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jeudi 24 septembre 2026

Y a-t-il une renaissance (sic) du parti socialiste?

Présidentielle 2027 : revivez le premier débat entre les cinq candidats de la primaire à gauche


J'ai suivi en différé le débat de la primaire socialiste et je dois dire qu'à la guerre en Ukraine près où je suis d'accord avec la position de Ségolène Royal et où je discerne dans Raphaël Glucksmann celui qui portera l'élan néo-conservateur du post-hollandisme (qui n'avait rien de révolutionnaire pour me moquer un peu d'Emmanuel Todd), je suis plutôt heureux de retrouver une gauche digne et  capée, telle que nous l'avions connue sous Lionel Jospin, une gauche désintoxiquée du quinquennat Hollande et qui ne lui rappelle pas assez, pour le dissuader de revenir,  que c'est lui qui nous a donné Macron en faisant une politique de droite sous prétexte que son ennemi était la finance, et en laissant théoriser par Manuel Valls la folie des "deux gauches irréconciliables", folie conceptuelle après "la gauche plurielle", d'autant plus scandaleuse qu'elle émanait de quelqu'un qui ne cessait de se revendiquer de l'héritage de Lionel Jospin; une gauche non hystérique comme est l'humanisme caractériel de #LaFranceInsoumise;  une gauche à nouveau d'équerre avec ses valeurs; et des candidats qui ne sont pas indignes à l'exception déjà notée du Macron bis, ou du Hollande policé qui est l'agent de zelensky; des candidats qui ont même tiré les leçons de l'échec de Jospin qui, malgré une bonne politique en général, a laissé s'installer la précarité des classes laborieuses sous prétexte que l'État ne pouvait pas tout; une gauche qui ne promet pas la lune, mais , à l'image de ce que faisait Ségolène Royal durant sa campagne de  2007, de réunir une conférence salariale pour revoir l'échelle des salaires, de réaffecter l'aide aux entreprises à celles qui en ont besoin pour ne pas enrichir le Cac40 et favoriser les PME, de ne pas effacer la dette, selon la promesse mélenchoniste qui ne serait valable que si la BCE qui n'en a nulle envie était en mesure de la racheter, y compris les 60 % qui sont détenues à l'international, de compenser son "laisser-faire" en matière d'augmentation insoutenable des loyers qui jette à la rue y compris des milliers de travailleurs, en créant un "bouclier logement" (Olivier Faure) et en complétant le dispositif de la Sécurité sociale par une Sécurité sociale alimentaire (le même). 


Je crois bien que quel que soit le candidat retenu par les électeurs de la primaire socialiste sauf -pour la dernière fois- si c'est #RaphaelGlucksmann, je pourrai voter pour lui, et je le ferai sans la frustration que j'ai éprouvée à envisager de voter pour Benoît Hamon qui s'est vu déloyalement abandonner en rase campagne par tous les autres impétrants, car il n'avait pas le niveau pour être candidat. D'ailleurs il s'était empressé lui-même de fonder une nouvelle écurie, Génération.s, qui a disparu corps et biens, et il a préludé par sa candidature l'errance qu'a représentée celle d'Anne Hidalgo, choisie entre chien et loup par un Olivier Faure oscillant entre le NFP et la sociale démocratie de son ancien mentore incarnée par Raphaël Glucksmann qui est le François-Xavier Bellamy de cet anti-Wauquiez, dans une déchéance du parti socialiste pas toujours bien conduit par son premier secrétaire, qui a des circonstances atténuantes: lui qui veut retrouver une "gauche fiable", il agi dans un mélimélo politique, éparpillé façon puzzle par les deux quinquennats Macron, dans lequel une chate ne retrouverait pas ses petits.  


Mais comment évaluer individuellement et respectivement ces cinq candidats à la primaire socialiste, de la Gauche républicaine et de Place publique?


-Ségolène Royal a ce point commun avec NKM quelle veut être "candidate à tout". Jérôme Guedj lui a rappelé quelle avait même voulu l'être aux élections européennes sous la bannière de la France insoumise. Elle est persuadée qu'elle va remporter cette primaire. Il y a peu de chances. L'ancienne présidente de la cop21 qui a débouché sur les accords de Paris presque aussitôt dénoncés par Donald Trump mise sur le fait qu'en 2007, elle aurait été plus "climatiquement correcte" que Nicolas Sarkozy et certes, elle aurait été mieux à même de réparer la France que son ex-concubin François Hollande qui fut plus heureux dans sa victoire d'une présidence imméritée, mais qui n'aimait ni les riches, ni les "sans dent" et qui, quand Ségolène Royal risquait une mise en scène avec un invalide auquel elle se retenait de dire: "Lève-toi et marche", ironisait que, s'il se levait et recouvrait la marche, elle était élue. 


  La "dame du Poitou" se verrait plus légitimement en première femme présidente de la République que Marine Le Pen qui certainement ne le sera pas. Elle la rejoue: "AImez-vous les uns les autres" en continuant de "parler faux", comme le constatait Carla Bruni à son sujet, mais parler faux d'ordre juste sonne plus juste que de parler juste d'empathie qui se révèle fausse et qui, sous prétexte de "priorité nationale" comme le brandit Marine Le Pen, préfère tellement les autochtones qu'elle veut couper les vivres aux étrangers, les priver de toute allocation non contributive pour les plonger la tête la première dans la délinquance et l'économie  informelle. 


    On se serait bien passé de ce dernier tour de piste de Ségolène Royal qui a eu le culot de répondre à la question de la dette comme l'avait fait François Bayrou qui n'en a tiré aucune conséquence quand il était Premier ministre, en voulant dégraisser le mammouth étatique de toutes les agences qui ne servaient à rien et permettaient à ses hauts fonctionnaires de faire des voyages dans le monde entier, comme si elle-même n'avait pas été ambassadrice des pôles! Il est un peu risible d'entendre Ségolène Royal dire quelle veut réduire le train de vie de l'État, mais après tout ça ne mange pas de pain. Elle garde la nostalgie de François Mitterrand lui disant qu'il faut amener tranquillement toutes les composantes de gauche vers un "programme commun", mais elle se dissocie de François Hollande dont elle ne va pas jusqu'à regretter d'avoir été sa ministre en déclarant avoir été contre sa réforme régionale censée générer des économies et qui n'a accouché que de mastodontes encore plus gigantesques et dispendieux. 


    Elle se dissocie de François Hollande, c'est une macroniste repentie qui a appelé à voter Jean-Luc Mélenchon en 2022, et elle a douché Jérôme Guedj et Raphaël glucksmann en disant que ce n'était pas à eux, mais au parti socialiste et à son électorat, de décider avec qui se formerait la coalition législative si toutefois cette primaire de l'équilibre et du calme parvenait à ramener les électeurs vers une gauche plus harmonieuse que celle du bruit et de la fureur mélenchoniste. 


-Olivier Faure a ce qu'on appelle méchamment le charisme d'une huitre, mais on le sent habité par sa fonction. Il serait capable de faire du Ségolène Royal en vrai, maison le sent tiraillé par son incapacité à frapper du poing sur la table. 


-Emmanuel Morel s'est un temps laissé attirer par le chant des sirènes insoumises, mais il est revenu à son premier mentor, Arnaud Montebourg, dont il reprend la démondialisation qu'il ajoute à la démarchandisation de Boris Vallaud pour inventer "le socialisme des temps nouveaux". Le plat n'est pas tellement réchauffé comme celui de Ségolène Royal qu'il ne  manque à ce quasi inconnu de freiner sur le conceptuel en un temps où l'électeur a surtout besoin de chaleur humaine.


-Le spécialiste de la santé publique qu'est Jérôme Guedj a l'autorité de prôner "une république du soin", mais d'abord il est productiviste et il ne lui suffit pas  de ne pas s'affirmer "décroissant". Il ne veut pas être accusé de "cramer la caisse" et promet que, pour lui, la dette, c'est du sérieux. Il affirme fièrement avoir rompu avec un Mélenchon devenu antisémite en 2024 et il pense sincèrement l'avoir fait par républicanisme universaliste sans voir que, ce qui a entraîné cette rupture en le recentrant est un judaïsme existentiel qui ne pouvait pas admettre que Mélenchon renvoyât dos à dos les exactions commises par le Hamas le 7 octobre et la riposte onze-septembriste israélienne à laquelle ces exactions servaient d'effet d'aubaine pour un Netanyahou jamais en déveine d'une guerre à perpétuité. 


-Le judaïsme de Jérôme Guedj est existentiel et donc respectable, beaucoup plus que ne l'est la posture d'un Raphaël Glucksmann, fils de son père, décrit de son propre aveu par les services de Poutine comme un théoricien de l'eurofascisme qui nous explique qu'il a passé sa vie à lutter pour la démocratie, mais qu'à présent, c'est en France que la démocratie est menacée. C'est pourquoi il offre ses services à notre pays et s'y relocalise, on l'en remercie, pour nous et pour lui.  IL en rajoute sur le danger de l'extrême droite et il termine son discours en prévenant que, dans les cinq ans qui viennent, nous risquons de subir une guerre et d'être envahis par les chars russes. Il se méfie de Mélenchon comme partenaire de guerre et c'est pourquoi il ne veut plus d'une alliance avec lui. Mais si nous risquons de subir une guerre, que gagnerions-nous à voter Raphaël Glucksmann plutôt que l'extrême droite? Car l'extrême droite et le néoconservatisme français, européen, occidental ou américain sont les deux faces d'une même violence dont aucune n'a rien à envier à l'autre.



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