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jeudi 15 mars 2012

Résistance arabe versus nostalgérie

Du Croissant de lune, le 14 mars à 7h49

(…) "Nous y reviendrons, mais qui parle de France prosternée? Je la veux libre, au contraire. Or, l'état de liberté et de justice, peut être un fait d'élévation pour certains, il coûte à d'autres, et il faut qu'il coûte quelque chose.


Si je dois des excuses, moi, ça pourrait, mais pas sans qu'en revanche, tu n'aies pleinement reconnu, la toxicité de ton histoire de hauts faits Algérien, servie devant moi!


Bien vrai que tu m'accompagnes, très loin, mais alors, comment se fait-il, que tu ne sois pas totalement débarrassé de certains automatismes et mécanismes suprématistes? Comme tu m'accompagnes, je suis d'autant plus exigeant, ne comprends-tu pas? Je ne veux plus du tout, raser les murs, c'est fini. Je soufres trop.


Croissant de lune."


Du torrentiel le 14-03-12 à 10h54

"Qui parle de France prosternée? Mais toi, de la manière dont tu m'enjoins de, dont tu exiges que je me rende, prosterné ou les mains liées, c'est tout un,, dont tu attentes à ma souveraineté morale.

Qui parle de te faire raser les murs ? Pas moi, au contraire, je crois que je l'ai prouvé.

Quant à ce fait algérien que j'ai allégué devant toi, je n'ai pas à le retirer, ni à en contester l'authenticité, puisqu'il m'a été narré, t'ai-je dit, pas du tout par le premier blanc-cassis venu, comme tu dis, mais par un héros militaire, un loyaliste, un homme dont, quand il est mort (et c'était l'impression qu'il donnait), quelqu'un a dit que, malgré les conflits qu'il avait traversés, "les ailes de son innocence n'avaient jamais été froissées", quelqu'un qui, au sortir de la guerre d'Indochine, embarqua les premiers "boat-people", quelqu'un qui ne laissa pas les Harkis aux mains de ceux qui en réclamaient vengeance parce qu'ils avaient combattu avec lui : le "crabe tambour", le lieutenant de vaisseau Pierre guillaume.

Tu veux m'obliger à renier mon histoire, il n'en est pas question, aussi longtemps que tu n'auras pas eu le courage de regarder la tienne dans les yeux et de reconnaître cette chose simple qu'au minimum, dans la guerre récente d'algérie, qui lui valut l'indépendance, ce qui n'était que justice, ni les Français, ni les algériens n'ont eu à s'enorgueillir de ce qu'ils ont fait. Je sais qu'en robespierriste, tu ne condamnes pas la vengeance politique, mais tout de même, ce ne sont pas les français qui sont responsables, après cinquante ans, du fait que les factions algériennes n'ont cessé de régler leurs comptes depuis l'accession à l'indépendance de l'Algérie, se sont enlisées dans des règlements de compte sanglants. Pas plus que les puissances ne sont responsables de ce que les Libyens, soi-disant libérés de Kadhafi, s'écharpent à présent entre tribus, comme on pouvait le craindre, sinon que leurs stratèges auraient dû le prévoir, avant de s'engager à corps perdu dans cette guerre, pas uniquement par mercantilisme, il serait trop simple de ne voir que cela.

Là où je veux bien faire un bout de chemin avec toi, c pour reconnaître que la france a fauté dans la conquête de l'algérie, d'abord parce qu'elle était illégitime en soi, et ensuite du fait de sa barbarie tout à fait unilatérale.

D'autre part, les idées nauséabondes quiont ferrmenté durant les siècles de la chrétienté finissante et déjà renversée, en un mot, durant les siècles qui ont suivi la révolution française et qui ont accéléré le processus des guerres totales et mondiales, dont le spectre couvait sous la passion de l'égalité que tu nous prêtes, font que nous récoltons ce que nous avons semé et que, nous qui voulions nous accaparer de terres , qui ne nous revenaient pas, avec une rapacité bourgeoise ; mais aussi et dans le même temps, par un besoin bourgeois de médire sans rien encourir , nous qui nous laissions aller à l'antisémitisme le plus facile et le plus bas, voici que nous sommes rattrapés par ce que nous avons laissé fermenter et que notre souveraineté morale et nationale est prise en otage entre le nationalisme tentaculaire israélien, dont nous n'osons nous désolidariser au Nom de ce que nous croyons être les droits de dieu, dans ce qui reste de notre inconscient chrétien, et le cri de l'humanité souffrante, poussé par les peuples arabes opprimés et sous-puissants, dont nous avons accepté que, par nous et par d'autres, ils aient failli être rayés d'un trait de plume en Algérie et en Palestine par l'invasion des nôtres ou consentie de notre fait, ce qu'ils dénoncent au nom des droits de l'homme, avec un arrière-plan religieux qui leur est propre.

Notre laïcisme n'a pas de leçons à donner, car c'est au nom de ce qui lui reste de fonds théocratique qu'il soutient le sionisme. En vain l'islam en appelle-t-il aux droits de l'homme, car les droits de dieu ont toujours été supérieurs, au fond de tous les subconscients, même occidental, à l'émancipation et l'expansion de l'individu. De plus - mais que veux-tu y faire ? -, dans toutes ces affaires-là, les lois ataviques demeurent les plus fortes. L'atavisme musulman, c'est d'être né d'un procès légitime en légitimité ; l'atavisme chrétien, c'est de n'avoir pu accorder la légitimation d'Ismael parce qu'elle était portée par un prophète postérieur à Jésus.

De sorte qu'on en est là, que les musulmans accusent, les juifs se victimisent et les chrétiens culpabilisent. On n'arrive pas à en sortir. Et on n'y arrivera pas tant que, ne t'en déplaise, un certain pragmatisme ne fera pas trouver à tout cela des solutions provisoirement viables, mais l'humanité ne peut bâtir que des solutions provisoires.

J'ai écouté l'émission "réplique" sur "les origines du conflit israélo-palestinien". Y était invité, à débattre avec un historien juif et belge assez léger dont j'ai oublié le nom, auteur d'un livre intitulé "Palestine, terre promie, trop promise", Henri Laurens, professeur au collège de france, dont on se demande, dans le climat ambiant, comment il arrive à y maintenir l'existence de sa chaire. Il est l'auteur d'une somme en cours de rédaction sur l'histoire contemporaine de la Palestine. Il est d'un soutien sans équivoque aux Palestiniens. Il est le premier à reconnaître qu'on ne peut pas demander à ce peuple de souscrire au droit inaliénable à l'existence d'un Etat qui implique son anéantissement, ou du moins le dol d'une part importante de la jouissance de son territoire géographique et existentiel au nom de prétendus droits historiques, reposant sur une promesse religieuse, par définition hypotétique. Mais il ajoute aussitôt que, ce qui importe dans l'immédiat, c'est de trouver un compromis, fût-il provisoire. Ce compromis, Alain finkielkraut et l'historien auquel il était confronté en sont tombés d'accord avec lui, passe:

- par une évacuation israélienne des territoires de Sisjordanie - le moindre des paradoxes d'Israël n'étant pas que le territoire où se développe son etat ne corresponde pas, pour l'essentiel, à celui de la Promesse de la terre - ;
-
- - par un partage de la souveraineté des lieux saints, qui se trouve, dans les faits, sous responsabilité palestinienne et qui doit le devenir de droit, à l'exception de la toute petite portion du mur des lamentations ;
-
- enfin par une reconnaissance du principe du droit au retour des réfugiés, dont Henri Lorans parie qu'ils ne reviendront pas en masse, mais qui pourront choisir entre ce retour et une indemnisation.

Que les contours de ce compromis ne soient pas de nature à te satisfaire, je le devine aisément ; que tes hommes d'arme combattent et, s'ils te donnent la victoire, je te promets ma neutralité. Mais tu ne peux m'affranchir des droits de Dieu qui sont, à mon subconscient, plus importants que les droits de l'homme. Ton holisme simplificateur (ce qualificatif n'est pas nécessairement péjoratif dans ma bouche) ne comprendra pas que s'opposent pour moi les droits de l'homme et les droits de dieu. Ce sont les reliques ataviques de ce que tu appelles l'ambiguïté chrétienne, au sens littéral où, tout ce qui est humain, le christianisme le pose en dualité : les deux natures du Verbe incarné, l'ivraie et le bon grain, la culpabilité et l'innocence positive comme une "force qui va". Au non endiguement total de la violence, s'oppose l'ambivalence de la proposition de ma "paix perpétuelle" d'un christianisme kantien, qui ne méconnaît pas qu'elle est parfaitement irréaliste. Nos deux approches de l'homme sont deux manières de répondre à son imperfection. Laquelle des deux est la plus droite ou la plus efficace ? Laquelle des deux répond le mieux à la nature humaine ? L'histoire tranchera, et ce "Dieu Infiniment Simple", qui a créé un homme au coeur complexe.




Du Croissant de lune, le 14-03-12 (à 14h11)

"Oh, ça suffit! D'où tu tires tes informations Libyennes? Non, les choses ne se produisent pas tout-à-fait, comme vos faussaires l'espéraient. Non seulement le point de vue tribal ne l'emporte pas, mais plus largement, une étude faite en 2011, tend à démontrer, qu'il y a bien une opinion publique Arabe unitaire, avec d'infimes discontinuités selon les précarrés considérés. Ces différences, semble-t-il, n'excèdent pas les différences à l'intérieur d'un même précaré, il y a un public Arabe, qui veut une défense commune, une monnaie unique, une direction politique, bien supérieur à ce qu'il en est dans l'artifice Européen! Ne rêvez pas trop, la Libye ne va pas comme ça, selon vos simples désirs, se synder en souverainetés tribales, perdez cet espoir lamentable, résignez-vous!


Ce que tu me dis des droits de Dieu, opposés aux Droits de l'Homme, voilà une chose qui est sur le tapis, depuis pas mal de temps, à l'O-N-U. Ce sont vos gouvernements et faussaires qui s'y sont opposés, puisqu'il y avait une déclaration Musulmane des droits de l'Homme, qui comportait les Droits de Dieu. On eut recours, ignoblement, au subterfuge des gays, naturellement. Or, je sais que vos gays, sont indifférents aux étrangers qu'ils consomment, fais excuses. Je m'en suis enquis auprès de représentants de leur lobby. J'ai même posé la question, de savoir, si tous ce qu'on demande en fait de droits, vaut bien pour tout le monde, et si même, tout simplement, on s'enquiert de savoir, ce qui se passe ou pas, à l'étranger. C'était dans une réunion d'une association Bordelaise, extrêmement libre, à tous égards. Eh bien, non, ils ne savaient pas ce qui en court, dans les pays où ils vont consommer, puisqu'ils consomment, pardis, n'ayant rien à faire des êtres consommés, sauf à leur filer leur sale fric. Il fallait, à les entendre, qu'il y eût juste assez de liberté, pour que les touristes ne soient pas gênés dans leurs batifolages. Les droits de Dieu, mais ce sont vos gouvernements, la France en particulier, qui y fait obstacle. Alors, ne me bassine pas avec ça.


Allez, sur un autre plan, toi, qui ne conçoit pas qu'on puisse tenir contre soi-même, tu trouves ordinaire qu'il y ait eu le phénomène Harki! Il semble certains que ceux-là, ont prolongé la guerre, au-delà d'une certaine phase. Sitôt qu'on en fit usage, du fait de leur capacité d'information, il y eut un relatif succès militaire de la France. Et pardonnes-moi, mais les tortures dans l'hexagone, furent de leur fait, en grande partie!


Quant à ton héros, à toi, je ne comprends pas ce que signifie que de rester innocent, au travers des guerres assymétriques et coloniales. S'il fut des commandos, parfaitement impossible, fais excuses. Je connais le Catho bourlingueur, précisément, qui fut réfractaire, et pour cette raison, fut d'office versé à vos commandos. Questionnes donc, si tu en as le courage. Demandes comment ces héros, faisaient pour savoir, quand donc, les combattants allaient revenir dans les villages? Il faut pas rire. Il y a un détail inavouable, qu'ils ont éludé dans leurs récits, qu'ils ont soigneusement sélectionnés. On examinait, les pubis des femmes, et si elles s'étaient récemment rasés, on supposait que leurs maris de maquisards, allaient bientôt rentrer! On les forçait donc, à se dénuder. Tu dis quoi de ça, Blairaud?
Oui, par la colère de Dieu, vous n'avez plus un seul héros, depuis 45, sauf ceux qui ont tenu contre les leurs, les bons harkis, en quelque sorte, puisque ceux-là, tenaient pour le droit contre le tort. L'héroïsme sied mal, aux puissances coloniales, fais excuses. L'héroïsme est l'attribut du faible contre le fort, sans contredit, il est loin de votre vécu, vous n'avez pas le droit d'y prétendre, sauf à tenir contre vous-mêmes et pour le droit.

Puis quant à juger ma propre nation, je suis bien capable, j'identifies bien ses torts, notamment la léthargie, le littéralisme-formalisme, une tendance maladive à la dispercion, un individualisme plus grand qu'on ne croit, et il y eut des choses comme l'absence de succession par primo-géniture, qui nous affaiblit beaucoup, dans les guerres des Croisés et Mongolles. Je connais très bien nos faiblesses, ne vas pas te la chanter, je sais les servir, au bon moment, entre nous. N'imagines pas que les autres, soient si sots, non plus, sans quoi, pour toi, la vie serait belle. Ils recherchent en effet, leur propres faiblesses, les identifient, en tiennent compte. Les Islamistes authentiques, je pense qu'ils sont comme moi, différents des sots que tu imagines, de ces stupides consommateurs religieux dits Salafistes, ce sont ceux, qui au contraire, de ces salafistes, ont les réponses déconcertantes à tes questions, qui ne veulent pas que ton point de vue l'emporte, ceux qui vraiment, te portent à bas! Que croyais-tu? T'attendais-tu à n'avoir à faire, qu'afvec une nation sotte? Perds espoir. Nous savons ce que vous êtes et que vous n'êtes pas, vous ne pouvez pas nous la raconter.


Croissant de lune."


Du torentiel, le 14-03-12 (à 18h)


Croissant de lune,

tu me méconnais à ton tour, toi qui manies l'insulte.

1. Je ne tiens pas pour les droits de l'homme. Je n'y crois pas. Je les ai dépréciés en parlant de l'inconscient théocratique de l'Occident, qui tient pour sa version des droits de Dieu, mais ne le sait pas.

2. Je ne suis pas ignorant , comme tu crois. Je sais fort bien qu'il y a eu des atrocités commises par les nôtres. Mais, y compris ce que tu me racontes, était moins atroce que ce à quoi la personne que je te dis s'était opposée et dont j'espère qu'il te souvient. L'innocence de cet homme, sa loyauté, consistent à avoir été véridique, à avoir même consacré le reste de sa vie à faire la vérité. Il a dit n'avoir jamais vu de ces choses, pour sa part, mais avoir su qu'elles existaient. Mes oncles maternels, pour la leur, qui ont eu leur vie bousillée parce qu'ils ont voulu jouer les héros pour quitter leur père un peu plus tôt que la loi ne les y autorisait, disaient préférer ne pas dire ce qu'ils avaient vu, et, pour l'un d'eux, ce qu'il avait fait. Ce qui laisse tout supposer, ce que tu m'écris là et bien pire. Bien pire, comme la manière dont les soldats du FLN traitaient les fellah.

3. Le phénomène harki, je ne dis pas qu'il est glorieux. Je pense que ceux qui se sont engagés dans cette voie, pour la plupart d'entre eux, ont suivi la route commune de ceux qui travaillent contre eux-mêmes. Il y en a dans toutes les guerres. D'autres ont peut-être réagi par crainte du système qu'ils voyaient mettre en place par le FLN et auquel ils préféraient le système existant. On leur avait surtout donné des gages que l'on n'a pas tenus envers eux, je parle de la france. Quelles que soient leurs motivations, nous, Français, leur devons notre loyauté. Or c'est pitié de voir comment ils ont été parqués et traités. Je conçois, car je te connais, que tu penses que les chiens ont été traités comme des chiens.

4. Il n'est pas dans mes habitudes de prendre mes interlocuteurs pour des imbéciles.

6. Je suis sûr qu'il t'arrive de penser contre toi-même. Mais, pas plus que moi, tu ne tolères qu'un autre le fasse à ta place.



Du Croissant de lune (le 14 mars (à 23h22)

POINT PAR POINT

Bien, tu ne tiens pas pour les droits de l'homme, c'est ton premier terme. Selon toi, l'Occident, inconsciemment théocratique, tient pour les droits de Dieu sans le savoir. Admires donc, puisque c'est ainsi, selon ton propre aveu, comment ma Nation, assume ouvertement et revendique ces droits divains, qu'elle a tenté d'insérer dans une déclaration, se heurtant à l'obstruction des tiens. Je me souviens même encore, que la pouf, Caroline Fourest, s'était réjouie de ce tour de passe-passe, qui consistait à mettre sur la table la question gay. Sur cette question, si on voulait, il y aurait bien des sollutions en normativité Musulmane, mais l'état présent de la Nation ne le permets pas, semble-t-il. Donc, l'un n'assume pas la totalité de ses aspirations profondes, tandis que l'autre revendique et écrit tout, en pleine lumière. Encore une fois, il y a confirmation de cette ambiguïté intrinsèque, laquelle doit remonter, il semble bien, à cette dénégation fondamentale, vous avez tu et nié, qu'Ahmed vous fut annoncé. Il s'en suit, que ta proposition se ramasse, puisque vous ne sauriez tenir pour les droits de Dieu, dès lors que vous démentez sa parole véridique.


2. : Décidément, l'usage d'arme blanche, est pour toi, ce qu'il y a de plus cruel, bien davantage que le phosphore blanc. Depuis quand, combien de temps, vous avez, vous, perdu la culture de l'arme blanche? Pas depuis des millénaires, il me semble, non? Alors comme ça, ça t'impressionne. Et l'idée de violences physiques à mains nues, te soulève de scandale. Objectivement, je ne vois pas pourquoi. De toute sorte, ton héros, n'avait pas le droit de se tenir en armes sur notre sol, lui, parce qu'il est conscient de sa supériorité Française, voire Judéo-Chrétienne, mais aussi, de sa supériorité matérielle, en quoi se pardonne-t-il de s'être institué juge sur nos terres, et pourquoi s'héroïse-t-il de la sorte en nous dépréciant? Aucun applomb ni fierté, ne sied au Français, sur ces thèmes, par la colère de Dieu, toute justification ou allègement vous enlaidit! Voilà pourquoi, je ne souffre pas du tout, qu'un autochtone se tienne debout devant moi, face à moi, sur ces questions, je ne le permets pas, je ne veux plus le tolérer!


3. : D'accord, le phénomène harki, existe dans toutes les guerres, en toute occupation. Vous avez eu les vôtres, il me semble. Qu'est-il arrivé en Algérie, à cet égard? Est-il vraiment concevable, que la France, en prenant le temps de négocier les accords, ne puisse pas évacuer ses serviteurs? Non, bien sûr, puisqu'elle a su évacuer les autres, fais excuses. Hélas, l'explication est tellement simple et triste, on ne pensait pas, que l'Arabe était l'égal du Français, il en coûtait peu d'en faire le traîtreux abandon. Les motivations de ce phénomènes sont hélas connaissables. D'abord, on ne cite jamais la persuasion. Il était risqué de refuser de servir la France, étant ce qu'était, le régime de terreur Française, non? Ah, jamais on ne te parle ainsi, et tu t'es plu à t'imaginer qu'il n'y avait, qu'un régime de terreur du maquis! Il est ordinaire de se plaire à ce qui ne nous fait pas offense. Il y avait une terreur Française, évidemment, et elle est antérieure à 54, elle est nécessaire au fait colonial, pas de colonialisme sans terreur, ou sans torture. Celle-là, bien sûr, existait depuis toujours, et l'idée d'une colonisation douce, ne vit que dans les esprits tortueux, pas dans le concret de l'histoire.

Il faut ajouter qu'en Algérie, les forces armées, comptaient beaucoup d'Arabes, conscription, service, et en passant, les Juifs en étaient exemptés, bien qu'ayant droit de votte au premier collège, pour ainsi dire le seul qui compte. Ces conscrits nombreux, ne pouvaient choisir, par définition. Puis la France a ramassé et soudoyé moyennant salaire dans les couches les moins nobles du peuple, les journaliers, les sans-travails, les oisifs sans métier... On trouvera, dans la Harka, peu de ces fils de petits fellahs propriétaires de leur maigres lopins, et propriétaires de leur dignité. Ceux dont les enfants tracent des lignes droites sur les cahiers d'écolier, ne sont pas des harkis, ils sont le tuf de la résistance.

Qu'est-il arrivé dans l'hexagone? La chose fut bien décrite, les caves d'immeubles où les harkis torturaient les suspects de résistance, voilà ce qui est prouvé. Ces gens, mangeaient la chair de leurs compatriotes, non? Tu devrais t'en scandaliser, toi qu'horrifie tant l'arme blanche et le coup de poing.

Qu'advint-il ensuite des Harkis? Il y eut diverses phases. Je crois savoir qu'ils ont bénéficié au cours du temps, d'aides et avantages particuliers. De toute sorte, dès le début, ils eurent le statut de citoyens et non pas celui de migrants. Ce qu'on se refuse à voire, c'est qu'en effet, la France les a disposés en certaines zones, presque pour les cacher, comme par honte, voilà ce qui advint. Il acvint aussi, ce qu'on se refuse à voire, c'est que les descendants de Harkis, n'ont pas eu de grands succès, du moins, comparativement à des populations semblables. On aurait pu s'attendre à plus de réussites, il n'en fut rien. Pourquoi? En raison hélas, de la tare initiale, c'est ainsi! En les payant d'un vil salaire, la France leur a soustrait leur fierté, cette belle fierté Arabe, ils l'ont perdue, avec les conséquences psychologiques imaginables. Voilà ce qui advint, hélas, et honte sur la France pour ce lamentable forfait!


J'en reviens à l'histoire. Face à cette terreur Française, exercée directement ou par l'intermédiaires de valets, existait-il une terreur de résistants? S'il en fût allé ainsi, la résistance eût tourné court. Ce qui existait, c'est un phénomène de discipline collective, certainement contraignant. Mais il n'y eut pas un phénomène de terreur artificielle, qui enrôle les gens malgré eux, comme vous vous plaisez à le croire, non! Il fallut une vraie discipline collective, généralement consentie, exigeante mais à laquelle on tenait avec ardeur, le patriotisme, ça existe, non? Sans cela, comme il eût été aisé de vendre la mèche, et de faire apréhender tous les combattants! Il y eut des sanctions, voire des règlements de compte, mais pas que ça. Les racontars Français sont vils et mensongers, à cet égard. Il y eut en France des phénomènes semblables, parmi les résistants sous l'occupation Allemande, sanctions et parfois règlements de compte, voire luttes entre factions. La Résistance Française n'en est pas enlaidie pour ça! S'il y a quelque chose qui me dépasse, c'est comment se fait-il, qu'il y ait des gens, qui plaident pour atténuer la culpabilité de celui qui était du bon côté de la force et du mauvais côté du droit, faut vraiment que tu m'expliques, je n'y vois qu'une fuite de la vérité, un refus de subir la honte méritée. Torrentiel, mais quand donc le droit se trouve du côté du plus fort? Et ce degré d'assymétrie! Tu tergiverses, parce que tu ne veux pas qu'on piétine ces pages honteuses de l'histoire de ton pays! Moi, je les foule aux pieds, sans façon. Si on tente de les glorifier, ça ne marche pas, votre corps social y répond mal, n'en étant pas convaincu. Le moyen de guérir vraiment, de laver cette tâche? Eh bien, il faut d'abord, l'assumer entièrement pour ce qu'elle est. Puis, il faut réparer les torts causés, en se faisant le scripturaire de celui qu'on ne voulait pas prendre pour égal. Ce que faisant, on se sauverait soi-même de l'anomie économique, voire politique, on reprendrait goût à la vie. La France peut faire ça, elle en a le désir profond, elle y est prête. Ce désir inconscient est d'une grande intensité, comme l'amour. Car enfin, Rodomont et la France, ça fait un couple structurel et remarquable, pas possible de le nier.

Il y a peu, un candidat m'a appris, que la France est le pays qui compte le plus de couples dits mixtes, ne veux-tu pas le voire? S'il en est ainsi, c'est forcément, que ça tient à une vocation Française profonde, tu dois en convenir. Car enfin, ce métissage ne vous est pas imposé, il est plutôt à l'initiative de l'autochtone, qui souvent encore, se heurte à quelques rétiscences des migrants. Ce métissage partout présent, est de plus en plus structurel, de plus en plus central, il semble porteur de sens, il aura, j'en forme le voeu, une traduction politique, tôt ou tard. Et ce n'est pas un arrachement, puisque la France a l'impression d'être elle-même quand elle aime le migrant. Pour elle, aimer Rodomont, c'est s'aimer elle-même, voire se magnifier en lui conférant l'égalité. Or, comme je l'exprimais ailleurs, seule la supériorité voire le suprématisme de celui qui confère l'égalité, est légitime et recevable, sans révolte, tant il est droit d'admirer la sainteté.

4. Merci Torrentiel de ne pas me prendre pour un sot, et aprends que l'Islamisme politique n'est pas réductible à un littéralisme stérile, non. Si les choses étaient comme ça, ce ne serait que des répliques de l'Arabie, rien de plus, ce qui n'inquièterait personne. Ce qu'on désigne sous le nom de "salafisme", est un ensemble de phénomènes plutôt récents, réactionels, voire hostiles, à l'Islamisme politique, la ressemblance n'est qu'apparente, il va falloir hélas, se les traîner et faire avec. Ils se sont dits apolitiques, et les voilà qui en peu de temps, forment des partis, obtiennent des succès. Il semble certain, qu'ils jouent un rôle dans l'endiguement, il est presque assuré, qu'il leur a fallu un financement rapide et irrégulier. Il semble certain, que le royaume d'Arabie joue un rôle toxique. Si Dieu veut, la Nation renaissante, procèdera à la reconquête et à la réouverture de la Mecque, ville fleurie, et si Dieu veut, elle sera purgée de toute réaction.


5. : Oui, en effet, je suis comme toi, selon la formule de Rostand, je me les sers moi-même avec assez de verve, mais je ne soufre pas qu'un autre me les serve. Il y a tout de même une différence. Tu es du côté de la force brutte, moi du côté du droit nu. Naturellement, le droit est une force, il a la force de la volonté, et parce qu'il est dans son rôle, quand il fait le procès de la force sans droit. Je perçois tes rétiscences, et en même temps, je crois volontiers que tu n'es pas loin d'épouser mes causes, que tu tiens pour justes. Selon notre Coran, toujours le droit l'emporte, les justes triomphent toujours. La dénégation a beau faire, la vérité est la plus forte. Cela se produit par des voies que l'homme n'anticipe pas, puisque Dieu vient en aide à qui il veut par là où on ne l'attend pas. La Nation fait un effort louable dans la voie de Dieu, qu'il soit permis au croyant de former le voeu de son aide, sans savoir comment elle se manifeste. Indéniablement, la Nation fait son devoir, elle va aux limites de ses forces. Elle n'est pas tenue à plus, le reste est l'affaire de Dieu.


Croissant de lune.


Du torrentiel, le 15 mars (à 4h57)

Moi aussi, point par point, au fil de la lecture et après réflexion, autant que faire se peut.

1. L'Occident tient pour les droit de Dieu, beaucoup moins sans le savoir que sans Le nommer. Le reste de ta réponse est une parole croyante, à partir de laquelle on ne peut pas discuter. Pourquoi ? Il y a une sentence de Saint Ignace qui dit à peu près ceci :

"Agir comme si tout dépendait de moi, et prier comme si tout dépendait de dieu."

Je crois que ce qui a fait la version occidentale de la civilisation, c'est la dissociation entre l'ordre de la foi, prescriptif, et et l'ordre de la certitude. De ton point de vue, ce sera le summum de l'ambiguïté, mais je te répète assumer cette ambiguïté comme plus conforme à la nature humaine, profondément ambiguë. Qu'est-ce qui reste sauf de l'ambiguïté ? Ce qu'on appelle le "vouloir foncier" ou le choix fondamental. En dehors de cela, la liberté et le positivisme de l'action innocente : en employant ce terme, je ne te dis pas qu'elle le soit, mais qu'elle essaie de s'affranchir de la culpabilité. Je comptais profiter des charades (NDLR : voir

Voir le blog des charades :

http://www.leblogdescharades.blogspot.com)

pour essayer de marquer la différence entre l'orthodoxie et l'orthopraxie. Tu dis souvent que l'islam est une doctrine, c'est d'abord une éthique, une orthopraxie. A l'inverse, le christianisme est d'abord une doctrine, une orthodoxie. Une doctrine relativement anéthique, si l'on pousse les choses, relativement amorale, mais, pour être plus juste, où la morale est davantage de conséquence que première prescriptive.


2. Quel qu'en soit le temps, je préfère que nous ayons perdu l'usage des armes blanche, ça me paraît, en effet, l'une des formes de combat les plus horribles, les plus cruelles et les plus barbares qui soit, Je ne suis pas opposé en principe au combat à mains nues, mais il faut être rompu à l'affaire, ce qui n'est pas mon cas, qui, de ma vie, n'ai jamais été bagarreur, sauf en de rares séquences.

Pour ce qui est de ta prétention que mon homme n'avait pas le droit de se tenir en armes sur votre sol, mais c'était son métier ! Il avait pour lui le droit positif de l'heure, il a vu un homme qui allait se faire égorger sous ses yeux par un de ceux qu'il était chargé de débusquer et desquels il ne devait pas se faire repérer, il a voulu épargner ce supplice à ce fellah rançonné, qui n'avait rien demandé et n'avait pas de quoi payer, n'importe qui aurait fait comme lui, par simple compassion humaine, ç'a été le ressort de l'ordre qu'il a donné à son tireur d'élite, embusqué seul avec lui, n'importe qui aurait fait pareil.

3. Harkis et collabos, le parallèle était dans mon esprit, je ne voulais pas le faire un Nième fois, d'autant que, comme tous les parallèles, il relève de l'analogie et excède la stricte symétrie des situations.

Bien sûr que les motivations de cet abandon sont simples et tristes. Mais tous les militaires n'étaient pas des bureaucrates à la de Gaulle, c'est pourquoi les meilleurs d'entre eux, dont celui que je mentionnais, n'ont pas voulu s'y résigner. Je t'écris cela juste après la mort de son ami schöndorfer, nouvelle force des coïncidences ! Tu as l'air d'ignorer que de gaulle, contrairement à d'autres, avait un vrai mépris ethnique des arabo-musulmans. Mais qui ne méprisait-il pas ? Puisque j'en sui à ce héros de notre mythologie nationale, un vrai performateur de la parole créatrice, quelquefois, mais pas toujours, pour le meilleur, je te dirai que, ce qui reste de sa politique étrangère, ce n'est jamais le choix d'un parti, d'un peuple contre l'autre, c'est la prise en compte des circonstances présentes et de la profondeur des implications archétypales, et ensuite, c'est le pragmatisme des circonstances. En un mot, ce qu'on en a retenu est l'équilibre.

Je ne méconnais pas le poids de la persuasion ni qu'il n'y a pas de "colonisation douce" qui ne s'appuie sur une certaine terreur, tu ne me l'apprends pas. Mais encore une fois, c'est "régime de terreur" contre régime de terreur. Certains, discernant la pente que prenait cette indépendance disputée aux citoyens eux-mêmes qui devaient en bénéficier, ont préféré le statu quo. Pragmatisme et choix d'une forme de tranquillité personnelle et sociale. Cinquante ans après, les événements leur ont-ils donné tort ? Y avait-il une fatalité à ce que les mêmes, qui furent forts pour conquérir leur indépendance, gouvernent dans la plus cynique corruption et ne sachent s'affranchir d'une culture de faction, au prix de terroriser leur peuple ? Et pas de façon douce, mais dans toute la vigueur d'un exercice du pouvoir auquel on n'était pas rompu.

Je n'ignore pas non plus la sociologie de la harka.

Les cas de harkis terrassant un immeuble pour y traquer un résistant travaillant depuis le sol de la France hexagonale me paraissent tout de même bien marginaux comparé au fait que, sur ce même sol, le FLN avait tissé un réseau, qu'il soit de sympathisants, c'était leur droit, mais beaucoup étaient des modérés, voire des apolitiques pauvres qu'il rackettait sans la moindre clémence. Perçue par le FLN, la Résistance était un acte obligatoire, nullement libre. Voilà qui augurait bien mal de la suite, de même que la France ne pouvait pas laisser se faire des actes de subversion sur le territoire naturel de sa souveraineté, elle ne le peut pas davantage aujourd'hui.

On connaît également le décret crémieux et les deux collèges, bien sûr que tout cela fait partie du "livre noir" de l'histoire coloniale qui, en soi, n'est pas une bonne chose.


Tu écris que l'adhésion à la Résistance algérienne relevait de la discipline collective et que, sans cela, il eût été aisé de vendre la mêche et de faire appréhender tous les combattants. Non, pour deux raisons :

1. La guerre d'Algérie n'a pas été gagnée par les armes, mais par la diplomatie


2. Il y a le patriotisme, bien sûr, et il y a aussi le fait que l'on n'aime pas dénoncer les siens, surtout si l'on trouve que leur combat est noble. Mais je te suis (et en cela, nous ne sommes pas originaux) : on peut faire le parallèle avec la situation française, entre des milices harkies et des résistants FLN. Sauf que l'action de la milice était essentiellement bornée à traquer les résistants, alors que la Résistance avait à s'implanter plus profondément dans le peuple. La Résistance française n'a fait que des actes relativement marginaux de sabotage sur le sol de la France occupé, et ce n'est pas ce qu'elle a fait de mieux ni de plus efficace. Car le prix en était toujours à payer par ceux qu'on appelle aujourd'hui "les civils", mais là encore, il en va plus ou moins toujours ainsi.

Le droit se trouve rarement du côté du plus fort, mais pas nécessairement non plus du côté du plus faible. Ou, pour le dire autrement, le faible n'a pas tous les droits, sous prétexte qu'il est faible. En particulier, il n'a jamais le droit de s'en prendre à plus faible que lui, comme ce fut massivement fait par les résistants du FLN à l'égard deleurs concitoyens.

Rodomont et la france, une identité remarquable, certes, mais absolument pas mûre pour convoler en justes noces.

J'ai comme toi appris cette statistique relative au nombre de couples mixtes deMéluche. Quand je te disais qu'il était le candidat selon ton coeur, en tout cas, le plus proche de toi. Et je le crois encore. Je n'apprécie pas le bonhomme ni son côté "éducateur populaire", mais reconnais que, malgré son côté "spectacle", il reprend tous tes thèmes, à commencer par (ou en incluant) le protectionnisme européen, idée défendue de longue date par la mouvance politique à laquelle il appartient.

D'accord, le métissage est consenti, mais pas au titre de la reprise des causes de celui avec lequel on convole, et d'abord parce que celui des tiens qui contracte une alliance mixte ou métissée n'a pas nécessairement la même conscience que toi des causes qui sont les siennes. Il n'en a pas la même conscience, et il peut en avoir une appréhension différente, parce que le métissage relève en premier lieu d'une imprégnation sociale. L'autochtone tient à faire partager au migrant avec lequel il contracte son bien-être social. Plus généralement, le Français souhaite au migrant, et de façon nullement égoïste, une élévation sociale. Tu me demandes pourquoi j'ai autant de sympathies parmi les migrants : parce que je leur souhaite cela et que je n'ai rien qui me porte à les trouver antipathiques a priori. Mais du social à la politique, il y a un pas qui est très long à faire franchir. Peut-être que, si des circonstances exceptionnelles occasionnaient, comme en sursaut, un réveil des consciences, la donne serait différente. Mais ce réveil n'est pas ce qu'il y a de plus probable. Pour t'en donner un exemple concret, mesure la probabilité du réveil de la conscience de ton propre neveu. Si une société de production cinématographique arabe lui donnait soudain sa chance, le réveil serait immédiat.

5. Je connais mal le salafisme.


6. Si ton droit est nu, ma force n'est pas brute.

Et le reste est l'affaire de Dieu.

Qu'Il décide entre nous et au besoin nous aplanisse pour que Sa volonté advienne, pour le plus grand bonheur de l'homme !
Du Croissant de lune, le 14 mars à 7h49

(…) "Nous y reviendrons, mais qui parle de France prosternée? Je la veux libre, au contraire. Or, l'état de liberté et de justice, peut être un fait d'élévation pour certains, il coûte à d'autres, et il faut qu'il coûte quelque chose.


Si je dois des excuses, moi, ça pourrait, mais pas sans qu'en revanche, tu n'aies pleinement reconnu, la toxicité de ton histoire de hauts faits Algérien, servie devant moi!


Bien vrai que tu m'accompagnes, très loin, mais alors, comment se fait-il, que tu ne sois pas totalement débarrassé de certains automatismes et mécanismes suprématistes? Comme tu m'accompagnes, je suis d'autant plus exigeant, ne comprends-tu pas? Je ne veux plus du tout, raser les murs, c'est fini. Je soufres trop.


Croissant de lune."


Du torrentiel le 14-03-12 à 10h54

"Qui parle de France prosternée? Mais toi, de la manière dont tu m'enjoins de, dont tu exiges que je me rende, prosterné ou les mains liées, c'est tout un,, dont tu attentes à ma souveraineté morale.

Qui parle de te faire raser les murs ? Pas moi, au contraire, je crois que je l'ai prouvé.

Quant à ce fait algérien que j'ai allégué devant toi, je n'ai pas à le retirer, ni à en contester l'authenticité, puisqu'il m'a été narré, t'ai-je dit, pas du tout par le premier blanc-cassis venu, comme tu dis, mais par un héros militaire, un loyaliste, un homme dont, quand il est mort (et c'était l'impression qu'il donnait), quelqu'un a dit que, malgré les conflits qu'il avait traversés, "les ailes de son innocence n'avaient jamais été froissées", quelqu'un qui, au sortir de la guerre d'Indochine, embarqua les premiers "boat-people", quelqu'un qui ne laissa pas les Harkis aux mains de ceux qui en réclamaient vengeance parce qu'ils avaient combattu avec lui : le "crabe tambour", le lieutenant de vaisseau Pierre guillaume.

Tu veux m'obliger à renier mon histoire, il n'en est pas question, aussi longtemps que tu n'auras pas eu le courage de regarder la tienne dans les yeux et de reconnaître cette chose simple qu'au minimum, dans la guerre récente d'algérie, qui lui valut l'indépendance, ce qui n'était que justice, ni les Français, ni les algériens n'ont eu à s'enorgueillir de ce qu'ils ont fait. Je sais qu'en robespierriste, tu ne condamnes pas la vengeance politique, mais tout de même, ce ne sont pas les français qui sont responsables, après cinquante ans, du fait que les factions algériennes n'ont cessé de régler leurs comptes depuis l'accession à l'indépendance de l'Algérie, se sont enlisées dans des règlements de compte sanglants. Pas plus que les puissances ne sont responsables de ce que les Libyens, soi-disant libérés de Kadhafi, s'écharpent à présent entre tribus, comme on pouvait le craindre, sinon que leurs stratèges auraient dû le prévoir, avant de s'engager à corps perdu dans cette guerre, pas uniquement par mercantilisme, il serait trop simple de ne voir que cela.

Là où je veux bien faire un bout de chemin avec toi, c pour reconnaître que la france a fauté dans la conquête de l'algérie, d'abord parce qu'elle était illégitime en soi, et ensuite du fait de sa barbarie tout à fait unilatérale.

D'autre part, les idées nauséabondes quiont ferrmenté durant les siècles de la chrétienté finissante et déjà renversée, en un mot, durant les siècles qui ont suivi la révolution française et qui ont accéléré le processus des guerres totales et mondiales, dont le spectre couvait sous la passion de l'égalité que tu nous prêtes, font que nous récoltons ce que nous avons semé et que, nous qui voulions nous accaparer de terres , qui ne nous revenaient pas, avec une rapacité bourgeoise ; mais aussi et dans le même temps, par un besoin bourgeois de médire sans rien encourir , nous qui nous laissions aller à l'antisémitisme le plus facile et le plus bas, voici que nous sommes rattrapés par ce que nous avons laissé fermenter et que notre souveraineté morale et nationale est prise en otage entre le nationalisme tentaculaire israélien, dont nous n'osons nous désolidariser au Nom de ce que nous croyons être les droits de dieu, dans ce qui reste de notre inconscient chrétien, et le cri de l'humanité souffrante, poussé par les peuples arabes opprimés et sous-puissants, dont nous avons accepté que, par nous et par d'autres, ils aient failli être rayés d'un trait de plume en Algérie et en Palestine par l'invasion des nôtres ou consentie de notre fait, ce qu'ils dénoncent au nom des droits de l'homme, avec un arrière-plan religieux qui leur est propre.

Notre laïcisme n'a pas de leçons à donner, car c'est au nom de ce qui lui reste de fonds théocratique qu'il soutient le sionisme. En vain l'islam en appelle-t-il aux droits de l'homme, car les droits de dieu ont toujours été supérieurs, au fond de tous les subconscients, même occidental, à l'émancipation et l'expansion de l'individu. De plus - mais que veux-tu y faire ? -, dans toutes ces affaires-là, les lois ataviques demeurent les plus fortes. L'atavisme musulman, c'est d'être né d'un procès légitime en légitimité ; l'atavisme chrétien, c'est de n'avoir pu accorder la légitimation d'Ismael parce qu'elle était portée par un prophète postérieur à Jésus.

De sorte qu'on en est là, que les musulmans accusent, les juifs se victimisent et les chrétiens culpabilisent. On n'arrive pas à en sortir. Et on n'y arrivera pas tant que, ne t'en déplaise, un certain pragmatisme ne fera pas trouver à tout cela des solutions provisoirement viables, mais l'humanité ne peut bâtir que des solutions provisoires.

J'ai écouté l'émission "réplique" sur "les origines du conflit israélo-palestinien". Y était invité, à débattre avec un historien juif et belge assez léger dont j'ai oublié le nom, auteur d'un livre intitulé "Palestine, terre promie, trop promise", Henri Laurens, professeur au collège de france, dont on se demande, dans le climat ambiant, comment il arrive à y maintenir l'existence de sa chaire. Il est l'auteur d'une somme en cours de rédaction sur l'histoire contemporaine de la Palestine. Il est d'un soutien sans équivoque aux Palestiniens. Il est le premier à reconnaître qu'on ne peut pas demander à ce peuple de souscrire au droit inaliénable à l'existence d'un Etat qui implique son anéantissement, ou du moins le dol d'une part importante de la jouissance de son territoire géographique et existentiel au nom de prétendus droits historiques, reposant sur une promesse religieuse, par définition hypotétique. Mais il ajoute aussitôt que, ce qui importe dans l'immédiat, c'est de trouver un compromis, fût-il provisoire. Ce compromis, Alain finkielkraut et l'historien auquel il était confronté en sont tombés d'accord avec lui, passe:

- par une évacuation israélienne des territoires de Sisjordanie - le moindre des paradoxes d'Israël n'étant pas que le territoire où se développe son etat ne corresponde pas, pour l'essentiel, à celui de la Promesse de la terre - ;
-
- - par un partage de la souveraineté des lieux saints, qui se trouve, dans les faits, sous responsabilité palestinienne et qui doit le devenir de droit, à l'exception de la toute petite portion du mur des lamentations ;
-
- enfin par une reconnaissance du principe du droit au retour des réfugiés, dont Henri Lorans parie qu'ils ne reviendront pas en masse, mais qui pourront choisir entre ce retour et une indemnisation.

Que les contours de ce compromis ne soient pas de nature à te satisfaire, je le devine aisément ; que tes hommes d'arme combattent et, s'ils te donnent la victoire, je te promets ma neutralité. Mais tu ne peux m'affranchir des droits de Dieu qui sont, à mon subconscient, plus importants que les droits de l'homme. Ton holisme simplificateur (ce qualificatif n'est pas nécessairement péjoratif dans ma bouche) ne comprendra pas que s'opposent pour moi les droits de l'homme et les droits de dieu. Ce sont les reliques ataviques de ce que tu appelles l'ambiguïté chrétienne, au sens littéral où, tout ce qui est humain, le christianisme le pose en dualité : les deux natures du Verbe incarné, l'ivraie et le bon grain, la culpabilité et l'innocence positive comme une "force qui va". Au non endiguement total de la violence, s'oppose l'ambivalence de la proposition de ma "paix perpétuelle" d'un christianisme kantien, qui ne méconnaît pas qu'elle est parfaitement irréaliste. Nos deux approches de l'homme sont deux manières de répondre à son imperfection. Laquelle des deux est la plus droite ou la plus efficace ? Laquelle des deux répond le mieux à la nature humaine ? L'histoire tranchera, et ce "Dieu Infiniment Simple", qui a créé un homme au coeur complexe.




Du Croissant de lune, le 14-03-12 (à 14h11)

"Oh, ça suffit! D'où tu tires tes informations Libyennes? Non, les choses ne se produisent pas tout-à-fait, comme vos faussaires l'espéraient. Non seulement le point de vue tribal ne l'emporte pas, mais plus largement, une étude faite en 2011, tend à démontrer, qu'il y a bien une opinion publique Arabe unitaire, avec d'infimes discontinuités selon les précarrés considérés. Ces différences, semble-t-il, n'excèdent pas les différences à l'intérieur d'un même précaré, il y a un public Arabe, qui veut une défense commune, une monnaie unique, une direction politique, bien supérieur à ce qu'il en est dans l'artifice Européen! Ne rêvez pas trop, la Libye ne va pas comme ça, selon vos simples désirs, se synder en souverainetés tribales, perdez cet espoir lamentable, résignez-vous!


Ce que tu me dis des droits de Dieu, opposés aux Droits de l'Homme, voilà une chose qui est sur le tapis, depuis pas mal de temps, à l'O-N-U. Ce sont vos gouvernements et faussaires qui s'y sont opposés, puisqu'il y avait une déclaration Musulmane des droits de l'Homme, qui comportait les Droits de Dieu. On eut recours, ignoblement, au subterfuge des gays, naturellement. Or, je sais que vos gays, sont indifférents aux étrangers qu'ils consomment, fais excuses. Je m'en suis enquis auprès de représentants de leur lobby. J'ai même posé la question, de savoir, si tous ce qu'on demande en fait de droits, vaut bien pour tout le monde, et si même, tout simplement, on s'enquiert de savoir, ce qui se passe ou pas, à l'étranger. C'était dans une réunion d'une association Bordelaise, extrêmement libre, à tous égards. Eh bien, non, ils ne savaient pas ce qui en court, dans les pays où ils vont consommer, puisqu'ils consomment, pardis, n'ayant rien à faire des êtres consommés, sauf à leur filer leur sale fric. Il fallait, à les entendre, qu'il y eût juste assez de liberté, pour que les touristes ne soient pas gênés dans leurs batifolages. Les droits de Dieu, mais ce sont vos gouvernements, la France en particulier, qui y fait obstacle. Alors, ne me bassine pas avec ça.


Allez, sur un autre plan, toi, qui ne conçoit pas qu'on puisse tenir contre soi-même, tu trouves ordinaire qu'il y ait eu le phénomène Harki! Il semble certains que ceux-là, ont prolongé la guerre, au-delà d'une certaine phase. Sitôt qu'on en fit usage, du fait de leur capacité d'information, il y eut un relatif succès militaire de la France. Et pardonnes-moi, mais les tortures dans l'hexagone, furent de leur fait, en grande partie!


Quant à ton héros, à toi, je ne comprends pas ce que signifie que de rester innocent, au travers des guerres assymétriques et coloniales. S'il fut des commandos, parfaitement impossible, fais excuses. Je connais le Catho bourlingueur, précisément, qui fut réfractaire, et pour cette raison, fut d'office versé à vos commandos. Questionnes donc, si tu en as le courage. Demandes comment ces héros, faisaient pour savoir, quand donc, les combattants allaient revenir dans les villages? Il faut pas rire. Il y a un détail inavouable, qu'ils ont éludé dans leurs récits, qu'ils ont soigneusement sélectionnés. On examinait, les pubis des femmes, et si elles s'étaient récemment rasés, on supposait que leurs maris de maquisards, allaient bientôt rentrer! On les forçait donc, à se dénuder. Tu dis quoi de ça, Blairaud?
Oui, par la colère de Dieu, vous n'avez plus un seul héros, depuis 45, sauf ceux qui ont tenu contre les leurs, les bons harkis, en quelque sorte, puisque ceux-là, tenaient pour le droit contre le tort. L'héroïsme sied mal, aux puissances coloniales, fais excuses. L'héroïsme est l'attribut du faible contre le fort, sans contredit, il est loin de votre vécu, vous n'avez pas le droit d'y prétendre, sauf à tenir contre vous-mêmes et pour le droit.

Puis quant à juger ma propre nation, je suis bien capable, j'identifies bien ses torts, notamment la léthargie, le littéralisme-formalisme, une tendance maladive à la dispercion, un individualisme plus grand qu'on ne croit, et il y eut des choses comme l'absence de succession par primo-géniture, qui nous affaiblit beaucoup, dans les guerres des Croisés et Mongolles. Je connais très bien nos faiblesses, ne vas pas te la chanter, je sais les servir, au bon moment, entre nous. N'imagines pas que les autres, soient si sots, non plus, sans quoi, pour toi, la vie serait belle. Ils recherchent en effet, leur propres faiblesses, les identifient, en tiennent compte. Les Islamistes authentiques, je pense qu'ils sont comme moi, différents des sots que tu imagines, de ces stupides consommateurs religieux dits Salafistes, ce sont ceux, qui au contraire, de ces salafistes, ont les réponses déconcertantes à tes questions, qui ne veulent pas que ton point de vue l'emporte, ceux qui vraiment, te portent à bas! Que croyais-tu? T'attendais-tu à n'avoir à faire, qu'afvec une nation sotte? Perds espoir. Nous savons ce que vous êtes et que vous n'êtes pas, vous ne pouvez pas nous la raconter.


Croissant de lune."


Du torentiel, le 14-03-12 (à 18h)


Croissant de lune,

tu me méconnais à ton tour, toi qui manies l'insulte.

1. Je ne tiens pas pour les droits de l'homme. Je n'y crois pas. Je les ai dépréciés en parlant de l'inconscient théocratique de l'Occident, qui tient pour sa version des droits de Dieu, mais ne le sait pas.

2. Je ne suis pas ignorant , comme tu crois. Je sais fort bien qu'il y a eu des atrocités commises par les nôtres. Mais, y compris ce que tu me racontes, était moins atroce que ce à quoi la personne que je te dis s'était opposée et dont j'espère qu'il te souvient. L'innocence de cet homme, sa loyauté, consistent à avoir été véridique, à avoir même consacré le reste de sa vie à faire la vérité. Il a dit n'avoir jamais vu de ces choses, pour sa part, mais avoir su qu'elles existaient. Mes oncles maternels, pour la leur, qui ont eu leur vie bousillée parce qu'ils ont voulu jouer les héros pour quitter leur père un peu plus tôt que la loi ne les y autorisait, disaient préférer ne pas dire ce qu'ils avaient vu, et, pour l'un d'eux, ce qu'il avait fait. Ce qui laisse tout supposer, ce que tu m'écris là et bien pire. Bien pire, comme la manière dont les soldats du FLN traitaient les fellah.

3. Le phénomène harki, je ne dis pas qu'il est glorieux. Je pense que ceux qui se sont engagés dans cette voie, pour la plupart d'entre eux, ont suivi la route commune de ceux qui travaillent contre eux-mêmes. Il y en a dans toutes les guerres. D'autres ont peut-être réagi par crainte du système qu'ils voyaient mettre en place par le FLN et auquel ils préféraient le système existant. On leur avait surtout donné des gages que l'on n'a pas tenus envers eux, je parle de la france. Quelles que soient leurs motivations, nous, Français, leur devons notre loyauté. Or c'est pitié de voir comment ils ont été parqués et traités. Je conçois, car je te connais, que tu penses que les chiens ont été traités comme des chiens.

4. Il n'est pas dans mes habitudes de prendre mes interlocuteurs pour des imbéciles.

6. Je suis sûr qu'il t'arrive de penser contre toi-même. Mais, pas plus que moi, tu ne tolères qu'un autre le fasse à ta place.



Du Croissant de lune (le 14 mars (à 23h22)

POINT PAR POINT

Bien, tu ne tiens pas pour les droits de l'homme, c'est ton premier terme. Selon toi, l'Occident, inconsciemment théocratique, tient pour les droits de Dieu sans le savoir. Admires donc, puisque c'est ainsi, selon ton propre aveu, comment ma Nation, assume ouvertement et revendique ces droits divains, qu'elle a tenté d'insérer dans une déclaration, se heurtant à l'obstruction des tiens. Je me souviens même encore, que la pouf, Caroline Fourest, s'était réjouie de ce tour de passe-passe, qui consistait à mettre sur la table la question gay. Sur cette question, si on voulait, il y aurait bien des sollutions en normativité Musulmane, mais l'état présent de la Nation ne le permets pas, semble-t-il. Donc, l'un n'assume pas la totalité de ses aspirations profondes, tandis que l'autre revendique et écrit tout, en pleine lumière. Encore une fois, il y a confirmation de cette ambiguïté intrinsèque, laquelle doit remonter, il semble bien, à cette dénégation fondamentale, vous avez tu et nié, qu'Ahmed vous fut annoncé. Il s'en suit, que ta proposition se ramasse, puisque vous ne sauriez tenir pour les droits de Dieu, dès lors que vous démentez sa parole véridique.


2. : Décidément, l'usage d'arme blanche, est pour toi, ce qu'il y a de plus cruel, bien davantage que le phosphore blanc. Depuis quand, combien de temps, vous avez, vous, perdu la culture de l'arme blanche? Pas depuis des millénaires, il me semble, non? Alors comme ça, ça t'impressionne. Et l'idée de violences physiques à mains nues, te soulève de scandale. Objectivement, je ne vois pas pourquoi. De toute sorte, ton héros, n'avait pas le droit de se tenir en armes sur notre sol, lui, parce qu'il est conscient de sa supériorité Française, voire Judéo-Chrétienne, mais aussi, de sa supériorité matérielle, en quoi se pardonne-t-il de s'être institué juge sur nos terres, et pourquoi s'héroïse-t-il de la sorte en nous dépréciant? Aucun applomb ni fierté, ne sied au Français, sur ces thèmes, par la colère de Dieu, toute justification ou allègement vous enlaidit! Voilà pourquoi, je ne souffre pas du tout, qu'un autochtone se tienne debout devant moi, face à moi, sur ces questions, je ne le permets pas, je ne veux plus le tolérer!


3. : D'accord, le phénomène harki, existe dans toutes les guerres, en toute occupation. Vous avez eu les vôtres, il me semble. Qu'est-il arrivé en Algérie, à cet égard? Est-il vraiment concevable, que la France, en prenant le temps de négocier les accords, ne puisse pas évacuer ses serviteurs? Non, bien sûr, puisqu'elle a su évacuer les autres, fais excuses. Hélas, l'explication est tellement simple et triste, on ne pensait pas, que l'Arabe était l'égal du Français, il en coûtait peu d'en faire le traîtreux abandon. Les motivations de ce phénomènes sont hélas connaissables. D'abord, on ne cite jamais la persuasion. Il était risqué de refuser de servir la France, étant ce qu'était, le régime de terreur Française, non? Ah, jamais on ne te parle ainsi, et tu t'es plu à t'imaginer qu'il n'y avait, qu'un régime de terreur du maquis! Il est ordinaire de se plaire à ce qui ne nous fait pas offense. Il y avait une terreur Française, évidemment, et elle est antérieure à 54, elle est nécessaire au fait colonial, pas de colonialisme sans terreur, ou sans torture. Celle-là, bien sûr, existait depuis toujours, et l'idée d'une colonisation douce, ne vit que dans les esprits tortueux, pas dans le concret de l'histoire.

Il faut ajouter qu'en Algérie, les forces armées, comptaient beaucoup d'Arabes, conscription, service, et en passant, les Juifs en étaient exemptés, bien qu'ayant droit de votte au premier collège, pour ainsi dire le seul qui compte. Ces conscrits nombreux, ne pouvaient choisir, par définition. Puis la France a ramassé et soudoyé moyennant salaire dans les couches les moins nobles du peuple, les journaliers, les sans-travails, les oisifs sans métier... On trouvera, dans la Harka, peu de ces fils de petits fellahs propriétaires de leur maigres lopins, et propriétaires de leur dignité. Ceux dont les enfants tracent des lignes droites sur les cahiers d'écolier, ne sont pas des harkis, ils sont le tuf de la résistance.

Qu'est-il arrivé dans l'hexagone? La chose fut bien décrite, les caves d'immeubles où les harkis torturaient les suspects de résistance, voilà ce qui est prouvé. Ces gens, mangeaient la chair de leurs compatriotes, non? Tu devrais t'en scandaliser, toi qu'horrifie tant l'arme blanche et le coup de poing.

Qu'advint-il ensuite des Harkis? Il y eut diverses phases. Je crois savoir qu'ils ont bénéficié au cours du temps, d'aides et avantages particuliers. De toute sorte, dès le début, ils eurent le statut de citoyens et non pas celui de migrants. Ce qu'on se refuse à voire, c'est qu'en effet, la France les a disposés en certaines zones, presque pour les cacher, comme par honte, voilà ce qui advint. Il acvint aussi, ce qu'on se refuse à voire, c'est que les descendants de Harkis, n'ont pas eu de grands succès, du moins, comparativement à des populations semblables. On aurait pu s'attendre à plus de réussites, il n'en fut rien. Pourquoi? En raison hélas, de la tare initiale, c'est ainsi! En les payant d'un vil salaire, la France leur a soustrait leur fierté, cette belle fierté Arabe, ils l'ont perdue, avec les conséquences psychologiques imaginables. Voilà ce qui advint, hélas, et honte sur la France pour ce lamentable forfait!


J'en reviens à l'histoire. Face à cette terreur Française, exercée directement ou par l'intermédiaires de valets, existait-il une terreur de résistants? S'il en fût allé ainsi, la résistance eût tourné court. Ce qui existait, c'est un phénomène de discipline collective, certainement contraignant. Mais il n'y eut pas un phénomène de terreur artificielle, qui enrôle les gens malgré eux, comme vous vous plaisez à le croire, non! Il fallut une vraie discipline collective, généralement consentie, exigeante mais à laquelle on tenait avec ardeur, le patriotisme, ça existe, non? Sans cela, comme il eût été aisé de vendre la mèche, et de faire apréhender tous les combattants! Il y eut des sanctions, voire des règlements de compte, mais pas que ça. Les racontars Français sont vils et mensongers, à cet égard. Il y eut en France des phénomènes semblables, parmi les résistants sous l'occupation Allemande, sanctions et parfois règlements de compte, voire luttes entre factions. La Résistance Française n'en est pas enlaidie pour ça! S'il y a quelque chose qui me dépasse, c'est comment se fait-il, qu'il y ait des gens, qui plaident pour atténuer la culpabilité de celui qui était du bon côté de la force et du mauvais côté du droit, faut vraiment que tu m'expliques, je n'y vois qu'une fuite de la vérité, un refus de subir la honte méritée. Torrentiel, mais quand donc le droit se trouve du côté du plus fort? Et ce degré d'assymétrie! Tu tergiverses, parce que tu ne veux pas qu'on piétine ces pages honteuses de l'histoire de ton pays! Moi, je les foule aux pieds, sans façon. Si on tente de les glorifier, ça ne marche pas, votre corps social y répond mal, n'en étant pas convaincu. Le moyen de guérir vraiment, de laver cette tâche? Eh bien, il faut d'abord, l'assumer entièrement pour ce qu'elle est. Puis, il faut réparer les torts causés, en se faisant le scripturaire de celui qu'on ne voulait pas prendre pour égal. Ce que faisant, on se sauverait soi-même de l'anomie économique, voire politique, on reprendrait goût à la vie. La France peut faire ça, elle en a le désir profond, elle y est prête. Ce désir inconscient est d'une grande intensité, comme l'amour. Car enfin, Rodomont et la France, ça fait un couple structurel et remarquable, pas possible de le nier.

Il y a peu, un candidat m'a appris, que la France est le pays qui compte le plus de couples dits mixtes, ne veux-tu pas le voire? S'il en est ainsi, c'est forcément, que ça tient à une vocation Française profonde, tu dois en convenir. Car enfin, ce métissage ne vous est pas imposé, il est plutôt à l'initiative de l'autochtone, qui souvent encore, se heurte à quelques rétiscences des migrants. Ce métissage partout présent, est de plus en plus structurel, de plus en plus central, il semble porteur de sens, il aura, j'en forme le voeu, une traduction politique, tôt ou tard. Et ce n'est pas un arrachement, puisque la France a l'impression d'être elle-même quand elle aime le migrant. Pour elle, aimer Rodomont, c'est s'aimer elle-même, voire se magnifier en lui conférant l'égalité. Or, comme je l'exprimais ailleurs, seule la supériorité voire le suprématisme de celui qui confère l'égalité, est légitime et recevable, sans révolte, tant il est droit d'admirer la sainteté.

4. Merci Torrentiel de ne pas me prendre pour un sot, et aprends que l'Islamisme politique n'est pas réductible à un littéralisme stérile, non. Si les choses étaient comme ça, ce ne serait que des répliques de l'Arabie, rien de plus, ce qui n'inquièterait personne. Ce qu'on désigne sous le nom de "salafisme", est un ensemble de phénomènes plutôt récents, réactionels, voire hostiles, à l'Islamisme politique, la ressemblance n'est qu'apparente, il va falloir hélas, se les traîner et faire avec. Ils se sont dits apolitiques, et les voilà qui en peu de temps, forment des partis, obtiennent des succès. Il semble certain, qu'ils jouent un rôle dans l'endiguement, il est presque assuré, qu'il leur a fallu un financement rapide et irrégulier. Il semble certain, que le royaume d'Arabie joue un rôle toxique. Si Dieu veut, la Nation renaissante, procèdera à la reconquête et à la réouverture de la Mecque, ville fleurie, et si Dieu veut, elle sera purgée de toute réaction.


5. : Oui, en effet, je suis comme toi, selon la formule de Rostand, je me les sers moi-même avec assez de verve, mais je ne soufre pas qu'un autre me les serve. Il y a tout de même une différence. Tu es du côté de la force brutte, moi du côté du droit nu. Naturellement, le droit est une force, il a la force de la volonté, et parce qu'il est dans son rôle, quand il fait le procès de la force sans droit. Je perçois tes rétiscences, et en même temps, je crois volontiers que tu n'es pas loin d'épouser mes causes, que tu tiens pour justes. Selon notre Coran, toujours le droit l'emporte, les justes triomphent toujours. La dénégation a beau faire, la vérité est la plus forte. Cela se produit par des voies que l'homme n'anticipe pas, puisque Dieu vient en aide à qui il veut par là où on ne l'attend pas. La Nation fait un effort louable dans la voie de Dieu, qu'il soit permis au croyant de former le voeu de son aide, sans savoir comment elle se manifeste. Indéniablement, la Nation fait son devoir, elle va aux limites de ses forces. Elle n'est pas tenue à plus, le reste est l'affaire de Dieu.


Croissant de lune.


Du torrentiel, le 15 mars (à 4h57)

Moi aussi, point par point, au fil de la lecture et après réflexion, autant que faire se peut.

1. L'Occident tient pour les droit de Dieu, beaucoup moins sans le savoir que sans Le nommer. Le reste de ta réponse est une parole croyante, à partir de laquelle on ne peut pas discuter. Pourquoi ? Il y a une sentence de Saint Ignace qui dit à peu près ceci :

"Agir comme si tout dépendait de moi, et prier comme si tout dépendait de dieu."

Je crois que ce qui a fait la version occidentale de la civilisation, c'est la dissociation entre l'ordre de la foi, prescriptif, et et l'ordre de la certitude. De ton point de vue, ce sera le summum de l'ambiguïté, mais je te répète assumer cette ambiguïté comme plus conforme à la nature humaine, profondément ambiguë. Qu'est-ce qui reste sauf de l'ambiguïté ? Ce qu'on appelle le "vouloir foncier" ou le choix fondamental. En dehors de cela, la liberté et le positivisme de l'action innocente : en employant ce terme, je ne te dis pas qu'elle le soit, mais qu'elle essaie de s'affranchir de la culpabilité. Je comptais profiter des charades (NDLR : voir

Voir le blog des charades :

http://www.leblogdescharades.blogspot.com)

pour essayer de marquer la différence entre l'orthodoxie et l'orthopraxie. Tu dis souvent que l'islam est une doctrine, c'est d'abord une éthique, une orthopraxie. A l'inverse, le christianisme est d'abord une doctrine, une orthodoxie. Une doctrine relativement anéthique, si l'on pousse les choses, relativement amorale, mais, pour être plus juste, où la morale est davantage de conséquence que première prescriptive.


2. Quel qu'en soit le temps, je préfère que nous ayons perdu l'usage des armes blanche, ça me paraît, en effet, l'une des formes de combat les plus horribles, les plus cruelles et les plus barbares qui soit, Je ne suis pas opposé en principe au combat à mains nues, mais il faut être rompu à l'affaire, ce qui n'est pas mon cas, qui, de ma vie, n'ai jamais été bagarreur, sauf en de rares séquences.

Pour ce qui est de ta prétention que mon homme n'avait pas le droit de se tenir en armes sur votre sol, mais c'était son métier ! Il avait pour lui le droit positif de l'heure, il a vu un homme qui allait se faire égorger sous ses yeux par un de ceux qu'il était chargé de débusquer et desquels il ne devait pas se faire repérer, il a voulu épargner ce supplice à ce fellah rançonné, qui n'avait rien demandé et n'avait pas de quoi payer, n'importe qui aurait fait comme lui, par simple compassion humaine, ç'a été le ressort de l'ordre qu'il a donné à son tireur d'élite, embusqué seul avec lui, n'importe qui aurait fait pareil.

3. Harkis et collabos, le parallèle était dans mon esprit, je ne voulais pas le faire un Nième fois, d'autant que, comme tous les parallèles, il relève de l'analogie et excède la stricte symétrie des situations.

Bien sûr que les motivations de cet abandon sont simples et tristes. Mais tous les militaires n'étaient pas des bureaucrates à la de Gaulle, c'est pourquoi les meilleurs d'entre eux, dont celui que je mentionnais, n'ont pas voulu s'y résigner. Je t'écris cela juste après la mort de son ami schöndorfer, nouvelle force des coïncidences ! Tu as l'air d'ignorer que de gaulle, contrairement à d'autres, avait un vrai mépris ethnique des arabo-musulmans. Mais qui ne méprisait-il pas ? Puisque j'en sui à ce héros de notre mythologie nationale, un vrai performateur de la parole créatrice, quelquefois, mais pas toujours, pour le meilleur, je te dirai que, ce qui reste de sa politique étrangère, ce n'est jamais le choix d'un parti, d'un peuple contre l'autre, c'est la prise en compte des circonstances présentes et de la profondeur des implications archétypales, et ensuite, c'est le pragmatisme des circonstances. En un mot, ce qu'on en a retenu est l'équilibre.

Je ne méconnais pas le poids de la persuasion ni qu'il n'y a pas de "colonisation douce" qui ne s'appuie sur une certaine terreur, tu ne me l'apprends pas. Mais encore une fois, c'est "régime de terreur" contre régime de terreur. Certains, discernant la pente que prenait cette indépendance disputée aux citoyens eux-mêmes qui devaient en bénéficier, ont préféré le statu quo. Pragmatisme et choix d'une forme de tranquillité personnelle et sociale. Cinquante ans après, les événements leur ont-ils donné tort ? Y avait-il une fatalité à ce que les mêmes, qui furent forts pour conquérir leur indépendance, gouvernent dans la plus cynique corruption et ne sachent s'affranchir d'une culture de faction, au prix de terroriser leur peuple ? Et pas de façon douce, mais dans toute la vigueur d'un exercice du pouvoir auquel on n'était pas rompu.

Je n'ignore pas non plus la sociologie de la harka.

Les cas de harkis terrassant un immeuble pour y traquer un résistant travaillant depuis le sol de la France hexagonale me paraissent tout de même bien marginaux comparé au fait que, sur ce même sol, le FLN avait tissé un réseau, qu'il soit de sympathisants, c'était leur droit, mais beaucoup étaient des modérés, voire des apolitiques pauvres qu'il rackettait sans la moindre clémence. Perçue par le FLN, la Résistance était un acte obligatoire, nullement libre. Voilà qui augurait bien mal de la suite, de même que la France ne pouvait pas laisser se faire des actes de subversion sur le territoire naturel de sa souveraineté, elle ne le peut pas davantage aujourd'hui.

On connaît également le décret crémieux et les deux collèges, bien sûr que tout cela fait partie du "livre noir" de l'histoire coloniale qui, en soi, n'est pas une bonne chose.


Tu écris que l'adhésion à la Résistance algérienne relevait de la discipline collective et que, sans cela, il eût été aisé de vendre la mêche et de faire appréhender tous les combattants. Non, pour deux raisons :

1. La guerre d'Algérie n'a pas été gagnée par les armes, mais par la diplomatie


2. Il y a le patriotisme, bien sûr, et il y a aussi le fait que l'on n'aime pas dénoncer les siens, surtout si l'on trouve que leur combat est noble. Mais je te suis (et en cela, nous ne sommes pas originaux) : on peut faire le parallèle avec la situation française, entre des milices harkies et des résistants FLN. Sauf que l'action de la milice était essentiellement bornée à traquer les résistants, alors que la Résistance avait à s'implanter plus profondément dans le peuple. La Résistance française n'a fait que des actes relativement marginaux de sabotage sur le sol de la France occupé, et ce n'est pas ce qu'elle a fait de mieux ni de plus efficace. Car le prix en était toujours à payer par ceux qu'on appelle aujourd'hui "les civils", mais là encore, il en va plus ou moins toujours ainsi.

Le droit se trouve rarement du côté du plus fort, mais pas nécessairement non plus du côté du plus faible. Ou, pour le dire autrement, le faible n'a pas tous les droits, sous prétexte qu'il est faible. En particulier, il n'a jamais le droit de s'en prendre à plus faible que lui, comme ce fut massivement fait par les résistants du FLN à l'égard deleurs concitoyens.

Rodomont et la france, une identité remarquable, certes, mais absolument pas mûre pour convoler en justes noces.

J'ai comme toi appris cette statistique relative au nombre de couples mixtes deMéluche. Quand je te disais qu'il était le candidat selon ton coeur, en tout cas, le plus proche de toi. Et je le crois encore. Je n'apprécie pas le bonhomme ni son côté "éducateur populaire", mais reconnais que, malgré son côté "spectacle", il reprend tous tes thèmes, à commencer par (ou en incluant) le protectionnisme européen, idée défendue de longue date par la mouvance politique à laquelle il appartient.

D'accord, le métissage est consenti, mais pas au titre de la reprise des causes de celui avec lequel on convole, et d'abord parce que celui des tiens qui contracte une alliance mixte ou métissée n'a pas nécessairement la même conscience que toi des causes qui sont les siennes. Il n'en a pas la même conscience, et il peut en avoir une appréhension différente, parce que le métissage relève en premier lieu d'une imprégnation sociale. L'autochtone tient à faire partager au migrant avec lequel il contracte son bien-être social. Plus généralement, le Français souhaite au migrant, et de façon nullement égoïste, une élévation sociale. Tu me demandes pourquoi j'ai autant de sympathies parmi les migrants : parce que je leur souhaite cela et que je n'ai rien qui me porte à les trouver antipathiques a priori. Mais du social à la politique, il y a un pas qui est très long à faire franchir. Peut-être que, si des circonstances exceptionnelles occasionnaient, comme en sursaut, un réveil des consciences, la donne serait différente. Mais ce réveil n'est pas ce qu'il y a de plus probable. Pour t'en donner un exemple concret, mesure la probabilité du réveil de la conscience de ton propre neveu. Si une société de production cinématographique arabe lui donnait soudain sa chance, le réveil serait immédiat.

5. Je connais mal le salafisme.


6. Si ton droit est nu, ma force n'est pas brute.

Et le reste est l'affaire de Dieu.

Qu'Il décide entre nous et au besoin nous aplanisse pour que Sa volonté advienne, pour le plus grand bonheur de l'homme !

La France prosternée

(ou comment le torrentiel et le croissant de lune faillirent en venir aux mains).

Du Croissant de lune au torrentiel (le 13-03 à 13h3, ça ne s'invente pas) :

Quand donc, répondras-tu à celui-là? Je t'enjoins d'y répondre. Oui, je veux que tu dises clairement, laquelle est la nation des injustes, que tu l'identifie, que tu dises la couleur de leur peau, que tu nommes leur parladures, et que tu héroïse la nation des justes, pareillement nommée et démembrée. S'il t'en coûte cher, si ton ego en souffre, tant mieux! La justice qui ne coûte rien, ça n'existe que dans l'imaginaire des faussaires de ta nation, et visiblement, dans l'esprit de beaucoup des tièdes de ta religion! Plaides contre toi, je l'exiges, et sans faufuyants, sans fioritures, sans diversion ni obstruction d'aucune sorte!


C'est quoi, ces récits lamentables, dont tu ne te prives pas, en présence de ton auxiliaire de vie, qui n'est pas l'auxiliaire de ta vie? Avais-tu besoin de sa présence, aux moments de tes ignobles beuveries? Lui ferais-tu cuisiner de la cochonailles, à Lila? Elle fait ses gymnastiques cinq fois par jour, il me semble, tu n'as donc aucun respect? Tu as dégoisé en sa présence, tu as dit en substance, que du côté des blairauds, la guerre n'était pas toujours mauvaise, et que parfois, quand un Français tuait un Arabe, ça pouvait se comprendre. Voilà en gros, tes délires. Bien entendu, elle a dû patienter, t'entendre, s'occuper d'autre chose, laisser passer. Devant moi, tu n'eus pas osé ce genre de sortie, je t'eus aplati la figure, n'en doute pas! Tu es un gars costaud, mais l'énergie de l'Arabe te surpasse, et tu le sais! Vos blanc-cassis, dont tu loues le courage physique, des centaines des leurs, seraient bousculés et culbutés d'une poignée résolue des nôtres, et tu le sais! Ton auxiliaire, sait-elle que tu vottes front?


Suffit, les attermoiements, les incompréhensions volontaires, suffit l'obstruction. Nous ne sommes pas au tribunal, parce que pour y être, il faudrait que nous soyons à égalité, non? Il faudrait, entre ma nation et la tienne, une puissance plus grande, déterminante, impartiale et irrésistible dans ses décisions. Ce n'est pas le cas. Nous nous convoquons devant le tribunal de nos consciences. Devant ce tribunal, je veux que tu paraisses devant moi, mains liés et que tu plaides contre toi-même, contre ce tu fais, ou ce que font les tiens, contre ce que tu es, ou ce que sont les tiens. Fais-le sans fioriture, anihèles-toi, baisse de pied, inclines-toi, que votre prétendue humilité, serve à quelque chose, pour une fois! Sois authentique et vrai, sans diversion ni perte de temps, sans discours dilatoire.


Moi, Rodomont, pour me baiser ta France, j'exiges qu'elle soit mon égale, qu'elle souffre de mon mal, partage mes craintes, mes espoirs au même instant que moi, pour ne pas être une ignoble couguard. Voilà ce que j'exiges, il y a des chances pour que je l'obtiennes, parce que ta France prétend être respectée. Alors, qu'elle fasse les volontés justes de Rodomont, qu'elles fasses ses volontés siennes, parce qu'elles sont siennes, pourvu qu'elle veuille bien se découvrir dans sa vérité, en bannissant toute dissimulation et ambiguïté, qui la recouvrent de trop. Moi, Rodomont, je veux que devant moi, la France soit nue et vraie.


Rodomont irréductible.
----- Original Message -----
From: Abdellatif Harzi
To: Julien WEINZAEPFLEN
Sent: Monday, March 12, 2012 10:32 AM
Subject: Re: Remue-méninges, incomplets.

D'abord, même ainsi, ce n'est pas vrai, la France fut en guerre, aux côtés de l'Irak, contre l'Iran, que dis-je? Non, elle fut l'un des initiateurs et conducteurs de la guerre, pour ne prendre que cet exemple.


Faire la guerre sans en avoir conscience, n'est-ce pas criminel? Qu'il en soit ainsi, c'est largement suffisant pour valider mes justes reproches, que je te sommes de recevoir et de valider toi-même!
----- Original Message -----
From: Julien WEINZAEPFLEN
To: Abdellatif Harzi
Sent: Monday, March 12, 2012 9:36 AM
Subject: Re: Remue-méninges, incomplets.

J'ai voulu commencer par poser un signifié théâtral, neutre, non situationnel.

Le mot obstruction, je n'y fais pas inconsciemment obstruction, mais il se trouve qu'il n'est pas instinctivement dans le vocabulaire avec le sens que tu lui donnes, même s'il est valable.

Si tu tiens à l'employer, je dirais : faire obstruction en son coeur aux catégories mentales de l'autre, parce qu'elles paraissent inconsciemment et instinctivement antagonistes avec les sienes.

Mais pour reprendre le cas daniel, . tu vois bien qu'il pouvait blaguer des Afghans sans s'en souvenir.


A-t-il fait obstruction ? JJe ne crois pas. Je crois qu'il n'accordait aucune valeur à ce qu'il disait et que tu lui en prêtais une excessive, d'où une incompréhension entre vous.

Maintenant, pourquoi n'a-t-il accordé aucune valeur ? Trace de la légèreté française ? Ou bien propension à la légèreté tout court ? confort moral ? Sans doute un peu tout ça à la fois.

Ce qui est vrai, c'est qu'à la manière américaine, nous sommes engagés dans des guerres sans savoir que nous faisons la guerre.

En prenant les choses ainsi, comme je l'ai souvent fait, j'avais périodisé que la France n'avait connu de période de vraie paix, à grands traits, qu'entre 1962 et 1991. ensuite, elle est rentrée dans le cycle des guerres actives, mais étant donné que les guerres où le pays était engagé étaient éloignées, le peuple de ce pays ne le savait même pas.
----- Original Message -----
From: Abdellatif Harzi
To: Julien WEINZAEPFLEN
Sent: Monday, March 12, 2012 9:10 AM
Subject: Re: Remue-méninges, incomplets.

Daniel n'est pas un ami, il me colle aux basques, sous prétexte qu'étant migrant, il croit avoir le droit de me témoigner je ne sais quelle solidarité dont je me fiches!


Tu aurais pu poser, l'obstruction, le malentendu ou l'incompréhension volontaire, à la place de ton inepte quiprocot. On se comprend mal, je veux bien, mais le signifié, ça existe, un caillou est un caillou, une balle c'est une balle, un Afghan est un Afghan, rien autre-chose. Opposer l'ironie à celui qui souffre par sa faute, ne me dis pas que ça ne relève pas d'une certaine obstruction, qui doit se situer aux limites de l'inconscient.


Je t'enjoins, toi, de briser l'obstruction en ton coeur, si tu veux être appelé, homme libre et juste.
----- Original Message -----
From: Julien WEINZAEPFLEN
To: Abdellatif Harzi
Sent: Monday, March 12, 2012 8:14 AM
Subject: Re: Remue-méninges, incomplets.

Je ne faisais pas allusion à moi, mais à ton buisebille avec ton ami Daniel.

Vous êtes deux pour qui j'ai posé cette charade : Mustapha et toi, et tous les deux l'avez pour l'instant résolu sans la décomposer, 16 points pour toi, 18 pour lui.

Sérieusement, on peut comprendre que les afghans soient en deuil, après ce carnage précis.

Mais tout aussi sérieusement, sans hiérarchie de sérieux, ta rhétorique est à revoir, pour que tu sois compréhensible des vis-à-vis que tu voudrais convaincre. Pour l'instant, tu leur parles un langage qu'ils ne comprennent pas. tu lances à leur encontre et sans préalable des accusations avec lesquelles ils ne voient pas comment ils pourraient ou devraient être solidaires.

C'est ce que je voulais te faire entr'apercevoir en te parlant d'universaux.

Laissons cela, avant d'éclaircir plus avant ce mystère. Je crois que ton ami daniel te montre à quel point d'incompréhension un Français, laïc universaliste, qui ne sait pas à quel point son identité a de l'influence sur lui, et toi, un musulman holiste, qui croit aussi raisonner de manière universelle, mais a de grandes blessures identitaires à cicatriser, peuvent arriver.

Je dis cela sans m'en réjouir, mais pour localiser le conflit. Entre l'Occident et toi, il y a un premier conflit, qui est un conflit rhétorique. Je ne dis pas que tu sois le seul à devoir faire du chemin, tu as déjà appris la langue de l'occidental, mais il est très important que nous commencions à parler le même langage et que nous comprenions, au moins en principe, quelle légitimité nous invoquons et de quel point de vue nous parlons.

Par exemple, tu ne veux pas comprendre que la politique des chrétiens n'est plus une politique chrétienne, que la séparation s'en est nettement accusée depuis les temps révolutionnaires.
----- Original Message -----
From: Abdellatif Harzi
To: Julien Weinzaepflen
Sent: Monday, March 12, 2012 7:23 AM
Subject: Remue-méninges, incomplets.

Bon, ça te va bien d'édulcorer les choses, pour que ça se termine par des chansons. Ta chanson, je ne la crois pas, je vois bien que tu brodes en tous sens, croire que je t'ai bien fait mal à l'âme, ce que je ne regrette pas du tout!


Je décompose pas, j'ai pas le temps.

Ta première est quiprocot,

Ta seconde est "incommunicabilité",

Ta troisième est "incompattibilité",

Trop pressé pour ta dernière.


Trop facile de tout expliquer par les chiffres et les lettres, que d'évitement! Mes accusations portent, la fuite du réel ne te sers à rien.


Bonne journée quand-même!

Croissant de lune.

Du torrentiel le 12 mars à 16h24

"Précisément, nous ne sommes pas au tribunal, et je n'ai l'habitude de répondre à nulle injonction, je ne me rends pas sous la menace, il est arrivé que, même physiquement, j'aie tenu la dragée haute à huit personnes . qui voulaient m'agresser, rien que par la force du verbe, je ne sais pas ce que j'aurais fait sous la torture, mais je l'ai prévenue.

Tu te discrédites en répandant par ta manière de t'expliquer les pires clichés que l'on se fait de ta nation.

Tu n'aimes l'autre que soumis à tes volontés, que se rendant à toi, les mains liées.

Tu n'aimes que ton rêve de France, et tu l'aimes parce que tu n'arrives pas à te rendre à l'évidence que la france n'est pas ce que tu dis. Et à t'en croire, elle ne l'a jamais été, le scripturaire du monde, puisque tu criminalises son histoire.

Que vas-tu me jurer que tu aimes la france, toi qui m'as écrit il y a seulement deux jours que tu ne dis à personne que tu l'aimes, n'en étant pas sûr.

Pourquoi aimes-tu la france de cette manière qui lui enjoint de se rendre à toi, les mains liés comme tu dis, sinon parce que tu es pris dans les mailles d'une double allégeance et que, pour ne pas résoudre d'appartenir à une seule de ses parties (puisque ton vocabulaire est judiciaire), tu sommes ta double allégeance de te réconcilier selon ta préférence!

Ce que j'ai dit à Lila, je te l'ai dit à toi.

Quant à l'unique fois de ma vie où j'ai voté front, ou à la séduction que peut de temps à autre exercer sur moi ce parti, non seulement j'en ai parlé à Lila comme à toi-même, mais il faut en dire le motif, qui ne tient pas à la guerre d'Algérie (mon père qui y fut appelé n'épousa pas la cause de la france), mais essentiellement à la proposition institutionnelle que ce parti est seul à faire depuis vingt-sept ans au moins (puisqu'il a émergé dans la vie publiqu en 1984, et qui est la seule manière dont notre peuple serait capable de se ressaisir de sa souveraineté.

Mais je dois malheureusement constater que la situation est trop grave pour qu'on puisse actuellement commencer par résoudre les problèmes par le biais institutionnel, puisque le ressort économique est cassé. Pour autant, à terme, seule une solution institutionnelle est de portée à résoudre le problème."

(Message également communiqué à Lila, ce qui m'attirera cette réponse du Croissant de lune, le même jour à 23h43):

"Je vois que tu mêles cette dame, Lila, à notre querelle, pourquoi agis-tu ainsi? Je trouve son lien mail, en fin du message, qu'est-ce à dire, cela? Serais-tu si peu rigoureux? Alors, tu fais en sa présence, certains récits Algériens, et tu te vantes de votter front, devant elle. Que veux-tu qu'elle dise ou qu'elle fasse? Que crois-tu qu'elle pense? D'où vient que tu aies tant d'amitié parmi les migrants, avec des pensées si troubles à leur égard? Passe encore pour un autre, qui ne dépend pas de toi, mais bon Dieu! ton auxiliaire de vie, qu'est-ce à dire? Comment peux-tu justifier un comportement pareil, par quels arguties et artifices? Ne me racontes pas à moi, qu'elle acquiesce de bon coeur, je ne te croirais pas. N'importe qui saurait la chose, t'en blâmerait, ça relève au moins, d'une élasticité éthique et morale, illimitée, d'une complaisance bien entretenue avec soi-même, une incroyable aptitude à s'absoudre soi-même, seul! Visiblement, dans ton débat intérieur, comme J-J Rousseau, tu as toujours raison! Je crois entrevoir, dans l'attitude de Lila, non pas seulement de la dissimulation, ce qui peut se comprendre, mais aussi une grande bonté, une sainte patience. A quoi vous sert, bon Dieu, la confession oriculaire, Torrentiel? Si ce n'était sous mon aiguillon, t'arriverait-il de te juger et te blâmer toi-même? Moi, à cet égard, je suis quelqu'un qui est sûr de savoir ce qu'il veut et ce qu'il ne veut pas, je t'en ai déjà afranchi, sans complaisance. Nullement enclin à ce que tu en agisse envers moi, comme envers cette pauvre Lila, je suis libre de ne plus t'accompagner, si tu vottes pour ce parti ou un autre semblable, ou si tu milites dans ce sens, voilà! Et si d'aventure, tu me fais affront en ma présence, je t'avertis que tu en répondrais. Alors que tu tienne tête à huit personne, muni d'un verbe aproprié, certes, mais ce serait aussi deux verbes afrontés! Ce n'est pas l'une de vos vaines histoires d'honneur qui se réglaient, dans votre littérature, à coup de duels trafiqués, calculés, lire l'éducation sentimentale et d'autres mièvreries pour s'en convaincre. Ce n'est pas de l'honneur, c'est la dignité, qui elle, se paye vraiment, sans arrangement d'aucune sorte. Si en ma présence, seul à seul, tu fais promotion de faits Algériens, il y aura des conséquences physiques, assurément. L'un, l'autre, ou les deux, nous les subirions. Tu déprécie cette mise en garde, sensée confirmer certains préjugés envers ma Nation, je ne vois pas qu'en cela, les préjugés soient défavorables. Ta malsaine non-violence doit être interrogée. Au contraire, ma Nation entretien avec la violence, un rapport plus équilibré et respectable. La violence existe, elle est naturelle, il est naturel de l'endiguer, non pas de l'exclure au point que vous prétendez le faire. L'aptitude minimale à la violence, tend plutôt à l'atténuer, au contraire. L'inaptitude à la violence rend le non-violent dangereux et imprévisible, si par malchance, il vient à disposer de force. Seul l'homme équilibré, moins craintif, plus sûr de ce qu'il veut ou refuse, seul lui, qu'il soit fort ou faible, est capable de conduite saine. Faible il est droit, fort il est juste, tel est l'Arabo-Musulman, tel n'est pas l'Occidental, pour le malheur du monde.


Tu me sers encore ce ton pontifiant et sermonnant! Crois-tu que le sort de la Nation, dépende de tes considérations et sentences? Tes paroles injustes meurent inefficaces sur tes lèvres. Périsse ta langue, qui ne veut pas séparer le vrai du faux, le juste du criminel, qui habille le droit du tort et le tort du droit! La Cause de ma Nation n'est autre que la cause de l'homme et de l'humanité, elle vit au coeur de tout être libre, refoulée des injustes, ceux qui dénient toute vérité.


Si ma Nation revient au monde, ce n'est pas pour autre chose que la victoire, nous y travaillerons, n'en déplaise à nos ennemis. Elle revient, pour remettre de l'harmonie au monde, et parachever l'histoire, telles sont les promesses qui lui sont faites, comme en attestent les livres et la chaîne des prophètes et le sceau des prophètes. Aussi, que les injustes soient avertis, eux qui ont troublé le repos, leur repos sera troublé. Si Dieu veut, nous leur ferons perdre la sérénité du temps qui passe et la douceur du sommeil. Si Dieu veut, nous leur demanderons comptes et réparation du dernier Palestinien, du dernier Afghan, du dernier Tchétchenne, si Dieu veut, nous leur demanderons raison en tous leurs crimes, ils ne pourront pas se justifier.


Torrentiel, que tes raisons sont boîteuses! Alors comme ça, tu fus parfois séduit par le Front, seul parti à promouvoir de grands changements institutionels, nécessaires au relèvement de la souveraineté populaire. Mais curieusement, comme le ressort économique est cassé, il ne faudrait plus, pour l'heure, tenter ce redressement. Je ne comprends rien à un tel langage. Moi, je ne conçois pas qu'on puisse dissocier la souveraineté et la prospérité, l'une entraînant l'autre, non? Ma Tunisie Verte, tente un effort de souveraineté et de renouveau économique, tout en même temps! Il me semble que là seulement, se trouve la cohérence. Ceci revient à dire, que le Front est incapable de favoriser la production de pain de farine, n'est-ce pas? Partant de là, il ne saurait animer un accroissement de souveraineté. En ce cas, à quoi sert-il? Et relever la souveraineté populaire, par un simple changement de constitution, laisses-moi rire, la souveraineté, est tout autre chose que de l'encre sur du papier! Qu'est-ce que la souveraineté? C'est d'abord la force organisée, mais donc, la force. Il est douteux qu'il suffise du simple droit référendaire pour accroître la force du peuple, qui, malade, se plaît comme toi, dans la faiblesse et la fragilité! Tel est le résultat de cette promotion de la fragilité, si accentuée, cette soft-idéologie, partout preignante, à laquelle ton église n'a que trop concouru. Cet état des esprits, ne fut jamais aussi marqué qu'en ce temps, alors que par ailleurs, des dérives holligarchiques incontestables, de plus en plus visibles et hostensibles, se concrétisent, en face de ce peuple désarmé! Je forme le voeu ardent, qu'il naisse sous peu de temps, un mouvement Français d'importance, dans lequel, l'élément Arabe jouerait un rôle plus ou moins central. Le Nationalisme anti-Arabe, ça ne marche pas, j'y ferai échec, j'y mettrai mon vetto. En fait, je n'ai jamais compris, comment il se fait, que le front soit anti-Arabe, c'était contre nature. L'Arabe fait désormais partie de l'armature du peuple, augmente la force du corps social, du fait de sa jeunesse et de son énergie. Je forme le voeu, de la création d'une nouvelle force politique différente et distante du Front et sa chiennerie, une force fédérative, nationale et authentiquement Française.


J'ai bien l'impression que la France ne reviendrait à elle-même que sous l'action fécondante de Rodomont. Tu dis que la France n'est pas scripturaire du monde, pourtant, en prenant ce poste, elle croîtrait en souveraineté et prospérité, s'assurerait mieux, du sceptre et du trésor. Aimer les autres à genoux, qu'est-ce à dire? Débarrassée de son épaisse couche d'ambiguïté, la France serait exactement comme moi, partagerait mes peines et espoirs instantanément, et ce serait une liberté! Quand nous sommes dépourvus d'artifices, nous nous ressemblons étrangement. La vraie France veut ce que je veux, de nature. Il n'y aurait là, aucun forfait, au contraire, un retour à soi-même. La France purgée du Sio-Croisérisme, c'est la France du bon autochtone, celui qui ne parvient pas à se résigner aux laideurs du temps. CDet être généreux, vit toute injustice comme un afront à lui fait, à sa personne. N'est-ce pas un être, en qui, mes causes vivent? Ou, si tu préfères, ses causes sont les miennes. Où est la soumission, dans ce cas de figure? Celui-là, diabolise et démonise les guerres injustes, les renie d'instinct, y sent l'artifice toxique et le mensonge. Le vrai Français est presque comme moi, peu s'en faut. Ma parole seule me distingue, c'est un cri qui s'élève au milieu d'un peuple, trop accoutumé à ne plus oser parler et penser fort. Au fond, qu'y a-t-il, sinon que je le bouscule, plutôt que je ne le contrarie vraiment. Il pourrait reprendre mon propre cri, s'il l'analyse, il y voit la vérité, il y voit le miroir de ses aspirations profondes, étant le peuple de l'égalité. L'autochtone est si soft, qu'il s'en est rendu incapable de penser et dire comme moi, ma parole est pourtant le reflet immaculé de ses voeux les plus profonds. L'Arabe, quand il expose aussi clairement les causes du monde, n'est pas loin d'être le reflet de l'autochtone, pourvu que celui-ci se libère intégralement de tout ce qui obstrue sa vision de lui-même. L'autochtone immaculé, épouse les causes de l'Arabe immaculé, à moins que ce soit l'inverse. S'il en est ainsi, quelle soumission tu me reproches? La France immaculée, dépouillée d'ambiguïté, la vraie France m'aime, d'un amour structurel, la chose est certaine, elle soufre de mon mal, au même instant, s'interroge sur le moyen d'y porter remède, ma Cause est en elle, gagnée d'avance. L'union de Rodomont et la France, deux êtres purs, est un spectacle si beau, la beauté même, d'aspect intemporel. Qu'y a-t-il de plus juste et droit, que l'union de l'Arabe avec la France, plus ou moins contraires, tellement adaptés l'un à l'autre? C'est presque, une identité remarquable, tu ne peux le nier. S'opposer à cette union, c'est faire obstacle à l'accomplissement d'une merveille. Cette union et ce couple n'a pour sens, à l'évidence, que l'établissement de la justice.


Tu m'opposes que je n'aime pas, du fait que je répugne souvent à prononcer la formule usagée de l'amour. Ma quête de pureté, me fait éviter les formules contestables. Je ne dis pas "je t'aime", est-ce pour ça que je n'aime pas? Je ne dis pas "je crois", est-ce pour ça que je ne crois pas? C'est pour être mieux sûr d'aimer, que je refuse les formules aproximatives. Je veux être immaculé. Rodomont aime, il peut le prouver sans le dire. Rodomont n'est pas Jean-Jacques Rousseau, en tant qu'être moral, on aime Rodomont, parce qu'il se veut immaculé."

Ma réponse le 13-03 à 1h23 :

"Croissant de lune,

1. Je n'ai mêlé Lila à cette querelle que parce qu'elle était chez moi quand j'ai lu le mail vengeur que tu m'envoyais. J'aurais pu te le dissimuler, je n'en ai pas pris la peine. D'autre part, elle a vécu ces événements, tu ne fais qu'en mythifier l'histoire, tu te perds dans tes propres conjectures à trop les répéter inutilement. Dissipe d'abord tes contradictions, ne rêve pas la france, vois-la, non comme un mythe, mais telle qu'elle est. La france a été coloniale, ce n'est pas à son honneur, mais c'est son histoire. La france a participé aux croisades, car elle a été fer de lance de la chrétienté. La France est judéo-chrétienne, par principe et filiation. Maintenant, je suis d'accord avec toi sur deux points : le Français est humainement plus proche de l'Arabe. L'affinité humaine, c'est une partie de la politique, ce n'est pas toute la politique. Le second point sur lequel je suis d'accord, c'est que la france ne doit pas faire du colonialisme passif, en pillant les ressources naturelles d'autres pays souverains.

2. J'ai toujours exprimé très clairement ce que je pensais du front. Il a de bonnes solutions institutionnelles et peut-être même économmiques, mais son impasse est d'être un nationalisme xénophobe. On ne construit rien en étant antiquelque chose, on ne construit rien sur de la haine.

3. L'agression dont je te parle n'a rien d'une afaire d'honneur, mais d'une lâche agression sauvage en pleine nuit, dans une rue solitaire, où huit individus se sont garés devant moi, tandis que j'attendais un taxi.

4. Tes menaces physiques sont un point qui pourrait me faire couper cours, à regret, à nos relations. Je n'accepte pas ce genre d'intimidations ni de mises en demeure. Ne voulant violenter personne, acceptant par avance qu'on me traîne en Justice si je violentais quelqu'un malgré moi, je n'accepte pas qu'on attente de pareille façon à mon intégrité physique et à ma souveraineté personnelle.

5. Jean-Jacques rousseau a peut-être eu le tort de s'autojustifier, je prétends, moi, que tu as celui de t'auto-immaculer."

Le 14 mars 2012, après un silence inaccoutumé d'un jour entier, je rajouterai ceci :

"Je ne sais pas quelles sont les nouvelles qui t'affligent, mais je crains que notre querelle ne laisse des traces, et crois bien que j'en suis affligé.

Sa montée en puissance a tenu pour une part du qui pro quo. Mais pour une part seulement. Il faut savoir, Croissant de lune, jusqu'où ne pas aller trop loin.

Je crois avoir fait pour toi, sans nulle fausse modestie, ce qu'un homme peut faire de plus grand, voire de plus fraternel, pour un autre, son vis-à-vis : t'avoir permis de t'énoncer.

Mais cela implique qu'e la partie adverse n'attente pas à la souveraineté morale ou intellectuelle de l'autre.

Tu m'as accompagné, je t'ai accompagné, je ne sais jusqu'où nous le pourrons encore.

Je veux bien avoir une certaine porosité, mais non pas jusqu'à accepter l'insulte qui m'est faite ou l'offense qui m'est trop quotidiennement adressée, et qui devient un système, un mode relationnel.

Plus largement, cela me pose de plus en plus question sur le caractère sain ou insensé, je le dis en te reprenant et parce que je suis d'accord avec ce terme, d'une telle vie de groupe virtuelle, qui se développe à côté de la réelle et dans laquelle le défoulement prend trop de place.

Tu m'as accompagné, je t'ai accompagné, peut-être nous accompagnerons-nous encore, mais pas dans ces conditions, notre long cheminement fait que je suis, en tout cas, incapable de t'en vouloir.

Je ne sais pas si j'ai le droit de te dire que j'attends des excuses, mais je te prie de prendre acte de ce que je viens de t'écrire, même si je reconnais, dans la précipitation de cette vievirtuelle, avoir trop particularisé ce que tu m'écrivais, qui avait une portée plus générale, mais l'attaque m'était bien adressée;

Peu m'importe, dès lors, tes protestations que je suis sympathique auprès deS.R.

Comme tu me l'as écrit, la dignité ne se paie pas.

Mesure sur toi, pour reprendre une autre de tes formules que j'aime bien, si c'est respecter l'honneur ou la dignité d'un homme que d'exiger de lui, dans un premier temps qu'il se rende à toi, les mains liées, et se prosterne devant toi, avant de nuancer l'attaque en disant que, de cette façon, nous aurons la même position.

L'humilité que tu invoques n'a jamais requis l'humiliation.

Pour autant, tu as l'excuse de souffrir.

Le torrentiel, qui ne fera jamais partie de la France prosternée.

lundi 20 février 2012

L'impasse de l'hétérocentrisme

Il est important de contextualiser cet article. Sinon, on va n'y rien comprendre.

Depuis le 9 février dernier, j'ai accepté, suite à la défection de celui qui avait inventé cet OVNI littéraire qu'il appelait le "remue-méninges" et dont je vais vous expliquer le principe, de reprendre la main qu'il m'avait passée par défi, sous réserve que ce jeu ne serait plus désormais confié à un seul, mais à un collectif comprenant pour le moment deux autres camarades, dont le croissant de lune, familier des lecteurs de ce blog.

Le "remue-méninges" tel que l'avait pensé son concepteur ne consistait, ni plus, ni moins, qu'en un jeu de charade, dont il prenait occasion pour poster des comptes rendus magistraux, véritables morceaux de bravoure et chroniques littéraires qui tenaient de la chronique grammaticale et linguistique, intime et autobiographique, encyclopédique, avec une place notable laissée à la créativité des réponses faites par les joueurs (appelés dans notre jargon charadeurs) au charadin ou maître charadier, poseur de la charade et auteur de son compte rendu.

On peut considérer que prendre la responsabilité d'un jeuqui paraît si futil relève de la perte de temps. Mais il y a:

1. que la vie est un jeu;

2. que j'ai peu de responsabilités;

3. qu'il faut "jouer collectif" (on peut même en faire un jeu littéraire);

4. que cela permet de décliner ses obsessions et de les faire partager à d'autres locuteurs.

En somme, à mon corps défendant, me croyant homme du livre, je suis homme de dialogue, le pratiquant à tout va, à tout rompre, mais en n'y croyant pas, pas assez, gêné, gainé, engoncé par mon utilitarisme.

Si quelque lecteur de ce blog voulait participer à cette charade à périodicité trihebdomadaire au jour où j'écris, voici la marche à suivre: il suffit de m'adresser un courriel à l'adresse que voici :

julien.weinzaepflen@numericable.fr

Ayant présenté la chose, cet article va vous fournir tout le processus d'une charade telle que décrit ci-dessus et mené à ma sauce.

Mais avant que je ne vous répercute la charade, vous verrez qu'elle renvoie en écho à un article que l'on peut trouver dans les archives de ce blog, intitulé "charade métaphysique" et où le précédent charadier, homme de douleur et qui fait mal bien que se croyant sincèrement résilient, renvoyait au "déterminisme".

Voyons donc, en écho, sans en changer un mot, la charade que j'avais posée le 15 février dernier. Je la cite intégralement :

Elle vous est... "

Postée après le crépuscule pour que vous l'ayez bien avant l'heure du crémier, mais aujourd'hui, il ne sera pas question de crème, malgré ce guillemic charadier, qui pourrait vous induire en erreur (et ne pas vous enduire d'horreur). Enduisez vos mains de crème et caressez-vous, caressez-vous, en ce lendemain de fête de saint-valentin, où vous devriez ce conseil prodigué par Yves Jamet dans une de ses chansons, intitulées :
"Caresse-moi", commençant par :
"Je hais les dimanches"
et dont le refrain dit :

"Caresse-moi, caresse-moi,
Ne laisse pas ce jour vieillir
Sans poser avant qu'il expire
Ta main sur moi, caresse-moi."

Existe-t-il une dépendance affective ?

Mon premier est l'interjection qui hèle le laitier
pour qu'il m'apporte de quoi mettre du lait dans mon deuxième,
ou dans le biberon de mon bébé qui, après l'avoir bu,fera mon troisième,
avant qu'en famille, nous allions voir "adieu ma concubine", qui est un film-opéra chinois, et non pas un drame japonais comme mon quatrième :
je ne mange pas de ce pain-là, je n'en mange (mon cinquième), adverbe de négation substitué à "pas" quand on voulait parler de pain au lieu de marche.

Mon tout est le contraire de l'autonomie.

Ca existe ? Décomposez, vous allez voir, et le compte rendu vous en dira plus.

Mais avant, envoyez-moi vos réponses à cette adresse :

julien.weinzaepflen@numericable.fr

et n'oubliez pas de transférer nos charades, leurs comptes rendus et classements à toutes les listes que vous connaissez.

Ca donnera peut-être envie à d'autres participants d'y jouer, et aussi de nous relayer, car on ne serait pas trop de quatre pour diversifier le jeu, et aussi parce que vos charadiers s'adonnent à d'autres travaux. Si quelqu'un veut renforcer notre équipe, qu'il s'adresse à l'un de nnous, par exemple à moi, aujourd'hui.

Bonne journée et creusez-vous bien les méninges.

La charade est une échelle syllabique vers la marche des sens et des mots.

La marche des sens ?

"caresse-moi, caresse-moi !" (Yves Jamet)"



Et en voici le compte rendu, qui va nous permettre,entre autre, d'entrer dans le développement de notions intéressantes bien qu'à mon avis impassuées, comme le fera connaître, à la fin de cet article, un échange entre le croissant de lune et moi survenu après publication de ce long compte rendu.

"La charade a dû être facile au ludomètre puisque le ludomètre, cet instrument météorologique du "journal de la charade" qui mesure la météo du passé, ne s'est même pas donné la peine de parler, si ce n'est par l'intermédiaire de Ludo, que je m'étais promis de ne pas citer, tant il me fait rougir, mais j'aime bien rougir devant tous (j'ai de l'orgueuil sans être fier) :

"« Bonjour, Julien,
Bravo, superbe, j'adore ta façon de poser la charade."

Finalement, j'adore qu'on m'adore. Ludo, ça te vaudra une citation au tableau d'honneur, mais patiente un peu, j'ai d'abord à citer babeth, arrivée en deuxième position, et dont la décomposition est un modèle du genre, sauf qu'elle a mangé mon quatrième, qu'elle me restitue spontanément dans le mail suivant :

"
hé

le thé pour allez avec (avec quoi, babeth ? Avec le lait du crémier bien sûr !)

le rot du bébé après son biberon

le nô

et mie pour le pain."



Rien à dire, tout est bon, aucun élément ne manque, mais Ludo, lui, veut avoir des points supplémentaires. Il en gagnera trois, voici sa création, la parole à Ludo :



"...Donc ma réponse,
(...) "Mon tout est donc hétéronomie H, é, t, é, r, o, n, o, m, i, e, »"
1 H, é, pour héler aussi bien le postier que le laitier (un point pour le postier, qui ne figurait pas dans l'énoncé de la charade) ;
2 T, h, é, pour moi ce sera un café et sans lait, s'il vous plaît (un point pour le café, parce que c'est aussi le goût du charadier du jour, même si le thé me détend, ne m'énerve pas du tout),
3 R, o, t, chez les mexicains, il faut mieux en pousser un si on ne veut pas
offenser le cuisinier (un point pour cette information capitale : on dit toujours que le rot ne doit couronner un repas que pour rendre hommage à la cuisinière (ou à la couscoussière) dans les pays d'outre-Méditerranée, voici que la coutume s'en trouve être la même en bordure de l'Amérique latine),
4 N, ô, je connais grâce aux mots fléchés mais je n'ai jamais eu l'occasion
d'en écouter un (cet aveu, Ludo, aurait pu te rapporter un point, mais c'eût été un point apophatique, un point négatif, donné pour une chose que tu n'as pas faite, j'ai préféré le garder en réserve, pour te donner l'envie de voyager),
5 M, i, e, c'est vrai que c'est le meilleur du pain, surtout quand il est
frais (ça n'est pas tout à fait ce que je voulais entendre, mais je suis plus content de ce que tu me dis de la mie que de ce que m'en dit le croissant de lune, dont j'ai eu deux sujets de mécontentement, pour lesquels j'ai voulu lui garder des points, ce dont il s'est défendu comme un beau diable, en se rattrapant comme il a pu, pour le plus grand bénéfice des chevaliers de la charade, vous allez en profiter sur l'heure.


Dans sa décomposition, le croissant de lune me dit de la mie :

"Ton dernier doit être la mie du pain, ouais, pour ta définition, à peu près recevable." Insolent, non ? D'autant que ce n'est pas ce que ma définition voulait recevoir, j'y reviendrai après vous avoir retransmis le cadeau du croissant, qui n'est autre qu'un poème de clément Marot (Cahors, 1496 ou 1497-Turin, 1544), .

"Dedans Paris

Dedans Paris, ville jolie,

un soir passant, mélancolie,

je pris alliance noujvelle

avec la plus gaie demoiselle,

qu'il soit d'ici en Italie.

D'honnêteté elle est saisie,

et crut selon ma fantaisie,

qu'il n'en est guère de plus belle,

Dedans Paris.

Je ne vous la nommerai mie,

sinon qu'elle est ma grande amie,

car l'alliance se fit telle,

par un doux baiser que j'eus d'elle,

sans penser aucune infâmie!

dedans Paris."

Notre Marot n'est pas un maraud ni un mufle et ne veut nous nommer mie sa mie, de peur que nous la découvrions et attentions à son honneur, tandis que le croissant de lune voudrait que notre ami Karim nous dévoile celle que "son coeur tant aime", pour reprendre une poésie de Louise Labé de la même époque.

Or ma définition était formulée comme ceci :

"
je ne mange pas de ce pain-là, je n'en mange (mon cinquième), adverbe de négation substitué à "pas" quand on voulait parler de pain au lieu de marche."

Autrement dit, on disait "je ne marche pas et je ne mange mie, je ne bois goutte, puis, la confusion aidant entre le verbe "boire" et le verbe "voir", je ne "vois goutte". C'est que, si, aujourd'hui, "ne...pas", "ne...point", "nne...plus" forment, dans leur complémentarité, un seul adverbe de négation, "pas" ou "point" étaient autrefois considérés comme des substantifs, le pas renvoyait à la marche, le point à ce qu'on parvenait plus ou moins aisément à voir, à lire, à écrire.

Voici ce que dit à propos de ces négations rares un extrait d'un article très intéressant de wikipedia

"Ces constructions employées comme variantes de ne… pas sont des survivances de l'époque où la négation habituelle était ne, suivi de n'importe quel objet dont la fonction, l'existence, la possession, etc. étaient niées (cf. On trouve encore aujourd'hui des exemples de ce type de négation : je n'ai domestique ni valet signifie je n'ai pas de domestique, ni de valet ou je n'ai ni domestique ni valet. Cette construction peut être aussi une double négation comme dans cet exemple de Charles d’Orléans :

Il n’y a bête ni oiseau / Qu'en son jargon ne chante ou crie."


Je reprends ici le commentaire pour montrer que ce vers est construit en un chiasme, lequel est une figure de style qui croise quatre éléments : la bête crie et l'oiseau chante, charles d'Orléans dispose son vers comme suit :



"Il n'y a ni bête (A) ni oiseau (Bé qu'en son jargon ne chante (b, puisque se rapporte à l'oiseau) ou crie (a). telle est toujours la figure du chiasme :

A.B.B.A.

Le chiasme reprend en stylistique le schéma de nos rimes croisées.



Mais redonnons la parole à nos grammairiens :

Dans ces constructions, certains noms se sont spécialisés à la manière de pas et sont à leur tour devenus adverbes :

goutte associé au verbe voir. N'y voir goutte signifie ne rien y voir ;
point : ne même pas avoir un point ;
mie : ne même pas avoir une mie (une miette) ;
rien : autrefois substantif, rien (ancien français : ren, de l'accusatif latin rem, « chose »), est le terme le plus utilisé aujourd'hui.
L'expression ne… guère…, surtout utilisée à partir du XVIIIe siècle, provient à l'origine du francique waigaro qui signifiait « beaucoup »


Il n'y a guère, il n'y a pas beaucoup de temps, il n'y a pas longtemps.
La contraction d'"il ney a guère" est "naguère", l'"autrefois d'"il n'y a pas longtemps", par opposition à "jadis" (venant de jam diu, jam, déjà, diu, longtemps, il y a déjà longtemps"),
"tu ne vas plus guère voir ta grand-mère", tu ne vas plus beaucoup la voir.

Une génération à peine sépare clément Marot de françois vilon (Paris, 1431-1463, et pourtant, quelle différence dans le style !

Voulez-vous réentendre à nouveau "la ballade des pendus" avant que de poursuivre ?

"Frères humains qui après nous vivez
N'ayez les cœurs contre nous endurcis,
Car, se pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tost de vous merciz.
Vous nous voyez cy attachez cinq, six
Quant de la chair, que trop avons nourrie,
Elle est pieça devoree et pourrie,
Et nous les os, devenons cendre et pouldre.
De nostre mal personne ne s'en rie :
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre!

Se frères vous clamons, pas n'en devez
Avoir desdain, quoy que fusmes occiz
Par justice. Toutesfois, vous savez
Que tous hommes n'ont pas bon sens rassiz;
Excusez nous, puis que sommes transis,
Envers le filz de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l'infernale fouldre.
Nous sommes mors, ame ne nous harie;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre!

La pluye nous a débuez et lavez,
Et le soleil desséchez et noirciz:
Pies, corbeaulx nous ont les yeulx cavez
Et arraché la barbe et les sourciz.
Jamais nul temps nous ne sommes assis;
Puis ça, puis la, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charie,
Plus becquetez d'oiseaulx que dez à couldre.
Ne soyez donc de nostre confrarie;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre!

Prince Jhesus, qui sur tous a maistrie,
Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie :
A luy n'avons que faire ne que souldre.
Hommes, icy n'a point de mocquerie;
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre.
(Transcription : Lagarde et Michard)

Encore que l'esprit primesautier de Clément Marot n'ait guère souffert les rigueurs de l'austère calvin, son admiration pour Luther lui fit écrire, recommandation le premier psautier en français, sur des mélodies dont beaucoup nous sont réfugié à genève, sur recommandation de calvin, une traduction du psautier. Ilne put achever cette oeuvre, répertoire mais Le grand humaniste français et poète Théodore de Bèze (1519-1616) la poursuivit, et en 1551, paraît le psautier genevois qui comprend les 150 cent cinquante psaumes.

Pour plus de documentation à propos de ces psaumes, où l'on apprend notamment que calvin considérait les orgues comme "la cornemuse du diable", lire ici :
Home
http://dictionnaire.sensagent.com/musique+dans+les+%C3%A9glises+r%C3%A9form%C3%A9es/fr-fr/#Le_chant.2C_rien_que_le_chant.2C_mais_un_chant_d.E2.80.99assembl.C3.A9e


En cliquant sur cet autre lien,
http://psautierdegeneve.blogspot.com/
vous pourrez trouver des psaumes traduits par Clément Marot et leur partition musicale à une seule voix. On ne trouve malheureusement pas mieux sur la toile. Il faut aller dans une médiathèque chez un discaire pour se procurer l'intégralité de ce premier psautier en français, si on s'y intéresse. Il diffère de la liturgie luthérienne en ce que n'ont été traduits que des psaumes, tandis qu'à la suite de Luther, on a mis en musique des chorals, librement inspirés de la Bible. La polyphonie a été tolérée dès l'origine pour compenser l'absence d'orgue, mais le psautier de genève se démarquait du chant grégorien dans la tradition choral, en ce qu'une note était associée à une syllabe et que, pour favoriser le chant d'assemblée, l'amplitude vocale (ou ambitus), de la note la plus basse à la note la plus élevée, dépassait rarement une octave.

Mais quittons la Renaissance où jamais, cette charade n'aurait dû nous faire stationner si longtemps si le croissant de lune n'avait quelque chose de renaissant, qui nous a fait nous arrêter avec profit sur Clément Marot, et revenons à la raison, en rien innocente, pour laquelle j'avais posé ce mot.

Les quelques réflexions qui vont suivre ne sont que le prélude à une série d'autres interrogations que je m'autoriserai d'une prochaine charade pour porter sur notre place publique.

Arrivons-y par degrés.

Et c'est encore une erreur du croissant de lune qui sera le meilleur chhemin vers ce que je voudrais essayer de montrer.

"Ton tout est l'hétéronomie, dépendre des autres", m'écrit-il.

Croissant de lune : pour définir un nom par un nom, il aurait fallu dire : ton tout est "la dépendance des autres". Mais tu n'y es pas tout à fait, et même, cette erreur t'a coûté un point. Comme nous pouvons aller du trivial à l'essentiel, mais je veux vous appâter par le classement qui viendra ci-après, si vous me conservez encore un peu de patience !

Cette erreur du croissant de lune a été confirmée, voire amplifiée, par un nouveau joueur, Jean-Michel de bretagne, qui ne m'a pas fait de proposition pour cette fois, sinon pour me dire qu'à ses yeux, le contraire d'"autonomie" était la "dépendance."

NB : pour faire connaissance avec JM, vous pouvez :

- écouter ses créations sur son site :
http://www.yann-ar-dall.com/contactjoueryad.php
ou son site de chants de marins :
http://www.yann-ar-dall.com/

La première fois que j'ai lu hétéronymie, c'était sous la plume de Pierre bourdieu : je ne connaissais pas le terme, et je n'avais pas un dictionnaire à ma portée. Il n'est pas exagéré de dire que l'auteur de "Ce que parller veut dire", qui fait tout pour disqualifier la parole distinguée des mandarins et a lui-même accepté d'être professeur au collège de france, n'avait pas le langage facile et qu'il faudrait traduire l'un de ses passages en français courant, ce serait un exercice qui pourrait bien faire une alternative à la charade pour un jour (il viendra) où l'un de vos trois charadiers (si vous n'en grossissez pas la liste) manquera d'inspiration.

La première fois que j'ai lu "hétéronymie", je ne vais pas vous le traduire, vous avez tous les éléments pour savoir ce que ça veut dire, je vous en ai dit les circonstances, mais quand je vous raconterai comment j'ai fait connaissance avec "hétéronomie", vous comprendrez le choc que ç'a été pour moi.

Mais, avant de vous narrer ces circonstances, faisons une parenthèse didactique et de critique sociale.

Le préfixe "hétéro" s'oppose à la fois au préfixe "auto" et au préfixe "homo". Quelqu'un qui est autocentré est centré sur lui-même. Quelqu'un qui est hétérocentré est centré sur l'autre.

Le préfixe homo signifie "le semblable". On le retrouve dans "homogène" (de même origine), "homologue (de même fonction), homozygote (quel est l'état des zygomatiques des jumeaux homozygotes) et bien sûr, plus couramment, dans "homosexuel" (adjectif qui désigne une attirance vers les personnes du même sexe).

Or nos sociétés modernes ont le goût du semblable par différencialisme. La différence serait le seul facteur commun qui les relie. L'hétérogénéité comme facteur de reliance. Nos sociétés sont pour ainsi dire altérophiles, que dis-je, hétérophiles, par homophobie. Au point qu'on se demande parfois si elles ne seraient pas tentées de verser dans l'inverse et se voudraient tellement homophiles qu'elles deviendraient hétérophobes. Elles voudraient tellement aimer l'autre qu'elles en détesteraient le semblable, et pourtant elles sont hétérophiles par amour du semblable, un "différent" "comme les autres", qui ne nous est pas indifférent. Elles n'ont jamais imaginé de substituer au contraire de la "philia", l'amitié, un suffixe grec qui traduise la haine, peut-être parce que la haine n'existe pas en grec. Aussi, le contraire du "phile", c'est le "phobe", le "phobique", comme si le contraire de l'amour, c'était la peur, et c'est peut-être vrai. Beaucoup de courants spirituels nouveaux entendent ramener nos sentiments à deux émotions fondamentales que seraient l'amour et la peur, la "philie" et "la phobie". Parfois, on n'emploie pas le préfixe "phile" à bon escient : ainsi, le "pédophile" serait celui qui abuse des enfants, alors qu'il serait plus juste de l'appeler un "pédomane", quelqu'un qui nourrit envers eux une obsession maniaque.

Tout ça ne vous dit pas comment j'en suis venu à découvrir l'"hétéronomie" et moins encore ce que c'est.

Voici pour le comment :

je publiais un commentaire sur le métablog, espace d'expression de l'abbé de tanoüarn, où je disais qu'il me paraissait impossible de vouloir appliquer sans réserve une volonté extérieure à la sienne, fût-ce celle de dieu, sous peine de se minimiser en tant qu'homme.

Voici ce que je lui écrivais le 15 mars 2011 àà 9h34 à la suite de son article consultable ici:
http://ab2t.blogspot.com/2011/03/septieme-billet-de-careme-mercredi-de.html

journal torrentiel de Julien WeinzaepflenMar :34 PM
Celui qui ferait mieux de se taire pour mettre son coeur en carême ne peut pourtant s'empêcher de vous demander, comme les disciples du christ après qu'Il a parlé au jeune homme riche:
"Mais mon Père, être hétéronome, est-ce possible? N'est-ce pas schizophrène?"
Et je vous entends déjà me répondre que vous m'avez déjà répondu que oui,
Bien sûr que c'est fou. Ou encore que
"Pour les hommes, c'est impossible; mais rien n'est impossible à dieu."
Vous allez me prendre pour un homme qui a de grand biens et qui n'arrive pas à les vendre, qui n'arrive pas à se rendre, et vous aurez raison. Mais comme je ne veux pas céder sans me défendre, je voudrais retourner la proposition:
"En connaissez-vous beaucoup, vous, des gens qui soient hétéronomes? Qui le soient avec naturel, bien que ce ne le soit pas du tout? Et qui le soient avec bonheur, sans névrose, sans le faire payer au prochain? Je sais bien que nous n'en sommes plus au temps de Saint-Paul qui enjoignait de le prendre pour modèle; mais je veux vous prendre à parti: vous croyez-vous hétéronome, vous qu'on sent si libre, si dégagé? Quelles sont les marques de votre hétéronomie? Quand actionnez-vous la pédale de frein, quand réfrénez-vous votre intelligence et votre pensée libre pour vous accomplir dans la Loi d'un autre, fût-il Dieu, votre bien? Comment concrètement devenir hétéronome sans devenir répressif à force de se réprimer? Est-ce que nous ne crevons pas de deux excès, l'un se trouvant dans "l'autonomisme" de ces gens qui se veulent moins sans loi que sans attache, et l'autre étant l'hétéronomie de ceux qui, de peur de s'affirmer dans leur risque personnel , mettent leur pensée entre les mains d'un Maître à Penser ou d'un "livre d'idées" sans faire confiance à cette manière d'autre bible qu'est notre sens de dieu, dépôt sacré complémentaire du livre de la Parole et du dépôt de la tradition? Je sais bien qu'en théorie, vivre, c'est perdre sa vie. Mais comment faire pour que ça ne devienne pas de la théorie morbide et surtout pour que ça devienne de la théorie pratique et praticable?

Et voici ce qu'il me répondit le lendemain, 16 mars 2011, je vous le cite in extenso :

"Cher Julien, j'ai senti la profondeur de vos questions sur le septième billet de carême. J'ai senti cette profondeur parce que, comme vous l'indiquez, ce sont des questions que je me suis posées moi-mêmes... pour moi-même.

Comment peut-on être hétéronome ? Comment peut-on laisser agir en soi une autre loi que la sienne propre ? Comment peut on s'en remettre à un autre que soi pour soi ? Sommes nous des esclaves ?

Saint Paul au début de l'épître aux Romains se dit "l'esclave de Dieu". Esclave : en grec doulos, en latin servus, il n'y a pas d'erreur. Dieu est-il un grand esclavagiste ?

J'ai beaucoup aimé la mise au point de Giorgio Agamben dans Le temps qui reste, à ce sujet : "Le syntagme 'escalve du Messie' définit pour Paul la nouvelle condition messianique, le principe d'une transformation particulière de toutes les conditions juridiques". Autrement dit, riches ou pauvrres, esclaves ou hommes libres, prolétaires ou bourgeois, nous sommes tous à égalité des esclaves du Christ. Agamben cite deux autres textes de Paul.
Voici le premier I Cor 7, 23 : "Qui a été appelé en tant qu'esclave dans le Seigneur est un affranchi du Seigneur. de la même manière qui a été appelé libre est esclave du Messie". "A été appelé", grec kletos : c'est la vocation qui est au fond de toute conversion. Il y a un ordre de la vie civile, qui reste ce qu'il est (Paul ne veut pas faire la Révolution) ;et il y a un ordre nouveau, celui de la vocation. Dans cet ordre, peu importe que l'on soit esclave ou homme libre, on est libre dans le Christ (ou esclave dans le Christ mais c'est la même chose).
Voici le second, Philémon 16 : "Peut-être bien Onésime, ton esclave fugitif qui a trouvé refuge auprès de moi, n'a-t-il été séparé de toi momentanément que pour t'être rendu pour toujours, non plus comme un esclave, mais comme un super-esclave (hyper-doulos), comme un frère chéri". Saint Paul ne parle pas immédiatement de Dieu, maios cela revient au même, l'amour de Dieu et l'amour du prochain s'identifiant. Le super-esclave est en même temps un frère chéri, comme dans le texte de Matth. qui fait l'objet du Septième billet, celui qui fait la volonté de Dieu est en même temps un frère du Christ. Le christianisme ne vient pas POUR abolir l'esclavage, mais pour faire des super-esclaves, qui, parce qu'ils sont des super-escalves, sont aussi des hommes libres : des frères.

Trop compliqué ? Mais qu'y a-t-il d'autre ? Vous ne voudriez tout de même pas vous débrouiller tout seul dans l'existence ? Direz-vous comme Sartre à la fin des Mots : "Ma seule affaire était de me sauver (...) Je me suis mis tout entier à l'oeuvre pour me sauver tout entier". Etonnons-nous qu'ensuite le même Sartre ajoute avoir "rangé l'impossible salut au magasin des accessoires". il a voulu se sauver... lui-même. Le protestant qui sommeillait en lui savait bien que c'était impossible. Il ne restait que... le magasin des accessoires ou la tendre confiance en un Dieu qui sauve toujoujours celui qui l'invoque. Un Dieu qui nous demande... l'hétéronomie.

Mais voyons ce que donne le magasin des accessoires. Le salut est impossible ? Dieu n'est pas souhaitable ou plutôt pas souhaité ? [Dans L'existentialisme est un humanisme, cette phrase : "Si Dieu existait, ce serait une raison supplémentaire de le combattre"]. Rigoureusement Sartre en tire les conséquences : "Que reste-t-il ? Tout un homme fait de tous les hommes et qui les vaut tous et que vaut n'importe qui". Le Magasin des accessoires nous renvoie un immense "A quoi bon ?" dans lequel a sombré plusieurs fois même l'humanisme de Sartre. Tout vaut tout ? Tous valent chacun ? Alors Rien ne vaut rien et personne ne tire son épingle du jeu.

Pour tirer son épingle du jeu ? Il faut parier. ".

(Fin de citation).

Et voici, pour finir, quelques tout petits extraits de ma réponse :

"1. IL y a peut-être d'abord ceci: le christianisme, c'est la victoire du "mono" sur le "multi", (...) du "mono" sur le "poly", même si ça ne plairait guère à alain de benoist qui dit "préférer généralement le "poli" au "mono", et pourtant de l'"hétéro" sur l'"homo". Disons qu'avant d'être hétéronome, on ne doit pas être l'homologue de soi, tout comme on ne doit pas se complaire dans son monologue intérieur, suivez mon regard et pointez du doigt votre serviteur!

2. Certes, cela libère: sortir de l'homologie qui est une forme d'esclavage, pour entrer dans l'hétérophilie. Se faire des amis, se chercher des frères, avec lesquels il fasse bon vivre. Des frères dont on soit le gardien. Même dieu se cherche des frères, même dieu se cherche des amis:
"Je ne vous appelle plus mes serviteurs, Je vous appelle mes amis."
Mais c'est ici que ça se corse: être ami, c'est se mettre au service, répondre à une demande, ceindre un tablier et laver les pieds de ses amis.
"Vous êtes mes amis si vous faites ce que Je vous commande", "parce que vous êtes en mesure de comprendre où je vais, n'étant pas de simples suiveurs puisque vous connaissez Mon Dessein et vous savez où va Mon Père: Nous vous avons indiqué la destination. Si vous doutez de la route, vous connaissez la destination, c'est donc librement que vous pouvez choisir si vous voulez vous y rendre avec Nous à Ma suite. Et, si vous y consentez, c'est dans l'autonomie que vous choisissez l'hétéronomie. Donc vous pouvez me suivre, me servir, en amis."

Or donc, est-ce qu'être autonome, c'est être à soi-même sa propre loi ? C'est être indépendant de toutes les circonstances ?

La sutie à un prochain numéro.

Mais en attendant, voici le classement du jour :

premier : abdel (à 7h21) avec 13 points, 4 points pour avoir bien répondu seul à la charade et l'avoir bien orthographiée, trois points pour être arrivé le premier, quatre points seulement pour sa décomposition (tous les éléments y étaient, mais j'ai soustrait un demi point pour l'approximation concernant mon cinquième et un autre demi point pour l'approximation concernant mon tout), un point pour s'être racheté en nous envoyant le poème de Clément Marot qui a fait nos délices, et un point pour le démarquer de babeth et de Ludo, dont il était ex aequo, prime dans ce cas à l'ordre d'arrivée ;
Deuxième : Babeth à 8h17 avec 12,5 points
Troisième : Ludo à 9h19 avec 12 points,
Quatrième : Jean-Nicolas à 18h09, 8,5
Cinquième : guy (à 8h36), 7,5 points"


Voici la réaction que m'adressa le Croissant de lune, et qui est un redressement (une rectification en bonne et due forme) de la notion d'hétérocentrisme:

"Je présume que l'instinct de préservation, ce qu'on nomme ainsi, détermine de façon primaire et initiale, une situation d'égoscentrisme et d'égoïsme, on veut prendre ou garder sans partage. Or, comme la chose est impossible, on s'aperçoit en second lieu, que ne pouvant pas tout avoir, ni tout garder toujours pour soi-même, on trouve régulier d'avoir autant que son rival, son vis-à-vis. Ainsi naît la justice basique, dès la toute petite enfance, et au fond, elle est secondaire et dépendante de l'égoïsme primaire. On ne peut pas tout avoir pour soi, et on veut être aimé, alors on donne, on partage. Ce n'est qu'après que des doctrines plus complexes et plus élaborées nous sont enseignées. Elles n'abrogent pas, le principe de justice basique.


Donc, l'égoïsme complet, existerait en phase toute initiale, encore que le besoin d'amour, téter le sein de sa mère, vivre la caresse, tout ça fait de l'échange. C'est au début, un échange où on reçoit, où on n'a pas conscience de donner, ou bien on se donne soi-même, sans que cela nous coûte consciemment. Comme dès le début on ne peut pas vivre seul, qu'il y a concurrence, on trouve satisfaisant d'avoir autant que les autres. En définitive, personne n'est totalement égoïste ni totalement altruiste. Les plus altruistes, ce sont ceux qui ont eu assez de bonheur, pour s'aviser de ce qu'ils croient être l'intérêt et le bien des autres. De là naît l'engagement. Le lumpen militant, ça n'existe hélas pas! Dans la vraie misère, il n'y a pas de conscience de classe.


Peut-on être hétéro-centré? Pas totalement. Quoi qu'on fasse pour les autres, cela procède d'abord, de soi-même. Quand notre être en a la force, nous allons à la rencontre des autres. Si nous sommes bons, ceci n'étant en fin de compte, qu'un reflet d'un état d'équilibre et d'harmonie intérieur, alors nous aimons le monde, nous aimons les autres qui génèrent pour nous, cette harmonie merveilleuse, nous voulons agir pour eux, leur porter secours. Car, en définitive, le monde nous pénètre jusqu'à la racine de l'être, l'harmonie est un écho plus ou moins parfait entre notre être et tout ce qui lui vient. Il est donc naturel, comme Dieu le commande, qu'on porte secours d'abord aux plus proches de nous, puis, ainsi faisant, de loin en loin, notre sollicitude finit par s'étendre à toute la création. L'être généreux est d'abord un être qui a vécu du bonheur, et s'il a vécu le bonheur, c'est parce qu'il a le mieux intégré les principes de justice basique, qui règlent harmonieusement ses rapports avec ses semblables et toute chose. Est heureux celui qui a conscience d'avoir bien agi et d'en être récompensé.

En conclusion, je retiendrais qu'il n'y a personne qui soit totalement hétéro-centré ou bien auto-centré.


Croissant de lune."


Et voici ma réponse, qui est de moindre valeur:








Le démocratisme contre la démocratie

Ecoutons le croissant de lune.

Démocratisme, vous avez dit démocratisme.

Ce mot, je n'en connaissais pas l'éthymologie exacte, je l'ai entendu ou lu rarement, au point que j'ai cru l'avoir inventé.

Le sens du mot, est moins péjoratif que ce que moi, j'entendais, donc je fis une relative erreur. Pour moi, l'abus du terme, "démocratie" ou bien encore, "démocraties Occidentales", a toujours semblé suspect. Remarquons d'abord, que ces démocraties Occidentales, sont citées un peu comme si on disait, "les républiques bananières", ou les filatures de coton! Puis il y eut le traumatisme de 1992, quand se produisit l'arrêt du processus électoral en Algérie, et le coup d'état, ou plus exactement, le maintien en place, ou bien la manifestation du régime sanguinaire des généraux. Cet épisode qui eut des suites fâcheuses, jusqu'à nos jours, un gouvernement de gauche Française y concourut, prétendument, au nom de la démocratie. Le mot "démocratie", je dois l'avouer, bien que n'étant pour rien, lui qui n'est qu'un mot, devint pour moi suspect. Sitôt qu'un kidam me parlait de démocratie, je le regardais comme un hypocrite, ou au moins comme un ambigü. Quand une certaine France, qui pontifie et développe autour de la "démocratie", prit part aux répressions massives Algériennes, en opérant des rafles et expulsions de militants, dont on ignore et craint le sort fatal, je ressentis comme un traîtreux coup de poignard dans le dos. Quelques temps après, j'entendis de milieux de jeunes beurs Algériens, cette qualification inapropriée de "dictature démocratique", je compris ce qu'ils voulaient dire par là, sauf que les termes étaient faux. Quand la France avait fait tout ça, elle n'agissait pas en tant que "démocratie", elle agissait en être cynique, tout simplement, elle participait à des crimes, contre les principes affichés de démocratie et de droits de l'homme. La dictature démocratique, ça n'existe pas, ce qui existe c'est le crime, point! Ces gens s'exprimaient ainsi, dans ces termes, par manque de vocabulaire, rien de plus. La rigueur voudrait qu'au contraire, la démocratie soit de leur côté à eux, non pas du côté d'une certaine France. Je crois que c'est à ce moment-là, que le terme "démocratisme", m'est venu à l'esprit, qui signifie donc, une caricature abominablement hypocrite, voire criminelle, du terme "démocratie". Le démocratiste, est celui qui ferait haïr le mot démocratie, lequel est dans sa bouche, comme une rose dans une poubelle! Les mots sont fait pour s'en servir à bon escient, on est fautif, quand volontairement, on emploie un mot à la place d'un autre. J'ai lu dans un des dialogues de Platon, que ce n'est pas même chose, si on désigne un âne sous l'apellation de cheval. Platon fut le premier, à ériger le principe de droite éthymologie, qui n'était pas, semble-t-il, si assuré avant lui. Encore que ces contemporrains commettaient ces erreurs sans malignité, ce qui n'est pas le cas des démocratistes criminels. Voilà ce que j'ai voulu pointer du doigt, viser en plein coeur, atteindre au centre, en dissipant l'ambiguïté, sous la lumière éblouissante et crue, de la vérité. Ainsi, un certain criminel Américain, qui parlait à Dieu, prétend-il, ou l'entendait, tout au moins, quand il nommait la "démocratie", pensait tout autre chose. Ce n'était que rouerie criminelle, hélas, elle a fonctionné."

La réponse du torrentiel à ces remarques bien senties de mon frère d'armes et ami vis-à-vis:

"La gauche n'a certes pas le monopole du détournement de la démocratie, mais souvent il arrive que les résultats se retournent contre leurs intentions, c'est même là que se produisent les dérives les plus graves. On sait ce qu'il en est advenu des "démocraties populaires". On sait aussi ce qu'il advint du "national socialisme" dont il ne faut pas oublier que c'était un nationalisme... socialiste. N'oublions pas que ce sont les socialistes qui ont donné audience à Jean-Mari le Pen en france, dont le parti est le seul à prôner, depuis toujours, la "république référendaire". Mais comme une certaine gauche qui parle "peuple" et veut le sauver malgré lui est hypocrite, lorsque le jeu démocratique fit que le Pen arriva en seconde position par le jeu de la démocratie, françois Hollande répartit que Jacques chirac était son adversaire dans "le cercle de la démocratie", mais que le Pen était hors de ce cercle, son ennemi, celui à qui on ne doit pas parler et qu'on doit encore moins aimer (ça nous promet des lendemains qui déchantent). Ah bon, il y aurait donc une "démocratie" qui voudrait nous encercler ?Tel est l'hypocrisie du "démocratisme" de gauche. Quant à "la démocratie américaine", n'oublions pas qu'elle était d'origine coloniale et n'était donc destinée à ne concerner que les colons. Ceci explique peut-être que les etats-Unis se sont mis en tête de (et ont pris la tête d'une coalition qui veut) imposer la démocratie par la force, en usant de méthodes colonialistes, mais les etats-Unis se sentiraient insultés qu'on prononçât à leur endroit le nom de colonialisme, pour qualifier leurs méthodes de conquête ou d'influence. L'âme immortelle de Platon a des cheveux à se faire avant qu'on emploie les mots dans leur vrai sens.

L'athéisme peut-il mourir?

(après la parution de "La belle mort de l'athéisme moderne" par Philippe Nemo (aux éditions PUF)

La thèse de ce livre a de quoi laisser perplexe. Tout d'abord, elle pose un problème méthodologique: il ne faut pas se croire "à la fin de l'histoire" pour affirmer sans quelques siècles de perspective rétrospective que le christianisme s'en est sorti... sous benoît XVI, pontificat à propos duquel certains se demandent si le christianisme n'y est pas, au contraire, en train de "mourir de vieillesse". Je crains que Philippe Nemo, esprit pourtant supérieur, n'ait en outre tendance à prendre ses désirs pour des réalités quand il affirme que le christianisme est devenu l'enjeu de notre siècle dans le monde entier. Certes, le christianisme a su aborder de front et par avance toutes les questions de la modernité. Certes, au-delà des impasses philosophiques, il propose la seule aventure intellectuelle qui stimule pertinemment l'esprit de spéculation et de recherche. Mais il ne faut pas oublier non plus qu'il rebute, à la fois ceux à qui leur humilité fait penser que l'homme n'est pas capable de relations avec l'absolu, mais est seulement capable de tendre vers le merveilleux. Et il rebute aussi ceux qui, paresseusement, se contentent d'être les spectateurs et les consommateurs du merveilleux pour ne pas faire effort vers l'absolu. Mais ceux-là, appartiennent au nihilisme, le diable l'emporte, et Dieu entende Philippe Nemo, quand il souhaite que la mort de l'athéisme entraîne celle du nihilisme. Mais de quelle mort parler au juste? Je crois plus à la mort de l'antithéisme qu'à la mort de l'athéisme. Oui, l'athéisme contemporain, dans l'authenticité avec laquelle nous avons aussi le génie de revenir aux questions fondamentales (notre époque n'a pas que des défauts), voudrait se contenter de dire que "dieu n'existe pas", sans spéculer de façon sacrilège sur la mort de dieu. Pour autant qu'on puisse arriver à cette forme pure d'athéisme, il est possible qu'il commence par être sacrificiel dans des êtres particulièrement oblatifs, comme notre anonyme athée, qui s'est exprimé avant moi. Mais, pour avoir été moi-même athée avant de recevoir, bien après mon baptême, le don de la foi, je puis témoigner que j'étais plus heureux athée que depuis que j'ai accepté que dieu me réunisse à Lui. Disons que j'ai depuis lors gagné en lien ce que j'ai humainement perdu en liberté et bonheur. Il est vrai que les incantations rituelles me manquaient, mais j'avais trouvé le pis aller de prier "ma conscience" et ça marchait plus ou moins bien. Ce qui prouve au passage que l'athéisme des gens sans malice qui voudraient se contenter de dire que dieu n'existe pas, cet athéisme-là ne peut pas être mort puisqu'il n'a jamais existé. Cet "animal pas très raisonnable" qu'est l'homme n'est que trop naturellement religieux. Il suffit qu'il perde quelqu'un pour qu'il discerne des signes de sa présence ou qu'il ait peur de quelque chose pour qu'il retrouve le chemin d'une prière intransitive, non pas qu'on ne trouve pas quelque chose à se mettre sous la dent pour prier, un moyen de prier, une divinité, un ange, une immanence, l'univers même, mais que, tant qu'on ne prie pas le vrai dieu, on manque à la prière, car on n'a pas trouvé le soutainement de sa propre vie, dont Dieu est le fondateur en tant qu'il l'a voulue et qui retourne à dieu, à travers les continuités humaines des viscicitudes historiques, dont dieu Est le Maître, l'alpha et l'oméga.

samedi 18 février 2012

La névrose comme guérissoire, ou les prescriptions de Jean-claude Liaudet

Je viens d'écouter une des interviews les plus hallucinantes qu'il m'ait été données d'entendre.

Il s'agit d'une interview donnée par Laurence Luret, dans le cadre de son émission "parenthèse" sur "france inter", réécoutable ou podcastable sur le site franceinter.fr, du psychanalyste Jean-claude Liaudet, qui vient de faire paraître un ouvrage intitulé :
"La névrose française" publié aux éditions Odile Jacob.

en gros, il s'agit d'expliquer que le français est à la fois en dépression, dans un deuil qu'il refuse de "faire", collectivement celui des "trente glorieuses", et dans une relation délinquante à la loi (le Français est donc collectivement un délinquant).

Il y aurait une pathologie individuelle qui s'intriquerait avec une pathologie du collectif.

Le collectif devenant délirant, se retournerait de manière oedipienne en haine de l'ennemi extérieur (l'europe, qui viendrait lui voler sa "mère patrie",) et de l'ennemi intérieur (après le juif durant la seconde guerre mondiale, l'étranger considéré comme sexuellement plus "puissant que lui: Jean-claude Liaudet donne l'exemple des Noirs tels que se les représente la fédération française de football).

Donc la réaction nationaliste, dans son avatar frontiste, antieuropéenne malheureusement xénophobe, on ne peut le nier, est d'emblée dépolitisée comme pathologique.

Selon l'auteur, il n'existe que deux régimes : le régime républicain, névrotique, qui a une relation trop obsessionnelle avec la loi, et un régime transgressif, soit un régime pervers, qu'aurait illustré Nicolas sarkozy en 2007, pour avoir fait l'apologie de la transgression (dans un entretien accordé à Michel Onfray dans "Philosophie magasine").

Prescription de l'auteur : "Mieux vaut revenir à une bonne névrose", c'est-à-dire à un régime républicain à danger minimal.

Ou comment être passée des "trente glorieuses" et de leur frénésie libertaire heureuse et fastueuse, non seulement à une exaspération réglementaire, mais à une pathologisation de la politique, disqualificatrice du peuple, qu'il vaut mieux à tout prendre aveugler (le remède oedipien) et endormir (par l'analgésie médicamenteuse) plutôt que de risquer que son "délire" ne le fasse exagérément attribuer un caractère hostile à ses persécuteurs éventuels, dans un ressaisissement paranoïaque, comme si toute geste héroïque n'était pas paranoïaque.

Voudrait-on que s'arrête l'aventure française qu'on ne s'y prendrait pas autrement.

Et voudrait-on accentuer la démoralisation des individus qu'on insisterait davantage encore, si on le pouvait, sur leur caractère maladif, la maladie étant plus accentuée par son diagnostique que par son déni, lorsque les signes n'en sont pas cliniquement attestés et incontestables.

samedi 28 janvier 2012

Les deux mille pas de l'esclavage

Le processus d’accroissement spirituel par extases et oublis post-extatiques est peut-être à l’origine de l’adjuration assez perturbante du sermon sur la montagne, cette sinaïtique néo-testamentaire qui donne une signalétique morale extralégislative aux chrétiens, de ne pas refuser deux mille pas à celui qui nous demande cavalièrement d’en faire mille avec lui. Il y a toujours divers degrés de lecture de ces paroles prononcées sur son promontoire par le christ, devant l’auditoire étonné de Ses premiers aspirants disciples qui venaient l’écouter en curieux. L’injonction de « tendre l’autre joue » peut être lue comme une façon de désarmer son adversaire, et c’est un peu ce qui ressort de la manière dont le christ la met Lui-même en œuvre au moment crucial de sa Passion. Quant à cette injonction des deux mille pas, j’y ai longtemps vu une justification, voire une quasi incitation à l’esclavage. Il y a de ça, dans la mesure où s’ouvrir à dieu en mystique, c’est être l’esclave de ses extases, pour être marqué des révélations qu’on y aura reçues, jusqu’à ne vivre qu’en fonction de ses oublis. Il y a une très grande différence, spirituellement parlant, entre l’omission et l’oubli. L’omission entretient la médiocrité pécheresse qui est l’état coutumier couvant le mal, tandis qu’il y a une Grâce du saint Oubli, selon saint-Jean de la croix. Faire deux mille pas avec celui qui ne nous en demande que mille, c’est prendre en compte qu’à travers l’oubli, on reviendra aux mille pas demandés après avoir fait trois mille pas en fait d’en avoir consenti deux mille : car aux deux mille qu’on aura faits, il faut ajouter les mille pas qui auront résulté de l’oubli, du réveil de l’extase, de sa banalisation dans la vie réelle en vue de l’intégration des découverttes faites en elle, dans l’hors de soi, dans le retour à ses routines, où l’on ne revient pas le même que l’on était parti avec le Maître du Départ, du dépassement et du mystère. Car il y a bel et bien un esclavage dans cette acceptation des deux mille pas. Cet esclavage, on l’aurait qualifié sommairement si on le bornait à être la réponse du disciple à son maître, selon qu’il nous faudrait toujours un maître d’après les enchanteurs ésotériques, lequel « maître arrive » »quand le discipl est prêt ». Le christ nous a pourtant expressément interdit de conférer à quiconque la titulature magistérielle, interdiction que nous enfreignons à plaisir, tant nous aimons donner des titres, mais aussi parce qu’il est vrai que c’est parfois par le truchement d’un maître bien réel que nous nous esclavageons et escrimons, sabre au clair, à faire ces « deux mille pas qui coûtent » plutôt que de rester allongés sur le sable, abandonnés au « far niente » d’un demi sommeil qui ne bâtit rien, pas même une maison quifinira par s’écrouler. Mais, si cet interdit existe, de donner du « maître » à qui n’est qu’un homme et un truchement, c’est que la sujétion n’est pas le but, l’esclavage n’est qu’une étape, le disciple n’est pas un poursuivant, et c’est encore moins un suiveur : le disciple est quelqu’un qui en fait trop pour recevoir en pleine face les marques de l’amour transformant, par lequel il ne sait pas qu’il est marqué, quand il revient à lui. Car lui-même n’est pas plus un but de retour que l’esclavage n’est un danger ni un enjeu. Lui-même n’est aussi qu’une étape, en termes d’auto-suffisance. Le « moi « est fait pour s’oublier, mais il ne peut le faire lui-même. Le « moi » est fait pour s’oublier en vue d’une ouverture au large, d’une disponibilité à l’autre. L’esclavage comme les extases ne sont que les étapes en vue de cet élargissement.

vendredi 27 janvier 2012

Jeanne d'arc et la monarchie française

Mon croissant de lune,

qu'eût-il fallu faire ? tout simplement, après sa fuite et son arestation à varenne, placer le roi en résidence surveillée, éventuellement le séparer de la reine, renvoyer celle-ci en autriche à supposer qu'elle ne détînt pas des secrets d'etat trop compromettants; ou encore : comprendre sa fuite, comprendre que le roi avait été l'otage des constituants, négocier avec lui une constitution à laquelle il aurait pu apporter son accord, le surveiller dans un premier temps pour s'assurer de sa fidélité à celle-ci, puis relâcher la surveillance; par-dessus tout ne pas exiger des prêtres qu'ils prêtassent serment à la constitution civile du clergé, car c'était transformer définitivement l'Eglise de france en eglise gallicane; ne pas transformer ses avoirs en biens nationaux, mais mettre fin au trafic des "bénéfices éclésiastiques".


Je ne tiens pas pour la monarchie constitutionnelle, sur le moment, qu'aurais-je fait ? Je crois que, dans toute la mesure du possible, je serais resté légitimiste, je ne suis ni un conjuré, ni un factieux. J'aurais approuvé l'assemblée constituante, j'aurais essayé d'en être, si j'avais pu, j'aurais essayé de faire entendre raison au roi, mais je n'aurais pas été de ceux qui en eussent appelé au tyrannicide, même si saint-thomas d'aquin l'eût permis au chrétien que je suis, car j'aurais fait la part des choses, entre la crise conjoncturelle des finances publiques, la bonté du roi et la manière dont il était pressé de toutes parts. Je serais resté légitimiste, d'autant que, te replaçant dans le contexte, aucun philosophe, si j'avais été assez éclairé pour en lire, ne m'aurait pu persuader que la monarchie était un mauvais régime, attendu que personne ne le disait, ne le pensait, que Rousseau faisait de la démocratie un régime pour petites cités, que le plus critique envers la personne des rois était peut-être Pascal.

Tu prends Louis XVI comme un gouvernant et la monarchie héréditaire comme une gouvernance, mais tu commets un anachronisme : la royauté était alors consubstantielle au royaume, elle en était la loi fondamentale comme elle avait des lois fondamentales. Le peuple ne trouvait son unité qu'en une société pyramidale, une société hiérarchisée, une société sacrale, d'autant que la pyramide monarchique, avec ses excès dûs à la morgue nobiliaire, reproduisait la "monarchie pyramidale" dans laquelle s'était instituée l'eglise catholique, abri spirituel des croyants non sécularisés de ce temps-là. Te dressé-je un portrait rêvé d'une société qui n'a jamais eu cours ? sans doute, mais il est impossible à un chrétien de ne pas être nostalgique, dans un coin inavoué de son coeur, de la chrétienté, au tréfond d'un inconscient qui n'a pas fait le deuil, tout persuadé qu'il puisse être par ailleurs, a posteriori, rétrospectivement et, pour ainsi dire post-traumatiquement, de l'apolitisme chrétien, qui a transformé son rêve de société harmonieuse et organique en l'organisation d'un monde nouveau, meilleur, juste et plein d'amour, un autre "monde rêvé", un "royaume du christ en ce monde" gagné par la "théologie de la libération", qui est un beau rêve.

Tu veux faire rendre ce qu'ils ont pillé aux gouvernants arabes. Tu pourrais avoir raison si l'on ne savait trop les méfaits auxquels ont donné lieu les excès de toutes les purges épuratrices et les relents de vertu jusqu'au terrorisme de l'intégrité. Tu tiens pour "la justice basique" qui punit en ce monde. La sagesse et la cohésion ne sont pas de ton côté. Ce qui mine l'egypte aujourd'hui, c'est qu'on a fait partir Moubarak, mais l'armée continue de se livrer à ses menées répressives. elle reste en place. Ce qui a empêché la russie de sortir du soviétisme, c'est que la bureaucratie a changé de couleur, mais qu'elle est restée aux commandes. Je me souviens d'une émission ubuesque d'emmanuel Laurentin, dans une ancienne "nouvelle tribune de l'histoire" qui doit avoir dix ans au moins, qui s'insurgeait que l'on se fût livré à une "chasse aux sorcières" dans l'ex-rDA, pour bannir des fonctions de chercheur ou d'enseignant, dans les Universités, ceux qui avaient trempé et cautionné de leur autorité les avanies du régime renversé avec le mur. La dérive poutiniste dont frémit la russie est due à ce qu'on n'ait pas fait des purges. Mais en quoi auraient-elles pu consister pour qu'il n'y ait pas épuration ? simplement, même pas à exiler, éventuellement à surveiller, en tout cas à interdire à tous les "commissaires politiques" ou aparachiks du régime soviétique de prétendre à la moindre fonction élective. M'objecteras-tu qu'alors, on aurait manqué de cadres ? Mais même dans la france d'après la libération, si les intellectuels furent épurés sans clémence et les femmes tondues dans la plus pure goujaterie, beaucoup d'anciens préfets restèrent en place et je ne sache pas que des magistrats furent massivement révoqués. Or tous à l'exception d'un seul avaient prêté serment au maréchal Pétain. La solution est donc de maintenir en place les cadres administratifs, mais de mettre rigoureusement à l'écart, sans les exécuter, en les amnistiant de la peine de mort qu'ils auraient mérité pour avoir trahi et volé leur pays, mais en les faisant déchoir de leurs droits civils, en les rendant inéligibles, en les surveillant au besoin, en les assignant à résidence sans les mettre en prison,tous ceux qui, ayant exercé une responsabilité d'appareil, auraient encore prétendu à exercer un pouvoir politique.


Propos de cours, dis-tu, que tint mon roi, sur le point de mourir ? Nullement, il s'enquit si l'on avait des nouvelles de "M. de la Pérouse", qu'il avait envoyé faire une expédition autour du monde pour compléter les découvertes dans l'océan pacifique et dont l'équipage avait disparu corps et biens. Il s'enquérait donc du sort d'un homme qu'il avait envoyé en mission et, en cas qu'on l'aurait retrouvé, il se réjouissait en mourant que la france pût connaître, grâce aux découvertes, des expansions après sa crise intérieure et d'autres débouchés dans le monde. Ce lieutenant de vaisseau de la marine royale avait été un des héros de la guerre d'indépendance des etats-Unis où il avait combattu contre les Anglais pour l'Union des etats fédérés et l'établissement de leur constitution, à l'instigation du roi Louis XVI, qui était allé prêter main forte aux "treize colonies" qui voulaient s'affranchir de la tutelle britannique, dans la continuité de Jeanne d'arc. Donc, tu vois que mon roi avait comme il faut le souci de ses sujets, de même qu'il est de notoriété public qu'il n'a jamais voulu verser le sang de son peuple et que c'est ce qui l'a toujours retenu de s'opposer plus frontalement à ceux qui le tenaient en otage, pendant qu'il en avait encore les moyens et la puissance.

De quel grief a-t-il chargé le peuple en se déclarant innocent ? Tu n'as manifestement pas lu son testament, qui est la consommation du consentement d'un sacrifice, qui demande à ce que son sang ne retombe pas sur son peuple. Mais comme de l'avoir occis fut un acte de mauvaise gouvernance, la france ne s'est jamais remise du traumatisme révolutionnaire, que tu supposes à l'origine de son influence dans le monde, dans la continuité de Jeanne d'arc. Influence ébréchée, qui faillit mettre le feu à l'europe, sous l'impulsion d'un aventurier de génie, auquel s'opposait depuis leur pays d'émigration des nobles renfrognés, occupés de leurs privilèges beaucoup plus que du salut de la nation, que le roi avait en vue en vivantet en mourant.

Non, la france ne s'en est jamais remise, elle n'a plus jamais trouvé la juste mesure, prends garde qu'il n'arrive la même choseà ta nation, si tu veux te faire le justicier des gouvernants corrompus, sans avoir auparavant défait le lien qui semble, dans la presque totalité des pays musulmans (je mets l'Iran à part) donner à l'armée un rôle démesuré, ne pas la faire suffisamment être l'émanation de la nation, mais contrôler le pouvoir, faire la police et déguiser ses pions en représentants de l'autorité civile. Ne t'en fais pas, je sais faire bonne mesure : je sais que la quasi totalité des premiers ministres israéliens furent d'anciens généraux. Quant à de gaulle, sa carrière militaire se borna essentiellement à être celle d'un général de cabinet.


Où je vois le paradoxe entre le fait de tenir pour Jeanne d'arc et ne pas regretter l'exécution d'un roi faible ? Dans cette simple raison qu'à l'époque de Jeanne d'arc, le patriotisme n'existait pas. Le patriotisme est une clef d'interprétation rétrospective de la dilection qu'on s'est plu à avoir pour Jeanne d'arc après Michelet. Le légitimisme en eût été plus proche, eût été plus conforme au dessein dans lequel jeanne servait un royaume qui était à deux doigts de ne pas être tout à fait le sien, puisqu'elle était née entre ses frontières et celles de la maison de Lorraine.

Le germe de protoconstitution que tu vois dans la triple donation de Jeanne est encore tout à fait extérieur à la représentation qu'elle se faisait du roi comme "lieutenant du roi des cieux". D'ailleurs, celui à qui elle la fit ne s'en montra pas digne et elle ne le maudit pas. Le "gentil dauphin" préféra agnès sorel au souvenir de "la sainte pucelle".

Tu sais bien que le terme de constitution s'oppose à celui d'institution, que cette opposition est particulièrement forte dans le régime monarchique, mais surtout que la manière absolument non dynastique dont tu eusses voulu que Jeanne eût aimé que fût désigné le roi relève de la monarchie élective, dont le modèle est aux antipodes de celui qu'illustra la monarchie française.

Tu en pinces pour "l'incorruptible" que tu veux marier à Jeanne d'arc à titre posthume de postérité historique. C'est ton droit, mais tu ne mesures pas assez combien celle qui entendait des voix était différente de celui qui suivait les siennes, au point d'honorer la "déesse raison" et de confectionner un "Etre suprême" à la mesure de sa "religion civile" aux obligations de laquelle il voulait satisfaire, qui suivait ses voies en essayant d'y porter la plus grande intégrité personnelle et collective, combien cette différence poussée jusqu'à l'antithèse n'aurait jamais pu mettre Maximilien d'accord avec "la pucelle d'Orléans". Même livrée par le roi, Jeanne d'Arc ne maudit jamais le roi, tandis que robespierre ne se contenta pas de couper la tête du seul roi: il fit de la vertu et de la pureté de tels absolus, à l'encontre de toi qui ne donnes à l'homme que d'approcher le merveilleux, que quiconque ne voulait être ni vertueux ni pur étaitindigne de vivre.


Que l'âpreté de ta justice te préserve des méfaits séculaires des épurations. Il n'y a de pureté que celle du coeur et de la conscience devant dieu.

ton torrentiel qui ne sait que trop combien sont mêlés en ce monde l'ivraie politique et le bon grain spirituel, et quelque fois l'ivraie spirituelle et le bon grain politique

Jeanne d'arc et robespierre

Torrentiel,

Sans tenir pour la monarchie constitutionnelle, sans être monarchiste, tu approuves et éprouves, m'écrivais-tu ce 21 janvier, de la nostalgie ou de la compassion pour la décapitation de Louis XVI, dont tu es pour que l'on fasse mémoire.

Bien, mais, qu'eut-il fallu faire du roi et de son engeance? En son temps, le patriotisme était bien né et mature, l'esprit dynastique n'était pas complètement mort, mais perdait de sa pertinence. Ce roi n'était pas un sot, je ne suis pas sûr qu'il ait agi, confiant dans son droit dynastique. S'il a fui sous l'influence de la reine, vers les frontières de l'ennemi, on ne peut pas, en toute rigueur, lui laisser le bénéfice du doute, il savait les conséquences de sa fuite, il savait ou devait savoir, qu'il sustentait l'inimitié contre la France. Que me chantes-tu là, Torrentiel? Que fallait-il faire en toute justice, et tu élèves au rang de martyre, un gouvernant insuffisant! Allez, mettons que ce soit de l'histoire fiction, mais qu'eut-il fallu faire?

Le traumatisme que tu atribues à cette action, je ne le connais pas, n'étant pas autochtone. Tu vois, certaines choses me manqueront toujours, quoi que je fasse. Ce traumatisme, j'en prends acte, mais il y a des arrachements nécessaires, des ruptures bénies. Bonne est la douleur qui libère et fait changer d'état. Il fallait bien, que ces choses fussent. Or, tu ne tiens pas pour la royauté constitutionelle, alors, qu'aurais-tu fait? Je n'ai pas, moi, cette filiation, ce vécu, ça n'est pas mon histoire, je suis ignorant de ces choses. Puis-je me permettre quelques remarques?


Mettons que je prenne Louis XVI, comme un gouvernant et la royauté héréditaire comme une gouvernance. Il est permis de juger un gouvernant failli, et là-dessus, je suis très sévère. Il est permis de juger une gouvernance faillie, rendue impropre aux temps nouveaux.

L'indulgence, ne convient qu'aux délits et crimes ordinaires, de droit commun. Il est permis d'alléger les peines, si on pense ne pas nuire au bien commun. Mais, grand Dieu! Quelles sont les circonstances atténuantes d'un gouvernant? En cette occurrence, ne parles pas d'indulgence ni de pardon, alors que tu sais, qu'il s'agit d'un parti-pris. S'il arrive, comme à présent, concernant certains gouvernants Arabes, qu'ils bénéficient d'immunités qui s'étendent visiblement, jusqu'à une partie des trésors volés, avec la complicité des puissances, ce n'est hélas que concessions et accomodements, rien d'autre. Il est advenu, dans l'histoire de la France, qu'un roi traître subît un châtiment aproprié, parce qu'on avait le moyen de l'apliquer. Trouves-tu rien à redire à ça? Dans la mesure où un bon gouvernant, reçoit de son peuple, des louanges et témoignages d'amour, extrêmement agréables, dont nous n'avons aucune idée, dont n'aproche que le sort heureux de certains artistes, dans cette mesure, il est juste qu'un gouvernement failli ou insuffisant, subisse le blâme public, sans atténuation. Ma haine des mauvais gouvernants, je ne veux pas qu'elle s'atténue, je la nourris volontiers, si graves sont leurs fautes. Je n'admire pas l'émir Abdelkader, coupable d'échec militaire. Je maudis le Khalife El-Moutawakil, dont l'incurie fut telle, qu'on ne s'avisa de l'arrivée des Tartares, que lorsqu'ils se sont trouvés à trois jours de marche de Bagdad! Je crie à la face des gouvernants insuffisants, qui ne sont pas assez dévoués à leurs peuples! Un bon gouvernant abdique devant l'échec. C'est à grand-peine que le peuple d'égypte et toute la Nation, retint notre grand raïs Nasser, après l'échec de 67! Que fût-il advenu, si ton roi, suivant l'Autrichienne, se fut réfugié chez l'ennemi de la France? Où commence le mal d'un gouvernant, la tyrannie? Elle commence exactement à l'instant où il goûte un repos indû, où le sort du peuple ne le tourmente pas assez et ne trouble plus son sommeil. La tyrannie commence lorsque le gouvernant ne soufre pas assez, oui, c'est cela, qu'il ne soufre pas ce qu'il faut, au service des citoyens. Tu trouves tolérable que ton roi soit faible, et que l'Autrichienne l'ait entraîné, et te voilà bientôt versant des larmes sur son sort. Trêve de sentimentalité, Torrentiel! Le sort d'un peuple ne doit pas dépendre de faiblesse ou force d'un roi, ni de ses états d'âmes. Voilà pourquoi, le pouvoir personnel, doit être réduit le plus possible, au profit de mécanismes de prises de décision moins incarnés, d'appareils.

Et puis bon, je vais être plus grave, pour être d'accord ou pas d'accord. Ton roi tint encore des propos de cours, à l'heure suprême, s'est enquis de je ne sais quel marquis ou cardinal. Trait d'esprit et mièvrerie, page qu'il fallait tourner avec violence. Puis, le pire est qu'il s'est prétendu innocent, l'âme tranquille, chargeant son peuple d'accusations. Et ceux qui se croient des bonnes âmes, nous ressacent ce trait, d'une écoeurante ambiguïté. Il eût dû confesser ses tares et faiblesses, se flétrir et s'exécuter lui-même, ton roi! Ne me reproches aucune dureté de coeur, tout au contraire. Transiger c'est être peu sensible au sort commun. Si ces propos font mal à l'âme, je ne veux pas m'en excuser.

Où vois-tu du paradoxe, entre l'amour de la sainte pucelle, et l'exécution d'un roi faible, donc criminel? Au temps de Jeanne, le patriotisme consistait à tenir pour le roi légitime contre l'usurpateur étranger. Est-ce du royalisme? Tu m'as fait part, qu'il lui confia le royaume, puis qu'elle le lui rendit, pourvu qu'il exerce son règne sous la loi du roi des cieux. N'est-ce pas qu'elle entendait que le roi exerce son pouvoir, dans les limites des volontés divines, étant sujet d'un plus grand que lui? N'est-ce pas, en germe, une proto-constitution? Si on admet le principe de constitution, ou de loi supérieure, on arrive nécessairement, à ce que le gouvernant doit être choisi parmi les plus conformes à cette loi supérieure. La notion de constitution ou loi supérieure, est la génèse même, du passage de la royauté à la république. La pucelle fut livrée par le roi, et souffrit sa passion sans ambiguïté ou manque de rigueur. Sa douceur n'est pas suspecte, cette dame est limpide comme la justice.

Pour moi, le second héros de la France, est Robespierre. Une France embourgeoisée, ambiguë, corrompue par suite d'une longue prospérité, couvre de blâme cet homme pur, tout comme elle délaisse la sainte pucelle. Ce gouvernant sut tenir la France, que la faiblesse des traîtres eut livré aux ennemis qui l'eussent démembrée, se partageant ses dépouilles. Par la colère de Dieu, il a forgé dans les épreuves la force de la liberté, il a imposé à l'Europe cohalisée le sentiment d'impuissance face à la France libre et nouvelle. Dieu vient en aide aux agissants.


Rodomont à l'âpre justice.