dimanche 5 janvier 2014
Dieudonné et Soral
(du Torrentiel)
Beaucoup de choses à attester et d'autrres à protester :
1. Est-ce que Jean-Marie le Pen a été condamné au franc symbolique ? Comme Dieudonné, très procédurier jusqu'à ce qu'il perde, il a beaucoup gagné et beaucoup réfréné ses impulsions procédurales dès qu'il s'est mis à perdre. . D'ailleurs, Dieudonné a milité au Front National et il a fait baptiser sa petite fille Plume par un abbé intégriste rallié, cette petite Plume, soeur d'un frère Judas ayant pour parain Jean-Marie le Pen, les aficionados actuels du comique devraient s'en souvenir...
2. Allons-nous pleurer sur le sort d'un dieudonné qui doit avoir une certaine aptitutde à faire de l'argent puisqu'il organise son insolvabilité, ne paie pas ses arriérés d'impôts, possède des châteaux comme son ami soral est l'écrivain le mieux payé de France. Bref, ses sorties l'appointent, et les gestes équivoques qu'il a lancés aussi : une "quenelle" dont il a eu la paternité et qui, comme soral et lui voulaient se la disputer, a obligé ce dernier à déposer un autre brevet, celui du bras d'honneur "à la française" )"On est des entrepreneurs, oui ou non ?"), pour empocher des royaltys sur un vieux "geste de râlerie séculaire, quand l'autre cultivait savamment l'ambiguïté si son geste évoquait le salut nazi, était crypto-nazi ou rappelait le nazisme par hasard.
3. Parce que, franchement, la dernière de dieudonné ne vaut pas mieux que la dernière de Hollande. Le soi-disant comique, après avoir tenu, d'une voix indéfinissablement modifiée par des modificateurs de conscience ou autres stupéfiants hypnotiques, qu'il ne voyait pas pourquoi il devrait être antisémite, trouve drôle de rajouter sur le même ton "déréalisé" qu'"entre les juifs et les nazis, il n'avait aucune raison de prendre parti". Comparaison sioniste d'aujourd'hui contre germaniste d'hier n'est pas raison ; et, comme l'a justement noté Roger Caroutchi, qui n'est pas ancien prof d'histoire-géo pour rien, et qui s'est porté partie civile au micro des "grandes gueules" :
"puisqu'il s'agit de s'en tenir à l'histoire :
"Que je sache, dans un cas, il y avait une force militaire, ce qui n'était pas le cas de ceux qui se faisaient arrêter du seul fait d'être juifs."
4. Alors il reste Manuel Valls, qui donne une importance inespérée à alain soral en faisant un martyr de son "alter ego" métisse (soral n'aime pas le métissage et a entraîné Dieudonné au FN),de qui soral espère ouvertement avoir été le cerveau ("les nègres ne sont pas intelligents"..., discours indirect libre décodant l'intériorité de Soral, dépassé par son maître-à-fric) De quoi donner à l'écrivain le mieux payé de France des talents de visionnaire quand il se déclarait "l'ennemi public n° 1" du ministre de l'intérieur, lequel n'ose même plus prononcer son nom d'acolyte de "Monsieur Dieudonné M'bala M'bala" (l'insistance sur ce patronyme dans la bouche du ministre de l'intérieur ne saurait par principe avoir aucun relent raciste comme dans la bouche de Jean-Marie le Pen, l'énoncé des patronymes civiques de certain chanteur à la mode, comme le citoyen Maurice Benguigui, plus connu sous le nom d'usage de Patrick bruel).
5. Le ministre de l'intérieur ne saurait être soupçonné d'un "délit de sale bouche". Par contre, ça ne le dérange pas de faire une circulaire ad hominem en toute inégalité devant la loi pour empêcher le bonhomme Dieudonné de se produire en public, tout en le poursuivant mollement pour avoir organisé son insolvabilité. Mieux vaut l'empêcher de proférer ses opinions que de le poursuivre pour recouvrer ses créances vis-à-vis du trésor Public et de ces jeunes fans, doublement abusés par ce frontiste fraudeur. Dans un Etat normal, ce devrait être l'inverse.
6. Ca me fout les boules de devoir défendre la liberté d'un comique que, pour ma part, je n'ai jamais trouvé drôle, ni dans sa croisade vertueuse antifront, ni dans ses foucades ignomigneuses antijuif.
7. Reste à savoir ce qui pousse "la valse à mille pattes" (ou sarkozy de gauche, "white, white, whitos) à faire "du "petit soral" et de son émulâtre Dieudonné des "ennemis publics n° 1". Bon sang, mais c'est bien sûr : depuis qu'on a diabolisé Marine, on est en manque d'épouvantails!
Hollande et Dieudonné
(par le croissant de lune)
Les mots ont-ils changé de sens? Est-ce que le cheval est bien un cheval, au lieu que ce soit un âne, selon le locuteur, comme dans Platon? Faut croire que si. La démocratie d'il y a vingt ans, dix ans, n'est plus la même qu'aujourd'hui, enfin, le signifié devrait être le même, l'objet est le même, à priorie, c'est juste le signifiant qui a changé. Sauf que quand on écrit ça, on oublie que l'objet signifié dépend bien du signifiant. Si d'aventure, ce qu'on entendait sous le vocable "démocratie" il y a dix ou vingt ans n'est plus entendu sous le même vocable, si d'aventure cet objet n'a plus de vocable pour le désigner, plus de mots pour le dire, plus de signifiant, on est obligé d'admettre qu'il n'existe plus vraiment, qu'il a disparu, au moins, s'est altéré, estompé, est devenu comme dans l'Avare, un fantôme de cheval, un fantôme de démocratie. Vous me suivez?
Qu'en est-il du "radcisme", qu'est-il devenu, et par conséquent, qu'est devenu le contraire du racisme, je ne sais pas moi, l'anti-racisme paraît-il? Faut croire que ça a changé. Le contraire du racisme, ou encore, dirait-on, le contraire de l'esprit de discrimination et de hiérarchie entre les catégories de gens, le contraire devrait être l'esprit d'égalité, je dis bien l'esprit d'égalité, la volonté délibérer d'agir dans le sens de l'égalité optimale. Cela sous-entend à priorie, qu'on traite avec une égale rigueur, les comportements discriminants envers toutes catégories. Visiblement, ce n'est pas le cas.
Suivez mon regard, si les comportements discriminants et les offenses faites aux diverses catégories de gens sont différemment traitées au lieu d'être punies avec une égale rigueur, eh bien, ça veut dire qu'on retombe dans la discrimination, dans le racisme, par conséquent. Si le racisme anti-ceci n'est pas traité comme le racisme anti-cela, ça veut dire qu'on est encore dans la discrimination, et dans la discrimination en pratique légale, ou encore, la discrimination politique, l'inégalité devant la loi.
Vous voyez où je veux en venir?... Je vais pas être péremptoire, possible que des éléments d'infos m'échappent. Donc, sauf erreur, les lois contre le racisme ne se sont pas souvent appliquées avec autant de rigueur, qu'à l'encontre du comique Dieudonné! Sauf erreur de ma part, l'ancien président du Front, quand il était condamné, c'est arrivé un certain nombre de fois, c'était au franc symbolique, ses avocats lui coûtaient cher, la peine était dérisoire. Michel Houelbecq avec son milliard de rats, au fait, je ne m'en souviens même plus, fut-il seulement condamné? C'est donc un Noir, qui va payer réellement, la plus lourde amende depuis des années. Je connais pas plus que ça l'acteur, le peu que j'en ai entendu n'est pas paralysant de violence, largement moins que FiekelKraut. Là, juste ces derniers jours, le Président lui-même y alla de sa boutade, il donnait à entendre que c'est extraordinaire d'aller en Algérie et d'en revenir entier. Tout l'anti-racisme a gardé le silence, il y avait de quoi poursuivre pour autant. Et attention, le Président normal l'a vraiment fait exprès, il l'a vraiment voulu, ça n'est pas une chute, il a même mieux que ça, forcé sa nature et son vocabulaire. Je connais pas le personnage de près, j'ai pas cet honneur, mais je connais très bien son milieu, je connais la gauche Française de près. Je la connais et je connais sa culture anti-raciste, presqu'une seconde nature, au point, qu'une tournure ambiguë de ce genre ne peut pas leur venir spontanément, je suis persuadé que le Président normal s'est forcé, circonstance agravante, par conséquent. Je crois même que c'est pour l'instant le seul président en fonction qui se soit fendu de pareille chose, alors que faisaient les anti-racistes, ils dormaient?
Les anti-racistes, l'univers anti-raciste a varié étrangement dans son discours. Autrefois, il y a très longtemps, cet anti-racisme tenait un discours protecteur à l'égard des minorités dites visibles, certains diraient parfois complaisants. Au total, ce discours donnait l'impression que le phénomène dit "raciste" est à pourchasser dans la majorité démographique, ce qui, objectivement était faux. D'une complaisance à l'autre, le discours de l'anti-racisme disons, institutionel, est devenu une mise en accusation permanente des minorités dites visibles, couleurs ou religion. Que ce soit surprenant ce que j'affirme, je le conçois, mais il faut entendre ce qui se dit aujourd'hui, pas ce qui se disait hier. Aujourd'hui, les minorités dites visibles, sont priées de rechercher ce qu'elles pourraient receler en elle qui rompt le pacte national, pourchasser en elles ce qui les ferait sortir d'un supposé consençus. On leur reproche du racisme primaire, de la violence, du virilisme, un refus de la laïcité, enfin, d'une certaine laïcité, et un regard critique que ces catégories jetteraient, sur certaines politiques Françaises, notamment politiques étrangères. Ces critiques plus dissimulées qu'articulées, mais clairement entendues, rompraient un prétendu consençus, parce que pour être bon Français, il faudrait, semble-t-il, être O ccidentaliste, il faudrait croire ou faire semblant de croire à une supériorité intrinsèque de l'Occident et de l'Occidentalité, il faudrait croire ou affecter de croire que cette supériorité est une bonne chose en soi.
L'injonction du consensus, c'est une autre façon de nommer ce qui s'apelle aujourd'hui, "défense de la démocratie". Il faut se rendre à l'évidence, les opinions réellement divergeantes sont criminalisées, démonisées, délictualisées, dépréciées, qui sait, bientôt pourchassées. Toutes sortes de contraintes, ou bien la résignation aux contraintes, ou encore l'adhésion à la réalité d'un monde qu'on n'entend plus changer, semble bien avoir produit des politiques intérieures qui changent peu d'un élu à l'autre, je veux dire par là que si Sarko était élu, nous aurions eu probablement la même chose, sauf erreur. Mais voilà qu'en plus de ce non-choix en politique intérieure, avec la simulation d'un choix illusoire, on est prié d'adhérer tous aux mêmes politiques étrangères. Il en va pratiquement de même en matière sociétale, donc, un prêt-à-penser général, s'impose de plus en plus. Sortez-en, vous serez montrés comme extrémistes, voire plus. Il est naturel que les critiques de la pensée consensuelle, viennent le plus souvent de ces minorités dites visibles, il va donc de soi que les partisans de la pensée unique leur adressent, non pas des leçons, mais des reproches essentiels. Il leur est reproché, plus qu'à d'autres, de n'être pas encore assez dans le moule général, de se distinguer, d'avoir des idées. A-t-on idée d'avoir encore une religion, une doctrine? La doctrine officielle, ou l'anti-doctrine, peut se nommer, le "non-sens", l'indifférence, quoi! Enfin, pas tout-à-fait, parce que quand nous arriverons au non-sens total, la France n'existera plus, l'humanité mourra faute de goût de vivre. J'évoque ce vers de Lamartine, qui dit-on, s'est nuitamment converti,
"L'homme a cessé de croire, il a cessé de vivre".
Prendre ce vers, non pas seulement au sens, je sais pas, symbolique, en faire une abstraction, non. Il faut le prendre aussi, comme un Musulman ordinaire peut le faire, au sens ordinaire, simple, terre-à-terre, au sens que la foi et le goût de vivre c'est la même chose. Ceci veut dire que la perte du goût de vivre entraîne la mort, tout simplement. Nous ne parlons pas de la vie ou la mort des âmes, et nous ne sommes pas dans l'au-delà, non. Nous parlons de la vie et de la mort terrestre et physique. Le moyen de conduire les gens vers le non-sens, vers l'absence de doctrine, le procédé, c'est forcément l'imposture. L'Islam semble bien être la doctrine la moins aisée à détruire dans le coeur des gens, doctrine très basique, à peine une doctrine. On a même dit que l'Islam est dépourvu de spiritualité, la lecture du Coran produit l'impression d'un message presque trop simple, presque pas un message. La lecture du Coran déçoit ceux qui cherchent midi à quatorze heures, ils ne trouveront que l'heure qu'il est à leur montre. Qu'est-ce que le message dépuillé, sobre, le message basique? Si on y croit, on dira que c'est juste la vérité. Voilà pourquoi Rodomont élève une objection contre l'imposture pour la vérité.
Croissant de lune.
NéocoloniNéocolonialisme centre-africain (suite)
(du torrentiel)
Il est malsain et affligeant de devoir constater que nous sommes revenus à une situation de chrétienté dépourvue de tout substrat chrétien, c'est-à-dire, quoique dans des conditions historiques différentes, à une situation qui a été à l'origine de la colonisation : l'exportation impérialiste d'une civilisation prétendument supérieure. Encore emmenait-on autrefois des missionnaires dans ses bagages, ce qui n'est pas une consolation très honnête, car les missionnaires n'auraient pas dû accepter de se commettre avec un régime qui les détestait : cette alliance de deux adversaires qui n'avaient en commun que d'être compatriotes ne pouvait rien donner de bon ; si le ver est dans le fruit, la pourriture est toujours dans le germe. J'aurais dû ajouter que j'écris ces considérations alors que se tient le honteux Paris-Dakar, qui s'en va piétiner l'Amérique du sud après avoir saccagé les pistes d'afrique où il se tenait, bien qu'on continue à verser des larmes de crocodile sur la mort de daniel Balavoine et de thieirry sabine.
Je ne crois pas non plus que le Centre-Afrique ait été menacé par un remake du Rwanda. J'ai reçu des témoignages indirects de la tragédie rwandaise via des bénédictines que je connais d'assez près, d'autant que j'ai tenu l'orgue pour elles et y ai passé quelques belles semaines d'écriture. Elles avaient accueilli des soeurs rwandaises et restaient presque pysiquement effondrées du récit qu'elles en avaient eus. Quand bien même un si tragique remake eût été à craindre, je ne vois pas en quoi la france était responsable de la tragédie rwandaise, sauf si elle avait outrageusement pris parti pour le parti génocidaire en armant celui-ci, à l'époque de "papa m'a dit" et d'autres rutilants fossoyeurs de l'afrique au nom de la france. La mauvaise conscience est un puissant ressort géopolitique au pays de France, mais je ne vois pas en quoi l'interposition rwandaise aurait pu éviter quoi que ce soit, de même qu'une l'interposition française au Centre-Afrique pourra malaisément séparer les belligérents.
Tous les africanistes sérieux introduisent d'autre part comme tu le fais le facteur ethnique et non pas religieux dans la plupart des conflits africains. Ils doivent varier d'importance selon que les religions d'importation y sont plus ou moins implantées, mais je crois que ces implantations demeurent assez superficielles, sauf, côté chrétien, en côte d'Ivoire et, côté musulman, au Nigéria et au Nord soudan, bien qu'à la vérité, je connaisse trop peu l'afrique pour pouvoir en dresser un panorama rigoureux. Je connais l'afrique comme un Français, c'est-à-dire que je ne la connais pas. Nos canaux d'information ne nous en disent quelque chose que lorsqu'y a lieu un conflit, encore cette parole simplifie-t-elle l'antagonisme à souhait. Sans une information suivie, autant dire que l'information est inexistante.
Au centre afrique, les diamants ont beau se ramasser à la pelle, les témoignages que j'ai tout de même eus, il y a longtemps, de la situation des populations qui y vivaient, témoignages recueillis là encore au travers de religieuses humanitaires, parlaient d'une très grande pauvreté de la population. De plus, l'humidité du climat équatorial ne me paraît pas mauvaise à tout point de vue, donc le centre afrique n'est pas nécessairement favorisé d'en être épargné. L'usage de la machette n'était-il pas à craindre ? Tu vas vite en besogne, de même que quand tu imputes aux seuls médias français la confessionalisation du conflit. Au fond, n'importe que le conflit soit confessionnel ou non ! Sa confessionalisation aura d'abord contribué à la simplification de l'explication de l'intervention auprès de l'opinion publique française. Elle sera devenue sur place un facteur d'aggravation du conflit, sans doute. Elle aura été instrumentalisée par les médias français, sans doute aussi, mais pas seulement. Ce qui est grave en tout état de cause, c'est que la france prenne parti pour une faction contre une autre, le Président actuel semblant a priori moins cruel et plus faible que le précédent, renversé en raison de sa cruauté. Avant l'intervention, le drian feignait de dire que ce n'est plus depuis Paris que l'on décide de qui doit être à la tête de tel Etat d'Afrique, la preuve semble être administrée que cela continue. Quant au désarmement partial et partiel, il faut croire qu'il en est ainsi, mais le Tchad n'est pas du côté du factieux soutenu par la france, et le tchadien paraît être l'homme fort du conflit actuel, il faudra nécessairement trouver un compromis avec lui. Si le désarmement est circonscrit à la capitale, la raison en est le faible nombre d'hommes partis jouer les casques bleus du côté français. Mais je crois savoir que les forces africaines, qui ne sont pas toutes d'avis de désarmer la même faction, se déploient dans tout ou partie du reste du pays.
Ton point de vue sur ce qu'il aurait fallu faire est juste en théorie, mais continue de se heurter à la "real politik", à savoir que, pas plus que "la nation arabe" n'a réussi à s'unir, fût-ce autour de la cause palestinienne, l'Afrique n'échappe à rester divisée en zones d'influence inter-rivales et plus ou moins inféodées à des puissances. tant que la conscience du continent africain ne dépassera pas la rébellion contre la phrase fort juste d'Henri gaynot mise dans la bouche de Sarkozy dans son discours de dakar :
"L'homme africain n'est pas entré dans l'histoire",
dans l'histoire que l'on sait, que l'on se raconte de pays à pays, dans l'histoire géopolitique, celle qui compte dans le monde mondialisé et qui dépasse les contes ; tant que l'afrique ne se ressaisira pas de l'intérieur, elle restera la proie des puissances. Or la responsabilité de cet état de faits incombe aux potentats africains qui font plus que céder aux cajoleries des puissances, elles les devancent, elles y déposent et investissent leurs avoirs, de même que bachar el-Hassad est un pur produit des universités londoniennes, que les élites arabes ont cru qu'il n'y avait pas d'universités en algérie ou en Egypte, sans parler de bouteflica et d'arafat, dont l'un a fini et l'autre finira ses jours dans l'ancienne métropole, qu'il faudrait que ces dirigeants, par leur exemplarité, aident à cesser d'être coloniales.
Ta dernière de Hollande, dont le plus beau jour de la vie politique est d'avoir été acclamé au Mali pour avoir cru gagner une guerre à ce stade imperdable, ne vaut pas l'épouvantable aveu de vrai racisme plus qu'ordinaire fait au dîner du CRIF quand il a plaisanté son plus que raciste ministre de l'intérieur :
"Alors, tu étais en algérie ? et tu en es revenu ?"
devant l'aéropage du dîner du CRIF, public dont les deux compères étaient convenus qu'il ne pouvait juger ces propos en rien inconvenants. Voilà bien la dégueulasserie de cet antiracisme officiel, que cautionne Harlem désir, homme de dossiers, mais sans charisme et germinativement disqualifié d'avoir été une créature de l'antiracisme mitterrandien, plus maléable que Malek Boutih, esprit très brillant, gâché par les stupéfiants et le PS, comme tous ceux qui ont succédé à Harlem désir à la tête de "SOS racisme", souviens-toi de fodé Sila qui prenait du crack pour son usage personnel. Le PS aime l'immigré en le droguant pour qu'il remâche un discours qui n'est pas le sien.
Je ne cautionne pas le "racisme ordinaire" sur lequel joue le FN dont la xénophobie sera toujours un repoussoir, s'il ne change pas de disque, qui le disqualifiera politiquement en partie de la haine, alors que, s'il ne haïssait point, 'il serait le seul parti à porter des solutions populaires ; mais je crois que l'on peut parler d'un "racisme extraordinaire" du PS qui fait courir les immigrés à la gamelle pour ne leur donner que des os à ronger comme aux petits chiens et, sur ce point, il faut reconnaître que soral n'a pas tort.
De l'Algérie à la centre afrique
(par le croissant de lune)
Bonjour Torrentiel,
Je ne me souviens pas que tu aies une fois déjà, validé aussi vite mes considérations, l'accord semble entier. Si ça t'intéresse, je t'en écrirais plus long, je traiterais tes questions.
Je suis même surpris que tu me devances concernant le Centre-Afrique, hélas. Si la France soutient de préférance des Christiano-animistes en Afrique, ça en donnerait l'impression, mais n'oublies pas le cas de la Côte d'Ivoire, le shéma était inverse, dirait-on. Hélas, cette règle est généralement vraie, s'agissant de la France, au dehors, aucune laïcité impartiale ne s'impose plus.
Les guerres Africaines sont tribales, sur un fond de très grande insécurité intra-tribale et quotidienne, enfin, dans l'Afrique de l'Est, en allant vers le Rhwanda et le Bouroundi. Dans ce tableau, il y a peu de caractère confessionel, le caractère ethnico-tribal est beaucoup plus fort. Si seulement, si seulement je pouvais me persuader qu'au Centre-Afrique, il existait une situation inter-confessionelle réelle, bien longtemps avant les opérations Françaises,... j'ai l'impression que non, toi aussi je suppose. Au Nigéria, ça existe, et encore, ça n'explique pas tout. C'est parce que les Musulmans et les Chrétiens sont égaux en nombre, donc, la concurrence est pertinente. Au Centre-Afrique, l'élément Musulman est clairement minoritaire. Ce que je veux dire, c'est qu'il s'agit plutôt d'une guerre de faction que de religion, le Nord contre le Sud. Et dans cette partie de l'Afrique, les gens du Nord tendent à être mieux organisés, à peine mieux, un peu plus de rationalité. Les présidents de ce pays, sont tous Christiano-animistes à ma connaissance, jusqu'à aujourd'hui. L'actuel président, confronté à des rivalités dans le Sud, a fait appel aux rebels, réconciliation nationale etc...., c'est à peu près le tableau. La majeure partie des intérêts économiques étrangers sont Chinois, peu de marchands Arabes, peu de structures Françaises. Mon impression à moi, est que laissé le Centre-Afrique vivre sa vie propre était réaliste, je ne crois pas aux sons de cloches du genre du remake du Rhwanda. La France a médiatisé sur ce précédent, en invoquant l'élément confessionel, en l'instituant, en l'asseyant dans l'esprit des gens de ce pays où il n'était pas déterminant jusqu'alors. Les remakes à l'identique, ça n'arrive pratiquement jamais, et d'autre part, le Rhwanda ne connaissait justement pas une situation inter-confessionelle. Les Musulmans y étaient peu nombreux, on n'a pas signalé qu'ils aient joué un rôle particulier dans les évènements tragiques. Si je mesure sur moi, je ne crois pas que beaucoup de Musulmans puissent vivre au sein de corps sociaux aussi désagrégés et violents que le Rhwanda et le Bouroundi, l'extrême violence qui sévit dans ces contrées est un facteur limitant. J'ignore comment des Chrétiens authentiques s'en accomodent, il faut croire qu'ils y arrivent.
Le Centre-Afrique n'est pas le Rhwanda, le pays est prospère, les moeurs sont moins barbares, le relief soustrait une partie de la population aux rigueurs du climat équatorial dont l'extrême humidité est nocive et corrompt les aliments qu'on ne peut conserver. Dans ce pays, les gens pourraient manger à leur faim, il y a même des ressources alimentaires par simple cueillette de plantes et fruits sauvages. A mon avis, on n'avait pas à craindre l'usage massif de la machette, sauf si on parvenait à faire rentrer dans les esprits cette idée de guerre de religion. C'est là où je pointe du doigt le rôle néfaste des médias Français, si la situation devient inter-confessionelle, on saura de qui ça vient. Ajoutes à ça, un désarmement forcément partial et partiel, circonscrit à la capitale et aux grands axes, pas plus que ça, ajoutes-y que le thème Croisériste des médias suggère forcément une résistance plutôt Musulmane, enfin, pour l'instant. Ajoutes encore que les deux catégories confessionelles sont inégales en nombre, et si elles étaient également désarmées, les Musulmans se trouveraient exposées aux redoutables machettes. Les Musulmans sont peu nombreux, mais ce sont surtout des nouveaux convertis, au temps de Bocassa, on ignorait leur existence. Je ne vois pas comment ces nouveaux Musulmans pourraient se défendre avec ce genre d'arme et de procédé. La machette est une arme de dissuasion. Ce n'est pas l'équivalent du sabre qui décapite, la machette fait plus, beaucoup plus, je censure le tableau. Tous sont animistes, mais les Chrétiens le sont davantage. La vie religieuse est forcément différente, les Chrétiens sont nés Chrétiens, les Musulmans sont nouveaux. L'animisme est inégal, la barbarie est inégale, l'apropriation à la machette n'est pas la même.
Qu'eut-il fallu faire? Presser les factions Centre-Africaines de créer une co-gouvernance, comme il en existe ailleurs. L'Afrique devait garantir la viabilité de cette co-gouvernance, et le gouvernement ainsi créé, pouvait faire appel, s'il en était besoin, à une force Onusienne qui aurait pour unique rôle, de tenir les grands axes et la capitale, sous un mandat clair.
La France risque de récolter dans cette affaire. La thématique Croisériste ne permet pas d'oculter le revanchisme Noir, je comprends juste pas qu'on affecte de le croire disparu. Ce revanchisme se fiche pas mal de la confession. Ah, le Français de souche, bien humaniste, à force de se raconter son anti-racisme à lui, il finit par y croire, il finit par le croire partagé de tous. Il se parle à lui-même, débat avec lui-même, donc, il a toujours raison. Si on voulait faire subir un mauvais sort à la France, il n'y avait pas mieux que le Centre-Afrique. Le pays se prête bien aux guet-apens, surtout au dépends de celui qui a dit qu'il vient là, pour séparer les milices. Visiblement, il n'y a pas dans ce pays de volontaires de vocation comme au Mali, il n'est pas dit qu'il n'y en aura jamais. Qu'il arrive des revers sérieux, et alors, les Chrétiens dont on cause se mettraient de la partie, occasion trop tentante. Que le Blanc n'aime pas entendre certaines vérités, qu'il se soit construit une lecture faite pour dissimuler la haine qu'hélas, il inspire chez d'autres, n'empêche pas que ce désir de vengeance soit fort et profond. Si l'Africain tolère le Chinois et le laisse prospérer, c'est parce qu'il n'a pas autant de griefs envers lui, et ça, je le tiens d'anciens colons d'Afrique. Pour moi, l'initiative ne se comprend pas, elle est irréfléchie. J'ai honte pour les ministres qui te servent l'argument selon lequel l'ONU a décidé à l'unanimité des membres, comme si c'était une aprobation de bon aloi. Comme ça, un membre de l'ONU est d'accord, ça veut dire vraiment qu'il souhaite ton succès? les bras m'en tombent. La classe politique Française est-elle naïve à ce point? Quand on voit que le PS a pour secrétaire Harlem Désir, et Malek Boutih en second, il faut prendre cette classe politique pour ce qu'elle est, niaise et dépourvue de savoir-faire.
A ce propos, sais-tu la dernière du président pâle? Islam-Infos a publié une photo de lui, prise lors de son voyage en Arabie. Je crois qu'on lui offrit un sabre en cadeau, comme si ça convenait à un homme gauche de gauche. Portant gauchement le sabre d'apparat, il a déclaré, "J'en aurai bien besoin"... Où fallait-il rire?...
Croissant de lune.
samedi 4 janvier 2014
Du néocolonialisme onusien
(Au croissant de lune)
Ton article est bon, je viens de le publier sous le titre : "focus algérien et international, après qu'ont été matées les révolutions arabes".
Car enfin, c'est bien de cela qu'il zs'agit : des peuples ont été matés, de l'extérieur et de l'intérieur, il s'agirait de déterminer avec précision et un peu rigoureusement qui sont les responsables, dans chacune de ces situations respectives et sur un plan plus large. Comment en est-on arrivé là ? Comment la chose a-t-elle pu se produire, dans la versatilité générale, aussi bien de l'opinion internationale (je ne parle pas des oligarchies, qui n'ont sans doute jamais souhaité que ces révolutions prennent de l'ampleur) que des opinions publiques des pays qui ont fait et défait ces révolutions, ou qui les ont laissées se défaire, ce qui revient au même ? La versatilité n'est pas un bien grand mystère, elle a tout de même été consternante dans cette phase historique.
Ne va pas me protester que tu n'as jamais cru au redressement de l'egytpe et de la nation arabe, tes écrits attestent du contraire et c'est heureux.
Où en est la tunisie ? Les actualités n'en pipent mot, si ce n'est que les fractures ont l'air de se refermer et qu'un consensus a l'air de renaître, à la faveur de la constitution en discussion.
Si l'on en reste au plan de la probabilité, il est possible que le scénario se présente selon l'alternative que tu fixes : ou la résignation, ou la marche islamique, pour des pays dont l'islam fait en somme partie de la souveraineté. Pour autant, je ne suis pas certain que les solutions binaires se révèlent les plus justes. L'histoire se caractérise toujours par l'intervention de la surprise.
Reste à prendre acte d'un fait, non de ceux qui portent le regard dans les nues de l'avenir incertain, mais qui jettent la focale sur le présent vu de l'étroite france (et on est justifié de la qualifier ainsi vu sa déshonorante politique) :
L'inconscient occidental est revenu très manifestement à l'ère coloniale, les correspondants africains s'en affligent à mots couverts dans les papiers qu'ils écrivent, l'ONU considère très officiellement qu'il y a des zones d'influence, respectivement affectées aux diverses puissances, la France intervient dans la zone africaine qu'elle tient de façon impérialiste pour son précarré colonial ; accessoirement, elle soutient systématiquement les "milices chrétiennes" contre les musulmanes dans des guerres essentiellement tribales ; enfin, avec françois Hollande, la gauche molletiste est de retour, la plus malfaisante de toutes.
Tu n'es pas assez gaulliste pour ne pas avoir compris que la france ne pouvait pas à courts termes être l'alliée d'une reconquête de la souveraineté arabe ouvertement islamique. Il faudra bien pourtant reconstruire une telle alliance sur les ruines du molletisme français incarné par celui que tu as promus au pouvoir. Je ne remue pas le couteau dans la plaie, mais je pointe les limites de notre lyrisme en politique.
Le torrentiel un peu amer
Focus algérien et international après qu'ont été matées les révolutions arabes
(par le croissant de lune)
Ah, le Torrentiel qui reprend de l'existence, cher Torrentiel. Non, soyons sérieux, il est à peu près exclu que Bouteflikha veuille lui-même prolonger son activité de président. Mesures seulement sur toi, si tu étais dans son cas, tu ne le voudrais pas. Je ne sais pas tout, mais l'atteinte respiratoire est réelle, je ne vois pas comment on y remédierait. Après moi le cahos, tu dis, mais quand on est à peu près sûr qu'il n'ira pas au bout du nouveau mandat, est-ce un service qu'on rend à son pays? Ce que ferait un bon président dans son état, pourvu qu'il soit souverain sur sa propre personne, libre de décision, un bon responsable prendrait acte de son état de santé et organiserait la succession. C'est ce que j'ai cru comprendre dans ce discours de 2011,, laisser le pays en bon état. Rien du contenu de ce discours ne s'est réalisé, l'homme était déjà trop affaibli, le courage et la foi lui ont manqués pour affronter ce qu'il fallait affronter. Savoir...
Tiens, dis-toi bien que l'homme d'affaire, ce Rachid Mekka, qui au final, n'a pas payé autant d'amendes de femmes voilées qu'il le prétend, il fut pressenti comme candidat et a rendu hostensiblement sa nationalité Française, il s'est dénationalisé à l'élysée. Mais après, ça a mal tourné là-bas, je ne sais pas quoi au juste, alors qu'à ça ne tienne, il veut faire à nouveau reconnaître une nationalité dont il s'est lui-même déchu. Un autre fut pressenti, la plume des généraux, le faiseur de romans anti-terroristes dont l'inspiration répétitive s'épuise, bien, il fut pressenti candidat, mais je ne sais pas au final ce qu'il a fait. Quand on répète en France que des migrants pourraient s'en retourner en pays d'origine contribuer au développement, le cas de l'Algérie semble le plus pertinent. Encore faudrait-il une gouvernance tant soit peu légitime, ressentie comme telle, un gouvernement d'élus, de vrais élus. Dans les faits pratiques, la France est alliée du régime des généraux, depuis le coup d'état de 1992, alliance confirmée en permanence, notamment au moyen de la campagne au Mali. Les choses se sont confirmées, le grand but de guerre était celui-là, stabilité Algérienne. Car en effet, des volontaires franchissaient la frontière Saharienne, il y eut des faits de sabottage des productions d'hydro-carbures, pas tous médiatisés, avec ralentissement sensible de la production. Une poignée d'hommes agiles et résolus pouvait épuiser une armée pléthorique au matériel mal entretenu, l'incurie militaire Algérienne est proverbiale. Ce qui se profilait, c'est surtout, qu'à la faveur de cette situation, des défections se produisent, une rupture du consensus des officiers, un grand désarroi militaire avec des soulèvements opportunistes sur les arrières. Le plan n'était pas si mauvais, c'était peut-être le seul moyen qu'on entrevoyait pour changer de gouvernance. Ces aventuristes avaient-ils bien le droit de troubler ainsi la continuité des régimes, ne devait-on pas plutôt procéder par la voie pacifique? Les faits ont répondu à cette question, des milliers de morts après, en égypte en grande partie, et ailleurs. Une nation a manifesté sa volonté de vivre, il lui fut répondu en substance qu'elle n'a pas le droit à la vie. Les révolutions populaires ont été clairement sabottées au dedans comme au dehors, il reste donc comme alternative, ou bien la résignation, phénomène historique très important, ou bien une sorte de longue marche Islamique. Dans cette perspective, certains recherchent des alliés, et, il y aura forcément un allié, un seul si possible, l'allié d'une seule marche. Si cette initiative prend forme, les vieux régimes et les puissances ne pourront pas soutenir la lutte, mais si en apparence, la force est de leur côté. Si la poignée de volontaires Maliens avait eu un allié, si même aujourd'hui encore, elle en avait un, la France ne pourrait pas se maintenir au Mali, suffit de peu de choses. Voilà ce qui semble-t-il, selon moi, va se produire, le presque rien affronté au presque tout.
Au fond de cette réflexion, la question de la démocratie se pose. La démocratie, ce n'est pas seulement quand le peuple a le droit de votter, c'est quand le peuple décide, qu'il a du pouvoir. Qu'est le pouvoir réel, sinon la force réelle? Dans cette mesure, le démocrate authentique est celui qui augmentera d'abord la force réelle du peuple, non pas tellement celui qui se contentera de proclamer les droits du peuple, s'en remettant au hasard, ou s'en remettant plus ou moins nuitamment à la force étrangère comme arbitre des élégances électorales. En gros, un peuple sans force authentique ne connaît rien de la démocratie, parce que dépourvu de force il est sans pouvoir. Exemple, voulait-on, croyait-on vraiment que les innombrables égyptiens qui vivent de la dictature, pensait-on vraiment qu'ils allaient se laisser juger comme ça? Qu'on prenne les biens volés, qu'on les juge et qu'on en mette un grand nombre en prison, telle est la démocratie, bien obligé. Le spectacle Turc était là qui les faisait frémir, en Turquie, officiers fellons, marchands vaireux, journalistes corrompus vivent derrière les barreaux, avec les juges prévaricateurs, remplacés avantageusement par plus apte et valeureux. Quand on sait, que voudrait-on les réformer paisiblement, ces gens-là n'en veulent pas, et que vivant comme ils vivent, ils sont incapables de faire autre chose que ce qu'ils font, comment donc allaient-ils laisser faire sans sustenter un coup de force? Les journalistes égyptiens d'aujourd'hui font de simples appels au meurtre, complices de la tyrannie, ils s'égosillent parce qu'ils craignent pour leur propre peau ou leur gagne-pain. La liberté d'expression ne fut jamais si réduite, allant au port des signes les plus discrets ou certains gestes de la main, de ralliement. Dans la rue, la parole d'opposition est criminalisée, guettée, pourchassée. N'est-ce pas un peu la faute de ceux qui ont psalmodié la démocratie sans changer les rapports de force en présence? Veut-on le peuple souverain, il faut que le peuple soit fort, un minimum, que des choses dépendent de lui.
Des idées toutes simples, comme la dialectique entre la souveraineté populaire et la force réelle du peuple, semblent le grand impensé en pays Européen. On affecte visiblement de xcroire qu'il existerait des droits plus ou moins sacrés sans pratiquement rien faire pour défendre ces droits. Cette déréalisation de l'homme Européen est le corolaire de la dérive holligarchique, non délibérée pour l'instant, et encore... S'il n'est pas déjà trop tard, que l'homme Européen se réveille, sous peine de s'entendre signifier un jour prochain qu'on peut se passer de lui. A méditer.
Croissant de lune.
vendredi 20 décembre 2013
Misère de la raison critique
La critique promue au rang des beaux arts, l'art soumis à la raison critique, voilà l'un des vecteurs du nihilisme européen.
La critique est devenue prescriptive au lieu d'être normative. En outre, pour que ses normes aient une valeur artistique, ils faudraient qu'elles soient échafaudées par des artistes, qui trempent les mains dans la poésie, le pinceau dans la palette de couleurs et la plume dans l'encrier. Or la raison critique est aux mains d'artistes malaisés.
La critique prescriptive? A droite et au cinéma, c'est celle qui, à l'école de Pierre d'andré dont Marie-Noële Tranchant ou Laurent Dandrieu assument l'héritage , qui dissocie dans un film, "valeur artistique" et "valeur morale" ; à gauche et en littérature, c'est celle de maîtres à écrire qui, fascinés d'un côté par Aristote et de l'autre par Mallarmée, sont des théoriciens, non de la mort du signe, bien au contraire, mais de l'insignifiance, car de la dissociation du signe et de la signification, sémiologues amoureux du signe pour lui-même, clapotant au sein d'un langage dont il est le dernier mouvement, le langage n'étant plus le Logos, mais un système, par convention. Ecrivains sans style d'une science de celui-ci, fascinés par les abîmes et la mise en abyme, nos critiques littéraires reportent leur narcissisme de l'œuvre avortée sur la fonction métalinguistique, par laquelle le langage a essentiellement pour fonction de se répondre à lui-même.
"De la discussion ne jaillit plus la lumière" puisque la Lumière ne répond plus à l'appel du Verbe.
La critique normative? Ce sont des arts filmiques, lentement élaborés, non par le cinéphile, mais par le cinéaste; ou des arts poétiques où le critique n'a droit de cité que s'il entre en aède dans le poème, pour tellement le dire avec d'autres mots, que sa prose n'est pas une exégèse, mais que sa glose est un écho.
La vraie raison sociale du critique? C'est d'être un dilettante, un spectateur, un réceptacle, un esthète.
Or voilà que cet esthète se donne une raison éthique: il faut filtrer, Il faut discerner les chefs d'oeuvre.
Mais non, il ne faut pas, les chefs d'oeuvre s'élèveront tout seuls, portés par le consensus des esthètes, modestes contemplatifs.
Il ne faut pas que l'art aille dans le sens de son histoire. Il ne faut surtout pas qu'il croie le connaître avant de l'écrire.
L'art est devenu la chose des critiques, qui en viennent à se prendre pour des artistes, et qui confondent la légende d'une œuvre avec la légende des mythes. Les artistes sont des mythographes, les critiques sont des cartographes. Mais ils prennent leurs théories pour le vivant de l'œuvre et leurs échelles pour des "MYTHOLOGIES".
Ce faisant, ils ne dégrade pas l'art, ils l'empêchent de sauver le monde, à son niveau.
jeudi 19 décembre 2013
L'Ukraine et la directive bolkestine
(Inaperçu_s de l'actu n° 50 et 51).
50.
Le compromis trouvé sur "les travailleurs détachés" n'est que l'autre nom de la directive bolkestin qui n'a jamais été abrogée.
51. Il paraît que l'opposition démocratique ukrainienne voudrait quitter le giron de la Russie pour téter la mamelle de l'Union Européenne. Et vladimir Poutine, qui vient d'éviter un embrasement mondial ayant pour point de départ la sirie, serait un affreux potentat sanguinaire, de laisser croire que l'Ukraine et la russie sont un seul peuple divisé en deux Etats. Or le baptême de Saint vladimir, cet Ukrainien, a fait la russie, sainte ou tchékovo-stalinienne. Mais surtout, si l'Ukraine intégrait l'Union Européenne, les travailleurs sous-payés qu'elle mettrait en cirdculation formeraient une main d'œuvre plus corvéable que le plombier polonais, et la directive bokestine aurait plus que jamais de beaux jours devant elle.
La faillite solidaire
(Inaperçu de l'actu n° 49).
Aujourd'hui, les actualités (qui trouvent modique de ne plus se donner qu'en trois titres par matinales, dont deux faits divers), nous ont appris qu'un accord historique – les journalistes ne font jamais de prospective, mêm dans l'histoire immédiatement prévisible - avait eu lieuau dernier sommet interministériel de bruxelles, consacrant l'Union bancaire, c'est-à-dire, si j'ai bien compris, une espèce de solidarité inter-bancaire, qui fait que, si une banque tombe en faillite, toutes les autres se cassent la gueule.
Déjà qu'à la faveur de la crise de 2008, nous avions appris que, soumis à l'obligation bancaire et à l'interdiction du bas de laine, nous devions ne pas tenir comme une épée de damoclès que, si les marché provoquaient une crise dans la banque, indépendamment du fait que la banque fît faillite, notre épargne errante serait braquée par les marchés au point de ne nous être assuréde reddition qu'à hauteur de soixante-dix mille euros, eussions-nous un petit magot de placé… dorénavant, nous savons en outre que, dans l'Europe qui ne nous protège pas, tout le système bancaire étant lié sous la juridiction d'une banque centrale indépendante de tout pouvoir politique, si les marchés secouent très fort et qu'il n'y ait pas de capitaine dans le navire – concurrence est piraterie, qui n'est pas de corsaire - tout le navire coulera, en l'absence de capitaine, fût-il aussi désinvolte que celui du Costa concordia.
A Philippe de villiers
(à présent que ce ci-devant préfet de la république, ancienne caution souverainiste ralliée sur le tard au sarkozysme, joue aux plus royalistes que le roi après la publication de son "Roman de Saint-Louis" intervenant après son livre sur "le chevalier à la (ou de) Charrette:
Monsieur,
Vous vous vantez d'avoir quitté la politique comme autrefois, vous vous vantiez d'avoir le soutien de Jimy godsmith ou de l'inspirateur du mouvement "Libertas", qui vous a fait culbuer aux européennes.
Vous feignîtes naguère d'être républicain comme vous feignîtes de n'être point vendéen.
Vous étiez la caution républicaine qui servait de bouclier contre le Front National et, quittant la politique, vous devenez plus royaliste que le plus chouan des Vendéens.
Votre cohérence politique est la trahison, ce qui vous a permis de réussir dans le marigot.
Tant pis pour vous, mais je suis certain que vous saurez vous en justifier devant le dieu cynique et machiavélique Qui vous servira de Juge.
Fraternellement (puisque nous sommes tous frères dans la médiocrité et dans le Christ qui nous en élargit)
Julien weinzaepflen
samedi 10 août 2013
De la différence des souveraines délices de l'Union à Dieu chez l'homme et chez la femme
· Je trouve qu'il y a une profonde réflexion à mener au sujet du rapport de la masculinité et de la féminité à l'Union à Dieu, en comparant saint-Jean de la croix et sainte-Thérèse d'aVila dans les buts qu'ils se proposent respectivement, certes en ne désirant pas le ciel, mais en voulant aller en Dieu.
· Pour sainte-thérèse, le suprême degré de félicité dans la chambre nuptiale de son bien-aimé est de prendre conscience de "pécher en dieu", c'est-à-dire que l'inhabitation (ou la cohabitation) dans la chambre de la Majesté divine produit une sorte d'éjaculation féminine.
·
· Pour saint-Jean de la croix, l'aboutissement de la quête est, ni tout à fait la divinisation ou la Ressemblance, mais l'assimilation, , c'est-à-dire la conformationdu modèle à celui qu'il aime, un amour fait d'imitation, où je deviens, non pas ce que je suis, mais ce que j'aime, en m'assimilant à Lui, au risque qu'Il disparaisse et non pas moi, dans un lent travail où j'aurai été beaucoup humilié, beaucoup infériorisé pour que cesse finalement toute différenciation, et il y a presque quelque chose de décevant dans le résultat de cet amour, si longtemps incompris du profane, si l'Aimé finit par disparaître puisque je Lui ressemble.
·
· Il est toujours assez cocace d'entendre les clercs faire l'apologie du mariage monogame, qui serait le modèle de la loi naturel inchangé depuis depuis Adam et eve alors que, non seulement les patriarches ont eu plusieurs femmes, quand ce n'étaient pas des mères porteuses pour leur faire des enfants à la place de leurs femmes stériles, mais il y a comme une polygamie de dieu, polygamie qui disparaît en ce que la relation deDieu avec chacune de ses élues est unique, mais en même temps, cette unité de relation ne peut se faire sans ostentation de la fiancée, qui s'ouvre aux gardiens du jardin ou de la prison que devient tout lieu où ne se trouve pas le bien-aimé qu'en creux et non d'une Présence palpable. Toujours la fiancée manifeste avec ostentation devant les gardiens qu'elle est dépositaire d'une Promesse, de l'acte scellé de vente du chant d'Anathoth. Quelquefois elle demande des nouvelles de son Aimé aux "amis de l'époux" que peuvent s'avérer être ces gardiens, quand ils ne sont pas cette infâme valtaille, qui regarde se consumer d'amour le cœur de la délaissée. Et toujours l'epoux a des "amis" qui savent de ses nouvelles au point d'être en mesure d'avertir le chœur des vierges :
· "voici l'epoux, Il vient, sortez à sa rencontre".
·
· Cet ami de l'Epoux . peut être lui-même prisonnier de l'amour qu'il a pour lui au point de ne plus savoir Le reconnaître. C'est un peu ce qui arrive à Jean-baptiste quand, passant du Jourdain à la prison d'Hérode, ce que l'ondée baptismale lui avait transparent, l'obscurité du cachot le luicèle, car il n'est pas du nombre de ceux qui partagent la vie mouvementée de l'Agneau de dieu allant Son chemin.
·
· On trouve encore une différence entre Jacob et rachel, différence marquée par saint-Jean de la croix, qui en fait deux modalités de la même impatience de dieu dans une même âme, alors qu'il se pourrait qu'une des deux attitudes soit propre à dieu et imitée par le principe actif, tandis que l'autre attitude est la douleur de l'âme en mal de fécondité, qui n'est pas encore entrée dans une participation active à la création par la fécondité de la conjugalité avec dieu. Jacob compte pour néant les sept ans qu'il travaille aux terres de Laban dans l'espoir de doter rachel en homme digne de demander sa main. Au contraire, rachel, alanguie, qui souffre pour elle-même plus que pour Dieu, est toute dévorée du désir d'avoir des enfants, et puis est inconsolable de les avoir perdus, car elle les croit perdus. Elle est dans la première langueur de l'âme alourdie et fiévreuse, fébrile jusqu'au délire, qui devient lourde de son attente. Rachel est tellement inconsolable de ne pas enfanter dieu qu'elle préférerait être retranchée du milieu des hommes plutôt que de vivre sans Lui. Ici s'inverse enfin la raison pour laquelle on vit en vue des fins dernières : on ne veut pas mourir pour s'assurer d'un salut près de Dieu, mais on préfère être séparé de tout salut si l'on ne vit pas près de dieu. Ainsi l'entend la femme, qui s'est incorporée ses enfants en dieu et ainsi a-t-elle pu se consoler de leur perte (un peu comme, comparaison n'étant pas raison, Jocaste s'est très vite accommodée d'avoir eu son fils Œdipe pour amant).
·
· Mais ainsi ne l'entend pas Moïse, dont saint-Jean de la croix reproduit le cri hardi :
· "Ou pardonnez-leur ce crime, ou effacez-moi du livre que vous avez écrit."
· Moïse est plus hardi que Jésus Qui Se contente de demander à son Père de pardonner à Ses enfants bourreaux, car ils ne savent pas ce qu'ils font, mais Jésus n'a rien à perdre de Dieu et a tout obtenu du Père. Rachel, que Jacob a longtemps attendue en une figure de la patience divine, s'est consolée de la mort de ses enfants en les incorporant à sa relation conjugale avec dieu. Si leur mort l'eût rendueinconsolable, Moïse, lui, sait qu'il est responsable de leur vie. Abraham était animé du même souci, quoiqu'avec moins de témérité et beaucoup plus de timidité. On relate souvent la tentative qu'Il fit pour retenir le bras de dieu de détruire sodome. Dieu Est peut-être déçu de son manque de confiance, lui qui incarne pourtant la figure du croyant, puisque c'est dieu Lui-Même qui doit retenir le bras d'abraham d'offrir au couteau son fils en holocauste pendant "la ligature d'Isaac". Et sans doute, dieu aurait de même attendu de nous que nous Le retenions de devoir nous sauver en mourant pour notre salut, d'où l'impossible Réparation qu'Il semble nous demander de n'avoir pas eu pitié de Lui à temps. Quant à Moïse, son problème n'est pas de ne pas être séparé de dieu, il préférerait mourir plutôt que d'être séparé des hommes et retranché Du peuple dont il a pris la responsabilité et la conduite. La rencontre de dieu n'a pas allumé en lui cette flamme mystique qui l'eût empêché d'être un homme. Moïse, c'est l'antijonas. Il aurait été déchiré et concerné par le malheur de Ninive s'il n'avait pas eu à conduire Israël. Moïse, ç'aurait pu être le bon samaritain Qu'est devenu Jésus en Se faisant l'Etranger livré à notre accueil.
Des dix échelons de l'échelle mystique de l'amour divin
(selon saint-Jean de la croix dans "LA NUIT OBSCURE", livre II, chapitres 19 et 20)
1. Affaiblissement de l’âme en elle-même, mais cette langueur n’est pas mortelle…
Car cette maladie spirituelle la fait mourir au péché et aux créatures, à tout ce qui n’est pas dieu.
Comme un malade perd le goût et l’appétit des viandes, et change de visage…
Fièvre spirituelle et mystique.
2. Elle cherche dieu sans interruption.
« Je me lèverai et chercherai celui que mon cœur aime. »
Ainsi l’épouse en ayant demandé des nouvelles aux gardes de la ville, les quitta et passa plus outre. Ainsi Marie-Madeleine ne s’arrêta pas aux anges qui gardaient le sépulcre de son Sauveur; mais elle continua de faire ses diligences pour savoir où il était.
3. ele opère avec courage, ce qui l’empêche de se lasser en ses poursuites, elle a donc retrouvé des forces.
Jacob regarde comme un petit nombre de jours les sept années qu’il sert pour rachel.
4. Ce quatrième degré est une source de souffrance que l’âme supporte pour son Bien-Aimé, sans se lasser, avec générosité et avec persévérance.
Car l’amour, dit saint Augustin, rend léger tout ce qui est pesant, et agréable tout ce qui est fâcheux. En effet, l’amour est ici aussi fort que la mort;
De là vient que l’esprit est le maître de la chair; il la tient parfaitement assujettie à ses lois ; il n’en fait pas plus de compte qu’un arbre ne se met en peine de perdre une de ses feuilles.
L’âme est portée vers Dieu par un véritable Amour et par un sincère désir de se charger de croix pour Lui.
5. Une sainte impatience et des désirs véhéments de posséder Dieu.
Il faut que l’âme possède son bien-aimé ou qu’elle souffre les agonies de la mort… comme Rachel désirait avoir des enfants…
L’âme n’a faim et soif que d’amour, ne se nourrit et ne se rassasie que d’amour.
Chap 20. 6. Le sixième degré de l’amour fait courir très-vite l’âme vers Dieu; et son espérance, soutenue des ailes de l’amour, y vole avec forcée! avec rapidité
ceux qui espèrent dans le Seigneur, dit Isaïe en parlant de ce degré, changeront de force; ils prendront des ailes comme des aigles ; ils courront, ils voleront sans peine, ils avanceront sans cesse ( Isa., XL, 3).
L’âme est si agile à cause de l’étendue de sa charité et de la pureté qu’elle a acquises dans les épreuves précédentes.
Ainsi elle peut dire à Dieu avec David : N’étant plus souillée de mes péchés, j’ai couru vers vous, ô mon Dieu, et j’ai marché avec promptitude et avec facilité par la voie de vos commandements, lorsque vous m’avez dilaté le cœur ( Psal., LVIII, 5 – Psal. LVIII, 5).
(Nous sommes dans une sorte de psaume des montées de l’âme).
7. Le septième degré de cette montée donne à l’âme de la hardiesse, du courage et de la véhémence en ses entreprises.
· jusqu’à l’impulsivité, l’imprudence : Cette véhémence l’empêche de suivre les règles du jugement, quand il faut attendre les réponses qu’elle souhaite, et prendre conseil quand il faut changer de dessein : la honte même et la pudeur ne sont pas capables d’arrêter l’exécution de ses projets.
Les faveurs et l’Amour que Dieu lui témoignent la rendent intrépide.
Moïse pratiquait les maximes de ce degré, lorsqu’il disait à Dieu avec beaucoup de hardiesse : Ou pardonnez-leur ce crime, ou effacez-moi du livre que vous avez écrit ( Exod., XXXII, 31, 32.).
L’épouse qui demande le baiser mystique, mais l’âme ne doit pas faire preuve de cet excès de familiarité.
8. Cette liberté avec Dieu la dispose au huitième degré, dont le propre est d’engager l’âme à embrasser Dieu, et à s’attacher inséparablement à lui, comme le dit d’elle-même la sainte épouse : J’ai trouvé celui que j’aime; je l’ai pris, et je ne le quitterai
jamais ( Cant., III, 4).
Les sept vies de la Gloire des bienheureux ?
La récompense de Daniel (Dn 10, 11), qualifié d’homme de désir.
9. Ardeur pleine de délices spirituelles, degré des parfaits et celui des apôtres.
10. Degré de la vie future : l’âme devient semblable à dieu, par la claire vision qu’elle en a, lorsqu’elle est délivrée de son corps.
Assimilation, la vision produit la ressemblance, au prix (bien faible) de la délivrance du corps.
« Bienheureux les cœurs purs, ils verront dieu "
La vision béatifique est la cause de cette ressemblance :
"Nous lui ressemblerons, parce que nous le verrons tel qu'Il Est" (I Jn, 3-2).
Voilà donc cette montée secrète dont l'âme parle en son cantique. Il est vrai pourtant qu'elle ne lui est pas tout à fait cachée ; l'amour la lui découvre dans les degrés que nous venons de déduire, parles admirables effets qu'il y produit.
vendredi 26 juillet 2013
Décryptage de la situation égyptienne
par le croissant de lune
Je publie cette analyse que je partage à deux réserves près : la tendance à donner des leçons au Président égyptien Morci, et l'alternative astucieuse, mais un peu courte entre "parti central" et parti unique. Je la partage, y compris dans la croyance que la situation peut et doit se retourner et que le Président Morci, qui a été destitué illégalement, au risque d'une guerre civile désespérée menée par une poignée de résistants légitimistes et faméliques, peut et doit retrouver son poste. Et ceci d'autant plus qu'au jour où j'écris ce chapeau, le chef de l'état-major de l'armée demande à la foule de lui donner en manifestant un blanc-seing pour la terroriser, sous prétexte de pourchasser des terroristes.
"N'y a-t-il que nos avis personels qui comptent, ne peut-on pas dépersonaliser les analyses? Probablement pas, l'objectivité totale est impossible. Donc, en effet, il vaut mieux donner un avis personnel. Ce n'est pas ce que vous faites, sauf erreur de ma part. Moi, je lis un constat, un aperçu, dans votre message, je n'entend pas un avis.
Mon avis personnel à moi, je vais vous le livrer. En ne prenant en compte que l'enjeu intérieur égyptien, en dehors des influences étrangères, qu'on croit déterminantes, mais que certains disent subsidiaires, il y a en effet, un face-à-face entre le parti de la légalité et l'autre parti, celui de l'armée pour faire simple. C'est inexact, aproximatif, mais on peut présenter les choses ainsi.
Quel est le meilleur parti pour l'égypte, selon moi? Ou dirait-on mieux, quel est le meilleur parti à prendre en pareille perspective en tout pays? Pas d'hésitation, je réponds que le meilleur des partis est le parti du droit, de la légalité. Pour toutes sortes de raisons. Faut-il choisir un moyen terme, un terme de négociation? Non, le droit, la légalité ne se négocie pas, la liberté ne se marchande pas, l'état de droit, le respect des règles du jeu démocratiques ne souffrent aucune virgule d'hésitation.
Quelle est donc la perspective? Les tenants du coup d'état, il fallait s'y attendre, pour donner un peu de légitimité à leur projet, font exister ou tentent de faire exister un soulèvement dans le Sinaï? Ils essaient de jouer un remake de la situation Algérienne, rébellion, qui justifierait des mesures exceptionelles durables. Dans les faits pratiques, il se passe peu de chose au Sinaï. Il y a des actions policiaires, il y a peu d'actions militaires à ma connaissance. Tout se passe comme si l'armée ne voulait pas suivre. Il faut se souvenir que la rébellion Algérienne, très artificielle, fut une occasion de purge militaire, on a pu ainsi, éliminer les officiers rétifs au coup d'état. Or, les égyptiens ne sont pas sots, les officiers traînent les pieds, apparemment, attentistes s'ils ne sont pas ouvertement hostiles au nouvel ordre des choses. Il y a donc un mince espoir, la situation Algérienne ne se reproduira peut-être pas à l'identique. L'histoire ne se répète pas, quand on croit qu'elle recommence, la deuxième édition est à la première, non pas une copie conforme mais une caricature.
Peut-on espérer un retournement? Un retournement populaire, c'est une certitude, les foules anti-Morchis ne sont pas convainquantes, pas d'idéologie, des mouvements de masse transitoires qui ont servi de prétexte. La preuve, s'il en faut une, que ces anti-Morchis n'étaient pas si sûrs de leur popularité, ils eussent mieux fait d'attendre les consultations législatives toutes proches. S'ils l'eussent emporté haut la main, selon leurs dires, eh bien alors, il n'y avait même pas besoin de renverser le président. A d'autres, le coup d'état démocratique, si quelqu'un sait ce que c'est, qu'il se donne la peine de s'expliquer. Le retournement populaire est certain, il s'est peut-être déjà produit. Y aura-t-il pour autant un activisme populaire assez fort pour changer la donne? Ce n'est pas sûr, les forces de répression sont là, une police plétorique qui a beaucoup à perdre, tous ceux qui vivaient de ce qu'on apelle l'ancien régime, qui en survivent encore, lesquels sont très nombreux. Voilà une vérité qu'on s'est trop dissimulé, les régimes Arabes vermoulus, ont une base très large, les ripous, les voleurs, les incapables, ceux-là, ils sont des millions, ne peuvent pas survivre hors de la tyrannie. Un jour ou l'autre on leur demande des comptes, ou bien on les juge sur leurs faibles aptitudes, au minimum, on les licencie, on les remplace. Pour eux, c'est une question vitale, existentielle.
L'Islam politique, ce qu'on nomme ainsi, est le seul vrai parti en égypte et à peu près dans tout l'univers Arabe. Il est lui-même divers et varié, mais c'est le parti le plus cohérent, son mymétisme avec les corps sociaux est fort. Existe-t-il d'autres partis? Pas exactement, il existe des formations innombrables, des listes de gauche, de droite, des Arabistes de toutes tendances, une multitude, une cohue. L'Islam politique pris au sens large est le parti central, un peu comme le Gaullisme, de droite ou de gauche, était le seul vrai parti en France, lors de la libération. Mon avis est que nos pays ont besoin, de ce parti central, qui remplace les anciens partis uniques. La seule alternative à l'Islam politique au sens large, c'est le parti unique ancien, même reconstitué. Il y a donc un face-à-face entre l'ancien régime décomposé qui essaierait de se reconstruire, mais qui est devenu aussi dangereux qu'un monstre blessé, et un parti central constructeur, qui tente d'animer l'installation de la démocratie et la renaissance. Mon choix est donc vite fait, je préfère la renaissance. D'autant plus, que le parti ancien décomposé, ne peut même plus alléguer le retour à l'ordre, la restauration de la sécurité. Apparemment, son retour est source de cahos, pas nécessairement de guerre intérieure, mais du cahos, un cahos destructeur. Nos pays peuvent-ils vivre ce cahos affaiblissant? Non, nous ne pouvons pas nous le permettre à un moment où le monde se tend à nouveau.
Alors, comment faire dans ces conditions? Moi, je forme le voeu que ce qui a été fait par un général fellon, soit défait par un général loyal à l'égypte. L'armée pourrait bien s'aviser, et y compris les puissances étrangères, que l'expérience actuelle est hasardeuse à tout point de vue. Le rétablissement de la légalité est l'alternative la plus courte, celle qui apporterait peut-être la stabilité, et qui sait, la renaissance, le renouveau. Le coup d'état, c'est sûr, n'apportera que la destruction, non pas du fait d'une guerre intérieure ouverte, mais d'une insécuerité et cahos prolongé. Sur une autre liste, quuelqu'un a dit, que nous n'avons le choix qu'entre la renaissance ou le cahos. La légalité, c'est accepter la loi, notamment, la règle du jeu démocratique. La légalité, c'est d'avoir assez de force pour mener les réformes assainissantes, certes, au détriment des forces ou des faiblesses de la Réaction Arabe. Oui, la liberté doit s'établir, au détriment de ceux qui vivent encore au dépens de tous, les parasites des corps sociaux, les bénéficiaires de la tyrannie. Allez, on ne va plus se la raconter, quand une branche est pourrie, il faus savoir la scier avant qu'elle ne rende tout l'arbre malade, il faut savoir retrancher les membres gangrénés, réformes assainissantes, qui sont, et doivent être douloureuses, oui! Si Morchi a eu des torts, oui, il a trop cru aux principes démocratiques. Mais il y a des moments où la foi ne suffit pas, surtout quand la récitation des credos, sert plus ou moins à se divertir du réel. La politique est l'art de faire avec la réalité concrète objective pour transformer la réalité concrète objective. Mon avis personnel, est Yahya Morchi, un nouveau Morchi, vive le seul vrai raïs d'égypte, résistant et captif aux mains de vils rebels, il est le guide de l'égypte, qui doit apprendre à respecter les règles et la loi. Que la force rejoigne la loi, que le vrai raîs soit soutenu d'une main ferme, que tous les rebels soient traduits en justice, qu'ils soient tous déchus et subissent les sanctions. La petite démocratie multicolore, tout juste parce que la Jézira l'a dit, apparemment ça ne marche pas, il faut d'abord une phase d'éradication de l'ancien régime, absolument.
Croissant de lune"
mercredi 17 juillet 2013
La vérité n'oblige pas
- La vérité n'étant pas qualifiante et quantitative, mais qualitative et appréciative, c'est une funeste erreur du soi-disant très libératoire second concile du vatican, que d'affirmer en maints articles et comme émanant du bon sens (m'a répondu le P. Jean-Louis souleti) que la vérité oblige (L'homme est libre, mais a le devoir d'embrasser la vérité quand il l'a trouvée). Or l'amour n'est pas obligé, et l'homme peut très bien ne pas embrasser une vérité qu'il n'aime pas. La prophétie biblique elle-même espère en un JOUR où "amour et vérité se rencontrent (et où) justice et paix s'embrassent". L'embrassement porte donc sur la rencontre de la justice et de la paix et, s'il devait y avoir une obligation, celle-ci devrait porter elle aussi sur le moment de cet embrassement, non sur celui de la rencontre de l'amour et de la vérité, que cet embrassement contribuera à rapprocher. Hors de cet embrassement, qui remettra la vie d'écaire avec l'homme et tous les frères dans une telle équité que l'instinct de guerre aura perdu sa raison d'être, on peut très légitimement ne pas aimer la vérité que l'on rencontre. Mais le concile Vatican II et le magistère post-conciliaire on perdu de vue la notion que la vérité est une rencontre amoureuse. Ils ont délié amour et vérité et constitué un couple dialectique et de subordination entre la vérité magistrale et la liberté souveraine, soumise afin de pouvoir absolutiser la vérité, comme si la vérité était dieu (alors que c'est dieu qui Est vérité). L'incohérence est ici majorée de ce que le catholicisme confesse un Dieu de relation, qui, à tout le moins, devrait rendre la vérité relative ; or c'est par peur du relativisme que les Pères du concile ont absolutisé la vérité. Plus exactement, c'est de peur qu'en laissant prospérer le relativisme, les hommes ne deviennent indifférents à dieu, ce qui est méconnaître par manque de confiance et de foi que l'homme est naturellement religieux. On aboutit par conséquent au même genre de paradoxe que celui qui fait que les tenants d'une religion de l'incarnation ont un problème avec la chair. Ici, ceux qui croient en un dieu de relation (certains diraient d'association), en un Dieu trinitaire qui relativise SonAbsolu pour Se faire Communion, ont un problème avec la relation, donc avec l'amour, et avec le relativisme.
dimanche 12 mai 2013
Notes sur la déclaration universelle des droits de l'homme
Le texste intégral de la Déclaration Universelle des drotis de l'Homme est disponible ici :
https://www.un.org/fr/documents/udhr/index.shtml
Prambule :
La dignité est au principe :
"Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde."
Le contexte des exactions de la guerre qui vient d'avoir lieu est générateur d'une amertume qui rend cette déclaration nécessaire, comme le souvenir du "despotisme" rendait nécessaire d'énoncer les "droits de l'homme et du citoyen" de 1793, dont la seule parole à les rendre caduques était celle qui demandait à tous les hommes libres de se saisir et de mettre à mort les ennemis de ces droits.
"Considérant que la méconnaissance et le mépris des droits de l'homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l'humanité et que l'avènement d'un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l'homme.
La Justice est garantie par l'absolu du droit, qui n'est plus là pour servir la Justice (c'est la victoire de l'Etat de droit contre l'Etat de Justice) :
"Considérant qu'il est essentiel que les droits de l'homme soient protégés par un régime de droit pour que l'homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l'oppression." : La désobéissance civile, garantie par les formulations antérieurs, devient un devoir contre le pouvoir tyrannique (dans la tradition scolastique qui préconisait, au besoin, le tyranicide) :
Le préambule affirme aussi l'égalité des sexes, "les droits égaux des hommes et des femmes…"
Cette déclaration est une architecture universalist/personnaliste (avec une dérive individualiste possible) versus une version qui aurait pu être internationaliste, étatiste et collectiviste, elle affirme la "ddignité de la valeur de la personne humaine". Jean-Paul II n'aura de cesse de faire de cette intuition la norme nouvelle de sa contribution à la doctrine sociale de l'Eglise.
Cet déclaration d'intention des Nations Unies a enfin une valeur déclarative et progressive :
"Considérant que les Etats Membres se sont engagés à assurer, en coopération avec l'Organisation des Nations Unies, le respect universel et effectif des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Considérant qu'une conception commune de ces droits et libertés est de la plus haute importance pour remplir pleinement cet engagement." Raison de cette déclaration¨unifier, dans l'espoir de l'universaliser, la conception que chacun a des droits de l'homme, au risque que les droits de l'homme puissent être considérés comme "[faisant] partie du bagage impérialiste" (Alain soral).
"L'Assemblée générale proclame la présente Déclaration universelle des droits de l'homme comme l'idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations afin que tous les individus et tous les organes de la société, ayant cette Déclaration constamment à l'esprit" : cette déclaration constitue de nouvelles tables de la loi politique, qui se pose comme un idéal de citoyenneté)… "s'efforcent, par l'enseignement et l'éducation, de développer le respect de ces droits et libertés et d'en assurer, par des mesures progressives d'ordre national et international, la reconnaissance et l'application universelles et effectives, tant parmi les pttttttttopulations des Etats Membres eux-mêmes que parmi celles des territoires placés sous leur juridiction." Autrement dit, le colonialisme est, dans le préambule de cette déclaration (contrairement à ce qui advient dans la lettre du préambule de la constitution de la quatrième république en France, où la colonisation ne peut constituer qu'une transition vers l'indépendance), affirmé comme non contraire aux droits de l'homme, ce qui est d'autant plus paradoxal que la déclaration Universelle inscrit dans le marbre du droit international l'interdiction de l'esclavage (art. 4). Or il y a assurément un lien entre la colonisation et l'esclavage, les anciens (ou encore actuellement) colonisés se considérant comme les fils des esclaves.
Art. 1. "Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience" (est-ce que cela sort de l'humanité ceux dont la vie n'implique pas de conscience… ?) "et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité." L'art. 1 de la déclaration stipule bien qu'il y a deux droits de l'home, la liberté et l'égalité, qui conduisent à un devoir de fraternité. Seul ce devoir estopératoire, puisqu'on peut en contrôler directement l'exécution, voire on peut demander des comptes sur cette exécution.
Art. 2.1. Sans prononcer le mot qui le sera à l'art. 7, cette art. refuse toute discrimination. Or je me demande si l'"antidiscrimination" ne renvoie pas au refus très ancien qu'il soit fait "acception de personne."
Art. 3. Droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.
Art. 4. Interdiction de l'esclavage.
Art. 5. Interdiction de la torture, et de tout traitement "inhumain ou dégradant".
Art. 7. egalité devant la loi et protection de la loicontre toute discrimination et provocation à la discrimination.
Art. 11. Présomption d'innocence, non rétroactivité de la loi.
Art. 12. Interdiction de l'immiction dans la vie privée, protection de la vie privée, du secret de la correspondance, de l'honneur et de la réputation (d'où les procès en diffamation)…
Art. 13. Liberté de circulation. Donc toute limitation des flux migratoires attente à cette liberté d'aller et venir.
Art. 14. Droit d'asile, ne pouvant certes pas couvrir ce que la Déclaration ne nomme pas le terrorisme, mais on sent qu'il y a une extension possible de ce côté-là, en tout cas explicitement pas les "crimes de droit comun".
Art. 15. Droit à la nationalité bizarrement formulé
1. "Tout individu a droit à une nationalité." Pourquoi ? Cette conception nationaliste du monde, j'entends par là d'un monde divisé en nations, ou d'un monde inter-nationaliste, ne fait-elle pas d'avance obstacle à une solution alternative internationaliste ?
Mais surtout :
2. "Nul ne peut être arbitrairement privé de sa nationalité, ni du droit de changer de nationalité." D'une part on ne devrait jamais pouvoir déchoir quelqu'un de sa nationalité, car s'il n'en a qu'une, qu'est-ce qui lui reste, et qu'est-ce qui le rattache aux autres hommes si le monde est divisé en nations ? A côté de cela, la déclaration a l'air de dire qu'on peut changer de nationalité come dechemise.
Art. 16. Droit au mariage (1. et 2. entre un homme et une femme, la revendication homosexuelle pouvant être portée au titre de l'art. 7 et de la lutte contre les discriminations.) et droit de la famille (alinéa 3), avec cette formule : La famille est l'élément naturel et fondamental de la société", variante de cette autre maxime, dont je me demande qui en a la paternité:
"La famille est la cellule de base de la société".
La fammille, oui, mais quelle famille ? Et n'y a-t-il pas une contradiction entre une conception universelle, donc personnelle, de la protection (et de la question) humaine, et l'insertion automatique de toute personne dans un cadre familial ? De plus, si l'on convient que les droits de l'homme sont un décalque laïque du décalogue, de l'aveu même de son rédacteur principal, la famille n'est-elle pas la manière contemporaine de signifier le cadre domestique, que protégeait le décalogue, dans le contexte de "la cité antique" ? Mais la suite de cet alinéa 3. est encore plus contestable, dans la mesure où il semble instaurer une obligation pour tous les etats de mettre en place une "politique familiale" au sens où nous l'entendons, avec des Allocations familiales, si ce n'est une politique nataliste :
"et a droit [la famille] à la protection de la société et de l'Etat" .Tout compte fait, bien sûr, il vaut mieux promouvoir une politique nataliste qu'une politique eugéniste. Les Nations Unies ont tellement été accusées du contraire que cette précaution de la "protection de la famille", au moins en cette matière, n'est pas superflue.
Art. 17. Droit de propriété et interdiction de l'expropriation arbitraire. Autrement dit, dans le prolongement de ce qu'avait déjà affirmé la Révolution bourgeoise de 1789, le droit de la personne humaine s'étend à préférer qu'elle prospère dans un cadre familial et patrimonial. Seulement, ne pas oublier qu'à l'époque de l'adoption de cette déclaration, la seconde puissance du monde prétendait se diriger vers le communisme, donc ne reconnaissait pas le droit à la propriété. C'est un sérieux coup de canif dans le consensus qui aurait dû présider à une conception universelle des droits de l'homme.
L'art. 18. condamne aussi bien l'interdiction faite aux citoyens de "changer de religion"' par les pays islamiques de stricte observance que la laïcité à la française, la France étant régulièrement condamnée par un observatoir américain de la liberté religieuse. Il est ainsi rédigé :
"Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites." Liberté de culte et d'enseignement. Donc ce droit devrait garantir un enseignement libre aux croyants de toutes les religions, dans quelque nation qu'ils résident, afin qu'ils puissent assurer le "droit à l'éducation"… obligatoire (art. 26).
Art. 19. Liberté d'expression, d'opinion et d'information, quie est davantage conçue comme une liberté d'informer que d'être informé, sans que le mot de "liberté de la presse" soit prononcé.
Art. 20. Liberté de réunion et d'association, avec, pour la première et la seule fois, une sauvegarde pour l'anarchistequi se croit "un tout parfait et solitaire" (rousseau) ou pour le dissident ne se reconnaît pas d'appartenance à la forme de communauté politique garantie par cette Déclaration :
20. 2. "Nul ne peut être obligé de faire partie d'une association."
21.1. et 3. (confirmé par l'expression "gouvernement démocratique" concluant l'art. 29) :Le seul régime très directement légitimé par cette Déclaration est la démocratie, qu'elle soit directe ou indirecte :
1. "Toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit par l'intermédiaire de représentants librement choisis." Ce principe est durci dans l'alinéa3.:
"La volonté du peuple est le fondement de l'autorité des pouvoirs publics ; cette volonté doit s'exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote."
Rappelons que, pour les penseurs des lumières, la démocratie était un régime dévolu aux petites cités. Elle est ici promue au rang de norme pour toutes les nations. Quelle est la légitimité de cette promulgation, en contradiction avec toute la pensée politique traditionnelle, des lumières incluses, qui affirmait les avantages et les inconvénients, mais aussi la légitimité intrinsèque de tous les régimes politiques, à l'exception du despotisme ou de la tyrannie ? Une première atteinte à la souveraineté des nations du monde est portée par cette universalité de la démocratie comme régime politique convenant également à chacune.
Art. 22. Droit à la sécurité sociale, non dans le prolongement de la politique familiale, mais comm protection personnelle, , ce qui explique la division de notre sécurité sociale en un régime général et en une branche familiale. Ce principe n'est pas aussi moderne qu'il y paraît, puisqu'il reprend ce que la Déclaration de 1793énonçait sous le vocable de "garantie sociale" et d'oblgation pour l'etat de porter secours et assistance (ceux qui dénoncent l'assistanat en sont pour leurs frais) à tous ceux qui seraient hors d'état de travailler et d'acquérir par eux-mêmes des moyens de subsistance.
20. 2. "Toute personne a droit à accéder, dans des conditions d'égalité, aux fonctions publiques de son pays." Etonnamment, cette disposition se trouvait déjà dans la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1793. Donc, en excluant les juifs de ces emplois publics, le gouvernement de vichy touchait à un symbole ancien et fort.
Art. 23.1. "Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage." Les Assedic sont donc quasiment de droit international. Cet alinéa pèche sur un seul point : il laisse le choix de son métier à la discrétion du seul individu et citoyen, sans égard aux besoins du pays. Or il n'y a pas de "protection contre le chômage" efficace qui ne tienne compte des débouchés réels du métier embrassé par l'individu. Cette disposition condamne en creux la planification.)
En bonne logique, ce premier alinéa devrait être suivi par le troisième :
3. "Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu'à sa famille une existence conforme à la dignité humaine."
Mais avant l'énoncé du principe, s'intercale cette obligation :
2. "Tous ont droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un travail égal.", Excellent principe, cet égalité salariale à travail égal est un bon préalable, qui devrait protéger des inégalités homme-femme en matière de rémunération, mais les rédacteurs de la déclaration, qui se sont accordés sur la norme démocratique, n'ont pas intégré de loi organique à leur déclaration pour décrire une échelle des salaires qui serait légitime. Derrière cette critique, il y a cette question : pourquoi est-il universellement admis que le travail intellectuel soit mieux rémunéré que le travail manuel, dont il est devenu démodé de promettre une revalorisation ? Or est—ce qu'un bâtisseur ne porte pas la responsabilité à la fois pesante etgratifiante, du bien-être de celui qui se déploie dans la bâtisse qu'il a construite ? Un bâtisseur ne doit-il pas être mieux considéré qu'un rond de cuir et quelqu'un qui exerce un travail pénible mieux traité qu'un bureaucrate ? Or le syndicalisme n'existe quasiment plus pour défendre l'ouvrier et le prolétariat. Le syndicalisme s'est mis au service des CSP+.
Art 25, 1. Toute personne a droit à "un niveau de vie suffisant" pour assurer sa "santé" et son "logement" et pourvoir à ses besoins alimentaires. Toute persone doit pouvoir assurer son gîte et son couvert.
25. 2. Protection affirmé de la maternité et de l'enfance. Or la protection de la maternité a été passablement mise à mal par les centres de planification familiale, qui enfreignent également le droit à la famille. Encore que la Déclaration parle d'"assistance" et non de protection. La Déclaration protège également le droit des "enfants (dits) naturels".
Art. 26-1. Droit à l'éducation, école élémentaire obligatoire et gratuite (ça fait très "troisième République", outre l'oxymore du droit obligatoire), accès aux études "supérieures" (on aurait pu écrire à l'enseignement universitaire) ouvertes au mérite, généralisation de l'enseignement technique et professionnel, amendement qui doit avoir été inséré sous l'influence des Ligues de l'enseignement, car c'est l'apprentissage qui est visé, et la transmission du savoir professionnel par l'intermédiaire d'un maître.
26-2. L'éducation comprend l'éducation aux droits de l'homme, cette précision tendant à se demander si cette éducation aux Droits de l'homme n'est pas l'essence de l'éducation et si l'éducation n'est pas le moyen pressenti par les rédacteurs de cette déclaration pour hâter la mise en œuvre des droits de l'homme. Dès qu'on légifère sur l'éducation, le soupçon de formatage des esprits se lève, et l'on se demande si la loi qui légifère sur l'éducation pour que l'esprit de cette loi soit inculqué, ne serait pas, engerme, une idéologie totalitaire, universalisant la démocratie comme système de valeurs et non come régime politique, et comptant sur l'éducation pour transmettre ses valeurs, d'où la légitimité non terminologique de la critique de l'idéologie de l'éducation à laquelle il faudrait préférer l'instruction, car une éducation non idéologique ne serait que de l'instruction, l'éducation à la citoyenneté étant laissée à l'appréciation des parents et des maîtres qu'auraient choisi ces parents. Il est plus facile à un enfant de se rebeller contre l'éducation que lui ont prodiguée ses parents que contre celle que lui a dispensée l'ensemble de la société. La déclaration évoque bien le rôle des parents, mais elle le limite au "genre d'éducation" au préjudice du contenu de celle-ci.
Art. 27. Arts, lettres, science, culture et propriété intellectuelle.
Art. 28-30. Les droits de l'homme se ferment sur eux-mêmes :
L'art. 28. rappelle un principe de bien commun pareil à celui que Saint-Paul énonce en disant qu'il importe que les "autorités de l'Etat" veillent à ce que les citoyens puissent mener une vie d'homme "raisonnable, juste et religieux" :
"Toute personne a droit à ce que règne, sur le plan social et sur le plan international, un ordre tel que les droits et libertés énoncés dans la présente Déclaration puissent y trouver plein effet."
Mais la finalité n'est pas la piété ou tel autre intérêt supérieur que l'individu aurait en vue, elle est la conservation de ces "droits et ibertés".
Art. 29.1. L'eoptique individualiste est encore plus nettement assumée : la seule fois qu'il est parlé de ses devoirs, l'individu a pleinement intérêt à ce que soit sauvegardé une "collectivité" tellement préoccupée de son bonheur et de son épanouissement. Où l'on se prend à se dire que la métaphore du grand inquisiteur (Dostoïevski) n'est pas si exagérée : "Je vous promets le bonheur pourvu que vous abdiquiez votre liberté." Pire, la Déclaration émet l'avis que seule, une communauté conservatoire des droits qu'elle n'a pas seulement proposés, mais sacralisés, rend ce bonheur individuel "possible" dans l'ordre politique. La communauté politique ainsi fondée est un "contrat social" dépourvu d'intérêt national.
L'art. 30 assume pleinementde ne tolérer aucune liberté pour les ennemis de la liberté :
"Aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être interprétée comme impliquant pour un Etat, un groupement ou un individu un droit quelconque de se livrer à une activité ou d'accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés."
Autrement dit, il n'y a pas de liberté d'association ni pour aucun individu qui serait, par principe, ennemi des droits de l'homme. Entre autres, on n'a pas le droit de considérer que les droits de l'homme transgressent un principe transcendent selon lequel il ne serait pas loisible d'édicter des droits de l'hommedans l'abstrait, mais on devrait envisager la dignité de l'homme du point de vue de sa condition de créature et de ses devoirs de piété, sinon envers un créateur, du moins envers la vie qu'il ne s'est pas donnée.
samedi 11 mai 2013
Les droits de l'homme et le décalogue
Pour rené cassin, les droits de l'home constituaient une laïcisation nécessaire du décalogue, ainsi que le note, en qualité de témoin et d'ancien collaborateur de René cassin, , André chouraqui, dans sa préface à son ouvrage "Les DIX COMMANDEMENTS AUJOURD'HUI, DIX PAROLES POUR RECONCILIER L'HOMME AVEC L'HUMAIN" (Robert Lafont), sans l'intention polémique de Jean Madiran, qui tire parti de cette volonté de laïciser le décalogue, qu'il a repérée lui aussi, pour appeler cette charte laïque de droits "les droits de l'homme sans dieu", Qui n'y est en effet jamais cité et n'en est au mieux qu'un référend indirect, dont les rédacteurs de la charte ont en outre "singé", selon le polémiste catholique, le mode de révélation législative. Or singer Dieu est l'oeuvre du diable, donc les droits de l'homme font oeuvre diabolique, d'autant qu'ils ajoutent à l'imitation la subversion de l'inversion, Dieu ayant édicté un catalogue de devoirs que l'homme a transformé en un catalogue de droits. De fait, André chouraqui constate que, pour cinquante-neuf occurrence du mot "droit" dans "La déclaration universelle des droits de l'homme", on en trouve une seule du mot devoir, pour souligner "les devoirs de l'individu envers la communauté" (art. 29). "Pourtant, ajoute André Chouraqui, si l'homme accomplissait ses devoirs élémentaires, dont les principaux sont précisément contenus dans les dix commandements, une déclaration concernant ses droits ne serait pas nécessaire."
On a demandé à rené cassin pourquoi il n'avait pas rédigé une déclaration des devoirs de l'homme parallèlement à celle de ses droits. La réponse de l'éminent résistant et juriste fut double :
1. D'abord René cassin impute le fait au contexte historique: "Quand on vient d'un état de négation des droits, les gens qui arrivent au pouvoir veulent proclamer leurs droits et non leurs devoirs."
2. Mais sous l'attention exclusivement portée aux droits, René Cassin assure que sont cachés les devoirs : "Le droit, c'est comme une enveloppe : il y a l'extérieur et l'intérieur.L'extérieur, c'est le droit du créancier ; l'intérieur, c'est l'obligation du débiteur. Seulement, ce n'est pas une obligation individuelle ordinaire d'un homme envers un homme, c'est une obligation universelle".
On peut contester que les devoirs de l'homme soient cachés en creux dans ses droits. Mais André chouraqui, à qui je dois ces citations de René cassin, sert encore mon propos d'une autre manière. Lorsqu'il résume la déclaration des droits de l'homme, il les désigne comme suit : "la primauté de la loi, de la liberté, de l'égalité et du devoir de fraternité envers les hommes."Sous sa plume, un quatrième tiers entre en scène : la LOI. André Chouraqqui est un homme du décalogue qui pense à la fois que le judaïsme s'est universalisé dans l'éthique qu'il a proposée au monde, et que l'homme s'homminise en devenant capable d'obéir à une loi et "responsable de ce commandement" (emmanuel Lévinas définissant la sainteté de l'homme) -. André Chouraqui n'est pas le premier à affiner la formulation des droits de l'homme : la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne nous en donne un autre exemple en les hirarchisant en "dignité, liberté, égalité et solidarité". Dans cette hiérarchisation européenne, la dignité devient le quatrième tiers qui occupe la première place dans la hiérarchie. "La dignité occupe dans la charte de l'Union Européenne la place qu'occupait "la loi" dans la reformulation de chouraqui. Il s'agit d'une nuance d'inspiration, "la dignité" étant devenue une des valeurs clefs de la doctrine sociale de l'eglise. Or, de même que "la loi" montrait que, sans une conscience de devoirs, la promulgation de droits de l'homme est purement déclarative, "la dignité" démonte la fiction d'un droit de naissance. Les homes naissent moins libres et égaux en droit, ce qui n'engage à rien, qu'il ne s'agit de reconnaître que chacun peut atendre des autres une reconnaissance minimale de sa dignité. Poser come non négociable cette moindre des reconnaissances a cet avantage sur la fiction juridique d'un droit de naissance : c'est qu'on s'élève avec réalisme au-dessus de la nature, qui serait enclin à répondre à toutes nos protestations revendicatives qu'aucun homme n'a droit à rien. Même à supposer qu'il n'ait en effet droit à rien, on n'en doit pas moins respecter sa dignité. Quant à la fraternité, la charte européenne ne sait tellement pas quoi en faire qu'elle ne la cite même pas. Elle n'ose pas dire que c'est un devoir, alors elle la transforme en un droit moindre, lui aussi vérifiable et plus facile à mettre en oeuvre : le droit à bénéficier de la solidarité de ses semblables, ce qui induit un devoir de solidarité, dans l'enveloppe plus transparente que n'était la déclaration universelle. André chouraqui ne s'embarrasse pas de telles précautions : dans sa nomenclature, il érige carrément la fraternité au rang de devoir et non dedroit. Il se permet ce glissement, parce qu'il a dû réfléchir au fait que la fraternité est le droit de l'homme qui se dérobe le plus au registre du "comander et obéir". Et en même temps, il est le droit de l'homme qui oblige le plus. Autant le faire sortir de la nomenclature des droits pour en indiquer la vraie nature, qui est d'être un devoir. La fraternité est donc le seul droit de l'homme qui ait un caractère opératoire réel, parce qu'il ressortit, non de la revendication protestataire, mais de l'obligation éthique.
dimanche 5 mai 2013
Le jugement qualifiant, le filtre névrotique et le surplomb de l'Esprit
LE JUGEMENT QUALIFIANT
Je me demande pourquoi on affecte toujours de ne pas émettre de jugement de valeur, et pourquoi on donne au "jugement" le complément de détermination "de valeur", comme si juger, ce n'était pas évaluer. Dire que l'on compte s'abstenir d'émettre tout jugement de valeur relève du subterfuge de l'hypocrisie qui n'assume pas d'avoir une hiérarchie intérieure et discriminative, c'est-à-dire intelligente (j'ai bien dit discriminative et non pas discriminatoire). Je pense qu'on progresserait dans l'abstention de juger si on s'en tenait à espérer ne pas émettre de jugement à caractère qualifiant puisqu'aussi bien, notre peur du jugement, d'où procède l'injonction des auteurs inspirés d'avoir à ne pas juger, procède d'une angoisse abyssale d'être disqualifiés ; sans compter que le péché originel, qu'on l'interprète comme un mythe ou comme une réalité quasiment littérale (cela n'importe pas ici), . n'a pas seulement eu pour conséquence d'obliger Dieu à entrer dans la distinction catégorielle, qualifiante et paradigmatique, mais il a pour origine la disqualification de la Parole divine, disqualification allant jusqu'à suspecter une perversion de l'interdit en soi, comme prélude à une transgression obligée.
LE FILTRE NEVROTIQUE
Peut-être vais-je émettre une hypothèse sacrilège, chef d'accusation dont je prétends me couvrir en n'assumant pas cette pensée comme ce que je crois, et en me contentant de lui assigner le statut de supposition ; mais quitte à être suspecté à mon tour de disqualifier la Parole divine, je ne puis m'empêcher de croire que la Parole où le christ assortit le refus de croire en Lui à la pénalité d'une condamnation ("Qui croit en Moi sera sauvé, et qui ne croit pas en Moi sera condamné", relève du passage de l'inspiration divine de la Parole incontestable au filtre névrotique de l'auteur inspiré qui en fut le canal de transmission et de réception. Cette peur de la condamnation joue sur le sentiment de culpabilité, dont la dérive pathologique montre qu'il s'agit d'un ressort qui saisit l'enfant au plus réactionnel de son cerveau reptilien, au même niveau que la peur de la disqualification, qui a plus de prise sur nous que celle du cannibalisme exercé contre nous. En efet, être mangé, c'est être assimilé, c'est donc exactement le contraire d'être disqualifié, cela caresse notre rêve de confusion heureuse au chaos du syncrétisme télépathique ou ou au paradis de la compréhension universelle. Le sentiment de culpabilité raisonné et qui arrive à ne pas céder à sa dérive pathologique est celui qui accepte de répondre de ses actes, qui lie la culpabilité éventuelle à la responsabilité et qui distingue la culpabilté réelle de la culpabilité imaginaire. Il faut certes peser ses actes devant dieu et, en morale pure, en morale de vie, accepter de confesser nos péchés devant les hommes pour les prier de bien vouloir nous en excuser, tout en n'en attendant le pardon que de dieu. Mais en morale de survie, c'est-à-dire en morale réelle, pratique, individuelle, il est souvent officieux de se mentir à soi-même, si on ne peut mentir à Dieu, et avantageux de mesurer ses excuses pour n'en adresser que si on est intimement convaincu d'avoir le plus grand nombre de torts objectivement répréhensibles. Mais ce lâche excursus sur la morale de survie ne devrait pas trouver sa place ici.
Otez la peur de la condamnation et le complexe de persécution – malheureusement élevé au rang de béatitude – de l'adhésion à l'evangile, et le salut cesse d'être épais comme un chantage pour s'approfondir comme le Mystère d'une nécessité intérieure.
Allez-vous me dire que je n'ai pas le droit de passer au crible de mon propre filtre ce qui relève du filtre de la psychologie de l'auteur inspiré dans le texte sacré ? Bien sûr, mais alors pourquoi demander aux musulmans d'expurger le Coran sans s'obliger soi-même, non pas à déclarer tel verset de notre Bible caduque, mais à s'interroger sur les conditions de production psychologique dudit verset, soupçonné par nous de caducité, attitude qui est à la fois beaucoup plus simple et plus intellectuellement honnête et rigoureuse que celle qui consiste à isoler une hypotétique "source q", distincte du diatesaron ou de la didakè, et, au regard de cette source postulée, de déclarer quelles Paroles de l'evangile sont authentiques et quelles paroles sont apocriphes. J'ajoute, moi qui me pique d'adhérer sans réserve à tous les articles de foi des différents symboles promulgués par l'Eglise, qu'à aucun moment, celle-ci n'établit de corrélation nécessaire entre adhésion au kérigme et conception de l'enfer comme directement subséquente au refus decroire, ou nécessité de la tribulation persécutrice comme confirmation du message. Cela m'autorise à envisagerque ces relations soient accidentelles.
Qu'est-ce qui reste de la foi quand on en ôte tous les aiguillons directs que sont la persécutions pour le temps et le chantage à la vie éternelle ? Rien en termes d'incitation directe à capitaliser du zèle à pêcher pour Dieu des âmes de pécheurs, mais tout en termes de nécessité intérieure et vitale, ainsi que de gratuité de l'annonce, d'une annonce quine reste pas silencieuse. La Foi rend "un son d'intériorité" à nos vies, soulevées par et à la Force de dieu. Qu'est-ce qui reste de la foi, "supplément d'âme" à notre vie naturelle et à notre condition charnelle ?L'essentiel, à commencer par la beauté du geste, que dis-je, de l'acte, à commencer par la beauté du croire qui est plus qu'un refuge et une chance : un choix, une orientation fondamentale, un "vouloir foncier".
LE SURPLOMB DE L'ESPRIT
Dans la mondanité de notre religion naturelle, nous nous laissons le choix entre l'hérésie confusionniste (je suis uni à la création par une télépathie générale qui abolit toute frontière entremoi et l'autre) et l'hérésie solipsiste, dont la traduction philosophique est que l'autre est un singulier limitateur de ma liberté, vis-à-vis duquel je suis situé à (ou dont je suis séparé par) une distance infrangible, distance qui devient même la condition de l'amour et l'alibi de celui qui s'enferme dans sa tour d'ivoire pour asséner de haut que l'on naît seul, on est seul et on meurt seul (comme disaient mon père ou le patriarche Job), alors qu'on naît avec l'assistance du maïeuticien-accoucheur, de la sage femme ou au moins du travail de sa mère pour nous mettre au monde ; on vit en conduite accompagnée, et on meurt, de préférence muni des derniers sacrements ou au moins, à défaut, assister des siens ou du personnel soignant qui nous aide à passer.
Or il y a une perspective alternative aux hérésies confusionniste et solipsiste, celle que le P. Jean schmuck m'a soufflée hier à la messe, (ainsi qu'à tous ceux qui y - /et en –participèrent)
1. L'Esprit nous habite en permanence, moyennant quoi nous ne sommes jamais seuls, quoi qu'il arrive, ce qui ne doit pas nous empêcher de rétablir des relations de voisinage réel avec nos prochains d'existence.
2. Mais l'Esprit habite aussi tout homme quenous rencontrons, que cela soit latent en lui ou pleinement manifesté à sa conscience, de sorte que, surplombant la télépathie générale qui n'est déjà pas une mince consolation, mais a des relents d'immanence cahotiques, il y a l'Esprit qui situe ces rencontres que nous méritons au ciel de l'hors espace-temps, celui-là seul où Règne le dieu Quia donné son sens à la Création.
L'esprit est en nous comme notre avocat auprès de dieu et, en tant que de besoin, comme l'avocat de dieu auprès de nous, Qui ne le laisse pas accuser par le satan, que la genèse appelait le serpent. Mais il est aussi plus prosaïquement un consolateur que nous ne devons pas contrister avec ingratitude.
L'esprit surplombe la télépathie générale pour nous éviter les impasses des hérésies confusionniste et solipsiste, voilà qui me permet accessoirement d'envisager avec moins de hauteur condescendante (la condescendance est une fausse distance) l'hypothèse émise par le P. Gustave Martelet (SJ, avec lequel j'ai eu le privilège de m'entretenir), que l'homme est entièrement et matériellement mortel, fort l'esprit, qui échappe à la mort parce qu'Il répugne à toute localisation cérébrale.
3. Mais le P. Jean Schmuck ajoutait autre chose : "Nous et l'Esprit-saint décidons ce qui suit… (ates 15:22). Cela devrait entraîner les croyants à faire plus de cas de l'esprit dans leurs assemblées délibératives. Mais la prise en compte de l'Esprit dans toutes les composantes et réalités humaines, y compris politiques, pourrait favoriser la mise en œuvre, non de ce que j'appelle avec un peu trop d'enthousiasme le providentialisme démocratique, mais de ce qu'il y a de providentiel dans la démocratie, qui est beaucoup plus qu'un moindre mal dans la prise a minima des décisions conservatoires du bien commun.
jeudi 25 avril 2013
Conseils à béatrice bourges...
Chère BB (puisqu'il est désormais ordinaire de vous appeler ainsi pour vous démarquer de FB "Facebook… ?"),
Bravo d'avoir émergé ou "remerciez Dieu de vous avoir choisi pour défendre cette cause" (mère Theresa) !
Mais permettez-moi de relever quelques erreurs dialectiques que vous faites selon moi, quitte à être trop long et dans l'espoir que vous me lisiez tranquillement :
1. Ne confondez pas "combat spirituel" et civilisation, qui est une organisation des biens naturels et des valeurs accumulées par une société.
2. N'oubliez pas que l'idée même de civilisation est devenue étrangère à l'évidence (ou aux "données immédiates de la conscience" de vos concitoyens : leur évidence est devenue individuelle.
3. Gardez-vous des oxymores comme "non violent et transgressif". Entre deux termes d'une dualité, il faut choisir le moindre.
4. Défendez la famille et le peuple sentant venir la famine, vous êtes en train de le dire, j'en suis heureux.
5. Suivez le conseil d'Henri Hude : si vous voulez mener un combat de civilisation et que votre mouvement s'enracine et perdure, capitalisez et catalysez à la fois le mécontentement des patrons de PME, le mécontentement social des ouvriers et des plus "précaires" pour l'ajouter au mécontentement anthropologique des adversaires du mariage gay.
Bien à vous et bon courage
J. weinzaepflen
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