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vendredi 21 avril 2017

Comment comprendre la fusillade des Champs-Élysées?

1. Il incombe au seul État incarné par l’actuel exécutif de traiter comme un attentat une fusillade à connotation terroriste intervenant à trois jours de la reine des élections. François Hollande a, comme d’habitude, réuni un Conseil de défense et prononcé un discours martial de président impuissant du deuil national. Bernard Cazeneuve a semblé préparer les esprits à interrompre le processus électoral, alimentant les rumeurs lancées par Mickaël Darmon, selon lesquelles il voudrait prendre la tête des élections législatives pour le parti socialiste, au besoin en ne quittant pas le gouvernement en cas de victoire de Marine Le Pen. Quant aux candidats : - Benoît Hamon a été le premier à caractériser cette fusillade d’ » attentat « puisque c’est ainsi que l’a caractérisé le Président de la république. » - François Fillon a immédiatement profité de ce trou d’air pour improviser une version néo-conservatrice intelligente de coalition mondiale incluant la Russie contre le terrorisme international. - Emmanuel Macron a averti qu’il faudrait compter avec le terrorisme comme notre défi durable de sous-développement politique, permettant, sous sa menace, de régner en divisant pour des années. - Marine Le Pen a surjoué « une colère sourde » qui donne au terrorisme de la fusillade l’importance qu’il veut avoir, tout en proposant, de l’aveu même des syndicats de policiers qui ont pignon sur rue, des solutions intelligentes, et qui ne sont pas appliquées par un État beaucoup plus expert dans le compassionnel de diversion que dans l’action résolue contre les ennemis de la sécurité nationale : a) Faut-il expulser tous les délinquants et tous les fichés S étrangers ?Doit-on tolérer que des étrangers soient accueillis pour faire du mal ? b) Doit-on incarcérer tous les fichés S français au nom de l’intelligence avec l’ennemi ? Selon moi, ce serait un abus de pouvoir. c) A-t-on les moyens humains de surveiller tous les fichés S qui sont nos nationaux ? La police et l’armée y seraient plus efficace qu’à faire le planton devant les lieux de culte. d) Le refus hypocrite d’augmenter les effectifs de la police et les places de prison, au risque de faire des prisons françaises, non seulement des viviers de radicalisation, mais encore des « zones de non santé publique », et au risque d’entraîner la condamnation de la France, pays des droits de l’homme, pour atteinte aux droits de l’homme dans ses prisons, n’est-il pas à l’origine de ce surcroît d’insécurité ? e) Doit-on surveiller les prêches qui seraient prononcés dans les mosquées salafistes ? Ce serait un abus de pouvoir. f) La France est-elle une université du djihadisme ? À strictement parler, non. Mais j’ai moi-même été cerné, entouré, aidé et surveillé, à mon arrivée à Lille, par un salafiste qui était allé faire ses classes en Égypte, qui a toujours refusé quand je lui proposais du travail, et qui faisait de la retape dans le métro de Lille. 2. On fait croire que la « récupération » de l’attentat-fusillade des Champs-Élysées émanerait davantage du Front national que de l’État régalien. Je maintiens que l’usage que l’on fait de la menace terroriste est une diversion scandaleuse. Il y a d’un côté ceux qui nous promettent que le terrorisme restera une menace pour longtemps et n’a rien à voir avec l’immigration ou les guerres étrangères que nous menons indûment, et de l’autre ceux qui proposent de mettre fin à ces guerres illégitimes et éventuellement aux migrations de masse et au « grand déménagement du monde » pour pacifier celui-ci. Ceci est un enjeu depuis l’opération « tempête du désert » et la première guerre du golfe de 1991. 3. Un attentat n’a jamais rien à nous apprendre sur la géopolitique. 4. Cet épisode de fusillade perpétrée par un délinquant multirécidiviste et vivant sous un régime de liberté malgré quinze ans de peine non purgée et un sursit qui n’a pas mis fin à sa remise de peine, est instrumentalisé par les pouvoirs publics comme un compromis entre l’affaire de Mohamed Merah agressant des militaires et des enfants et ce qui est arrivé en 2002 à celui que les médias appellent complaisamment « papi Voise ».

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