Et que le peuple juif soit le tronc commun des trois religions du Livre professée par près de la moitié du monde confus et confondu n’est pas une raison suffisante pour laïciser son élection comme chef naturel et fantasmé du mondialisme.

mardi 22 mars 2016

D'Alger à Bruxelles ou du FLN à Daesh


Depuis cet après-midi, je me fais ces quelques réflexions:

Ces attentats sont la réplique de l'arrestation d'Abdeslam. On ne va pas pleurer sur son sort. D'autant que la cruauté de ses actes n'a d'égal que sa lâcheté: Abdeslam refuse d'être extradé en France, ce qui n'empêche pas son avocat de le présenter comme un homme respectueux et donc supposément respectable...

Il y a plus intéressant. La guerre d'Algérie a consacré la victoire du terrorisme sur l'armée française qui  avait remporté la bataille militaire. De Gaulle est l'auteur de ce précédent. Mais les dirigeants qui l'ont précédé comme Mitterrand ou Guy Mollet faisaient comme nos dirigeants européens actuels : ils faisaient des moulinets et entretenaient le terrorisme en lui faisant la guerre, ou plutôt en déclarant qu'ils lui faisaient la guerre. Or une guerre contre le terrorisme est littéralement ingagnable. Le terrorisme se combat par l'action discrète des services de renseignement. De François Mitterrand et de Guy Mollet à george Bush ou à françois Hollande, qui aura pris de Mitterrand ce qu'il avait de plus mauvais, nos dirigeants perpétuent le terrorisme en lui faisant une guerre indiscrète. Et ils lui donnent l'espoir de gagner après leurs moulinets comme dans le précédent algérien ouvert par de Gaulle et par les accords d'Evian négociant un armistice après une victoire militaire.

On accroît l'impact du terrorisme en lui faisant de la publicité. Or le terrorisme n'est qu'une action de guérilla spectaculaire. Guy  Debord aurait dit mieux que moi que "le vrai" de ces attentats n'est qu'"un moment du faux" dans la réalité de la guerre mondiale.

Pour intéresser les Français aux attentats de Belgique, François Hollande leur a dit qu'ils ne visaient pas la Belgique, mais l'Europe. Pour une fois, il ne disait qu'une demi contre-vérité. En effet, nous sommes avec Daech en face d'une sorte de FLN qui combat "le quartier européen" de Bruxelles en opposant un front islamique mondial à l'ancien monde libre.

Enfin, notre époque a le culte des victimes. Il est normal de les pleurer, une victime civile est toujours innocente. Mais on préfère aujourd'hui les victimes à ceux qui donnent leur vie pour une cause.


Lorsqu'à Noël dernier, nous avons un peu ridiculement été retenus devant l'église par une inspection de Vigie pirate avant la messe de minuit, je me suis dit que ça ne me déplairait pas de mourir dans une église. Ca n'est pas vraiment désirer le martyre, mais c'est un bon début quand même...

jeudi 17 mars 2016

La troublante affaire Barbarin


Où qu'on regarde dans cette affaire, personne ne parle comme il faut, et peut-être pas moi plus qu'un autre en intervenant sur un sujet qui me touche, mais ne me regarde pas...

 

 

    1. Tout d'abord, quand Manuel valls s'exprime sur la démission d'un cardinal (et non sur la possibilité qu'un évêque se mette en réserve de sa charge), aussi bien que sur la sélection des membres de l'équipe de France de foot-ball, il le fait à la demande d'un journaliste pressant, qui porte la responsabilité de pousser les détenteurs de l'autorité publique et les responsables politiques à transgresser les principes laïcs de non ingérance des autorités temporelles sur le pouvoir spirituel.

 

L'intervention de Manuel valls que je ne suis pas soupçonnable d'apprécier (contrairement à bien des catholiques qui ne se souviennent pas qu'ils l'appelaient Manuel Gaz lors de "la manif pour tous"), n'a pas été beaucoup plus calamiteuse que le : "Je soutiens l'Eglise catholique" prononcé le lendemain matin par un françois Fillon répondant au même Jean-Jacques Bourdin, et qui a assorti ce soutien de tellement d'invectives visant à mots couverts le cardinal qui fait face à la meute, que François fillon soutient l'Eglise catholique comme la corde soutient le pendu et qu'à tout prendre, je préfère l'appel à la responsabilité du cardinal Barbarin lancé par l'irresponsable Manuel valls que le soutien parjure de fillon, s'autorisant d'être un catholique pratiquant pour trahir son Eglise comme il a abjuré son séguinisme et bradé son gaullisme social pour muter en libéral  prétenduthatchérien...

 

 

     2. On reprocheau cardinal Barbarin de ne pas avoir pris de sanctions disciplinaires contre un prêtre reconnaissant lui-même des faits dont il s'était rendu coupable il y a vingt-cinq ans. La justice accepte même de diligenter une enquête contre le cardinal alors qu'il y a un délai de prescription pour de tels actes et que ces faits sont largement prescrits, "grâce à Dieu" ou par l'effet de la justice des hommes...

 

Veut-on accuser le cardinal Barbarin d'avoir respecté le délai de prescription reconnu par la République et d'avoir voulu le transposer en délai de prescription canonique? Lui reproche-t-on d'appliquer le délai de prescription qui est l'implicite du pardon, de la rémission des péchés qu'il célèbre en tant que prêtre de Jésus-christ dans le Sacrement de réconciliation?

 

 

     3. Le cardinal Barbarin n'a pas pris de sanctions contre un autre prêtre qui aurait trahi la confiance d'un adolescent et avait été, paraît-il, déjà condamné pour exhibitionnisme, c'est-à-dire qu'il était susceptible de recommencer, à la différence du premier qui semble s'être amendé.

 

Le motif pour lequel le cardinal barbarin n'a pas pris de sanction est que l'adolescent  n'était plus un enfant quand le prêtre l'a abusé. Donc le prêtre qui a d'autant plus abusé de sa confiance qu'elle était pus spirituellement enracinée,  n'a pas au sens strict commis d'acte pédophile.

 

On pourrait ricaner en trouvant cet ancien adolescent bien peu fondé à accuser le cardinal Barbarin d'"incitation au suicide", étant donné la belle situation que ces faits ne l'ont pas empêché de trouver après de brillantes études,  puisqu'il est haut  fonctionnaire au ministère de l'INtérieur.

 

Eh bien, pour avoir vécu des faits similaires au même âge, non abusé par un prêtre, mais par un laïc marié en charge d'une oeuvre d'Eglise et qui se disait le meilleur ami de mgr Picand, dont on allait découvrir quelques années plus tard  comment il allait agir en pareille occurrence, je soutiens et je comprends ce haut fonctionnaire. J'admire aussi que mon archevêque d'Alsace ait été beaucoup moins tolérant envers cette "sexualité trouble" de ses prêtres sous prétexte qu'elle serait le propre de beaucoup de gens, et je prétends qu'il faut déplacer le curseur, et passer de l'indignation légitime contre la pédophilie à une intolérance de toute espèce de pédérastie,  surtout quand elle est commise par des clercs trahissant l'enfance ou l'adolescence.

 

Je ne parle pas en l'air, car je viens de payer assez cher et de mon plein gré des positions intransigeantes que j'ai prises récemment  en démissionnant d'un endroit où j'intervenais parce qu'on y laissait prospérer un tel individu "trouble"...

 

     4. J'ai observé par ailleurs que, lorsque de telles affaires entachaient l'Eglise, la communauté où de tels prêtres avaient sévi s'estimait quelquefois plus lésée  que les victimes elles-mêmes. La communauté n'a pas à hurler avec les loups quand le prêtre est pris la main dans le sac. Elle ne doit jamais confisquer la souffrance des victimes.

 

 

 

     5. Le cardinal Barbarin paye aujourd'hui ses outrances au moment du débat sur "le mariage pour tous",  quand il s'est entendu avec l'ex  grand rabbin plagiaire Gilles Bernheim pour supposer que la reconnaissance de l'union civile entre deux personnes de même sexe serait un prélude au mariage incestueux.

 

Dans le même ordre d'idées, s'il est assurément remarquable que Benoît XVI ait nettoyé le premier les écuries d'Augias, il ne devait pas le faire avec un tel tapage qu'il épuisait le crédit de toute l'Eglise, après des années de silence comme il en a existé dans toutes les familles (c'est seulement maintenant que notre civilisation déconstructionniste ou décivilisée donne une existence légale à la prohibition de l'inceste), à cause des turpitudes de quelques prêtres à l'égard des enfants qui leur étaient confiés. Il faut savoir raison garder, in medio stat virtus.

 

 

     6. Ceci n'explique pas cela, mais j'ai toujours été frappé par l'intonation très particulière du cardinal Barbarin dans ses prédications, catéchèses ou interventions publiques, intonation presque démagogique, qui allie à une grande agilité intellectuelle une apparence de simplicité et de puérilité qui seraient le sel de sa parole.

 

Pourquoi se croit-il obligé d'annoncer la Parole de Dieu comme un enfant? Il  est certes invité ou tenu de la recevoir comme un enfant, mais il ne doit pas l'annoncer comme un enfant.

 

 

Je me suis enfin laissé dire que le cardinal Barbarin était un "bébé Gitton" (comprenne qui pourra!), c'est-à-dire qu'il se reconnaît dans une mouvance assez traditionnelle qui, pour le peu que j'en ai vu et à l'exception de Samuel Pruvost, le brillant journaliste de "famille chrétienne" qui a disséqué notamment la spiritualité de François Hollande, se caractérise précisément par ce mélange d'intransigeance et d'immaturité.

jeudi 10 mars 2016

Olivier Latry, l'orgue ou le diaconat musical


Je viens d'entendre Olivier Latry parler depuis l'auditorium de la maison de la radio dans la perspective de l'inauguration du nouvel orgue de salon de cette grande maison du service public…

 

Je n'avais jamais entendu la voix de ce grand organiste réputé accessible  et qui est l'ami de quelqu'un de mes maîtres et amis. J'ai été surpris de le trouver d'autant plus disponible, dandy, mondain  et facile qu'athée.

 

En cela, il a bien pris la suite de Pierre cochereau avec qui moins le talent, je partage, m'a dit son ami le facteur Philippe Hartmann aux eaux de Néris les bains où je l'ai connu avec Nathalie, la maladie dont je mourrai par excès de foi(e).

 

Ce qui me gêne chez Olivier Latry, c'est qu'il a l'air de veiller sur les fonds baptismaux républicains de l'orgue de la maison de la radio avec ingratitude.

 

Il feint en effet d'oublier que le premier qui a insisté pour qu'il y ait des orgues de salon plus capables en réalité de donner les foudres d'un orage quune intégrale de Bach, fut Jean Guilloux, qui présida à la fabrication plus qu'à la restauration des orgues de Saint-Eustache à sept claviers.

 

J'aimerais qu'Olivier Latry n'hésitât pas à se proclamer son héritier. Au lieu de cela, il improvise avec force virtuosité de noyade à l'introit sur "La marseillaise" au moment des attentats terroristes du 13 novembre 2015, comme l'a fait son prédécesseur Claude-Bénigne Balbastre durant la terreur pour sauver les orgues  de Notre-dame d'être détruites.

 

Je ne sais pas si je me fais bien comprendre. Olivier Latry est un héritier de Jean Guilloux qui joue les Balbastre au lieu d'assumer, fût-il athée, l'héritage religieux de l'orgue.

 

Tout juste a-t-il pour excuses que l'orgue, par la position de la tribune près de l'entrée de l'église, est un "ministère du seuil", un diaconat musical.

 

mardi 26 janvier 2016

LA DEPRISE OU LE MEPRIS


J'entends cette parole qui me fait bondir d'aise - avant le malaise - dans la balladdo-odiffusion d'une émisssion de Paul-Marie coûteaux sur "radio courtoisie". Elle est proférée par Richard Labévière qui cite son maître Spinoza (un géopolitologue qui a Spinoza pour maître ne peut pas être totalement mauvais…) :

 

"J'essaie de me déprendre de moi-même par la connaissance et par la joie."

 

La déprise est le début du lâcher-prise, qui est la forme la moins lâche de l'attachement ou la forme la plus lâche du détachement,mais il faut bien commencer petit, puisqu'on ne se détache jamais et qu'on ne peut vivre sans lien et sans mouvement, et sans lien à soi-même que dans la schize, phrénie dissociative ou frénésie du détachement de soi.

 

La plus grande emprise est la mé-prise.

 

Comme la plus grande erreur d'appréciation est le mé-prix, quel que soit "le nombre des nécessiteux" qui réclame de faire "des économies" (comme le dit Chateaubriand ou plus trivialement Laurent wauquiez avec son "cancer de l'assistanat" diagnostiqué par "la droite sociale…").

 

J'ai une valeur inestimable, mais je dois sortir de l'estime de moi pour m'apprécier, et je gagnerais à me déprendre de moi pour prendre de l'élan et gagner du terrain.

 

Je dois me déprendre sans me mésestimer, non pour la conaissance en soi, mais pour la connaissance de moi, celle qui me fait connaître "l'univers et les dieux" dans la position du miroir et non du missionnaire.

 

Je dois me perdre pour m'aimer.

 

Pour m'aimer comme je suis connu.

 

Et pour me dé-couvrir.

 

 

dimanche 24 janvier 2016

Mon entreprise de démoralisation et la pédérastie de l'immoraliste



 

J'ai aimé ma méthode de lecture, parce qu'elle procédait par induction, allant de l'exemple littéraire à son explication philosophique.  Au cas où ma mollesse de caractère et mon manque de persévérance ne me feraient pas pousser jusqu'à son terme mon entreprise de démoralisation (ou de déconstruction de la morale), je tiens à dire que deux choses m'attirent dans l'essai de Nietzsche, dont j'ai entendu l'exégèse avant de l'avoir jamais lu, par M. Wotling à la Sorbonne, qui nous a bien expliqué l'argument de ce livre et traitait Deleuze d'imbécile. Nietzche croyait en la généalogie, et que le retour à l'origine n'était pas un mythe, contrairement à Michel Foucault qui contestait "l'éternel retour… à et de l'origine". Nietzsche parlait de généalogie là où Foucault se contente de parler d'"archéologie" : archéologie épistémologique, des savoirs, de la grammaire et de son ontologie implicite (tout nom contient en substance le verbe "être", explique-t-il dans les mots et les choses à propos de la grammaire de Port-Royal), des concepts, ou de ce que nous croyons être nos constituants naturels comme la morale. Nietzsche culturalise aussi la morale, mais en en cherchant la généalogie, pas l'archéologie. Pour la culturaliser, il  prend au sérieux Saint-Paul qui aurait inventé le christianisme. Je ne sais pas s'il dénonce en lui ce paradoxe que Saint-Paul était un immoraliste, qui ne croyait en la force de la loi que de manière négative : "Tout est permis, mais tout ne convient pas", donc il est interdit d'interdire, et nul n'est juste à moins que Jésus le Rédempteur ne le justifie.

 

Comme Saint-Paul, je suis un amoraliste. Mais j'espère ne pas être immoral.

 

J'ai aimé sans le lire  que Nietzsche dénonce "la morale des prêtres" qui aurait pris le pas sur "la morale des soldats", et dont la voix sonne faux, car ils ont des voix de faussets. Rimbaud a parlé des "ventres de curés" qui n'ont rien à envier au "ventre de bourgeois" d'Escartefigue, didascali de Pagnol au début de marius à propos de ce personnage. Les curés ont aussi presque tous des voix de ténors, et il arrive que l'hypocrisie se soit tellement amalgamée à leur voix qu'elle est entrée jusque dans son grain. Il y a des curés aux voix hypocrites, et je ne connais pas d'autre corporation dont l'hypocrisie aille ainsi jusqu'à affecter la couleur de la voix, que celle des professeurs d'Université. Je n'ai pas dit que tous les curés ou tous les professeurs d'Université étaient des hypocrites, mais je soutiens que ce sont les deux seules corporations que je connaisse, où l'hypocrisie peut affecter jusqu'au grain de la voix. Savoir s'il y a des voix hypocrites de naissance. Je serais assez enclin à le croire, mais comment l'homme serait-il aimable et récupérable s'il est fourvoyé  jusque dans sa poitrine à travers sa voix, qui est l'écho ferme, solide et thoracique de son cœur comme les yeux sont des fenêtres de l'âme ?

 

Je  n'ai lu de mes trois livres immoraux que leroman de Gide, mais il m'a déplu.

 

Ce qui rétrospectivement m'étonne le plus, c'est que l'immoraliste était un des livres que Mme schreiber, notre professeur de philosophie, nous recommandait entre autres comme entrée en matière à la classe de philo.

 

Pour le comprendre, il faut comprendre en quoi Gide est immoral (beaucoup  plus qu'amoral) : il applique la méthode de Ménalque, le maître en dépravation de mœurs ou le maître de perversion du narrateur Michel, ou la méthode de son ami Oscar Wilde qu'on trouve derrière Ménalque et qu'on rencontre dans si le grain ne meurt - ce que Gide a aimé citer de paroles bibliques… -. Wilde a maltraité sa femme en le regrettant et en écrivant dans The Ballad of Reading Gaol qu'"on tue toujours ce que l'on aime". Ainsi Michel précipite-t-il l'agonie de Marceline qu'il aime pour qu'elle ne gêne plus son amour des enfants et son passage à la pédérastie en terre arabe. La pédérastie est tellement profonde chez Gide que les Mauriac craignaient pour leurs enfants quand il venait les voir et s'étonnaient qu'il se soit bien tenu et ait ait toujours si convenable. Mais Gide ne s'attaquait pas aux fils de bourgeois.

 

Notre professeur de philosophie Mme schreiber nous encourageait peut-être à lire l'immoraliste pour nous faire entendre la pédérastie de Platon. Je ne crois pas qu'elle ait cherché si loin. Toute époque a ses tabous. La nôtre a celui de la pédophilie comme l'a très bien montré Jean-Claude Guillebaud dans la tyrannie du plaisir. A notre époque, socrate serait encore condamné pour "corruption de la jeunesse", même s'il ne le serait plus pour son impiété polythéiste qui lui a fait inventer le dieu des philosophes aux détriment des dieux des poètes. Mais la pédérastie de Gide et de Michel dans l'immoraliste n'est nullement profitable aux enfants. Le professeur devenu pédéraste après avoir renoncer à toute étude n'apprend rien aux enfants auprès de qui il vient prendre du bon temps, ce pourquoi Michel s'est débarrassé de Marceline. Il n'est pas pédéraste à la manière des philosophes antiques, il est purement pédophile à notre aulne, c'est même un touriste sexuel que Houellebecq aurait pu brocarder dans un plateforme des années folles.

 

Gide est pédophile. Je le dis avec d'autant plus de dégoût qu'un des trois abuseurs sexuels dont je fus victime à quinze ans, ayant perdu ma minorité sexuelle, donc étant trop vieux pour me plaindre, m'avait fait voir la symphonie pastorale, le film que Jean Delannoy a tiré du roman de Gide et dans lequel Michèle Morgan jouait le rôle d'une aveugle, un peu enfant sauvage. L'auteur de la symphonie pastorale et de l'immoraliste n'est rousseauiste qu'autant qu'il est impuissant, comme Jean-Jacques qui, malgré ses cinq enfants, ne s'en cachait guère. Il n'est contre les "antiphysiques" à la manière du baron d'une vie de Maupassant que pour le devenir. Il n'est doctrinairement fort au point de "supprimer les faibles", comme le dit Marceline au narrateur qui lui répond que c'est nécessaire,. qu'en étant lui-même un faux fort qui ne fait que se payer de force. Il est fort comme un esclave de ses sensations, dont Charles, le fils aîné studieux de Bocage, l'intendant des fermes de l'immoraliste, "sait" d'abord "l'amuser" avant qu'il ne change d'avis et que son goût des mauvais garçons ne le fasse préférer son frère le braconnier, qui lui fait perdre des bêtes et du bien, mais avec qui il aime tendre "des collets", quitte à ce que le père du chenapan, son honnête intendant, doive pourchasser son fils en ne comprenant pas que son maître "se moque de lui", comme le lui reproche Charles, le fils élevé dans "une ferme modèle".


L'immoraliste racontte comment un mari impuissant découvre son homosexualité et sacrifie une femme qu'il aime à cette inclination, selon le conseil de Ménalque-Oscar Wilde de tuer ce qu'on aime, pratiqué à petits feux par Gide avec Madeleine et théorisé dans la porte étroite entre le narrateur et Anissa. Mais dans quelle mesure l'impuissant ou l'homosexuel conjugal aiment-t-ils ? Il y a des gens que l'on aime parce que "le bonheur" qu'ils nous procurent ou qu'ils disent trouver avec nous dans un abandon total de tout leur être à qui nous sommes nous est "un repos",. or ce repos est incompatible avec le bonheur de l'impuissant. C'est ce que pense Ménalque, qui prétend avoir cela de commun avec le Christ qu'il ne met pas la charrue avant les bœufs, déteste le souvenir, lui préfère la nouveauté de chaque instant et de l'avenir, mais surtou n'a pas une pierre où reposer sa tête et, du moment qu'il a choisi laperversité, s'y livre sobrement et sans s'autoriser le dérivatif d'un repos qui va sacrifier quelqu'un.

 

Si une chose avait dû tout de même me séduire dans l'immoraliste, c'est que le narrateur feint d'avoir une propension pour les Goths, dont il prise la sauvagerie dans un cours qu'il professe au Collège de France. Gide aurait pu s'en faire ouvrir les portes, je n'ai pas ses entrées. Mais je me suis aperçu un jour que les Goth, tout barbares qu'ils étaient, avait donné le nom de Dieu à la langue des envahisseurs germains des romains qui, dans leur dérive racialiste et narcissique de supériorité, se sont éifiés eux-mêmes  en ne trouvant pas cette formule : "Ich binn Goth", c'est pourquoi, "deutsche Folk", je me sens supérieur au monde entier que j'emmerde.

 

"Ich binn Goth", finalement c'est la morale de l'immoraliste et la morale de celui qui n'a pas de morale. Il s'impose donc certainement que je revienne sur mon amoralisme.