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vendredi 6 mai 2011

Le tourisme et la coopération sexuelle

(Extrait du "Dialogue entre le torrentiel et un croissant de lune, partie IV, herméneutique 22)

Envoyé par le croissant de lune, le 1er mai 2011 à 20h32

Mon Torrentiel.


Reçois de moi mille saluts pour la grande fête du travail, et encore mille saluts pour la fête de la pucelle sainte. (NDLR, entendre par là du torrentiel: la date de cette fête a été indûment détournée par le front National. La véritable date de la célébration de sa fête est le 8 mai, ce qui coïncide de façon étonnante avec la victoire que nous acquîmes, la france étant unie au monde anglo-saxon, contre les puissances de l'axe, ennemies de toutes nos valeurs et d'un antichristianisme force-né.)

Nous avons depuis sept jours plus de vie et de bruit dans la maison. C'est que l'aînée de ma femme est arrivée, avec son fils et ses jumelles nées le 17 février. Mignonnes brunettes aux yeux bleus-gris, à peine un peu de duvet sur le crâne, elles tètent bien, boivent sans rechigner, belle santé, peu pleurardes. Je vais tout à l'heure poser pour la photo, les deux biberons en main. Pleurent pas souvent, elles gazouillent, émerveillées de vivre. Joie de vivre sous mon toit.
(NDLR: dans une correspondance privée que je n'ai pas publiée, le Croissant de lune a soupçonné justement que le chrétien tourmenté que j'étais ne bénéficiati pas de ces joies simples: pouvoir jouer avec des enfants. En toute vérité d'introspection, il faut reconnaître que c'est une destinée singulière que la religion de l'Incarnation ait abouti à rendre beaucoup d'entre nous désincarnés.)

Autrement, le pain de farine à produire s'accumule devant moi, mes journées sont longues, presque trop. Mercredi dernier, j'eus encore droit à l'adolescente catho, qui ne veut pas raser les murs. C'te fille n'est pas bête du tout. Elle m'a parlé de la notion de catho-pride. C'est une idée à creuser et à promouvoir! On sent bien qu'en partie, la désaffection de l'église s'explique par cet excès de mauvaise humilité, de résignation. Si les cathos sont si honteux et invisibles, pourquoi se joindre à eux? Les musulmans eux-mêmes seraient bientôt dans le même état , à force de se résigner et faiblir devant les persécutions et stigmatisations. En tout cas, il est probable qu'il y ait déjà une certaine crise des vocations. Rien ne me fait moins bander que de voir le C-F-C-M prosterné devant le ministre de l'intérieur, sans élever la voix, sans récrier contre l'impunité manifeste dont semblent jouir, les élus, coupables de rétentions abusives de permis. Notre Conseil nous a servilement dépréciés devant le ministre arrogant. Voilà le genre d'attitudes propres à décourager les jeunes, on peinera à trouver des conducteurs de prières et officients!

Au cours de la semaine, que s'est-il passé? Le mariage britannique ne m'a pas fait bander du tout, mon coeur n'est pas sur l'Angleterre. Que t'en semble, les tornades et intempéries Américaines me sont agréables! En effet, Torrentiel, le mal de mes ennemis me réjouis, et que ce soit un péché, je ne veux pas en être absous! Je ne parviens pas non plus à déplorer l'incident de Marakech, désolé. Connais-tu cette place? J'ai visité le pays de l'Extrême-couchant, en 87, la grande place de Marakech était déjà un étalage de débauche. Depuis qu'un coup d'état salvateur a forcé la Taïlande à se régénérer et à recoudre sa virginité, c'est au Maroc que sont revenus la palme et le records de la prostitution et de l'indignité! Sais-tu qu'en Taïlande, dorénavant, la vente de drogue est punie de mort? J'aprouve sans réserve ces mesures sévères mais libératrices, qui arrachent de force et par contrainte, un peuple à la voie et à la pente satanique et trop aisée de l'abaissement, laquelle conduit assurément, à la misère garantie! C'est le Maroc qui, maintenant, bat les records. Déjà, en 87, c'était pas mal dans le genre, et on trouvait de tout sur la place Jémah El-Fana, dans une ambiance de fausse tradition, d'étalage folklorique. Comme en Tunisie, une prostitution masculine nombreuse offrait ses vils services aux amatrices de peaux bronzées et dorées. Le fait est que l'homme Arabe est supposé viril et satisfaisant, d'autant que son état de misère sexuelle, par suite des contraintes sociales, en fait un être affamé et passionné, qui désire d'autant plus fort ce qui lui manque et fait défaut! Il y a aussi une prostitution en faveur des gays, qui, même en France, sont excessivement portés sur les gens de couleur, ce qui en passant, expliquerait, selon moi, qu'il se produise de temps en temps, envers eux, des réactions violentes. Byzarrement, vos médias leur donnent toujours raison, les présentent comme de simples victimes, comme s'ils ne l'avaient pas cherché! Serez-vous jamais purs? Cette attraction affective et sexuelle de l'Arabe sur le Français, est une constante de longue durée, puisque Montherlant lui-même s'en fait l'échos, qui raconte qu'au temps de la colonisation, entre les deux guerres, déjà, des femmes issues de la grande bourgeoisie allaient à Alger, dans des hôtels, se payer et s'ofrir à des hommes réputés satisfaisants, tourisme sexuel d'autant plus révoltant qu'il était alors tout à fait inégal. En plus de la prostitution masculine hétéro ou hommo-sexuelle, la prostitution féminine sévit aussi au Maroc, moins en Tunisie, selon mes connaissances. J'ai appris, depuis, que sur la place de Marakech, des parents prostituaient leurs enfants! Je me refusais à le croire la première fois, mais plusieurs personnes dignes de créance, me l'ont hélas confirmé. Or, le café où s'est produit l'incident, surplombe toute la place, de la terrasse, on peut voire tout le trafic qui s'y déroule, ce serait bien le diable, si les touristes qui s'y trouvaient, n'étaient pas du moins coupables d'avoir vu et d'avoir trouvé la chose ordinaire et allant de soi! Mais quoi d'étonnant, du moment que leur ministre de la culture, reste et perdure, indéboulonnable, lorsqu'il devrait se trouver sous les verrous! Quand j'allais au Maroc, j'ai connu à Casa-Blanca, un jeune homme qui doit être décédé à présent, ayant contracté le Sida avec une pouf Allemande, le mal était mortel en ce temps-là! L'Allemande se savait-elle infectée? Qui sait? Possible que le sachant, cette ignoble truie, se permit avec un Arabe ce qu'elle se fût interdite avec un allemand. Voilà ce qui doit cesser impérativement, quand ce serait par force et violence.
(NDLR: il n'y a tout de même que par le fait de la liberté d'expression qui règne en Occident et sous la responsabilité du blogueur que je suis qu'une telle absence de compassion pour des victimes innocentes a droit de cité. J'aimerais voir ce qu'il en serait, si j'étais moi-même un étranger au Maroc ou en tunisie et que je me permisse d'écrire que peu me chaut la perte d'autochtones, au comportement touristique, il est vrai, coupable, et dans un contexte de banalisation abusive, si ce n'est de promotion de l'homosexualité. Car autre chose est de ne pas céder à l'aumophobie, autre chose est qu'on ne puisse plus regarder un téléfilm ou un feuilleton sans que la nouvelle morale du temps porte le téléspectateur à approuver du bonnet et à mettre sur le même plan un amour homosexuel et un amour hétérosexuel. L'homosexualité n'est certes pas contre nature en ce qu'elle a toujours existé; mais un autre invariant anthropologique consiste en la réprobation de cette tendance par la majorité. Cet invariant veut de nos jours être tellement renversé que la discrimination en fonction de l'orientation sexuelle est passée en crime ou en délit. Comme si cette criminalisation d'un sentiment et d'une réprobation voulait répondre par inversion à l'inversion dont on accusait naguère les homosexuels d'être tellement coupables qu'on a attribué l'origine de la démolition de sodome et de gomorhe à ce que les couples y fussent formés de cette façon, alors que rien ne va dans ce sens avec précision dans la bible.)

Qu'on ne vienne surtout pas objecter les ressources que dégagerait ce tourisme dévoyé! Vus les tarifs pratiqués, j'aimerai bien voir quel économiste sérieux pourrait défendre ce point de vue. En fait, ce secteur d'activité est largement subventionné. En Tunisie, les principales structures ont été créées par le gouvernement, à nos frais! Dans les années 70 et 80, Bourguiba ne se déplaçait pas quelque-part, sans poser la première pierre d'un quelconque complexe hôtelier touristique. Partout où il va, il ouvre un hôtel. Ces structures ainsi créées, sont-elles seulement amorties? Pas sûr du tout. Le tourisme est tentant, parce qu'il ne requiert pas autant de potentiels scientifiques et techniques, comparé à l'industrie, voire à l'agriculture mécanisée efficace et productive. Certes, le tourisme de masse distribue pas mal d'emplois, précaires et malpayés. Il développe une foule de métiers anexes, artisanat et commerce de faible valeur ajouté. Par exemple, je n'ai jamais vraiment compris l'intérêt profond du tissage des tapis! C'est un véritable esclavage de la femme, qui doit peiner interminablement au métier, pour n'avoir presque rien pour sa peine. Pour s'en convaincre, écoutes un poète populaire qui dit, "L'ouvrage de dix tapis ne ramène pas la natte des noces". La sueur et le sang des femmes est vendu à vil prix, à ceux des touristes qui, par ailleurs, se piquent d'émancipation de la femme Arabe. Au vrai, leur féminisme se satisfait du seul dévoilement du visage, pour unique revendication. Ainsi dévoilée de force, pour complaire aux étrangers, la femme peine et use ses mains à leur service, alors qu'à coup sûr, elle eût mieux rapporté à n'importe quelle autre occupation. Je suis à peu près sûr, sans que ce soit étayé d'information, que les mêmes ressources eussent fait autant de profit et d'emploi, dans l'agriculture et l'agro-alimentaire, qui est dans nos pays, d'un impérieux besoin. L'investissement eût présenté de moindres risques, vu les alléats du tourisme, il eût accru l'indépendance économique de la Nation, en réduisant les moyens de chantage Américain comme il s'est souvent produit, dans certaines circonstances, quand ils ont freiné leurs livraisons de blé moisi! Bref, du point de vue économique et financier brut, le tourisme ne présente aucun avantage, envers le simple développement agricole. Alors, très curieux, pour quelle raison fut-il autant promu? Réponse: c'est l'état d'esprit suiviste de nos gouvernants qui en est la cause, d'autant que la promotion de cette activité, s'est accompagné d'investissements étrangers, plus ou moins proches du mouvement Sioniste. Il se trouve en effet que nombre d'investisseurs, à l'exception des fonds publics, sont des Juifs autochtones ou étrangers.


Sur un plan économique plus profond, l'économie n'étant pas qu'un simple bilan, ni de simples colonnes dressées de chifres, Le tourisme est un dérivatif, une déviation, une fuite du champ de bataille économique. N'importe qui soutiendrait, chifres en main, que la femme, qui perdait un temps considérable au tissage, eût mieux gagné sa vie en se consacrant à plus d'activité potagère et aux soins de sa maison. J'ai pu observer que, curieusement, ces femmes se sont laissées convaincre, voire imposer cette tâche, sans aller la réclamer d'elle-même. C'est qu'au contraire, on allait les rechercher et les convaincre, pour qu'elles s'y mettent. Elles furent seulement assez sottes de ne pas faire leurs comptes, mais il est vrai, qu'il y avait, à l'appui de cette propagande, le visage de l'autorité! Si on va plus loin, qui pourrait soutenir que le tourisme sexuel ne soit pas économiquement destructeur? Suffit qu'on pense au temps considérable que gaspillent des étudiants et jeunes, autour de cette affaire. Pour eux, l'enjeu n'est pas purement financier, il est tout autant sexuel. Dans nos pays, la femme n'est censée se livrer et s'ofrir que le jour de ses noces, de plus en plus tardif, en raison du coût exhorbitant du mariage. Du reste, les recensements font état d'un grand nombre de célibataires hommes et femmes dans nos pays, faute de pouvoir se marier. Le poids de la tradition, muée en routine raccornie, devient vraiment toxique. Plus moyen de se marier. La femme touriste paraît d'autant plus belle, quel que soit son âge, fût-elle contrefaite, qu'elle est accessible, que pourvu qu'on sache y faire, elle ne dit pas non! Au contraire, elle paye, ou elle défraye, c'est le paradis. En passant, il faut bien voir que ce motif sexuel, opère tout aussi bien dans cette immense demande d'immigration. On veut venir en France pour gagner sa vie, certes, mais aussi pour y avoir meilleure chance de trouver une femme. Une révolution culturelle, des lois et des aides sont nécessaires, pour mettre fin à ces carrences. Notre doctrine permet d'ailleurs le concubinage ou le mariage transitoire, rien n'empêche de fixer par autorité les échanges et prix du mariage, de l'abaisser, ou d'interdire tout monayage. Trouverait-on alors, malgré tout, l'Européenne plus belle et désirable? ça reste à prouver. Du point de vue même de l'hommo-sexualité, il y a moyen, dans la Nation, d'établir une situation de tolérance comme il s'est produit dans le passé, où nous avons connu des institutions qui pourraient relever du mariage gay ou du PACS. De la sorte, la chose serait viable sans qu'il y ait nécessairement besoin d'un étranger! En vrai, pour en revenir au sujet, le tourisme sexuel est un moteur puissant du tourisme. S'il venait à manquer, les touristes seraient moins nombreux à coup sûr! Pour que le tourisme prospère, il y faut donc des moeurs relâchés, des loies permissives, si ce n'est corruption et absence de lois, avec des contraintes sociales dont résulte la misère sexuelle. Donc, beaucoup de gens perdent leur temps, ne rêvent que de quitter leurs patries, sont centrés sur et dépendant de l'étranger, objet de tous leurs désirs. A l'échelle du corps social, nul doute que pareilles dispositions d'esprit, n'aient des effets économiques profondément délétaires. Au fond, si je mesure sur moi-même, pourquoi ai-je eu cette attraction unique envers des Françaises autochtones, à l'exclusion des autres? C'est peut-être parce que j'ai pris acte que l'Arabe n'étant pas accessible, elle m'est devenue moins désirable. Va savoir. C'est que même une fois marié, les effets du désir des touristes ne s'estompent pas. Les contraintes sont vraiment si fortes, que l'homme s'y plie, mais pour cela même, cesse de désirer sa femme quand il en dispose enfin, voire longtemps avant! Ainsi, des hommes mariés, des hommes d'âge, fréquentent toujours les touristes offertes. Il va sans dire que l'épidémie du SIDA, nous ne l'aurions pas d'une autre manière. Autant ne rien dire des coûts sanitaires et sociaux ainsi engagés.


Il résulte de tout cela, que l'ensemble du corps social est déstabilisé, décentré de la nation souveraine, centré autour de l'étranger, source de profit, source d'amour et de désir. Cette affaire dépasse le tourisme, et il faut dire un mot des conséquences du phénomène de coopération. Là aussi, comme on parle de tourisme sexuel, on peut parler de coopération sexuelle. En fait, j'ignore ce qu'il en est maintenant, mais au temps de la conscription, les engagés qui se rendaient dans nos pays au titre de coopérant, avaient plus qu'on croit des motifs ambiguës. Je sais de façon certaine, que les gays étaient nombreux dans leurs rangs. Pas moyen d'en sortir. Je n'aurais rien à dire contre tout ça, si ce n'était pas inégal et toxique. Or, l'inégalité semble faire partie intégrante de cette attraction singulière. En fait, plus ou moins confusément, le touriste ou le coopérant aime à voir des gens soufrants et oprimés. Son arrogance, délibérée ou non, devient vraiment intenable, parce qu'il n'a plus guère de supériorité technique et proffessionelle réelle sur ses collègues, souvent meilleurs que lui: il n'y a donc plus l'ombre d'une différence hormis ses traitement et salaire. Actuellement, le coopérant est une espèce en voie de disparition. J'ignore dans quels secteurs on en rencontre encore, de ces coopérants Français, en Tunisie. Voilà que s'installent aussi des retraités, et qu'à l'horizon, se profilerait la délocalisation de structures sanitaires et maisons de retraites. On atteint là aux limites du déséquilibre, d'autant que tout ça suppose que nos pays restent à bas salaires et coût de main d'oeuvre, sans quoi ce dispositif ne serait pas viable. C'est dans cette voie que le Maroc allait s'engager, sans rire, et on aurait achevé de réduire ce peuple profond en populace de larbins et serviteurs! Tout ça est proposé, enrobé d'une générosité profonde et ambiguë! Bien des fois, des socio-bourges émerveillés, m'entretiennent du projet gigantesque de créer au sahara, un dispositif de centrales solaires, qui génèrerait une part sensible de l'énergie consommée par l'Union Européenne. L'Europe impécunieuse se propose de financer ce projet de 480 milliards, sous-entendu à notre grand profit et emplois. Le plus simplement du monde, et sans doute sans même s'en rendre compte, l'Européen, le coeur sur la main, considère l'Afrique du nord et le Sahel comme une extension et dépendance de sa maison, procédant de lui-même. A chaque fois, je réplique et réponds n'avoir rien contre, pourvu que le projet soit Arabe, d'initiative Arabe, de financement mixte à majorité Arabe, de souveraineté Arabe, l'Europe n'étant qu'un consommateur-client, dont la fidélité serait garantie par le fait qu'il en serait pour partie de ses capitaux. Quelque chose fait que, si généreux qu'il se croie être, l'Européen ne se résigne pas volontiers à la souveraineté et au respect de l'ego des autres. Son coeur déborde d'amour pour la faiblesse et la pauvreté de ses vis-à-vis, qu'il surplombe et à qui il croit donner des leçons. Or, voilà que ses vis-à-vis sont en train de changer.
(NDLR: sans compter qu'avec son expansion de la notion de "démocratie en "égalité des conditions"", la puissance (dite abusivement impérialiste, voir deux articles supra, "Les inaperçus de l'actu (n° VII), a fait dériver le penchant pour la justice, par lequel se caractérise l'islam, en "passion de l'égalité", de cette égalité quantitative inatteignable autrement que par la "justice distributive", cet autre nom de l'équité.)


Selon moi, rien que par intuition, il me semble que si ma Tunisie verte réussit une démocratisation authentique, elle sera moins attractive aux touristes, parce que moins soufrante. C'est complètement malsain, mais c'est bien ainsi, le touriste ou l'antiraciste ont besoin de notre mal réel ou supposé. Notre douleur ouvre son coeur, alimente sa tendresse, sa libido, donnent corps à sa générosité, à son sentiment de supériorité. Pas moyen d'en sortir! Faut-il donc ça, pour qu'il y ait de l'amour? ça semble inévitable. Dieu, comme est complexe et insondable la profondeur des rapports humains. Mon intuition me porte à croire que si nos pays se démocratisent et s'émancipent, nous serions moins aimés, perçus davantage comme des concurrents, des rivaux! Or, comme on voit, l'amour de la France n'est déjà plus si sincère et authentique, s'il fût jamais. Elle nous reproche de nous fortifier pendant qu'elle fléchit et s'affaiblit. Les rumeurs d'un certain site sur des discriminations footbalistiques sont probablement fondées. Nous réussissons trop, nous devenons trop forts, trop bien intégrés, pas assez pauvres et dolents, voilà ce que la France ne veut pas. Le Français supporte mal que nous percions à jour ses carrences intrinsèques. Désormais, nous le voyons souvent plus que nous, faible et pauvre, parce que dissocié et insensé. La liberté sans doctrine, la vacuïté, le vide spirituel, c'est là que devait aboutir cette France qui s'est voulue impersonelle, désincarnée, universelle, laïque et sans dogme ni taboux! Au vide, nous devons opposer la liberté dans le cadre de la doctrine des doctrines, de laquelle toutes procèdent, source d'harmonie, source de sens et de justice. Entre la France et nous, ce qui devient insupportable, c'est que nous nous sommes très bien compris. Or, la puissance a besoin de n'être pas totalement comprise, de garder quelques mystère. Hélas, à force de la connaître, y compris charnellement, nous avons tout compris d'elle. Bientôt, il n'y aura plus aucun mystère, plus d'épaisseur, rien que le vide. Voilà bien ce que la France ne veut pas qu'on saisisse. Plus encore, si les choses sont bien ainsi, la France ne pourra retrouver de la profondeur et de l'harmonie, de l'énergie vitale, donc, qu'à condition que nous soyons vraiment assez puissants nous-mêmes pour la féconder. Rien que cette histoire de catho-pride, au fond, c'est une conséquence des soufrances Musulmanes, sans quoi, y eût-on seulement pensé? Le Musulman a montré et persuadé au catholique le besoin impérieux et vital de se montrer et de se remettre à exister. Parce que le Musulman lui a montré le vide et l'abîme, le Chrétien aura peut-être l'énergie de s'y soustraire et de revivre. Exemple profond d'interaction, et nous n'en sommes qu'au début! Vois un peu, Torrentiel, ton église et par conséquent, ta France, auraient quelques chances de revivre, parce que je lui aurai moi, montré qu'il ne faut pas raser les murs! C'est parce que les insensés ont voulu m'aplatir sur les murs, qu'un soupçon de réaction se dessine et se profile à l'horizon. Des jeunes cathos interviouvés dimanche dernier, disaient ressentir plus de proximité envers des étudiants Musulmans, dans leur quotidien, se sentant eux-mêmes mis à l'écart et exclus des autres. Ainsi, il apparaît que le Chrétien prend conscience et exprime souffrir du même mal que nous, du mal des insensés. Que notre mal vous serve vous-même à quelque-chose, et qu'il soit dit à l'église et à la France, "Lèves-toi et prêche!"
(NDLR: cette analyse est très profonde et appelle de ma part quelques confirmations, compléments et commentaires:

1. Il est indéniable que le christianisme fait "L'éloge de la faiblesse". Il n'y a qu'à voir pour s'en convaincre le succès qu'a rencontré l'ouvrage éponyme du philosophe alexandre Jolien, indépendamment de sa propre situation de handicap.
2. Comment ne pas comprendre que ce qui fait barrage à la possibilité de relations égalitaires tient pour une bonne part à ce qu'il n'existe pas d'amour sans que celui-ci ne génère une blessure? Le chrétien soutient que cette situation résulte du péché originel.
3. "L'antiraciste" ou l'émancipateur ne l'est qu'à condition de se percevoir dans la situation du donneur. Idéalement, il faudrait rendre "le don innocent de la dette". Il faudrait promouvoir comme éthiques des actes gratuits plus encore que des actes libres.
4. "L'amour que nous porte la france, s'il fût jamais", tend à s'affaiblir de ce que nous nous fortifions. Il faudrait que la france ait le courage de se poser la question s'il fût jamais. Car il est indéniable que notre relation à l'homme arabe ne fut toujours que de conquête, puis, lorsque nous fûmes justement chassés par le droit de tout peuple à disposer de lui-même, de racisme tellement larvé qu'on l'a dit ordinaire et qu'on a fait, pour l'empêcher, pour l'enrayer, des lois qui croyaient pouvoir le déraciner en le criminalisant.
5. Si, après cet examen de conscience, nous en venons à cette conclusion courageuse que l'amour de la France pour l'arabe ne fut probablement jamais sincère, on devra se demander pourquoi. Et alors, je gage qu'on obtiendra cette triple réponse :
a) Si tout amour génère une blessure, nous ne concevons cette idée, elle ne nous devient recevable, que si nous sommes celui qui inflige la blessure. Jusqu'à présent, il nous était possible de nous leurrer sur notre amour de l'arabe parce que nous étions en situation de force et lui en situation de faiblesse. Or il est en train de se ressaisir et les choses sont peut-être en train de s'inverser.
b) Cette situation de force et de faiblesse avait lieu dans le cadre de ce que j'aime à appeler une combinaison de "destinées inversées. Car, au moins autant que le désir atavique de la justice, l'islam ou l'arabité ont inculqué dans cet homme et cette nation un culte de la force, qui ne lui a pourtant pas permis d'accéder jusqu'à ce jour à la domination. A l'inverse, le christianisme, qu'on pourrait presque aller jusqu'à qualifier de "religion de la faiblesse" (ou ayant au moins le culte de la faiblesse), s'est acquis la puissance au moyen de cette humiliation. Se penser faible, c'est peut-être s'éviter d'être cruel.
c) Notre désamour chrétien pour l'arabe ou le musulman vient de ce que, précisément, nous avons peur que son culte de la force ne l'amène un jour à devenir cruel, outre que nous le soupçonnons d'aimer fort les armes blanches, quand nous aimons "les armes de destruction massive", les bombes nucléaires, celles qui ne font pas de quartier dans la destruction, mais qui détruisent, si je puis dire, sans torture chinoise.)
6. Cette situation de désamour mêlé de peur (ne pas oublier que "la peur" est par erreur assimilée à la haine, dans le suffixe "phobie" où elle s'avoue présente), fait que je crois pour le moins prématuré, étant donné les préventions qui sont les nôtres, le scénario qu'appelle de ses voeux le croissant de lune, d'union de l'arrabe et de l'européen. Ces préventions étant séculaires, leur guérison risque bien de l'être aussi.
7. C'est une trouvaille profonde qu'a faite le croissant de lune de dire que "nous nous sommes compris". Cela rappelle furieusement, l'hypocrisie en moins, l'apostrophe aux français d'algérie qui permit au général de gaulle de revenir aux affaires. Parce que l'hypocrisie est en train de disparaître, on peut néanmoins présumer que les préventions sont peut-être en train de commencer de se dissiper. Une dernière chose est à noter: c'est que l'arabe nous aime plus que nous ne l'avons jamais aimé, ce qui explique en partie, sans la justifier, sans l'excuser, sa fureur contre nous, déchaînée parfois dans nos pays mêmes quand, disposant de la puissance, nous l'opprimons jusqu'à nouvel ordre, par notre "désordre mondial", mais nous l'opprimons sans fureur, ce qui nous fait ne pas comprendre pourquoi il nous le reproche.)


Si nous étions en un temps de justice, ce devrait être aux insensés de raser les murs, eux qui n'ont rien à dire. S'ils s'imposent encore, c'est qu'ils ne sont pas dans l'absolu du non-sens, auquel on ne parvient pas sans perdre à ce point le goût de vivre qu'on en perd la vie elle-même. Tant qu'ils auront un peu de force, ils tenteront de réduire à l'inexistence tout ce qui souligne et surligne leur vide mortel. Il faut donc oser les affronter maintenant, puisque tout montre chez eux, des signes instantanés de faiblesse, dont l'outrance n'est pas le moindre. Il faut les affronter et l'emporter sur eux, parce que la cause du sens, c'est la cause même de la vie.


Voilà que ce matin sur les coups de 11 heures, j'eus droit aux photos, une petite fille dans chaque bras, tête sur mon épaule, alors que je tenais les biberons de chaque main, engagés dans leurs bouches. Je me tenais assis sur ma table d'examen, adossé aux murs, mes petites filles sur les bras, répétant béatement Wistiti, pendant que la mère nous mitraillait de son appareil. J'étais fier comme un pape. Tiens, ton église s'empresse-t-elle de béatifier à la hâte parce que le cours du temps s'accélère? J'attends encore tes considérations sur Ismaël qui s'élèverait contre ses frères. Si je descends d'Ismaël, j'ai l'impression que la bible s'est trompé, Rodomont voit ses frères se lever contre lui, nuance!
(NDLR: c'est exactement ce que la bible prophétise! Rechercher sur ce blog même: "Ismael et Israël))
Et qu'est-ce donc que cette puissance que la bible nous atribue? Là, tout juste, j'en vois pas la couleur. Elle est potentielle et virtuelle, jusqu'au jour où Rodomont rétablira la justice et l'harmonie au détriment des croiséristes et des insensés.


Rodomont grand-père d'alliance.

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