Comme le disait Didier de Plaige, le fondateur de "Radio ici et maintenant", au lendemain du 21 avril 2002 (je n'ai jamais oublié cette réaction qui m'a immédiatement paru beaucoup plus salubre que toutes les élucubrations que j'émettais alors dans un journal politique que je n'ai jamais publié jusqu'à ce jour), la victoire de Trump est le nom d'un corps social qui est tellement malade qu'il n'a plus d'autre ressource que de s'en remettre à un homme pénalement condamné, accusé de viol, misogyne, insultant, instable, mais à qui il fait crédit de restaurer la paix mondiale. Réaction insalubre, car c'est s'abandonner aux méandres d'un homme imprévisible plutôt qu'aux courbes apparemment sécurisées d'une histoire par essence sinueuse et inconnue. C'est, comme pour les Russes avec Poutine, s'abandonnerà un destin pour ne pas perdre sa destinée ou à défaut l'espoir de conserver une destinée. En ce sens, la réaction est salubre, qui se confie à n'importe qui plutôt que de s'en remettre à des forces qui ont maintes fois prouvé qu'elles se retournaient contre les buts qu'elles affichaient.
Mais pour répondre à la question initiale de ce petit billet, la victoire de Trump est le nom d'un espoir de paix mondiale et de guerre économique contre un fait accompli de guerre mondiale en devenir et de paix économique relative où la loi de la jungle était tempérée par ce qui restait de l'OMC. Cet espoir peut se réaliser si Donald Trump, non pas règle le conflit en Ukraine en vingt-quatre heures après s'être vu rouvertes les portes de la Maison blanche, mais s'il préside à la désescalade et à la négociation entre Russes et Ukrainiens. Mais il y a un caillou dans la chaussure de cet espoir de paix paradoxale: jusqu'où ira le soutien de Trump à Israël? Car deux guerres d'une même barbarie secouent l'Eurasie:l'agression de l'Ukraine par un Vladimir Poutine ivre de sa sécurité et l'invasion multifrontale d'Israël à tous les pays environnants ou qui soutiennent les milices qui la menacent ou qui l'agressent. Si Donald Trump prend unilatéralement le parti de Netanyahou comme celui de Poutine, le monde n'aura rien à gagner à la victoire de Trump. Heureusement, sa dernière fille a épousé un Libanais et lenépotisme trumpien prend souvent le parti de ses gendres, ce qui a fait récemment dire à Donald Trump qu'il voulait mettre fin aux souffrances au Liban comme il a fait signer ce pis aller qu'étaient les accords d'Abraham sous l'influence de Jared Kuschner, mari d'Ivanka.
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