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samedi 11 juin 2022

Le retour d'une vraie gauche, espoirs parlementaires

Les ruptures amicales ont cela de triste qu'elles mettent fin à des dialogues décennaux,  qui néanmoins se poursuivent sur des espaces impersonnels. Le Croissant de lune, dont les habitués de ce blog se souviendront certainement et que j'aimais à appeler "mon interlocuteur islamiste" (ou islamo-frériste), ne veut plus que je publie ses contributions sur ce blog qui est mon espace personnel. Je  signale seulement son dernier billet et publie ici ma réponse à son billet:


Tu contestes la viabilité du programme de Mélenchon. Je suis plutôt d'accord avec toi sur la retraite à 60 ans qui est anachronique, et j'ai également l'impression que Mélenchon arrose à tout va et a trouvé le secret de fabriquer de l'argent magique. Je ne me sens pas qualifié à discuter ce qu'il écrivait de la dette Covidienne lorsqu'il expliquait qu'elle était irremboursable et que, pour que la réalité de son insolvabilité prenne effet, il fallait que la banque de France ou que la BCE la rachètent. 


https://groups.google.com/d/msgid/info2-12/c54a3278-addf-158d-4b9b-e7af9e26f760%40numericable.fr.


"Tu ne veux pas de la victoire de Mélenchon, en quoi tu opines comme Marine Le Pen qui, faute de s'être préparée aux législatives sans lesquelles eût-elle gagné la présidentielle, elle n'aurait pas pu gouverner, envisage de voler de défaite en défaite comme Ségolène Royal en son temps et déclare se battre pour faire de la figuration. Remarque que Mélenchon a certes réussi un coup politique remarquable en faisant un congrès d'Epinay à l'envers, mais comme si c'était son dernier baroud d'honneur, c'est-à-dire en ne se présentant pas aux législatives, ce qui n'en fera pas le chef de sa majorité si la NUPES gagne, et ce qui permettra à Emmanuel Macron de nommer quelqu'un avec qui il sera plus compatible, y compris sur le plan du caractère, la dernière fable mélenchonienne étant que les députés NUPES ne voteront pas la confiance à un gouvernement dont Mélenchon ne serait pas le premier ministre: ses partenaires seraient trop heureux de s'en débarrasser et les souvenirs du totalitarisme au ton ordurier étant bien ancrés dans la figure d'Hitler, quelqu'un qui parle mal comme le font Mélenchon ou Le Pen, passera pour plus certainement totalitaire que quelqu'un qui gouverne et agit mal comme le fait Macron. 



Tu dis trois choses intéressantes dans ce billet: 



    1. "Je crois que c'est lorsque la droite est aux commandes mais aux prises avec une opposition de gauche hardie et forte qu'on obtient en France les plus grandes avancées et transformations sociales". Il y a un contre-exemple: c'est Giscard, qui fut le dernier président vraiment social que connut la France. Si je voulais te provoquer, ce qui n'est jamais complètement étranger à mes joutes avec toi, je te dirais que la dernière fois que j'ai vu faire un tel pari, c'était dans une conférence donnée par Emile Choufani, "le curé de Nazareth", à laquelle j'assistai depuis la zone industrielle de Mulhouse. Emile Choufani était Palestinien, Israël était sous un gouvernement Charon. Peut-on dire que Charon fut plus favorable aux Palestiniens que ne le fut par la suite la sotte droite de Netanyahou? Ce n'est pas complètement impossible puisqu'avant de tomber malade et après avoir provoqué la troisième Intifada en se rendant sur le mont du Temple ou sur l'esplanade des mosquées, cette dernière désignation convenant mieux au caractère arabe de Jérusalem Est, Charon se recentra en créant Khadima, et proposa un programme législatif qui n'aurait pas déparié de ce qu'annonçait Ehoud Barakà ses débuts comme premier ministre. 



    2. "L'électorat fait les députés et les députés ne font pas l'électorat." Il y a sans doute un peu des deux.  Mais il est vrai que même un Mélenchon a dû revoir ses positions sur la laïcité pour que son électorat ne soit pas un repaire de barbons et agglomère autre chose que des profs aux cheveux gris, blancs ou sales, se préparant à prendre leur retraite. 



    3. "Les gens du sens qui se trouvent épars en toute formation politique pourraient converger, rien ne les oppose les uns aux autres fondamentalement." L'archevêque de Paris, le rabbin Bernheim et la communauté musulmane ont fait "le front des religions" pendant "la Manif pour tous" bien que le cal Vingt-trois s'en soit défendu, préférant marquer qu'ils se rencontraient sur un terrain anthropologique, les deux pouvant se plaider. Moi-même je n'ai pas été fâché que les catholiques puissent se compter à l'occasion de ce mouvement auquel je ne participai guère, pensant qu'une vraie séparation des Eglises (comme on dit par facilité en intégrant la synagogue ou "l'Eglise musulmane") et de l'Etat commandait que les premières ne se mêlent pas d'interdire à celui-ci d'autoriser un acte civil unissant deux personnes du même sexe, et il fallait se porter sur l'interdiction de l'homoparentalité en s'en tenant là. Mais ici s'arrête la convergence de nos vues: tu ne feras jamais assez de jérémiades quand on demandera à une femme voilée de montrer son visage et je serais prêt à la défendre avec toi si tu acceptais de laisser vivre libres les femmes voilées et les femmes qui se baignent seins nus."

vendredi 10 juin 2022

"Le monde se retourne et l'Occident regarde ailleurs"


#Pierre-YvesRougeyron est un drôle de phénomène. Entre le satiriste un peu foutraque qui carbure à on ne sait trop quoi et le géopolitologue remarquable, juvénile, potache, pas spécialement bien formé (il[n'a] fait [que] l'école de guerre), mais  merveilleusement bien informé. Pierre-Yves Rougeyron, c'est le shit et le général De Gaulle, c'est les bouquins et la baston, c'est Sylvester Stalone et le souverainisme. Au début des années 2000 (le vieil auditeur de #Radiocourtoisie que je suis s'en souvient), il créait le #CercleAristote qui promettait de ne pas aller beaucoup plus loin qu'un cercle d'étudiants désireux de se former et de refaire le monde en buvant des coups et peut-être en fumant des joints. 


Pierre-Yves Rougeyron est souverainiste. Le souverainisme paraît une base un poil étriquée pour comprendre le monde. Mais selon le paradoxe de la pensée close dont je ne me lasse pas et qui est que, plus on le regarde par une meurtrière de son bastion et mieux on en voit les détails et on sait le comprendre et le penser, Pierre-Yves Rougeyron dément ce préjugé. A l'entendre vous le décrire et naviguer entre les diplomates et les pays, il y vogue comme un poisson dans l'eau en n'y faisant que des voyages immobiles, sauf lorsqu'il se rend au Cambodje pour visiter sa belle-famille.


Pierre-Yves Rougeyron, c'est le type qui vous dit que "l'Europe, on l'aime ou on la quitte" et que lui la connaît de l'intérieur pour avoir été (simple) assistant parlementaire de Jean-Luc Schaffauser. N'empêche que, quand il vous décrit le Parlement européen, la série "Parlement", actuellement diffusée sur #France5, a l'air d'être tout droit sortie de ses analyses. 


C'est le type qui a inspiré les #GiletsJaunes et introduit le seul élément avec lequel #MarineLePen a créé un électrochoc en 2017 quand elle popularisa sur le plateau de #LaurentRuquier la thèse de son livre sur la loi de 1973, qui révélait que Georges Pompidou régnant, il fut signé une loi interdisant à l'Etat français de recourir à la banque de France pour réaliser ses emprunts, lesquels ne devaient être souscrits qu'auprès du marché et des grandes banques où se négocient (et qui truquent) ses transactions.


Pierre-Yves Rougeyron est né en 1986, ce qui, aujourd'hui où il n'existe plus de grand corps d'Etat ni de grande école capable de former des non héritiers à une pensée complexe et complète de la réalité du monde, en fait un homme très jeune. Et pourtant, il connaît sur le bout des doigts ce qu'#AymericChauprade appelait les "constantes et les changements" de la géopolitique dans le dictionnaire sommatif qu'il rédigea en la matière avant d'être démonétisé.


Dans la vidéo que je partage, entre (environ) la 24ème et la 43ème minute, Pierre-Yves Rougeyron "repeint le Moyen-Orient", dessine un axe Tel-Aviv, Ankara et Riyad qui en assure le leadership,  fustige l'illusion occidentale que l'Iran et le Venezuela que nous avons tant maltraités vont abonder notre besoin en pétrole sans nous le faire payer très cher, note que la Chine (au pouvoir de qui il est de déclarer les US en faillite puisque la dette américaine est pour une très grande part détenue par elle)est obsédée par la souveraineté alimentaire, oppose en creux l'universalisme conquérant et sans idéologie de la Chine à notre "universalisme restreint", relate que l'Egypte libelle désormais  ses transactions en Yuan, la monnaie chinoise que ce pays voulait mettre en avant pour mettre fin à l'hégémonie du dollar. Il révèle qu'Israël est depuis l'ère Netanyahou et malgré l'occidentalisme    de Naftali Bennett tenté par le monde multipolaire et lorgne vers la Russie et la Chine. Il  conclut par cette phrase aussi péremptoire que celle par laquelle il déclarait que la guerre froide n'avait jamais été qu'une production hollywoodienne: "Le monde est en train de se retourner, mais l'Occident ne s'en rend pas compte. Il est dans un bug de la post-modernité où il ne sait faire que de la guerre froide ou des guerres de proxis. En Ukraine (où plus de la moitié de la communauté internationale et aucune puissance moyen-orientale n'approuve ses positions), il nous rejoue la guerre de Yougoslavie côté croate. C'est évident, l'Ukraine, c'est les Balkans, acte II."


https://www.youtube.com/watch?v=Egm-aptI5GY 

jeudi 2 juin 2022

Pap Ndiaye, ministre militant

Je suis en train de lire le maître-livre de Pap Ndiaye dans ses études françaises, "La condition noire", pour me faire une idée de cet intellectuel. Au vrai, il est plus proche de l'indigénisme que d'une histoire classique. Il se dit très attaché au "monde associatif" des Noirs de France qu'il fréquente "depuis quelques années", écrivait-il en 2008. Il fait de la socio-histoire à la serpe. Selon lui, "la race" n'existe pas comme catégorie biologique, mais ce concept imaginaire est très utile pour lutter contre la discrimination. Sous-entendu, les races n'existent pas, mais le racisme existe. "Les nations" sont aussi des "catégories imaginées". Elles reposent en effet sur des mythes fondateurs, mais faut-il tout démystifier? Pap Ndiaye est contre le "communautarisme", mais pour le "minoritarisme". Les Noirs sont minorés, allègue-t-il. Ils n'existent pas assez, Georges Dilinger aurait dit qu'"ils sont naturellement (sic) réduits en mminorité" (au sens ils seraient comme des enfants mineurs, à l'instar des femmes (esic)).

J'en suis au chapitre 3, qui dresse une histoire synthétique et pas assez fouillée des Noirs en France. Sous des dehors très scientifiques, on s'aperçoit qu'il n'y avait que peu de Noirs affranchis présents dans les ports négriers de la métropole, qui se rendaient souvent coupable de "rixes"; que certains entraient dans la domesticité de nobles dames où ils avaient remplacé les singes; mais que l'esclavage était interdit dans la France métropolitaine, ce qui a donné un désir de France aux Noirs américains qui découvraient au début de l'entre-deux-guerres cette absence de ségrégation.

En revanche, il y a toujours eu un peu les mêmes a priori contre les Noirs: on a souvent tenté de soumettre leur présence à une autorisation de l'amirauté; il y avait une police des Noirs dont on ignore quand elle a été abolie, car le XIXème siècle documente très peu la présence des Noirs en France: Pap Ndiaye ne cite pas Maupassant qui parle beaucoup des Tombouctou ou dont les héros de la nouvelle "Boitel" refusent la fiancée de leur fils parce que "tout de même, elle est trop noire", en quoi ils ne se distinguent guère des  "Noirs coloriste" que Pap Ndiaye étudie au chapitre précédent,  où les Noirs établissent entre eux une hiérarchie sociale, qui valorise les plus clairs et dévalorise les plus sombres.

Dès l'Ancien Régime, on ne permettait pas aux Noirs d'épouser une Française par crainte d'abâtardissement de "la race française". Plus de constantes que de changements dans une société qui craignait déjà l'hétérogénéité alors que les Noirs ne représentaient qu'"une part infime" de la population, comme le souhaitait De Gaulle.

Le wokisme me paraît un phénomène aussi naturel que le communautarisme, lequel est dangereux parce que "les sociétés multiculturelles sont multiconflictuelles" dans leurs "combinaisons identitaires" où les identités doubles ou triples priment les identités simples des mononationaux, qui n'ont qu'une voix dans leur pays, ce qui est une discrimination démocratique, et pas un endroit où se retirer. Quand j'étais petit, je m'étais imaginé un héros ancien esclave (je l'avais appelé Garmand Alain) qui avait réduit en esclavage tous les Blancs qui tombaient sous sa juridiction. Je jouais le rôle de cet ancien esclave, mais J'avais intériorisé la vengeance  que valait aux opprimés des générations précédentes ma culpabilité de Blanc (dire qu'on met maintenant des majuscules à Blancs et Noirs comme si ces noms de couleur désignaient des nationaux). On chercherait en vain un "privilège blanc" dans notre société.  

L'histoire de Pap Ndiaye n'importe-t-elle pas une "machine ressentimenteuse" au sein d'une Education nationale qui n'a pas besoin de ça? Et une histoire imaginaire où tout est socialement construit et où "le fait d'être noir" comme s'intitule le premier chapitre de son livre, se réduit au "fait d'être considéré comme noir", car il y a une limite à la négation du visible: c'est la couleur de la pigmentation. Pigmentation et segmentation doivent-elles devenir les deux nouvelles mammelles de l'école? Mais ma métaphore mammère est suspecte, car le lait est blanc...

En tout cas, Emmanuel Macron a bien su tirer la leçon de sa réélection. Il a moins nommé l'anti-Blanquer (je me garderais de dire l'anti-blanc) que celui qui réaliserait le contraire du modèle zemmourien de scolarisation. Pap Ndiaye s'inscrit dans la lignée des ministres militants à la Vincent Peillon. Moi qui n'aime pas des concepts comme l'"islamo-gauchisme", je crains avec Pap Ndiaye l'efflorescence tribale dans la République indivisible, qui a autant tort d'imposer son universalisme abstrait que de naturaliser des minorités avant qu'elles ne se sentent françaises et que ce sentiment ne soit leur plus petit dénominateur commun, ce qu'Eric Zemmour appellerait l'assimilation, pas moi, car je ne suis pas cannibale, je ne désire pas m'assimiler autrui. 

mardi 31 mai 2022

Le mystère Céline Pina

Les socialistes ne sont guère transcendants et Céline Pina, ancienne socialiste, ne semble être mue que par deux transcendantaux pour conjurer la mort: la politique et la créativité.


La politique est un leurre s'il s'agit d'accéder par elle à l'immortalité. Car elle ne permet "le dialogue des vivants et des morts" dont parlait Michelet pour définir l'histoire que jusqu'à ce que la mort s'ensuive, mort des civilisations ou mort de l'homme. On fait de la politique pour se survivre et pour des survivants, ses enfants, qui certes auront les ressources d'affronter les défis du monde qui leur sera contemporain, mais combattront en vain puisque l'homme et les civilisations mourront un jour et la mort des civilisations est plus certaine que la fin de l'histoire en laquelle a cru Céline pina, qui prolonge son combat contre la mort en pariant sur la culture. 


La culture est certes le fruit de la créativité, mais aussi d'un arbitraire, qui sacralise ce qu'il a sélectionné en une histoire du progrès humain indéfini. La culture produit un contre-modèle de sacralité qui n'a pas grand-chose à envier au sacré du fond théologique sur lequel Céline Pina refuse de penser, en tenante d'une laïcité antireligieuse, dont l'islam est la diabolique surprise, car ennemi de la créativité, dit-elle et comme tel, source d'arriération des sociétés qu'il a innervées.


Sur ce point il est difficile de lui donner tort. L'islam est ennemi de la créativité en ce qu'il est iconoclaste: il refuse les images du monde visible et du monde invisible, il réduit l'art à l'arabesque dont Baudelaire faisait pourtant le sommet de l'art. Il prétend protéger l'homme contre lui-même en créant des sociétés harmonieuses parce que dociles, et qui n'ont qu'à suivre un mode d'emploi. Mais ces sociétés harmonieuses sont très vulnérables, car ce sont des sociétés de surveillance, et la loi est toujours soumise à interprétation. Quand la loi est prégnante, les différences d'interprétation sont vécues violemment et engendrent de la violence.


Mais Céline Pina omet le paradoxe qui avait échappé au Bergson des deux sources de la morale et de la religion, à savoir que la pensée close est souvent plus féconde qu'une pensée ouverte, qui n'a pour horizon que de se croire large d'esprit. Une société close est fondée sur un texte, et la lecture d'un texte est inépuisablement créative, surtout si ce texte est sacré.


Céline Pina méconnaît aussi le tragique de la condition humaine, comme tous les socialistes (ou anciens socialistes) qui manquent de transcendance. Un musulman suit son din pour avoir un modèle protecteur. ET puis il s'en écarte, il pèche, comme tout homme s'écarte de ce qu'il voulait faire, pour arriver à des résultats diamétralement opposés à ses intentions initiales, dans une hétérotélie à laquelle il doit trouver du sens. Le chrétien croit dans l'ordre "à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair et à la vie éternelle". C'est-à-dire qu'il transfère la responsabilité de sa vie sur quelqu'un qui peut le sauver, a payé pour ses péchés et lui permet de recommencer sa vie comme s'il était une terre vierge, voire de récidiver si la grâce ne parvient pas à chasser le naturel. La rédemption chrétienne est un transfert de responsabilité, d'où la "culture de l'abus" dans l'Eglise. Le musulman qui finit sa vie dans le terrorisme et la violence cherche la rémission des péchés d'après un autre modèle de martyre où l'on donne sa vie en prenant celle des autres et en aggravant peut-être le mal par un autre mal dont il ne voit pas le caractère maléfique, car l'urgence, c'est la rémission des péchés. Mais pour un socialiste, il n'y a pas de péché et c'est en quoi il se trompe sur la condition humaine, car il faut conjurer la violence et le socialiste ne sait rien en faire, il ne sait que refuser cette autre violence sociale illégitime qu'est la peine de mort, héritée du droit de vie et de mort du pater familias sur ses enfants.


Céline Pina est une Manuel Valls ou une Elisabeth Lévy à la voix douce. Elle est la même, avec des idées opposées, que Rokhaya Dialo. Ce sont des femmes qui fustigent la violence des autres par refus de la violence et du péché dans l'être humain. Or leur paradoxe intime est de n'avoir pour raison d'être que d'avoir des ennemis et elles accroissent le degré d'hostilité dans la société. Chez Céline Pina, la conscience de l'hostilité est arrivée sur le tard. Elle est devenue xénophobe sans s'en apercevoir, en voulant intégrer les musulmans dans un modèle culturel où la religion se ferait discrète, dans une culture au ventre mou, alors que les musulmans ont une colonne vertébrale. Cette laïque de stricte observance serait même prête à des accommodements à la Pierre Manent. Mais son hostilité l'a emporté sur le désir d'accommodement. Elle parle comme Christine Tazin de "Riposte laïque", mais elle n'élève pas la voix, elle n'a rien de vulgaire et se voudrait romanesque. 

lundi 30 mai 2022

Nos femmes de président

Le sujet n'est pas  frivole . 


On regrette rétrospectivement l'air emprunté d'une Annémone Giscard d'Estaing nous souhaitant "bonne année" après et avant de s'illustrer dans des galas de charité, en robe de grand couturier comme toutes celles qui l'ont suivi et avec des manières de grande dame, non pas nécessairement sur le plan personnel encore que, mais elle avait la prestance de son mari qui n'avait pas le coeur Louis XV bien qu'il aimât chasser les princesses et les éléphants, et peut-être plus d'éloignement que lui pour le populaire. 


Annémone était tout de même plus proche du peuple  que Bernadette Chirac, croyait-on en 1986, jusqu'à ce que l'élection de son époux ne desserrât les lèvres  très pincées de cette conseillère générale de Corrèze, châtelaine classée de Bitty et habitant un appartement de 1000 mètres carrés à la mairie de Paris qui nous expliqua, dans un livre d'entretiens avec Patrick de Carolis, "Conversation", ce qu'avait de malheureux son mariage balzacien avec un homme non amoureux qui promettait de limiter ses ambitions à la préfecture de Corrèse et de ne pas faire de la proximité de Geoffroy de Courcel avec le général De Gaulle un marchepied pour sa carrière ministérielle.


Les épanchements de Bernadette Chirac rompirent de manière inattendue avec l'hypocrisie bourgeoise dont on croyait que cette première dame était l'incarnation et contrastèrent avec l'étrange alliage qu'au nom du militantisme de l'une et du machiavélisme de l'autre cherchant dans son couple une garantie de respectabilité, forma le ménage Mitterrand, elle à la tête de "France liberté", soutien de Fidel Castro et du PKK kurde, mais aussi actionnaire de la G7 qui exploitait les taxis parisiens, et lui florentin, plus volage que magnifique, et ayant poussé la goujaterie jusqu'à promettre à Anne PIngeot la maison de Latche avant de la réserver à sa famille, ce dont elle conçut une des plus grandes blessures de son histoire d'amour, comme elle le relata dans les entretiens "A voix nue" sur "France culture" avec Jean-Noël Jeanneney.


Madame Pompidou s'est confinée dans deux strates apparemment peu conciliables:  celle de la promotion de l'art contemporain et de l'action caritative, avec la création d'une fondation s'investissant dans les hôpitaux dont j'ai toujours pensé que celle qui la dirigeait eût fait oeuvre plus utile en influençant directement et activement son époux sur la politique de santé publique, dont je ne sache pas, pour en avoir bénéficié, qu'à l'époque elle  ait été en rien désastreuse; mais le mal qui devait ronger l'hôpital couvait certainement sous la cendre et Claude Pompidou aurait dû le prévenir, comme il n'aurait pas dû incomber à Bernadette Chirac de présider dans le même esprit où la femme colle les rustines de la politique que son président de mari ne veut pas assumer, la Fondation hôpitaux de Paris, pour laquelle il était indécent de la voir collecter des pièces jaunes comme une mendigote qui n'a jamais payé son loyer où qu'elle habite, Brigitte Macron lui ayant succédé à la tête de cette association caritative, pendant que son époux, en plein Covid, nommait Jean Castex premier ministre, un des fossoyeurs de l'hôpital public comme directeur de cabinet de Xavier Bertrand, afin qu'il pût continuer sa tâche de démamntellement en supprimant des lits ou en suspendant le personnel soignant non vacciné sous couvert de Ségur de la santé. Les femmes de président sont décidément bien inutiles quand elles ne jouent pas un rôle direct.


Est-ce pour le jouer que Brigitte Macron come Cécilia Sarkozy avant elle participent à des réunions de cabinet où ne devrait être présent que le ministre ou le président en exercice? On sait de moins en moins cacher sa vie privée tout en revendiquant l'étanchéité des frontières entre icelle et la vie publique, comme si la petite histoire ne s'était jamais intéressée qu'aux favorites, qu'elles soient épouses ou maîtresses, et nos présidents de la République sont des monarques républicains.


Brigitte Macron, j'en ai toujours eu l'image d'une groupie calmant son exalté d'époux éternellement élève, démesurément impressionnée par une intelligence jupitérienne dont ne nous parviennent que des éclairs assez rares, en dehors desquels il n'est pas particulièrement bon orateur ou bon comédien. 


Je me l'imaginais penché sur Emmanuel Macron et non pas corrigeant ses discours ni ne le tançant sur ses longueurs, mais s'assurant qu'il avait formé un beau plan détaillé pour préparer son propos et y trouvant toujours à redire.


Qu'elle ne soit pas une conseillère de l'ombre serait plutôt de nature à me rassurer, mais les livres qui ont paru sur le couple présidentiel nous la montrent s'agitant beaucoup, et parfois auprès de personnes peu recommandables, pour assurer l'ascension de son aigle en n'oubliant pas de faire briller sa propre légende.


Nos femmes de président chantent et font chanter les anciens dans les Ehpad. Leur chanson préférée est celle de Barbara: "Si la photo est bonne." A quoi elles ajoutent parfois, derrière Carla Bruni: "Tu es ma came, mon Raymond." 

mardi 24 mai 2022

Damien Abad ou la misère sexuelle

Dans tous les médias, on fait des gorges chaudes à propos de damien Abad. Je ne sais pas du tout ce qu'il faut penser de cette affaire. En général, dans ces questions intimes, les deux personnes, dont il faut choisir une parole contre l'autre, ont raison de leur point de vue. Ces femmes paraissent sincères et Damien Abad ne doit pas être inauthentique dès qu'il sort de la sphère politique. Le récit de Margo montre un homme indélicat envers une jeune femme un peu déboussolée ou écervelée, a-t-on le droit de le dire? Mais qui peut assurer qu'il n'a jamais été un peu trop brutal au cours d'une nuit passée avec une femme, même avec une femme qu'on connaît et connue et aiméedepuislongtemps? Quand ça m'est arrivé (car ça m'est arrivé), ma compagne me l'a dit et je lui en ai présenté mes excuses. Qui raconte ses nuits d'amour devant la machine à café? 


Abad est handicapé, ça ne l'empêche pas d'être trop entreprenant, et ça montre qu'on a choisi à deux reprises des ministres handicapés qui ne tenaient pas la route pour s'occuper du handicap. "On ne peut pas montrer plus grande paresse intellectuelle", a dit Julie-Marie Leconte sur "France info" à la nomination de Damien Abad à ce poste ministériel. Trahir son camp pour être assigné à larésidence de son infirmité, il faut beaucoup aimer les lentilles pour trahir son ancienne famille politique pour des lentilles de cet acabit-là. 


Michel Gilibert a déçu, car il détournait à son profit de l'argent pour une association dont il était responsable, l'affaire a éclaté pendant qu'il était ministre. Damien abad paraît avoir un certain penchant pour des "comportements inadéquats" avec les femmes qu'il veut séduire tout en ayant une compagne, c'est sa vie. Mais il y a un coin du voile qu'on ne soulève pas et qui est pourtant révélé par cette affaire: c'est la misère affective et sexuelle de certaines personnes handicapées.

mardi 17 mai 2022

Macron ou le progressisme immoral

En réponse à cet article de Christian Vanneste:

https://www.christianvanneste.fr/2022/05/08/complotiste-populiste-non-democrate-et-lucide-ii/?
S’il fallait dresser un tableau du mal que nous fait le macronisme, il illustrerait la révolution des mentalités qu’il a sinon produite, du moins couronnée. -Abâtardissement de la langue, ce “système en équilibre”, qui neutralise la victoire (en réalité neutre) du masculin dans la grammaire pour, soit ignorer le genre, soit faire que le féminin l’emporte dans des désignations aussi banalement prestigieuses que celle de premier ministre, où le premier devient première. -Algorithmisation d’un homme-machine qui accepte cette sujétion à des items, et sa segmentation dans des “minorités” en perpétuelle lutte de reconnaissance, qui masquent son déclassement. -Perte de tout esprit critique sous prétexte de lutte systématique contre les préjugés, qui ne sont pas toujours faux, mais qu’il faut vérifier, vérification exclue par “la société du spectacle” pour laquelle “le vrai est” toujours “un moment du faux”. -Cette perte de l’esprit critique est particulièrement sensible à l’école où, sous prétexte de distinguer savoir et croyance, on déconstruit la connaissance, non pas au sens d’une déconstruction foucaldienne qui ne consiste à rien d’autre qu’à faire “l’archéologie du savoir” ou, à la manière de Nietzsche, la généalogie des connaissances pour savoir comment les représentations découlent les unes des autres, entreprise honorable. Mais il s’agit de “séquencer” l’esprit des élèves (ainsi l’entendent les instructions officielles écrites dans un jargon innommable), pour qu’avant que la culture ne mette de l’ordre dans leurs idées, toutes les disciplines se confonde dans les méandres de l’interdisciplinarité: ainsi on n’enseignera plus méthodiquement la grammaire, mais on enseignera des points de grammaire dans des séquences de Français au hasard de “prélèvements” réalisés dans des textes. De sorte que l’élève soit incapable d’une pensée structurée et d’un agir qui le soit davantage. Le phare de la pensée des ados de droite, c’est Mila, déscolarisée parce que persécutée après avoir dit (bêtement) que l’islam était de la merde, et la Jeanne d’Arc des ados de gauche est Greta Thunberg, déscolarisée pour faire honte à la génération qui l’a précédée de ne pas avoir suffisamment veillé sur le climat. Les hommes préhistoriques croyaient que les rois primitifs faisaient la pluie et le beau temps. Nos derniers roitelets aiment les écervelé.e.s qui ont tellement perdu l’esprit critique qu’ils croient à pareilles fariboles. Dissolution de la pensée dans “la fabrique des crétins” chère à Jean-Paul Brighelli même si je n’aime pas à parler de la sorte, mais dissolution de l’action, qui fait que les mêmes ne veulent être ni médecin ni manoeuvres et qu’ils ne sont pas industrieux, parce qu’un Etat qui a choisi le chômage et le nivellement par la médiocrité préfère tertiariser le plus clair de ses citoyens-administrés-consommateurs, faire de la Chine l’usine du monde et importer les travailleurs pour faire malgré tout les basses besognes nécessaires plutôt que d’encourager ses enfants à s’orienter vers les métiers de l’excellence intellectuelle ou manuelle pour assurer le bien commun de leur pays. “Le gouvernement du peuple est devenu l’Etat de droit” et l’itinéraire de l’enfant gâté Macron qui rempile dans des conditions que vous décrivez très bien signe la décadence de la bourgeoisie qui, après avoir perdu la bataille des valeurs au point d’adopter celles qui devaient la détruire, ne défend plus aucune valeur qui ne soit fiduciaire, numérique ou technique, en sorte qu’on se demanderait vainement de quoi le progressisme macronien pourrait bien être le nom si l’on n’y répondait par ces trois adjectifs et quelques autres du même acabit, où il faudrait faire une part au casino auquel joue l’économie des spéculateurs et des start-upeurs, ces rois du produit conceptuel et virtuel qui ne se rendent pas compte qu’ils vendent du vent. “Parce que c’est notre projet”… que ce progrès-là. Les Ukrainiens que je vois venir ici, indépendamment de leur malheur et exception faite de la compassion qu’on doit à celui-ci, sont des Russes mal occidentalisés. La perte de notre esprit critique nous a rendus incapables de dresser pied à pied le tableau du quinquennat calamiteux de Macron, ce qui aurait pu être fait par les journalistes et qui aurait dû être fait par son adversaire du second tour lors du débat où elle s’est laissée humilier une fois de plus parce qu’elle n’a pas de colonne vertébrale. Ce qui tient l’édifice est la peur dans la société “phobophobe” où l’on a commencé par critiquer les phobies parce qu’on confondait la haine avec la peur. Puis on a dit que la peur était le contraire de l’amour. Puis on a gouverné par la peur et les apeurés de la peur n’ont pas vu que leurs gouvernements tremblaient ou faisaient semblant de trembler. Ce n’est pas parce que la menace d’un complot permanent fait le fond du paranoïaque que le complot n’est jamais possible et ce n’est pas parce qu’on se sent persécuté qu’il n’y a pas de persécuteur. Quant au populisme qui devrait désigner la démagogie, le mot pris en bonne part devrait être le synonyme de la démocratie, si les populistes en intégrant leur disqualification n’avaient pas flatté ces deux passions tristes que sont la xénophobie et le mépris des élites, qui ne sont pas par définition opposées au peuple, même si l’entre-soi des “sachants” gagne à mesure qu’augmente la distance entre l’usage qu’un utilisateur sait faire de son outil et l’incapacité où il est de décrire comment il est fait, entre la technicité de l’usager improductif et la scientificité de l’ingénieur qui a programmé jusqu’à son obsolescence, loin des moyens de production et des forces productives. De quoi le progressisme macronien est-il le nom? D’un progrès purement matériel et donc immoral.

lundi 16 mai 2022

J'adore Elisabeth Borne

Vous avez aimé Macron I? Bienvenue dans Macron II, un mandat annoncé come différent par le président transformiste et qui commence sous les auspices de la continuité.

     Vous aviez aimé l'hôpital malade de ses réformes technocratiques? Macron avait nommé #JeanCastex en plein Coronavirus pour vous récompenser de cet amour, autant dire un des fossoyeurs de l'hôpital public. C'était une carotte donnée aux soignants, car l'homme était aimable. Ils l'ont croqués et se sont sentis récompensés d'avoir été "en première ligne" au pic de  l'"épidémie",  sous les applaudissements de la foule en délire tous les soirs à 20h, car la foule est moutonnière. Un peu plus tard, Castex foutait les soignants non vaccinés dehors pour aggraver le mal de l'hôpital. Mais il avait un accent chantant, l'accent de #JeanLassalle qui faisait tout passer et tout passa. Mais les deux hommes avaient beau être des bergers des Pyrénées, pas des "bergers à l'Elysée" (Macron ne l'aurait pas permis) et #JeanCastex n'était pas #JeanLassalle: quand sa vallée était en danger, #JeanLassalle faisait une grève de la faim;  #JeanCastex préférait aggraver la situation de l'hôpital public, des urgences et des soignants pour éviter les grèves. Il inventa cet adage: "Pour être admis à l'hôpital, soyez malades et vaccinés."


      Vous avez aimé la suppression des petites lignes à la SNCF? Vous adorerez #ElisabethBorne, comme les cheminots qui se réjouissent déjà de négocier avec elle sur la recréation de ces petites lignes à supposer qu'elle ait jamais lieu, car tout de même, le train est plus écologique que la voiture.


      L'écologie, elle l'a découverte en devant sauver le soldat Rugy qui faisait une gastro quand il mangeait du homard en célébrant mai 68 à l'Assemblée nationale (cherchez l'erreur!), puis fut envoyé en renfort du macronisme dans le ministère d'où il sera bientôt évincé par Mme Borne, pour faire oublier la démission de M. Hulot, soupçonné d'être un peu trop entreprenant avec ces dames, surtout quand elles étaient les petites-filles de #FrançoisMitterrand. 


     Autant il pouvait y avoir une continuité entre le management de la RATP et la réforme de la #SNCF, autant on n'a pas senti la fibre écologique d'#ElisabethBorne, aujourd'hui chargée de chapeauter la "transition écologique" de façon "productiviste", pour mêler les deux critères qui ont présidé au choix de cette "première ministre" (sic:  il faut ainsi parler pour que le masculin ne l'emporte jamais, même pas dans la grammaire, préférer la langue inclusive).


      Vous avez aimé la révolution bourgeoise qui permit, à droite comme à gauche, de parler de "faux chômeurs" pendant les déjeuners dominicaux sans se boucher le nez et sans le faire sur le ton transgressif de la confidence un peu honteuse et gênée? Vous avez aimé #LaurentWauquiez fondant la #DroiteSociale en parlant de "cancer de l'assistanat", puis promu au ministère du travail pour y punir les chômeurs refusant plus de "deux offres d'emploi raisonnables", la raison pouvant passer de l'acceptation d'un poste d'ingénieur à celui d'horticulteur, puis sous Macron d'horticulteur à serveur de restaurant à Montparnasse en traversant la rue ou en acceptant un boulot à 150km de chez soi au nom de la flexi-mobilité? Quel mal y avait-il puisque les chômeurs ne sont rien et sont tout juste bons à encombrer les gares? Vous avez aimé les pauvres qu'il fallait "responsabiliser" en cessant de dépenser pour eux un "pognon de dingue"? Vous avez aimé la réforme de l'assurance chômage portée par #ElisabethBorne et basée sur la baisse des indemnisations en même temps que sur la radiation des "faux" chômeurs? Vous adorerez la réforme des retraites et tout ce que fera #ElisabethBorne à qui les syndicats ne font même pas semblant d'accorder un état de grâce.


Mais j'y pense: #ElisabethBorne ne peut pas ne pas être adorée puisque c'est une femme et une femme adorable, gentille, affable, chaleureuse, issue d'une de ces minorités visibles (plus de la moitié de l'humanité) et opprimées qui n'ont accédé au sommet de l'exécutif que deux fois en près de 65 ans de Vème République. Je fais amende honorable et entonne à son intention l'hymne féministe de Franck Michael, "Toutes les femmes sont belles", qui fait un tabac dans tous les EHPAD, où je ne doute pas qu'on souhaite la bienvenue à #ElisabethBorne en s'applaudissant de sa nomination. Je m'en applaudis également, car j'essaie de garder un reste et un vernis d'éducation, mais j'assure mes arrières en me promettant de voter pour la gauche plurielle aux législatives qui viennent, quelles que soient mes réserves sur Jean-Luc Mélenchon qui passera la main et ne sera jamais nommé premier ministre, puisqu'il ne concourt pas à la députation. 

jeudi 12 mai 2022

Mélenchon ou le coup d'Etat caractériel d'une union désespérée de la gauche

Personnellement, je n'ai jamais douté que Mélenchon était un caractériel, pas plus que je ne me suis imaginé que voter Marine Le Pen au second tour de la présidentielle comme je l'ai fait soit faire autre chose que choisir le choléra contre la peste, même si je trouve que, depuis qu'il a gagné l'élection présidentielle, #EmmanuelMacron, faute d'être devenu un nouveau président pour un nouveau peuple, fait preuve d'une certaine élégance, ce qui n'engage à rien, voire d'une certaine vision européenne présentée avec une autre allure . 


Je trouve Mélenchon génial d'avoir idolâtré Mitterrand pour lui avoir fait, vingt-cinq ans après la gauche plurielle injustement renvoyée à ses chères études, un coup de Jarnac ou un congrès d'Epinay à l'envers (ou un coup de Latché promis à Anne Pingeot et finalement rentré dans le trousseau patrimonial de sa famille légitime).


Je ne me fais aucune illusion sur le caractère d'autocrate de l'idolâtre Mélenchon ni sur sa personnalité de caractériel à probables crises de violence qui ne doivent (ou ne peuvent presque) pas être que des emportements verbaux, tant le type se déchaîne", se contrôle mal alors que "l'Avenir dure longtemps" comme aurait dit Louis Althusser, qui aurait pu être son vieux maître s'il avait été un peu plus jeune.  


Ou pour le dire plus politiquement, je me fais peu d'illusions sur sa capacité à être "élu premier ministre" au lendemain des prochaines élections législatives, même si sa formule est trop injustement moquée: c'est toujours le chef de la majorité législative qui a imposé sa personnalité ou son poulain au président de la République cohabitant qui nomme certes à la lettre le premier ministre, mais na jamais contrarié le choix du gagnant, n'eût-il pas concouru pour lui-même, comme Balladur; et le mérite serait d'autant plus grand si Mélenchon construisait une coalition cohabitante en deux temps, trois mouvements, plus vite que "la Gauche plurielle", qui eut tout le temps dessiné entre l'élection de Chirac et la nomination de Jospin pour se faire et se refaire, mais si "Chirac n'avait pas dissolu" comme disait Jacques Faisan, la "gauche plurielle" ne serait jamais revenue aux affaires. ..


Je ne me fais aucune illusion sur la liberté d'opinion au sein de "la France insoumise" dont le leader (sic) se fait pourtant le chantre de la liberté d'opinion et de l'hostilité envers le pouvoir personnel. Mitterrand son idole s'est aussi parfaitement adaptée au costume de la cinquième République contre laquelle il ne lutta pas seulement en écrivant "Le coup d'Etat permanent", mais en s'entourant d'une multitude de juristes qui ne couvrirent ensuite que les moeurs de cour de ce monarque républicain. 


Je ne me fais aucune illusion qu'en Mélenchon, ne sommeille une sorte de dictateur vénézuellien à la gouaille avinée.


Et pourtant je voterai tel une dupe pour son candidat des NUPES (nouvelle union populaire écologiste et sociale), d'abord par cohérence intellectuelle et j'y tiens beaucoup; ensuite parce que Mélenchon a beau nous promettre qu'il va raser gratis, il a le mérite de nous faire rêver, le blaireau, la barbe! Il a beau être le représentant imberbe d'un improbable humanisme caractériel, j'ai envie de parier sur son côté humain, d'où mon vote à contre-sens ou à contre-courant comme je l'ai toujours fait, mais je ne suis pas un homme du monde: j'ai mon petit côté mondain, mais je suis un piètre prévisionniste.


Enfin, je vois qui le défend et qui l'attaque au sein de son ancien camp politique. L'attaque #FrançoisHollande, dont il a mis à nu toutes les turpitudes par insuffisance et incompétence. S'indignent contre lui #ManuelValls et #BernardCazeneuve qui quitte le navire du PS en claquant la porte de la cale, tandis que son ami ex-premier ministre #ManuelValls  est trop nerveux pirate pour se faire recaser sans se faire recaler (j'ai dit pirate et non corsaire, VAlls n'a pas le sens du bien commun). 


Hollande, Cazeneuve et Valls ont prospéré sur le deuil national, qu'ils ont assimilé au terrorisme sans jamais remettre en cause leur stratégie en Syrie, ni le fait qu'ils interdisaient aux djihadistes français de combattre aux côtés des tombeurs de Bachar, comme eux-mêmes au nom de la France, et comme Fabius qui nous représentait, et disait que cet homme (Bachar) "ne méritait] pas d'être sur terre(. Car les néocons comme HOllande, FAbius, Cazeneuve ou Valls  avaient des idées très libres sur qui devait vivre et qui devait mourir), mais voulaient aussi faire refroidir le climat, nous dit-on, qu'il fallait rendre plus tempéré en assassinant tous ses ennemis.


Lionel Jospin en revanche, qui a été injustement démis par une vague lepéniste à laquelle je n'aurais pas dû participer en 2002 au nom de la démocratie directe (et je le regrette),a reconnu l'un des premiers (et sans arrière-pensée contrairement à Ségolène Royal), que Mélenchon avait su s'imposer, non pas nécessairement du fait de son score au premier tour, mais par sa tactique du "vote efficace" qui ne devait pas être confondu avec le vote utile, comme le leader naturel de la nouvelle "gauche plurielle" qui reste l'avenir de la gauche et, je crois, à ce stade, de la France.


https://www.lepoint.fr/politique/la-verite-sur-m-melenchon-11-05-2022-2475239_20.php


Est-ce que "Le Point" envoie une boule puante à Mélenchon à la veille des législatives en attendant que Gernelle, le condisciple de Macron à l'ENA, reprenne avec lui sa complicité comme il l'a fait le lundi qui suivit le premier tour de cette élection présidentielle, ou comme #Mediapart le fit à deux jours de l'élection présidentielle de 2017? Sans doute "le Point envoie-t-il une boule puante légèrement conservatrice avant de grincer en se pinçant tout au long du quinquennat futur.


Mélenchon aurait varié sur l'enseignement catholique, l'accuse le journal de l'ami du président, mais au fond, quelle importance? Sur l'Europe, il a soutenu les mêmes idées que #MarineLePen sans qu'on lui fasse jamais grief de vouloir quitter l'Europe ou renégocier les traités: "L'Europe, tu la changes ou tu la quittes", avait dit Mélenchon un peu comme Le Pen Bécassine, c'est sa cousine. Variante cinq ans plus tard: "Tu lui désobéis." Tout ça est du pareil au même.


Mélenchon a été ridicule d'avoir titré un de ses principaux articles: "Il a la classe, notre Tsipras" pour défendre le premier minstre grec qui s'est soumis comme personne aux velléités de la troÏka qui étouffa son pays. Quiconque l'avait entendu défendre sa candidature à la présidence de la Commission européenne sur toutes les chaînes de l'Union ne pouvait que s'attendre à ce que ce pâtre grec trahisse les ambitions de rendre à son pays la dignité endettée de sa gestion souveraine moyennant un référendum consultatif à la Chirac version 2005.


Je me souviens d'un Mélenchon tellement antireligieux qu'il osait attaquer le Dalaïlama au Tibet au nom de son mépris du monachisme et d'un maoïsme résiduel, se combinant en un fond de sauce assez rance avec le trotskisme entriste de sa jeunesse, si tant est que quiconque soit capable de dire ce que recouvrait le trotskisme chez les militants ayant quitté l'activisme pour entrer en activité politique. Seul Krivine a dû rester à peu près pur, paix à son âme!


Je n'aime pas le robespierrisme de Mélenchon, car le robespierrisme est un terrorisme, qui a un lien avec l'islamisme prophétique, qui s'est imposé par la force en un siècle à la moitié du monde connu, à l'exemple du monde romain qui y a mis plus de temps, mais exactement comme les guerres napoléoniennes ont essayé d'imposer avec moins de succès, pas tout à fait circonscrit à l'Europe, l'idéal révolutionnaire.


Je n'aime pas le castrisme ou le guévarisme mélenchoniste, mais je reconnais qu'il est dans la tradition sartrienne, beauvoiriste et danièle-mitterrandienne, ah ce charmant "vieux" atlantiste que Mélenchon a tant aimé pour le renier sans "droit d'inventaire", puis pour l'imiter avec plus de culot que n'en aura jamais Jospin, qui piqua une crise de thiroïde le jour où il se dit fier d'avoir des communistes dans son gouvernement. Mais Mélenchon n'a pas mangé son chapeau comme Cambadélis, analyste de la gauche devenu par inconséquence hollandienne premier secrétaire du parti socialiste. Et c'est à l'honneur d'#OlivierFAure d'avoir rompu avec les fossoyeurs du parti socialiste dont son mentor Hollande et Valls le menteur! 

vendredi 29 avril 2022

Contrepoints kérigmatiques

En dialogue avec l’abbé Guillaume de Tanouarn

Dont le commentaire du credo sur le mystère pascal commencent ici :

 

MetaBlog: Est mort (ab2t.blogspot.com)

 

Puis il faut remonter d’article en article.

« Bonsoir, Guillaume,

 

J'attendais Pâques (par superstition? Est-ce qu'on n'y croit pas et qu’on ne vit pas Pâques tous les jours?) pour lire vos derniers articles sur le Credo. Je fais mon rattrapage et mon écrit de rattrapage sur ce qui m’y interpelle, je les lis en aède en dialoguant avec eux, en écrivant des contrepoints sur le kérigme.

 

 

Mort de Jésus

 

-Je ne suis pas d'accord avec le P. Augustin Pique, qui dit que Dieu est impassible, qu’Il n’a pas besoin des hommes et qu’Il ne peut ni souffrir ni mourir, et qui ne pousse pas jusqu'à dire que, s'il n'y a pas de (presque) mort de Dieu, la mort de l'humanité de Dieu est inutile.

 

-Saint Thomas d'Aquin dit que, sans le péché originel, Jésus Se serait certainement incarné. Et il aurait suffi d'un Regard de Dieu pour sauver le genre humain. Alors pourquoi Jésus meurt-Il?

 

-Il n'y a pas de plus grand amour que de donner Sa vie pour ceux qu'on aime." Si, il y en a un, c'est de donner Sa vie pour ceux que l'on n'aime pas.

 

-Petit jeu lacanien: J'ai eu une amoureuse un peu nymphomanequi m’appelait triomphalement en s’annonçant : "C'est moi." Je n'osais lui dire que tout le monde peut dire la même chose, car "tout le monde est une drôle de personne", comme disait Carla Bruni et en cela, nous sommes tous égaux-[ego]. Or une autre chose est drôle: c'est qu'aux premiers livres de sa Trinité, saint Augustin cherche à établir un signe "égal" entre le Père et le Fils, bien que le Fils confesse Lui-même : "Le Père est plus grand que moi." Mais le projet de la Pâque, c'est le "notre Père", non que la filiation soit une soumission (on n'est pas dans la philosophie du sujet qui se croit autonome, ce subjectus), mais parce que le Père est infiniment aimable et, ès qualités, bien qu’inconnaissable, digne de connaissance.

 

-Sacrifier le moi, c'est rejeter la conscience de rôle, jeter le personnage pour trouver la personne, dont on se demande pourquoi le nom vient d'un masque.

 

-"Le sacrifice sans amour n'est que diminution des forces vives de la personne. Le sacrifice sans amour est haïssable", ce qui tendrait à prouver que l'amour est le contraire de la peur, car on n'aime à rien sacrifier par peur de se jeter à l'eau, par peur de l'inconnu, par peur d'y perdre des plumes et d'être dépouillé, quand on aura pratiqué la véritable ascèse. j'ai pratiqué pour ma part une fausse ascèse: je me suis dépouillé et me suis fait pauvre avec les pauvres pour oublier que j'étais riche en moi-même.

 

-Ensevelissement: chaque fois que je vais jouer un enterrement, j'ai honte de cet article indéfini et générique, « un », mais je suis fier d'accompagner le dernier acte de quelqu'un, même s'il n'estplus là physiquement.

 

-Ensevelir, ai-je appris lundi dernier, est une des 14 oeuvres de miséricorde et fait partie si je ne m'abuse des œuvres matérielles.

 

-Pendant le Sabbat, les femmes ont préparé des aromates pour qu'il ne soit pas dit de Jésus comme de Lazare: "Il sent déjà."

 

-Jésus touche Marie en l'appelant par son nom et lui interdit de le toucher, de le "tenir", parce qu'on ne peut pas mettre la main sur l'être, il est insaisissable. "Ne me touchez pas": ce cri lancé par une patiente de Freud, décida le maître viennois à la méthode de ne pas voir son analysant. Freud fut accessible à ce cri parce qu'il détestait la musique...

 

-Jean qui entre en second dans le tombeau: ma lecture littérale de Jean, à la différence de la vôtre dépendante de l'interprétation de Claude Tresmontant selon laquelle le quatrième évangéliste appartiendrait à une famille sacerdotale et ne serait pas l’un des deux fils de Zébédé, ces « fils du tonnerre », m'avait fait naïvement penser que l'apôtre Jean qui se désigne dans son propre Evangile comme "le disciple que Jésus aimait" pour parler le moins possible de lui-même, respectait la préséance de Pierre, le premier des apôtres, pour le laisser entrer en premier dans le tombeau vide.  Vous pensez de votre côté que Jean n’accepte d’y entrer que quand Pierre lui certifie qu’il est vide et qu’il ne se souillera pas en y entrant.

 

-Jean "crut à la vie, lumière éclairant les hommes en venant dans ce monde": j'ai eu la malchance de ne pas aimer la vie, moi qui aimais vivre, et ce non amour de la vie me venait de mon père, à qui j'ai demandé de conscience à conscience, un jour qu'on le croyait à l'article de la mort (et il ne parlait plus) d'où lui venait ce désamour. (J'avais observé une méthode de kynésiologie non visuelle apprise de l'ami d'une de mes cousines.) "D'avoir été orphelin de père à dix ans", me répondit sa conscience. J'ai dit à Dieu: "Si je me suis monté le bourrichon, si tout cela est du bluff, demain il sera dans le même état." Le lendemain, il parlait, l’ironie se dessinait sur son visage et il organisait une réunion où il demanda à chacun ce qu’il pensait de sa mort.

 

-Je me suis toujours demandé pourquoi l'anthropologie faisait de la sépulture le commencement de la civilisation et je préfère répondre avec Jésus: "Laisse les morts enterrer leurs morts."

 

-La descente aux enfers, telle qu'elle est évoquée par le Missel romain, est un des moments les plus poignants de notre Credo catholique. Elle a lieu en ce jour du grand silence où jésus prend la main d'Adam et le réveille. Rien à voir avec les descentes aux enfers d'Homère ou de Virgile qui visitent les lieux, mais ne mettent pas fin à l'anathème de la mort qui ne peut "rendre grâce à Dieu", fin de l'anathème dont n'ont que trop profité les romantiques.

 

-L'histoire du pauvre Lazare rappelle celle de l'infirme de Béthesda qui trouve le moyen de venir tous les jours pendant 38 ans sans que personne l'aide à plonger dans la piscine. Et il en est pour lui reprocher de se victimiser devant Jésus en réponse à son "Veux-tu guérir?".

 

-Le cheval pâle et l'Hadès qui le suit rappelle le cheval noir (ou le mauvais cheval) du Phèdre de Platon.

 

-Incroyable que Pierre sache ce que Jésus a fait aux enfers et le relate dans sa première épître. En avait-il fait confidence aux apôtres pendant les "blancs" que laissent les Evangiles sur les rencontres, pourtant si belles et si profondes, de la Résurrection ? "Par l'Esprit aussi Jésus-Christ alla prêcher aux esprits qui étaient retenus en prison, qui autrefois avaient été incrédules, lorsqu'au temps de Noé ils s'attendaient à la patience et à la bonté de Dieu, pendant que l'on préparait l'arche dans laquelle peu de personnes, savoir huit en tout, furent sauvés au milieu de l'eau".

Les termes sont précis : l'oeuvre de Jésus aux enfers consiste à prêcher aux morts qui n'ont pas eu l'occasion de répondre au Seigneur durant leur vie. C'est une chance ultime qui leur est laissé de se prononcer pour Jésus devant les hommes pour que Lui se prononce pour eux devant son Père au plus haut des cieux." Je vous cite non sans rappeler cette formule que vous répétez depuis longtemps: "En enfer, il n'y a que des volontaires." Un prêtre de Mulhouse a un discours très élaboré sur les fins dernières. Il dit trois choses:

 

    1. "Au paradis, vont les bons et les méchants repentants."

 

    2. "Vous serez jugés sur l'amour, sur l'amour que vous avez donné et sur l'amour que vous avez reçu."

 

    3. "L'éternité, ce n'est pas long, surtout vers la fin, car l'éternité n'est pas une question de quantité, mais de qualité et de densité. On ne s'ennuiera jamais pendant l'éternité."

 

Je lui ai dit un jour que j'avais déclaré forfait au combat spirituel, il m'a répondu qu'on n'avait pas le choix. J'entends bien, mais je ne peux pas. Je suis un ennemi beaucoup trop puissant pour moi-même." Qui refuse ce combat fait ce que vous appeliez "le choix du non choix" dans "Délivrés" et se condamne à rester un "homme psychique" ne manifestant pas sa volonté de puissance, mais ne poussant pas le désir jusqu'à la puissance, disant avec Thierry Piras que le désir débouche dans l'impuissance.

 

-Le Signe de Jonas, le refus de Jonas: et quand les Ninivites se convertirent, Jonas est de nouveau outré, comme plein d'eau et bon à retourner dans la baleine. Il a fini par faire ce que Dieu voulait, mais il n'a rien compris.

 

 

 

-Le Christ ne nous a donné que le signe de Jonas qui ne rend pas notre conversion évidente, parce que, qu'un homme soit ressuscité, c’est merveilleux, en quoi ça nous concerne?

 

- "[Jésus] est l'Innocent par excellence. Et puis cette dureté, cet endurcissement dans le péché, il l'a ressenti à ce moment précis, mais venant des hommes contre sa personne." Je ne sais pas pourquoi René Girard a considéré comme indispensable que la victime expiatoire soit innocente. Par vous, j'ai connu, discuté avec et lu Jean-Marc Rouvière qui avait écrit: "Adam... ou l'innocence en personne." La nature humaine d'avant le péché était foncièrement innocente. Les pessimistes comme Luther disent qu'après le péché, elle est totalement coupable et contaminée. La vérité est sans doute entreLuther et Rousseau : l'homme d'après le péché n'est plus qu'à moitié bon, mais il n'est pas non plus tout à fait mauvais. Je me dis souvent que Jésus aurait voulu qu'un Abraham se porte à son secours: "Seigneur, et si tu te contentais d'un regard pour nous sauver !" Au lieu de cela, il a été laissé seul avec sa conscience: "Père, si ce calice peut s'éloigner de Moi, et cependant non pas ma volonté, mais la tienne."

 

-La mort est un enfantement: "Nous sommes baptisés dans sa mort et dans sa résurrection dit saint Paul aux Romains (6). Pas forcément comme des intégristes, mais en tout cas comme des pécheurs. Nous connaîtrons la mort, nous resterons trois jours et trois nuits dans le ventre du monstre marin, nous vivrons dans cette sorte d'utérus spirituel, dans une ultime expérience du mal (la mort) qui nous donnera un goût éperdu pour la vie. Nous supporterons notre finitude et nos péchés, pour mieux recevoir l'éternité : pas comme un dû, comme un don."

 

-Entendu hier à la messe dit par un prêtre âgé qui a le génie de la simplicité: ressusciter, re-susciter, et j'ajoute re-stimuler, re-mobiliser, ré-excité, au sens intérieur du dynamisme de l'excitation à vivre ou de l’élan vital.

 

-Job "n'est pas loin de penser que Dieu le hait", et il est le premier des héros bibliques à qui sa femme a proposé l'euthanasie: "Maudis Dieu et meurs", à quoi il a répondu: "Je sais que mon Rédempteur est vivant."

 

-Jésus, le racheteur, qui pratique pour nous la loi du Lévira. Je suis sûr qu'il a racheté l’âme de Baudelaire, qui l'avait vendu au diable un soir au jeu, raconte-t-il de manière rien moins qu'anodine et plus que symbolique dans un de ses célèbres petits poèmes en prose.

 

 

""Quels que soient les événements dieu aura le dernier mot." (le Père Dhormes dans son "commentaire monumental" du livre de Job. Le dernier mot est la rémission des péchés, ce qui rend intrinsèque à l'Eglise "la culture de l'abus", mais toute vie est abusive et ratée et l'Agneau de Dieu enlève le péché du monde, pas seulement les petits péchés un à un: la  nouvelle traduction liturgique de l'Agnus Dei  en Français me donne de l'urticaire même si elle est fidèle au pluriel latin « pecata ». Il y a une opposition entre Jésus et le Péché et Jésus n'est pas un ramasse-poussière armé d'une balayette, c'est un aspirateur qui aspire nos âmes en même temps que le péché.

 

 

-Job avait pressenti une dimension salvifique en Dieu, qui se trouve être sa deuxième personne. Mais il pressent aussi le Paraclet, l'Esprit défenseur et consolateur: ""Ce témoin doit descendre du Ciel sur la terre" commente le Père Dhorme au vu de cet autre texte : "Le témoin de mon innocence est dans le ciel et celui qui connaît le fond de mon coeur réside en ces lieux sublimes"."

 

"La Création n'est pas finie" et "le mal vient de cet inachèvement."

 

-Le racheteur est "au-dessus de la poussière", il ne la mord pas. Notre destinée est "au-dessus de la poussière, super pulverem, note encore Cajetan."

 

 

-Saint Paul a compris le mystère cosmique du Christ et il a également compris le mystère temporel de la condition humaine, qui "se connaît comme l'énigme dans le miroir" et qui, quand elle aura passé la mort, connaîtra comme elle est connue. Ma mère a réalisé des oeuvres d'art avec des bris de miroir, des oeuvres de cette ligne brisée qu’est la vie.

 

-La Création me semble moins "en attente" du "dépassement" de "l'à quoi bon" que de la réalisation de l'amour pour lequel l’homme a été périmétré pour s'inscrire dans la circonférence de Dieu.

 

- "Jésus est ressuscité une fois pour toutes", mais l'homme ressuscite au jour le jour. Un cantique, "Dans la puissance de l'Esprit", énonce cette autre réalité magnifique: "Il est ressuscité pour toi."

 

"Jésus a mangé en union avec ses apôtres": Il leur a préparé un feu. La plus belle chose qu'un homme m'ait dite après que je lui eus demandé "Coment ça va?" "Pas bien, Julien, je vieillis, mais j'ai toujours le même feu en moi." La métaphore du festin définit le Royaume de Dieu. "Que signifie manger en union avec ses apôtres?" Peut-être que Michèle Reboul est moins naïve qu'il y paraît quand elle imagine que Jésus a appris à ses apôtres à dire la messe entre la Résurrection et l'Assention.

 

- Jésus a préparé un feu à Ses apôtres dans lequel Il a fait brûler des poissons que personne n'avait jamais pris et que peut-être Il a créés pour l'occasion: la Création s'achève dans la Rédemption et la Rédemption se parfait dans la Création continuée (et non pas achevée).

 

-"Ecclesiade Eucharistia" m'a appris que les espèces du pain et du vin disparaissent complètement sous l'effet de la transsubstantiation dans la présence-absence de Dieu à jamais avec nous, si loin qu'on peut en douter et si proche qu'on peut le toucher.

 

-Le Christ est absent et il est abstème: il ne boira "plus du fruit de la vigne" par lequel Son Sang se transforme, jusqu'au jour où Il en boira à nouveau dans Son Royaume avec Ses disciples, Royaume où le bon larron fut le premier entrant.

 

-Que Jésus se soit fait homme à l'exception du péché serait un oxymore si Jésus n'avait pas devancé volontairement cette conséquence du péché qu'est la mort sans que "l'envie du malin" puisse faire entrer la mort dans le don de sa vie comme elle l'avait fait dans le monde, nous dit le Siracide.

 

Jésus monté au ciel :-"Je crois bien que j'ai trouvé mon ciel sur la terre, car le ciel c'est Dieu et Dieu est dans mon âme." (sainte  Elisabeth de la Trinité)

 

-Le ciel est un lieu dans la lumière, donc c'est un non-lieu au sens topologique et topographique.

 

-Le Christ exerce le pouvoir  "assis à la droite du Père", et c'est lui qui donne aux brebis qui comme lui ont fait le bien d'etre du même côté du Père, à sa droite.

 

-L'abbé Guy Pagès m'a dit un jour, comme je me complaignais que j'avais très mal mené ma barque: "Mais ça n'a aucune importance, ça. Dieu ne regarde pas au résultat, Il regarde au désir." Et j'ai osé lui répondre du tac au tac: "Je crois que je suis assez inattaquable sur le plan du désir." Précédemment dans la même conversation, il répondait à ma question: "Comment justifier l'existence de l'enfer?" "Si Dieu le supporte, supportez-le. Ne faites pas comme les modernes, partez du principe, chaque fois que vous vous posez une question, que vous devez innocenter Dieu et ne pas Le soupçonner a priori."

 

 

- "Croire dans" ou "croître vers" et non « croire au Saint Esprit ». L'autre erreur concernant le Saint Esprit, je la trouve dans le symbole de Nicée-Constantinople qui en parle au passé, si l'on est optimiste parce que l'Esprit est la mémoire de Dieu qui nous Le rappelle, si l'on est pessimiste dans le but de L'éteindre, comme toutes les religions ont fermé la lumière de la prophétie.

 

-"Je crois dans l'Esprit Saint, d'où découlent (ou qui se développe en toutes ces choses éminemment présente que sont) la sainte Eglise catholique, la communion des saints, la rémission des péchés, la résurrection de la chair » et « la vie éternelle."

 

-L'Esprit Saint, c'est ce que reçoit l'orphelin de Dieu après l'Assention de Jésus et qui le console.

 

 

-"l'Esprit Saint est l'âme de l'Eglise" : toutes les appositions qui suivent sont les oeuvres de miséricorde de l'Esprit.

 

 

- "notre Dieu est unique parce qu'il est infini. Mais il n'est pas seul parce qu'il est amour."

 

 

Amitié,

 

 

Julien » 

mardi 26 avril 2022

Macron ou le désordre du monde

    Macron est le garant d'un ordre du monde en désordre, d'un monde en déconstruction, où il n'y a plus ni hommes ni femmes, où les esclaves sont libres par procuration d'émancipation utopique, optative ou espérée, où les écoliers sont conduits par un algorithme au choix de leur orientation professionnelle (cf. Parcoursup), où les valeurs humaines sont portées par un homme-machine, le président, qui n'est pas dénué de compétence dans son domaine de gouvernance surveillée (et là je ne parle pas de la surveillance qu'il exerce sur ses concitoyens, mais de celle qu'exerce sur lui ce que sous Trump on appelait l'Etat profond.


En République où s'exerce une démocratie au scrutin majoritaire à deux tours sans que le nombre en soit impair ou premier, il n'y a pas de place pour trois,  seulement pour deux. Tant que la politique était saine et marchait sur ses deux jambes, il y avait une droite et une gauche. Mais depuis quarante ans, la dynastie Le Pen s'est octroyée une rente politique en s'arrogeant un monopole sur le nationalisme qu'elle présente sous des traits fâcheux qui l'ont fait entrer dans une impasse. Voyant que l'aile centriste ne pouvait se débarrasser de ce tiers excluant qui devenait le pôle négatif du duopole, le centre s'est réuni contre ce pôle négatif et puisque ce parti familial ne veut pas mourir, on déplore la mort des partis traditionnels qui nous servaient de jambe droite et de jambe gauche.


Mélenchon voudrait bien ranimer la flamme de la gauche, mais il y a un pragmatisme de l'état de grâce et malgré ses coups de menton, cet éternel candidat à la Vième République n'a pas installé assez tôt ce rêve  d'une République parlementaire et d'un gouvernement qui en serait issu pour l'installer et le faire lever. Il a préféré l'excitation de la présidentielle à enraciner un projet de cohabitation pouvant ressusciter la gauche plurielle à laquelle seul Lionel Jospin reste fidèle: ce n'est pas François Hollande qui aurait donné acte au leader de la France insoumise d'être le chef naturel de la gauche en décomposition et en mal de coalition.


tout à son triomphe modeste (il ne nous en avait pas donné l'habitude), le président ripoliné nous dit que cette élection l'"oblige". Chirac nous racontait la même baliverne en 2002, il prétendait même nommer un "gouvernement de mission", et Jean-Pierre Raffarin sortit de son chapeau, qui prépara l'acte II de la décentralisation de la France, laquelle acheva de faire de la province un désert médical et culturel aux routes cabossées et aux promesses jamais tenues de dotation territoriales à la hauteur des nouvelles compétences des soi-disants"territoires, terme bien féodal, que Macron appauvrit encore en les privant de taxe d'habitation sans jamais parler de renoncer pour sa part à la TVA ou de remplir le panier de la ménagère de produits de première nécessité car Macron est chiche et nous en sommes pois chiches.


Macron fait-il le poids en politique internationale? A la veille du second tour, "le Monde" jouait sur les peurs et son directeur nous serinait que le pays était en danger de clanisme et de ne pouvoir relever les défis climatique ou géopolitique. Le défi climatique? Mon climato-scepticisme naturel demande à le voir. Mais Macron est-il à la hauteur du défi géopolitique ? Favorise-t-il la désescalade pour qu'on n'arrive pas à une troisième guerre mondiale d'autant plus intraitable qu'elle ne résistera pas au feu nucléaire et qu'on n'est plus en mesure de traîner notre  complexe munichois face à une puissance nucléaire. Pourquoi Macron déplace-t-il des réfugiés ukrainiens dans des pays d'Europe aussi éloignés que le nôtre ou des pays latins comme l'Espagne ou l'Italie) où ces Russes ou ces Slaves mal occidentalisés  n'ont aucun avenir et où l'on sent qu'ils sont là pour rester? J'en parle à mon aise: mon immeuble, vide pendant cinq ans, vient d'être peuplé de réfugiés ukrainiens et on menace de me déloger pour le rénover une fois que les Ukrainiens seront partis, me dit-on. Les Ukrainiens ne partiront pas, mais moi, je devrais partir en n'ayant aucun impayé de loyer. Comment doit-on vivre ce grand déménagement du monde ou ce grand remplacement quand on est aux premières loges? Macron lest le garant d'un ordre du monde en désordre. 

mardi 12 avril 2022

La France à la peine


L'élection présidentielle me laisse une impression de tristesse. Certains estiment que, si Marine Le Pen passait, ça provoquerait une guerre civile en France. Je ne sais pas, mais c'est probable. Au-delà, la question est de savoir si la xénophobie est une variable d'ajustement. L'histoire a longtemps été xénophobe et a consisté en une lutte des nations contre les étrangers. Et puis la Seconde guerre mondiale est passée par là et a essayé de construire des coalitions de nations qui ont fonctionné tant qu'il y avait deux blocs, mais qui ne fonctionnent plus: l'Union européenne étouffe sous sa bureaucratie et pourrait en mourir comme le communisme. François Asselineau avait été visionnaire en proposant la francophonie comme une alternative pour la France, mais il est inaudible ou il est en avance sur son temps. La xénophobie n'est plus de mise puisque beaucoup d'immigrés vivent avec nous et ont intégré nos nations. Pourtant  certains immigrés voudraient voter pour Le Pen, mais au moment de faire le pas décisif, ils ne se sentent pas prêts et on les comprend, ils auraient l'impression de voter contre eux-mêmes. Peut-on décemment les traiter en ennemis en votant contre eux? Cela m'a toujours mis mal à l'aise. Je ne pensais pas m'abstenir, aujourd'hui je ne sais plus, mais je necrois pas et je ne voterai pas Macron. 


Marine Le Pen a fait une campagne particulièrement nulle, d'une nullité qui confinait quasiment à celle de son débat avec Macron. La question de ceux avec qui Le Pen fille ou Le Pen père gouverneraient se posait depuis 2002. A supposer qu'elle gagne la présidentielle, elle peut d'autant moins gagner les législatives que tous ses cadres l'ont abandonnée pour redonner dans une scission villiéro-mégrettisteavec un candidat mieux cortiqué que Bruno Mégret et moins caricaturalement aristo décadent que Philippe de Villiers, car Zemmour a beau cliver, il est mondain et était introduit dans tous les milieux, dans toute la classe politique avant d'extrémiser son discours pour correspondre à ce que pense la bourgeoisie xénophobe. Marine Le Pen est seule, est plus seule que jamais. Depuis qu'elle dit avoir du coeur, elle est un peu seulette. 


La vie familiale de Zemour, de Villiers, des Le Pen n'est pas exemplaire, accusent ceux qui voudraient u ne conformité des actes et des paroles chez ces défenseurs de la famille. Elle est marquée du sceau de l'incohérence, mais peut-on faire un procès en incohérence? Tout être vit d'incohérences majeures. Un ami prêtre me disait ce matin que si nous n'étions pas un chaos, il n'y aurait pas besoin du Christ, d'un Sauveur, ou nous pourrions avoir un Sauveur beaucoup plus simple, nous qui sommes complexes. 


Le Pen père a-t-il torturé comme on l'en acuse? Il le nie, j'ai envie de le croire. La famille Le Pen, ce sont les atrides. Elle détient une rente politique qui bloque le pays. Le père était flamboyant, odieux et visionnaire, sa fille est fragile et insuffisante, la nièce est raide, suffisante et surcotée. La droite répubicaine est en miettes. Que Valérie Pécresse se soit endettée personnellement peine pour elle, mais elle n'avait pas l'étoffe pour être présidente. Tout sonnait faux. Moi qui suis d'un antimacronisme primaire, je prévoyais qu'elle pourrait être pire que Macron. 


Cinq ans supplémentaires de macronisme, combien de Gilets jaunes, combien de casse sociale? Je crois qu'il vaut mieux éviter cela que de  s'interdire de voter Le Pen, mais si mon vote Mélenchon du premier tour est un vote de coeur, je ne sais pas si le vote que j'envisage pourle second tour  est un vote de raison. Le Pen propose une politique qui ressemble beaucoup à celle de Mélenchon, mais avec des éléments d'inhumanité dès qu'il s'agit des étrangers. Peut-on être tendre avec les siens et dur avec les autres? 


Je pense même que Zemmour et Mélenchon faisaient presque la même analyse du monde, mais Mélenchon appelait "grand déménagement du monde" ou "créolisation" ce que Zemmour appelait "grand remplacement". Nommer autrement le même phénomène, c'était une manière de contourner par l'humanité une difficulté politique, une difficulté de "vivre ensemble" que je n'ai pas souvent ressentie, mais je ne suis pas exempt de racisme, j'ai eu trois épisodes racistes dans ma vie, dont je ne suis pas plus fier que du mal que j'ai pu faire, quel qu'il ait été. 


 Mélenchon déteste plus le fascisme de Le Pen que le libéralisme inhumain de  Macron, c'est un humaniste caractériel. Je n'ai jamais compris pourquoi ce choix s'imposait à lui sans discussion et il n'a jamais varié, n'en déplaise aux chroniqueurs menteurs ou superficiels. Il a dit il y a cinq la même chose que ce qu'il a répété quatre fois dimanche soir. L'insoumis croit-il qu'il va se faire obéir? Tout cela raconte un triste climat social au début de ce qui est pour les chrétiens la semaine sainte, celle du grand Mystère, la même qui a vu il y a deux ans, le lundi saint, l'effondrement de Notre-Dame, dont on ne saura jamais s'il résultait d'un incendie criminel ou involontaire. Faudra-t-il boire notre calice jusqu'à la lie? On n'a pas le choix de ne pas porter sa croix, sauf celui de mourir pour refuser de renoncer à soi-même. Je le dis, moi qui cours ce risque tous les jours, après avoir fait de mauvais choix à l'adolescence et j'ai peur d'en changer, car on sait ce qu'on perd, on n'est jamais sûr de gagner.

vendredi 1 avril 2022

Mes nouvelles aventures, les Ukrainiens et moi

Mes nouvelles aventures, les Ukrainiens et moi


Mail reçu de mon bailleur, Adoma, bailleur social, ce matin à 11h06 après qu’il a rempli mon immeuble, laissé vide pendant cinq ans, de réfugiés ukrainiens : 


« Bonjour, M. INZAEPFLEN,

Suite à mon appel téléphonique et au message laissé sur votre répondeur, nous aimerions vous rencontrer aux terrasses 

des maréchaux, dans la salle de réunion afin d’échanger avec vous sur les modalités 

de relogement possibles et la régularisation du chauffage de l’année 2021. 

Je vous propose :

Le jeudi 7 avril, après-midi.

Ou Le vendredi 8 avril, le matin.

Dans l’attente de vous lire.

Bien cordialement. » 

S’ils l’envisagent, c’est que ce mastodonte de l’hébergement d’urgence appartenant à la Caisse des dépôts a dû trouver un biscuit juridiquepour me mettre dehors (je n’ai pas d’impayé de loyer et n’ai reçu aucun rappel de chauffage) et pour me proposer, j’imagine, de prendre mes quartiers dans l’ancien foyer Sonacotra qu’ils gèrent à Mulhouse (la Résidence du soleil), en laissant leurs appartements de luxe (dans quel but ?) à ces gens qui ne sont pas là depuis dix jours et qui n’ont pas d’avenir en France. Donc ma réponse n’a pas tardé :


« Bonjour, M. K,


"Modalités de relogement", en quel honneur?


Pour ce qui est de fixer un rendez-vous, le 7 avril après-midi me conviendrait mieux, mais plutôt vers 16h, j'ai des obligations auparavant. Il y aura en effet matière à discussion. (…)


Je trouve très cavalier de parler de "relogement" dans un message téléphonique ou dans un mail sans m'avoir avisé de quoi que ce soit au préalable. Je trouverais cela amusant si ce n'était pas révoltant, surtout après le repeuplement sans crier gare de l'immeuble que j'ai occupé seul pendant cinq ans par des réfugiés ukrainiens qui ne font que monter et descendre en claquant les portes toute la sainte journée et qui ne me font nullement l'effet,ni par leurs vêtements (qu'on m'a décrits) ni par leur manière d'aller et venir, de gens traumatisés. Je suppose qu'ils n'ont ni loyer à payer, ni arriéré de chauffage, ni rien du tout, qu'ils ne devront pas attendre deux fois trois mois pour que soit réparé l'ascenseur quand il sera bloqué et qu'ils n'auront qu'à claquer des doigts pour qu'on leur envoie un chauffagiste alors que j'ai passé tout l'hiver avec deux radiateurs qui ne fonctionnaient pas, malgré au moins deux relances que je vous ai adressées. J'ai déjà constaté qu'on a depuis leur arrivé rouvert les toilettes des parties communes dont vous-même m'aviez refusé l’accès lorsque les miennes étaient bouchées. Tout ceci est à l'avenant de la gestion de cet immeuble depuis qu'Adoma en a pris les rennes après la session de Pacagest. 


Donc je confirme qu'il y aura matière à discussion et que je ne suis pas décidé à me laisser faire sans réagir. 


Cordialement,


 

JW

vendredi 18 mars 2022

L'autonomie de la Corse ou d'un séparatisme l'autre

Il y a des séparatismes interdits et des séparatismes tabous. Interdit, le séparatisme islamiste vis-à-vis de la République ; mais tabou, le séparatisme corse vis-à-vis du jacobinisme de la République tellement une et indivisible en théorie que parler d’ »autonomie » de l’île de beauté paraissait inenvisageable, de Lionel Jospin à Nicolas Sarkozy, qui sont allés le marteler de toute leur superbe républicaine de chefs d’Etat ou de gouvernement.

 

Et il y a des tabous que font soudain lever les séparatismes interdits: l’agression d’Yvan Colonna par un adepte du séparatisme islamiste rend possible de parler d’autonomie en Corse, d’après l’exécutif devenu totalement clientéliste en fin de mandat de Jupiter le Piteux, le surdoué qui a tout raté, sauf sa sortie sans le pompon pour un nouveau tour de manège  et un quinquennat supplémentaire où seront autotamponnés les automobilistes voire moins si non affinités qui mettront un bulletin dans l’urne en faveur de ce chef de guerre taxe-carboniste qui les gillet-janise chaque jour un peu plus.

 

Il y a pourtant plusieurs manières de concevoir la République. Je suis trop jacobin pour comprendre la subtilité du Concordat maintenu en Alsace-Moselle au bénéfice des « travailleurs de l’Eglise » dont je suis, moi qui ai tendance à scier la branche sur laquelle je suis assis.A mes yeux, les Corses ne sont pas plus que les Alsaciens légitimes à présenter des revendications autonomistes, mais c’est moi qui manque d’ouverture d’esprit. Il doit pouvoir exister un modèle de République séparatiste et concordataire où l’autonomie de la Corse et le statut différencié face à la séparation des Eglises et de l’Etat ne devraient pas nuire à « l’unité dans la diversité » de la nation française.

 

J’avoue ne pas comprendre ce modèle de République divisible où l’autonomie de la Corse devrait pouvoir exister face au droit local alsacien. N’importe : si l’on promeut ce modèle intelligent et respectueux des traditions régionales pour ne pas dire territoriales de la France, fallait-il ne le concéder qu’à trois semaines du premier tour de l’élection présidentielle, au risque que ce désaveu  de toute la doctrine républicaine vis-à-vis de la Corse ne passe pour le dernier reniement duquinquennat macroniste ?

 

J’oubliais qu’une règle de la promotion informative de ce régime est que ceux qui s’en font les propagandistes ne rappellent jamais au génie des carpettes qui lui sert de Jupin anti-boulangiste, quel contraire il a dit, par rapport auquel le tout du lendemain est la nuit ou le contre-jour de tout ce qui a précédé.

 

La République macroniste ne devait être à aucun prix séparatiste, et voici que l’autonomisme corse est approuvé et concédé après que, depuis sept ans, un pouvoir autonomiste qui ne demandait qu’à dialoguer avec la république française et qui a remporté la majorité absolue à l’Assemblée de Corse sous l’égide de Gilles Simeoni, s’est vu constamment opposer une fin de non-recevoir par ce pouvoir qui veut à présent faire une fin, à la grande vexation de Jean-Guy Talamoni, qui ravive les mannes de l’ex-FLNC.

 

Cette concession est accordée parce que la contestation d’un Prophète d’autrefois a été menée dans sa prison par le clan corse et le chef de la bande Yvan colonna, au mépris du scénario du film éponyme de Jacques Audiard, qui montrait la mainmise du clan corse sur les prisons françaises, sous le nom d’Un prophète.

 

Il est strictement interdit de contester le dogme de la culpabilité d’Yvan Colonna dans l’assassinat du préfet Erignac sous peine d’attenter à l’autorité de la chose jugée. Pourtant la peine contre Yvan Colonna est suspendue jusqu’à rétablissement du prévenu, le temps qu’il prenne le maquis  si on le fait évader de l’hôpital avant son rapprochement en Corse en cas de rétablissement. Contester, même à titre hypothétique, la culpabilité d’Yvan Colonna serait aussi grave que de contester l’innocence de Dreyfus. Et sous-entendre que l’autonomie accordée in extremis à la Corse revient à reconnaître un séparatisme comme un autre (comme le séparatisme islamiste ou comme le séparatisme ukrainien par exemple… ?) serait commettre un délit d’opinion de lèse-exécutif macroniste.

 

L’autonomie de la Corse a toujours été encouragée et l’exécutif n’est pas lâche ou opportuniste, il faut désinfecter le cerveau malade et désinformé des complotistes, ces gens dangereux pour le rythme de la partie d’échecs qu’est la diplomatie contemporaine en garde contre toutes les crises, où le droit du premier occupant, du plus fort ou du plus juste pourrait avoir le dernier mot malgré tous les constructivismes politiques. 

mercredi 9 mars 2022

Macron sera réélu dans un monde en guerre

Qui l'eût dit? Qui l'eût cru? Vous Philipe. En pleine tourmente des Gilets jaunes, certains prévoyaient que Macron serait réélu. Cela paraissait fou, mais cela va arriver. Comme dit le proverbe, il n'y a de chance que pour la canaille qui nous avait fait "rêver d'un autre monde" dont on n'a pas vu la couleur ni compris les contours, sinon qu'il se proposait de recycler de vieilles barbes, car Macron est un jeune vieux.


Qu'un président gouvernant mal soit réélu, cela est arrivé deux fois dans la Vme République et je dirais dans deux réélections sur  les trois qui ont eu lieu au cours de ces près de 65 ans. Chirac et Mitterrand, tous les deux réélus, ont touché une prime à l'inertie. Ce qu'a d'inédit cette configuration est que Macron s'est révélé un président actif. Son quinquennat fut celui des tempêtes et sa réélection se fera dans la tempête. Elle se fera au bénéfice d'une crise extérieure où Macron paraît un élément de stabilité. 


Cette prochaine réélection achève de prouver que les Gilets jaunes avaient raison et que la démocratie représentative est à bout de souffle. Non seulement elle donne les clefs du pays à un élu qui peut faire ce qu'il veut sans aucun droit de remontrance de ses concitoyens et avec un Parlement croupion qui est devenu une chambre d'enregistrement, mais quand vient le moment de réélire ce président impopulaire, il est rélu par défaut.


Et sinon, dans cette période dangereuse où tout est chamboulé, dans cette période où je ne voudrais pas être de la génération de mes parents, être né pendant la guerre et craindre de laisser à ses enfants et ses petits-enfants un monde en guerre, qui n'a rien appris  ni rien compris, qui a détruit et cassé les jouets de la Reconstruction, on peut remarquer en vrac:


-qu'un vrai problème chasse un faux problème, une guerre chasse un virus, le virus contre lequel on était en guerre, a dit Macron, mais on n'est pas en guerre contre la Russie, le belligérant dont on combat et désapprouve l'invasion de l'Ukraine. 


-Paul-Marie Couteaux avait intitulé un de ses livres "L'Europe vers la guerre". Au vu de la  promptitude européenne à s'unir contre la Russie et son aventurisme cruel et nucléaire,  on craint de voir l'Europe se faire par la guerre, elle qui nous était présentée comme un instrument de paix.


-L'Europe qui a réagi de façon émotionnelle depuis le début de cette crise. Que fallait-il faire? Prendre des sanctions contre les oligarques, faire un blocus contre la finance russe, geler les avoirs du pays, mais certainement pas récuser ses sportifs ou ses gens de culture, et certainement pas faire la fine bouche devant ses énergies fosciles et boycotter son pétrole et son gaz (la Russie va fermer le robinet avant que le prochain sommet européen ne décide dans quelle mesure l'Union  continuera de s'approvisionner chez son ennemi en oubliant les torts de l'Iran, du Qatar, du Vénézuela ou des pays du golfe).


-Emotion encore que celle qui consiste à organiser l'accueil à l'Ouest de réfugiés ukrainiens, comme si leur exode n'était pas transitoire et comme si on se résolvait à ce que la Russie ait gagné la guerre en Ukraine, ce qui sera certainement vrai militairement, mais non pas politiquement: la France a connu ce précédent en Algérie. Car on voit mal comment le régime de Poutine survivrait longtemps à sa victoire en Ukraine en étant isolé dans un monde interdépendant. Certes, la Russie a gardé une grande proximité avec l'Inde et la Chine qui forment  la moitié de l'humanité, Mais la Chine ne laisse pas de traîner les pieds à défendre la Russie et cette alliance peut-elle faire contrepoids à l'occidentalocentrisme qui définit pour l'heure l'ordre du monde? Le mot "déclin" est certes contenu dans celui d'"Occident" puisque le soleil se couche à l'Ouest, l'Europe est tellement habituée à dominer le monde qu'elle a peine à envisager l'ordre du monde qui pourrait la remplacer. Du moins l'Européen que je suis éprouve cette peine au sens propre et au sens où je n'arrive pas à me le figurer.


-L'Otan a loupé le coche avec la Russie en lui refusant l'entrée du pacte atlantique. Pourtant lorsque les Européens ont supplié les Etats-Unis de confirmer qu'ils sortaient de leur isolationnisme pour promettre de la défendre en cas d'agression soviétique, ceux-ci ont exigé qu'aucun ennemi ne soit désigné, contre lequel se constituerait l'Alliance. En droit donc, la Russie aurait pu entrer dans l'Otan. Pourtant, selon Poutine, Bil Clinton haussa les épaules quand il évoqua le sujet. 


Mais l'Europe a plus encore loupé le coche avec la Russie. Je lisais sur le blog de Maxime Tandonnet que Mitterrand, le même qui n'envisageait pas la réunification allemande et s'empressa d'abandonner Gorbatchev quand il craignit qu'un coup d'Etat n'ait rétabli le régime soviétique d'avant la Perestroïka,  avait envisagé que la Russie intégrerait l'Union européenne et avait rédigé le traité de Maastricht sinon à cet effet, du moins de manière à ménager cette possibilité. Mais la Russie n'a pas fait partie des nations auxquelles l'Union européenne proposa de s'étendre et de s'élargir. Une belle occasion perdue que celle qui aurait tracé un axe Paris-Berlin-Moscou dans une amitié aussi relative avec les Etats-Unis que n'est relative la considération qu'ont ceux-ci de leurs alliés, espionnables à merci et qui doivent lever une armée si les Etats-Unis décident de partir en guerre et de  gendarmer un pays, ou renoncer à se battre si le Congrès ne veut pas engager les soldats américains dans la bataille. Hollande en a fait les frais quand il voulut aller se battre en Syrie, et le refus d'Obama a fait le bien de la France. Hollande nous a refourgué Macron et Macron sera réélu dans un monde en guerre pour un nouveau quinquennat de tempête. 

mercredi 2 mars 2022

La campagne ukrainienne et notre campagne



     1. La guerre et les crises participent à la baraka. 

En 2002, j'écrivais dans mon "Journal intimement politique" (texte que j'envisageais de retravailler, mais à quoi bon? Quel intérêt aurait-il maintenant, sinon documentaire?) que Jacques Chirac avait beau s'y être repris à trois fois avant d'arriver au pouvoir et de n'en rien faire, le fait de se retrouver, grâce au piège mitterrandien, face à Le Pen qui servait d'épouvantail national,     au second tour de l'élection présidentielle, reléguant un Lionel Jospin qui n'avait pas démérité, tenait de la baraka d'un arriviste, finalement arrivé, mais en vain.

Emmanuel Macron a le même genre de baraka pour arriver plus vite en le désirant moins, en ayant une vision sans être visionnaire, bénéficiant de pis qu'une crise, une guerre et en se tenant à équidistance du bellicisme des "casques à pointe" et d'un pacifisme de la diplomatie à tous prix portée par un Mélenchon dont les positions sont les plus équilibrées depuis le début de ce qui nous arrive, bien que la vie aimant jouer de paradoxes, l'équilibre politique soit porté par le candidat le plus caractériel, pour qui je crois que je ne pourrai  plus résister à voter, ma religion est presque faite pour cette élection, mais je suis un très mauvais baromètre de la victoire: tous les candidats que j'ai votés ont systématiquement perdu à plates coutures.

Si Macron l'emporte, ce sera, au-delà de la chance et des paradoxes dont aime à jouer la vie, l'effet d'une sorte d'injustice transcendante, car Macron aura concentré une haine sans pareil, qui aura quelquefois fait craindre pour sa vie, au point que j'ai moi-même dû intituler un billet de blog, toute honte bue, "Macron ne doit pas être décapité" s'il doit être destitué; il aura énucléé ses gens et traité le sentiment de déclassement avec un mépris de classe inédit sous la Vème République qui était celle de l'égalité des chances  dont il feignait de se réclamer tout en étant lui-même l'archétype de l'héritier bourdieusien; il aura mis sous cloches covidienne ses Gilets jaunes rentrés à la niche; et il va repasser au prix d'une crise extérieure, où il donne l'impression de "faire le job" et d'être à la hauteur en faisant des moulinets, qui n'ont strictement aucun impact pour ramener les belligérants à la table de négociation, Poutine ayant fait une proposition (la neutralisation de l'Ukraine) qu'il ne prend pas la peine de discuter. Mais il a l'habileté  de se placer dans le camp des modérés, en mettant au premier plan rhétorique l'humanitaire au détriment de la "guerre économique" de son ministre Bruno Le Maire ou de "l'alliance nucléaire" de son autre ministre Jean-Yves Le Drian, qui mettent pourtant en musique la politique présidentielle. 

Macron a le génie de donner l'illusion de la pondération malgré son exaltation.


    2.Zemmour pâtit de son tropisme nistorien: à force d'expliquer la politique par l'histoire, il ne sait plus l'incarner et paraît dépourvu quand le présent lui impose de trouver des solutions qui pourraient l'obliger à se déjuger momentanément. L'avertissement lui a souvent été lancé, il ne l'a pas écouté, il risque d'y manger son chapeau et sous certains aspects, c'est dommage, car il n'est pas le plus incompétent. 


    3. Le seuil d'incompétence a été (à nouveau!) atteint par Marine Le Pen qui se contorsionne pour faire oublier qu'elle est poutiniste. 

Quand j'ai commencé de regarder son émission "Face à BFM" et que je l'ai entendue bégayer et paraître se pâmer de respect devant Macron au travail, j'ai bien cru qu'elle nous faisait, dès ses cinq cents signatures obtenues, une resucée du grand débat raté sans même qu'elle ait des contradicteurs face à elle, car les journalistes ne lui ont pas glissé beaucoup de peaux de banane: il leur suffisait de la faire tomber mollement de sa chaise sur l'air de Madame Michu ("le bon sens près de chez vous") et de: "Maintenant que j'ai du coeur, je suis un peu seulette. Tout le monde me fuit, cui cui, cui cui." 


    4. Elle n'a même pas pensé à exciper  que la guerre en Ukraine lui donnait raison d'avoir voulu sortir de l'Union européenne si celle-ci se mettait au service de l'escalade après qu'on nous l'eut présentée comme ayant été pensée pour éviter la guerre. 

L'Union européenne préfère en effet redonner ses chances à sa communauté de défense sur les ruines de la guerre en Ukraine que jouer les arbitres de la désescalade en pratiquant une politique de sanctions limitées aux oligarques et au système financier qu'elle étend aux mondes sportif et culturel russe, sans parler de l'interdiction de Sputnik ou de Russia today, qui sont certainement des agents de propagande de la Russie autorisés depuis quelques années, mais alors que ne s'est-on demandé s'il était normal qu'une chaîne informant sous pavillon étranger puisse le faire, plutôt que de s'insurger depuis l'élection de Trump que l'argent russe infiltrait les campagnes occidentales. Comme si  l'argent américain qui n'a pas d'odeur ne circulait pas au milieu de notre vassalité culturelle, indifférente à son addiction aux séries qui véhiculent des valeurs émollientes et qui nous hypnotisent, nous qui ne sommes même plus capables, non pas d'offrir un asile diplomatique à Julian Assange ou Edward Snowden (ce serait légitimer le hacking), mais de ne pas souffrir que notre hégémon espionne tous ses alliés jusqu'au plus haut niveau sans que cela entraîne ne serait-ce qu'une rupture provisoire et symbolique de nos relations diplomatiques pendant quelques semaines. 


     6. Cela passe comme une lettre à la poste, car l'Occident aime la paix des Lumières . En Occident, il suffit de dire qu'on est pacifique et d'être ému au spectacle de la guerre pour être au diapason d'une sensiblerie qui nie à la face des peuples que la géopolitique est un rapport de forces. Pour être un artisan de paix à l'occidentale, il faut montrer une émotion de paix. 

Et il ne s'agit plus de discuter en démocratie, surtout avec les psychopathes inaccessibles à l'émotion. La démocratie se réduit comme peau de chagrin. Mêlez-vous d'interpréter le réel et vous êtes complotiste. On ne peut même pas discuter la politique sanitaire, qu'en serait-il d'une guerre? La guerre est une affaire trop sérieuse pour qu'on la confie aux soldats, surtout si la conscription n'est plus de mise. Mais à la table des bourgeois, on entend quelquefois le grand-père saillir: "Ce qu'il nous faut, c'est une bonne guerre", mais ça glisse entre la poire et le fromage, Macron n'est-il pas le président des riches?