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jeudi 28 mars 2013

Gethsémani (poème de mon frère)

gethsémani








fais que je reste avec eux



que je ne profite pas



de leur engourdissement



pour fiche le camp







je leur dis veillez et priez



pour ne pas entrer en tentation



mais eux ils dorment



me laissant seul alors que



c'est la dernière nuit



que je passe parmi eux







je leur dis veillez avec moi



quelques heures



avant d'être cloué



je leur dis restez avec moi



sans quoi moi aussi



je pourrais être tenté







priez avec moi ou bien



ce serait si simple



pendant que vous dormez



demain vous diriez



avec judas et les gardes







où est-il







même si vous dormez



je ne pars pas



je reste là à les attendre



parce que si je pars



il n'y a pas de salut



pour vous







le projet de dieu reste



inaccompli



je suis venu pour mener



son projet à sa perfection



sa perfection



c'est moi sur la croix pour vous







pour réparer la faute



vous rendre la liberté



son goût



mais beaucoup



ne veulent pas y goûter



même gratuitement







même si la sueur



épaisse comme le sang



coule sur mon visage



je ne bouge pas d'ici



même si vous dormez



d'un sommeil



qui lui est occasion









pour me tenter







je reste







dans ce jardin d'angoisse



voisin d'éden



jardin d'agonie



où l'homme



parce que je ne pars pas



redevient l'ami de dieu







gethsemani



jardin d'angoisse voisin d'éden



au bas du mont des oliviers



pressé comme une olive



voici que broyé par la pierre



l'huile sourd du noyau dur







de mon front







olivier



tu es l'avant dernier



arbre que je touche



je m'adosse contre toi



toi mon ami



tu me soutiens







bientôt on m'adossera



contre un bois



moins amical



mais je ne serai pas seul



à le porter



comme cette nuit







incroyable vous dormez



ma dernière nuit



parmi les hommes



je suis seul



ils vont me clouer



pour vous







pas pour moi







je suis







je le suis







pour vous























pâques 2011



gilles weinzaepflen









fais que je reste avec eux



que je ne profite pas



de leur engourdissement



pour fiche le camp







je leur dis veillez et priez



pour ne pas entrer en tentation



mais eux ils dorment



me laissant seul alors que



c'est la dernière nuit



que je passe parmi eux







je leur dis veillez avec moi



quelques heures



avant d'être cloué



je leur dis restez avec moi



sans quoi moi aussi



je pourrais être tenté







priez avec moi ou bien



ce serait si simple



pendant que vous dormez



demain vous diriez



avec judas et les gardes







où est-il







même si vous dormez



je ne pars pas



je reste là à les attendre



parce que si je pars



il n'y a pas de salut



pour vous







le projet de dieu reste



inaccompli



je suis venu pour mener



son projet à sa perfection



sa perfection



c'est moi sur la croix pour vous







pour réparer la faute



vous rendre la liberté



son goût



mais beaucoup



ne veulent pas y goûter



même gratuitement







même si la sueur



épaisse comme le sang



coule sur mon visage



je ne bouge pas d'ici



même si vous dormez



d'un sommeil



qui lui est occasion









pour me tenter







je reste







dans ce jardin d'angoisse



voisin d'éden



jardin d'agonie



où l'homme



parce que je ne pars pas



redevient l'ami de dieu







gethsemani



jardin d'angoisse voisin d'éden



au bas du mont des oliviers



pressé comme une olive



voici que broyé par la pierre



l'huile sourd du noyau dur







de mon front







olivier



tu es l'avant dernier



arbre que je touche



je m'adosse contre toi



toi mon ami



tu me soutiens







bientôt on m'adossera



contre un bois



moins amical



mais je ne serai pas seul



à le porter



comme cette nuit







incroyable vous dormez



ma dernière nuit



parmi les hommes



je suis seul



ils vont me clouer



pour vous







pas pour moi







je suis







je le suis







pour vous























pâques 2011



gilles weinzaepfle

mercredi 27 mars 2013

En lisant les deux derniers chapitres du livre de Josué

23- 1 Et longtemps après que l’Éternel eut donné du repos à Israël de tous leurs ennemis à l’entour, — et Josué était vieux, avancé en âge,




23-3 et 12 (sauf erreur) : l'Eternel a combattu pour vous.

23-12-13 refus de tout cosmopolitisme : 12 Car si vous retournez en arrière, et que vous vous attachiez au reste de ces nations, à celles qui sont demeurées parmi vous, et que vous vous alliiez par mariage avec elles, et que vous entriez parmi elles et elles parmi vous,

13 sachez certainement que l’Éternel, votre Dieu, ne continuera pas à déposséder ces nations devant vous ; et elles vous seront un filet, et un piège, et un fouet dans vos côtés, et des épines dans vos yeux, jusqu’à ce que vous ayez péri de dessus ce bon pays* que l’Éternel, votre Dieu, vous a donné *Pour Josué, les nations sont des épines… dans les yeux du christ ? Une des explications possibles de la couronne d'épine est que le Christ, Roi des juifs, a eu les yeux dessillés de ce caractère spinal des nations, en a eu les yeux dessillés au point de vouloir devenir roi des nations.

23-15 Les bonnes et les mauvaises paroles.



23-4 * La geste de Josué : *ainsi que toutes les nations que j’ai exterminées, jusqu’à la grande mer vers le soleil couchant.

23-5 Ne s'écarter de la thorah ni à droite, ni à gauche.

23-8 conclu par "et vous vous attacherez à l'eternel": le rappel des trois premiers commandements.



23-13 Et je vous donnai un pays où tu n’avais pas travaillé et des villes que vous n’aviez point bâties, et vous y habitez ; vous mangez [le fruit] des vignes et des oliviers que vous n’avez pas plantés. *1. Citation que l'on pourrait renvoyer aux sionistes qui justifient leur projet politique par la fructification agricole.

Mais 2. Le serviteur qui a peur de Son Maître dans la parabole des talents reprend exactement ces mots, et Jésus les infléchit en disant :

"Je vais te juger d'après tes propres paroles."

24-15 "Choisissez qui vous voulez servir, mais Moi et ma maison, nous servirons l'Eternel."

24-16-18 Le choix de l'Eternel.

24-19 Et Josué dit au peuple : Vous ne pourrez pas servir l’Éternel car il est un Dieu saint, Une lecture spirituelle s'arrêterait à cette phrase et ne retiendrait qu'elle : "Vous ne pouvez pas servir l'Eternel", donc inanité du précepte catéchétique ancien, enseignant que Dieu nous a fait "pour L'aimer et pour Le servir." Dans cette perspective aussi pouvons-nous lire la Parole selon laquelle nous ne sommes que des serviteurs inutiles. Mais la lecture spirituelle croit être arrêtée parce que le verset se poursuit et que l'impossibilité de servir l'Eternel est mise en rapport avec le châtiment de quiconque L'aura mal servi. Il est tellement transcendant que Sa vengeance, à son tour, ne pourra être que terrible. En quelque sorte, c'est à peine s'il est favorable de servir l'eternel, du point de vue de l'instinct de survie. Mais l'instinct de vie ou plus exactement "le choix de la vie" commandent de le servir quand même. * il est un *Dieu* jaloux : il ne pardonnera pas votre transgression et vos péchés.



24-20 Si vous abandonnez l’Éternel, et si vous servez des dieux étrangers*, alors il se retournera et vous fera du mal et vous consumera après vous avoir fait du bien.

Consumation de l'offenseur et de celui qui abandonne l'Eternel précédant le sentiment que dieu puisse nous avoir abandonnés et précédant d'autant plus le choix de l'Abandon à Dieu.

21 Et le peuple dit à Josué : Non, car nous servirons l’Éternel.

22 Et Josué dit au peuple : Vous êtes témoins contre vous-mêmes que c’est vous qui vous êtes choisi l’Éternel pour le servir. Et ils dirent : [Nous en sommes] témoins. *1. Cette fin du livre de Josué manifeste que la malédiction des juifs qui s'étendrait à ceux et aux enfants de ceux qui auraient été les instigateurs directs de la Mort du christ relève d'un genre littéraire, qui estAssumé par le retournement que fait le christ du témoignage contre soi en témoignage pour soi.

2. Il se trouve qu'il y a une heure, avant de méditer ce passage, je méditais l'Evangile du jour qui est cette célèbre controverse opposant les pharisiens à Jésus, dans laquelle les premiers accusent le Second, l'Alpha et l'Oméga, d'être un faux témoin puisqu'Il Se rend témoignage à Lui-même. Mais Jésus leur rétorque que la validité de Son témoignage S'appuie sur le témoignage du Père. Hors d'une logique trinitaire implicite, la critique des pharisiens continuerait de s'appliquer, puisque Jésus n'aurait qu'un témoin: le Père. La méditation de ce passage célèbre de saint-Jean, sur lequel Lyta basset a malheureusement trop extrapolé,ouvre encore d'autres perspectives: la réponse de Jésus à l'accusation de faux témoignage portée contre Lui est que ses accusateurs ne savent pas d'où Il Vient et où Il va. Jésus ne leur répond pas qu'ils ne savent pas eux-mêmes d'où ils viennent et où ils vont. Sous-entendu : Lui seul pourrait les amener à ce savoir, étant donné que, ce qui compte, ce n'est pas le témoignage que chacun de ceux qui Le critiquent pourrait se rendre à Lui-même. L'objet de la critique est bien identifié : elle doit porter sur ce qui concerne Jésus étant donné que ce qui concerne Jésus rend témoignage à notre origine et à notre destination. A quiconque se sentirait frustré de cela, on voit que Jésus n'en opère pas moins une révolution en sa faveur : Jésus retourne le témoignage contre soi en un témoignage pour soi qui devient lui aussi qualifié. Le retournement de ce témoignage contre en témoignage pour représente un tel saut qualitatif qu'il est étonnant qu'après cela, le christianisme ait pu verser dans la fausse humilité.*Même fin que

celle du livre du Deutéronome :

26 Et Josué écrivit ces paroles dans le livre de la loi de Dieu. Et il prit une grande pierre, et la dressa là sous le chêne qui était auprès du sanctuaire de l’Éternel ;

27 "et Josué dit à tout le peuple : Voici, cette pierre sera témoin contre nous, car elle a entendu toutes les paroles de l’Éternel, qu’il nous a dites ; et elle sera témoin contre vous, de peur que vous ne reniiez votre Dieu."

24-29 Mort de Josué et sépulture du patriarche à Thimnath-Sérakh.

La fidélité des fils d'Israël se prolonge tant que vivent les témoins… oculaires des exploits de leur dieu : "31 Et Israël servit l’Éternel tous les jours de Josué, et tous les jours des anciens dont les jours se prolongèrent après Josué et qui avaient connu toute l’œuvre de l’Éternel, qu’il avait faite pour Israël."

24-32 Le tombeau de Joseph à sichem (note e
à gn 33:19

Joyeuses fêtes de Pâques à tous mes lecteurs!

lundi 18 mars 2013

Note idéative (I)

C'est à dessein et à regret que j'insère cette rubrique sur ce blog plutôt que sur journaltorrentiel. Mais bien que ce blog-père n'ait pas été alimenté depuis près de trois ans, la logique du développement interne de son texte s'est déployée comme un livre sur lequel je n'ai pas le temps de travailler pour le moment. Aussi essayé-je cette nouvelle forme d'"inaperçu" indiscipliné et dont l'avenir dira si elle se peut raisonner, mais qui, du moins, à l'origine, ne prétend pas à l'origine à une exhaustivité intenable et à une organisation dont je suis trop bouleversé pour être capable. Alors lançons-nous, et vogue la galère de cette série sur ce torrent, dont ce blog est le radeau qui ramasse le plus de vestiges. Et encore, il se croit obligé d'en jeter beaucoup à la mer, que ceux qui seraient dignes d'être recueillis sur cette arche veuillent bien en pardonner leur indigne serviteur!












18 mars 2013 (le premier soir, où j'inaugure cette manière encore plus désorganisée de noter le bric-à-brac de mes idéesen vrac : En lisant l'Emile de rousseau : C'est une constante ambition de l'homme que de trouver son semblable jusqu'en l'inventant tout différent, qui se fait voir de Pline l'ancien à la paléontollogie moderne Un peu plus haut dans le texte, Inaperçu de l'histoire (et contresens pour faire grossir le chapeau qu'on veut faire porter à rousseau) : rousseau, le pédagogue fantasque, qui voulait que les enfants apprissent l'instruction civique après avoir choisi leur fiancée, s'il inspira la ", parla, lui de chercher quels étaient "les devoirs de l'homme et du citoyen"., Faut-il que nous parlions toujours en exagérant ? Nous nous croyons toujours dans l'anfractuosité où va s'ouvrir la faille. Ainsi rousseau : Dans son apologie du "bon sauvage", il force ainsi le trait : Le sauvage ne convoite rien au-delà de sa faim, c'est nous qui sommes les vrais cannibales : "Mais pour nous, à qui la vie civile est nécessaire, et qui ne pouvons plus nous passer de manger des hommes", nous émigrons dans des "capitales cannibales" : "Voilà pourquoi tout afflue à Rome, à Paris, à Londres. C'est toujours dans les capitales que le sang humain se vend à meilleur marché.". Les capitales sont cannibales comme le capital, et le marché aux hommes négocie toujours la valeur travail à prix de sang humain,sauf qu'avec l'économie numérique où les ordres se donnent plus vite que les services ne se rendent et que les biens ne peuvent être transportés, la valeur-travail est plus une valeur retranchée qu'une valeur ajoutée. "La question humaine", en devenant une différence, favorise une indifférence inhumaine. PENSEE DE VIRGILE, VENU NOUS VISITER CE MATIN : Nous faisons comme si nous n'avions que des extrémistes politiques et pas d'extrémistes économiques. Or nous sommes arrivés à l'extrême pointe du capitalisme, comme il y a une vingtaine d'années, les Européens de l'Est étaient arrivés à l'extrême pointe du communisme avant la destruction du mur de berlin. Ces extrémistes économiques qui font que le capitalisme est à son "pick oil" sont ceux au nom desquels les peuples vivent si mal sans savoir ce qu'ils leur doivent. Ce sont les inventeurs du néo-esclavagisme, qui est plus vicieux que l'esclavagisme ancien, car au moins, l'esclavagiste ancien était paternaliste, c'était un maître qui avait des domestiques, lesquels faisaient partie de son foyer en travaillant à son usage.

Note idéative (I)

C'est à dessein et à regret que j'insère cette rubrique sur ce blog plutôt que sur journaltorrentiel. Mais bien que ce blog-père n'ait pas été alimenté depuis près de trois ans, la logique du développement interne de son texte s'est déployée comme un livre sur lequel je n'ai pas le temps de travailler pour le moment. Aussi essayé-je cette nouvelle forme d'"inaperçu" indiscipliné et dont l'avenir dira si elle se peut raisonner, mais qui, du moins, à l'origine, ne prétend pas à l'origine à une exhaustivité intenable et à une organisation dont je suis trop bouleversé pour être capable. Alors lançons-nous, et vogue la galère de cette série sur ce torrent, dont ce blog est le radeau qui ramasse le plus de vestiges. Et encore, il se croit obligé d'en jeter beaucoup à la mer, que ceux qui seraient dignes d'être recueillis sur cette arche veuillent bien en pardonner leur indigne serviteur!












18 mars 2013 (le premier soir, où j'inaugure cette manière encore plus désorganisée de noter le bric-à-brac de mes idéesen vrac : En lisant l'Emile de rousseau : C'est une constante ambition de l'homme que de trouver son semblable jusqu'en l'inventant tout différent, qui se fait voir de Pline l'ancien à la paléontollogie moderne Un peu plus haut dans le texte, Inaperçu de l'histoire (et contresens pour faire grossir le chapeau qu'on veut faire porter à rousseau) : rousseau, le pédagogue fantasque, qui voulait que les enfants apprissent l'instruction civique après avoir choisi leur fiancée, s'il inspira la ", parla, lui de chercher quels étaient "les devoirs de l'homme et du citoyen"., Faut-il que nous parlions toujours en exagérant ? Nous nous croyons toujours dans l'anfractuosité où va s'ouvrir la faille. Ainsi rousseau : Dans son apologie du "bon sauvage", il force ainsi le trait : Le sauvage ne convoite rien au-delà de sa faim, c'est nous qui sommes les vrais cannibales : "Mais pour nous, à qui la vie civile est nécessaire, et qui ne pouvons plus nous passer de manger des hommes", nous émigrons dans des "capitales cannibales" : "Voilà pourquoi tout afflue à Rome, à Paris, à Londres. C'est toujours dans les capitales que le sang humain se vend à meilleur marché.". Les capitales sont cannibales comme le capital, et le marché aux hommes négocie toujours la valeur travail à prix de sang humain,sauf qu'avec l'économie numérique où les ordres se donnent plus vite que les services ne se rendent et que les biens ne peuvent être transportés, la valeur-travail est plus une valeur retranchée qu'une valeur ajoutée. "La question humaine", en devenant une différence, favorise une indifférence inhumaine. PENSEE DE VIRGILE, VENU NOUS VISITER CE MATIN : Nous faisons comme si nous n'avions que des extrémistes politiques et pas d'extrémistes économiques. Or nous sommes arrivés à l'extrême pointe du capitalisme, comme il y a une vingtaine d'années, les Européens de l'Est étaient arrivés à l'extrême pointe du communisme avant la destruction du mur de berlin. Ces extrémistes économiques qui font que le capitalisme est à son "pick oil" sont ceux au nom desquels les peuples vivent si mal sans savoir ce qu'ils leur doivent. Ce sont les inventeurs du néo-esclavagisme, qui est plus vicieux que l'esclavagisme ancien, car au moins, l'esclavagiste ancien était paternaliste, c'était un maître qui avait des domestiques, lesquels faisaient partie de son foyer en travaillant à son usage.

dimanche 10 mars 2013

Les clarifications nantaises de mgr fellay

Pour rendre compte des clarifications nantaises de mgr Fellay, j'opterai pour une recension commentée de sa dernière conférence (que l'on peut écouter sur la porte latine), où tous mes commentaires seront encadrés de deux astérisques et où je me permettrai de bouleverser la chronologie des paroles de l'orateur si je puis, sous un chapitre, regrouper plusieurs de ses idées. Même si la FSSPX ne désigne jamais nommément le pape ou un évêque comme hérétique. Mgr fellay n'en dit pas moins que le discernement de sa fraternité doit déterminer, à terme, quelle est la proportion d'évêques qui sont objectivement hérétiques. Il n'en établit pas une liste, se bornant à constater en fin de conférence que certains clercs conduisent objectivement les fidèles dans le péché. Il engage ses fidèles à "prier avec beaucoup d'intencité et à supplier le ciel : "Ca serait génial de nous donner un bon pape !" I SITUATION GENERALE DE L'EGLISE Il commence par envisager comme pouvant se poser et correspondant à l'état de l'Eglise actuelle la question de saint vincent de Lérins : "Le corps entier peut-il être malade et l'eglise… dérailler" ? ayant répondu par l'affirmative à cette première question, il se demande comment cela peut se produire, si l'on admet la majeure exacte d'un syllogisme dont les modernistes et les sédévacantistes tirent des conclusions opposées. Cette majeure est que l'Eglise est infaillible. Les modernistes poursuivent le syllogisme ainsi : Or L'eglise a voulu le Concile ou la nouvelle messe, donc le Concile et la nouvelle messe sont infaillibles. A l'inverse, les sédévacantistes poursuivent le syllogisme comme suit : Il y a des erreurs dans le Concile, donc le Concile n'a pas été fait par l'eglise. Mgr Fellay propose de formuler une mineure qui conduise à une juste conclusion du syllogisme, qui ne soit, ni celle des modernistes, ni celle des sédévacantistes. On verra que cette conclusion, il ne la formulera jamais. Pour faire comprendre à son auditoire quelle est sa démarche intellectuelle, il fait un détour par la théologie sacramentelle et rappelle les trois conditions qui sont fixées pour la validité d'un sacrement : la conformité de la matière, de la forme et de l'intention du ministre qui administre un Sacrement. Mgr fellay souligne ici que même un prêtre qui aurait perdu la foi peut administrer validement un sacrementpourvu qu'il veuille faire ce que veut faire l'eglise. Mais il peut aussi, à l'inverse, substituer une matière différente, employer d'autres mots, une forme différente, ou avoir un défaut d'intention : "Le bon dieu, même lorsqu'Il promet Son assistance, ne prive paps les hommes de leurs facultés les plus hautes qui sont la raison et la volonté et qui le font libres. Il n'offense pas cette liberté. Je veux dire en fait que le bon dieu réclame de ces créatures auxquelles Il promet ces privilège de coopérer aux privilèges de cette Promesse et, s'ils ne veulent pas, ils restent libres et ça fait un désastre." Ce détour par la théologie sacramentelle permet à mgr Fellay d'introduire comment il va contourner la difficulté touchant le Concile. Sa mineure consistera à affirmer que les Pères du concile n'ont pas voulu obéir à l'Esprit-saint au cours du concile validement convoqué par l'eglise. Et sa conclusion se tire de là, sans être exprimée au bout du syllogisme au cours de sa conférence, mais en étant symbolisée par son refus de signer après les injonctions romaines, de plus en plus pressantes, que, puisque "les Pères du concile n'ont pas voulu faire ce que l'Esprit-saint attendait d'eux", (donc) nous ne pouvons accepter le concile. A la fin de sa conférence, mgr fellay reprochera au pape d'avoir connu cette position dès l'origine et, dès lors que la fraternité avait clairement fait connaître qu'elle ne pourrait pas changer de position, il dit ne pas comprendre pourquoi le pape a provoquer des discussions avec la fraternité en vue de la signature d'un accord pratique sans "mettre le Concile en veilleuse", nous y revienrons. Pour fonder sonafirmation que les Pères du concile n'ont pas voulu obéir à l'esprit-saint au cours du concile, Mgr fellay prétend qu'ils n'ont "délibérément" pas souhaité suivre les formes ordinaires… des conciles antérieurs, et ont préféré qualifier le second concile du Vatican de "Concile pastoral", en faisant une fausse distinction entre "concile dogmatique" et "concile pastoral". Or cette distinction a été introduite, pour autant que je sache, par les critiques du concile qui l'ont relayée pendant le concile dans une revuecomme "ITINERAIRES", et ce refus de dogmatisé s'est vu infirmer, puisque le concile a produit, parmi ses constitutions, déclarations et décrets, deux "constitutions dogmatique" ("LUMEN GENTIUM" ET "DEI VERBUM") et une seule constitution pastorale ("GAUDIM ET SPES"). Que si ces constitutions n'ont pas produit de dogme nouveau, tous les conciles n'en ont pas défini, mais le Concile a développé, dans ses constitutions dogmatiques, des notions nouvelles venant enrichir le dogme ancien.* Mgr fellay regrette enfin, à la suite de mgr Lefebvre et de quelques autres pendant le concile, que le concile ait délibérément abandonné la forme des définitions scolastiques traditionnelles, qui serait "la philosophie du bon sens" face au kantisme condamné par Saint Pie X dans "PASCENDI" comme la source de l'agnosticisme aux origines du modernisme, à la phénoménologie ou à l'existentialisme, condamné par Pie XII comme le pire dessystèmes relativistes. Il ne déplore pas ici l'abandon de la pratique de l'anathème : *mais la sanction contre ceux qui ne croient pas en un dogme accompagne-t-elle nécessairement la définition de celui-ci ? Ce refus de recourir à l'anathème est sous-tendu par une Eglise qui se perçoit désormais davantage comme une "communion de charité" que comme une organisation sur la défensive, quand elle défend le "le dépôt de la foi", même si la Foi et la charité ne sont pas en opposition : la foi est le roc et le socle, mais la charité est la plus grande des trois vertus théologale, ce dont prend acte le concile dans sa conception d'une eglise, dont lahiérarchie doit désormais présider à la charité.* En plus des problèmes posés par les philosophies sous-tendues par le langage adopté par le concile, mgr fellay continue de poser comme nœud de son opposition "la fameuse trilogie" de "la liberté religieuse", "la collégialité" et "l'œcuménisme", trilogie (*habituellement complétée par la liturgie et la pratique du dialogue interreligieux comme prolongement naturel de la liberté religieuse*) dans laquelle mgr Fellay voit une transposition des "droits de l'homme" : la liberté religieuse appliquant la liberté, la collégialité instillant l'égalité au sommet de la hiérarchie éclésiale, et l'œcuménisme étant mû par un désir de fraternité. *L'a priori qu'on ne saurait inviter les droits de l'homme à la table de l'Eglise repose sur l'analyse, faite à la fois par Jean Madiran, André chouraqui ou rené cassin, sur des versants différents de l'échiquier politique, que les droits de l'homme sont pensés comme de nouvelles tables de la Loi. Mais, pour Jean Madiran, ce sont des "droits de l'homme sans Dieu" alors que, pour les rédacteurs de la déclaration Universelle des droits de l'Homme de 1948, les droits de l'homme ne visent pas à remplacer, mais à retranscrire ou à retranscrire le décalogue, origine de la loi naturelle aux yeux des catholiques, dans des termes supposés acceptables par toute l'humanité. Le traditionalisme catholique préfère la critique contre-révolutionnaire des droits de l'homme comme antidécalogue à la voie médiatrice (ou concordiste) des rédacteurs de cette déclaration, qui la considèrent comme un décalogue laïque.* Mgr fellay s'étendra sans les nommer sur les méfaits de la collégialité, qui sera l'une des origines, sans que mgr Fellay les cite à comparaître, ce qu'il appellera "le double langage de rome" et qui expliquera selon lui l'échec des discussions.* Mais avant de comprendre les raisons qu'il en donne, il est utile de s'arrêter sur sa critique étayée de la théorie et de la pratique de l'œcuménisme et de la liberté religieuse. 1. L'œcuménisme ne peut être toléré parce que l'eglise catholique ne saurait transiger sur la foi dont elle est dépositaire et dont on ne saurait "lâcher un principe" (non plus qu'un principe de la morale, aura-t-il précisé précédemment), sans encourir cette condamnation de saint Athanase: "A moins qu'il ne la tienne intègre et inviolée (la foi catholique), sans aucun doute il est damné". Pie XII ajoute en proclamant le dogme de l'Assomption que "quiconque refuse ou simplement met en doute cette vérité, doit savoir qu'il a défailli entièrement." "Si quelqu'un, ajoute mgr fellay, ne croit pas à l'enfer, mais croit quand même que le christ Est Dieu, il se coupe de la Lumière de la Foi, car si le bon dieu S'est trompé sur un point, alors Il peut se tromper sur tous les autres. D'ailleurs, c'est insensé de s'élever contre le bon dieu et de prétendre : "vous avez tort et c'est moi qui ai raison !" (…) Les protestants, et tous ceux qui se mettent à contester une des vérités de la foi, se placent au-dessus ou au moins à l'égal du bon dieu, et arguent contre Dieu. Ceux qui ont fait [cela] ont démoli la Foi de fond en comble." *Pourtant, mgr fellay pourrait se laisser toucher par l'invitation isaétique : "Venons et discutons". Ceux que dieu par le prophète convoque à se confronter à Lui, à lutter avec Lui comme Jacob, ou à contester contre Lui comme Job viennent toujours à résipiscence.* 2. "Jean-Paul II disait de l'œcuménisme : "Cette unité n'est ni une fusion, ni une intégration" mais "une fédération", commente mgr fellay. Et si le bienheureux Jean-Paul II avait voulu souffler à notre esprit une analogie de l'œcuménisme avec la très Sainte trinité, "Union sans confusion", analogie dont on se demande si la séparation des Eglises chrétiennes en trois branches, comme la ramification des religions abrahamique en judaïsme, islam et christianisme ne peut pas s'interpréter comme des clins d'yeux de la Providence pour y discerner des traces de la trinité. Tel n'est assurément pas la position de mgr fellay : 3. Qui regrette que l'on ne puisse plus parler de "fausses religions" (le dernier qui l'ait fait étant Pie XII) ni présenter les juifs et les païens comme des "ennemis de l'eglise" : a) "La claque que j'ai ramassée, simplement en disant que les juifs étaient des ennemis de l'Eglise ! (…)Or s'ils continuent à tenir pour un blasphème que nous confessions que Jésus-christ Est Vrai Seigneur et vrai dieu, ne sont-ils pas adversaires de notre Seigneur ? S'ils sont comme ça, comment est-ce qu'on pourrait nous dire qu'ils ont leur chemin pour aller au ciel? Saint-Pierre nous dit dans les actes des apôtres qu'"il n'y a aucun autre Nom qui Ait été donné sous le ciel pour être sauvés que le Nom de Notre Seigneur Jésus-christ. (actes 4:12) Et maintenant, on nous raconte que les juifs ont leur chemin à eux…" Entre la théologie de la substitution et la théologie de la double élection, en dehors des manœuvres de théologiens, électrons libres, qui veulent prononcer un mariage forcé du judaïsme et du christianisme sans consentement ni conversion, le par. 4 de la déclaration "nostrae aetate" indique, me semble-t-il, la voix de la sagesse, en demandant qu'on n'impute pas la responsabilité de la Passion du christ, "indistinctement à tous les Juifs vivant alors, ni aux Juifs de notre temps" ; que l'on continue de confesser le "verus Israël", mais avec l'humilité de "l'olivier sauvage" plein de reconnaissance pour"l'olivier franc" ; enfin, "les Juifs ne doivent pas être présentés comme réprouvés par Dieu ni maudits",malédiction qui semble percer sous le besoin que ressent visiblement mgr fellay de traiter les juifs d'"ennemis de l'Eglise", b) et les païens comme de fausses religions (*l'islam semble assimilé aux païens, et sa revendication d'être, sinon la dernière, du moins l'une des ramifications abrahamiques n'est pas retenue*). "Le psaume nous dit que les dieux de ces païens sont des démons." Dès lors, le prélat déplore que l'on prétendent désormais que "les autres religions se dirigent vers notre seigneur" *(ce qui est pourtant le sens de la Promesse du christ : "Quand Je serait Elevé de terre, J'attirerai tout à Moi" (Jean 12:32.)* Mgr fellay reçoit comme un beau rêve, dénué de toute réalité, ces paroles de l'encyclique "ut unum sint" : "Notre Seigneur Est la fin de toutes les religions". Avec le pessimisme anthropologique qu'il opose à la naïveté de l'optimisme conciliaire,* il dit que, bien sûr, il y a de la beauté et du bien dans le mal, c'est même à cela qu'on le reconnaît. Une seule goutte de cyanure suffit à empoisonner la meilleure soupe de légumes. S'émerveiller de la beauté qu'il y a dans les autres religions, c'est peut-être, au départ, trouver un point d'appui pour amadouer celui qu'on veut amener à être un futur disciple du christ. Mais si on reste dans cette voie, de s'émerveiller [des grains de beauté] qui subsistent dans le mal, on "trompe son monde". Mgr fellay utilise ensuite la métaphore du train : dire à quelqu'un qui se trompe de train que son train est beau et climatisé et qu'il arivera un jour à bon port, ce n'est pas se montrer charitable envers lui. *Or cette métaphore du train qui désignerait les religions me rappelle celle de l'abé célier comparant l'homme à une voiture dont Dieu aurait placé le mode d'emploi, la loi naturelle, dans la boîte à gants. Voir la personne réduite à une voiture et les religions, ces voies de passage vers le salut espéré, rabattues à des trains, cela nous appauvrit et nous humilieextrêmement. Pourtant, l'analogie du train de voyageurs est assez rigoureuse, la religion nous aide à passer, et la vraie religion doit nous aider à passer de ce monde au Père de notre Seigneur Jésus-christ, Qui est aussi notre Père. Seulement, si les adeptes des "fausses religions" ont pris le mauvais train, sommes-nous embarqués avec eux dans une voiture pour louer le confort de ce train, ou leur faisons-nous cette remarque dans les adieux des quais de gare ?* 4. Mgr fellay croit discerner la véritable nature de l'œcuménisme dans la mésaventure arrivée, "à Rome, au plus haut niveau de la hiérarchie", à cet évêque chismatique portugais qui, au soir de sa vie, voulut revenir au catholicisme, et que les autorités romaines en responsabilité des évêques et du dialogue interreligieux refusèrent de recevoir parce que, "depuis le Concile, ce [ne serait] plus nécessaire" Et bien sûr, pas question de le renvoyer vers la FSSPX, qui l'avait pourtant adressé à Rome : "N'allez pas chez ces fosciles !" Mgr fellay croit voir dans ce refus de rome l'essence de l'œcuménisme, puisque c'est "au nom de l'œcuménisme" que le cardinal Kasper aurait explicitement refusé de le recevoir ! *Ici, on ne peut s'empêcher de regretter que le moyen de l'œcuménisme se prenne pour une fin ; et quelles que soient les analogies de la division de l'universel chrétien en trois branches avec la Trinité qu'un élan métaphysique aux limites du panthéisme peut nous entraîner à risquer, notre pâte humaine ne peut que souscrire à l'espoir que nous gardons toujours, au fond de notre cœur, du retour de nos"frères séparés" : "ut omnes errantes ad unitatem eclesiae revocare" (litanie des saints). Car la troisième voie en qu'on peut essayer d'ouvrir face au constat du recouvrement difficile de l'unité dans l'Eglise, c'est de s'abstenir de considérations sur l'essence de cette unité ; et, c'est de prier pour la communauté de foi dans une communauté d'eglise, si c'est la forme d'unité voulue par Dieu ; mais si l'unité de la structure n'est pas ce que dieurecherche, s'Il préfère que "le salut puisse avoir pour portes d'entrée toutes les sensibilités chrétiennes" (malgré le "subsistit in"), sous la protection cachée du chef de l'Eglise catholique, référend et protecteur de toute la chrétienté, consciente ou non de ce rôle du pape qui bénéficie à tous les confesseurs du christ, c'est à nous de mettre nos sensibilités en veilleuse pour accepter que vivre de cet œcuménisme au sein de structures éclésiales dissociées nous soit d'un plus grand profit, d'autant que cela réclame de nous une plus grande abnégation, pour apprendre à vivre de l'Union trinitaire.* II LES DISCUSSIONS AVEC ROME *En fait de clarifications, le discours de mgr fellay demeure assez confus, si bien qu'il est difficile de dégager, ne serait-ce qu'une chronologie, parce que mgr fellay, comme à son habitude, se laisse emporter par son discours, ce qui l'amène, par exemple, à annoncer trois conditions fixées pour la réintégration de la FSSPX dans une lettre du pape du 30 juin 2012 (donc postérieure au 13 juin) et à n'en énoncer que deux. On peut cependant dégager quelques lignes de force : * 1. Le 14 septembre 2011, mgr fellay est convoqué par la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF) pour procéder à une évaluation des discussions doctrinales qui ont eu lieu, deux années durant, et se voir remettre un "préambule doctrinal" pour analyse et signature avant tout accord pratique. *On croyait savoir que ces "discussions doctrinales" étaient un préalable posé par mgr fellay à Rome, et mgr Fellay continue d'ailleurs aujourd'hui encore de motiver son refus d'un accord pratique par la préséance de la doctrine sur une "belle situation" canonique.* Or mgr Fellay nous présente ici ces discussions comme ayant été initiées par la CDF pour lever des difficultés doctrinales qui se posaient dans la FSSPX (*mais dit-on la même chose ? Pourquoi n'est-il pas plus simplement parlé de "difficultés doctrinales" soulevées et ressenties par la FSSPX en face du concile.* Le cardinal Levada et ses assistants concluent cette évaluation des discussions doctrinales en affirmant qu'"elles ont atteint leur but, puisque chaque partie a pu exprimer clairement sa position. "Or les représentants de la CDF ne vont pas avoir une seule parole pour dire en quoi les objections soulevéées par la FSSPX sont "bonnes, mauvaises, justes ou fausses". La CDF présente à mgr fellay le "préambule doctrinal" comme un texte à signer, néanmoins modifiable, à condition de n'en pas changer la substance. *Quoique mgr Fellay ne le perçoive pas ou feigne de ne pas le percevoir, cette méthode de réception du "préambule doctrinal" ressemble à s'y méprendre à "la marge de discussion et de (critiquabilité) du concile", qui doit être appréciée selon la même méthode : non modifiable en sa substance, mais discutables sur les points litigieux. De même qu'on ne doit pas modifier la substance du préambule doctrinal, mais qu'on peut en préciser la rédaction, "on doit accepter le concile" (ce qui sera la conclusion de la CDF le 13 juin 2012, confirmée par une lettre adressée par le pape à mgr Fellay le 30 juin 2012), mais, comme le préambule doctrinal le stipule expressément, "il peut y avoir une discussion légitime sur certains points du concile qui font difficulté" dans le cadre d'une acceptation générale de celui-ci. Condition que mgr fellay résume ainsi : "Vous devez accepter le concile, après, vous pourrez en discuter. Mais si on l'a accepté, il n'y a plus rien à discuter." *La phrase prononcé par mgr Levada le 13 juin n'est pas contradictoire avec le principe qui semble se dégager de ce point désormais public du "préambule doctrinal" : "Vous ne pouvez pas dire qu'il y a des erreurs dans le concille", mais "la discussion légitime" vous permet de dire en revanche qu'"il y a des points qui", sans être erronés, font difficulté". 2. Le préambule doctrinal propose en outre un "cadre" à cette "discussion légitime des points qui font difficulté dans le concile" : c'est l'herméneutique de la réforme dans la continuité. (*Mgr fellay va d'ailleurs commettre un lapsus intéressant au cours de sa conférence : il considérera comme interchangeables les expressions d'"herméneutique de la Réforme dans la continuité" ou de "continuité dans la réforme". On doit donc entendre sous cap que le pape est essentiellement réformiste, voire accessoirement réformé. Ironie de la parole prise au piège de la liberté de son flux, mgr fellay dira, à la fin de la conférence que, si l'important n'est pas "que nous recevions le label catholique, quand bien même on nous excommunierait, nous devons protester… que nous sommes catholiques, et c'est cela qui les embête.")* De son propre aveu, mgr fellay va s'employer dans ses deux réponses au "préambule doctrinal", dont la seconde (dont il ne donne pas la date ici) précise la première du 30 novembre 2011 de portée volontairement générale, à "démolir" "le cadre" qu'on veut lui imposer pour "discuter" le concile : "l'herméneutique de la réforme dans la continuité". D'un côté, Benoît XVI condamne la rupture – "et c'est un point sur lequel nous sommes d'accord" - : "il y aurait une manière de comprendre le Concile qui serait fausse, expllique mgr Fellay décryptant la pensée du pape, c'est celle qui affirme que ce concile se pose en rupture avec le passé de l'eglise. Ce n'est pas une nouvelle Pentecôte, un nouveau début…" Cette critique de la rupture est en continuité avec la solution proposée par saint Vincent de Lérins pour sortir de la crise de l'Eglise qui avait lieu de son temps s'appuyer sur la partie saine, c'est-à-dire le passé. Le problème, c'est que benoît XVI ne s'en tient pas au passé : en introduisant le mot "réforme", il "bénit" tous les changements" introduits par le concile "auxquels nous nous sommes opposés". "Tous ces changements [résultant] du concile sont approuvés comme, non seulement bons pour l'eglise, mais aussi nécessaires." L'herméneutique dans la continuité est donc un cadre trompeur : il y a un point qui est juste, la condamnation de la rupture, et un point qui est faux, la justification des réformes conciliaires au Nom d'une "Eclesia semper reformenda". *De fait, "la Réforme dans la continuité" constitue bien un oxymore* qui induit, précise mgr fellay, deux conceptions de la tradition : 3. Au moment des Sacres, on avait reproché à mgr Lefebvre d'avoir "une vision incomplète de la tradition" : a) Mgr Lefebvre s'est toujours référé à la définition de saint vincent de Lérins : "ce qui a été cru toujours, partout et par tous". *La Tradition serait donc éternelle (comme les sionistes prétendent que Jérusalem est "la capitale éternelle et indivisible de l'Etat d'Israël"), quand même il a fallu attendre la prédication de l'evangile pour qu'on puisse croire dans le Mystère du verbe Incarné. Mais mgr fellay a un argument très solide à opposer à ce qui semble un anachronisme historique :* "L'esprit-saint n'a été envoyé que pour rappeler les Paroles du christ, et le Christ a dit ce que, de toute éternité, Il avait reçu du Père." *On serait tenté d'opposerà cela "l'autorité et la nouveauté" de l'enseignement de Jésus constatées par les foules et souignées par saint-Marc (1:22 et 1:27), mais il va de soi en même temps que cette nouveauté est pour nos oreilles tout humaines, tandis que l'autorité de l'Enseignement du christ est divine. Il y a un dynamisme humain qui se joint à l'Origine divine de la pédagogie et du Pédagogue. b) On aurait envie de dire que cette "autorité de (ou dans) la nouveauté" (sic) est ce qui contribue à rendre "la tradition" encore plus "vivante" que la simple adaptation du magistère aux conditions d'énonciation qui évoluent et doivent s'adapter aux changements de la situation historique des hommes au fil des époques. Mais on craindrait de hérisser mgr fellay, qui souligne au contraire* que "Rome utilise moins le concept de Tradition vivante". Pour eux, la tradition, c'est ce que fait chaque pape : chaque pape apporte une nouvelle strate de tradition. La tradition se construit par couches sédimentaires : la Tradition n'est plus l'objet, mais [ressort du] sujet qui transmet. *Pour les traditionalistes, Il ne peut pas y avoir de "développement interne" du dogme. C'est même le propre du modernisme que de penser que le dogme prend cette voie immanente pour préciser sa formulation.* C'est l'objet qui spécifie la tradition et non le sujet qui la transmet. Or "ils ont cassé la tradition". (Mgr fellay a ici des accents du : "ILS L'ONT DECOURONNE" de mgr Lefebvre). 4. La contradiction interne contenue dans "l'herméneutique de la réforme dans la continuité" peut expliquer qu'à romme, "nous fassions face à une contradiction, à une double communication, à une ligne officielle et une ligne officieuse", d'où la nécessité de rechercher constamment, à la fois "ce que veut le pape" et si ce que veut le pape est bon et acceptable pour la Fraternité." Mgr fellay donne plusieurs exemples de cette contradiction, dont il a même saisi le secrétaire d'Etat pour s'en plaindre, lequel était tout à fait dans la ligne officieuse, puisqu'il a promis à mgr fellay qu'une fois la situation canoniqueréglée, la Fraternité pourrait continuer de"tout attaquer", ce qui constitue aux yeux de mgr fellay une condition préalable de sa réintégration (*autant dire que mgr fellayprétend, enposant cette condition, être reçu comme "un ennemi de l'intérieur", à qui l'autorité permettrait de miner l'autorité (un fou du pape en somme ?), "ce qui est impossible pour une Autorité, reconnaît mgr Fellay lui-même)*. Mais revenons-en aux exemples de contradiction romaine pointés par mgr fellay, qui semble s'étonner qu'il y ait "des saboteurs" et des "faussaires" dans une curie qui devrait être "le bras droit du saint Siège", comme si tout groupe humain n'était pas soumis aux pressions contradictoires d'intérêts catégoriels divergents et comme si, dans le cas particulier de l'Eglise, il n'y avait pas depuis toujours des loups dans la bergerie : a) Contradictions entre dicastères. En septembre 2010, un prêtre qui a rejoint la FSSPX est excommunié par la congrégation des religieux en ces termes : "Le Père un tel a déchu de la foi en rejoignant formellement le chisme de mgr Lefebvre." Donc la cause était déjà jugée en septembre 2010 par la congrégation du clergé après la levée des excommunications et en plein dans les discussions doctrinales avec Rome.Je vais à rome et je proteste auprès de mgr Pozzo. Il ne m'a pas laissé finir ma phrase et m'a interrompu en disant que la commission "Eclesia dei" avait déjà signifié à la congrégation du clergé qu'elle n'était pas compétente pour prononcer un tel jugement et qu'elle devait par conséquent leréviser." (*Ici, on a moins à faire à une contradiction entre dicastères au sens strict qu'à une congrégation ou à un dicastère qui abuse de son pouvoir et de sa compétence.* b) La contradiction par des procédés dilatoires. Sur quoi, mgr Pozzo fait le geste de déchirer cette lettre. De même, au lendemain de l'ultimatum de la CDF, les interlocuteurs officieux de mgr fellay lui font savoir que tout ce qu'(il) doit faire de cette lettre, c'est de l'archiver. Ca ne veut pas tout à fait dire : la mettre à la poubelle, mais ça revient pratiquement au même.". Après que mgr Fellay a refusé l'ultimatum de la CDF, il rédige, sous la dictée de mgr di Noia, nommé pour trouver un chemin de conciliation avec la FSSPX, une lettre pour dire à la congrégation que "son texte est encore à l'étude". C'est une habitude à rome, lui explique mgr Di Noia, de dire qu'un texte est encore à l'étude pour apaiser les esprits. Mgr fellay de s'indigner qu'après cela, on écrive dans la presse que rome n'a pas encore reçu de réponse de sa part… c) Une contradiction dans les nominations. Mgr Levada démissionnaire est remplacé, à la tête de la CDF, , par mgr Müller qui, avant sa nomination, avait exprimé des positions très hostiles à la fraternité : "Les évêques (de la Fraternité) doivent redevenir prêtre ; quant à leurs séminaristes, il n'y a qu'à les renvoyer dans les séminaires diocésains." "Cela revient à dissoudre la fraternité, voilà ce que dit de nous notre responsable", commente mgr fellay. Comme cette nomination pose problème, le pape nomme un second interlocuteur: mgr di Noia, *chargé de déminer le terrain. Mais on a en effet l'impression d'un jeu de rôle, où l'un jouerait le rôle du méchant et l'autre celui du gentil. C'est une tactique classique de gouvernement, dont on voit mal comment on pourrait la proscrire de l'eglise, puisqu'il est recommandé aux disciples d'être rusés comme des serpents et doux comme des colombes. (Mt 10:22)* d) Une contradiction dans la position pontificale. "Le pape me fait savoir que résoudre le problème de la Fraternité est au cœur des priorités de son pontificat." Mais, après que j'ai reçu l'ultimatum du 16 mars, je courre-circuite le mandataire officiel et écris directement au pape. Le pape me laisse faire ce geste, puis, après un moment, me fait savoir que je dois envoyer la lettre que je lui ai expédiée par le chemin normal. La congrégation se contente de corriger mon texte de façon qu'on revienne à la case départ. A ce moment-là, j'écris au pape" (restitution oral du contenu de cette lettre) que, dès lors qu'il manifestait le désir de réintégrer la FSSPX dans la pleine communion de l'Eglise catholique, "j'étais [fondé à] conclure que vous deviez mettre en veilleuse (sic) le problème du concile. Si l'on remet – dans le texte qu'on nous donne à signer – les éléments du concile qu'on ne peut pas accepter, je suis obligé de conclure que je me suis trompé. Donc dites-moi vraiment ce que vous voulez." C'est la seule fois que j'ai reçu une réponse du pape datée du 30 juin et qui expose trois conditions pour que la fraternité soit reconnue. La première, c'est que nous reconnaissions que c'est bien le Magistère qui est le juge de la tradition. (…) La deuxième condition (dont on pouvait craindre qu'elle découlât de la première), c'est que vous reconnaissiez que le concile fait partie intégrante de la tradition apostolique" *Comme je l'ai déjà signalé, la troisième condition a été omise. Quoi qu'il en soit, on constate que, s'il a pu y avoir, avant et après cette date pivot qui marque l'unique fois où le souverain pontife est l'interlocuteur direct de mgr Fellay dans cette longue séquence de discussion, des assouplissements et des raidissements de la part du pape, le pape, dans cette unique lettre privée, ne désavoue nullement, voire reprend quasiment les mêmes termes que la CDF, ce qui, du moins, ne le met pas en porte-à-faux avec cet organe du gouvernement de l'Eglise et même si cela n'empêchera pas le souverain pontife de continuer à faire des propositions de régularisation canonique très favorables à la FSSPX, qui, à partir du 13 juin, ne veut plus faire aucune concession, mais pose au contraire trois conditions : "que nous soyons reçus comme nous sommes, que nous n'ayons pas à signer ce papier de rome, et que continue de nous être garanti le droit de critiquer (parfois décliné en droit d'attaquer)." Comme, à cela, mgr di Noia oppose la nécessité d'une "critique constructive" et que la CDF ne revient pas sur sa condition d'acceptation préalable du concile, avant la discussion légitime de tel point litigieux, condition dont mgr fellay fait une lecture maximaliste en plaçant l'acceptation au-dessus de la discussion et en estimant que la foi passe avant le confort d'une situation canonique régularisée, "nous sommes revenus à la case départ" est la conclusion qui s'impose et que le prélat tire légitimement de ses discussions avec Romesous le pontificat de benoît XVI. Mgr fellay est loin de nier la critique qu'on a peut-être manqué "une occasion historique" de signer un accord, comme l'ont nié beaucoup de suporters de la FSSPX, après la publication sur son blog d'un article de Jean-Marie Guénois, faisant état d'une ultime tentative de rapprochement de benoît XVI, information que le journaliste n'a jamais démentie bien qu'elle n'ait été confirmée par aucune des deux parties et ne semble fondée, à ce jour, que sur l'espoir qu'avait manifesté mgr fellay après l'annonce de la renonciation de benoît XVI, que "le pape ferait un dernier pas vers nous". Mgr Fellay, on l'a dit, reconnaît que les conditions qu'on lui proposait étaient favorables à un point que mgr Lefebvre n'avait jamais reçu de telles offres. Mais il assume d'y avoir opposé un "non possumus" tout à fait dans la tradition de l'action française, qu'il motive par la raison que la foi doit passer avant l'accord pratique et le confort d'une situation canonique, fût-elle une prélature personnelle à juridiction universelle. Il a beau appeler ses fidèles à prier pour que "le bon Dieu nous donne un bon pape", il n'y croit pas vraiment. Il prédit, à vues humaines, que le successeur de benoît XVI opérera plutôt un "gauchissement" à la mode Jean-Paul II, et que les cardinaux pourraient bien faire passer "un mauvais quart d'heure à la messe traditionnelle", sans toutefois aller jusqu'à accepter l'ordination des femmes ou la communion pour les divorcés remariés, ce qui serait, assurel'évêque dissident, "la dissolution de l'Eglise", "Quant à nous, qu'est-ce qu'il nous reste à faire" ? "Regarder les cardinaux", continuer à construire une espèce de sauve-qui-peut, un raffiot de sauvetage en se disant : "On verra bien". Mgr fellay avoue à demi-mots avoir fait un coup de poker inspiré par "la politique du pire", puisque des conditions aussi favorables ne se présenteront pas de si tôt : "Je ne vous promets pas la paix dans l'eglise avec le prochain pape". Mais il vit le flottement de ce retour à la case départ avec beaucoup de zénitude : "Il n'y a pas de quoi s'affoler". La vie a besoin d'aventure. Nous vivons dans "une rue cernée de tireurs d'élite". L'aventure que propose mgr fellay come geste à ses fidèles consiste à ne pas marcher dans cette rue comme en "temps de paix". On est plutôt dans l'évitement que dans "LA CHANSON DE ROLAND". Mais ne le prenons pas avec tant de condescendance : il s'agit de "faire son salut par des chemins d'exception". Cette aventure n'est pas qu'évitement,. L'héroïsme est au rendez-vous. Mgr fellay convoque le témoignage d'une mère de famille de ses fidèles qui, le même jour de Noël 2011, a perdu deux de ses enfants : sa fille cistercienne assassinée au Nigéria et son fils, fraîchement reconverti du bouddhisme, à qui des bouddhistes avaient présenté une croix pour qu'il marche dessus et qui fut exécuté, parcequ'il avait préféré l'embrasser. La zénitude de l'évêque helvétique consiste à préparer ses fidèles au martyre en leur parlant d'apocalypse, tout en les exhortant à ne pas penser à de telles scènes (quoique la suggestion soit dans l'esprit), mais à faire leur devoir d'état, comme si de rien n'était, "par amour du bon Dieu", au milieu d'un "champ de ruines" : "Ce n'est pas compliqué, la vie catholique. C'est exigeant, mais c'est très simple." Il suffit de faire une consécration à saint-Joseph, "terreur des démons", en ayant à l'esprit les promesses de fatima que " le cœur Immaculé triomphera". Du monde, de l'état actuel de l'eglise ("il n'y a pas de quoi s'affoler") ou de l'apathie de mgr fellay, preux chevalier du statu quo ou véritable risque-tout du combat décisif ? Comment savoir ! La sérénité dans les épreuves fait rarement bon ménage avec une piété craintive. ROME-FSSPX : CHRONOLOGIE D'UN MALENTENDU : Cette esquisse de chronologie prend pour guide les notes que j'ai prises à l'audition de la conférence de mgr fellay donnée à Nantes, laquelle conférence étant orale, omet beaucoup de dates. Cette chronologie est donc susceptible d'être amplement complétée et corrigée. 14 septembre 2011: convocation de mgr fellay auprès de la congrégation pour la Doctrine de la foi pour évaluer les discussions doctrinales des deux années précédentes et lui présenter pour analyse et signature le "préambule doctrinal" comme préalable à un futur accord pratique ; 30 novembre 2011 première réponse de mgr fellay au préambule doctrinal ; 16 mars 2012 : ce qu'on a appelé l'ultimatum de la CDF disant en substance que "le fait de refuser la proposition du 14 septembre 2011, explicitement approuvée par le pape, revenait à refuser l'autorité du pape, et donc, à travers deux canons dont seuls, les numéros étaient cités,exposaient à une condamnation comme chismatiques et à une excommunication. "Dans sa bonté, le pape vous laisse encore un mois pour réfléchir et, si vous voulez revenir survotre décision, vous avez un mois pour le faire savoir à cette congrégation." 22 avril 2012, réponse de mgr fellay à la CDF, qui lui remet une proposition de prélature personnelle, assortie d'un nouveau préambule doctrinal 13 juin 2012 : nouvelle rencontre de mgr fellay avec la CDF pour un constat de désaccord et d'échec 29 juin 2012 : sermon de mgr fellay où il constate que la situation est bloquée, après avoir essuyé le désaveu de la CDF, mais avant de recevoir la lettre du lendemain, signée du pape ; 30 juin 2012 : lettre du pape adressée à mgr fellay dans laquelle il reprend les arguments exprimés par la CDF du 13 juin. Et entre le 30 juin et la renonciation de benoît XVI ?

vendredi 1 mars 2013

Bilan théologique d'un pontificat catéchétique et théocentrique

"Le pape tourne le dos à la vie publique". Ces paroles d'un contributeur du "Forum catholique" ont donné corps à une intuition que j'ai eue dès le début du pontificat de Sa Sainteté benoît XVI (pape émérite, si vous voulez), intuition qui s'est confirmée selon les voies impénétrables de l'Imprévu de Dieu. Cette intuition était que ce pape aurait le charisme catéchétique. On n'a qu'à relire ses catéchèses d'histoire de l'Eglise au cours de ses audiences générales, lire sa catéchèse exégétique sur NSJC, lire encore ses encycliques sur les vertus théologales (il nous manque évidemment une encyclique sur la foi, mais "Porta fidei" ne peut-elle pas constituer une porte vers cette encyclique manquante?) pour voir que recatéchiser son Eglise aura été le charisme principal du grand théologien cardinal Joseph Ratzinger, devenu le pape benoît XVI. Comme j'étais assez déboussolé que le conclave ait élu un pape aussi âgé, je me disais: "son règne durera trois ans, comme la vie publique de NSJC." Eh non, il a duré sept ans, et le pape émérite aura comme pris soin de renoncer à sa charge avant que l'on célèbre le huitième anniversaire de son accès au souverain pontificat. Lorsque Jean-Paul II, nommant Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de la sainte face docteur de l'Eglise, à l'issue des JMJ de Paris en 1997, donna rendez-vous aux jeunes à Manille en l'an 2000, je me suis dit que, malgré son état de santé déjà déclinant, il avait reçu la Révélation du christ qu'il vivrait jusqu'en l'an 2000. Il a pu rédiger "tertio millenio adveniente", se rendre à ces JMJ, il a vécu cinq ans de plus, et aux dernières JMJ auxquelles il participa, il ne donna plus rendez-vous aux jeunes, il annonça simplement qu'elles auraient lieu à cologne. Faisons attention à une autre marque du pontificat de sa Sainteté benoît XVI: son dernier tweet "Mettez le christ au centre de votre vie". Tout au long de son pontificat, le message christocentrique aura été... central. Il n'est pas impossible qu'une large part de ses réserves à l'égard de Vatican II tiennent aussi à ce que ce concile soit plus éclésiocentrique que christocentrique. Comme le pontificats de Jean-Paul II et celui de Benoît XVI se complètent, on peut dire que le premier a été mariophanique, le second fut christocentrique. On a beaucoup dit que ce pape aura réconcilié l'eglise catholique avec l'orthodoxie. C'est vrai, mais Jean-Paul II lui aura préparé le terrain. Ce qui aura empêché les orthodoxes de se reconnaître dans ce pape tient à ses origines slaves. Benoît XVI a complété la réconciliation. Mais le christocentrisme de son approche est fait pour séduire les luthériens et rapprocher le terme d'une réconciliation plus profonde avec ceux-ci. Si l'on admet la centralité de cette dimension christocentrique du pontificat, cela permet de tirer deux autres conclusions: -La première est relative à la nouvelle évangélisation. Cette expression peut agacer, et elle agace dans toutes les sensibilités catholiques. Cependant, la "nouvelle évangélisation" pensée par Jean-Paul II était très proche de "la nouvelle Pentecôte" des charismatiques, dont l'avant-dernier pape partageait une grande part de la sensibilité et certaines formes de piété comme le rosaire, dont les charismatiques n'ont pas le monopole, bien qu'ils aient beaucoup contribué à relancer cette dévotion. Benoît XVI remettant l'accent sur le christocentrisme du Mystère éclésial, resitue la nouvelle évangélisation sur l'axe de la prédication, de la catéchèse, de la transmission kérigmatique et spirituelle. -La seconde conclusion nous amène à réinterpréter sa renonciation selon l'axe christocentrique, complété par le fait que ce pape aura voulu Imiter le Modèle de la Vie pubique du christ. Benoît XVI tient à dire qu'"il n'abandonne pas la croix"; mais comme il n'est pas le Christ, il ne juge pas nécessaire qu'on le voie sur la croix. Cette interprétation théologique de la décision de benoît XVI ne gomme pas, malheureusement, l'impact défavorable qu'elle aura sur le plan médiatique : une assimilation de cette renonciation, non seulement à la modernité, ce qui constitue à mes yeux un moindre mal, mais surtout à l'euthanasie : puisque le pape a voulu Partir Dans la Dignité, pourquoi empêcherait-il ceux qui le souhaitent de "mourir dans la dignité"? "Le canard enchaîné" s'est déjà engouffré dans ce type de brèches en titrant: "La renonciation de benoît XVI, fin de la Papauté Médicalement assistée". Sans parler du papier de raphaël enthoven dans "l'"express où ce philosophe, habitué aux jeux de mots, prétend qu'on ne peut pas approuver en même temps "Jean-Paul II, le pape missionnaire" et Benoît XVI, "le pape démissionnaire". Au-delà du jeu de mots, R. Enthoven pose une vraie question. Le pontificat de benoît XVI a été catéchétique et christocentrique. Sur quel point du Mystère de la Foi de l'Eglise mettra l'accent le prochain pontificat? Quelle réalité de ce Mystère nous donnera-t-il àvivre de plus près ?

lundi 18 février 2013

Le concile vu par benoît XVI

DEPPLACEMENT COMPLET DE LA PROBLEMATIQUE SUR "le concile réel" et "le concile virtuel des médias". On trouvera l'allocution en recopiant le lien suivant : http://www.zenit.org/fr/articles/benoit-xvi-raconte-et-explique-le-concile-a-ses-pretres Et voici la retranscription de ma communication de ce jour sur le forum catholique à propos du déplacement de la problématique entre "vrai concile" et "concile des médias", communication en dialogue, notamment, mais pas exclusivement avec des traditionalistes, qui voient dans ce discours-testament de benoît XVI l'expression d'une nostalgie qui ne va pas au fond de la "crise de l'Eglise. Cette analyse vise à montrer que( ?" . Cher scrutator, Hier soir, avant de me coucher, j'ai fait ce que j'aurais dû faire depuis le début de notre discussion autour de cette allocution de Benoît XVI à son clergé de Rome : je l'ai lue. Je l'ai lue et j'ai compris que nous avions tous cédé à nos passions respectives pour ne pas la recevoir pour ce qu'elle se donnait, un extraordinaire abrégé de l'histoire du concile, dont la distinction entre "le concile réel" et "le concile virtuel des médias" n'occupait que la troisième partie du discours, la plus courte, la plus frappante pour nos esprits, mais la moins profonde et approfondie, et qui ne peut certainement pas être interprétée comme nous l'avons fait les uns et les autres, et en particulier, ni en termes d'horizontalité ou de verticalité comme vous l'avez fait, en tirant cette conclusion journalistique et caricaturale que benoît XVI invite les catholiques à penser comme mgr Lefebre, tout en adhérant au Concile, mais en sachant ce qu'ils reçoivent. 1. Au préalable, essayons de résumer l'allocution de benoît XVI : a)Au départ, Benoît XVI montre quels étaient les cinq sujets de préoccupation de "l'alliance du Rhin", composée des épiscopats français, allemands, belges et néirlandais : l'attention devait se porter d'abord sur la liturgie, l'éclésiologie, la relation à l'Ecriture et à la révélation, enfin sur l'œcuménisme. b) Par la suite, sous l'influence des épiscopats extra-européens, mais le travail ayant largement été préparé par les français, le Concile devait s'occuper des relations de l'eglise avec le monde, à la fois pour donner une ligne éthique générale, ce qui fut l'objet de "Gaudium et spes", et puis pour adapter l'Eglise aux cadres politique extraeuropéens, soit aux Etats qui avaient la liberté religieuse dans leur patrimoine génétique, comme les Etats-Unis (qui se sont vraiment impliqués dans le Concile lorsqu'on a discuté de "la liberté religieuse"), soit aux Etats où l'Eglise était en relation avec des religions non chrétiennes et devait définir de manière normative les modalités de leur dialogue avec eux : ainsi, l'Eglise devait prendre en compte le conflit judéo-arabe, en faisant repentance pour la shoah commise, non majoritairement par des croyants, mais par des ressortissants de l'Europe chrétienne ; mais elle devait éviter l'écueil qu'une relation transformée avec le judaïsme ne la fasse sous-estimer le ressentiment des pays arabes après la création de l'Etat d'Israël. Benoît XVI situe ici l'origine des déclarations "NOSTRA AETATE", et "DIGNITATIS HUMANAE", CELLE-CI D'INSPIRATION AMERICAINE ET LATINO-AMERICAINE, COMME ON L'A DEJA DIT. C)DANS CE CONTEXTE, EN QUOI CONSISTE LE "CONCILE DES MEDIAS" ? IL NE CONSISTE PAS A ETRE PLUS REVOLUTIONNAIRE QUE NE POUVAIENT L'ETRE LES PERES EUX-MEMES, ET LES EXPERTS INVITES AU CONCILE. IL CONSISTE A INTERPRETER LE CONCILE "A L'EXTERIEUR DE LA FOI", EN TERMES DE "LUTTE DE POUVOIRS" ET DE "COURANTS". DE CE POINT DE VUE, BENOIT XVI NOUS DONNE UNE BONNE CLEF POUR COMPRENDRE CE QUE L'EGLISE ENTEND PAR "LE MONDE", AU SENS MONDAIN DE LA CREATION COUPEE DE SON CREATEUR ET QUI NE S'INTERESSE, DE CE FAIT, QU'AU POUVOIR ET AU PLAISIR. CE "CONCILE MEDIATIQUE" A CRU POUVOIR TIRER DE L'INTRODUCTION DES NOTIONS DE "COLLEGIALITE" ET DE "PEUPLE DE DIEU" L'IDEE QUE S'INTRODUISAIT LA DEMOCRATIE DANS L'EGLISE ET QU'ENFIN, L'EGLISE BANALISAIT SON GOUVERNEMENT POURLE METTRE AU DIAPASON DE CELUI DU "MONDE LIBRE". "LA LITURGIE" N'INTERESSAIT PAS A PROPREMENT PARLER LES MEDIAS, MAIS CEUX-CI FURENT SEDUITS PAR UNE THEORIE QUI AVAIT COURS DANS L'ANTHROPOLOGIE RELIGIEUSE (ET QUE BENOIT XVI A L'AIR DE PLACER CURIEUSEMENT HORS DU DEBAT DE LA FOI), SELON LAQUELLE JESUS ETANT MORT HORS DE L'ESPACE SACRE, LE CHRISTIANISME ETAIT "LA RELIGION DE LA SORTIE DU SACRE", PREMIER PAS VERS LA POPULARISATION DE SA REPRESENTATION COMME AUSSI " RELIGION DE LA SORTIE DU SACRIFICE", POPULARISATION DONT RENE GIRARD VA SANS DOUTE SE FAIRE, ANTHROPOLOGIE A L'APPUI, L'UN DES CHANTRES LES PLUS PENETRANTS. CE QUI INTERESSAIT LES MEDIAS DANS CETTE CONCEPTION DESACRALISEE DE LA LITURGIE CHRETIENNE ETAIT QUE CELA LA RAMENAIT A "UN SPECTACLE COMME LES AUTRES". LA LITURGIE POUVAIT ETRE "BANALISEE" ET DEVENIR "PROFANNE", COMME "LA GRAND MESSE DU VINGT HEURES", OU LA LITURGIE DES JEUX DU STADE OU DE LA RELIGION DU FOOTBALL. ICI, JE SORS DE LA PARAPHRASE DE L'ALLLOCUTION DE BENOIT XVI POUR LA TRADUIRE DANS MES MOTS, ET L'INTERPRETATION QUI SUIT EST AUSSI PERSONNELLE : CE QUI GENE BENOIT XVI DANS LES INNOVATIONS LITURGIQUES DE L'APRES-CONCILE, C'EST MOINS QUE CERTAINS CLERCS EN AIENT PRIS A LEUR AISE AVEC LES RUBRIQUES DE L'ANCIENNE MESSE, QU'ILS AIENT POUSSE CETTE LIBERTE JUSQU'A LA PROFANATION DU CULTE DIVIN. A LA LIMITE, J'AI L'IMPRESSION QUE, SI LA MANIERE DE CELEBRER ETAIT SUFFISAMMENT DIGNE, MEME AU PRIX DE CERTAINS"ABUS LITURGIQUES", POURVU QUE LA FOI RESTE SAUVE, BENOIT XVI N'AURAIT PAS PARLE DE "DERIVES GRAVES". - DIEU EST RESTE LE PREMIER SERVI" PAR "LE CONCILE REEL" : "ON A REPROCHE AU CONCILE DE NE PAS PARLER DE DIEU. MAIS LE CONCILE A D'ABORD PARLE DE DIEU, ET SUR LE MODE DE L'ADORATION QUI DEVAIT LUI ETRE RENDUE, EN S'OCCUPANT PREMIEREMENT DE LA LITURGIE", DIT EN SUBSTANCE BENOIT XVI -. LA GRAVITE DES DERIVES COMMENCE DES DIEU EST PROFANE ET LES LITURGIES "BANALISEES". SUR LA BASE DE CE RESUME SOMMAIRE, QUI ME CONTRAINT A LAISSER, AU MOINS PROVISOIREMENT, DE SUPERBES REFLEXIONS SUR L'EGLISE, JE VOUDRAIS POSER UN CERTAIN NOMBRE DE QUESTIONS QUI, A MON AVIS, REPROBLEMATISENT LE DEBAT, ET QUI PROUVENT QUE, DECIDEMENT, NOTRE RECEPTION D'UNE ALLOCUTION AUSSI RICHE ET PRESQUE TESTAMENTAIRE EST TROP IMMEDIATE POUR QUE NOUS NE L'ENVISAGIONS PAS DE MANIERE REDUCTRICE. ICI PAR EXEMPLE, JE NE VOIS PAS DE NOSTALGIE QUI POINTE. JE VOIS PLUTOT UN RECENTRAGE DU CONCILE SUR LA FOI, PROPOSE EN L'ANNEE DE LA FOI PAR LE SOUVERAIN PONTIFE QUI RENONCE A SA CHARGE EN RAISON DE SON AGE AVANCE ET DE SES FORCES DECLINANTES QUI L'EMPECHENT DE PORTER A LA CONDUITE DE "LA BARQUE DE PIERRE" TOUTE L'ATTENTION NECESSAIRE, BIEN QUE L'ON PUISSE TROUVER QUE CE SIGNE TOMBE A UN MAUVAIS MOMENT ET QUE C'EST UNE EPREUVE POUR L'EGLISE. 2. EXAMINONS D'ABORD LA QUESTION QUI VOUS PREOCCUPE, CHER SCRUTATOR. LE PAPE DIT-IL QUE "LE CONCILE DES MEDIAS" A ETE "HORIZONTALISTE ET HUMANITARISTE" ? MARGINALEMENT OUI, MAIS ESSENTIELLEMENT NON. OUI, PUISQUE LES MEDIAS VOULAIENT PROFITER DU CONCILE POUR ETABLIR "la démocratie religieuse" ET QU'ON PEUT CONSIDERER LA DEMOCRATIE COMME UN SYSTEME HORIZONTAL, MEME SI L'INJONCTION PARADOXALE DE LA DEMOCRATIE OCCIDENTALE EN FAIT DAVANTAGE UNE OLIGARCHIE QUI NE DIT PAS SON NOM. MAIS NON, PARCE QUE L'INTERET POUR LES RAPPORTS DE FORCE ET LES LUTTES DE POUVOIR EST UN TRANSCENDENTAL DE PACOTILLE, DONT "LA VOLONTE DE PUISSANCE" SINGE, AVEC UNE "insoutenable LEGERETE", LA TOUTE-PUISSANCE DE DIEU. ET NON ENCORE, SI L'ON AJOUTE A LA QUESTION PRECEDENTE CELLE DE SAVOIR SI "LE CONCILE DES MEDIAS" EST "HUMANITARISTE". NON, DANS LA MESURE OU, SI LE SECOND INTERET DES MEDIAS POUR LE CONCILE VISE A LA DESACRALISATION ET A LA PROFANATION DU "CULTE DIVIN", CELLE-CI EST FAITE POUR QUE L'HOMME PRENNE DU PLAISIR, ET LE PLAISIR NE SE PARTAGE PAS, ALORS QUE LE PROPRE DE L'HUMANITARISME, C'EST DE VOULOIR PARTAGER, BIEIN QUE SON INJONCTION PARADOXALE, SI VOUS VOULEZ, NE LE PORTE QU'A SAVOIR PARTAGER DU PLAISIR QUI, PAR DEFINITION, NE SE PARTAGE PAS, S'IL DEVIENT L'OBJET PRINCIPAL DE LA RECHERCHE. MAIS ON PEUT ALLER PLUS LOIN ET ABORDER LA QUESTION COMME VOUS LE FAITES, EN SE DEMANDANT SI LES GERMES DE L'HORIZONTALITE N'ETAIENT PAS DEJA PRESENTS DANS LE CONCILE. VOUS ACCUSEZ LE CARDINAL CONGAR ET KARL RAHNER, VOUS POURRIEZ AJOUTER DE LUBAC, DONT CERTAINS PERÇOIVENT LA THESE SUR "le surnaturel" . COMME UNE DENEGATION DU SURNATUREL. ETANT PROFANE EN CES MATIERES, ET PAS DU TOUT EXPERT, N'AYANT PAS LU "le journal du concile" DE CONGAR, NI LA THESE SUR "le surnaturel" DE RAHNER, BIEN QUE J'EN AIE PARLE D'ABONDANCE ET PRIVATIM, DEUX JOURS DURANT, AVEC UN PRETRE QUI AVAIT SOUTENU UNE THESE SUR CELLE-CI, ET N'AYANT PAS LU LE MOINDRE TEXTE DE KARL RAHNER, TOUT CE QUE JE PUIS DIRE EST QUE JE CROIS QU'ON A ACCUSE CONGAR D'AVOIR ETE FOUGUEUX DANS SA JEUNESSE ET D'AVOIR AUTREFOIS SOUHAITE QUE LE CONCILE SOIT UNE "REVOLUTION DANS L'EGLISE". (AU PASSAGE, BENOIT XVI NE SE CACHE PAS D'AVOIR CARESSE LES MEMES REVES ENTHOUSIASTES, CE QUI BAT EN BRECHE LES ARGUMENTS DES LISEURS QUI AVAIENT VOULU L'ACCUSER D'UN MODERNISME DISSIMULE ET DONNE RAISON A CELUI QUI A DIT QU'ON POUVAIT AVOIR UNE JEUNESSE FOUGUEUSE, ET EN REVENIR, AINSI QU'A LA RAISON AVEC L'AGE). JE NE SAIS PAS SI LE JEUNE YVES CONGAR FUT REVOLUTIONNAIRE. CE QUE JE SAIS, C'EST QUE SON ECLESIOLOGIE EST ESSENTIELLEMENTPNEUMATIQUE. IL VA INSISTER DANS SON ŒUVRE ECLESIOLOGIQUE, SUR LE TROISIEME POLE DE L'ECLESIOLOGIE TRINITAIRE PRESENTE DANS LE CONCILE : L'EGLISE COME "TEMPLE DE L'ESPRIT" (ET CHEZ CONGAR COMME GOUVERNEE PAR L'ESPRIT), LES DEUX AUTRES POLES ETANT L'EGLISE, "CORPS DU CHRIST" ET "L'EGLISE, PEUPLE DE DIEU" (POUR ASSURER UNE CERTAINE CONTINUITE ENTRE LES DEUX TESTAMENTS, A LA DEMANDE DES JUIFS, MAIS AUSSI A LA SUITE DE RECHERCHES THEOLOGIQUES QUI CONDUISAIENT LES PERES DU CONCILE A NE PAS RENDRE L'EGLISE UNE REALITE PUREMENT MYSTIQUE, A QUOI L'ON ABOUTISSAIT A NE LA CONSIDERER QUE COMME "CORPS DU CHRIST". TOUT CE DEVELOPPEMENT TRINITAIRE DEVAIT PROLONGER, NOUS DIT BENOIT XVI, L'ECLESIOLOGIE DE VATICAN I, A LAQUELLE L'INTERRUPTION PAR LA GUERRE FRANCO-ALLEMANDE DE 1870 AVAIT PU CONFERER L'"UNILATERALITE"DU "PRIMAT" DU POUVOIR CLERICAL DE CELUI QUI SE TROUVAIT AU SOMMET DE LA PYRAMIDE ECLESIALE. COMME A CHAQUE FOIS DANS CETTE COURTE ALLOCUTION ET A L'EXCEPTION DES RAPPORTS ENTRE L'EGLISE ET LE MONDE QUI A EMERGE DE QUESTIONS INTERNES AU CONCILE,, HORS DES SCHEMAS PREPARATOIRES, BENOIT XVI MONTRE QUE CETTE ECLESIOLOGIE DE VATICAN II EST LE PROLONGEMENT DE RECTIFICATIONS ANTECONCILIAIRES DONT LA PLUS REMARQUABLE AVAIT ETE L'ENCYCLIQUE DE PIE XII, "MYSTICI CORPORIS CHRISTI". POUR REVENIR A VOTRE QUESTION SUR L'HORIZONTALITE QUI NE SERAIT PAS ESSENTIELLEMENT LE FAIT (NI LE CONTRE-APPORT ESSENTIEL) DU "CONCILE VIRTUEL DES MEDIAS", MAIS SERAIT PRESENT DANS LE CONCILE LUI-MEME, BENOIT XVI NE S'EN DEFEND PAS, PUISQUE L'ECLESIOLOGIE DE VATICAN II DEVAIT COMPLETER CELLE DU CONCILE PRECEDENT, QUI N'ENVISAGEAIT L'ORGANISATION DE L'EGLISE QU'EN TERMES DE PRIMAT ET DE POUVOIR, LEQUEL POUVOIR CONCENTRAIT PRECISEMENT TOUT L'INTERETDU "CONCILE MEDIATIQUE". MAIS IL Y A UN MOMENT OU BENOIT XVI EMPLOIE EXPLICITEMENT LE TERME D'"HORIZONTALITE" : CELA N'A CERTES PAS VALEUR DEFINITOIRE AU SEIN DU CONCILE, MAIS C'EST LORSQU'IL SOULIGNE L'IMPORTANCE QU'ONT ATTACHEE LES PERES A "SE CONNAITRE, HORIZONTALEMENT", D'UNE MANIERE QUI, AJOUTE-T-IL, "NE TIENT NULLLEMENT AU HASARD". 3. AYANT REPONDU, ME SEMBLE-T-IL, A VOS OBJECTIONS SUR L'HORIZONTALITE CONCILIAIRE, ANTERIEURE AU "CONCILE VIRTUEL DES MEDIAS", JE ME PERMETS UN PETIT INTERMEDE EN SALUANT LA PERTINENCE DES ANALYSES DE NOTRE CHER ABBE PATERCULUS, QUI DISTINGUE, DANS LES TEXTES DU CONCILERENDANT COMPTE DES RAPPORTS ENTRE L'EGLISE ET LE MONDE, CEUX QUI SONT A INTERPRETER EN REFERENCE AU CONTEXTE DANS LEQUEL ILS ONT ETE ECRITS ET CEUX QUI NE SOUFFRENT PAS D'ETRE INTERPRETES D'UNE FAÇONDIFFERENTE, PARCE QUE LA STRUCTURE QU'IL VISAIT DES ETATS INTERCONFESSIONNELS DANS LES LARMES OU DANS L'HARMONIE NE S'EST PAS MODIFIEE DEPUIS LA REDACTION DE CES TEXTES. COMME JE VAIS A PRESENT ME TOURNER VERS LES FIDELES DE LA FSSPX, JE COMMENCERAI PAR LEUR DEMANDER, A LA FAVEUR DE CET INTERMEDE ET EN GUISE DE TRANSITION, S'ILS NE SONT PAS SENSIBLES A CE QUE LE REFUS DE CONSIDERER LE BIEN-FONDE DU "DIALOGUE INTERRELIGIEUX" PAR MGR LEFEBVRE PEUT TENIR, NON PAS A SA MECONNAISSANCE DU TERRAIN AFRICAIN – UN MISSIONNAIRE CONNAIT BIEN SES PAYS DE MISSION -, MAIS AU FAIT QUE MGR LEFEBVRE A QUITTE LE SENEGAL QUAND CELUI-CI N'ETAIT PAS ENCORE EN SITUATION POST-COLONIALE, DE SORTE QUE LE REFUS D'ACCEPTER UNE MULTICONFESSIONALITE OU DES RELIGIONS AYANT NATURELLEMENT VOCATION A SOUHAITER ETRE DOMINANTES, PEUT ETRE INTERPRETE COMME ALLANT DE PAIRE AVEC LE REFUS DE LA DECOLONISATION, CE QUI EXPLIQUERAIT QUE, DANS LES RANGS DE CEUX QUI ONT REJOINT MGR LEFEBVRE, SE TROUVENT BEAUCOUP DE CEUX QUI N'ONT PAS ACCEPTE LA PERTE PAR LA FRANCE DE SON EMPIRE. MAIS JE NE VOUDRAIS PAS QUE CETTE CONSIDERATION POLEMIQUE DE SOCIOLOGIE LEFEBVRISTE ME FERME LE DIALOGUE PLUS PROFOND QUE JE VOUDRAIS AVOIR, DANS MON POINT SUIVANT ET ULTIME, AVEC LES FIDELES DE LA FSSPX. 4. JE VOUDRAIS POSER DEUX QUESTION A CES FIDELES ET AUX PRETRES DE LA FSSPX : A) DANS SON ALLOCUTION, BENOIT XVI POINTE QUE, DANS L'ANCIENNEMESSE (L'EXPRESSION EST ICI DE MOI), IL SE VIVAIT SOUVENT DEUX "LITURGIES PARALLELES", L'UNE ENTRE LE PRETRE ET L'ENFANT DE CHŒUR LUI REPONDANT, EN QUALITE DE REPRESENTANT DU PEUPLE ET DES FIDELES ; L'AUTRE ETANT "LA PARTICIPATION INACTIVE" QU'APPORTAIENT A CES MYSTERES LES FIDELES LISANT LEUR PROPRE MISSEL ET QUI SAVAIENT A PEU PRES CE QUI SE PASSAIT DANS LA MESSE CELEBREE A L'AUTEL, MAIS QUI S'ESTIMAIENT INDIGNES D'Y PARTICIPER EN QUOI QUE CE SOIT. CES DEUX "LITURGIES PARALLELES" AVAIENT PU FAIRE COMMETTRE BBIEN DES INDELICATESSES, DEPUIS LES PAYSANS DU MOYEN AGE QUI VENAIENT A L'EGLISE COMME ON VIENT AU MARCHE SANS PRETER ATTENTION A CE QUI S'Y VIVAIT, JUSQU'A CE QUE RACONTE MADAME, PRINCESSE PALATINE ET EPOUSE DE MONSIEUR, QUI CONTINUAIT DE LIRE SA BIBLE DE PROTESTANTE CONVERTIE DE FORCE ET PAR CONVENANCE DE MARIAGE AU CATHOLICISME, TANDIS QU'UN PAGE ETAIT CHARGE DE REPONDRE POUR ELLE AUX PRIERES DE LA MESSE (ELLE CITE DANS L'UNE DE SES LETTRES L'EXEMPLE DU "NON SUM DIGNUS"). PLUS SERIEUSEMENT, EXPLIQUE BENOIT XVI, DES LA FIN DE LA PREMIERE GUERRE MONDIALE, LE COURANT NEO-LITURGIQUE S'ETAIT EMPARE DE CETTE QUESTION DES "DEUX LITURGIES PARALLELES" ET L'AVAIT INFLECHIE DANS LE SENS D'UNE "PARTICIPATION PLUS ACTIVE DES FIDELES". OR JE N'ENTENDS JAMAIS LA FRATERNITE SAINT PIE X SE POSITIONNER CLAIREMENT PAR RAPPORT A CE COURANT NEO-LITURGIQUE. VEUT-ELLE REVENIR AUX "MESSES BASSES" D'ANTAN, OU CONSIDERE-T-ELLE QUE L'INTRODUCTION DE PLUS DE BEAUTE, QUI REND LES CROYANTS PLUS RECEPTIFS AUX MYSTERES AUXQUELS ILS ASSISTE, CONSTITUE UNE AMELIORATION SUBSTANTIELLE DU RITE ? SI OUI, POURQUOI NE LE DIT-ELLE PAS A PLUS HAUTE ET PLUS INTELLIGIBLE VOIX, D'AUTANT QUE L'ATTRAIT QU'EXERCE LA FSSPX TIENT BEAUCOUP A LA BEAUTE DES LITURGIES QU'ELLE CELEBRE ? ALORS, POURQUOI NE PAS ASSUMER QUE LE COURANT NEO-LITURGIQUE DE L'APRES-GRANDE GUERRE AVAIT RAISON ? B) LA FSSPX REPROCHE SOUVENT A BENOIT XVI DE LUI DEMANDER DE REVENIR A "LA COMMUNION PARFAITE" AVEC LE SIEGE DE PIERRE. CETTE COMMUNION LUI PARAIT SOUVENT D'ORDRE MOINS SUBSTANTIEL QUE STRUCTUREL OU ORGANISATIONNEL. OR, POUR LA CLARIFICATION DES DISCUSSIONS ENTRE ROME ET LA FSSPX, CELLE-CI NE DOIT-ELLE PAS PRENDRE ACTE DE CE QUE DIT BENOIT XVI, DANS LA CONCLUSION DE LA PARTIE ECLESIOLOGIQUE DE SA MEDITATION DE L'HISTOIRE DU CONCILE, A SAVOIR QUE "C'EST LE FRUIT DU CONCILE QUE LE CONCEPT DE COMMUNION SOIT DEVENU DE PLUS EN PLUS L'EXPRESSION DE L'ESSENCE DE L'EGLISE, COMMUNION DANS LES DIVERSES DIMENSIONS, COMMUNION AVEC LE DIEU TRINITAIRE, QUI EST LUI-MEME COMMUNION ENTRE LE PERE, LE FILS ET L'ESPRIT-SAINT, COMMUNION SACRAMENTELLE, COMMUNION CONCRETE DANS L'EPISCOPAT ET DANS LA VIE DE L'EGLISE" (BENOIT XVI). JE SAIS BIEN QUE LA FSSPX OPPOSE A TOUT CELA QU'IL DOIT D'ABORD Y AVOIR COMMUNION DANS LA FOI. OR CETTE COMMUNION N'EST-ELLE PAS PRESUPPOSEE PAR LA PREMIERE APPOSITION-DECLINAISON DE CETTE COMMUNION DANS L'ENUMERATION QUE FAIT BENOIT XVI DES DIFFERENTS MODES DE COMMUNION DANS L'EGLISE : "COMMUNION AVEC LE DIEU TRINITAIRE". CETTE DIMENSION DE LA COMMUNION, SANS PREJUDICE DE LA COMMUNION DANS LA FOI, COMME ESSENTIELLE A LA VIE DE L'EGLISE, "ORGANISME" ET NON PAS "ORGANISATION" NE SERAIT-ELLE PAS A RECONSIDERER PLUS SERIEUSEMENT PAR CEUX DANS LA FSSPX DONT C'EST LA MISSION DE POURSUIVRE DES DISCUSSIONS DOCTRINALES AVEC ROME ? JE SUIS TRES HEUREUX D'AVOIR PU PARTAGER AVEC VOUS CETTE MEDITATION SUR CE DISCOURS QUI ME PARAIT TRES IMPORTANT, EN PLUS D'ETRE TRES BEAU, DE BENOIT XVI SUR L'HISTOIRE ET L'HERITAGE DU CONCILE. BIEN QU'ELLE M'AIT CONDUIT A TENIR POUR BEAUCOUP PLUS SECONDAIRE QUE JE NE L'AVAIS FAIT, SUR LA FOI DE LA PRESSE, LA DISTINCTION QUE FAIT BENOIT XVI ENTRE "CONCILE REEL" ET "CONCILE MEDIATIQUE", JE CONTINUE DE PARIER QU'ELLE RESTERA, ET QU'ELLE EST BEAUCOUP PLUS PERTINENTE, QUOIQUE NON EXCLUSIVE, QUE LA DISTINCTION ENTRE "HERMENEUTIQUE DE RUPTURE ET L'HERMENEUTIQUE DE LA REFORME DANS LA CONTINUITE", PARCE QUE LE CONTENU IDEEL DE CETTE DISTINCTION NOUVELLE DONNE AUX PROFANES QUE NOUS SOMMES LE REPERE DE LA FOI, ET NON PAS NOTRE TRADITIONNELLE ET INDIALECTISABLE OPPOSITION ENTRE HORIZONTALITE ET VERTICALITE, ENTRE TRANSCENDANCE ET IMMANENCE VITALE. EN ESPERANT QUE CERTAINS POURRONT TIRER PROFIT DE CES PROPOS BIEN CORDIALEMENT LE TORRENTIEL

lundi 11 février 2013

La renonciation de benoît XVI

C'est sous le choc d'un coeur orphelin et et comme endeuillé que j'ai appris cette décision du pape il y a deux heures. Décision d'un homme "libre", décision prise dans "la certitude" de "la conscience", qui est certes "éminemment respectable", comme l'a dit le Président de la république française avant moi, qui ne doit pas en être vraiment fâché. Le pape a annoncé cette décision en la fête de Notre-dame de Lourdes, lui qui a toujours tenu à marquer le rôle de Sainte bernadette dans sa vie, comme il l'a fait observer dans l'avion qui l'amenait en france en 2008. En deux pontificats successifs, nous aurons eu deux attitudes radicalement différentes face au déclin des forces et à l'avancement de l'âge: celle de Jean-Paul II, qui s'est accroché jusqu'au bout, même si on dit que la question de la démission l'a également effleuré, et celle de benoît XVI, qui en a parlé ouvertement comme d'une probabilité, avant de se décider à l'annoncer deux ans après la parution du livre où il l'évoquait comme possible. Jean-Paul II aura montré le visage du christ en agonie, Benoît XVI n'aura pas voulu donner son corps en spectacle, parce qu'il ne voyait pas que le renouvellement de ce témoignage pût en sa personne reproduire un effet bénéfique pour l'eglise. Nous avons, dans un cas, un pape qui a iconographié le christ et, dans l'autre, un catéchète, un prédicateur, pour qui l'essentiel de la mission était de L'annoncer. Pour autant, je ne puis me défendre de trouver ce signe étrange en un moment où l'édifice chrétien branle sur ses fondations, où les institutions ne sont plus stables, où certains parlent de "mourir dans la dignité", où les unions conjugales sont consommables et jetables. On s'est souvent plaint d'une dérive crémelinophile des cardinaux recrus d'années, qui ne savaient pas partir au bon moment. Benoît XVI rompt avec la coutume séculaire de laisser les catholiques voir en Pierre un roc qui tient jusqu'à la mort. Ce "père dans la foi" leur enlève ce repère. Le moment est-il bien choisi? Cette décision ne conforte-t-elle pas la société dans sa tendance à l'instabilité chronique? Je m'interroge en priant l'Esprit-saint d'inspirer le prochain conclave de donner à l'eglise le pape que la Providence a suscité pour elle !

lundi 4 février 2013

Non à l'élitisme pour tous!

Ma réponse à M. le professeur alain Labit: Que le temps soit le matériau premier de la musique, cela est contesté. Ca l'a été notamment lors d'un colloque qui fut diffusé sur "France culture" à l'occasion, si ma mémoire est bonne, des "rencontres de Pétrarque", qui avaient pour thème le temps. Il y a eu une intervention déniant cela, d'un certain Nicolas... « Ce peu profond ruisseau calomnié, la mort". C'est bien du Mallarmée, concentration d'une pensée très profonde en un minimum de mots entrechoqués.Ce que j'en comprends ou reçois, c'est que la mort n'est pas grand-chose, ou, pour le dire autrement, qu'il existe peu de distance entre la mort et la vie, entre le temps des vivants et le temps des morts, qui est peut-être le nôtre moins, non un vide, mais un inconnu. Ce temps nous est commun, rattaché, du côté des vivants, par la mémoire. Le matériau de la mémoire est le temps déboussolé, c'est peut-être là que mémoire et musique se rejoignent, et les religions ont pour fonction de nous aier à passer, donc elles ont une fonction dans "l'apprendre à mourir" humain, et comme la musique est un langage qui relie les vivants et les morts parce qu'il transcende le temps, il transcende l'espace, il est avec l'esprit, celui Dont on ne sait ni d'où Il vient, ni où Il va. "plus importante est la répétition, plus faible l'information, et plus indigent le résultat: la théorie de l'information nous apprend que la répétition tue l'information". Je réagis en béotien, mais pourquoi l'adage : "la pédagogie est faite de répétition" dit-il exactement le contraire ? Si je tire Alain Labit vers la conclusion où on le sent aller, il faut qu'une mélodie soit donc imprévisible. Voici ma réaction prévisible d'improvisateur : cette position pose deux problèmes : 1. Une mélodie imprévisible devient vite inchantable. Or Vatican II a prôné "la participation active des fidèles". Faut-il faire du chant d'assemblée ou du chant de chorale ? C'est une alternative, un choix. Si l'on opte pour la seconde solution, on en viendrait à vouloir créer l'équivalent d'un grégorien pour aujourd'hui. Pourquoi pas ? Mais l'autre problème est plus vaste : 2. Si l'on assume que l'information doit être maximale dans la mélodie que l'on se propose de composer, alors cela signifie que l'on convient que la musique doit êtrre le véhicule de l'information. Elle devient, soit un substitut, soit un canal de Dieu. Elle peut le devenir légitimement, si l'on pense que la prière tient à la fois de la surprise et du silence. Silence de l'assemblée prise par surprise par le message de l'Inconnu divin, du "tout autre". Mais, dans ce cas, on est dans un cantique à fonction didactique, on n'est pas dans un chant de louange. Là encore, c'est un choix. On peut aussi considérer que certains temps liturgiques sont dévolus à la louange et d'autres non. L'offertoire n'est clairement pas un temps de louange, mais qui des autres temps liturgiques ? si même le "kyrié" est un hommage à la Miséricorde de dieu beaucoup plus qu'un chant de pénitence, n'est-ce pas une louange? Et quid du chant d'entrée, dont le dynamisme du processionnal qu'il accompagne semble commander une action de Louange ? N'y aurait-il pas une certaine cohérence à considérer que le temps qui précède la "liturgie de la Parole" est un temps de louange, préparant le cour du fidèle à la dimension de l'eucharistie, "Sacrifice de louange", la dimension propitatoire pouvant intervenir ultérieurement au cours de la messe ? Le dézingage de "trouver dans ma vie ta Présence" est un classique et peut être musicalement rigoureux, mais c'est un dézingage de tous les cantiques populaires. Je préfère la réflexion suivante que je me suis souvent faite : pourquoi ne pas importer en l'état, quitte à transformer les traductions de Théodor de bèze, le répertoire huguenot français du XVIème siècle ? ce serait en outre un excellent moyen pour découvrir le choral protestant. Je crois qu'on peut dire sans trop de risque que "la liturgie chorale du Peuple de dieu" est un échec, parce qu'elle est trop demi-savante, de l'aveu même du frère André gouzes, qui disait - j'en ai été le témoin - que son niveau musical et celui de ses collaborateurs ne lui permettaient pas d'appréhender une ouvre de "grande écriture" telle que la messe que l'abbaye de sylvanès avait commandée à Karol beffa et à la création de laquelle j'ai participé, sous la houlette de Jean gouzes, le frère d'andré. Jean vilar ou pas, "l'élitisme pour tous" demeure un oxymore. "Les sept dons du saint-esprit", n'y a-t-il pas quelqu'amalgame entre le récit biblique de la première Pentecôte et son interprétation magistérielle ? Mais l'auteur du présent article pourrait me taxer de fondamentalisme biblique. "L'entertainment" ne constitue-t-il pas un certain mode de réveil ? bon, admettons qu'il y a entre l'entertainment et l'art la différence qu'il y a entre ce qui empêche de s'assoupir (qui peut être un excitant) et ce qui, non pas réveille, mais éveille. Là encore, la critique d'alain Labit contre les cantiques d'"entertainment" spirituel est en partie recevable, dans la mesure où l'"entertainment" procède de la peur de s'assoupir, qui elle-même procède de la peur du silence, contre laquelle la prière doit lutter plus que tout. Seulement, l'"entertainment" est aussi une façon de ne pas perdre la mémoire, comme la louange procède de l'anamnèse, que l'esprit-saint fait de dieu dans les "orphelins de dieu" que nous serions sans Lui. L'anamnèse est la conviction dont l'esprit nous remplit que nous ne sommes pas abandonnés, elle précède l'abandon à dieu. L'anamnèse est un retournement de la tendance de la mémoire à se complaire dans le malheur en louange. En cela, l'"entertainment" a tout de même du bon, et il faudrait faire attention à ne pas faire de la foi une vertu si grave qu'elle se prenne au sérieux. Vertu théologale émanant du Dieu créateur, la foi doit aussi se ressaisir de ceci, que "Dieu Crée par (et avec) fantaisie". La Création est fantaisie, et travail sur la fantaisie, mais travail inspiré, qui ne doit pas trop transpirer, mais surtout sentir la transpiration, pour contredire l'adage sur la répartition de l'inspiration et de la transpiratiion dans l'acte de création.

"quel chant pour nos liturgies"?

Quelle mélodie pour notre chant ? par Alain Mabit (Source : http://snpamc.over-blog.com/article-quelle-melodie-pour-notre-chant-114945528.html ) L'hymnologie catholique témoigne en France, depuis Vatican II, d'une diversification stylistique sans précédent, au prix, parfois, de certaines dérives. Or, pour avoir à maintes reprises échangé, ces quarante dernières années, avec des animateurs, des responsables de chorales liturgiques, des choristes, des prêtres, tous gens de foi, honnêtes avec eux-mêmes et des mieux intentionnés, je me suis aperçu que le support musical du chant, sur quoi seul portera cette contribution, ma formation ne me donnant pas compétence pour me prononcer sur les paroles, n'était souvent pas, ou était mal, évalué. Or, il doit l'être. Un cantique comporte, aussi, de la musique. Les paroles seules ne sauraient garantir sa légitimité, et l'on sait, le structuralisme et la théorie de l'information l'ont bien établi, que la forme enseigne autant que le fond. J.S.Bach, homme de foi s'il en était, a même pu, à plusieurs reprises, dérouter vers une cantate religieuse une aria d'origine profane. C'est dire que la musique, dans certaines conditions, porte en soi, en amont de tout verbal, une spiritualité. Certes pas dans n'importe quelles conditions. Cela vaut qu'on s'y arrête un moment. A minima, la musique a pour caractéristique de permettre à l'homme de construire un rapport singulier au temps par l'élaboration d'une combinaison réfléchie de son et de silence. Que le temps soit le matériau premier de la musique n'est pas anodin: la conscience du temps, et donc, implicite, celle de sa propre finitude, est le propre de l'homme; travailler le temps lui permet d'envisager et de dépasser l'inéluctabilité de cette finitude, ce que Mallarmé, parlant de la création, résumait en un très beau vers: « Ce peu profond ruisseau calomnié, la mort! ». On comprend ipso facto pourquoi les religions, qui ont vocation particulière à prendre en charge cette problématique, impliquent la musique dans leurs célébrations. Mais, pour susciter cette spiritualité, et l'exemple que j'ai évoqué le souligne à l'envi, il faut convoquer une dimension artistique, et mettre en jeu des savoirs, un artisanat, dont les ressorts sont parfaitement identifiés, et ne doivent rien à la subjectivité du goût, certes assez vite impliqué, mais dans un second temps. Cette contribution étant destinée à un lectorat généraliste, je ne peux m'étendre sur les nécessités les plus techniques de l'écriture d'une ligne vocale et de son harmonisation, mais peux m'arrêter sur un paramètre accessible à tous, et dont la maîtrise constitue un préalable sine quo non de toute tentative de création mélodique. Il s'agit de l'équilibre à observer entre répétitivité, prévisibilité, et renouvellement. Tout simplement, plus importante est la répétition, plus faible l'information, et plus indigent le résultat: la théorie de l'information nous apprend que la répétition tue l'information. C'est la traduction en termes d'esthétique d'une vérité bien connue de la neurologie: la première capacité du cerveau, c'est d'apprendre; non stimulées, ses fonctions sont vite menacées d'atrophie. J'illustrerai mon propos en examinant sous cet angle deux cantiques bien connus : · la ligne mélodique de Nous chanterons pour Toi, Seigneur s'énonce en quatre phrases; le rythme des trois premières est complètement identique; la part de prévisibilité est donc maximale, mais l'invention mélodique redonne vitalité à la ligne: chaque phrase a son galbe propre, le renouvellement est constant, et dynamise la mélodie. La phrase de conclusion apporte une sensation de plénitude, puisque rythme et courbe sont également neufs. La part de renouvellement étant élevée, la mélodie est de haute qualité. · à l'inverse, Trouver dans ma vie Ta présence propose un contre-exemple consternant : la mélodie n'utilise qu'un seul galbe, simplement raccourci dans les vers pairs, et se reproduit quatre fois identiquement en descendant marche par marche un segment de gamme, sans jamais le moindre élément de renouvellement. Cette monotonie et cette prévisibilité confèrent à ce cantique, quels que soient les mérites éventuels du poème mis en musique, un caractère de platitude et de niaiserie qui devrait, en saine justice hymnologique, lui valoir une obsolescence immédiate. D'autant que les références existent: la situation n'est pas nouvelle; la question d'une hymnologie en langue vernaculaire s'est posée depuis longtemps, dès le XVIème siècle dans le monde protestant, donnant le jour à un répertoire d'une qualité artistique et d'un pragmatisme ergonomique inattaquables. Hors l'absence, pour d'évidentes raisons théologiques, d'hymnologie mariale, on pourrait importer en l'état les Psautiers huguenots des années 1560 dans notre répertoire, avec le plus grand profit. Quelques psaumes (Nous chanterons pour Toi, Seigneur en est un bon exemple) se sont d'ailleurs déjà infiltrés. Et puis, quand même, une part non négligeable de la production d'après Vatican II, est parfaitement utilisable. Mais c'est qu'on a eu l'élémentaire prudence -et l'élémentaire correction!- d'y faire appel à des professionnels, poètes ou musiciens... Certains, là, me taxeront d'élitisme. Ce reproche sera parfaitement fondé. Élitiste je suis, et bien décidé à le rester ! Mais à la manière de Jean Vilar postulant en 1947, à la création du Théâtre National Populaire « L'élitisme pour tous! ». Seul le meilleur est digne des liturgies ! Il n'y aucune raison, autre que démagogique, de laisser l'hymnologie instiller dans les célébrations, et ressenties d'autant plus douloureusement qu'elles jouxtent des zones textuelles de haute qualité, des plages de régression et de vulgarité. Témoignant qui plus est, et c'est peut-être le corollaire le plus révoltant, d'un mépris d'autant plus pernicieux qu'inconscient envers les assemblées contraintes de régurgiter ces peu ragoûtantes bouillies! Qu'on m'entende bien: je ne souhaite pas camper le chant dans le seul territoire des musiques « savantes », qui y ont toutefois, de par leur qualité, plein droit de cité. Quand Âme du Christ s'approprie la Hatikvah, je suis, comme tout un chacun, sensible à la beauté plastique de la mélodie, et à la mélancolie poignante qui s'en dégage. Mais il ne faut faire aucune concession sur le niveau d'exigence des référents stylistiques qui articulent cette diversification, et donc posséder la formation nécessaire à leur évaluation. Pas de faux-fuyants possibles! Mais qui ont la vie dure! En quarante ans d'échanges parfois un peu crispés avec divers graphomanes, j'en ai regroupé de deux sortes : « Ah, tu comprends, c'est vrai: je n'ai pas fait d'études, je ne suis pas allé au conservatoire! Mais j'écris du fond de mon cœur ! ». « Le cœur, ce viscère qui tient lieu de tout! » s'irritait déjà Baudelaire. Ravel renchérissait, de son côté, en constatant que « Si les bons sentiments suffisaient à faire de la bonne musique, ça se saurait! ». Si écrire avec son cœur aboutit à Chercher avec toi dans nos vies, je suis prêt à trouver des charmes à la sécheresse d'un adjudant de carrière prussien ! Variante du précédent : on m'a même prétendu, il y a une vingtaine d'années, écrire sous l'inspiration du Saint Esprit. Je ne peux certes me prévaloir à demeure de relations aussi haut placées que mon interlocuteur d'alors, mais m'étonne, à la manière d'Umberto Eco s'amusant que les transes d'une célèbre visionnaire lui fassent évoquer la décoration d'une chapelle proche de sa résidence, que l'Esprit, lors, se révélât à ce point complaisant qu'il pût se mouler d'aussi bonne grâce dans le maigre bagage du plumitif en question. D'après mes souvenirs, il est rapporté qu'à la première Pentecôte, l'Esprit avait fait aux assistants sept dons qui avaient eu pour effet d'augmenter leurs compétences plutôt que de les réduire à l'illettrisme! C'est fou ce que les temps changent... L'hymnologie révèle, dans les dérives ci-avant dénoncées, une porosité entre l'art et l'entertainment qui procède d'une évolution sociétale et politique excédant largement les frontières du monde catholique. Pour autant, l'Église, si elle veut rester un lieu de réveil, ne devrait pas faire l'impasse sur la dimension artistique des chants liturgiques. Quand le sculpteur César a travaillé avec des poubelles, il a posé un geste de création en les compressant et en réarrangeant le résultat. Une poubelle, en son simple état, à moins d'avoir été signée par Andy Warhol, n'a aucune valeur artistique, et on ne devrait pas chanter sa foi ou la gloire de Dieu avec des poubelles. Alain Mabit Organiste co-titulaire du grand-orgue de l'Abbatiale Saint-Étienne de Caen. Professeur d'Écriture du XXème siècle au conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris