🔵 Discours sur la situation au Proche et Moyen-Orient
Je ne sais pas quel est le bilan personnel de #ClaudeMalhuret, ancien co-fondateur de #MSF, puis éloquent secrétaire d'État aux droits de l'homme à l'étranger sous #JacquesChirac, dont la Realpolitik a toujours fait peu de cas de l'application des droits de l'homme dans les pays qui ne les respectaient pas, une fois que Chirac est devenu président de la République, quand Bernadette préférait danser avec Deng Xiaoping qu'exiger de son mari qu'il en remontre au président chinois sur l'application des droits de l'homme. Il est vrai qu'à l'époque, Claude Malhuret n'était plus dans le premier cercle chiraquien. Mais qu'a-t-il fait ou qu'est-il devenu avant de réapparaître en éloquent satiriste des erements des deux ex-grands qui fait de brillants discours sur l'état du monde?
Dans ce discours, il se lance dans un portrait au vitriol et pourtant réaliste, exhaustif et suggestif de la folie de Trump et de sa "cour des miracles" MAGA et met en parallèle notre vassalité vis-à-vis des USA avec notre inefficacité prétendue dans la guerre en Ukraine, ce conflit dans l'aire russe entre un grand pays qui ne veut pas voir saborder son empire et un pays qui veut s'occidentaliser à tout prix, en dépit du bon sens et de son héritage historique et d'une culture souvent russophone ou très influencée par la Russie, bien que les Ukrainiens détestent les Russes et #lycée de Versailles (pour vice versa). Enfin il propose un remède pire que le mal: l'adhésion à la vision macronienne selon laquelle, pour se prémunir contre des "fous dangereux" tels que Trump et Poutine, il faudrait que l'Union européenne se dote d'un complexe militaro-industriel et devienne une union défensive avant d'avoir défini les axes d'une politique étrangère et de sécurité commune (c'est le coup de maître de Macron que d'avoir invité à recréer la CED en inversant l'ordre des priorités et sans le dire à personne, ou sans faire cette comparaison qui lui aurait valu d'être recalé dans cet objectif).
En préconisant cela, Claude Malhuret en appelle comme d'habitude à De Gaulle, le moins européen de nos présidents de la République bien qu'il n'ait jamais dénoncé le Traité de Rome et ait négocié le Traité franco-allemand avec Konrad Hadenauer en se faisant rouler dans la farine par le Bundestag qui se fendit d'un codiscile selon lequel l'Allemagne préférerait toujours l'OTAN à ses alliances européennes.
Mais surtout, le sénateur Malhuret fait comme si la fragilité actuelle de l'OTAN ne tenait pas tout entière à l'instabilité psychologique de Trump et comme si cette instabilité voire cette folie ne commençait pas à indisposer tellement les Américains qu'il oblitère sans doute définitivement (et heureusement) l'avenir du trumpisme. La question n'est donc pas tant une obligation d'aller vers une Europe de la défense que de savoir si l'on doit continuer à s'inféoder à une alliance atlantique, base de l'Europe, puisque RobertSchumann et Jean Monnet sont montés par degrés du Pacte atlantique proposé de mémoire dès 1944 à la CECA, (communauté européenne du charbon et de l'acier qui a fermé ses mines de charbon et ruiné sa sidérurgie).
En proposant ce repli stratégique européen sur une zone devenue tout aussi belliqueuse sous prétexte de nous protéger contre Trump et Poutine, Claude Malhuret commet la même double erreur que celle qu'il a faite en étant un éphémère secrétaire d'Etat qui passait pour un idéaliste, ce qu'il n'est plus du tout au vu de ses dernières prises de parole:
-Il ne se demande pas comment les Etats-Unis en sont arrivé là.
-Et il ne s'interroge pas sur l'état de la société française, présumant qu'"ici", un conflit d'intérêts semblable à ceux qui font prospérer Trump en confondant la politique étrangère des USA avec ses intérêts privés vaudrait à un président de la République d'être immédiatement destitué.