Prenons la tangente de l'amusement. "Amusez-vous, foutez-vous de tout, la vie passera comme un rêve."
Quel est le point commun entre Natacha Polony et Éric Zemmour? D'être des candidats Ruquier. Et Ruquier, je ne demande pas qu'éructe Ruquier pour le bonheur de l'allitération, mais qui c'est-y que Ruquier, pour ne pas donner une fois de plus, dans le sillage d'Alain Badiou, dans le "de quoi Ruquier est-il le nom".
-Ruquier, euh, je ne sais pas, c'est un chansonnier découvert par Jacques Martin.
-Décidément, Jacques Martin, qui animait "le Petit rapporteur" a beaucoup inspiré nos politiques. Je ne dis pas que tous les politiques voudraient devenir rapporteurs même si Charles Alloncle a l'air de prouver le contraire!
N'empêche qu'il y a un homme politique qui a soufflé la femme de Jacques Martin, ce qui lui a valu un soufflet de l'intéressé qui lui a dit: "Souffler n'est pas jouer."
Ruquier n'a pas retenu la leçon. Le souffleur de Laurent Gerra s'est pris pour un intellectuel, s'est entouré d'une bande hybride de psychanalystes, de camés, de comédiens, dont une autre femme de Jacques Martin, Danièle Évenou, a couronné le tout d'Arielle dombale et, entiché de cette troupe, a cultivé le mélange des genres pour devenir "les princes de Paris" en bande organisée, comme ironisait Cécilia Sarkozy à propos des sarkoboys.
Natacha Polony succède à Éric Zemmour, le journaliste d'"Info matin" féru d'histoire, qu'il raconte mieux que Lorant Deutsch (ce n'est pas difficile), mais moins bien qu'Alain Decaux. Éric Zemmour, pseudo-sociologue-historien et vrai éditorialiste qui se prend pour un homme politique parce qu'il s'est toqué de ces casquettes. Qui se prend pour un chef parce qu'il est toqué.
Natacha Polony, un coup à gauche, un coup à droite, passe son temps à nous expliquer la France sans parvenir à nous faire comprendre ce qu'elle en pense ou qu'elle entend par là, comme Jean-Pierre Chevènement, non pas à proprement parler son mentor, mais celui qu'elle a soutenu le premier et qui, lors de la seule campagne présidentielle à laquelle il participa, assurait n'être "ni de droite, ni de gauche" avant de se raviser: "Bien sur que si, je suis de gauche. Avez-vous jamais vu un "sauvageon" être de droite? La droite parle d'ensauvagement, elle ne compte pas de "jeunes sauvageons" dans ses rangs. Comment ça, je ne suis plus jeune? Ah oui, je suis vieux maintenant, mais je suis le miraculé de la République. Ça en jette un peu plus que "la République, c'est moi." Ce Mélenchon, Quelle présomption!"
Est-ce que ça peut exister, la gauche souverainiste, sachant que le souverainisme est le faux nez rousseauiste du mot nationaliste et que le nationalisme est une idée assez contraire au pacifisme? Et est-ce que ça peut encore plus exister, la gauche souverainiste et démocratique? Je sens comme une incompatibilité d'humeur entre la gauche socialiste et la démocratie directe.
Natacha polony, c'est l'échec avant le moindre essai. C'est l'enseignante démissionnaire qui, contrariée dans son ego de n'avoir pas fait une bonne prof, s'est vue ouverte la porte des plateaux et n'a plus jamais cessé de nous faire la leçon, en perfecto, en cuir sans être queer, et en gravissant les échelons du ministère de la parole, donc du cursus honorum médiatique où parler, c'est agir. Elle a gravi, gravi, sans plus savoir où s'arrête l'accès au pouvoir et où commence le seuil d'incompétence. Natacha Polony se présume omnicompétente par effet de seuil. Alain duhamel, qui l'a interrogée lors de sa prédéclaration de candidature, doit s'en mordre les doigts de ne pas avoir franchi le rubicond qui va du journalisme au politique. Tous deux ont passé leur vie à parler pour ne rien dire en se croyant recrus d'intelligence. Alain Duhamel était issu d'une dynastie et a fait souche. Natacha Polony s'est bien mariée à un homme qui est devenue Monsieur Natacha. La France voudra-t-elle l'épouser en seconde noce? Je crains que, comme Estelle Denis à Raymond Domenech, la France ne dise non à Natacha. Soit elle ne sait pas de quoi elle va se priver, soit elle ne va pas se priver de grand-chose. Attention! Ce n'est pas parce que François Hollande était un petit chose que Natacha Polony est une pas grand-chose. Je n'ai jamais dit ça. C'est que je suis un galant homme, moi!
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