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mardi 25 février 2025

Bayrou, Mediapart, Bétharam et Sauvé, la sinistre conjuration des tristes sires

Les investigations de Mediapartont toujours un à propos journalistique indiscutable, mais elle obéissent à un calendrier qui est rarement innocent et à une éthique dont on voit mal la cohérence. Mediapart donne par exemple dans le journalisme d’anti-corruption d’argent et désormais de mœurs, un journalisme dégenré, un peu mélenchoniste, mais plutôt en délicatesse avec les insoumis, macroniste en cas d’urgence, sociétaliste entoute circonstance, mais bien peu cohésif, et jamais fâché de dégommer un type dont la tête ne lui revient pas: hier Fillon ou Rugy et aujourd’hui Bayrou, quitte à s’affranchir du principe de responsabilité, car dégommer aujourd’hui Bayrou pour le plaisir de le dégommer n’est pas fait pour veiller sur la stabilité d’un pays qui n’a pas besoin de se casser la figure  en allant de crise en crise dissolutoire ou ministérielle, mais Mélenchon et Plenel ont un point commun : ce sont des parlementaristes fanatiques, des anti-présidentialistes (pour Plenel, il est contre l’élection du président de la République au suffrage universel), donc l’instabilité ministérielle ou le retour à la IVème République ne les dérangent pas, ils leur permettent même de dénoncer plus de tambouille politique qui alimente leur fond de commerce.

 

Affaire Bétharram-Bayrou : la mécanique du silence | Mediapart

 

Ceci étant posé en préambule, si Bayrou doit être soutenu pour le moment, sa cause n’est pas bonne. Bayrou est un Béarnais qui a soutenu Bétharam comme il a soutenu la communauté des Béatitudes tout en souhaitant que le drapeau français ne soit pas mis en berne à la mort de Jean-Paul II ou que sa maison de Bordère ne soit pas filmée,nichée au pied de l’Église comme elle l’est en réalité, dixit Carl Zéro qui se souvient et qui le connaît bien. Bayrou a soutenu Macron car c’est le précurseur du « en même temps ». Ce démocrate-chrétien voudrait passer à la fois pour un ultracatho et un ultralaïque.

 

Ce serait un peu nul, mais ça resterait son problème si le scandale dans lequel on l’englue à contre-temps et pour le faire tomber ne démontrait l’abjection d’un milieu catholiquequi minimise chaque scandale pour ne pas le dramatiser ; qui, confronté à celui de Bétharam, se prévaut de la « perfection » d’un enseignement pour continuer de promouvoir une éducation paramilitaire qui est à la notabilité provinciale et assise du Béarn ce queRiaumont et ses enfants martyrs d’un scoutisme dévoyé sont au traditionalisme réfugié au pays de « Bienvenue chez les ctis ».

 

Bayrou, c’est la réaction (pas au sens réactionnaire ) quand on ne peut plus mettre la poussière sous le tapis, et quand on en est là, c’est la surréaction en pseudo-empathie avec les victimes qui devrait inspirer du dégoût à celles-ci d’accepter un tel défenseur de la onzième heure qui prétend se refaire la cerise sur leur dos et sauver une place qu’il a si longtemps convoitée.

 

Et c’est enfin l’ultime turpitude : « l’appel à Jean-Marc Sauvé » qui répond « présent » à sa demande, Jean-Marc Sauvé dont j’ose dire que c’est un autre Bayrou d’un style qui ne vaut pas mieux, tellement imbu de l’autorité morale incontestable qui serait la sienne que, dans la série À voix nue que France culture lui a consacré, il a osé dire qu’il a eu l’intuition, quand ces affaires d’abus sexuels ont éclaté au grand jour grâce à la Parole libérée voulant réagir contre Bernard Preynat et le silence du cardinal Barbarin qui l’avait remis en responsabilité et au contact des enfants, que c’est à lui que les évêques allaient demander de traiter la question et qu’ils ne pourraient pas faire appel àquelqu’un d’autre, il en a fait part à son épouse en se rasant. C’est un catholique àgéométrie variable comme François Bayrou, favorable à la sédation de Vincent Lambert et vent debout contre la crise des abus dans l’Église au point de prétendre la traiter avec un agenda caché et en faisant de la statistique de cochon et d’extrapolation. Et selon moi il achève de se déshonorer en acceptant de répondre à la sollicitation du Premier ministre qui veut sauver la peau du soldat Bayrou. Décadence infiniment désinvolte, sinistre et cynique de tristes sires du catholicisme zombie ou détaché, jouant les parangons de vertu ! Les Tartufes sont de tous les temps. 

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