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vendredi 23 octobre 2015

L'accidentalisme

Dramatique collision entre un camion et un car aux environs de Libourne.
Traitement de l'information:
     Sur france inter, on commence par MINIMISER le nombre de morts qu'on évalue à 32. "On ne sait pas de quelle nationalité sont ces morts", insiste par deux fois la journaliste.  Moi, je ne comprends pas l'intérêt de la question, si ce n'est que, si c'étaient des Français MORTS en france, ce serait moins grave ; MAIS si c'étaient des Français MORTS à l'étranger, ce serait plus sensationnel.
    2. BFM TVse met en édition spéciale. "Ce n'est pas parce qu'on n'a rien à dire qu'il faut fermer sa g..." Intervient entre autres une avocate spécialiste de la sécurité routière qui demande qui est le responsable. Le responsable, accuse-t-elle, ce sont les pouvoirs publics et infrastructures, les routes, très étroites et très mauvaises à cet endroit. Dans les causses ou l'Aveyron, les routes sont mauvaises aussi; mais comme il n'y a pas d'accident aujourd'hui dans ces régions-là, l'avocate ne les mentionne pas. Idem, dans le Gard, les murs sont construits dans une pierre très friable, ils tombent chaque fois qu'il y a une inondation, mais on reconstruit TOUJOURS à l'identique.
traitement de l'événement PAR LE GOUVERNEMENT:
    1. Depuis la Grèce, le Président du  deuil nationaldit sa tristesse.
    2. Le premier ministre, le ministre de l'Intérieur et le secrétaire d'Etat aux transports se rendent sur place pour freiner le travail des secours. Quand CESSERA-T-ON de confondre la politique avec le SENSATIONNALISME? Une preuve de cette confusion est que, quand un journaliste passe, avec un politique en interview, d'un sujet de fond  à la cuisine de son parti, il dit qu'il va maintenant parler "politique" alors que c'est précédemment qu'il en parlait.
Lorsque des membres d'un gouvernement se rendent sur les lieux d'un sinistre où ils ne sont d'aucune utilité, ils confortent la foule dans son voyeurisme, la foule qui s'agglutine pour voir l'étendue de la catastrophe en empêchant l'évacuation des blessés.
Une preuve par l'accidentalisme comme par "la révolution manifestationnaire" que la démocratie représentative, c'est la représentation au bénéfice de la foule AVEC ses représentants pour acteurs, alors que la démocratie directe, ce serait l'exercice de la souveraineté populaire avec le peuple pour acteur.

vendredi 2 octobre 2015

L'Eglise et les migrants


(Lire au préalable :


 

 

IL y a des moments où l'exercice non obligatoire et la figure que l'on s'impose du commentaire trop systématique est quasiment criminelle... En l'occurrence, il serait criminel de ramener l'effort de hauteur que vous  essayez de prendre avec une actualité dont l'urgence a besoin qu'on y réfléchisse profondément,  à un  effort de justification identitaire d'autant plus intellectuellement confortable qu'il est très élaboré. Même si vous faites quelques risettes à votre milieu ("Ne vous y trompez pas, j'ai choisi le pacte de reims...)", votre réflexion ne saurait s'y réduire,  ne serait-ce que parce que vous commencez par énoncer la majeure: Jésus ne nous a pas seulement demandé d'accueillir l'étranger, mais la sainte famille est la première figure du migrant.

 

Toutefois la migration de masse à laquelle nous assistons nous pose assurément un problème identitaire. Or à un premier stade, spirituel et non pas politique, il me semble que le risque dont doit se garder un chrétien est celui de l'attachement qu'il faudrait rompre partout, excepté, pour lui qui aime à se voir disparaître ou anéanti  dans l'Infini du "milieu divin", s'il s'agit de se perdre. Notre réaction n'est pas politiquement chrétienne si nous cédons à un simple réflexe de survie, qui consiste à ne pas vouloir nous perdre, si naturel que soit ce réflexe.

 

D'autre part, l'universalisme d'analogie que vous nous décrivez comme étant l'apanage du catholicisme a un revers: c'est qu'il constitue la société dans son individualisme pratique, dont le matérialisme pratique autrefois dénoncé à l'encontre du marxisme avec son athéisme pratique, et aujourd'hui son individualisme social-émotionnel, n'est que le prolongement naturel.

 

Dans la grande babylone sociétale qui a l'air de vouloir multiplier les voyageurs aux pas perdus dans des sociétés détricotées, chassez l'origine, elle revient au galop! Le monde a nié le péché originel, et la psychanalyse a organisé l'accusation perpétuelle des parents déshonorés qui avortent pour y échapper... Michel foucault a dénoncé l'illusion du "retour de l'origine", mais et l'antiracisme n'est qu'une obsession de l'origine inversée, avec cette dernière tartufferie hollandaise de  vouloir chasser des dictionnaires un mot, le mot "race", dont la réalité n'existerait pas, tout en poursuivant ceux,  les racistes, que l'on  tient pour se définir à l'aulne de cette seule réalité. Il y a là une mascarade linguistique où les nouveaux bien-pensants de "C'est dans l'air" en ont hier soir perdu leur latin ou leur franglais.

 

Le retour à Benoît XV et à Pie XII montre un changement de paradigme de l'immigration. Celle-ci n'obéit plus à des motifs invasifs comme les voyages ne forment plus la jeunesse, et la déformeraient plutôt, car on émigre pour fuir... Pour autant, l'étranger ne cesse pas  d'être désigné comme un ennemi potentiel, et la palme de l'hypocrisie revient à ceux qui nous placent depuis trente ans dans l'insupportable alternative d'avoir à choisir entre un internationalisme xénophile et antiindigène et un nationalisme xénophobe. La condition de l'étranger fascine les "cosmopolites" au point que la société est focalisée, non comme autrefois sur la survie de la patrie, mais sur cet autre fusionnel, dont il faut dissoudre la condition d'étranger, et la naturalisation est là pour cela, qui singe l'adoption par la Grâce baptismale à travers la sémantique, et la désignation par  l'opposé de la Grâce, la nature,   de ce que fait la nation quand elle adopte celui dont elle ne permet plus qu'on l'appelle étranger, sans s'être assurée qu'il consent à être adopté et qu'il se sent de son nouveau pays. Et malgré cela, on ne cesse de distiller que cet étranger est l'ennemi, non en lui-même ni par sa religion ("pas d'amalgame"), mais enfin si tous les musulmans ne sont pas islamistes, tous les islamistes sont musulmans, et il n'y a qu'à regarder d'où proviennent les attentats depuis trente ans....

 

Bref, on dissout l'origine et l'étranger, et en les dissolvant dans une naturalisation abusive, dans une naturalisation qui n'est pas naturelle, on les rend les ennemis d'eux-mêmes, puis nos ennemis de l'intérieur...

 

C'est ici qu'il nous faut être vigilants et que le rappel au gaullisme et à l'histoire longue qu'a risqué Nadine Morano est peut-être salutaire pour savoir qui accueille et qui est accueilli, pour garder certains droits du premier occupant, non pour assimiler, mais pour accueillir. Et il n'y a un accueillant et un accueilli que si l'accueillant reste maître chez lui et si l'accueilli demeure un étranger non dissout dans l'"étrangeté" (comme disait Jacques Prévert) de sa condition ni fascinante, ni enviable.

 

Alain finkielkraut disait à raison ce matin (je suis d'autant plus content de le dire que je suis rarement d'accord avec lui) qu'il y a deux écueils à éviter devant cet afflux migratoire: c'est l'indifférence du front national jusqu'à la négation du droit d'asile, et c'est, d'autre part, cette espèce de béatitude d'un accueil anarchique et sans lendemainqui pourrait nous être fatal, non à court terme, mais dans le processus de tiers-mondisation de nos pays développés qu'il signifie, et qui s'amorce depuis une quinzaine d'années avec la bénédiction de nos dirigeants politiques démissionnaires.

Avant la deuxième session du synode sur la famille

(Lire au préalable

 

 

 

Monsieur l'abbé,

 

J'espère ne pas faire une lecture superficielle de votre article en interjetant les quatre remarques suivantes:

 

    1. De quelque côté que l'on regarde, un chemin pénitentiel est toujours proposé pour l'accès éventuel à l'eucharistie des divorcés remariés. En son temps, vous avez critiqué sévèrement celui du cal Kasper que vous trouviez minimaliste. Il me semblait au contraire que la reconnaissance du péché entourant l'échec des divorcés remariés y était particulièrement mise en relief, avec un chemin de retour à la communion sacramentelle et avec la communauté de l'Eglise qui n'était pas sans rappeler le retour public que devaient faire les baptisés convaincus de péché public avant que n'existe la confession auriculaire. Sans vous chercher systématiquement querelle, je me demande si vous n'avez pas critiqué ce chemin pénitentiel par réflexe conditionné contre un prélat à qui vous reprochiez d'être un grand promoteur de l'oecuménisme. Mais surtout je me demande si la critique traditionaliste très acerbe contre le cardinal Kasper n'a pas abouti comme  souvent à l'effet  inverse  du but recherché, à savoir qu'on fait à présent une proposition encore plus minimaliste que ce chemin pénitentiel exigeant un haut degré de repentance. Cela a d'ailleurs commencé, en amont du synode et pour lui donner le ton de la volonté du pape, par le bradage des procès en nullité qui se feront plus vite que le prononcé du divorce civil et avec un certain mépris de la réalité des relations au nom de la maturité requise pour qu'un amour soit vrai et indissoluble.

 

    2. Il y a un curieux paradoxe à assister, aussi bien dans le motu proprio de Benoît XVI visant la libéralisation de la célébration de la messe de Saint-Pie V que dans cet instrumentum laboris,   au retour du curé dans sa charge apostolique et pastorale au moment même où, au nom de la collégialité sous le pontificat de françois, dans les faits sous Benoît XVI, le rôle propre du curé comme "empereur en sa paroisse" s'était vu confisquer par les évêques et par les conférences épiscopales, évêques qui ont fait capoter le motu proprio de benoît XVI par une pratique très dirigiste de l'administration des sacrements dans les diocèses.

 

    3. Au cas où le second schéma serait retenu par le synode, c'est-à-dire celui qui donnerait le dernier mot de la discipline du Sacrement eucharistique au curé pour les divorcés remariés, cela ne ferait qu'entériner en l'officialisant une pratique que j'ai toujours vue être observée, depuis au moins la fin des années 1970 où j'ai commencé à m'intéresser au sujet. En pratique, un pénitent divorcé va voir son curé, et c'est lui qui prend sur lui de lui permettre ou non de communier. Et la permission lui est généralement accordée par le curé au nom de la tradition miséricordieuse de l'Eglise.

 

    4. Je voudrais enfin dire un mot de la Miséricorde elle-même.

 

Le chrétien ne mesure pas sa grandeur. La Miséricorde ne consiste en effet pas seulement à ce que Dieu mette loin de lui son péché, c'est-à-dire loin de sa conscience immédiate pour ne pas asphyxier la psychologie du pécheur; mais Dieu efface et oublie le péché.

 

Or au lieu d'entrer dans  le pardon et dans l'oubli de dieu de son péché, le chrétien continue de le ressasser en regardant en arrière avec une certaine complaisance au mal. Or il est encouragé dans cette complaisance à ne pas renaître parce que l'Eglise lui suggère qu'il doit s'assurer lui-même qu'il est en état de Grâce et non de péché grave ou mortel. Le pécheur pardonné vit dans une tension existentielle qui efface le pardon de Dieu et qui est d'autant plus déséquilibrée que le chrétien n'est pas son propre juge. Il faudrait sans doute nuancer ce dernier propos avec ce qui se passera au Jugement dernier, mais il est globalement conforme à ce que la Révélation nous enseigne.

Je suis un vendéen de Sirie...

Je dois être un petit peu vendéen sur les bords pour que, plus l'actualité ne nous est montrée que d'un seul côté de la propagande, moins ça s'arrange. Là où "rue 89" s'émeut que des jeunes bien sous tous rapports et tirés à quatre épingles viennent écouter ce que les soutiens du régime sirien ont à dire pour leur défense, je trouve de l'équilibre dans leur mise en perspective du réel, s'ils consentent à confronter ce "récit" à ce que disent d'autre part les médias occidentaux de la guerre en Sirie.
Je les soutiens encore plus quand "Rue 89" n'en revient pas qu'ils se montrent sensibles à l'argument que "la source unique, c'est la dictature". Jusqu'où sommes-nous descendus, pour citer Alain Sorral qui a raison sur ce point, pour qu'un argument qui est le béaba du journalisme, fasse s'époumonner de convulsions révulsées des journalistes soi-disants confirmés?
J'irai même plus loin: admettons que ces vendéens, convaincus par la propagande du régime sirien, veuillent guerroyer à ses côtés, je n'y verrai aucun inconvénient personnel ou pour mon pays; comble de l'horreur,    j'ai autant de mansuétude à l'endroit de jeunes Français   (ou de jeunes à qui l'on a fait croire qu'ils étaient Français) s'en allant faire le djihad, si c'est de ce côté que leur conscience les engage à militer. Que je sache, le mercenariat, et plus encore l'engagement volontaire, a toujours existé, et on n'a jamais reproché à des jeunes Français juifs ne se voulant pas assimilés  de se porter volontaires auprès de tsahal ou de s'y enrôler temporairement comme Arnaud Clarsfeld, qui a même été récompensé pour cela en se voyant confier par Nicolas Sarkozy la présidence d'une commission de réflexion sur la politique d'immigration en france.
Dans le cas des djihadistes, si les services jugent utile de "débreafer" et de surveiller ceux qui reviennent de Sirie pour des raisons de sécurité intérieure, ils ont le devoir de le faire. Mais ils n'ont pas le droit d'interdire à qui que ce soit de s'engager où bon lui semble, et c'est vrai des djihadistes comme de tout autre citoyen français, à moins que l'on déclare officiellement que "le djihadisme, voilà l'ennemi", mais surtout que l'on définisse clairement les contours de cette notion quand même un peu moins floue que celle de terrorisme, cette guérilla spectaculaire qui fait trembler le monde et lui désigne un ennemi invisible et indéfini, donc impossible à combattre dans une guerre honnête.
J'ajoute que le pacifisme dans lequel je suis né et dans lequel je croyais devoir mourir fait qu'il m'en coûte d'écrire ces choses, de même que je suis fâché qu'on me place sans cesse devant l'alternative d'avoir à choisir entre un internationalisme xénophile et antiautochtone et un nationalisme xénophobe. Je n'ai pas été élevé dans la polarisation de l'étranger,  désigné plus ou moins hypocritement comme ennemi potentiel.
Mais devant l'incurie de nos dirigeants politiques en matière de politique internationale et qui ne s'illustrent que par le détricotage des sociétés dont ils ont la charge, je suis plutôt du côté de vladimir Poutine que de françois Hollande, même si je suis tout fraîchement sensible à cette information datant opportunément de ce matin, selon laquelle les premières frappes de la Russie se seraient exercées contre des opposants au régime sirien qui n'appartiendraient pas à Daesh. Mais je ne suis pas naïf au point de ne pas discerner un nouvel élément de propagande dans cette information opportuniste. Les occidentaux ne voudraient pas que Vladimir Poutine, après avoir eu raison en Ukraine, berceau de son pays, ne leur en déplaise, et qu'il n'est par conséquent pas tout à fait indifférent de perdre en le voyant passer de l'autre côté de la nouvelle guerre froide, ait encore une fois raison en Sirie, et rien de mieux pour torpiller sa tournée internationale que de discréditer ses premières frappes pour ne pas ridiculiser nos rounds d'observation pour cibler nos zones de bombardement.
Mais voici le lien de l'article qui m'a ffait réagir: http://rue89.nouvelobs.com/2015/10/01/y-a-aussi-francais-vont-syrie-ecouter-version-regime-261428

mercredi 30 septembre 2015

Marine de Pantin, philippique contre le caractère girardien de la dernière tragédie française


J'écoute l'émission de Bernard Antony sur "radio courtoisie". C'est en l'écoutant il y a quelques mois que j'ai appris l'invasion de l'Irak curde par Daesh que notre Président de la République appelle d'un nom de lessive : Dash (2 en 1, je ne me souvenais plus de ce slogan, mais ce n'est pas étonnant qu'il l'ait choisi vu sa position sirienne : "tout sauf Bashar, l'opposition+daesh, un chaos à la libyenne, tout ce qui n'est pas opérationnel, diviser pour ne pas régner, 2en1."

 

Bernard Antony dit d'abord que Marine le Pen parle exactement comme son père Jean-Marie, ce que j'ai remarqué depuis qu'il lui a cédé son parti avec la complicité des médias. Elle peut parler commeson père, Alain Minc le permet, il ira même dîner avec elle à condition qu'elle renie son père, c'est lui qui l'a dit sur une radio périphérique, je l'ai entendu de mes oreilles... Qu'elle le renie pour avoir prononcé une phrase complexe que cet esprit rompu aux arcanes de l'économie pas simple feint de ne pas avoir comprise :

 

"Les chambres à gaz sont un détail de l'histoire de la seconde guerre mondiale, à moins que la seconde guerre mondiale ne soit un détail de l'histoire des chambres à gaz."

 

Or Jean-Marie le Pen a dit la plus belle chose qui ait jamais été dite en termes d'expression lyrique de la mémoire de la seconde guerre mondiale. Il a dit en pleurant devant un documentariste qui le filmait il y a trente ans : "Pour moi, le mort le plus important de laguerre, c'était mon père… Il ne fumait pas, il ne buvait pas, il chantait et il est mort… Pour nous, la vie s'est arrêtée."

 

Que m'a donc appris Bernard Antony ce soir sur le reniement de son père par Marine le Pen ?Que c'était un effet de "la rivalité mimétique". C'est ce que lui aurait dit un des maîtres d'œuvre du livre noir de la psychanalyse. Naïvement je croyais que Marine avait déshonoré son père en le tuant. Elle l'a tué, elle l'a déshonoré, et elle est impardonnable d'avoir tué son père, mais il ne pouvait subsister à côté d'elle et elle ne pouvait subsister à côté de lui. Ce n'est pas un drame shakespearien ; c'est une banale histoire de famille dénaturée, comme toutes les éducations sont manquées…

 

Ce n'est pas une tragédie grecque, c'est notre dernière tragédie française. Cette tragénie banale a sa grandeur médiocre, comme le diable dépouillé de ses oripeaux. Ce pourrait être la dernière version des Atrides où Electre n'aurait pas tué Egyste, son beau-père, mais Agamemmnon, son père. Ce qui dédramatise cette tragédie, c'est qu'elle est simplement girardienne. Cette affiliation girardienne du meurtre de son père par Marine, voilà la banalisation que m'a montrée Bernard Antony à travers son grand psychiatre.

 

La théorie de René Girard est la plus inopérante qui soit. Elle ne fait presque même pas semblant de se doner des dehors thérapeutiques. Elle ne fait qu'énoncer le cercle vicieux de la jalousie, qui commence par l'imitation apparemment indépassable de l'enfant-singe.

 

Elle est marsionite au point de croire que le Nouveau Testament n'exprime que l'amour, et que le christianisme ne réalise pas toutes les phases de la divinisation, du meurtre de la victime à saglorification ultime, au point que c'est pour le christianisme qu'on croirait que la théorie de René Girard aété inventée.

 

Or c'est plus banalement pour Marine le Pen que cette théorie semble avoir été faite, non qu'elle puisse la guérir d'avoir à tuer ce père dont elle est jalouse comme l'aînée des filles du Roi Lear, et dont elle doit manger son héritage. Mais cette théorie, qui n'a de la psychologie que l'apparence, et qui est prisée des militants d'extrême droite au mépris du fait qu'ils pratiquent le tiers exclus comme Alain Soral avec le tiers juif en dépit de son admiration pour René Girard, est applicable à Marine le Pen par synchronicité, le ressort le plus retors de la psychologie théorique, mais aussi le plus thellurique du surnaturalisme païen.

 

Jamais, Marine n'aurait dû renier son père, au risque de passer pour la tête de pont d'un parti prônant un patriotisme parricide, au corps défendant du roi et de sa fille, Antigone philipotisée.

 

La théorie de René Girard est tellement peu opératoire qu'elle s'achève dans une espèce d'apocalypse pitoyable. Notre pays est lui aussi dans une espèce de chaos. Comment la fille de l'apocalypse pourrait-elle nous sauver du chaos sans, pour devenir opérationnelle, s'affranchir de la doctrine inopérante qui la fait agir malgré elle, comme un automate sous les doigts du pantin Philippot, soldat de plomb, face au soldat, son père ?

"Absoluble" maturité

                                   (Suite de la réflexion précédente)


Je continue (ou plutôt je commence seulement) à vous lire de près ce soir :

 

1. D'abord vous m'étonnez. Vous reconnaissez de curieux critères d'objectivité de l'amour :le coup de foudre et la reconnaissance mutuelle, qui font l'évidence de l'amour. Premièrement, je vous trouve bien platonicien, ou je ne vous savais pas si idéaliste. Il me semblait vous avoir lu souvent conspuer le romantisme. Voilà que vous nous dites que le critère objectif de l'amour, c'est son évidence romantique. Dieu serait l'andogyne de l'âme et l'âme l'androgyne de Dieu. Dieu foudroyant le premier et l'âme Le reconnaissant, auraient un coup de foudre réciproque et une reconnaissance mutuelle d'une telle évidence que l'âme ne pourrait nier être paramétrée, périmétrée et formatée pour Dieu.

 

En toute autre occasion vous me diriez que si l'amour bannit la crainte que ranime la liberté, il n'y a pas plus d'amour sans liberté que de liberté sans amour, même s'il n'y a jamais de liberté sans crainte. Ici, plus de liberté dans le foudroiement de l'amour de reconnaissance gémellaire de l'âme androgyne et de Dieu andoggame !

 

En surfant sur la toile, je trouve cette "devinaigrette" d'Alain Créhange : celui qui a défini le tsimtsoum comme un "absenthéisme" a néologisé l'"l'absoluble". Le transcendantalisme inné du catholicisme peut pester contre l'individu (la peste soit de cet iste ostentatoire et démonstratif !), qui ne veut pas se résoudre et se dissoudre dans l'amour. Mais si je vous rappelais que les mages hindoues proposent à leurs patients de "se dissoudre dans le divin". Se dissoudre, est-ce encore de l'amour ? Ettre dissout est-il le propre de l'amour vrai ?Je ne préfère pas mener une vie dissolue si tel est le cas de l'amour, mais de plus romantiques que moi vous diraient que la débauche est assurément préférable.

 

Dieu est absolu et la nature humaine est absoluble, malgré la relativité de l'homme.

 

Redescendons à nouveau de l'amour à la loi ! Il suffirait donc de quarante-cinq jours aux autorités éclésiastiques pour prononcer une nullité quand le juge ne met pas moins de six mois pour prononcer un divorce. "RTL" s'était ému que soit instauré "un divorce catholique" à travers l'assouplissement des procédures de nullité souhaité par le pape François. Vous assumez ici le terme de "divorce". J'avais écrit en son temps sur ce blog que le divorce était moins hypocrite que la nullité, qui aboutit à déclarer l'inexistence objective d'un lien qui a été et qui a pu donner naissance à des enfants,même s'il s'agissait d'une relation déviante selon le critère de la maturité.

 

L'Eglise concède l'immaturité comme clause favorisant la nullité. On aurait beau jeu de lui demander pourquoi, au temps des mariages princiers appariés tout enfants et souvent par l'intermédiaire de leurs seuls témoins en l'absence des époux, l'immaturité de l'enfance ne paraissait pas à cette mère une objection dirimente. Mais ceci est une objection plus méchante que fondée, quoiqu'elle le soit en effet. Il est plus constant que l'introduction du critère de maturité psychologique est pathogène. L'Eglise en le mettant en avant, se rend complice de la psychiatrisation de ses enfants.

 

Il y a trois points communs entre l'état de notre monde et le totalitarisme communiste : la bureaucratie, les appartements collectifs appelés désormais colocations,  et la protection d'un million de majeurs en france, ou la psychiatrisation des citoyens dissidents

mardi 29 septembre 2015

L'amour, la sainteté, la doctrine et la loi



(dialogue avec l'abbé de Tanoüarn à partir de son texte : http://www.ab2t.blogspot.fr/2015/09/reponse-ma-niece-sur-mgr-vesco-et-sur.html

 

 

 

1. "Tout amour vrai est indissoluble. Or il s'est dissout. Donc il n'était pas vrai", voulez-vous faire dire à mgr d'Oran...

 

Et si nous commençions par le début ?

 

Tout amour est une rencontre. Toute rencontre est intemporelle. Donc toute rencontre est vraie.

 

Il n'y a que quand on veut décomposer une rencontre qu'on la falsifie. Et parfois quand on veut la prolonger. Tout homme (et toute femme) gagne à être connu(e), mais toute rencontre ne gagne pas à être prolongée. Il y a des gens qu'il faut n'avoir rencontré qu'une fois dans sa vie, et dans cette rencontre il y a toute la densité de l'amour. Prolonger cette rencontre serait la décomposer…

 

"L'amour n'est pas un état d'âme." L'amour est une institution. Il n'y a d'amour que d'institution. Donc tout mariage est d'amour, avec ou sans dot…

 

Apories : l'amour est-il un état fixe ou un effetd'entraînement ? Si l'amour est un effet d'entraînement, est-ce que celui que Dieu sauve est celui qu'Il a créé ? Mais si l'amour est un état fixe, est-ce que j'aime si je ne me laisse pas entraîner et donc transformer par le Bien-Aimé ?

 

Pour Proust, l'amour est une composition, pour Jacques Lusseyran une "grande image", mais l'amour est la différence du défaut de l'autre à la sublimité de mon désir. Et le résultat est mon défaut de sublimité qui ne sait pas sublimer le défaut de l'autrejusqu'à l'intemporel.

 

L'amour est le défaut de ma condition qui ne sait pas aller jusqu'à l'inconditionnel et qui le conditionne dans le temps, où l'habitude de conditionner fait croire que le travail rend libre.

 

L'amour conditionné, l'amour travaillé n'est pas libre. La liberté de l'amour est moins dans la purification des mœurs que des conditions dans lesquelles il voudrait feindre d'ignorer qu'il est un amour en travail de perpétuité, en contradiction temporelle avec le travail d'enfantement.

 

L'amour n'est pas institutionnel. Plus précisément le sacramentel n'est pas l'institutionnel. Mais l'institution-Eglise, dans sa volonté d'être matrice des relations, aura beaucoup à se purifier avant de le comprendre. Elle devra opérer la même purification que celle qui doit substituer depuis Simone Weil et depuis l'intuition du P. Liebermann, comme condition de la sainteté, à l'héroïcité des vertus, la conformation inconsciente au Christ, du pauvre qui ne le connaît pas et qui ne sait pas qu'il le suit, du disciple qui est inconscient du christ, comme la prostituée ne sait pas qu'elle est sainte : quadosh-quedesha.

 


 

La loi n'est certes pas une doctrine, elle est une discipline. La doctrine vient de ce qui monte, l'idée de ce qui descend, la loi comme le principe vient de ce qui est fixe. Mais autant l'homme est fait en vue de la doctrine, autant il n'est pas fait pour la loi. Comme le dit Saint-Paul, la loi n'est là que pour "mettre en évidence le péché". Autant l'homme est fait en vue de la doctrine du mariageet pour n'avoir qu'un seul amour, autant la loi du mariage n'est là que pour lui montrer qu'il ne peut pas respecter cette sainte inclination. La doctrine du mariage lui indique le but, la loi du mariage est faite pour l'humilier. Mais cette humiliation narcissique est la blessure qu'il doit rendre à l'Amour de Dieu. Pas à la loi du mariage qu'il ne peut que trahir. Mais à l'Amour de Dieu et non pas même à l'idéal du moi qui doit céder, mais à l'Amour de Dieu joint à son idéal de l'amour de l'autre.

 

Maintenant, vous le savez bien, M. l'abé, et Berthold brecht avait raison d'intituler une de ses pièces ainsi : "L'exception est la règle…"

 

Je ne suis pas léniniste, mais qu'y faire… ?
 

jeudi 10 septembre 2015

L'enfumage climatique


-Je suis un antiécologiste primaire et tellement excessif que ça le rend peut-être insignifiant. Je vais en effet jusqu'à penser que, quelle que soit la récupération de ce discours par le pape, l'écologie confine à l'inversion diabolique, et nous fait nous pencher vers la terre avec un regard idolâtre plutôt que de porter notre espérance vers le ciel.

 

 

Les médias commencent à se plaindre que la cop 21 n'imprime pas, n'intéresse pas. François Hollande prépare les Français à ce que cette grande conférence internationale soit un flop supplémentaire de son quinquennat.

 

Je comprends que cette conférence n'intéresse pas. Elle entretient l'homme dans l'illusion très moderne qu'il peut avoir prise sur la météo. C'est une forme très rationnelle de la consultation des augures par une société qui ne croit plus que l'histoire est providentielle, mais qu'elle en connaît d'avance le dénouement.

 

En réalité, cette démonstrration de diplomatie planétaire au service de la planète émet des bons à tirer pour polluer qu'on peut s'acheter ou se revendre entre nations. C'est un droit des gens qui ne s'intéresse plus aux droits de l'homme et même pas à la nature, mais à l'environnement. On n'a jamais entendu un écologiste dénoncer l'esclavage des animaux violés pour se reproduire, l'agriculture industrielle ou le bûcheronnage massif des arbres, mais les écologistes voudraient changer l'atmosphère. Moins politicardement, l'industrie automobile n'a jamais investi dans les voitures électriques, et on voudrait savoir ce qu'on entend par les énergies renouvelables, qui se renouvellent si peu qu'on ne les voit pas venir. Mais il serait indispensable de fermer les centrales nucléaires pour qu'"Anne, ma sœur Anne".

mardi 1 septembre 2015

Roland Dumas et Jean-Marie le Pen


La différence entre Roland Dumas et Jean-Marie le Pen :

 

Roland Dumas (que je suis en train d'écouter, interrogé sur Youtube par Philippe Bilger) dit que la mort de son père, fusillé quand il avait vingt ans, et dont il a reconnu le corps pour éviter cette épreuve à sa mère, lui a fait tout relativiser.

 

Le Pen, "l'homme du détail" dont Moaty s'est plaint d'êtrele fils, a dit que pour lui, "le mort le plus important de la seconde guerre mondiale, c'était [son] père".

vendredi 28 août 2015

Quelques considérations sur le phénomène migratoire

1. Du pmoint de vue des droits de l'homme: peut-on interdire ou limiter les migrations dès lors que "la liberté d'aller et venir" est affirmée par un texte qui nous engage, au moins sur le plan déclaratif?
2. Du point de vue moral et économique:
  a) peut-on limiter la liberté de circulation des personnes si l'on ne met aucun frein à la liberté de circulation des biens, si une marchandise agricole produite en france fait le tour du monde avant d'atterrir à nouveau dans notre assiette ou si un ordre de change donné par un actionnaire, à son insu liquidateur du salariat autochtone, est donné  et exécuté plus vite que ne sera jamais organisé le trafic des passeurs?
   b) Les immigrés clandestins sont-ils les plus grands consommateurs de notre richesse nationale? Eux et "les travailleurs détachés" ne contribuent-ils pas au moins dans une mesure équivalente à la production de cette richesse?
       S'il y avait un lien essentiel entre immigration et pouvoir d'achat, comment expliquer que la radicalisation islamiste ait choisi pour terreau principal notre sous-prolétariat, autochtone ou immigré? L'islamisme en france concerne les laissés pour compte de l'éducation et du pouvoir d'achat.
3. Du point de vue de la civilisation: peut-on encore parler de civilisation:
     a) Si celle-ci n'assure pas sa transmission (cf. le point précédent), mais aussi
    b) si celle-ci est trop mondialisée pour être multiple? Car contrairement à la culture, la civilisation n'existe qu'en relation avec du multiple, après avoir existé par opposition à la barbarie. La civilisation est en effet le capitale ou le patrimoine d'une certaine ère géographique ou culturelle.
4. Choisit-on "de se faire grand-remplacer", ou bien l'immigration de masse est-elle un effet conjugué de la révolution des transports et de la déstabilisation des pays d'émigration, jointe à une propagande qui fait croire aux émigrants qu'ils trouveront un Eldorado dans les pays d'accueil, propagande dont on s'étonne qu'elle puisse emporter la croyance, étant donné quele monde peut être affamé ou privé de médicaments, il n'est presque nulle part sevré de moyens de communication.
4. Doit-on avoir une vision européo-centrée du phénomène migratoire dès lors que les pays qui souffrent le plus de ce phénomène sont actuellement la turquie, la Libye et la Tunisie, et en europe l'Italie et la Grèce?
5. La migration de masse produit-elle encore une conquête dans le monde post-colonial, où la conquête est l'influence et où les populations potentiellement invasives viennent de contrées qui ne sont pas entièrement homogènes?
6. Les vocations au terrorisme ne sont-elles pas le fruit éminemment prévisible du monde d'après la première guerre du golfe qui n'a jamais cessé ses ingérances gendarmesques depuis qu'il y a pris goût par cette première coalition de tous contre un? Accessoirement, les pays arabes ont mieux su se coaliser contre Saddam Hussein et depuis dans toutes les aventures américaines que la Ligue arabe, pourtant créée à cet effet, n'a su lever une armée pour défendre la Palestine? Par conséquent, les Arabes sont les premiers ennemis des Palestiniens, eux et non pas les sionistes, ils ne devraient jamais l'oublier.
7. Enfin, ne peut-on pas mesurer la baisse du niveau de la classe politique française à ce que le tombeur de Jean-Marie le Pen, l'énarque Philippot, à la tête d'un parti pour le patriotisme parricide, s'est récemment déclaré contre le droit d'asile comme il a affirmé sans autre forme de procès lors des élections européennes n'être pas du tout européen? (cf. son interview récente chez Jean-Jacques bourdin et son itterview de l'époque à l'émission: "Face aux chrétiens")?

jeudi 20 août 2015

"Le système" et son épouvantail


Marine le Pen exclut son père du parti qu'il a rendu célèbre. La dédiabolisation s'achève en dépaternisation. On ne peut pas faire confiance en un parti au patriotisme parricide.

 

"Le système" ne s'était pas trompé dans la désignation de son épouvantail. Cela ne l'empêche pas d'être lui-même épouvantable jusqu'à un certain point. Le caractère épouvantable du "système" réside dans l'organisation du paupérisme.

 

Napoléon III s'était fait connaître par un livre intitulé "L'extinction du paupérisme." Qui intitulerait un livre de cette façon aujourd'hui? Les candidats à l'élection présidentielle promettent bien un horizon "zéro SDF", mais c'est comme le droit opposable au logement. On oublie leurs promesses et il suffit qu'un droit soit déclaratif pour qu'il soit supposé effectif.

mercredi 19 août 2015

Le prisonnier opportuniste, l'homme providentiel et l'homme sacrificiel


M'est venu, en écoutant Michel Winock parler du premier Mitterrand et en contrepoint à "l'épée et le bouclier" du colonel rémy, que de gaulle  l's'était montré en homme providentiel quand Pétain s'était posé en homme sacrificiel.

 

On a souvent dit que Mitterrand avait consolidé la cinquième République en parjurant son "coup d'Etat permanent" le jour où, devenant Président de la République, il s'était moulé dans ses institutions. Je crois plutôt qu'il l'a renversée en  permettant  le régime trouble de la cohabitation, contre l'ambition plébiscitaire du général de Gaulle. A travers  le scepticisme du monarque républicain,  Mitterrand, roi banal préparant le Président normal,  a rétabli la quatrième République qui l'avait fait onze fois ministre.

jeudi 30 juillet 2015

La structure et le Logos


 
Hier, topo de Michel Onfray sur le structuralisme (dans le cadre de sa Contre-histoire de la philosophie » diffusée estivalement sur « France culture » tous les jours de la semaine à 11h et à 19h).

 

Michel ONfray est clair, mêm s’il ne s’appesantit pas assez sur les philosophes et les systèmes qu’il critique.

 

Il en ressort que la structure est un paradigme (sic, et c’est moi qui ai choisi le mot) qui a lui-même été choisi pour remplacer l’Idée et dieu et préparer la mort de l’homme.

 

La structure a toutes les caractéristiques d’un mot apophatique attribué par une union des contraires et selon la figure de dieu. (Mais à tout prendre, j’aime mieux la structure que la morale apophatique qui sert de « politique provisoire » à bernard-Henri Lévy.

 

On peut trouver cela tout à faitdérisoire. Pour autant, la structure répond à un besoin philosophique de savoir ce qui l’emporte, de l’Homme ou de l’Idée en densité de vie.

 

La structure porte une certaine définition de la vie : la structure, c’est le processus  de circulation des idées et des rapports entre les hommes.

 

Les hommes ne sont pas la vie, les idées ne sont pas la vie, mais la vie est la relation structurelle entre les idées et les hommes.

 

C’est ainsi que Lacan disait que l’inconscient n’est ni individuel, ni collectif, mais intersubjectif. La relation crée son ordre de péripéties, entre les sujets, et l’histoire des frottements entre les personnalités dans lesquels s’actualisent (mot scolastique assumé par le structuralisme, nous dit ONfray) les otentialités des personnalités, perdues sans les relations.

 

Le pseudo-catholicisme du dr Carriger, tout en transférant follement et prématurément les données de la vie trinitaire dans  l’accomplissement de la personne humaine, relève aussi d’un structuralisme qui met en conflit la transcendance de la personne avec la relation qui la fait vivre.

 

Je ne peux évidemment pas cautionner l’athéisme mimétique du structuralisme, qui pousse la singerie du verbe jusqu’à la performativité du langage : « quand dire, c’est faire… »

 

ONfray manie bien l’ironie quand il moque « la mort de l’auteur » qui ne ferait plus qu’écouter parler le langage quand il passe. L’auteur serait un simple scripteur (ou téléscripteur) du langage. Cela rend pourtant partiellement compte du déterminisme de l’écriture.

 

La structure est issue de la linguistique, et la linguistique parie que « la langue est un système en équilibre » (Julien Wackez, cours de sociologie de l’écriture).

 

La langue serait de plus un système complexe, c’est-à-dire que non seulement les linguistes sont fascinés par la règle avec un dosage très savant de transgressions ou de variations ménagées dans la règle, mais il ne faudrait surtout pas chercher à démêler quelle est la métaphysique qui se cache dans la syntaxe.

 

La fascination du langage culmine dans cette formule creuse de Lacan que l’inconscient est structuré comme un langage. S’il est structuré et que c’est un système complexe, c’est une « case vide » et une structure neutre, sur laquelle toute action, a fortiori thérapeutique, se révèle impossible.

 

Le langage pensé comme système complexe imite mal le Logos.

 

Le langage est au Logos ce que le verbiage est au verbe.

 

Mais il y a dans le langage comme dans le Logos le mystère d’une préfiguration qui échappe à toute emprise magique. Or cette préfiguration est d’ordre structurel.

mardi 28 juillet 2015

Claude Lemesle et moi


 
1. Ce devait être au début de l’année 1986. Je regarderais sur Internet, je le trouverais tout de suite, mais je n’ai pas envie de vérifier. Après tout, les souvenirs ont aussi leur genre de précision. A l’époque, on croyait à la décentralisation, mais à la décentralisation qui évite à la province de devenir  un désert, pas à la décentralisation administrative, qui rapproche les régions sous prétexte de proximité.

 

Les radios délocalisées de « radio France » commençaient à émettre 24h/24 comme les chaînes régionales de « « FR3 » émettaient trois heures par jour. Depuis lors, Laurent boyer fait le régional de l’étape sur « France 3 » tous les midis et à partir d’une certaine heure, on fait le raccrochage national des radios locales de « radio France » et de « radio bleu », qui ne donne de signe de vieillesse que d’avoir engagé Evelyne Adam, transfuge de « radio Montmartre », pour parler aux anciens.

 

Je voulais être de ce premier matin du monde, où « radio France Alsace » inaugurait sa matinale avec Hervé Chevalier. C’était gai, c’était punchy. Pour un peu, moi qui avais pris l’habitude de me lever à 6h moins 8mn pour remettre au matin la corvée des devoirs du soir en écoutant les matinales de « France inter », j’allais être dissipé  dans mon ajournement. Je ne croyais pas si bien dire.

 

Pour cimenter l’auditoire segmenté de ceux qui quittaient l’écoute assidue de la matinale de « France inter » pour devenir les matinaux de « radio France Alsace », Hervé Chevalier avait imaginé de lancer un jeu. En ce premier jour du lancement de « radio France Alsace », il demandait aux auditeurs de reconnaître un chanteur. En l’occurrence, il fallait lui dire qui était l’auteur, le compositeur et l’interprète de « Ma demoiselle de déshonneur ». Je ne comprenais rien à cette histoire de séchage de cours, tournant, par séchage de confesse, à une histoire de fesses et, qui plus est, au premier « essai royal » d’un puceau. Seul m’importait de dépuceler l’émission et d’être le premier à faire ma proposition. Je crois que j’y réussis, mais mon coup d’essai ne fut pas un coup de maître, je ne trouvai pas Claude Lemesle.

 

 

2. Dans les années 80, lorsqu’il arrivait aux radios libres de repasser, trop souvent à mon goût,  une émission sur les années 60 et les « yéyés », je me demandais ce que deviendrait la musique en l’an 2000. Et je me disais que, puisqu’on était passé du bougui bougui à cette espèce de tristesse agressive et lancinante encore plus pauvre en accord que le bouguibougui des yéyés, on ne pourrait que régresser vers un équivalent de ce que je ne savais pas qu’on appellerait la techno. Mais ce que je n’imaginais pas, c’est que, comme on aurait atteint « le degré zéro de la musique », on en rajouterait dans une tendance que je n’aimais pas dès les années 80 : on aurait une telle nostalgie de la variété nulle d’il y a vingt ans qu’on ne ferait plus que l’écouter. Encore, dans les années 80, les émissions sur les années 60 étaient-elles rares. Mais dans les années 2000, presque toutes les émissions de variété enfilent les tubes recyclés des années 80.

 

 

3. Je ne sais pas pourquoi, moi qui me demandais au début des années 80 ce que deviendraient les années 2000, chaque fois que Frédéric Taddeï demande à ses invités de l’ »Europe 1 social club » ce qu’ont apporté les années 2000, cela m’agace. Pourtant, ce soir, il y eut une belle brochette de réponses. Dominique A. a répondu : « La rétromania » ; Jean-Pierre Daroussin a répondu : « Rien du tout ; » et un virtuose dont je n’ai pas retenu le nom a répondu par les expériences pédagogiques, qui consistaient à initier les élèves musiciens à devenir virtuoses par l’orchestre, expérience qu’on fait en Allemagne tous les après-midis dans les vraies activités d’éveil et périscolaires qu’organise ce pays depuis des lustres.

     

 

 

4.    Il m’était arrivé de déjeuner avec le président de la SACEM du temps que c’était Piere Delanoë, je veux dire dans le même restaurant que lui, un restaurant de la rue Blanche, le même qu’avait fréquenté un jour en ma présence Jean-christophe Mitterrand, pour qui sa mère avait fait la quête une veille de Noël, afin de sortir de prison « Papa-m’a-dit », que le juge qui « [suait] la haine » avait incarcéré pour ses malversations africaines. Mais jamais je n’avais pu lier avec le grand parolier qui aurait pu protéger mes droits d’auteur. Et jamais je n’ai été admis à la SACEM à cause de mes « tercets viennois », que  j’eus la mauvaise idée d’enregistrer sur mon CD : « En franc tireur » en ne pensant pas que, faisant un montage où figuraient divers extraits du « concert du nouvel an », j’aurais dû m’assurer de l’autorisation de pouvoir les faire figurer sur mon CD confidentiel, produit par une association tiphlophile animée par une espèce d’escroc, qui faisait croire à ses artistes que leur disque allait les lancer, alors que l’association ne faisait que les offrir en récompense à ses généreux donateurs, stratagème imaginé par cet escroc, mais qui ne fut pas à l’origine de sa liquidation judiciaire où l’escroc ne fut pas inquiété, , qui avait été engagé par la fondatrice parce qu’il avait travaillé dans une boîte américaine et savait coment faire rentrer du fric, c’était lui-même qui me l’avait dit dans le restaurant fréquenté par Jean-christophe, où Pierre delanoë avait aussi son rond de serviette. IL faut dire que l’escroc était un artiste raté et qu’il en avait la dégaine un peu râpée.

 

Or une nuit, le nouveau Président de la SACEM, Claude Lemesle, qui avait remplacé Piere Delanoë et organisait dans Paris des ateliers d’écriture pour apprendre à des auteurs de chanson à devenir des paroliers hors paire, eut l’idée saugrenue de balancer son mail à l’antenne. Je ne l’eus pas plus tôt entendu que je me levai de mon paddoc et lui envoyai un mail avec mon CD en pièce jointe.

 

A mon grand étonnement, il me répondit qu’il n’arrivait pas à ouvrirma pièce jointe, mais désirait que je lui envoie mon CD par voie postale à son domicile dont il me donnait l’adresse. Je m’exécutais sans grand espoir, et fus une fois de plus surpris de me voir adresser un nouveau mail, m’engageant à lui donner mon numéro de téléphone et à prendre un rendez-vous téléphonique.

 

Je croyais ma carrière faite, et tâchais de me renseigner sur ce qu’avait été celle d’un Monsieur dont je ne savais presque rien, sinon qu’il avait écrit « La demoiselle de déshonneur » dont je n’avais pas su être « le biquet », qu’il animait des ateliers d’écriture et qu’il avait une voix qui avait vieilli pour 67 ans. A la réécoute, elle n’avait pas tellement défraîchi, c’est moi qui l’entendais plus jeune qu’elle n’était lorsque j’étais plus jeune, lorsque moi-même avais treize ans et ne trouvais pas la fente de « la demoiselle de déshonneur » pour la détrousser en « un quart d’heure »…

 

Le président Lemesle fut ponctuel et, avec la politesse d’un roi, m’appela au jour et à l’heure dite. Il trouvait que mes rimes étaient trop régulières et me donna le conseil de les varier un peu et de moduler ma mélodie. Marie-véra m’avait dit la même chose. Je commençais à me dire que ce n’était pas gagné. C’est alors que vint son aide la plus décisive. Il me dit qu’il avait pris l’habitude d’appeler ceux qui le contactaient parce que, s’il leur écrivait, ils ne les croyaient pas. Et ce qu’il avait à leur dire, c’était qu’il ne pouvait rien pour eux, car les maisons de disques avaient tout verrouillé et tellement pris l’habitude de travailler avec les mêmes, que lui-même se trouvait en bas de la pile. Récemment, on ne l’avait pas retenu pour le dernier album de Johnny. S’il était en son pouvoir d’aider quelqu’un, il aurait privilégié ceux qui participaient à ses ateliers d’écriture, payaient cher pour apprendre à écrire de bonnes chansons et n’en tiraient aucun bénéfice.

 

Je trouvais ça un peu pervers. Au téléphone, le Président de la SACEM pleurait à mon oreille sur l’état de la création : « C’est que les maisons de disque, ma bonne dame, ont tout verrouillé. Je l’ai dit à Jean-Jacques, mais il ne peut rien faire. » « Toute la vie… ! »

 

UN de mes premiers profs de musique, Marc Baumann, m’avait dit que je connaissais Gounod par son intermédiaire, qui avait un élève dont le grand-père avait été l’élève du grand Charles faustien. Et maintenant, je connaissais aussi Jean-Jacques par le truchement de ce pauvre claude-Méphisto, que je consolais, en l’écoutant, lui qui aurait dû protéger et promouvoir la création, se demander pourquoi les maisons de disque, plus les supports se multipliaient qui auraient dû diversifier la production, donnaient dans « radio nostalgie » depuis le début des années 2000, qui n’avaient rien apporté des utopies domotiques et robotiques qui nous en étaient promises, sinon le saignement des peuples par les machines à calculer leur dette, nous avaient supprimé à peu près tous les films sur la centaine de chaînes de télé du câble et du satellite alors qu’il y en avait trois par soir quand il n’y avait que trois chaînes, et avaient réduit la variété à « radio nostalgie », en pleurait le président impuissant et déshonoré de la SACEM !

Rimbaud et moi



Ce que je peux être tardif !

 

Je suis en train de suivre l’émission que consacre Jean-Michel Djian à Rimbaud, le voyant, le voyou, dans le cadre de « la grande traversée » que ce producteur, ami de Depardieu aux plus mauvais jours, quand celui-ci se justifiait de sa déchéance physique et fiscale de ce  qu’il allait produire un film sur ce poète admiré qu’il comprenait, consacre au poète.

 

Poète sur lequel alain Bohrer (ou Morer) confirme en la formulant une intuition que j’ai toujours eue :Les illuminations montrent qu’il ne s’est pas contenté du « déréglement raisonné de tous les sens » pour se confirmer dans l’idée qu’il était né poète et transformer la poésie : mais, en plus qu’anarchiste, il voulait aussi « transformer les conditions originelles » (ça resort de « Génies » « ), « transformer la vie » et « réinventer l’amour ».

 

Alain Borer a raison de dire qu’en cela (et non seulement parce qu’il a réussi à transformer la poésie au hasard d’une phrase, « je est un autre »), Rimbaud est vraiment révolutionnaire. Le révolutionnaire ne fait pas que renverser la hiérarchie du moment pour que les premiers soient les derniers et réciproquement comme le ferait Dieu le Père d’après Marie dans le magnificat, le poète et le révolutionnaire renouvellent les conditions dans lesquelles, par art ou par nature, la condition humaine a établi des conventions pour vivre sa condition.

 

Je suis bien tardif. IL y a des années, grâce à Daniel Ancelet, j’avais rencontré Alain breton, le directeur de la librairie Racine. Celui-ci me dit que je produisais de la poésie de qualité, mais qu’elle était architecturée en des recueils trop longs. Il me dit que j’étais, non pas volcanique, mais volcanesque. Je lui demandai la différence. IL me dit qu’un volcan était en ébullition quand la lave en fusion dégorgeait du sous-sol, mais que j’étais en ébullition permanente. Ce qui ne se voulait pas un compliment, mais un constat, çam’a plu. Je le rapproche d’une phrase que prononça un jour Jean Johan sur lui-même. Je lui demandais comment il allait, je ne l’avais pas vu depuis longtemps. . Jean Johan me répondit tout naturellement : « J’ai toujours le même feu en moi. » Quelle belle manière de vieillir !

 

En me faisant son compliment et en me disant à quelle condition il me publierait, que je limite mes recueils à 70pages (il me disait aussi que la poésie doit éviter les adverbes), Alain Breton me récitait du rimbaud, ce qui provoqua en moi un sentiment mêlé : d’un côté j’admirais que l’éditteur eût tant de mémoire ; et de l’autre, je trouvais trop conventionnel qu’un éditeur de poésie soit entiché de Rimbaud, comme une figure obligée. Je luien demandais des comptes tout en lui avouant ne pas bien le conaître. J’en reçus le conseil de le lire, de l’apprendre par cœur, car je ne pourrais plus me poser la question. Je l’ai lu raisonnablement, c’est même avec Rimbaud et Claudel que j’ai pratiqué ce que j’appelle la « lecture en aède ». Je suis entré dans le poème ou dans le partage  en comentant directement les retentissements qu’ils provoquaient dans mon « expérience intérieure » (pour me mettre l’eau à la bouche de découvrir Bataille avec le pressentiment assez certain que je n’en tirerai rien).

 

J’ai donc suivi le conseil d’Alain breton,  j’ai lu Rimbaud, je l’ai souvent compris et je n’en ai pas tiré grand-chose. Écrivant ces lignes, je continuais d’écouter l’émission de J.M. djian (je réapprends depuis quelques semaines à faire plusieurs choses à la fois, j’en éprouvaisdu scrupule jusqu’alors), et j’ai été heureux d’entendre que cet Alain Bohrer qui l’a si bien compris n’admire pas le poète et que René Etiamble, dont on diffusait une archive, avait du mal à ne pas le mépriser. Même ce snobe de Philippe Sollers, qui n’en comprend pas moins les écrivains comme personne,  donne à son corps défendant un plus beau contre-exemple de l’admiration en bonne partie gratuite que l’on porte à Rimbaud que de l’ignorance des éditeurs qui servent de filtre à la littérature et de l’inanité du filtre éditorial, lorsqu’il raconte à l’envi ce canular génial que lui et quelques-uns de ses comparses avaient imaginé : ils ont envoyé plusieurs exemplaires des illuminations à de grands éditeurs en changeant le titre du reucueil et le faisant passer pour l’œuvre d’un illustre inconnu, et chaque fois le recueil leur est revenu avec un refus, et pour motif de ce refus une critique en immaturité ou en hermétisme, ce qui relativise ce que roland Barthes, ce « fils à maman »,  écrit du lisible et du recevable.

 

Lorsque je faisais un stage à l’erdv, Emanuelle Philippe, qui avait l’air d’une jeune femme très timide et très sage, se passionnait pour Rimbaud. Elle dirigeait le cdi et essayait de faire passer sa passion à des élèves de cinquième tout en leur demandant (gentiment, il faut le reconnaître) de ne pas faire de chahut. Je trouve absurde que l’on enseigne à des enfants à se reconnaître dans la figure tutélaire d’un « poète maudit » (qu’ »on a moins pensé » qu’il ne s’est lui-même vécu comme tel), tout en les rasant de séances de prévention contre les « conduites à risque » et tout en leur demandant d’être sages. C’est une des absurdités de l’enseignement du français, qui n’a son pareil que dans le fait de faire étudier des effets de style à des enfants qui ne savent pas consruire une phrase, ou les lettres de Madame de Sévigné à des élèves à qui l’on explique qu’une lettre est formée, comme une dissertation, d’une introduction, d’un développement et d’une conclusion, ce qui est fait pour les intimider et leur couper la chique épistolaire.

 

Je ne vois pas comment des enfants pourraient se découvrir nés poètes par l’enseignement même qui a pour fonction de réprimer leur part de fantaisie et de contestation du système scolaire. Et ce n’est pas seulement l’école qui n’est pas légitime à leur enseigner Rimbaud, c’est l’enfance qui est un âge trop précoce pour se découvrir poétesse.

lundi 27 juillet 2015

Yves-Marie Adeline et moi

Pour lutter contre mon insomnie, j’écoute Yves-Marie Adeline. Je connais un peu l'homme et son parcours, il me fait l'effet d'un raté.
Il n’a cessé de ne pas tout à fait se retourner pour ne pas tout à fait se parjurer tout en ne restant pas tout à fait lui-même…
Comme je fais l’efet d’un raté à beaucoup de gens, j’étudie comment Yves-Marie Adeline s'y prendra pour détourner les esprits de croire qu’il en est un. Car il sait que les esprits qui le connaissent ne peuvent que le prendre pour un raté.
Je ne doute pas qu’il arrivera à ses fins et entraînera les esprits dans sa nouvelle assise. Mais je doute encore moins que,  quand il en aura terminé de son interview, il rentrera chez lui, épuisé d’avoir réussi son examen, et il sera certain, se regardant pour une fois come les autres le voient, qu'il n'a pas d'assise et que son nouveau trône est un leurre.
Ainsi m’arrive-t-il,  chaque fois que je revois de la famille dont je sais qu'elle me prend pour un raté, bien qu'elle ne me juge pas car elle a autre chose à faire que de penser à moi: quand je les sens convaincus que le monstre prometteur n'a pas trahi les promesses de l'enfant surdoué, c'est moi qui suis convaincu  d'imposture. Je sors de ces assises en gardant mon assise et en sachant que je ne suis pas assis.