jeudi 7 mai 2015
Le narcissisme
Le « moi » du narcissique que je suis est envahissant, quoique je sois un narcissique contrarié de l’être, comme je voudrais que soient tous les narcissiques : s’ils sont torturés par leur image, que leur image ne crève pas l’écranr !
Les narcissiques devraient vouloir disparaître, par romantisme et non par humilité comme les mystiques. La connaissance de soi des chrétiens dénature la connaissance de soi des philosophes, parce que la seconde est appelée à leur faire connaître « l’univers et les dieux » à travers le miroir qu’ils en sont, tandis que la première vise l’humilité, la connaissance du péché et, non la mort, mais la disparition du pécheur.
Par égalitarisme, les narcissiques devraient se demander s’ils n’occupent pas plus de place qu’il ne leur est échu par la justice distributive et la nature humaine, et s’ils n’enfreignent pas le fragile équilibre de la relation humaine, en occupant tout l’espace vital avec leurs problèmes existentiels. Les narcissiques devraient en rabattre parce qu’il est poli de s’effacer.
On reproche aux narcissiques de ne pas s’aimer ou d’avoir peur de réussir ou d’échouer. Mais on ne mesure pas les bornes légitimes de l’amour de soi ou de la peur raisonnable. (La peur ne se raisonne pas, mais la peur peut être raisonnable.)
On pouse les gens qui s’occupent des autres ou qui traversent une épreuve ou une phase de dévouement à davantage penser à soi. “Le moi” premier servi”.
ON décourage le sentiment de culpabilité sans se demander si ceux qui se font des reproches ont des raisons de ne pas se sentir innocents.
René girard reprochait à Freud d’être innocemment fasciné par les narcissiques absolu(e)s, comme l’individualisme reproche aux paranoïaques de l’d’avoir poussé dans ses retranchements.
Organisation et contemplation
J’ai du mal à m’organiser, oscillant toujours entre l’idée que tout est indigne del’activité humaine, qui ne se rapporte pas à dieu, la certitude du caractère indispensable de l’organisation en mettan au premier plan la prière que je fais rarement, et mon goût invincible de la diversion et du pas de côté, qui fait que mes journées ne se déroulent presque jamais comme je les avais planifiées.
Un jour, j’avais fait part de ces perplexités à un couple de voisins musiciens, dont luiétai chanteur lyrique et elle, une pianiste exceptionnelle. Je leur disais cela come nous parlions de musique amateur. Je leur demandais pourquoi les hommes s’occupaient de musique. Ils sont tombés des nues.
J’ai eu deux réponses hier soir, de deux ordres bien différens, moi qui m’étais entndu répondre par Franck à une question que je lui posais, par Franck qui est persuadé que je vis dans un labyrinthe et que je m’entretiens dans le plaisir d’y vivre :
« Me poses-tu cette question pour en entendre l’écho en moiou pour avoir une réponse ? » Sous-entendu, moi, Franck, je peux te donner la réponse, parce que je parle avec Dieu et parce qu’IL me répond, mais surtout parce que je conçois la prière et son extension, la conversation, comme un dialogue qui ne doit pas tourner à vide, mais qui doit entrainer, non pas une conversion de la part de celui qui prie, mais une réponse de Dieu.
A l’inverse (et je le disais encore à une catéchiste dimanche dernier, à qui je reprochais, dans les partages d’evangile qu’elle organise en vue des messes emmaüs, de trop recentrer les questions qu’elle invite les fidèles à formuler tout haut), je préfère le catéchisme de la question au catéhchisme de la réponse, le catéchisme par questions-réponses n’est qu’une anticipation peureuse de toutes les questions, à supposer qu’on n’en ait oublié aucune, que l’esprit corrosif ou “éveillé” du non croyant pourrait poser à celui qui a la foi. . Franck et moi avons beaucoup pratiqué ce catéchisme de la question, jusqu’à user les catachistes qui y croyaient. Nous mettions tellement la foi cul par-dessus tête pendant les séances de catéchèse auxquelles nous avions l’obligation d’assister, qu’il en fut un, Sandro, qui m’a dit un jour qu’il ne les oublierait jamais, car cela avait conforté son athéisme. Nous avons donc fait des athées bien que nous ayons toujours été, l’un et l’autre, Franck et moi, terriblement croyants. Heureusement que nous avons aussi permis quelques conversions, ou que nous avons filtré, laissé passé la Grâce de la foi pour quelques-uns, Nathalie m’a dit que je l’avais fait “entrer dans la foi”. . OU nous avons donné le désir de la foi. Le plus beau témoignage que j’en ai reçu fut public, publié sur le métablog par un Thierry qui, désignant l’abbé de tanoÜarn, maître des lieux et moi-même, nous demanda :
« eh Guillaume, eh Julien, on fait quoi quand on n’a pas la foi ? »
Il y a une manière d’organiser sa vie contemplative. Mais d’abord, il faut que je dise à quel point toute activité humaine qui n’a pas dieu pour objet me semble indigne. Cette indignité ne concerne pas que la musique amateur, elle s’étend à toutes les activités de reproduction et a fortiori de critique des chefs-d’œuvre ou des œuvres déjà produites. Tout mon malentendu avec les études et avec l’Université vient de là qu’à mes yeux, rien ne mérite d’être glosé si la culture qui est précisément cette glose, ne prend pas la mesure que gloser est un acte cultuel.
Ma question relative à l’roganisation portait sur le rapport au temps. Comment organiser son temps pour bien l’employer tout en ménageant à l’oraison la place qui lui convient ?
Je reçois par dame Glycéra, du “forum catholique”, qui ne savait pas que l’organisation m’avait perturbé ce jour, la réponse qu’y apporte François Malaval, aveugle et mystique marseillais du XVIIème siècle qui écrit ceci :
« Ainsi la contemplation, pour vous la définir de nouveau, est une présence fixe de Dieu. Je ne dis pas simplement une habitude, car les habitudes se trouvent même dans ceux qui dorment, et pour cela ils ne méritent rien, parlent en rigueur. Ce n'est pas non plus un exercice ordinaire qui ne se fait qu'à certaines heures et en certaines occasions. C'est un acte continuel qui n'est proprement que la multiplication d'un même acte, mais si doucement et si facilement produit par la force de l'habitude, que l'on dirait que ce n'est qu'un acte seul, comme on voit que les yeux produisent une fois le jour une infinité de regards, mais la facilité naturelle de regarder ne semble les rendre qu'un seul regard.
Aussi la contemplation est-elle un regard universel de Dieu présent. Je dis un regard, parce qu'elle est un acte de l'entendement qui est l'oeil de l'âme, comme la volonté en est le coeur. Le regard a cela de propre qu'il se fait en un instant, et qu'il sort de l'oeil sans effort, au lieu que la parole ne sort de la bouche qu'une syllabe après l'autre et ne frappe l'oreille qu'après une succession de temps. Le raisonnement de la méditation ressemble à la parole, il se forme d'une pensée après l'autre, et il est toujours dans une espèce de mouvement. La contemplation au contraire ressemble au regard, elle atteint son objet en un instant, et elle se repose dans l'objet, sans discours et sans pensée.
Extrait de : Entretien XII (La vie contemplative), La belle ténèbre
François Malaval écrit encore :
« Il n'y a aucun attribut de Dieu, Philothée, auquel on puisse réduire ce terme ineffable : "Je suis celui qui suis", ou "celui qui est". (...)Il n'y a donc rien, Philothée, qui nous exprime Dieu plus parfaitement et plus noblement que le silence. »
La première phrase reprend la théorie de la substance sans attributs (ou théorie des « dénoms » de dieu comme me l’a écrit le Croissant de lune), qui est à la base de la théologie apophatique et du jeu du Coran avec les quatre-vingt dix-neuf attributs de Dieu qui seront à jamais incomplets puisque leur manque le centième. Les musulmans ne veulent pas exprimer le centième attribut de Dieu comme les juifs cachaient le Nom de dieu dans Ashem et dans le saint des saints au Temple de Jérusalem. Quant à nous, les chrétiens, notre Loi se trouve dans un Nom, et ce transfert de la Loi au Nom (de Jésus) est censé nous affranchir, n’était cette ruse sémantique que dans ce « système en équilibre » qu’est la langue, la racine grecque de la Loi, nomos, est une extension du Nom.
L’identification de l’expression contemplative de dieu au silence, dans la seconde phrase de françois Malaval que je viens derecopier, est remarquable chez un aveugle qui, si je me prends pour étalon de la cécité, devrait avoir peur du silence.
François Malaval déclare presque bienheureux (d’une vision béatifique ?) ceux qui n’ont pas d’Image de Dieu. Naturellement, cela répond presque dérisoirement aux clercs des années 70 qui prétendaient répondre aux maîtres du soupçon qu’ils n’avaient fait le procès que de « caricature de Dieu « - Stann rougier « adorait » reprendre cette formule en boucle -. Mais j’ai aussi été consulter un thérapeute astrologue sidéral et karmique (« déliez-moi, mon dieu ») qui avait interprété un de mes rêves dont Dieudonné (qui travaillait chez nous et a largement contribué à notre déroute) était l’un des acteurs en suggérant que je rêvais de me donner mon dieu et que je ferais bien. Enfin, Jacques Lusseyran, résistant aveugle à qui Jérôme Garsin vient de consacrer une biographie, disait qu’il s’était toujours fait de l’amour « une grande image « et que ça lui avait permis de rencontrer et de toucher la femme avec des yeux multipliés par le nombre de ses doigts, mais jamais la femme qu’il aimait et encore moins l’amour, car l’amour ne peut pas se tailler ou se faire de grande image.
« Que Dieu paraît grand, Philothée, écrit François Malaval, à qui le connait sans images, qu'il est ineffable, qu'il est inestimable ! »
La contemplation est « une présence fixe de dieu » en qui nous demeurons de toute éternité. Ce qui rejoint la prédication d’Hervé, qui insistait sur cet aspect de l’invitation de Jésus à demeurer en Lui comme Il demeure en nous en disant qu’il ne s’agit pas de nous mettre à demeurer en Lui puisqu’Il demeure déjà en nous. IL ne s’agit pas de demeurer en Lui puisque c’est déjà ffait. Et il ne s’agit pas de nous donner notre Dieu puisque « revenir à Dieu », même pour qui « n’aime pas les déménagements », c’est retourner chez soi. Demeurer en Lui comme Il dmeure en nous, c’est faire un même usage du “comm” que dans “nous aimer les uns les autres comme IL nous a aimés”, sauf que la demeure ou l’assiette paraissent premières, tandis que, pour aimer, il faut accepter le crucifiement. Aimer est crucifiant où demeurer est naturel. Mais qu’Il demeure en nous avant que nous demeurions en LUi, avant que nous prenions la décision de nous unir à Dieu, voilà qui contrarie nos plans, car “le château intérieur” est déjà construit, et nous croyons que l’aventure humainne, que l’aventure mystique, c’est de construire notre demeure, alors qu’il s’agit de demeurer, etde ne pas céder à l’invitation au voyage si nous voulons “partir” pour aller vers nous-mêmes.
La brouille des le Pen analysée et condamnée par le croissant de lune
Voilà quelques définitions justes si on prend ce qui se donne à voire, pas ce qui devrait être mais qui n'est jamais. Le patriotisme qui a tué le père? Est-ce que le public frontiste et plus largement le public Français de souche autochtone aurait une morale nouvelle qu'on ne connaît pas? J'ai du mal à m'y faire, que les frontistes supposés être plus conservateurs que d'autres ne trouvent pas inesthétique et scandaleux ce qui s'est produit. Soit c'est authentique, donc une vraie brouille et la fille chasse le père, soit c'est pire encore si c'est un scénario plus ou moins un callevas connu d'avance, c'est plus scandaleux je dirais que Charly-Hebdo. Donc, la notion de père et de chef est piétinée par ceux-là même dont on croyait qu'ils seraient les derniers à la faire vivre? Et la famille dans tout ça?
Quand je te disais que la France actuelle est dénaturée, tu objectais que non, le porc sera toujours remplacé dans les cantines parce que c'est une vieille tradition, mais vois toi-même. La fille qui chasse le père, au Front, où donc ailleurs survivrait un peu de tradition? Tiens, certains conjecturent que peut-être le président du Front s'est posé la question de la conversion, en tout cas, il est sûr qu'il a lu une traduction Coranique, ça s'entend dans certaines formules de ses discours. Comme il est faible en apparence, le parti des gens du sens en France! Tout vient en aide au non-sens, même le front.
Croissant de lune
mardi 5 mai 2015
Quelques définitions des catégories faisant référence dans la cité divisée
L'antiracisme, c'est l'altérophilie sans l'autre. C'est la fascination de l'étranger dont on nie les origines alors qu'on ne voit qu'elles.
Le socialisme, c'est le culte de la société impersonnelle, c'est la vibration intellectuelle du cœur pour la solidarité sans spécificité de demande ou de situation, C'es la dimension solidaire de la charité dénuée de sa transitivité transcendentale, divine ou personnelle.
Le républicanisme, c'est l'appropriation de "la chose du peuple" par une idéologie caractérisée par l'affirmation de valeurs non définies.
Et enfin, depuis hier soir, le frontisme, c'es le patriotisme qui a renié le père.
vendredi 1 mai 2015
L'individualisme, un aristocratisme contrarié
Par essence, l’individualisme des individus est aristocratique puisque tous les individus rêvent de célébrité, chacun rêvant d’une célébrité à samesure et convenance : la créatrice de mode rêve de faire les plus beaux modèles et la tête politique d’imposer son pouvoir. Tous les individus rêvent de célébrité, c’est-à-dire que tous sont mégalomanes et de ce fait paranoÏaques. Tous ont un préjugé de classe.
Or l’individualisme est une façon d’être née de la démocratie faite pour des aristocrates de perception de soi. Le sentiment aristocrratique est donc ce à quoi renoncent les individus dans Le contrat social pour laisser libre cours à « la République des égaux » et des egos arc-boutés et voûtés dans les standards de l’impersonnalité.
Marine le Pen, ou comment la Jeanne d'Arc dynastique s'est brûlée les ales en vendant son père
LA FILLE ARC A TUÉ « PAPA JEAN » (contexte mulhousien)-MARIE(NE),
LA FILLE NE A TUÉ PAS
(Histoire d’une négation),
LA FILLE ARC A TUÉ LA FLECHE
ET LE ROI LEAR A TUÉ CORDELIA
Jean-Marie le Pen voulait être Shakespeare ou rien. Le roi Lear ou le moins-disant des lyriques. Le pire des pères ou le plus pariat des déshonorés. Par la plus ingrate engeance des déshérités de « la République des fils à papa ».
Marine le Pen est une patriote parricide.
Somée d’être promue à la tête de son parti, à condition de renier celui sans qui elle ne serait ni sur cette terre, ni à sa tête.
Sommée de le renier par des révisionnistes du lien de filiation au nom de la mémoire.
Au motif que le plébéien tribun géniteur de la patricienne patriote se serait rendu coupable d’un crime, non de négation(ni[c]m, Estrosie Christian) ni même de révision(isthme de Suez, Ferdinand exterminateur ), mais de rehiérarchisation historique, pour avoir dit que :
« Les chambres à gaz sont un détail de l’histoire de la seconde guerre mondiale, à moins de considérer que la seconde guerre mondiale est un détaille de l’histoire des chambres à gaz. »
mercredi 15 avril 2015
Le sens de la Grâce
On passe toute sa vie à se poser certaines questions, notamment à se demander, pour moi, ce qu’est la grâce. C’est une notion théologique centrale de la foi chrétienne et pourtant, c’est aussi une notion étonnamment floue.
Lorsque je me suis enquis de ce que c’était, quelqu’un m’a répondu que la Grâce, c’était ce qui jaillissait du Cœur de dieu, du Cœur de Jésus, du Sacré-Coeur.
Or hier, je ne sais plus à quelle occasion, j’ai réalisé que la Grâce avait d’abord son sens premier, celui que l’on retrouve dans le droit de grâce, la grâce présidentielle, etc. Dieu fait grâce, c’est-à-dire qu’il nous élargit de la culpabilité ou de la dette qu’on a contractée à la naissance du fait de notre culpabilité devant Lui… La Grâce nous est donnée gratuitement par rapport à une dette que l’on a contractée sans rien avoir acheté. Et pourtant, il s’agit d’être racheté de cette dette que l’on ne peut pas acquitter.
Supplément au sens de la Grâce :
Au fond, je crois que j’ai trouvé, eureka
La Grâce, c’est la rémission des péchés. Le credo devrait dire : « Je crois en la Grâce (au lieu de « la rémission des péchés « , puis) en la résurrection de la chair (dont la peine de mort serait commuée).
Et la foi chrétienne est une foi qui naît de l’espérance. Dans la hiérarchie des vertus, l’espérance est première en temps, mais c’est la plus faible des vertus. L’espérance naît de la douleur de perdre et fait naître la foi,, laquelle peut transporter des montagnes, tandis que la charité peut renverser la foi.
Dans la Foi chrétienne, la Rédemption précède la Création. On a besoin d’être régénéré avant de dégénérer. Mais de quoi a-t-on besoin d’être sauvé, si le péché s’opposant à la Grâce et n’étant synonyme que de transgression, c’est une règle que le Dieu Créateur aurait pu changer ?
Pourquoi la foi chrétienne ne fait-elle que commuer la peine d’être créé ?
dimanche 22 mars 2015
Analyse à chaud du premier tour des élections départementales
Le relativement faible résultat du front national prouve que les électeurs répondent à la question qu'on leur pose et ne confondent pas élection locale et élection nationale.
Les sondeurs se sont trompés une fois de plus et ne font aucun mea culpa.
Marine le Pen réagit à contre-emploi en demandant la démission de Manuel Valls alors que sa stratégie a payé.
Jean-Luc Mélanchon a formulé un mauvais diagnostique en pensant que la soirée électorale était jouée d'avance, mais a eu raison de dénoncer que cette élection était artificiellement construite autour du front national.
Ces départementales marquent la victoire des candidats solides sur les candidas fantômes.
Liberté et libéralité
J.P. Battus, évêque auxiliaire de Lyon et à l'époque curé de sainte-Jeanne de Chantal après avoir été curé de Saint-Séverin où je l'ai rencontré, disait préfèrer le langage des repères à celui des valeurs.
Quant à moi, je préfère le langage des qualités à celui des vertus.
La générosité est une qualité, le courage est une vertu.
Je préfère que l'on soit généreux plutôt que courageux.
La libéralité est l'autre nom de la générosité.
La liberté est plus qu'une valeur, elle est un droit et une aspiraation.
Elle est aussi un don de dieu fait à sa créature et à la condition humaine.
Eh bien la libéralité compte autant que la liberté.
Par un hasard de la sémantique, le libéralisme économique est l'antilibéralité.
Mais le libéralisme moral est la garantie de la dignité individuelle.
Par "libéralisme moral", j'entends non seulement la reconnaissance du relativisme comme convenant à la condition de l'homme, être relatif par opposition à Dieu, Etre absolu, mais aussi la reconnaissance du libre arbitre comme capacité responsable de l'homme à se déterminer, y compris face aux impératifs catégoriques éventuellement fixés par la Transcendance, aux "lois ontologiques", aux "lois de Dieu" ou à la "loi naturelle".
La liberté n'est pas prométhéenne en principe, mais elle contient le pouvoir de voler le feu et le devoir de déterminer si on va le faire ou se laisser diviniser par le Feu de l'Esprit planant sur les eaux primitives.
mercredi 18 mars 2015
Réponse à Philippe Bilger qui défend les atteintes aux libertés individuelles du pouvoir socialiste et les mesures exceptionnelles d'espionnage universel de ses administrés
En écrivant entre autres :
« Ce n'est pas un Patriot Act à la française ».
« avec ses avancées pour un état de droit qui ne serait
pas que le bouclier des criminels, » Et encore :
« mais je ne verrais pour ma part aucun inconvénient à ce qu'une philosophie générale de rigueur et d'utilité sociale inspire l'univers de la criminalité et de la délinquance ordinaires. Un criminel ne se distingue du terroriste que par le mobile. Les ravages que l'un et l'autre engendrent sont d'une nuisance équivalente.
En tout cas, il est clair qu'il ne peut pas y avoir, au sein du gouvernement, une sévérité admise à l'encontre du terrorisme d'un côté et une mansuétude dogmatique de l'autre au bénéfice des transgresseurs de toutes sortes ».
Son article est consultable à cette adresse: http://www.philippebilger.com/blog/2015/03/quand-ils-veulent-ils-peuvent-.html :
Monsieurle magistrat honoraire,
On peut vous pardonner de raisonner en ancien procureur
général en trouvant bon que le Présiden de la République et le premier minisre
jouent les Bush à la française. Le premier le fait depuis le début de son
quinquenna avec le même air ahuri que l'ancien Président des Etats-Unis. IL le
fait en s'étant engagé dans deux guerres, le Mali et le Centrafrique, puis en
ayan devancé l'appel en proposant ses
services en Sirie, services qu'il est si dépité de s'être vu refusés qu'il punit
les djihadistes d'aller chasser le Bachar à sa place.
Hollande est un Bush un peu caniche. Quant à son premier
ministre, il ne construit son audience et son autorité que sur la désignation
des ennemis de la République. Avec une trouvaille inédite faite par ce
communiquant sur les charbons ardents: c'est que celui qui devrait assurer la
sécurité du pays se vante d'être un angoissé et revendique une prime à la peur.
Ce sécuritaire qui a peur sait qu'il va perdre les prochaines élections et fai
de cette défaite annoncée un matelas pour ne pas être sanctionné et démis de
ses fonctions, alors même qu'il ne doit
d'avoir été nommé premier ministre qu'à
une précédente défaite électorale, à l'issue de laquelle il avait intrigué pour
paraître un rempart contre la spirale de l'échec.
Vous raisonnez en procureur, donc on n'est pas forcé de vous
croire quand vous prétendez que les dispositions sans précéden qui se préparent
ne seront pas un patriot act à la française. ON peut excuser lancien défenseur
de la société de ne pas sentir l'inanité de la guerre contre le terrorisme et
de l'étendre à la guerre contre la criminalité en faisan sauter, dans votre
enthousiasme, la distinction entre criminel et terroriste. La facilité avec
laquelle vous réussissez à votre insu ce qui n'est pas un tour de force
juridique démontre au passage que le terroriste n'est jamais qu'un criminel de
droit comun qui a des mobiles politiques. Ce n'es pas un guerrier, donc il est
inepte de lui faire la guerre. Si l'on vous suivait, ce ne serait plus la
Justice qui punirait le crime de droit commun et le crime de terrorisme, mais
on serait en état de guerre perpétuelle
en luttant contre des ennemis invisibles
et conceptuels au lieu de lutter contre des Etats rivaux.
Le plus cocace est que les mesures de surveillance
universelle et sans précédent que vous soutenez sont prises après qu'on a
révélé dans l'indifférence générale et l'apathie de nos gouvernemens que les
Etats-Unis ont espionné le monde entier, à commencer par leurs alliés au plus
haut niveau de leurs Etats. Ce qui aurait dû être traité en water gate à la
puissance mille (on en a fait plus pour les écoutes amateuristes de Nixon que
contre cet acte de guerre mondiale) s'est 'abord transformé en une réanimation de l'épouvantail de la
méchante Russie et du climat de guerre
froide qui ne demandait qu'à être réchauffé. Il semble à présent que, puisque
nos gouvernants sont impuissants à ne pas être espionnés, ils se vengent en
mettant leurs administrés aux écoutes avec votre bénédiction.
samedi 14 mars 2015
Le portable
Alain Fiknkielkraut évoquait à l’instant le téléphone
portable en disant de cet objet que « les jeunes se sentent de plus en
plus mobiles, de plus en plus nomades, c’est un enracinement comme un
autre. »
L’objet « portable » a connu une vogue qui pourrait
passer pour inexplicable. Il a transformé la conversation en rendant possible
le don d’ubiquité. On peut grâce à lui faire plusieurs choses à la fois et
continuer sa vie privée à côté de ses voisins. IL a tué la photo d’art en
formatant la photo et en faisantd’elle un objet calculable et prévisible. Il a
fait de tous ceux qui le possèdent des producteurs d’écrit et d’images. Il hâte à la fois l’oralisation et est
l’instrument par lequel l’écrit échappe à sa mort annoncée. On écrit presque
plus de mails qu’on ne téléphone pour se dire des choses importantes. Le
portable est un nouveau totem parce qu’il est un téléphone miniature, qui
symbolise la contraction de nos existences en ses figuries. En littérature, il contribue
à la réduction du livre au texte et du texte au message. En économie, il prouve
que le libéralisme est un délit d’initiés. L’entente, puis la mésentente des opérateurs
ont successivement conduit à une inflation et à une déflation sans équivalent
du prix de la téléphonie.
« Le nomade », « le mobile » « est
un enracinement comme un autre ». La
formule est équivoqlue et construite sur un oxymore inconséquent chez un
philosophe, mais excusable car inventé dans l’oralité et la précipitation de la
conversation. Ce philosophe de l’enracinement ne veut pas se fâcher tout à fait
avec son époque en inscrivant le nomade dans le champ desa passion identitaire.
Mais cette formule un peu maladroite dit une chose eintéressante : le
portable prouve que l’homme n’est plus enraciné dans la nature ni même dans la
culture, mais dans la technique, dans l’objet informel et dans l’information. L’homme
est devenu un être ondulatoire.
Alain Fiknkielkraut évoquait à l’instant le téléphone
portable en disant de cet objet que « les jeunes se sentent de plus en
plus mobiles, de plus en plus nomades, c’est un enracinement comme un
autre. »
L’objet « portable » a connu une vogue qui pourrait
passer pour inexplicable. Il a transformé la conversation en rendant possible
le don d’ubiquité. On peut grâce à lui faire plusieurs choses à la fois et
continuer sa vie privée à côté de ses voisins. IL a tué la photo d’art en
formatant la photo et en faisantd’elle un objet calculable et prévisible. Il a
fait de tous ceux qui le possèdent des producteurs d’écrit et d’images. Il hâte à la fois l’oralisation et est
l’instrument par lequel l’écrit échappe à sa mort annoncée. On écrit presque
plus de mails qu’on ne téléphone pour se dire des choses importantes. Le
portable est un nouveau totem parce qu’il est un téléphone miniature, qui
symbolise la contraction de nos existences en ses figuries. En littérature, il contribue
à la réduction du livre au texte et du texte au message. En économie, il prouve
que le libéralisme est un délit d’initiés. L’entente, puis la mésentente des opérateurs
ont successivement conduit à une inflation et à une déflation sans équivalent
du prix de la téléphonie.
« Le nomade », « le mobile » « est
un enracinement comme un autre ». La
formule est équivoqlue et construite sur un oxymore inconséquent chez un
philosophe, mais excusable car inventé dans l’oralité et la précipitation de la
conversation. Ce philosophe de l’enracinement ne veut pas se fâcher tout à fait
avec son époque en inscrivant le nomade dans le champ desa passion identitaire.
Mais cette formule un peu maladroite dit une chose eintéressante : le
portable prouve que l’homme n’est plus enraciné dans la nature ni même dans la
culture, mais dans la technique, dans l’objet informel et dans l’information. L’homme
est devenu un être ondulatoire.
mercredi 11 mars 2015
Manuel Valls, caractériel et fragile
Hollande n'a pas de caractère et Manuel valls est un caractériel.
Comme tout caractériel, il est fragile.
Pour rassurer son premier ministre, Hollande a dû accepter la démission de tout son gouvernement, puis l'assurer qu'il ne quitterait pas Matignon avant la fin du quinquennat, ce qui ne l'empêche pas de dire qu'il prend tous les risques bien qu'il n'en coure aucun.
Quand il n'éait pas sûr d'avoir la majorité pour faire voter la loi Macron, il n'imagine que de recourir au 49-3. Il est fragile.
Maintenant nous avons droit à ses angoisses: ce premier ministre fracassé a peur que son pays ne se fracasse... Seulement il y a une chose que je ne comprends pas.
Ce premier ministre caractériel et fragile était aussi un chef de gouvernement fragile dès sa nomination, il n'avait pas de majorité et il n'avait que des ennemis.
C'était à la fois the right man at the right place et le seul homme qu'il ne fallait pas nommer à ce poste.
Qu'Hollande fasse la seule chose à ne pas faire, nommer Manuel Valls dont le seul nom suggérai qu'il pourrait valser, on y est habitué.
Mais où sont passés tous ses ennemis? Les catholiques de "La manif pour tous" trop heureux de lui voir pratiquer une politique d'austérité, les frondeurs que domine la logique des appareils, les écologistes, les dieudonnistes...
Or Manuel valls est toujours à son poste. Il ne tient d'y persister qu'à ce que tous ses ennemis ont peur de le renverser. Ses ennemis seraient-ils encore plus poltrons que lui?
lundi 9 mars 2015
Daniel Schneidermann ou l'insignifiance médiatique bien emballée...
Je viens d'écouter Daniel Schneiedermann qui lui-même vient de produire un livre en ligne et sur papier sur les suites de l'attentat contr"Charlie" et sur l'esprit du 11 janvier: "On n'a pas fini de rire", on ne sait pas si c'est de tout, mais pas avec n'importe qui ou si ce n'est pas de tout avec n'importe qui, Daniel Schneidermann n'est pas Pierre Desproges...
L'impression que me donne ce journaliste je ne pense rien, je n'ai rien à dire, je ne le dis même pas très bien, mais je le dis avec beaucoup de volubilité.
Or si je n'ai rien à dire, pourquoi Est-ce que j'ai le droit de le dire?"
Daniel Schneidermann avoue avoir changé d'avis tous les jours à propos de ce douloureux épisode. IL avoue avoir écrit qu'il considérerait comme ses ennemis personnels ceux qui ne ressentiraient pas de l'indignation contre cet attentat. Puis il avoue avoir regretté qu'on les emprisonne.
IL a pensé, manifesté et maintenant il écrit dans "l'emballement médiatique" qu'il a critiqué dans un précédent livre tout en ne cessant d'y céder lui-même. Son livre contre "l'emballement médiatique" ne lui a donc rien appris. Mais Daniel Schniedermann est un critique reconnu des médias. C'est un clerc, au demeurant incapable de trahir puisque pour trahir, il faut avoir un camp et Daniel Schneidermann ne sait pas quel est le sien.
dimanche 22 février 2015
Critique musulmane du roman de Houellebecq
faite pendant lecture par le croissant de lune.
Torrentiel, mes premières remarques déçues s'agissant d'un roman qui s'est beaucoup vendu, et d'un auteur à qui tu prêtes beaucoup, "On ne prête qu'aux riches". (NDLR (comprendre du torrentiel): je ne prête pas gran-chose au romancier, si ce n’est une écriture blanche. J’ai davantage d’estime pour le poète.
Je n'ai pas trouvé de préface, j'ai cru comprendre que l'abbé a préfacé le livre, à moins que ce ne soit au contraire une postface, on verra à la fin, donc. Ou bien la version n'est pas intégrale, savoir... (NDLR : il s’agit d’un malentendu. L’abbé de tAnoüarn n’a ni préfacé, ni post-facé le roman “soumission” de Houellebecq, il l’a reçu en service presse et en a dressé une critique élogieuse avant sa parution). J'en suis arrivé quand-même au document 16 du fichier, sur environ 44, deux heures de lecture au moins. (NDLR: le Croissant de lune lit le llivre dans le format Daisy, d’où sa division en un certain nombre de fichiers.)
J'ai bien reconnu le style de l'auteur qui n'est pas Cicéron, stéréotypé dans son genre, et il n'est pas le seul à écrire de cette facture-là, il y a du stéréotype dans la... libre-pensée... Mes soupçons et doutes s'agissant du plagiat ou plutôt de la marque de fabrique ou de la familialité avec Yasmina Khadra se confirment, je ne dirais même plus comme avant, que Khadra pompe sur Houellebecq, je n'exclues pas qu'ils aient tous les deux, probablement avec d'autres, un rédacteur clandestin commun. La proximité est trop importante pour ne pas former ce soupçon, ou cette quasi-certitude. C'est tiré au cordeau, c'est trop planifié d'avance, le roman semble trop écrit, du talent peut-être, mais pas de génie, pas de singularité en tout cas. Le style général ressemble au style que prennent des journalistes qui font un récit romancé ou un roman inspiré de faits qu'ils commentent, c'est un style courant, supérieur au roman de gare quand-même, mais ça reste de la fiction peu inspirée. En gros, il me semble que si ton abbé n'en était pas, tu en penserais peu de chose (NDLR : j’en pense peu de choses et je ne suis pas un thuriféraire de l’abbé de tAnoÜarn, c’est seulement quelqu’un avec qui j’entretiens un dialogue régulier sur la toile), et concernant l'abbé, le fait de collaborer à un roman qui est à l'évidence destiné à rapporter de l'argent, c'est par amour des biens terrestres, c'est révélateur je dirais du peu de rigueur intellectuelle de l'abbé et partant, l'un allant avec l'autre, de sa faible rigueur morale personelle, j'insiste.
Le personnage principal du roman est un prof de la faculté de la Sorbone, pédant et méchant à souhait, qui parle à la première personne de lui-même, dès le premier chapitre il affirme qu'il n'aime pas les hommes et que sa carrière il la vit avec dédain, on croit reconnaître Houellebecq lui-même, haineux et dédaigneux du genre humain.
Les faits se situent après le deuxième quincainat du président normal, pardonnes-moi du peu, si Houellebecq a raison, on rempilera pour cinq ans, avec ou sans cohabitation, la chose n'est pas explicite. Mais à écouter le livre, j'ai l'impression qu'il parle d'un avenir au présent, je n'ai pas l'impression de voyager dans le temps, à part quelques trucs assez rebattus, je dirais que le roman est anachronique. Je ne trouve comme nouveautés que ce qui est dès maintenant en tendance, y compris sur le plan technique, la vie Parisienne du quartier concerné semble à l'abri des plus grandes catastrophes, effondrements économiques d'importance, troubles civils qui vont jusqu'à des combats et fusillades non médiatisés en pleine capitale, troubles devenus banals, je ne sais plus entre qui et qui. Enfin si, il est donné à entendre qu'ils opposent des gens dits "Identitaires" à des Musulmans.
Si je voulais, dès maintenant, oh, mais je veux bien pointer des incohérences. Aucun grand changement international n'aura eu lieu d'ici sept ans, Dubbay existe encore puisqu'il est question d'y créer une filiale de la Sorbone sauf si c'est déjà fait, le Qatar est toujours un gros client ou investisseur, la Chine bien entendu se taille la part du lion, préférée de l'auteur pour la raison que la Chine actuelle n'est pas Muslim. En gros, ça ressemble au ressenti actuel d'un bourge réac et méchant, comme Houellebecq, mais il n'y a pas de prophétie touchant à l'international.
Curieusement, le personnage du roman est spécialiste du dix-neuvième, et byzarement, une date est souvent citée, 1874, c'est l'année ou un auteur a polémiqué sur l'éventuelle arrivée d'un président Juif de la république Française, clin d'oeil qui donne un peu d'épaisseur au propos mais juste un peu. Donc, c'est de l'avenir anachronique et un peu du passé.
Qu'arrive-t-il de grave, d'important? J'ai l'impression désagréable que le personnage qui se raconte, ne se plaint que des changements qui le concernent, ce qui touche à son quotidien et son confort, en bon cynique. Mon impression est que le face-à-face du premier tour et du second ne se fait pas tant entre le candidat de la "Fraternité Musulmane" et la fille du torsionnaire, c'est plutôt avec le personnage Houellebecq que le candidat s'affronte, en filigrane. En effet, il y aurait du sens pour ceux qui sont capables de le décrypter, la défaite du nihilisme devant ce qui en principe est l'idéalisme ou le sens, ou l'utopie.
Le reste semble être de la propagande, il y a tractation entre la "Fraternité" et le PS vaincu, s'agissant du report des voix, déjà c'est bidon, mais en plus, les pourparlers achoppent sur quoi? Sur des questions sociétales, style mariage Musulman reconnu par le système social etc... A mon avis, c'est déjà le cas, donc je ne sais pas sur quoi on achoppe. Le plus drôle, c'est que le mariage "Musulman" proprement dit n'existe même pas, ou bien il est juste un mariage civil. C'est dur à croire, mais ce qu'on apelle aujourd'hui "Mariage Musulman" est une nouveauté empruntée. Le pli s'est pris de faire des soitdisant mariages à la mosquée, ce ne sont pas vraiment des mariages en fait, je me demande si cette mode n'a pas commencé en Europe pour s'en aller jusqu'en Afrique Noire, on parle même d'une mosquée Suédoise qui célèbrerait, si on veut, des mariages entre femmes ou entre hommes... Tout ça n'existait pas, personne n'avait besoin de la mosquée pour se marier, là il y a un vrai plagiat, je comprends même pas qu'on fasse des trucs inutiles, sauf si ça rapporte un peu à des desservants, mais bon, le non-sens s'installe un peu partout en fin de compte. En Islam, il n'y a que l'union, pas de mariage religieux au sens plein du mot, c'est pour dresser et fixer par écrit les droits et devoirs réciproques qu'on avait et on a recours à un notaire qui ne fait que dresser le constat de l'union en cours et vérifie des choses comme le versement du douaire de la femme, etc. Donc, selon le roman de Houellebecq, les pourparlers sont rallentis parce que la "Fraternité" insiste pour que les mariages Musulmans soient pris en compte par le système social, sans pour ça être validés par l'état civil, je ne vois pas où est le blocquage, c'est ce que la loi Française actuelle permet dès maintenant. Je ne sais pas, mais le romancier ne semble pas connaître son sujet. Il y a d'autres petites grandes chicanes touchant à l'enseignement et à l'école qui cesserait d'être laïque pour devenir Islamique avec des stéréotypes dans la formulation et tellement de superficialité qu'on se demande bien ce que contient vraiment ce changement Islamique de l'enseignement à part les rejets du romancier.
Pour l'instant, j'ai l'impression que ça tombe à côté. Houellebecq donne longue vie à ce qu'il nomme "salafisme", franchement, d'ici sept ans, je n'y crois pas. D'ailleurs il est mauvais Sioniste, parce que le "salafisme" qui se dit salafisme est un piétisme tellement apolitique et résigné que le mouvement Sioniste le cite en exemple, bien qu'il les traite à distance, du bout de la baguette. Selon moi, cette vague apparemment apolitique mais en réalité résignée et attentiste va cesser d'être d'ici peu, plus personne ne se proclame plus "salafiste" sauf des idiots qui n'y connaissent rien. Dans sept ans d'ici, l'évolution est fédérative, basique et fédérative, aux fausses dissensions succèdera un temps fédératif, et ça s'impose, question de sauver sa vie, instinct de survie que le Musulman connaît comme tout autre, sauf les extra-terrestres, je ne suis pas allé voire. L'évolution dont je parle est déjà en cours, peu importe qu'elle soit peu visible, l'invisible compte autant que ce qui se voit le plus, davantage même.
Autre exemple d’invraisemblance que l’abbé aurait dû repérer: le candidat n'a rien de plus pressé que de remettre la femme au foyer, il est élu sur un projet sociétal et non plus sur un projet économique. Il n'est pas exclu que d'ici sept ans, la situation démographique deviendra inquiétante, angoissante même, quand on commencera à mieux percevoir qu'aujourd'hui ses conséquences économiques. Mais cette idée de la femme au foyer est franchement un fantasme bourgeois quand on y pense, la femme du peuple travaille quand il y a du taf, Musulmane ou pas, la femme au foyer est une image d'épinale. Et ça ne correspond même pas à des exemples réels d'expérience politique Musulmane d'aujourd'hui, la Turqui de l'A-K-P, c'est plutôt que la femme et l'homme travaillent plus et mieux qu'avant. Mettre d'office la femme au foyer, ça ressemble aux préjugés de Houellebecq et bien d'autres, ça ressemble au passé d'une bourgeoisie Française. Impossible qu'un candidat soit élu autour de ces seules mesures qui n'ont pas de pertinence. Le sociétal pur compte beaucoup pour les gens qui ne manquent de rien, à l'abri du besoin, comme Houellebecq, son personnage narrateur et hélas, l'abbé que je soupçonne ou que je suppose être d'extraction bourgeoise et oisive. Mais c'est qu'à force de parler tout seul on finit par avoir raison, voilà comment se conduit la France officielle d'aujourd'hui, elle se parle à elle-même, débats parfois trucqués, jeux de rôle, préjugés grossiers.
(NDLR à propos du sociétalisme :
Le sociétalisme est un refuge du catholicisme, un fait que je réprouve et ai toujors réprouvé. J’écoutais cette nuit avant de et pour m’endormir une émission où, le recul aidant, certains militants de “la manif pour tous” analysaient pour la première fois avec honnêteté le mouvement qui les avait fait naître à la politique et aussitôt vu s’enfermer dans une impasse. L’un des intervenants (c’était la remarque la plus profonde) disait qu’on savait ce que les catholiques (il est très inclusif) pensaient sur le plan sociétal, mais que, sur le plan économique, ils n’avaient pas choisi entre libéralisme et étatisme, si ce n’est de répéter que l’économie devait être au service de l’homme ; de même que, sur le plan de l’identité, ils n’avaient pas choisi entre le nationalisme et l’universalisme. Là encore, c’est une idée que j’ai souvent déclinée sans trouver cette synthèse. Il importe que les catholiques se prononcent d’abord sur les deux dernières questions. Au lieu de quoi ils excitent leur obsession sexuelle inversée contre l’inversion sexuelle et un acte civil de mariage homosexuel. Quant aux musulmans, ils sont confrontés du fait de la précarité dont ils souffrent en général à des questions trop directement économiques pour tomber dans l’obsession du “sociétal d’abord”. Houellebecq tombe à côté de la plaque, exactement comme dans l’affaire du mariage religieux prononcé à l’étranger dont il se produit en réalité qu’il est reconnu et enregistré par l’état civil français.)
Mais en gros, donc dans la bataille entre l'Islam et le nihilisme, c'est le nihilisme haineux qui perd. Pareillement, et là je suis bien d'accord, s'il y a grande tension entre les "identitaires", gens sans vraie doctrine ou idéologie avec des Musulmans, au final, les identitaires ne l'emportent pas, auraient-ils accès à meilleures armes, sauf si le gouvernement leur prête mainforte. Le romancier aigri, est résigné à certaines pertes de la bourgeoisie présente et des identitaires, j'aime cette résignation, elle me semble conforme à ce qui est prévisible, c'est un scénario recevable. Qu'y a-t-il de surprenant à ce que ceux qui n'ont pas de doctrine forte se résignent et s'inclinent? Pour réorganiser après le cahos, il faut les gens du sens.
Maintenant, hélas, je dirais que ce scénario est optimiste, il y en a de plus éradicateurs et néfastes, le parti-pris du cahos, les gens partisans du non-sens peuvent préférer le cahos destructeur, ils peuvent préférer utiliser la force matérielle brutte, et en ce cas, il n'y aura pas de candidats ni d'élection. Je crois hélas plutôt à cela, une dérive holligarchique et policiaire comme on le voit, un gouvernement dit d'union nationale et par petites touches ou par à-coups, l'installation d'une situation de monopole politique entre quelques-uns, dictature lente de plus en plus brutale devant laquelle en effet, tout le monde s'inclinerait "identitaires compris", à l'exception peut-être de ceux qui ont encore une doctrine et du sens, dont les Musulmans sont l'armature. Et si ce que je perçois moi se confirme, et ça semble bien aller dans ce sens, il y aura dissolution de certains partis assez vite, eh oui, au nom des valeurs et tout le reste...
Rassures-toi, je ne découvres pour l'instant aucune trace de nos échanges, si tu crois trouver quelque chose, ça peut n'être que fortuit. (NDLR : le scénario de Houellebecq reprend la trame du scénario prévu par le Croissant de lune, c’est là qu’est la trace, fortuite ou plagiée). Oui, en fait, l'alternative en France et dans d'autres pays pourrait être celle-ci, ou bien la poursuite de la démocratie avec de grands changements, la participation de Musulmans aux gouvernances et donc, des changements intérieurs et extérieurs, ou bien l'érection de dictatures Occidentalistes. Donc à un moment donné, en effet, il faudra choisir, ou bien on gêne le petit quotidien du cynique imbu de lui-même, on le heurte dans son ego démesuré, ou bien on rentre dans une tyrannie tueriffère et dévitalisante. Houellebecq est dévitalisant, on ne sent pas vivre un auteur qui a des choses à dire, ce qu'il écrit, c'est le ressenti d'une certaine bourgeoisie qui dégénère, non, il n'aime pas les hommes, il s'aime trop lui-même.
Croissant de lune lassé de Houellebecq
jeudi 12 février 2015
Trois convergences avec Jacques bompard
Jacques bompard:
« Quand le rideau de fer a quitté l’Union Soviétique, il s’est abattu sur la France » , avec pour conséquence que toute opinio dissidente sérieusement argumentée et travaillée est quelquefois écoutée, jamais discutée, jamais réfutée, mais tout simplement ignorée.
« Les partis sont un outil de subversion de la démocratie. » (
Voir aussi la Note sur la suppression des partis politiques de Simone weil).
Jacques Bompard est également opposé comme moi au référendum d’initiative populaire. Ce devrait être le cas de tous les partisans sérieux d’une République référendaire. Une République référendaire n’est viable, c’est-à-direr est à la fois capable d’assumer et de prendre une direction que si le pouvoir d’interroger le peuple législateur est réservé à l’exécutif.
Le référendum d’initiative populaire est une fausse solution come le mandat impératif ou révocatoire proposé par J.L. Mélanchon,. Ces deux outils ne feraiet que contribuer à l’atomisation du pouvoir.
dimanche 8 février 2015
Les droits du créateur ou de la liberté d'expression et de la liberté de réception
Ma liberté d’expression s’arrête là où commence la liberté de réception d’autrui.
Sommes-nous vraiment condamnés à bricoler des solutions cahoteuses? Oui, tant que nous nous complaisons dans l'incohérence. Non, si nous cherchons sérieusement à en sortir.
La première incohérence, c'est que la laïcité, religion sans religion, affirmation par la négative, coquille vide, pierre angulaire du nihilisme, non seulement ne se reconnaît pas comme négation qui ne peut imposer des valeurs, mais voudrait, cette affirmation par la négative, s'imposer comme la seule norme positive.
La deuxième incohérence, c'est que des religieux comme le prêtre qui nous ouvre ce cyberespace de liberté pour le dire, préfèrent, par haine religieuse, s'inféoder à la laïcité, choix du néant de préférence à l'être, affirmation de la préséance de l'existence sur la notion de Création, que reconnaître que, s'il y a une norme supérieure, ce n'est pas la loi naturelle comme ils l'ont récemment affirmé par homophobie, c'est le sacré. Le respect de cette norme commande qu'on ne touche pas au sacré et qu'on soit même prêt à défendre le sacré des autres pour défendre les droits du Créateur et l'idée qu'on se fait de "Dieu, premier servi", Créateur devant Qui Seul, nous devons nous incliner. La vie ne se met pas aux voi.
La troisième incohérence, c'est, en revenant aux affirmateurs du néant que sont les laïcs et les républicains voltairiens qui font de l'antifanatisme en conchiant le sacré, qu'ils ne voient pas leurs propres contradictions. Eux qui ne croient pas au sacré, ils ont un sacré, la liberté d'expression, qui devient intouchable parce que sacré. Or toucher ce sacré-là, c'est précisément le pratiquer. S'exprimer contre la liberté d'expression, c'est pratiquer la liberté d'expression. Voilà à quoi ceux qui font de la liberté d'expression un absolu ne peuvent se résoudre. ET voilà ce que ne peuvent plus leur montrer leurs concitoyens religieux qui préfèrent leur haine des autres religions plutôt que de défendre les droits de dieu auprès de ces absolutistes des droits de l'homme.
Or les choses étant ce qu'elles sont et l'homme ce qu'il est: ma liberté d'expression s'arrête là où elle empiète sur la liberté de réception d'autrui. Et c'est l'offensé qui fixe l'offense, même si c'est étouffant. Donc il s'agit de limiter la liberté d'étouffer, non pas d'ouvrir un droit à l'offense. Il s'agit de limiter la liberté de se victimiser, non pas d'ouvrir un droit au blasphème. Et il s'agit d'être intègre et cohérent, car il importe davantage d'être logique que d'être intelligent. La cohérence, la logique dévoilent mieux que l'intelligence et que de sinueuses allégeances interchangeables.
Opinion produite en regard de cet article de RF sur le métablog, consultable à cette adresse :
http://www.ab2t.blogspot.fr/2015/02/situations-chaotiques-solutions.html#co
samedi 31 janvier 2015
L'Europe peut-elle renaître par la grèce?
ON peut consulter cette analyse de Jean-Luc Mélanchon, qui n'est pas un allié de circonstance d'Alexis Tsipras:
http://www.jean-luc-melenchon.fr/2015/01/26/leffet-domino-vite/
Quelques éléments très simples (ou trop simplificateurs) pour compléter cette analyse :
1. Si le front des populismes vous déplaît (vous, Jean-Luc Mélanchon), il faudra bien que vous négociez l'alliance des souverainistes.
2. C'est à nouveau de la Grèce que nous revient l'espoir de la liberté . Nous lui devions déjà l'invention de la démocratie, encore une dette dont même la troïka ose se prévaloir à sa manière puisqu'elle prétend diriger le monde à partir des démocraties...
3. Les peuples peuvent-ils être tenus pour responsables de dettes contractées sans qu'ils soient associés aux transactionsdont ils sont signataires ?
Quant à Jean-Claude Juncker, il tombe le masque dans « Politis » sur la nature antidémocratique de l’Union Européenne :
« Il ne peu pas ya voir de choix démocratique contre les traités européens »...
Tsipras n’est pas Hollande ni ces élections législatives grecques le référendum français de 2005, dont celui qui le convoquait s’était bien gardé de lever l’équivoque s’il aurait une valeur consultative oudélibérative.
Cette élection oblige tsipras, elle ne lui délie pas les mains. Elle ne lui délie pas les mains, mais elle est une restauration de l’espoir en Europe. Elle rappelle que l’Europe est à la base une belle idée qui n’était pas condamnée à se pervertir.
Si on juge l’Europe à ses fruits, l’Europe de la paix a œeuvré à sa balkanisation en s’engageant à outrance dans la guerre de Bosnie et du Kosovo ; la communauté économique européenne a vu se détruire (ou favorisé la destruction) du charbon et de l’acier qui servirent de prétexte à sa fondation ; l’union monétaire a prétendu mettre en place une zone homogène à partir de pays au niveau de vie hétérogène ; le gigantisme de la confédération européenne, qui ne pratique pas l’appel au peuple européen, a servi de cadre à un mélange de soviétisme bureaucratique et normatif et à un libéralisme à la chinoise…
De sorte que l’Europe concentre le pire de la mondialisation sans profiter du meilleur et en s’offrant pour en être le marché ouvert précurseur au nom d’une tradition de voyages de découverte et de commerce.
mercredi 28 janvier 2015
Le chômage, un invariant de la désunion nationale
Les chiffres du chômage viennent de tomber et ont mis fin à la séquence de l'"union nationale" qui n'aura duré que trois semaines, c'est assez pour une séquence médiatique qui ne touche pas profondément les masses…
Quelques réflexions à ce sujet, qui ne prétendent pas à l'exhaustivité :
- Le gouvernement croit être entré dans la politique de l'offre parce qu'il a baissé les charges patronales sur les bas salaires... Il appelle "politique de l'offre" la baisse des charges censée permettre aux producteurs-offreurs de produire de façon anarchique.
Le problème est que cette politique de l'offre est déconnectée de toute politique de la demande. Les producteurs-offreurs produisent sans demande de services de clients qui consomment sans besoin. Une politique de l'emploi inventive commencerait par recenser les besoins pour s'assurer que l'offre répond aux besoins pour favoriser une croissance qui ne soit pas artificielle.
Un gouvernement inventif en matière de politique de l'emploi ouvrirait une boîte à idées des services non satisfaits qui entraînerait des études de marché, voire des investissements coordonnés par un ministère du plan.
Cette politique irait de paire avec une révolution dans l'orientation de la part du ministère de l'Education nationale. Celle-ci consisterait à expliquer à l'élève "au centre du système…" qu'il n'est pas tout seul à être au centre de son orientation. Son orientation devrait tenir compte, non seulement du métier qu'il aimerait exercé (et qui est rarement défini quand le bachelier entreà l'université), mais de l'adéquation entre son souhait professionnel et les besoins de la nation.
- L'augmentation régulière des chiffres du chômage se fait Dans un contexte macroéconomique de fin du plein emploi et, dit-on, de fin de la croissance, sans que cela entraîne le choix de la décroissance, qui paraît aller à l'encontre du développement humain naturel, différent du "développement durable" (pléonasme) et de la transition écologique…
Ce qui suffit à des journalistes politiques ou parlementaires pourtant compétents tels qu'Arnaud Hardouin (LCPAN),? - qui ne doivent pas être des partisans du "développement durable médiatique" - pour en conclure que la loi Macron, actuellement en discussion, est déjà inefficace. Loi dont ils rappellent au passage qu'elle est une mise en application du rapport Attali.
La transition écologique, la loi Macron ou le rapport Attali, combien d'emplois ? A peu près tout le monde s'accorde à dire : "très peu", y compris les économistes Odile Jacob comme Gilbert Serth, qui ne cessent pourtant d'assurer que la seule solution pour élargir le marché du travail est d'augmenter la flexibilité sur les salaires...
- Depuis Lionel Jospin, le dernier homme politique vraiment estimable que la France ait eu à sa tête, la politique pour l'emploi s'est faite sur la variable d'ajustement de la précarité et des bas salaires.
Manuel Valls ne fait pas autre chose en réduisant les charges sur les bas salaires et en supprimant la première tranche de l'impôt sur le revenu.
La gauche n'a pas de complexe à promouvoir le travail sous-payé, mais a des pudeurs réglementaires, non pas à assouplir le travail du dimanche, mais le temps partiel, le code du travail, voire les conditions de licenciement qui ne serait pas vécu comme un drame si le marché de l'emploi était aussi flexible que le marché du travail est bloqué…
samedi 24 janvier 2015
Le dilemme de la paix civile
J'espère de toute la bonne volonté qui est en moi être un combattant de la paix civile. Mais je crains que celle-ci se soit mise dans un mauvais pas, confronté au dilemme suivant (ceci soit dit en ayant conscience que les dilemmes sont toujours outrageusement simplificateurs: ou bien on sauve quelques années de paix civile avec un pouvoir, la [ou cette] République, chose de son oligarchie, qui fait la guerre mondiale à tout ce qui ne lui ressemble pas; ou bien on donne quittus aux nationaliste contre qui le peuple auquel ils ne s'agglomère pas, la "foule" innombrable... des manifestants pro Charlie, fera la guerre civile. En mobilisant à l'avant-garde et par démagogie de fausse bienveillance les immigrés auxquels elle fait la guerre mondiale en feignant de les accueillir à condition qu'ils s'assimilent à leur "standard" humain.
Comment sortir de ce dilemme ? Les questionneurs ne font pas toujours les bons répondeurs. Il y aurait bien la solution de créer une autre République. Malheureusement, la vaillance populaire n’accompagne pas ceux qui la portent. L’électorat qui milite pour cette solution appartient majoritairement à la foule des Charlie-Charlots. Et son héraut ou son champion J.L. Mélanchon croit que les questions religieuses sont secondaires alors que Baudelaire a raison : « il n’y a d’intéressant au monde que les religions » et on s’ »ennuie en France parce que tout le monde y pense comme Voltaire. »
Christianisme et irresponsabilité
Quand j’affirme qu’être civilisé, c’est être responsable, je crois énoncer une vérité en même temps que lever un lièvre. Je crois avoir tapé dans le mil en parlant de responsabilité et de civilisation. Je ne connaissais pas l'existence du bandeau où "Charlie" s'annonce comme un "journal irresponsable". Mais encore l'irresponsabilité de civilisation est-elle une autre de ces idées chrétiennes devenues folles. Je m'explique: tout chrétien confesse que son Seigneur est mort pour répondre de lui. S'il est conséquent, il manifestera sa reconnaissance à son Sauveur en voulant répondre de ses actes. Si c'est un quiétiste inconséquent sans l'ascétisme de Madame Guyon, il déclarera en passant par-dessus l'épître de Saint-Jacques que les œuvres ne comptent pas si l'on est justifié par la foi. Cette tension existe aussi au sein du catholicisme, le protestantisme n'en a pas le monopole. Il en résulte que la responsabilité est une matière à option dans la civilisation chrétienne. Et qu'un chrétien aura naturellement tendance, soit à défendre des irresponsables comme les journalistes de "Charlie hebdo", soit à participer en toute bonne conscience à un déséquilibre mondial en appuyant le dominant hégémonique du moment qu'il est compatible au moins en paroles avec ses valeurs qui sont le contraire de l'identité, je répète cette antienne à laquelle je tiens. Donc l'irresponsabilité est la force exploratoire et aventurière de la civilisation chrétienne, mais elle en est aussi la faiblesse morale insoupçonnée.
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