L’hypocrisie états-unienne avait su inventer une opération « Pétrole
contre nourriture » pour justifier son embargo en Irak qui avait affamé la
population iraquienne. L’économie informelle de bien des pays exporte de la
drogue contre les pays qu’ils méprisent et le Venezuela ne faisait pas
exception avec le corridor des Caraïbes pour acheminer la cocaïne vers le Mexique.
Mais le Venezuelaétait un pays de passage, ni un pays producteur, ni un pays
qui contrôlait le narcotrafic. « le Venezuela joue un rôle névralgique
pour l’approvisionnement de cocaïne dans le corridor des Caraïbes, qui a été
délaissé ces dernières années au profit du corridor pacifique. Mais
contrairement à ce que Donald Trump laisse entendre, il n’est pas la source
majeure des problèmes causés par la drogue aux États-Unis, puisqu’il n’est pas
impliqué dans le trafic de fentanyl. (le Devoir, 10 décembre 2025)
Trump
a-t-il raison de cibler le Venezuela pour freiner le trafic de drogue? | Le
Devoir
)
La drogue est donc un prétexte et Donald Trump s’en cache
à peine : « les États-Unis vont diriger temporairement (mais « le
temps qu’il faut ») le Venezuela et ils vont aussi sapproprier son pétrole
que lorgnait la Chine, « mais c’est nous qui allons le vendre. » L’or
noir premier motif de Trump pour prendre le contrôle du Venezuela après avoir
arrêté son président chaviste sans prétendre vouloir y faire régner la
démocratie : on a reculé d’un pas dans l’hypocrisie et si la situation
internationale n’était pas à la fois aussi périlleuse et aussi déboussolée, on
pourrait presque s’en féliciter. Seulement l’invasion du Venezuela par le
mercantilisme trumpien est une atteinte caractérisée à la souveraineté
vénézuelienne dont sans doute, les souverainistes ne tarderont pas à s’émouvoir,
mais après avoir commis une erreur de perspective en s’imaginant que Donald
Trump était leur allié dans leur croisade pour la reconquête du droit des
peuples à disposer d’eux-mêmes et je ne saurais les en blâmer : étant
moi-même un peu souverainiste, j’ai commis la même erreur. Les souverainistes
ont misé sur un mauvais cheval qui piaffe devant l’avoine numéraire, mais qui,
au-delà de son appétence insatiable pour l’argent d’où qu’il vienne, roule pour
ce « golden age » que représente à ses yeux la reconstitution des
empires, extension à l’échelle américaine de sa propre fortune de milliardaire
héritée de papa et de grand-papa qui était un Allemand venu jouer les « oncles
d’Amérique » avec des procédés plus ou moins douteux jamais très loin des
réseaux de proxénétisme et l’atavisme proxénète ne paraît pas s’être tari :
Donald Trump a presque toujours épousé des mannequins venues de l’Est, ce qui
lui donnait un point commun avec Jeffrey Ebstein sans qu’on puisse préjuger des
développements de l’affaire, mais l’amitié avérée des deux hommes mouille d’ores
et déjà le président des États-Unis dont on ne sait pas, à ce stade, s’il avait
un penchant pour les Lolitas. Le fait de salir des femmes est-il plus excusable
d’être impliqué de manière réelle ou supposée dans des trafics de drogue ?
Le proxénétisme et le trafic de drogue sont des mots qui vont très bien
ensemble même s’il ne s’agit pas d’extrapoler. Mais Donald Trump est-il moralement
plus honnête que Nicolas Maduro ? Je ne miserais pas un kopeck sur cette
éventualité. Je note même à l’avantage du second qu’il s’est maintenu en ne
cessant jamais de s’intéresser à la question sociale. ON dit que la question
sociale est le miel des populismes. Les sociaux-démocrates ont beau jeu de dire
ça. Les sociaux-démocrates ont « leurs
pauvres » quand les fanatismes commencent à s’occuper des pauvres au nom
de l’aumône et de son sens religieux ou parce qu’ils veulent une société sans
classe. Ils s’en occupent si bien qu’ils les intéressent à ce qui les fanatise.
Les socialistess’intéressent à la question sociale en tant que telle. Les
fascistes étaient d’anciens socialistes et les nazis se déclaraient eux-mêmes
nationaux-socialistes. Le milliardaire impérialiste Donald Trump baragouinait avec
l’accent du Queens. Il avait un profil à mi-chemin entre l’ancien esclavagiste sudiste
falknérien vaincu de la Guerre de sécession et notre beauf qui, sous Renaud,
accusait tous les « bounioules » de lui voler son auto-radio, quand Trump
prétend que les immigrants, arrivés par millions des prisons et des hôpitaux
psychiatriques de tous les pays du monde, mangent des chiens et des chats.
Donald Trump flatte les bas instincts et fait écho aux croyances les plus viles
de la classe moyenne. C’est ce qui lui a fait croire qu’il était de son côté,
mais Donald Trump n’est pas, n’a jamais été un milliardaire social. Il na
jamais souffert de l’argent et adore en gagner. Le pouvoir d’achat des
Américains est en berne, il préfère l’ignorer, le nier, construire une salle de
bal à la Maison blanche et parler d’or, mettre de l’or dans son bureau ovale et
s’emparer de l’or noir du Venezuela en mauvais cheval impérialiste qui ne fait
même plus semblant de galoper pour la démocratie.
Car le second tournant dece putsch et de cet enlèvement venezuelien
est là. Il était dans l’ADN des « démocrates », de Bil Clinton à Joe
Biden, d’affirmer sans ciller : « L’Amérique
continuera à guider le monde. » Donald Trump infléchit ce leadership en
parlant de bilatéralisme qu’il préférait au multilatéralisme. Emmanuel Macron,
dans les premières interviews de son premier quinquennat, n’était pas loin de l’approuver
et de théoriser cette multipolarisation du monde qui aurait pu être la
bienvenue. Mais au hasard de sa conférence de presse tellement touffuequ’il
faut se aisser pour ramasser un bon mot et une intention profondedans toutes
les confusions trumpiennes qui s’amoncellent en telle quantité qu’on prend
Trump pour un bouffon qui amuse la galerie (on a raison et on a tort de trouver
Trump seulement divertissant), Donald Trump a dit ceci hier soir : « Plus
personne ne pourra mettre en question le leadership américain sur l’hémisphère Ouest »
continental américain. Les États-Unis pourront frapper n’importe où et quand
ils veulent. « Si j’étais un fonctionnaire cubain, je m’inquiéterais »,
a renchéri Marco Rubio. Et trump de menacer le Mexique et la Colombie après
avoir voulu récupérer le canal du Panama, le Canada et le Groenland. UN
impérialiste, vous dis-je. Comme Poutine ? Àquelques différences près qui
sont plutôt en faveur du russe : c’est que la Russie avait un passé récent
commun avec les pays dont elle veut ou reconquérir tout ou partie et dont elle
s’est séparée trop tôt et comme inconsidérément sitôt constatée la chute de l’Union
soviétique. Je me souviens de l’avoir pensé à l’époque et je suis d’autant plus
véridique en le disant que, non seulement je ne me prends pas pour un baromètre
de la politique, mais que je me suis trompé en ne croyant pas à l’agression
russe en Ukraine ou en pensant que Donald Trump ferait le jeu des
souverainistes, toutes erreurs que j’ai
confessées publiquement pour me confondre quand j’analysais mal.
Donc le jeu se redessine ainsi : d’un côté, on a une
Russie qu’on accuse de vouloir envahir l’Europe bien qu’elle proteste se borner
à vouloir protéger ou recréer son aire de civilisation historique et de l’autre,
on a des États-Unis d’Amérique qui se donnent licence de frapper, envahir,
piller et diriger n’importe quelle pays du continent américain, quand bien même
ils n’ont jamais été ratttachés à la puissance américaine. ET d’un côté, on a
une Europe quis’arme conre la Russie tout en sachant qu’elle ne fait pas le
poids sans dénoncer les exactions américaines et pour cause : l’Union
européenne n’existerait pas sans l’OTAN et ne serait-ce que par ce canal
otanien, elle est inféodée aux États-Unis par lesquels – et non contre
lesquels – elle s’est construite, compte tenu du tropisme américain de
Jean Monnet. Preuve en est, s’il fallait considérer qu’ébruiter ce secret de
polichinelle revient à lever un lièvre, qu’Emmanuel Macron s’est bien gardé de
s’élever contre le coup de force américain au Venezuela, qu’il a au conraire
justifié en disant que les Venezueliens étaient enfin débarrassés de leur
dicateteur, ce qui a beau être vrai, cela n’excuse rien. Je me croyais revenu à
l’été 1991, quand François Mitterrand applaudissait au coup d’État de Guenadi Ianaiefet
de ses zbires contre Boris Eltsine. Sous prétexte que Trump n’est pas en
Europe, mais soutient l’Union européenne via l’Alliance atlantique dont il ne demande
qu’à partir et que Macron déclarait il y a peu « en état de mort cérébrale »,
les ingérences américaines sur le continent américain n’ont rien de
condamnable, mais le fantasme d’une invasion par la Russie des pays de l’Union
européenne vaut qu’on s’arme contre elle, qu’on se mette en économie de guerre
et qu’on endette des pays déjà exsangues pour faire survivre le mythe de
valeurs européennes qui se sont toutes reniées à l’individualisme près, qui
fait le ciment de cette Europe inféconde et dévaluée, non en termes de liberté de
conscience, mais de libertés individuelles, de liberté de mœurs et il ne
faudrait pas me pousser très loin pour que je dise de mœurs dépravées.
Mais la dernière leçon que je retire de ce tournant venezuelien es un regret que les politiciens français n’assument pas leurs alliances. J’en veux à Jean-Luc Mélenchon d’avoir soutenu les émeutes de banlieue de 2023 consécutives à la mort de Nahel, mais je lui suis reconnaissant de s’être insurgéavec Rima Hassan contre l’horreur à ambition génocidaire d’Israël contre labande de Gaza et contre la Cisjordanie. Je lui sais également gré, tant qu’à faire, d’avoir mis sur le même plan l’invasion russe et ces crimes de guerre israéliens bien que leur impact ait été nettement supérieur aux menées russes dans une Ukraine vaste, résistante et présentant un savant mélange de résistance et de démobilisation. Mais j’aurais préféré qu’il assume sa proximité russe et son hostilité de principe à l’intervention occidentale dans la guerre en Ukraine autrement que par la voie diplomatique. J’aurais aimé que Marine Le Pen ou qu’Éric Zemmour aient le courage de faire de même. Il se murmure qu’Éric Zemmour a commencé de dévisser pour n’avoir pas dit que l’accueil inconditionnel de réfugiés ukrainiens dans un exode improbable et par un pays comme la France où les Ukrainiens ne pouvaient avoir aucun avenir était inconséquent. Macron a sur eux un avantage même s’il a commencé parfaire semblant de louvoyer et d’assurer qu’il ne fallait pas humilier la Russie: ce soutien actuel de l’ingérence trumpienne est, par constante européenne, un occidentalistedont on sait au moins où il habite.
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