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dimanche 15 avril 2012

Archéologies de la représentation (I), les dessins d'enfants

Rousseau, un des pères de la pédagogie cognitive, ne veut pas que les enfants apprennent à dessiner sur modèles, ni qu'ils apprennent aucun art en particulier. Précurseur de ce que georges Mathieu appellera "LE MASSACRE DE LA SENSIBILITE", dans son refus de "l'art pour l'art", il subordonne l'enseignement artistique à la perspicacité des sens et à "la bonne habitude du corps", dans leur relation aux objets. Sa méthode présente l'avantage de privilégier la représentation directe sur "les imitations conventionnelles", mises sous les yeux de l'enfant avant qu'il ait pu exercer sa propre critique de la nature. Rousseau assume que "de cette manière, il (l'enfant) barbouillera longtemps sans rien faire de reconnaissable."

Par ce conseil dispensé aux pédagogues - car Rousseau exercera une forte influence sur les sciences de l'éducation – (influence qui va du propre statut du prescripteur Rousseau, pédagogue non enseignant, au dépit de Jean-Jacques de ne pas être un héritier et d'avoir, néanmoins, à se faire le précepteur putatif de "nourrissons bourgeois" qu'il veut dégrossir à la mode du "village"), Jean-Jacques favorisera le cas excessif qu'on fera des "dessins d'enfants", de l'art contemporain jusqu'à la fascination malsaine de la psychanalyse pour ces gribouillages susceptibles d'interprétations multiples, variées, ambiguës, voire perverses, etc. (N'oublions pas que la psychanalyse est, par excellence, un art consommé de l'ambivalence, puisqu'elle met l'ambivalence à l'intention de toute conscientisation).

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