Le représentant du MEDEF d'une instance où je siège résumait en ces termes la situation de la "génération Musk": »Les
jeunes d’aujourd’hui ne cherchent plus à gagner beaucoup d’argent, à s’épanouir
dans le travail et même pas a contrario à
travailler le moins possible. Ils ne cherchent pas à diminuer leur temps de
travail, mais à s’assurer de leur temps de loisir. Et ils ne font pas cela par indifférence
aux autres ou à la manière dont ils peuvent se réaliser dans le travail, ils n’ont
pas perdu le sens de l’utilité socialedu travail, mais c’est un effet du
confinement qu’on leur a imposé à vingt ans. » Eux ont subi le confinement
quand les enfants de l’avant-Musk (qui était contre le télétravail) ont été
masqués. « Casque et masque » (réminiscence du premier tome de mes
carnets), masque et Musk, Musk et masques, j’ai fait une boucle dans mes totems
sémantiques.
Quand j’étais petit, je détestais Paris, car tout y était
centralisé. Je suis allé y vivre et Gilles me disait souvent quand j’en suis
parti qu’il appréhendait difficilement « un Paris déjulianisé ». Je n’avais
pas des semelles de vent, mais Paris sous mes chaussures et je continue d’habiter
la province avec cette manière d’avoir été parisien.
Je détestais les masques, estimant qu’ils sont la couronne du royaume des apparences,
mais je ne pouvais me douter que les soixante-huitards en feraient l’accoutrement
des jeunes de vingt ans pour ne pas postillonner sous le même oxygène. Surtout
je ne pouvais me figurer que, deux années durant, on masquerait les enfants,
dans un test de Millgram que la société a déjà oublié, ce qui en dit long, au
choix sur sa légèreté (mais on sait depuis l’entrée du Christ à Jérusalem non
sous un tapis de roses, mais des copeaux de palmes, que les foules sont versatiles
et Pétain disait déjà que « les Français ont la mémoire courte »), ou
bien sur le caractère tellement traumatisant de ce test de Millgram qu’il a fallu attendre quelques années pour en
parler, sans le comparer au silence que les rescapés des camps de concentration
ont observé pour espérer passer à autre chose ou de crainte qu’on ne les croie
pas.
On a beaucoup parlé du Great resep de Klauss Schwab auquel
étrangement, je ne me suis jamais vraiment intéressé, me limitant à me dire qu’on
ne reviendrait jamais au monde d’avant, et qu’au-delà des vaccins qu’on nous
injectait et qui,faisaient de nous, à cause de l’ARN messager, pour autant que
je me souvienne de mes cours de sciences naturelles qui me furent dispensés en
classe de première, des organismes
génétiquement modifiés, ce que José Bové refusait au maïs transgénique, qu’on
ne reviendrait jamais du télétravail et je n’y voyais pas forcément une
évolution regrettable, même si je redoutais la fin des loisirs en commun et la
fin de la socialisation. Mais je ne prévoyais pas que les enfants masqués
deviendraient les enfants de Musk et encore moins qu’Elon Musk rachèterait
Twitter, ce qui ne me paraît pas un progrès pour la poésie.
Le rachat de Twitter par Elon Musk a définitivement fait
oublier que ce réseau social était celui des cent quarante signes, une
contrainte qui en vaut une autre. C’est également une régression du journalisme
à domicile pour faire tomber le bucolique réseau des gazouillis, qui a perdu
toute référence aux oiseaux pour devenir celui de la plainte contre X, du côté
où il penche sur la pente du réseau réactionnel où, sous couvert de liberté d’expression,
c’est menaces de mort et tout le tremblement.
Si Musk fait glisser X (anciennement Twitter) du côté obscur
de sa force réactionnelle, on peut souscrire à la formule de Macron qui fait de
ce nouvel homme le plus riche du monde allié à l’homme le plus puissant du
monde, le leader d’une « internationale réactionnaire ». Encore
faudrait-il que Musk ait vécu en réactionnaire ou en conservateur. Elon Musk, c’est
l’un des Daniel de la Possibilité d’une île de Michel Houellbecq. C’est
un transhumaniste désenchanté par la transition de genre de son fils devenu fille
qui ne veut plus lui parler et a pris le nom de sa mère.
Elon Musk, c’est un mélange des genres à lui tout seul. Il
fait arriver avec vingt-cinq ans de retard les rêves qu’on faisait dans ma
jeunesse, non pas sur le bug de l’an 2000, mais sur la domotique, les pilules
alimentaires et les voyages dans l’espace. C’est le savant fou qui construit
ses propres fusées à étages recyclables, et donne avec dix ans de retard raison
à Jacques Cheminade quiétait contre la City qui n’a pas perdu sa prévalence
malgré le Brexit. C’est un Jacques Cheminade à l’épreuve des faits. C’est le
mec qui te donne envie de relire les Chroniques martiennes.
C’est un écolo 2.0 moins croyant que pratiquant, mais qui a
commencé par vouloir sauvé la planète des déprédations du réchauffement
climatique et autre épuisement des énergies fosciles. C’est pas le gars qui te
dit : »Make the planete great again », c’est même le gars qui
devient MAGA, mais c’est aussi le gars qui faisait des recherches sur la
voiture électrique quand tous les grands industriels refusaient de s’y coller,
moyennant quoi leur industrie n’est plus rentable et comme ils ont un train de
retard, ils prétendent que finalement, le lithium s’épuisera avant le pétrole. Pendant
qu’ils changent d’avis, Musk les laisse causer et ne veut pas donner de leçons
sur le fait qu’il ne faudrait plus prendre l’avion et favoriser le ferroutage
au détriment du transport routier. Tout en saturant le monde qu’il parcourt de
son empreinte carbone excessive à cause de ses voyages en jet privé, il garde
un train d’avance « dont il souhaite qu'il soit au moins deux fois plus
rapide que l'avion et [fonctionne] à l'énergie solaire » Elon Musk — Wikipédia ). Le
type a démontré qu’il a du savoir-faire.
Pendant que les baveux daubent sur la transition énergétique
et sur les énergies renouvelables en construisant des éoliennes qui gâchent le
paysage, lui se pose en champion du mix énergétique en « [proposant] (sous
la marque Tesla) un système dit « Powerwall et de stockage tampon
d'énergie domestique intermittente. » Contre des Laurent Alexandre qui se
réjouissent de nous promettre que l’intelligence
artificielle va faire des OPA inamicales contre l’intelligence humaine, « il
fonde la start-up Neuralink dont l'objectif est de relier le cerveau à des
circuits intégrés dans le but de fusionner les intelligences humaines et
artificielles. L'implant cérébral sans fil Neuralink devrait dans les faits
permettre aux personnes paralysées ou lourdement handicapées de recouvrer la
parole et la mobilité. », à quoi les Cassandres médiatiques prient notre
naïveté de ne pas croire que ces prothèses ne sont pas un prélude à « l’homme
augmenté » sur des souches sélectionnées 100 % élitistes, par quoi eles
entendent le Boboïstan auquel elles-mêmes appartiennent. Parmi ces Cassandres,
il ne faut pas oublier Thierry Breton, qui en veut beaucoup à Musk parce qu’il
avaitimaginé le monde de Musk au plus creux de sa tête, sans savoir créer ce
monde au bout de ses recherches.
Mais faut-il idéaliser Musk avant de l’avoir passé au
détecteur éthico-spirituel ? Pourquoi n’est-il plus démocrate ? « Le
parti démocrate était auparavant le parti de la gentillesse. » Il ne croit
pas qu’il le soit resté. Conçoit-il la gentillesse au sens où Trump entend nous
expliquer que la prise du Capitole par ses partisans était une « journée
de l’amour » ? La gentillesse de Musk est-elle celle de l’AFD ou du
parti Fratelli de Italia de Georgia Meloni ? Contrairement au pape
François qui a un lobe pulmonaire en moins à la suite d’une pneumonie aiguë
dont il a cru mourir à vingt et un ans, Elon Musk a-t-il, selon les allégations
de son père, des séquelles respiratoires à la suite d’une bagarre « avec un
camarade dont le père s'était suicidé et dont il critiquait les larmes ? »
Refuser les larmes à ses morts tragiques est-il la compassion selon Musk ou
Musk est-il un autiste Asperger victime de l’école inclusive et « marqué
par le harcèlement scolaire de camarades qui ne le comprennent pas ? »
Musk traite-t-il ses employés comme Trump qui leur dit : »You are
fired » ou s’est-il séparé de la secrétaire qui lui était dévouée corps et
âme parce qu’il pense qu’il n’y a pas de poste à vie et que toute vie mérite la
polyvalence comme il l’a plaidé auprès d’elle ? (Il est fait mention de
cette séparation douloureuse dans un documentairee de « BFMTV »
diffusé hier soir.)
Musk est-il un chrétien de la pluralité des mondes habités et un chrétien du dépassement de l’oposition du christianisme et du scientisme, quand il affirme que « les principes du christianisme favorisent le bonheur, la natalité et la curiosité » là où d’autres en font l’opium d’une espérance différée et d’un bonheur indéfiniment remis à plus tard, un ancratisme et un empêcheur de chercher en rond et en bon apprenti sorcier ? Musk n’est-il pas tout simplement l’enfant des amoures désunies qui a reproduit le meilleur et le pire d’une éducation quasiqu’il n’a pas reçue ? Musk n’est-il pas un enfant perdu comme ses enfants masqués ? Mais la personne n’émerge-t-elle pas,en régime chrétien de l’impossibilité de résoudre ses contradictions ou, pis, de la perdition que le Christ rend capable de se retrouver en promettant que « qui cherche trouve » ? N’est-ce pas leur personne que les enfants masqués de Musk ont retrouvée en ne voulant pas s’assujettir à un travail qui les prive de leur temps de loisir où, sans indifférence aux autres, ils ne se voient pas ne pas reprendre ce que l’égoÏsme de leurs parents, le nihilisme de leur école ou le cynisme du confinement leur a volé ?
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire